Paris.fr
Accueil

Pauline, volontaire à la bibliothèque Buffon

27 août

Allo le blog, ici Priscillia. Je suis volontaire à la bibliothèque Parmentier et je me suis occupé de faire quelques interviews des volontaires Port’âge de cette année 2014-2015.

On commence donc par Pauline de la bibliothèque Bibliothèque Buffon.

DSC_0538

Pourquoi avoir fait un service civique ?

C’est la mission Port’âge qui m’intéressait tout particulièrement.

J’étais en stage à la bibliothèque Marguerite Duras et j’ai entendu parlé de la mission que je trouvais intéressante. Cela me permettait notamment de m’ouvrir au public senior que je ne connaissais pas bien puisque j’étais en stage en section jeunesse. C’était donc l’occasion de découvrir un autre public qui fréquente beaucoup les bibliothèques.

Peux tu décrire ta tutrice en une qualité et un défaut?

Pour la qualité je dirais disponible, elle est toujours présente quand j’ai besoin d’elle.

Pour le défaut je dirais trop gentille ou trop patiente.

Te sens-tu intégrée à l’équipe de la bibliothèque Buffon ?

Oui complètement. Les collègues m’ont tout de suite accueilli. Avec une collègue de la section discothèque, on organise des ateliers contes et musique en maison de retraite. J’ai voulu travailler en maison de retraite, je voulais proposer un atelier lecture et finalement en discutant avec ma collègue, il nous est venu l’idée d’associer cela à la musique pour mettre en valeur le fonds de la discothèque. Je choisis un conte d’un pays et elle choisit la musique d’accompagnement. Je choisis aussi les contes en section jeunesse. En demandant conseil à mes collègues, cela me permet de me sentir intégré.

Quel est ton meilleur souvenir ?

Je dirais que c’est lorsque lors d’un atelier conte, des personnes complètement endormis au début sortent de leur état de sommeil et rient après la lecture des contes arabes de Nassredine Hodja.

Quel est ton pire souvenir ?

En maison de retraite lorsqu’une patiente m’a dit « on n’a pas besoin de vous, rentrez chez vous ! »

Que veux tu faire après ton service civique ?

Travailler en bibliothèque.

Comment la mission a impacté ton projet ?

Cela m’a permis de m’ouvrir sur la section adulte. En découvrant le fond, je suis maintenant capable de conseiller les gens sur leurs lectures. Cela m’a aussi permis de découvrir le travail d’animation et de contact avec le public dans cette section.

Comment est-ce que ton regard sur les personnes âgées a changé ?

Déjà, travailler dans une bibliothèque du 5e arrondissement m’a permis de m’enlever le cliché sur le fait qu’il n’y a pas de public populaire dans cet arrondissement.

Ensuite cela m’a fait prendre conscience de l’extrême solitude dans laquelle les personnes âgées vivent. Et aussi à quel point des choses simples de tous les jours, comme prendre le métro, peuvent être très compliquées pour elles.

Mes moments de Port’âge à travers Instagram

4 juin

De par l’essence même de la mission, les volontaires du service civique sont amenés à beaucoup se déplacer, pas seulement dans l’arrondissement où ils sont nommés mais aussi dans tout Paris lors de réunion ou de formation.

En bonne photo addict j’ai pris plusieurs photos pendant mes 7 mois de Port’âge et j’aimerais les partager avec vous.

Il ne fait pas toujours beau lorsque l’on doit aller en réunion mais au moins il y a le bus.

1

Une de mes bénéficiaires habite un peu loin de la bibliothèque mais au moins je passe près du métro Parmentier.

2

Certains de mes bénéficiaires ont besoin de livres en gros caractères et nous n’en avons pas à la bibliothèque, alors je vais me fournir dans le 12e arrondissement.

3

Quand on se rencontre entre porteurs c’est dans le Marais, près de l’église Saint-Paul.

4

Et parfois on se retrouve aussi dans d’autres bibliothèques, par exemple à la bibliothèque Marguerite Duras.

5

Le onzième arrondissement est vraiment plein de trésors avec ses immeubles impressionnants.

