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Voyages à l’opéra

7 mai

David, volontaire à la bibliothèque Oscar Wilde dans le 20e arrondissement de Paris, a posé des questions à une bénéficiaire, Mme R., 86 ans. Elle lui a ouvert ses précieux cahiers retraçant ses voyages, et dévoilant quelques unes de ses passions.

Bonjour. Pouvez-vous vous présentez en quelques mots ?
Je suis quelqu’un qui aime beaucoup de choses, comme la peinture, la musique, le théâtre, tout ce qui est culturel et beau. J’aime le beau, même un beau paysage, la nature. Je suis sensible à un bel arbre, par exemple.

La question indiscrète : quel âge avez-vous ?
J’ai 86 ans depuis le 21 janvier.

Oh ! Je ne vous ai même pas fêté votre anniversaire. La prochaine fois, je vous ramènerai un petit gâteau.
(rires)

Café et Madame R.

 

Que pensez-vous du service Port’âge ?
C’est formidable ! C’est formidable parce que ça rend service aux personnes qui ne peuvent pas se déplacer. J’apprécie énormément et je suis contente de pouvoir lire à mon aise, chose que je ne pourrai pas faire s’il n’y avait pas le Port’âge.

Quels sont vos trois auteurs préférés dans la littérature?
Emile Zola. Henry Troyat, évidemment. Et puis, j’aime bien Signol et Malaval. Ça fait quatre, et non trois.

Emile Zola, La bête humaine

Source :
BnF – Exposition Emile Zola

 

Depuis quand habitez-vous Paris ?
Je suis venu à Paris à mes 21 ans. Mais j’ai beaucoup voyagé, je suis parti, je suis revenu. Je suis allé dans les Pyrénées, à Tarbes, j’ai fait le va-et-vient plusieurs années car mes patrons aussi bougeaient. Oh, c’était formidable ! J’aimais beaucoup me déplacer quand j’étais valide.

 

Quelle était votre profession ?
Je travaillais dans le commerce.

Et vous trouvez que Paris a beaucoup changé ?
[Spontané] Oh oui !!! Enormément. Quand je suis arrivé ici, par exemple, on avait des poinçonneurs pour valider nos tickets dans le métro. Ici, dans le 20e arrondissement, c’était plus coquet, plus calme, on n’avait pas peur de sortir comme on a peur maintenant. La ville était plus vivable. Maintenant, c’est le foutoir et tout va trop vite.

 

Quel est votre meilleur souvenir de Paris ?
Oh, c’est l’opéra. C’était mon domaine, ma résidence secondaire. J’étais toujours au théâtre ou à l’opéra, dans les musées aussi.

 

Un opéra qui vous a marqué ?
Je suis une passionnée de Verdi, je connais ses opéras par coeur. J’aime les opéras italiens en général, Bellini, Rossini, tous ! Pour moi, la source de l’opéra, c’est l’Italie, c’est son berceau. J’aime aussi l’opéra russe. Moins l’opéra allemand, je trouve la langue trop gutturale, alors que la langue italienne est plus chantante.

Cahier de voyage

 

Vous auriez aimé chanter ?
Ah que j’aurais aimé ça, mon Dieu. J’ai été élevé dans les pas du chant et de la musique. Ça a été un grand malheur car j’aurais aimé, mais je n’avais les dispositions. On m’entendait chanter dans mon village natal de Corrèze. Mais il faut vraiment que ce soit une vocation, parce que pour arriver au sommet, il faut des années, et des heures et des heures de travail. Et beaucoup de privations. Je suis en extase devant un chanteur qui arrive à chanter un ouvrage dans son intégralité. C’est valable aussi pour la danse.

 

Quels sont les pays que vous avez visités ?
Le dernier que j’ai fait, c’est l’Egypte. Mais j’ai commencé en 1971 avec l’Italie. L’Italie, j’y ai voyagé parce que c’est le pays où Verdi est né. J’y allais tous les ans pour le festival de Verdi, dans son village natal, près de Parme. Ils y ont construit un opéra et y donne chaque année un festival. J’ai voyagé aussi en Sicile, sur le Danube, en Irlande, Saint-Pétersbourg. J’ai beaucoup voyagé, le Maroc, la Chine, la Réunion, la Norvège, la Thaïlande, Moscou, la Turquie, …

Dordogne

 

Quel est votre meilleur souvenir de voyage ?
En Italie, j’ai assisté à un concert à la Scala de Milan. J’y suis allé régulièrement une dizaine d’années.

 

Vous parlez de la musique, du théâtre. Et le cinéma ?
J’aime beaucoup aussi. Mon acteur préféré est Jean Gabin. C’est une de mes idoles. J’aime tous ses films, surtout L’Affaire Dominici.

