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Le pavillon des hommes de Fumi Yoshinaga

13 Jan

UnknownCommençons par le début : Le pavillon des hommes est un manga à réserver aux plus âgés d’entre vous. Il contient des scènes qui peuvent choquer.

Servi pas un dessin très réaliste, Le pavillon des hommes ressemble à s’y méprendre à un manga historique. Époque des samouraïs, termes en japonais décrivant tant les costumes que les rôles sociaux (mais tous bien expliqués en notes, pas d’inquiétude), vie citadine ou rurale, rapports de force, tout est rendu avec précision. Mais le monde présenté est en réalité un Japon alternatif, où une maladie inconnue et fulgurante a décimé une grande partie de la population masculine de l’archipel. Dans cette uchronie, un nouveau modèle social est mis en place, où le shogun et ses vassaux sont des femmes, où les riches familles s’offrent un homme  provenant du quartier des plaisirs pour assurer leur descendance, où les hommes sont fragiles et doivent être protégés. Le Japon se coupe donc du monde extérieur, pour cacher cette vérité difficile à assumer et assurer sa sécurité.

Si le contexte national est extrêmement prégnant, l’histoire du Pavillon des hommes se place en premier lieu dans le bâtiment du même nom, sorte de harem où le shogun entretient 800 adonis pour son seul plaisir.  Influence des grandes familles, guerres intestines, intrigues de cour, assassinats et tentatives d’intimidation forment la trame de fond de ce manga. Sa grande force est de nous permettre de découvrir différents pans de l’Histoire, pas forcément dans l’ordre, en axant chaque tome ou ensemble de tomes sur un ou deux personnages forts. On suit donc des hommes se conformant aux règles de Pavillon, les découvrant, les réformant, des femmes de pouvoir ou intrigant pour en avoir davantage, des femmes en mal d’enfant ou de descendance, des histoires d’amour ou de sexe, d’amitié, de fidélité ou de trahison.

Au final, voici un manga exigeant, dont la lecture demande du temps, mais qui est largement à la hauteur de l’effort demandé. Univers riche, personnages complexes, dessins superbes (voir notamment les représentations de kimonos), une petite pépite encore trop méconnue. Pour découvrir, c’est par .

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