6

Et puis il y a quelques semaines nous avons été invités à l’hôtel de ville de Paris par la maire de Paris Anne Hidalgo.

7

Elle était même présente pour nous remercier de notre engagement et de celui des jeunes en contrats d’avenir.

8

Et enfin pour finir, les réalisations de ma bénéficiaire la plus âgée. Elle a 103 ans et a traversé la première guerre mondiale dont elle conserve un souvenir : un éclat d’obus dans la jambe qui fait sonner les portiques des aéroports. Elle lit et elle fait des petits chats en crochet.

9

Et oui le port’âge c’est aussi ça ! :-)

Priscillia, volontaire à la bibliothèque Parmentier.

Mon expérience de porteuse en maison de retraite

27 avr

Dans le dispositif Port ‘âge depuis octobre 2014 à la bibliothèque Buffon (Paris 5e), J’ai eu l’opportunité de découvrir le monde merveilleux des maisons de retraites parisiennes ! Pleine de bonne volonté je contacte la direction cultuelle de ces maisons « Oui oui la bibliothèque peut apporter à vos bénéficiaires des livres audio et même des livre imprimés en gros caractères… » « C’est Parfait ! Alors rendez-vous mercredi prochain pour rencontrer les personnes » Et voila on y est … Très vite je m’aperçois en déambulant avec un chariot de livres dans les couloirs de la maison de retraite, que le principe de notre mission qui est portage de documents+ discussion ne pourra pas s’effectuer. La plupart sont effectivement trop fatigués ou séniles pour lire ou même pour se souvenir du dernier que vous leur avez si gentiment prêté ! Pourtant en observant les résidents, je sentais avec l’animatrice culturelle qui m’accompagnait un véritable intérêt pour le livre. Afin de s’adapter à ces personnes nous proposions individuellement aux personnes âgées de regarder avec elles un magazine ou de parler d’un livre de leur choix pendant une dizaine de minutes. En effectuant régulièrement des visites, je constate toutes les vertus du livre en maison de retraite. Il permet aux personnes de les réveiller de la torpeur lié à l’ennui. Le livre est effectivement un bon moyen pour entamer une discussion avec les personnes et pour leur permettre de s’exprimer sur tel ou tel point. Pour enrichir cet accompagnement individuel, je propose à ces personnes une fois par mois une lecture de contes accompagnés d’extraits de musiques choisis par une collègue qui travaille à la section discothèque de la bibliothèque. Les contes et la musique donnent là aussi la possibilité aux personnes âgées de s’évader et de transcender leur vie quotidienne à la maison de retraite pas vraiment idyllique. Et quel bonheur de voir des visages s’illuminer un moment à la lecture d’un conte qui leur à plu ! En bref aller en maison de retraite c’est accepter de vivre et de capter l‘instant présent.

Voila l’expérience que je voulais partager car la maison de retraite est souvent un endroit qui fait peur et qui rebute (et c’est bien naturel !) C’est pourquoi il est nécessaire de ne jamais être seul à y aller mais je pense que c’est important qu’une bibliothèque municipale soit présente d’une manière ou d’une autre dans les maisons de retraites avoisinantes. Si ce type de partenariats entre bibliothèque et maison de retraite ne fait pas forcément augmenter les statistiques de prêt ou multiplier par 15 le nombre de bénéficiaires Port ‘âge, il est à mon avis fondamentale.

Pauline, volontaire à la bibliothèque Buffon

Non à l’involontaire du service civique

26 fév

Un petit article « coup de gueule » écrit au fil du clavier et de la toile, veuillez en excuser la médiocre rédaction et organisation.

Il y a quelques mois, F. Hollande a entamé une campagne de publicité pour le service civique.

Quelques conséquences :
– On ne dira plus à la / au jeune volontaire « ah bon, je croyais qu’on avait supprimé le service militaire » ?
– Les médias ont redécouvert ce service social pourtant existant depuis cinq ans.
– Les contrats de douze mois ont été supprimés et l’indemnisation des frais de transport légèrement diminuée.