 

Votre plus beau souvenir de vie ?
J’en ai beaucoup, mais celui que je mettrai au-dessus des autres … Disons que ma vie a été simple, sans problèmes, convenable. J’ai toujours été bien entouré, et j’ai de très beaux souvenirs. Une vie simple et remplie.

Quel message aimeriez-vous passer aux générations actuelles ?
De s’accrocher à quelque chose, d’avoir un violon d’Ingres, et qu’elles cultivent ce qui leur plairait de faire. Maintenant, pour arriver à faire quelque chose, on a des possibilités que nous n’avions pas à l’époque, et je le regrette. Mon seul regret dans la vie, c’est de ne pas avoir pu faire ce que je voulais. Je conseille à un jeune, si quelque chose lui plait, de tout faire pour y arriver.

Appartement de Mme R.

 

Eh bien, merci en tout cas d’avoir bien voulu répondre.
De rien. Vous ne voulez pas un petit café avant de partir ?

Oh oui, volontiers !

A ce jour, David doit toujours un gâteau d’anniversaire à Mme R…

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UN SERVICE CIVIQUE FORMATEUR

29 avr

Lorsque j’ai été accepté pour faire la mission du Port’âge, on m’a expliqué que je pourrais être amené, au cours de l’année, à suivre des formations, comme tous les fonctionnaires de la Mairie de Paris.

Quelles sont ses formations me direz-vous ? Tout d’abord, certaines pouvant nous aider dans notre mission. D’autres servent pour certains métiers exercés à la Mairie de Paris. On nous l’a bien dit et répété : ces missions coûtent de l’argent à la municipalité, donc, si on ne peut pas y aller, il faut prévenir absolument pour que quelqu’un d’autre puisse en profiter.

Depuis le début, j’ai vu plusieurs missions. Je ne les ai pas toutes faites, mais j’attends avec impatience de pouvoir suivre la formation Premier Secours. Certaines formations sont en rapport avec le Port’âge, comme « l’Univers du Handicap », ou bien « le livre : une occasion de se lier d’amitié avec une personne âgée ». D’autres n’ont aucun rapport, mais peuvent sans doute servir à certaines fonctions à la Mairie de Paris comme « les addictions », ou « la lutte contre les discriminations ».

Toutefois, en ce mois d’avril, rien n’aurait pu me préparer à la formation qui allait me laisser un sentiment très bizarre : « les institutions européennes ». Cette formation est aussi fun qu’elle en a l’air, c’est-à-dire que j’ai bien dormi. J’aurai du laisser ma place, surtout si ça coûte des sous à la fonction publique.

Et tandis que la lourdeur de mes paupières augmente, que le souvenir des cours ennuyeux (histoire-géo, beurk) du collège et du lycée ressurgissent, je réfléchis. Quelle différence entre les cours de cette époque et la formation d’aujourd’hui ? A l’époque, j’étais obligé de suivre tout ça, et on avait des contrôles dessus. Aujourd’hui, en supportant ça, je fais preuve de civisme, et je touche même une indemnité pécuniaire.

Conclusion : Papa, Maman, j’ai progressé dans la vie. Je fais la même chose qu’à 15 ans, mais c’est pour le bien des autres, et ça m’aide à payer mes factures.

Un(e) volontaire du service civique du Port’âge qui souhaite rester anonyme, juste pour que ses collègues se posent la question de son identité

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L’amoureux de Soutine

15 avr

Je suis en partenariat depuis peu  longtemps avec une maison de retraite situé à Rémy Dumoncel dans le 14ème.Je me suis confiée à l’animatrice M.  que je cherchais de nouveaux lecteurs. Elle m’a mis en relation avec un certain M. B, nouvelle « recrue » de la maison.  Mes lecteurs sont pour la majorité des femmes et ce n’est pas plus mal de rencontré une nouvelle personne.  Elle m’a décrit un homme très réservé et taciturne auprès de qui il fallait faire preuve de beaucoup de patience. Et en effet, confirmation !!!Il n’est pas du tout bavard et m’a donné l’impression que je le dérangeais à notre première rencontre.

Après m’être présentée, j’ai essayé de cerner ses goûts en lui posant quelques questions sur ses choix de lectures : romans policiers, historiques… Au cinquième « non »  ferme et  catégorique, un petit oui timide s’immisce dans son interrogatoire : M. B veut des livres d’arts.  Au fil de mes questions, il s’est avéré être une personne très sensible à la peinture (c’est un ancien illustrateur), en particulier du peintre russe Chaïm Soutine du mouvement  de expressionnisme entre le 19et 20è siècle.  Je ne suis pas vraiment adepte de ses peintures et je trouve son style plutôt grossier et tordu. Je ne comprenais  pas cette fascination qu’il avait de lui.

