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Portrait : Janine Hasselwander

28 juil

Nous avons choisi de vous présenter une des fidèles bénéficiaires du service Port’âge de la Bibliothèque Andrée Chedid (anciennement Beaugrenelle, 15e arrondissement). Voici le portrait de Madame Janine Hasselwander.

Résidente de la structure Quintinie-Procession dans le 15e arrondissement de Paris, Janine Hasselwander est aussi une lectrice à l’appétit vorace, et une poétesse à la verve désarmante. D’ailleurs, nous vous avions présenté quelques-uns de ses écrits, comme « Prévert » ou encore « De Piaf à Trenet » à l’occasion du Printemps des Poètes, en mars dernier.

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Mais il est temps d’en apprendre davantage sur cette femme aux multiples vies, rythmées par la soif d’apprendre, ainsi qu’une immense dévotion pour les plus démunis, et son amour pour la poésie et l’écriture. Voici son histoire.

Une vie et une carrière vouées à autrui 

Au premier abord, cette femme de quatre-vingt ans est non seulement impressionnante de part son expérience du tiers-monde, où elle a exercé le métier d’infirmière. Davantage, sa culture littéraire et son humour caustique sont désarmants. Et plus on apprend à la connaître et plus se dessine un personnage complexe et torturée, qui rit volontiers de ses malheurs et se raconte sans ambages:

« Je suis née le 14 avril 1934, à Chaume, en Haute-Marne. J’ai eu des frères et sœurs, mais on ne s’est pratiquement pas connu. J’ai été infirmière dans le tiers-monde, et quand je suis revenue malade, j’ai été obligé d’aller en résidence. J’ai été pas mal malade jeune, et je trouvais ce métier formidable. Soigner, ça me paraissait normal.  J’avais envie de soigner les gens pauvres, j’avais envie quoi.  Je ne peux pas dire. J’aimais les gens quoi, les gens pauvres, c’est pour ça que je suis mal dans le 15e arrondissement. »

D’ailleurs, c’est en compagnie de ses deux compères, Colette Villard et Gilberte Borenfreund, qu’elle se livre le plus. D’ailleurs, celles que l’on surnomme les Trois Mousquetaires sont inséparables, à la résidence Quintinie, où elles vivent toutes les trois.

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L’écriture : un « paratonnerre »

Cependant, son enfance trouble ne l’a pas empêché d’accéder aux études.Et c’est d’ailleurs la rencontre d’un professeur de lycée, chez qui elle travaillait, qui va changer significativement son avenir, comme elle nous l’a raconté:

« Disons qu’à 14 ans, j’ai été placé comme bonniche, par l’assistance publique, chez un professeur de lycée. Et que ce professeur, il trouvait que comme bonne on faisait mieux, et que j’étais meilleure comme élève, donc il m’a pris comme élève. C’est comme ça que j’ai pu passer le bac, et faire quelques études. »

Ainsi, cette rencontre déterminante lui permettra non seulement de devenir infirmière dans les années qui suivirent, mais  également de se tourner vers la littérature. Mais ce qui l’intéressait le plus, c’était la poésie. C’est donc tout naturellement qu’elle se tournera vers l’écriture poétique, un exerce vite devenu un besoin:

« À un moment, c’était [ndlr. L’écriture] un besoin. Mais c’était tout ce qui était autour. C’est-à-dire pour enregistrer et tout, je n’étais pas très douée. Mais longtemps, j’ai eu l’envie d’écrire. Dès fois, ça [ndlr. L’écriture]  me permettait d’accepter, d’accepter la vie même.  Disons que c’est comme un exutoire, ou plutôt un paratonnerre. Avant d’éclater, je mets le paratonnerre. Disons que j’ai quand même eu une enfance assez dure, très dure : j’ai eu faim, … enfin j’ai eu des tas de problèmes étant jeune.  C’est comme ça, et ça me permet, au moins des fois, de l’exprimer mieux quoi. C’est une façon de calmer le jeu. Vous savez j’ai eu beaucoup de problèmes, dans ma jeunesse… Je n’avais pas le droit d’être malade, donc je n’avais pas beaucoup le droit de m’exprimer. Le proviseur du lycée m’a un jour dit que j’étais un peu comme une écorchée vive. Et la plupart du temps, je me protégeais. Et puis par moment, j’éclatais. »

Le mot de la fin sur Janine par Colette & Gilberte:

-Gilberte : « Malgré son état, malgré ses souffrances, ses tourments, son éveil reste constante. (…) Je suis souvent déçue parce qu’on ne peut pas la voir comme il faut. Dans le bordel des réunions collectives, on ne peut pas la sentir. J’aime bien la voir en tête à tête, mais c’est souvent difficile.»