Passe encore ; mais à la question « faut-il rendre le service civique obligatoire ? » Je dis NON, et  suis loin d’être la seule. Désolée pour la première partie un peu rébarbative qui suit :

I – QUELQUES DEFINITIONS

Définition tirée du Lexis (Larousse) de 2009 , sous-entrée

  • Volontaire : du latin voluntarius, 1361. 1. Qui se fait de pure volonté, sans contrainte. 2. Qui agit de sa propre volonté, sans contrainte. 3. Se dit de ce qui manifeste une volonté ferme, de ce qui traduit la volonté.

Du Gaffiot abrégé de1989 :

  •  Voluntarius, a um. Volontaire, qui agit librement, volontairement. Ne pas confondre avec Volo, volonis, volones, volonum (velle) : esclaves rachetés aux frais du trésor public et enrôlés dans l’armée : volontaires.

De la fiche « Définition: bénévolat, volontariat, salariat », 2006 (http://www.francebenevolat.org/):

  • Volontariat :

1- Il n’y a pas, pour le moment, de définition juridique générale etglobale du volontariat, mais des définitions propres à certainessituations réglées par des textes spécifiques.
Les statuts quiconcernent plus particulièrement les associations sont :
– le volontariat de solidarité internationale initialement prévupar le décret n°94-95 du 30 janvier 1995 et récemmentmodifié par la loi du 23/2/2005- le volontariat civil de cohésion sociale et de solidaritéinstitué par la loi n°2000-1159 du 14 mars 2000, et sesdécrets d’application,inscrit dans le code du service national ;
– le volontariat associatif institué par la loi 2006-586 du 23mai 2006 ;
le service civil volontaire institué par la loi 2006-396 du 31mars 2006 pour l’égalité des chances;
– le volontariat des sapeurs-pompiers, inscrit dans le codegénéral des collectivités territoriales (loi n°96-370 du 3 mai1996 et loi n° 2002-276 du 27 février 2002).
2- Le volontariat se situe entre le salariat et le bénévolat auxquels ilemprunte certaines formes. Ce caractère « mixte » explique qu’iln’y a pas de volontariat sans texte (loi ou décret) qui détermineses conditions d’exercice.S’il n’y a pas de définition globale etexplicite du volontariat, l’âge du volontaire peut varier selon lesformules (18 à 28 ans pour le volontariat civil de la loi de 2000 ;personnes majeures pour le volontariat de solidarité internationaledu décret de 1995 ; personnes de plus de 16 ans pour le volontariatassociatif ; de 16 à 25 ans pour le service civil volontaire), mais descaractéristiques communes se dégagent des différents statutsparticuliers.

3- En effet, le volontariat se situe entre droit privé et droit public,ce dernier ayant un caractère plus ou moins marqué selon les cas. Ilpoursuit toujours un but d’intérêt général (sécurité,coopération,cohésion sociale, …) et s’exerce (sauf exception pour l’étranger)uniquement dans des organismes sans but lucratif (collectivitéspubliques, associations, ONG, …).De plus, le volontariat suppose toujours autorisation administrative,parfois double ou même triple : agrément de l’activité donnant lieu àvolontariat, agrément ou conventionnement de la structure,agrément du volontaire.Enfin, le volontaire peut être placé directement sous l’autorité del’Etat, même lorsqu’il travaille dans le cadre d’une association (casdu volontariat civil de la loi de 2000). En toute hypothèse, les textesofficiels fournissent les principaux éléments obligatoires du statut duvolontaire :principe d’une indemnité, couverture sociale,obligationde formation, durée maximum de la relation…

 

  • Du Rapport de groupe de travail portant sur la défense service civique (Commission Armée-Jeunesse 2011-2012)

2005. Les banlieues s’embrasent. Le Président de la République déclare alors : « le devoir de la République c’est d’offrir partout et à chacun les mêmes chances… Nous le savons bien, les discriminations sapent les fondements mêmes de notre République. .. Pour mieux aider les jeunes en difficulté à aller vers l’emploi, j’ai décidé de créer un service civil volontaire associant accompagnement et formation. Il concernera 50 000 jeunes en 2007.

Il n’est guère étonnant que, suite aux attentats de janvier dernier, les tentations du « Patriot Act à la française » et de la remise au goût du jour du service militaire se firent de nouveau sentir.