De plus, ma bibliothèque ne comportait aucun livre d’art sur lui. Pas facile donc de trouver ce qu’il demande, le livre le plus récent a été emprunté dans tout Paris. La dernière exposition sur Soutine s’est terminée le 21/01/2013 au musée de l’Orangerie c’est la raison pour laquelle les particuliers l’ont emprunté.

Il ne me restait la Réserve centrale, qui propose des gros « pavés » de  plus de 500 page :  ça ne vas pas être évident pour lui de les lire…

Lors de notre dernière visite, je n’ai pas eu de réelle discussion avec M. B et pour apprendre un peu plus sur lui, je me suis intéressée à Soutine. Curieusement, je voulais m’imprégner de son univers et en lisant sa biographie, j’ai pu constater que  c’était une personne introvertie et timide, plutôt instable psychologiquement. C’est en quelque sort un artiste maudit,  incompris et marginalisé par ses proches (j’espère que M. B n’est pas asocial comme lui !). Cette approche m’a permise de mieux comprendre ses œuvres, très complexes à saisir, et surtout à apprécier sa puissance expressive à la fois révoltante et mélancolique. C’est toujours mieux de saisir les œuvres d’un artiste avant de contempler un tableau,  je me renseignerais un peu plus lors de  ma prochaine visite au musée d’un artiste qui peut m’intéresser.

Les livres acquis, il ne me restait plus qu’à  lui proposer un rendez-vous. J’appréhendai un peu les visites car je ne sais pas comment l’aborder. Les silences dans les conversations ne me dérangent pas  mais étant donné que c’est un homme très secret, j’ai bien vu qu’il n’avait pas l’air réceptif à mes questions. Il ne doit pas savoir non plus comment je m’appelle ni de ce que je fais, il ne m’a jamais posé de questions à mon sujet.

Lorsqu’il m’a ouvert je le dérangeais, il était en train de faire sa sieste. J’appréhendai qu’il soit d’humeur grognon et je m’imaginais entrain de poser rapidement les livres et regagner brusquement la sortie.

Au fil de notre conversation,  j’ai été agréablement surprise par sa vivacité. Il s’est montré un peu plus ouvert que d’habitude.  Plus le temps passait, plus il s’est livré un peu plus. Il m’a montré ses dessins, ses photos…  avec beaucoup de pudeur et d’entrain. Il était peut être touché de ma visite ou bien de l’intérêt que je lui portais. Il m’a fait  partager aussi un petit bout de sa vie : son long séjour en Israël, son  école d’art à Paris, ses grandes sœurs toujours attentionnées avec lui…

Il était admiratif des livres que j’ai choisis et il s’avère que les livres étaient bien trop gros pour lui (j’ai un peu trop fait, j’en ai ramené 4 de 500 pages !) mais j’ai bien vu dans son regard qu’il ne voulait pas s’en séparer, c’est plus prudent pour lui d’en garder 1 ou 2 car ils sont vraiment très lourds (frêle comment il est j’avais surtout peur qu’il fasse un faux mouvement). Je l’ai rassuré en lui disant que je lui ramènerai les autres dans 3 semaines.

La glace brisée, aucun malaise ou bien de longs silences entretenus ne viennent interférer à notre conversation. Nous avons même trouvés quelques points communs : nous apprécions les animations japonaises de l’artiste Hayao Miyazaki. Je vais essayer de lui dégoter quelques films prochainement car il n’a pas l’occasion de tous les voir.

J’ai qu’une hâte désormais c’est de le revoir prochainement et qu’il me fasse partager petit à petit lz mystérieux univers qui l’entoure, et découvrir peut être des points communs que nous avons.

Adeline, volontaire à la bibliothèque Glacière dans le 13e arrondissement de Paris

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Alice, porteuse à Marguerite Duras

6 avr

A 21 ans, Alice fait du Port’âge dans le 20e arrondissement de Paris, à la médiathèque Marguerite Duras.  Elle est interviewée avec sa tutrice, Muriel.

Alice, présente Muriel en 3 mots.
Alice : Gentille, agréable et professionnelle.

Muriel, présente Alice en 3 mots.
Muriel : Agréable, mignonne et efficace.

Alice, pourquoi avoir fait un service civique cette année ?
A : Parce que je ne trouvais pas de travail. Une copine qui avait fait le service civique dans un collège m’en a parlé. J’ai postulé sur plusieurs missions, et j’ai choisi le Port’âge parmi les missions qui m’acceptaient.

Muriel, pourquoi avoir acceptée d’être tutrice ?
M : Parce que j’aime bien encadrer les jeunes (rires). Non, sérieusement, c’est parce que je trouve que l’offre du Port’âge est intéressante.

