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Mon expérience de porteuse en maison de retraite

27 Apr

Dans le dispositif Port ‘âge depuis octobre 2014 à la bibliothèque Buffon (Paris 5e), J’ai eu l’opportunité de découvrir le monde merveilleux des maisons de retraites parisiennes ! Pleine de bonne volonté je contacte la direction cultuelle de ces maisons « Oui oui la bibliothèque peut apporter à vos bénéficiaires des livres audio et même des livre imprimés en gros caractères… » « C’est Parfait ! Alors rendez-vous mercredi prochain pour rencontrer les personnes » Et voila on y est … Très vite je m’aperçois en déambulant avec un chariot de livres dans les couloirs de la maison de retraite, que le principe de notre mission qui est portage de documents+ discussion ne pourra pas s’effectuer. La plupart sont effectivement trop fatigués ou séniles pour lire ou même pour se souvenir du dernier que vous leur avez si gentiment prêté ! Pourtant en observant les résidents, je sentais avec l’animatrice culturelle qui m’accompagnait un véritable intérêt pour le livre. Afin de s’adapter à ces personnes nous proposions individuellement aux personnes âgées de regarder avec elles un magazine ou de parler d’un livre de leur choix pendant une dizaine de minutes. En effectuant régulièrement des visites, je constate toutes les vertus du livre en maison de retraite. Il permet aux personnes de les réveiller de la torpeur lié à l’ennui. Le livre est effectivement un bon moyen pour entamer une discussion avec les personnes et pour leur permettre de s’exprimer sur tel ou tel point. Pour enrichir cet accompagnement individuel, je propose à ces personnes une fois par mois une lecture de contes accompagnés d’extraits de musiques choisis par une collègue qui travaille à la section discothèque de la bibliothèque. Les contes et la musique donnent là aussi la possibilité aux personnes âgées de s’évader et de transcender leur vie quotidienne à la maison de retraite pas vraiment idyllique. Et quel bonheur de voir des visages s’illuminer un moment à la lecture d’un conte qui leur à plu ! En bref aller en maison de retraite c’est accepter de vivre et de capter l‘instant présent.

Voila l’expérience que je voulais partager car la maison de retraite est souvent un endroit qui fait peur et qui rebute (et c’est bien naturel !) C’est pourquoi il est nécessaire de ne jamais être seul à y aller mais je pense que c’est important qu’une bibliothèque municipale soit présente d’une manière ou d’une autre dans les maisons de retraites avoisinantes. Si ce type de partenariats entre bibliothèque et maison de retraite ne fait pas forcément augmenter les statistiques de prêt ou multiplier par 15 le nombre de bénéficiaires Port ‘âge, il est à mon avis fondamentale.

Pauline, volontaire à la bibliothèque Buffon

Pauline Episode 03 Histoire d’une vie

20 Aug

Après une première approche humoristique de la bibliothèque et d’une de mes lectrices, je vais redevenir sérieuse le temps d’un article. Cette fois-ci, il est question d’une lectrice et de son parcours. Celui de sa jeunesse, qui marqua le reste de sa vie et ce encore maintenant.

Shoah_Memorial_at_Sephardic_Jewish_Cemetery,_CaracasFrançaise, elle avait 12 ans quand la seconde guerre mondiale a éclaté. Mais, comme il arrive parfois à des personnes que l’on rencontre au travers des reportages sur cette période, elle n’a pas reçu directement la menace qui pesait sur elle. D’origine juive, elle devait être envoyée dans un camp en Pologne. Elle aurait très certainement été gazée comme le seront ses parents. Pourtant, c’est la maladie qui lui sauva la vie : elle avait la tuberculose.

Pour être soignée, m’a-t-elle raconté, elle fut envoyée dans les Alpes. Elle pouvait ainsi profiter de l’air de la montagne, plus sain pour ses poumons. Elle n’a jamais été prise, elle pense que les infirmières cachaient les enfants malades juifs. Malgré tout, elle garde une trace encrée profondément en elle de cette période. Bien qu’ayant survécu avec son frère, sa famille n’a pas eu la même chance.