-Colette : « Souvent, elle m’embête (rires), donc dès fois je le prends mal. Je boude pendant trois jours. Et après, on se réconcilie. On se réconcilie tout le temps. Toutes les amies que j’ai eu, je ne me suis jamais disputée avec elles, il n’y avait pas d’engueulades. Du coup, ça me change. »

Papot’âge 4 (Speed Interview partie 1)

17 juil

Quatrième volet de la série de vidéos tournées par plusieurs volontaires dans lesquelles ils répondent à des questions sur leur mission. Début de la speed interview.

Papot’âge (3)

9 juil

Troisième volet de la série de vidéos tournées par plusieurs volontaires dans lesquelles ils répondent à des questions sur leur mission.

 

Wilde discoveries part 1

2 juil

Salut à vous, porteuses et porteurs, lectrices et lecteurs !

Je vous propose de découvrir mes coups de coeur des six premiers mois passés à la bibliothèque Oscar Wilde dans ce pdf d’une petite dizaine de pages.

Wilde discoveries, my very best of part.1

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Papot’âge (2)

24 juin

Suite de la série de vidéos tournées par plusieurs volontaires dans lesquelles ils répondent à des questions sur leur mission.

 

La plage

11 juin

Cette semaine, une histoire racontée par Monsieur S. vous est proposée par une vidéo de Marie, volontaire à la bibliothèque Couronnes dans le 20e arrondissement de Paris.

 


Port'âge – La plage par Bibliotheques-Paris

Steeven, volontaire à la bibliothèque Louise Michel

5 juin

 

Depuis octobre, Steeven est volontaire Port’âge de la bibliothèque Louise Michel. Arrivé à mi-parcours de sa mission, il nous livre son ressenti.

Steeven

Présente-toi en 3 mots.
Sympa, passionné et reservé.

Pourquoi fais-tu un service civique ?
Au départ, cela me permettait de payer mes études dans le cinéma. Mais je voulais faire autre chose par rapport à ces études et à l’autre job que je fais tôt le matin. Je voulais travailler dans un autre domaine.

Pourquoi le Port’âge ?
Je voulais rencontrer du monde, et voir si les personnes m’apprécieraient. Le rôle de ma tutrice, Hélène, est important. C’est elle qui m’a permis de m’intégrer auprès des bénéficiaires. J’avais une petite crainte de ce coté-là, d’autant que je suis noir.

Et alors, tu te sens bien intégré auprès de tes bénéficiaires ?
Oui, et comme je disais, c’est grâce à Hélène, qui est vraiment très sympa et super souriante. Au début, j’avais du mal à trouver mes repères dans ma mission, surtout dans mes choix de livres à apporter. Maintenant, ça va. Et aussi, je reste beaucoup plus longtemps chez les personnes visitées. Elles m’ont très vite mis à l’aise. Elles sont bavardes, ce qui facilite les échanges.

Que veux-tu faire après le Port’âge ?
Du cinéma, surtout la réalisation (Steeven est le réalisateur du documentaire Papot’âge, dont la suite arrive bientôt sur ce blog). Je fais aussi un peu de comédie. En attendant que mes projets se réalisent, il faut que je me trouve du travail pour me mettre à l’abri financièrement.

Tu voudrais être bibliothécaire ?
Je lis beaucoup, et j’aime l’environnement de la bibliothèque, que je découvre avec ma mission. Depuis que je suis ici, j’ai élargi mes lectures. Avant, je ne lisais que des BD, des mangas. Maintenant, je lis aussi des romans. Je me rends compte que les histoires des livres sont aussi bien que les histoires des films que je veux réaliser. Je me dis qu’être bibliothécaire, ce serait pas mal, finalement.

Un moment fort ou une anecdote à nous raconter sur ta vie à la bibliothèque ?
J’ai aimé participer à la newsletter rétro de la bibliothèque avec les références à Premiers Baisers. C’était trop drôle.

Tu te sens intégré à l’équipe ?
Oh Oui ! Les collègues sont vraiment géniaux, je les apprécie beaucoup. Mais comme je suis super réservé, et que je ne me dévoile pas trop. Je suis vraiment content d’être parmi eux, mais je ne sais pas s’ils s’en rendent compte.

Un mot sur ta tutrice ?
[Grand sourire]. Enorme ! De gentillesse, de compétence, de qualités humaine.

La speed interview

Que fais-tu en premier le matin ?
Je me brosse les dents.

Est-ce que tu aimerais, juste une fois, que Coyote attrape Bip-Bip ?
Oh oui ! Pareil pour Tom et Jerry, le pauvre chat.

Quel est ton plat préféré et ton plat détesté?
J’aime beaucoup le saka saka, un plat africain. Et je n’aime pas le poisson, en général.