Alice, tu te vois devenir bibliothécaire plus tard ?
A : Heu … je ne sais pas. Pourquoi pas ?
M : Ah Oui ? C’est nouveau, ça.
: J’y ai réfléchi, et je me dis pourquoi pas. J’hésite encore à tenter le concours.

Muriel, un service civique, ça t’aurait tentée ?
M : Non.

Alice, le Port’âge, c’est l’idée que tu t’en faisais auparavant ?
A : Humm … ça correspond assez, oui. Je pensais avoir plus de relationnel avec les bénéficiaires toutefois, mais parfois, je fais juste office de « coursière », c’est dommage. Mais pas tous, heureusement.

Et toi, Muriel, le tutorat se passe comme tu le voyais ?
M : Je pensais être plus impliquée, mais Alice se débrouille très bien toute seule, elle est souvent livrée à elle-même, mais parce qu’elle n’a pas besoin de moi.

Une anecdote à nous raconter l’une sur l’autre ?
: Longue hésitation C’est dur …. Ah, je sais. Une fois, on est parti voir une usagère pour la première fois, Muriel m’a accompagné, c’est quand la neige est tombé et ça gelait dans tout Paris (mardi 12 mars) …
M : Oui. En plus, la bénéficiaire nous avait annoncé à l’avance de ses problèmes psychiques, et effectivement, on a un peu constaté
: J’étais contente que Muriel soit avec moi, ça m’avait un peu surprise. Mais ça s’est bien passé, et aujourd’hui, j’y vais seule sans aucun souci.

Un lieu à nous faire découvrir dans le quartier ?
A : J’aime beaucoup la rue d’Avron, du côté de la Porte de Montreuil. Elle est animée, pleine de monde et de bonnes choses à manger.
M : Le croisement de la rue Vitruve et de la rue des Orteaux, avec son café, le Poisson Bleu.

Alice, une question à poser à  Muriel ?
A : Elle réfléchit longuement Pourquoi tu n’as pas appelé une de tes filles Alice ?
: Parce que j’avais une grand-tante qui s’appelait Alice, et que je n’aimais pas. (rires)

Muriel, une question à poser à Alice ?
M : Que feras-tu en octobre après ta mission ?
: Sois je serais bibliothécaire, soit je reprendrais mes études. Voire même un autre travail.

 

La speed interview

L’aliment le moins bon ?
M : La cervelle.
A : Les endives cuites.

Pourquoi les ouragans ont-ils des prénoms féminins ?
M : C’est un fantasme masculin.
A : C’est vrai ça ! Parce que ce sont des hommes qui donnent les noms, et ce sont des gros machos.

Boire, fumer, manger gras, sucré et salé. Pourquoi tout ce qui est bon est mauvais pour la santé ?
M : Parce que comme c’est bon, on en mange plus, donc on mange trop, et c’est mauvais pour la santé.
A : Je ne bois pas, je ne fume pas, je ne fais que manger gras.

Comment s’appelle un maître-chien sans chien ?
A : Un maître..
M : La même chose.

Il est recommandé de manger 5 fruits et 5 légumes par jour. Pour les fruits, tu préfères 5 liqueurs aux fruits, ou 5 pâtes de fruits ?
A : Les pâtes de fruit.
M : Les pâtes de fruit aussi.

Les Extra-terrestres croient-ils en nous ?
A : Oui.
M : Non.

Pepito ou Granola ?
A : Granola, voyons !
M : Granola, oh oui!
A : Les Pepito, ça n’existe plus depuis les années 90. (rires)

Qu’est-ce que les femmes font de mieux que les hommes ?
A : Tout, car on arrive à faire deux choses en même temps.
M : Conduire.

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Ne vous attachez pas

29 mar

Lorsque je fais le recrutement des volontaires pour la mission Port’âge, l’une des recommandations que je leur donne, c’est de ne pas s’attacher aux bénéficiaires. En effet, ils sont amenés durant un an à côtoyer des personnes parfois isolées. Or, l’une des conséquences, c’est que ces bénéficiaires voient dans ce volontaire un(e) ami(e), la seule compagnie régulière. Mais la mission dure un an, et vient alors le moment où les routes se séparent, chacun continuant de son coté. Parfois, c’est même pire, on s’attache à un(e) bénéficiaire, et cette personne disparaît au cours de l’année.

D’où ma mise en garde : Ne vous attachez pas !