II – UN RESSENTI

Chers consœurs et confrères (ex-)volontaires,

Vous avez entendu parler comme moi, de ces cas heureusement exceptionnels, de jeunes engagés qui l’étaient bel et bien sur le papier mais absolument pas sur le terrain. Ce cas d’école qui résonn(er)a aux oreilles des volontaires du service Port’âge des bibliothèques de Paris : X vaquait à ses propres occupations lors de ses heures de travail, négligeant ainsi des personnes âgées, parfois mal/non-voyantes dont la lecture de livres imprimés et audio constituait l’une des seules distractions gratuites et disponibles. Suite à de nombreuses plaintes, le contrat de X fut cassé.

Cas moins rares, des jeunes poussés par leurs parents à « faire un petit job », un mi-temps, pourquoi pas un service civique ? Ceux-ci n’auront aucun zèle pour leur mission, portant ainsi préjudice à l’image et la qualité du service civil.

Nous « faisons dans le social ». Et donc, malgré les recommandations professionnelles, nous nous rapprochons affectivement de (quelques-uns de) nos bénéficiaires, qui plus encore que de livres, ont besoin de compagnie, d’écoute, bref de chaleur humaine. Les spots sur la « Journée de la Solitude » ne manquent pas de le rappeler sur les grandes chaînes une fois par an.

Chers lectrices et lecteurs, vous êtes tous concernés.

Voudriez-vous qu’un proche ou que vous-même, en situation de handicap ou de détresse, ait affaire à un(e) jeune qui n’en a rien à faire de sa mission, pestant tout bas contre la basse rémunération d’une besogne qu’elle ou il exècre ?

Il se fait tard et je me dois de conclure ; ne cédons pas aux peurs et crispations actuelles dans la précipitation. Ce serait dommageable sur le long terme, et à grande échelle. NON AU CARACTERE OBLIGATOIRE DU SERVICE CIVIQUE.

Ex-Volontairement Vôtre,
Anaïs THIBAULT – Duna.

Les exigences littéraires des bénéficiaires du Port’âge

11 fév

Ça fait maintenant bientôt quatre mois que j’effectue mon service civique à la meilleure bibliothèque du monde Vaclav Havel et j’ai choisi de faire cet article pour traiter d’une question que je me suis rapidement posée au moment de commencer ce service civique et que, peut-être certains  futur(es) porteur(se)s se poseront également.  Cette question, c’est la suivante :

Est-ce que je vais être à la hauteur des exigences littéraires de mes bénéficiaires, moi, pauvre petite chose sans défense ?

Bon, pour être honnête, je me suis posée cette question bien avant de commencer ma mission et je dois avouer que j’avais même parcouru Google et ce blog de long en large pour y trouver des avis sur la question.

Moi stressée ? Je ne vois pas de quoi vous parlez.

Scared

J’avais juste envie de mettre un gif de Maman j’ai raté l’avion.

 

Alors bien sûr… je ne suis pas complètement inculte, mais je me disais qu’avec toute une vie derrière soi, eh bien on en accumule des connaissances, on en connaît des auteurs, des livres et on s’imagine vite que les attentes des bénéficiaires risquent d’être importantes… Et moi, je dois avouer qu’avec mes études d’histoire de l’art, j’avais un peu délaissé mes lectures personnelles au profit de livres plus en rapport avec ma spécialité.

Bon, mais vous savez quoi ? En fait on s’en sort largement.

Au début, j’appréhendais mes choix de livres, j’y allais parfois un peu au hasard en me basant sur des auteurs dont j’avais parfois vaguement entendu parler, sur lesquels je faisais des recherches (MERCI INTERNET) et j’en passe. Je cherchais parallèlement également les prix littéraires récents, essayais de regarder la liste des livres que l’ancienne porteuse de ma bibliothèque apportait aux bénéficiaires etc. Tout ça rassure et peut aider dans sa quête des livres.