Le capitaine Crochet est mort en se grattant … ?

Les censuré.

Il faut manger 5 fruits et 5 légumes par jour. Pour les fruits, tu les prends en liqueur ou en pâtes de fruits ?
Pas du tout, je ne prends ni fruits, ni légumes.

Quel goût a le savon ?
C
‘est salé. En tout cas, le savon de Marseille.

Tu as goûté ?
(rires) Oui.

REPORT’ÂGE

22 mai

En 2013, trois volontaires du service Port’âge, David ANTONIOTTI, Sarah BIAU et Simon PRIMARD, ont tourné et réalisé un documentaire afin de montrer le quotidien de leur mission de service civique dans les bibliothèques de la Ville de Paris.


Report’âge par Bibliotheques-Paris

Mes mémés (+2 pépés)

16 mai

1413314-le-livre-meme-de-philippe-torreton-950x0-1Mémé. Tel est le titre du dernier roman de Philippe Torreton*. Un journaliste a fait remarquer à l’auteur que le terme était « désuet » et qu’il était « osé » de choisir un tel titre. A sa place, j’aurais répliqué qu’effectivement, le terme de « Mère-grand » était indubitablement plus dans le vent. Et toc ! Plus sérieusement, pour moi qui ai souvent regretté d’avoir eu peu de contact avec mes grands-parents, je trouve que c’est une chance d’en avoir plusieurs dizaines. Ne serait-ce que pour un an. Je dois vous dire que je me régale. Bien sûr, il y a des hauts et des bas, je ne vous le cacherai pas.

On m’a maintes fois dit que j’avais « des goûts de vieux », au moins depuis mon adolescence. Eh bien, soit. Toujours est-il que pour parler de romanciers et de musiciens classiques, cela s’avère bien pratique. En tant qu’apprentie historienne, j’ai un terrain de conversation supplémentaire avec mes papys-mamies qui ont presque tous vécu la Seconde Guerre mondiale, et dont les proches furent impliqués dans d’autres conflits, tels que la guerre d’Indochine ou celle d’Algérie. Bien sûr, c’est aussi un terrain miné. Miné de souvenirs pénibles à ne pas ressasser trop fréquemment, voire à éviter absolument.

J’en apprends beaucoup auprès de mes p’tits vieux (terme aussi affectueux que respectueux à mon sens). « Quand un vieux s’éteint, c’est une bibliothèque qui brûle », dit un proverbe africain. Je redoute qu’une telle chose arrive. On est conscient du risque dès que l’on postule pour la fonction de porteu/r/se. Je me dis que je représente moi aussi une bibliothèque, et que celle-ci va à la rencontre d’une autre, la première étant de papier et la seconde de chair, mais toutes deux de péripéties, de réflexions et de sentiments. De sombres arrières-pensées sont inutiles, seul compte l’instant présent. Et tant qu’à faire, autant que celui-ci soit agréable, surprenant même. On s’échange des sourires, des mots, des spécialités culinaires (à l’occasion mises en pratique), des noms d’auteurs. Et pourquoi pas des centres d’intérêts ? Certains ont beau dire, j’ai aussi des « goûts de jeune », et j’ai un statut de jeune incontesté aux côtés de mes bénéficiaires.

Alors, j’essaye de les sortir de leurs habitudes de lecture lorsqu’ils en ont. S.-F., B.D., mangas, musiciens contemporains, je lance tout type d’unités dans la bataille. Et des fois, je peux crier victoire. Madame K. se retrouve accro à la série manga « Le Pavillon des hommes ». Madame T., passionnée d’histoire, devrait être emballée par la série bande-dessinée « Murena ». J’ai la ferme intention de proposer à madame R., férue de bel canto, des « chanteurs de variétés » [sic] postérieurs à Elvis Presley (je cite : « ça, c’était de la vraie musique », opinion à laquelle j’opinai vigoureusement du chef). Monsieur S., qui n’avait pas le goût de la lecture, emprunte plus de bouquins à chacune de mes visites et cela me fait plus chaud au cœur que je ne l’avoue à voix haute. La majorité de mes p’tits vieux sont au fait des dernières sorties littéraires et sont plus à jour que moi, bien que je tente de les rattraper.

Bref. J’ai bien fait d’écouter l’amie qui m’a parlé du Port’âge.

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* Actuellement disponible en « Prêt une semaine » à la Bibliothèque Oscar Wilde, 12, rue du Télégraphe, Paris 20e !

 

Papot’âge (1)

24 avr

Cette semaine, nous commençons une série de vidéos tournées par plusieurs volontaires. Ils répondent à des questions sur leur mission.

papot’âge (1) par Bibliotheques-Paris