Coordonner la mission Port’âge, c’est de son coté côtoyer régulièrement les volontaires, que ce soit au cours de réunions ponctuelles, de visites, de soucis qu’ils ont et qu’il faut régler, ou pour un projet particulier, manger avec certains, rire, les écouter se confier. J’en vois certains assez régulièrement, et du coup, je les vois plus que comme des collègues au bout d’un moment. Certes, j’ai entre dix et quinze ans de plus qu’eux, je suis une sorte de supérieur hiérarchique, mais mon travail consiste essentiellement à prendre soin d’eux, et à veiller sur eux. Il en résulte que de collègue distant, on devient parfois collègue plus proche, on se raconte des choses de nos vies, on partage des lieux qu’on aime, des bons plans, et toute sorte de choses.

Surtout, plus on prend soin d’eux, et plus ils vous le rendent. Bref, je me rends compte de mon hypocrisie au cours du recrutement. Je leur dis de ne pas s’attacher aux bénéficiaires, mais je fais la même chose avec eux. Et aujourd’hui que la plupart sont à mi-parcours de leur service, je vois que je n’ai plus que six mois à passer avec certains, et ça me provoque un petit pincement au cœur.

Promis, l’année prochaine, je leur dirai la vérité : Faites ce que je dis, pas ce que je fais… Ne vous attachez pas !!!

 Jaoo, coordinateur de la mission

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Ces jeunes qui portent des livres aux anciens de la capitale

22 mar

Voici un article écrit par Marie-Noëlle Baudis, étudiante en journalisme, pour le blog des ateliers de l’Ecole des Métiers de l’Information. Madame Baudis est allée à la rencontre de plusieurs volontaires et bénéficiaires, et vous donne son point de vue sur la mission. Elle a acceptée que nous présentions son article sur ce blog , merci à elle.

Mis en place officiellement en 2009, le service Port’âge de la Ville de Paris est proposé gratuitement dans un tiers des bibliothèques parisiennes. Des jeunes volontaires du Service Civique apportent des livres aux personnes âgées ou en situation de handicap. Les visites s’effectuent au domicile des bénéficiaires ou en maison de retraite.

A peine assis sur le canapé du salon, Nissim, volontaire de 20 ans intégré à la bibliothèque Louise Michel à Paris 20ème, sort quatre livres de sa sacoche. “Ah ! C’est bien !” s’exclame Madame Pailhous en tendant les bras “Il y a des gros !”. Nissim Guez vient toujours avec au moins deux gros pavés chez cette aimable dame de 76 ans. Elle lit en moyenne un livre tous les trois jours.

Edwige Pailhous s’est inscrite au service Port’âge après un accident de voiture invalidant. “Ces visites me rendent service, mais cela me fait avant tout plaisir. On discute, on échange sur les livres.” Un chat roux aux yeux orange vient ronronner près du jeune étudiant en licence de lettres modernes. “Il faut que je vous apporte “Une société de violeurs ?” de Marcela Iacub. J’aimerais bien avoir votre avis sur sa thèse” dit Nissim. Edwige Pailhous a milité aux côtés du Mouvement Français pour le Planning Familial pour obtenir, dans les années soixante, la légalisation de la contraception. Elle a longtemps exercé la profession de neuro-psychologue. “Le viol, c’est très délicat vous savez, très complexe…Lorsque je travaillais avec le tribunal de Créteil, j’ai reçu des pères violeurs…Il y a aussi l’inceste des mères, on n’en parle jamais“.  Nissim l’écoute, très attentif. “Vous me faites réfléchir“.

Pour un autre de ses quinze bénéficiaires, non voyant et dépressif, il se procure des livres audios (textes lus) traitant de philosophie. Et dépasse souvent les quarante-cinq minutes de visite prévue, conscient d’apporter aussi une présence réconfortante. La mission de Nissim au Port’âge durera un an, pendant lequel il percevra une indemnité compensatrice d’environ 465 € par mois.

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Le charme des vieux appartements parisiens

Alina Duta, 24 ans, autre volontaire du Service Civique, a trouvé la mission « parfaite ». Originaire de Roumanie, elle prépare à Paris un Master II en politique culturelle. Elle apprécie la compagnie des personnes âgées, composant l’essentiel des seize bénéficiaires de la bibliothèque Edmond Rostand à Paris 17ème. Un hôpital psychiatrique de jour a aussi pris une carte de prêt collective. Alina y co-anime des ateliers de lecture à voix haute. Les vingt-quatre heures par semaine qu’elle assure sont  réparties entre travail de bureau et visites. Choisir les livres qui vont plaire est une tâche ardue, surtout lors des premières rencontres.

Pour Madame Lambert*, Alina apporte toujours un livre d’art et un roman. Elle a découvert au domicile du boulevard des Batignolles le charme des vieux appartements parisiens et leur odeur si particulière de bois ciré et de renfermé.