Bien sûr, il y a des personnes qui savent exactement ce qu’elles veulent, qui vous donnent des auteurs, des titres précis, qui veulent le dernier prix Goncourt ou Nobel de littérature… Et dans ce cas là, c’est assez simple, il n’y a qu’à piocher dans les rayons de la bibliothèque (à condition qu’ils soient disponibles, mais ça c’est une autre histoire !)
En revanche, certaines autres sont plus vagues et disent simplement qu’elles s’intéressent à des genres, en donnant des pistes. Par exemple : « Moi, Marie-Francine-Huguette, j’aime les romans d’action, d’amour, policiers. » (Bon, c’est rarement les trois en même temps. Quoique…) Et là, à vous de vous débrouiller !

Suzy, du film Moonrise Kingdom, en lectrice assidue

 

En fait, c’est surtout à force d’expérience qu’on se sent à l’aise avec ses choix et quand on voit que les personnes sont satisfaites de ce qu’on leur apporte qu’on prend confiance. Au début, on peut patauger un peu et ce n’est pas dramatique.

Bien sûr, il arrive que des livres ne plaisent pas aux bénéficiaires, c’est tout à fait normal et ce n’est pas de notre faute. Un vieil adage dit : « Tous les goûts sont dans la nature, pas ma faute si t’as pas de goût Jeannette ! » ; et dans ce cas, il est intéressant d’en parler, de comprendre pourquoi le bénéficiaire n’a pas aimé etc, en bref, de dialoguer, ce qui est aussi notre rôle (pas des moindres, il est enrichissant !).

Parce que oui, le Port’âge, c’est aussi un enrichissement réciproque, un moyen de découvrir l’autre à travers sa vie, son passé, sa culture littéraire mais pas que. Je ne me serais jamais doutée que j’en viendrais à apporter The Walking Dead (bon, pas le comic mais quand même) à une dame de plus de 80 ans. Et pourtant, SI SI c’est vraiment arrivé !
Et on se dévoile aussi soi-même. Vous ne connaissez peut-être pas ce grand auteur du XVIIIe siècle, et alors ? N’en ayez pas honte. Vous avez vos propres connaissances, votre propre richesse et toute une vie pour développer ça.

Soyez à l’écoute, compréhensif, ouvert d’esprit et ayez confiance en vous.

Edwige G.

Wilde discoveries part 2

23 déc

Bonjour,

Je vous propose de découvrir mes coups de coeur des six derniers mois dans ce modeste pdf (rassurez-vous, il est deux fois moins long que le précédent)

Wilde discoveries, my very best of part.2

signblogportage

Dernière mise à jour effectuée le 23 décembre, prêt à être publié !

La chanson que j’fredonne (ou « Adieu mamies… »)

19 déc

http://www.chemindesdames.fr/pages/actualites_details.asp?actu_id=184

http://www.chemindesdames.fr/pages/actualites_details.asp?actu_id=184

Quand au bout d’un an l’boulot terminé

Quelqu’un va reprendre nos trajets

Notre place est si utile

Trimballant fièr’ment nos piles

De livres aux pépés-mémés

Qui n’peuvent plus marcher

Et le coeur bien gros, comm’ dans un sanglot

On dit adieu au … charriot

Même sans tambours, même sans trompettes

On s’en va au loin en r’tournant la tête

 

Refrain :

Adieu mamies, prêts et retours

Adieu sans une larme

C’est bien fini, mais pour toujours

Vous m’avez marqué l’âme

Moi c’est de Wilde, de Saint-Fargeau

Que j’dois partir si tôt

Mais je connais le chemin

Je r’viendrai p’t’être demain

 

Un an d’portâge, c’est une chance

Et j’ai bonne espérance

Car déjà ma relève

Se montre attentive élève

Même si j’ai le cœur qui m’élance

Je pars en toute confiance

C’est une jeune zélée

Qui vient me remplacer

D’un sourire je salue mes collègues et amis

On s’reverra sûrement un d’ces samedis

signblogportage

Des valeurs, un engagement

27 oct

De nombreuses personnes postulent pour remplir la mission Port’âge. Pourquoi ? Qu’imaginent-elles ? Imad est volontaire depuis une semaine à la bibliothèque Place des Fêtes dans le 19e arrondissement de Paris. En quelques lignes, il nous fait comprendre la valeur de son engagement, et ce que représente le Port’âge à ses yeux au moment de postuler. Rendez-vous dans un an pour un bilan.