 Elle m’a racontée son histoire la deuxième fois où je l’ai vue, elle voulait absolument que je lui amène un livre sur la Shoa. Je ne comprenais pas bien son « obsession » pour cette période noire de sa vie. Mais avec un sourire et un tintement de tristesse dans la voix elle m’a dis que c’était pour ne pas oublier. Elle ne veut pas perdre cette période qui l’attriste toujours, mais qui, je me suis rendu compte au fil de mes visites, l’a rendu forte et combative.

Bien que fatiguée, elle lit toujours et est contente de voir que j’ai compris son besoin, son attente. Alors, avec le sourire, je lui montre le livre en question à chacune de mes visites.

Portrait : Janine Hasselwander

28 Jul

Nous avons choisi de vous présenter une des fidèles bénéficiaires du service Port’âge de la Bibliothèque Andrée Chedid (anciennement Beaugrenelle, 15e arrondissement). Voici le portrait de Madame Janine Hasselwander.

Résidente de la structure Quintinie-Procession dans le 15e arrondissement de Paris, Janine Hasselwander est aussi une lectrice à l’appétit vorace, et une poétesse à la verve désarmante. D’ailleurs, nous vous avions présenté quelques-uns de ses écrits, comme « Prévert » ou encore « De Piaf à Trenet » à l’occasion du Printemps des Poètes, en mars dernier.

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Mais il est temps d’en apprendre davantage sur cette femme aux multiples vies, rythmées par la soif d’apprendre, ainsi qu’une immense dévotion pour les plus démunis, et son amour pour la poésie et l’écriture. Voici son histoire.

Une vie et une carrière vouées à autrui 

Au premier abord, cette femme de quatre-vingt ans est non seulement impressionnante de part son expérience du tiers-monde, où elle a exercé le métier d’infirmière. Davantage, sa culture littéraire et son humour caustique sont désarmants. Et plus on apprend à la connaître et plus se dessine un personnage complexe et torturée, qui rit volontiers de ses malheurs et se raconte sans ambages:

« Je suis née le 14 avril 1934, à Chaume, en Haute-Marne. J’ai eu des frères et sœurs, mais on ne s’est pratiquement pas connu. J’ai été infirmière dans le tiers-monde, et quand je suis revenue malade, j’ai été obligé d’aller en résidence. J’ai été pas mal malade jeune, et je trouvais ce métier formidable. Soigner, ça me paraissait normal.  J’avais envie de soigner les gens pauvres, j’avais envie quoi.  Je ne peux pas dire. J’aimais les gens quoi, les gens pauvres, c’est pour ça que je suis mal dans le 15e arrondissement. »

D’ailleurs, c’est en compagnie de ses deux compères, Colette Villard et Gilberte Borenfreund, qu’elle se livre le plus. D’ailleurs, celles que l’on surnomme les Trois Mousquetaires sont inséparables, à la résidence Quintinie, où elles vivent toutes les trois.

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L’écriture : un « paratonnerre »

Cependant, son enfance trouble ne l’a pas empêché d’accéder aux études.Et c’est d’ailleurs la rencontre d’un professeur de lycée, chez qui elle travaillait, qui va changer significativement son avenir, comme elle nous l’a raconté:

« Disons qu’à 14 ans, j’ai été placé comme bonniche, par l’assistance publique, chez un professeur de lycée. Et que ce professeur, il trouvait que comme bonne on faisait mieux, et que j’étais meilleure comme élève, donc il m’a pris comme élève. C’est comme ça que j’ai pu passer le bac, et faire quelques études. »

Ainsi, cette rencontre déterminante lui permettra non seulement de devenir infirmière dans les années qui suivirent, mais  également de se tourner vers la littérature. Mais ce qui l’intéressait le plus, c’était la poésie. C’est donc tout naturellement qu’elle se tournera vers l’écriture poétique, un exerce vite devenu un besoin:

« À un moment, c’était [ndlr. L’écriture] un besoin. Mais c’était tout ce qui était autour. C’est-à-dire pour enregistrer et tout, je n’étais pas très douée. Mais longtemps, j’ai eu l’envie d’écrire. Dès fois, ça [ndlr. L’écriture]  me permettait d’accepter, d’accepter la vie même.  Disons que c’est comme un exutoire, ou plutôt un paratonnerre. Avant d’éclater, je mets le paratonnerre. Disons que j’ai quand même eu une enfance assez dure, très dure : j’ai eu faim, … enfin j’ai eu des tas de problèmes étant jeune.  C’est comme ça, et ça me permet, au moins des fois, de l’exprimer mieux quoi. C’est une façon de calmer le jeu. Vous savez j’ai eu beaucoup de problèmes, dans ma jeunesse… Je n’avais pas le droit d’être malade, donc je n’avais pas beaucoup le droit de m’exprimer. Le proviseur du lycée m’a un jour dit que j’étais un peu comme une écorchée vive. Et la plupart du temps, je me protégeais. Et puis par moment, j’éclatais. »

Le mot de la fin sur Janine par Colette & Gilberte:

-Gilberte : « Malgré son état, malgré ses souffrances, ses tourments, son éveil reste constante. (…) Je suis souvent déçue parce qu’on ne peut pas la voir comme il faut. Dans le bordel des réunions collectives, on ne peut pas la sentir. J’aime bien la voir en tête à tête, mais c’est souvent difficile.»

-Colette : « Souvent, elle m’embête (rires), donc dès fois je le prends mal. Je boude pendant trois jours. Et après, on se réconcilie. On se réconcilie tout le temps. Toutes les amies que j’ai eu, je ne me suis jamais disputée avec elles, il n’y avait pas d’engueulades. Du coup, ça me change. »

La plage

11 Jun

Cette semaine, une histoire racontée par Monsieur S. vous est proposée par une vidéo de Marie, volontaire à la bibliothèque Couronnes dans le 20e arrondissement de Paris.

 

Port'âge – La plage par Bibliotheques-Paris

Mes mémés (+2 pépés)

16 May

1413314-le-livre-meme-de-philippe-torreton-950x0-1Mémé. Tel est le titre du dernier roman de Philippe Torreton*. Un journaliste a fait remarquer à l’auteur que le terme était « désuet » et qu’il était « osé » de choisir un tel titre. A sa place, j’aurais répliqué qu’effectivement, le terme de « Mère-grand » était indubitablement plus dans le vent. Et toc ! Plus sérieusement, pour moi qui ai souvent regretté d’avoir eu peu de contact avec mes grands-parents, je trouve que c’est une chance d’en avoir plusieurs dizaines. Ne serait-ce que pour un an. Je dois vous dire que je me régale. Bien sûr, il y a des hauts et des bas, je ne vous le cacherai pas.

On m’a maintes fois dit que j’avais « des goûts de vieux », au moins depuis mon adolescence. Eh bien, soit. Toujours est-il que pour parler de romanciers et de musiciens classiques, cela s’avère bien pratique. En tant qu’apprentie historienne, j’ai un terrain de conversation supplémentaire avec mes papys-mamies qui ont presque tous vécu la Seconde Guerre mondiale, et dont les proches furent impliqués dans d’autres conflits, tels que la guerre d’Indochine ou celle d’Algérie. Bien sûr, c’est aussi un terrain miné. Miné de souvenirs pénibles à ne pas ressasser trop fréquemment, voire à éviter absolument.

J’en apprends beaucoup auprès de mes p’tits vieux (terme aussi affectueux que respectueux à mon sens). « Quand un vieux s’éteint, c’est une bibliothèque qui brûle », dit un proverbe africain. Je redoute qu’une telle chose arrive. On est conscient du risque dès que l’on postule pour la fonction de porteu/r/se. Je me dis que je représente moi aussi une bibliothèque, et que celle-ci va à la rencontre d’une autre, la première étant de papier et la seconde de chair, mais toutes deux de péripéties, de réflexions et de sentiments. De sombres arrières-pensées sont inutiles, seul compte l’instant présent. Et tant qu’à faire, autant que celui-ci soit agréable, surprenant même. On s’échange des sourires, des mots, des spécialités culinaires (à l’occasion mises en pratique), des noms d’auteurs. Et pourquoi pas des centres d’intérêts ? Certains ont beau dire, j’ai aussi des « goûts de jeune », et j’ai un statut de jeune incontesté aux côtés de mes bénéficiaires.