Madame Lambert* est toujours de très bonne humeur.  Elle note dans un petit carnet son appréciation sur les ouvrages : TTB (très très bien) TB (très bien) ou…BOF. Elle dit qu’elle devrait aussi ajouter un résumé, car souvent, le titre ne lui dit plus rien. Elle trouve qu’Alina est bien gentille de lui apporter ces livres. Elle pourrait se déplacer, mais n’en a ni l’envie ni le courage. Elle se sent très fatiguée par moments. Sans se départir de son sourire, elle dit d’une voix légère “Il faut s’occuper de nous (les vieux), c’est la barbe ! Faudrait qu’on s’éteigne plus vite ! “. Alina se demande si les médicaments qu’elle prend ne sont pas à l’origine de sa jovialité. De nombreux bénéficiaires prennent des antidépresseurs. Tout en notant la qualité des services de santé en France, elle remarque, un peu triste, que toutes ces personnes au parcours différent sont arrivées à une même conclusion : à la fin, on est tout seul. “Alors il faut en profiter ! “.

Des retraités parfois capricieux

Comme Nissim et Alina, la jeune volontaire de la bibliothèque Georges Brassens dans le 14ème arrondissement apprécie ces rencontres enrichissantes. Myriam Bellakehal n’a, elle, que 19 ans. “Je m’occupe de trente bénéficiaires dont onze dans une maison de retraite. Il n’y a que deux hommes. Peut-être à cause de leur fierté ou parce qu’ils acceptent mieux la solitude que les femmes“.

Pour des raisons médicales, Myriam a eu une scolarité irrégulière et a quitté le lycée en première. A la bibliothèque, qu’elle fréquentait petite fille, elle a découvert un métier “où il y a plein de choses à faire, dans un environnement apaisant”. Après cette mission, elle souhaite passer son baccalauréat en candidat libre et préparer les concours de bibliothécaire.

Tous les jeudis, elle apporte des livres aux résidents d’une maison de retraite. “Ce sont mes grands-pères et mes grands-mères.” Myriam a ses chouchous. “Madame Royer* est vraiment drôle. Un jour elle s’est mise à crier “J’aime pas les vieux !”. Avec elle, je peux parler pendant deux heures. J’aime ces moments où ils me racontent leur vie d’avant, avec nostalgie et tristesse. Ils me touchent.”

Plus compliqué par contre de retourner voir un bénéficiaire désagréable. Comme cette dame bi-polaire qui a tout jeté par terre en criant “Vous m’emmerdez ! J’ai rien lu !”. De temps en temps les documents s’égarent. Et réapparaissent dans une chambre voisine. Ou pas.

Nissim, lui, traîne un peu les pieds pour aller à la “prison pour vieux“. Bien que prévenu par sa responsable, la découverte de cet univers a été un choc pour lui. Résidents mal en point, personnel débordé, odeurs pénibles. Et partout ennui et solitude, malgré la télévision allumée en permanence. “Les gens souffrent, ils me disent : pourquoi suis-je en vie ?“. Mais dorénavant, Nissim est aussi sensible aux difficultés des personnes âgées ou invalides, déplacements difficiles, vision affaiblie. Comme tous les autres bénévoles, en distribuant des livres il rend service, et en échange, reçoit une vraie leçon de vie.

Marie-Noëlle Baudis

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Madame B.-N., antiquaire dans le 13e arrondissement

15 mar

Ancienne antiquaire résidant à Paris dans le 13ème arrondissement,  Mme B. N., 87 ans, m’accueille toujours avec son sourire chaleureux  habituel.

Je viens la voir une fois tous les 3 semaines avant l’heure du déjeuner, et elle m’offre toujours un petit ravitaillement (j’ai eu droit à un fond de champagne qu’elle a spécialement conservé pour les fêtes de fin d’année !)

La première fois que je suis venue chez elle, j’étais agréablement surprise par la décoration de son appartement très burlesque ! Des murs tapissés de peintures, de photos, de babioles de toute époque.  A chaque visite, je parcours chaque recoin avec grande attention.

Les livres que je lui porte sont des sujets très pointus : la prise de Massada, les antiquités juives,  la croisade des Albigeois …  des sujets peu communs car la plupart de mes lecteurs lisent des romans et surtout, ce sont des sujets que je ne maîtrise pas !

En cernant ses besoins, ses goûts, j’ai pu constater que c’est une dame très intéressante et très intelligente. J’apprends toujours de belles choses à chaque visite, elle me conte, me raconte, les passages  des livres qu’elle a lus et me confie parfois son vécu (surtout de sa maison et de son jardin à Collioure, où le fameux peintre Matisse venait parfois peindre ses toiles.)