Les personnes âgées sont au cœur du débat politique en France, partagées entre les polémiques sur les régimes des retraites ou encore même leur vulnérabilité quand il est question de canicules. En guise d’introduction, mon propos dans cet article sera essentiellement ciblé sur leurs souffrances face à l’exclusion et la mise en avant d’actions proposées par le gouvernement en réponse à cette triste réalité.

Nombreux sont les facteurs qui peuvent contribuer à l’isolement de ces personnes au grand âge: le départ à la retraite, la perte de mobilité, les troubles amnésiques, les violences en tout genre… Face à ce constat, en 2007, la mairie de Paris a mis en place la « mission du service civique », un dispositif qui permet de leur offrir une assistance personnalisée par la création d’emplois jeunes basés sur le volontariat. A titre d’exemple, Amina, 21 ans, étudiante en communication témoigne de son expérience « en parallèle de mes études je réalise depuis plus de 4 mois des actions de solidarité envers les personnes âgées. Je me suis tournée tout naturellement vers ce milieu car je voulais utiliser mon temps libre à bon escient et venir en aide à ces individus parfois en manque d’affection et de présence ». En outre, depuis 2009, avec l’accroissement du nombre de volontaires, cette association s’est développée dans de nombreux autres domaines. Le déploiement initial de cette action sociale en faveur des personnes âgées aura permis de sensibiliser d’autres publics exclus…Un contrepied à l’isolement.

Autrefois, la transmission de valeurs se faisait tout naturellement et l’on souffrait moins de l’individualisme et de la mobilité des individus d’aujourd’hui. La famille apparaissait comme le meilleur refuge, lieu privilégié de solidarité, d’accueil, d’échanges affectifs et matériels. De nos jours ces liens ont quasiment disparu surtout dans les sociétés occidentales où l’on accorde plus d’importance à la construction de maisons de retraites qu’à la reconnaissance de nos ainés. « La société actuelle est exigeante ! Les familles n’ont même plus de temps et l’enjeu est là !… Ces personnes n’ont rien demandé ! L’avantage dans ce métier est de pouvoir les aider mais surtout il y a un réelle connexion, un partage des savoirs enrichissants », confirme Amina.

Et d’ajouter « Mon rôle est de maintenir un lien social en les aidant à rompre  avec l’isolement. Toutes les semaines je suis contactée par la bibliothèque du 19ème arrondissement. Le portage de livre à domicile est nécessaire pour les personnes à mobilités réduites, enfermées entre quatre murs. Mon rôle est  de discuter avec eux, partager des choses. Il est important d’agir contre l’exclusion. Une fois ma tournée terminée, il m’arrive même d’être invitée à boire le thé avec certaines dames parfois très bavardes! » (Rire).

Les crises sociales ont renforcé la solidarité entre les jeunes et les personnes âgées, de telle manière qu’on assiste a une réelle réciprocité des services entres ces deux publics: aides aux logements pour les uns, accompagnements et offre culturelle à domicile pour les autres… Aujourd’hui ce lien intergénérationnel a encore de beaux jours devant lui, même face à la crise… un engagement civique, certes mais nécessaire pour tous!

Imad FAHMY

Pauline, volontaire à Parmentier

11 sept

Pauline est volontaire Port’âge de la bibliothèque Parmentier. Elle nous raconte comment le Port’âge a changé ses plans d’avenir.

Photo interview

Présente-toi en 3 mots.

Joyeuse, gentille et stressée.

Pourquoi fais-tu un service civique ?

Pour ne pas perdre mon temps. J’ai arrêté mes études et au lieu de chercher que faire de ma vie sur mon canapé ou de faire des hamburgers, j’ai voulu faire quelque chose de concret. Et surtout, c’est Sarah, une ancienne volontaire d’Hélène Berr qui m’en a parlé.

Pourquoi le Port’âge ?

Parce ce que c’est une mission en bibliothèque, et que j’aime bien lire, même si j’ai eu peu de temps pour le faire cette année. Et je viens d’une famille où l’on s’occupe des personnes âgées.

