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Mois Naoki Urasawa : Pluto

7 Mar

Article collaboratif, choisissez le jeu de mots qui vous plaît :
  • Pluto, l’histoire d’Astro Boy plus tard

  • Pluto : un os à ronger pour les fans de seinen policier

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    Gesicht ne fait pas bonne figure #germanohumour

Situons en quelques mots le décor : c’est dans un monde futuriste au sein duquel cohabitent robots (androïdes ou non) et humains que nos personnages se rencontreront, s’aideront ou se poursuivront, dans un cache-cache aux accents tragiques. Nous ne connaissons pas l’année du récit, ou l’Histoire de cette société, mais cela permet précisément à Urasawa de déployer son talent de créateur d’univers. Une création totale ? Pas vraiment, puisque comme vous vous en doutez à la lecture du sous-titre de la série, Pluto nous plonge dans le monde d’Astro Boy. Certes, Urasawa nous offre une version totalement différente de ce que montrait Tezuka, bien plus mature et sombre, mais il reprend néanmoins les grandes lignes d’une aventure parmi les plus connues d’Astro, « Le robot le plus fort du monde ».

De puissants robots ayant tous participé à la 39e guerre d’Asie mais désormais rangés des voitures sont retrouvés démembrés, des cornes retrouvées non loin des dépouilles.

Un petit côté True Detective

Un petit côté True Detective

C’est le commissaire Gesicht, lui-même robot, qui mènera l’enquête tout au long des 7 tomes qui constituent la série (plutôt courte, chose rare chez Urasawa), épaulé épisodiquement par Astro chez qui, dans cet hommage à Tezuka, la puissance a laissé la place à une intelligence hors du commun.

Relooking de l'extrême

Relooking de l’extrême pour Astro

Anti-héros désabusé, Gesicht sera bien plus concerné qu’il ne l’imagine par cette investigation, qui rouvrira des plaies qu’il imaginait pansées (comme les fleurs, oui).

Pluto soulève avec beaucoup de finesse des thèmes profonds : les enjeux politiques et humains au lendemain d’un conflit armé, la culpabilité ou la rédemption. A travers le statut des robots, dont une des lois est de ne pouvoir tuer un homme, Urasawa nous questionne également sur l’humanité : les machines sont-elles vraiment à l’épreuve des sentiments ? Comment vivre sa différence au sein d’une société qui vous méprise ? Comme souvent chez Urasawa, les personnages sont caractérisés par une grande humanité. Le manichéisme n’est jamais de mise et les « mauvaises actions » ne s’enfantent jamais seules.

Et si vous ne deviez lire qu’une seule phrase de cet article : Urasawa nous livre ici un seinen de haute volée, touchant et au dessin réaliste, un vrai coup de cœur que je vous conseille d’emprunter au plus tôt (cocasserie quand tu nous tiens…).

Le petit + de la maison : le très bon site sur l’œuvre de Naoki Urasawa, La base secrète, (référence à 20th Century Boys, un autre très bon titre du mangaka), est à visiter pour ceux qui désirent aller plus loin dans le rapport entre les deux œuvres.

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