Quelque fois, je lui apporte des livres que j’ai déjà lus et qui sont susceptibles de l’ intéresser : Voyage au bout de la solitude de John Krakauer. J’étais un peu dubitative du choix de mon livre, je ne savais pas si ça pouvait lui plaire. Sourire un peu crispé au moment je lui ai tendu le livre. Trois semaines plus tard, elle me l’a rendu en l’ayant fortement apprécié ! Petit sourire de victoire au fond de moi car c’est une dame qui m’impressionne beaucoup par sa culture et ses connaissances très pointues.  Le fait qu’elle apprécie le bouquin me permet de mieux comprendre ses goûts et de peut-être nous trouver des points communs. Comme quoi  les livres sont un bon moyen de communiquer et  de se rapprocher des gens.

 

Adeline (volontaire à la bibliothèque Glacière dans le 13e arrondissement)

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Le café

8 mar

 

Après l’histoire de la main de la semaine dernière, David, volontaire à la bibliothèque Oscar Wilde, vous propose une seconde histoire en vidéo, celle du café.


Port’âge – Le café par Bibliotheques-Paris

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Une rencontre et des souvenirs

1 mar

par David, volontaire du service Port’âge à la bibliothèque Oscar Wilde  

 

Je pense souvent à ce que la vie a d’insolite, des rencontres imprévues, des expériences et des histoires partagées qui font grandir et qui inspirent.

Je me plais à me laisser surprendre par la vie des gens, les histoires qu’ils ont vécues,  les douleurs qu’ils ont traversées, leurs moments de bonheur, leurs souvenirs, c’est une chance rare quand quelqu’un se confie et vous raconte des parties  de sa vie.

L’une des premières personnes à qui j’ai porté des livres est  madame R., je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, ce qu’il fallait que je fasse, quels livres lui apporter et ce qu’il allait se passer lors de notre premier rendez-vous.

Alors , c’est avec un peu d’appréhension que j’ai sonné à son interphone ;  une voix chaleureuse et chantante a répondu, et c’est en m’approchant de la porte que je l’ai vue pour la première fois , une toute petite dame, à l’aspect un peu fragile mais tellement vive pour son âge.

Elle m’a prié de rentrer et m’a demander si je voulais un café,  je crois qu’on ne savait ni l’un ni l’autre comment commencer.

Je ne sais toujours pas si c’est elle ou moi qui a su mettre à l’aise l’autre mais nous nous sommes très vite bien entendu. Elle m’a demandé d’où je venais, ce que je faisais dans la vie, si j’étais heureux à Paris, en fait c’est elle qui a pris en main le rendez-vous.

Puis avec le temps naît la confiance et elle m’a raconté un peu de sa vie, l’avant et l’après-guerre,  son premier époux, ses enfants et petits-enfants, ah ça, elle en est fière de ses petits-enfants ; puis elle m’a parlé de ses regrets et des périodes de trouble dans sa vie; au fur et a mesure qu’elle se confie je me rends compte à quel point sa vie a été riche et de la force de son caractère. Malgré sa petite taille et sa fragilité elle a très tôt fait ses propres choix. Il faut dire qu’elle n’a pas eu une enfance très heureuse, mais les choix qu’elle a faits, l’ont poussée très rapidement à s’affirmer et  à suivre la voie qu’elle voulait suivre.

Je retrouve un peu de Piaf en elle, une force masquée et une joie de vivre à toute épreuve.

Récemment, elle s’est mise en tête de revenir sur des moments de sa vie qu’elle a oublié, des périodes d’ombre où la mémoire lui joue des tours, alors elle rassemble tous ses souvenirs et mène l’enquête comme une détective pour mettre la lumière sur ces périodes oubliées de sa vie.

La dernière fois, elle m’a confié beaucoup de choses, la lumière a éclairé certaines tâches d’ombre, et parfois dans l’ombre se cachent des souvenirs que l’on n’avait pas envie de voir, que l’on n’avait pas envie de se rappeler, que l’on n’a peut-être volontairement oublié.

Elle m’a demandé si je voudrais l’aider à rédiger ses parties de vie, « comme une autobiographie » je me plais a lui dire, ce qui l’agace mais la fait quand même sourire.

Elle me raconte aujourd’hui beaucoup de choses sur sa vie et c’est avec joie que je l’écoute, ses souvenirs sont riches et émouvants et  le plus souvent vraiment drôles.

Cette semaine, la première des histoires racontées par Madame R. vous est proposée en vidéo.


Port’âge – L’histoire de la main par Bibliotheques-Paris

Vous aimez ? Une seconde histoire sera publiée la semaine prochaine.

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INTERVIEW DES VOLONTAIRES DE BAUDOYER

25 fév

Depuis 4 mois, Fabien et Emilie font du Port’âge ensemble à la bibliothèque Baudoyer dans le 4e arrondissement. Rencontre croisée entre les deux volontaires

FABIEN

Décris Émilie en 3 mots.
Gentille, intelligente, mauvais goût people.