C’est particulier pour toi, tu as un tuteur et deux tutrices. Donne une qualité et un défaut pour chacun d’eux, sans les nommer.

En qualité, je dirai : attentifs, très sympa et drôle. C’est valable pour les trois. En défaut : parfois absent, peut s’échauffer vite, parle constamment à son ordinateur (rires). Ils se reconnaîtront, je pense (rires).

Que veux-tu faire après le Port’âge ?

Je veux continuer à m’occuper des personnes âgées, sur un plan d’animation et de loisirs. Je veux leur changer les idées.

C’est ce que tu voulais faire, ou l’idée t’est venue avec la mission ?

C’est avec le Port’âge. Au début, je voulais travailler en bibliothèque, mais par la suite, l’aspect humain a pris le dessus, et modifié mes envies.

Un moment fort ou une anecdote à nous raconter sur ta vie à la bibliothèque ?

Il y en a pas mal. Je dirai Patrick, l’un de mes tuteurs, debout sur une chaise, une règle à la main, qui tape sur les luminaires pour qu’ils fonctionnent bien, qu’ils arrêtent de clignoter à cause d’un faux contact.

Tu te sens intégrée à l’équipe ?

Oui ! Oh oui ! Finalement, comme je suis curieuse, j’ai beaucoup observé et posé des questions sur ce qui se passait à la bibliothèque, et je fais partie de la « machine ».

Un moment fort ou une anecdote à nous raconter à propos d’un(e) bénéficiaire ?

Une bénéficiaire qui me parle de certaines vieilles brûlures qu’elle a, se lève, et baisse son pantalon pour me montrer une cicatrice.

Le métier de bibliothécaire correspond-il à l’idée que tu t’en faisais ?

Oui, j’en avais une vision assez juste parce que j’ai une année de formation en DUT Métiers du Livre. Je savais que ce métier n’a rien à voir avec l’idée que les gens s’en font en général.

Et un service civique européen, ça pourrait te tenter ?

Oui. Peu importe le domaine du moment qu’il est intéressant. J’aurai aimé un service civique en Asie, mais s’il doit être en Europe, j’irai bien en Italie.

 

La speed interview

 

Pourquoi le BN sourit-il alors qu’il va se faire manger ?

Parce qu’il est heureux de se faire manger, sa vie touche enfin son but.

Les Extra-terrestres croient-ils en nous ?

Vaudrait mieux pas pour eux. S’ils débarquaient, ils se feraient tuer à tous les coups.

Quel est ton plat préféré et ton plat détesté?

Je n’ai pas de plat préféré. J’aime tout, sauf la rhubarbe.
Quand l’homme a découvert que la vache donnait du lait, que cherchait-il à faire ?

Un truc vraiment cochon (rires).

Boire, fumer, manger gras, sucré et salé. Pourquoi tout ce qui est bon est mauvais pour la santé ?

Parce que ce qui est bon est toujours moins intéressant. Et manger ce qui n’est pas bon nous permet de nous transformer en petite boule.

Prochain lieu à visiter ou vivre ?

Séoul ! C’est mon grand rêve. D’ailleurs, il ne faut pas le dire, mais je me mets au coréen.

La Rose au coeur qui bat

3 sept

Un troisième poème de Janine HASSELWANDER, bénéficiaire Port’âge de la bibliothèque Andrée Chedid dans le 15e arrondissement.

Dans la vie, on est heureux

Quand on sait de chaque chose

Déceler l’aspect précieux,

L’éphémère d’une rose.

La rose est comme l’amour

Tant fragile et délicate.

Prends grand soin de ton amour.

C’est la Rose au cœur qui bat.

On retiendra le bonheur

En préservant sa noblesse

Ton amie restera fleur

Si personne ne la blesse

Protège-la de tes ailes

Donne-lui tout son éclat

Elle n’est pas éternelle.

C’est la Rose au cœur qui bat.

 

Elle peut se refermer

Sur un mot, sur des colères

Son besoin de respirer

Rejette les goûts amers.

 

Evite-lui bien l’orage

Ce violent scélérat

Elle meurt à son ombrage.

 

Janine HASSELWANDER