Est-ce que tu es content de faire le Port’âge avec une autre volontaire ? Pourquoi ?
Oui. Émilie connaît les bibliothèques, c’est plus facile. C’est plus agréable à deux que seul. Pour les visites, on peut se remplacer. On s’aide pour les recherches.

Tu aurais préféré être avec un autre garçon ou tu es content que ce soit une fille ?
Je préfère une fille. En plus, elle est mignonne, c’est bien.

Que fait Émilie de mieux que toi ? De moins bien ?
Elle connaît mieux les livres que moi. Par contre, elle porte moins bien les livres, c’est toujours moi.

Qui est chef, qui commande ?
C’est moi (rires).

Le volontaire le plus apprécié des bénéficiaires ? Et des bibliothécaires ?
C’est moi. Ils m’aiment bien. Mais les bénéficiaires l’apprécient aussi quand je la leur présente.

Pour les collègues, je dirai que la responsable a une préférence pour moi. Mais je ne suis pas sûr.

Quels sont les avantages de faire le Port’âge dans le quartier de Baudoyer ?
C’est un quartier super agréable, avec des boutiques partout.

Si Émilie était:

un animal? Un Yokshire.

une voiture? Une autolib.

une personne célèbre? Britney Spears.

La speed interview

Pourquoi tu peux avoir une pizza en bas de chez toi plus vite qu’une ambulance ?
Parce que la pizza, je la paie.

Pourquoi, dans les fast-foods, les filles commandent un gros burger, une grande frite et … une boisson light ?
Parce qu’elles veulent manger comme des grosses en se faisant passer pour des maigres.

Pourquoi, pour arrêter Windows, on doit cliquer sur démarrer ?
Je ne sais pas. Toute façon, je ne fais qu’appuyer sur le gros bouton, moi.

Pourquoi Donald Duck, qui ne porte pas de pantalon, met-il une serviette autour de la taille quand il sort de la douche  ?
Il n’aime pas avoir les plumes du bas mouillées, il veut que ça sèche plus vite.

Quand l’homme a découvert que la vache donnait du lait, que cherchait-il à faire ?
Il était bourré, il n’a pas reconnu sa femme.

Cite les trois choses qu’Émilie emmènerait sur une île déserte.
Un tamagochi, son copain et sa mère.

 

ÉMILIE

Décris Fabien en 3 mots.
Coquet, drôle et patient.

Est-ce que tu es contente de faire le Port’âge avec un autre volontaire ? Pourquoi ?
Oui. Parce que je ne suis pas très sûre de moi, et du coup, ça me met en confiance pour la mission. Et puis, c’est plus amusant aussi.

Tu aurais préféré être avec une autre fille ou tu es contente que ce soit un garçon ?
C’est mieux que ce soit un garçon, parce que j’aime bien leur compagnie, ils sont moins prise de tête que les filles en général.

Que fait Fabien de mieux que toi ? De moins bien ?
Il sait se servir du logiciel des bibliothèques mieux que moi. Par contre, je suis mieux organisé et ordonné.

Qui est chef, qui commande ?
C’est moi (sourire).

Le volontaire le plus apprécié des bénéficiaires ? Et des bibliothécaires ?
Dans les deux, c’est lui. C’est un garçon, et bénéficiaires et collègues sont en majorité des femmes, et doivent apprécier la compagnie d’un garçon.

Quels sont les avantages de faire le Port’âge dans le quartier de Baudoyer ?
C’est un quartier central, agréable avec des maisons de retraite pas glauque comme ailleurs. Et les bénéficiaires ont souvent de beaux appartements.

Si Fabien était:

un animal? Un lionceau.

une voiture? Une BMW dcapotable.

une personne célèbre? M Pokora.

La speed interview

Pourquoi tu peux avoir une pizza en bas de chez toi plus vite qu’une ambulance ?
Très bonne question à laquelle je n’ai pas de réponse.

Pourquoi, dans les fast-foods, les filles commandent un gros burger, une grande frite et … une boisson light ?
C’est faux !!! Pas moi, en tout cas.

Pourquoi, pour arrêter Windows, on doit cliquer sur démarrer ?
Parce que celui qui a écrit la question est encore sous Windows XP.

Pourquoi Donald Duck, qui ne porte pas de pantalon, met-il une serviette autour de la taille quand il sort de la douche  ?
Pourquoi les personnages de dessin animé ont-ils quatre doigts au lieu de cinq ?

Quand l’homme a découvert que la vache donnait du lait, que cherchait-il à faire ?
Il a vu un truc qui pendait et il s’est demandé à quoi ça servait.

Cite les trois choses que Fabien emmènerait sur une île déserte.
Son téléphone, du gel et sa carte bleue.

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