Alors, j’essaye de les sortir de leurs habitudes de lecture lorsqu’ils en ont. S.-F., B.D., mangas, musiciens contemporains, je lance tout type d’unités dans la bataille. Et des fois, je peux crier victoire. Madame K. se retrouve accro à la série manga « Le Pavillon des hommes ». Madame T., passionnée d’histoire, devrait être emballée par la série bande-dessinée « Murena ». J’ai la ferme intention de proposer à madame R., férue de bel canto, des « chanteurs de variétés » [sic] postérieurs à Elvis Presley (je cite : « ça, c’était de la vraie musique », opinion à laquelle j’opinai vigoureusement du chef). Monsieur S., qui n’avait pas le goût de la lecture, emprunte plus de bouquins à chacune de mes visites et cela me fait plus chaud au cœur que je ne l’avoue à voix haute. La majorité de mes p’tits vieux sont au fait des dernières sorties littéraires et sont plus à jour que moi, bien que je tente de les rattraper.

Bref. J’ai bien fait d’écouter l’amie qui m’a parlé du Port’âge.

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* Actuellement disponible en « Prêt une semaine » à la Bibliothèque Oscar Wilde, 12, rue du Télégraphe, Paris 20e !

 

Prévert

17 Apr

Un second poème de Janine HASSELWANDER, bénéficiaire Port’âge de la bibliothèque Andrée Chedid dans le 15e arrondissement.

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CC by Houbazur

 

Avec lui je veux chanter

La révolte salutaire,

La suivre les yeux fermés

Dans la voie humanitaire,

En douceur, avec amour,

Ou poussé par la passion,

Sur la teinte de l’humour

Au vif de l’indignation,

Crier la réalité

Désenchantée.

 

Je veux lui prendre la main

En toute simplicité,

Et sur le même chemin

Noble de la liberté,

Choquer l’imagination

De trop de gens, de dormeurs,

De brebis et de moutons,

Afin de piquer les cœurs

De tous ces contemporains

Pauvres humains !

 

Chanter avec eux, Prévert

Sur la clé de sol privée,

Ses mots simples ordinaires

D’une justice bafouée :

L’éternelle histoire de l’homme

Après la pomme.

 

Avec lui je veux chanter

Les mots, la prose et les vers,

En rêvant d’un jour changer

Cette atmosphère !

 

 

Janine HASSELWANDER

De Piaf à Trenet

9 Apr

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir un premier poème de Janine HASSELWANDER, bénéficiaire Port’âge de la bibliothèque Andrée Chedid dans le 15e arrondissement.

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CC BY-SA Paul Stumpr

 

De Piaf à Trenet

De ceux-là on dira : ils n’ont rien inventé !

Pourquoi sont-ils ici s’ils ne font que chanter ?

Jusque-là sur le livre, à petit, on lisait

De l’homme, le savant, sa route et son progrès,

Avec, sur une page, ici ou là soudain,

Un poète, un sportif, un roi, un écrivain,

Un peintre, un musicien, et même un président,

Dans l’ordre mentionné chronologiquement.

Pourquoi ne pourrait-on citer quelques chanteurs qui nous ont tant offert de leur monde enchanteur ?

A leur manière aussi, avec la modestie,

L’indispensable et rare espèce de génie

Qui nous a fait vibrer ? …Telle Piaf éternelle,

Effaçant sur sa voix l’existence cruelle.

Comme Aznavour, Ferré, Brel, Ferrat et Dumont,

Montand, Brassens, Trénet, princes de la chanson,

Qui ont marqué avec leur personnalité,

Dans l’univers enfin, toute l’humanité !

 

En parlant de Montand, sur cette note-là,

Il me vient  à l’esprit le flash du cinéma,

Deux grandes dames qu’il ne faudrait oublier,

Comédiennes, chanteuses, au talent singulier : Marylin Monroe et Simone  Signoret,

L’une et l’autre en plein cœur de l’immense succès,

Deux beaux rôles complets, différents d’émotion,

Devant lesquels on pleure et rit d’admiration.

 

De tous ceux-là on dit : s’ils n’ont rien inventé

Pourquoi sont-ils avec les savants notifiés ?

… Parce qu’ils sont de tels artistes de renom

Qu’on ne peut, qu’on ne doit … en oublier les noms !!

Janine HASSELWANDER

 

PRINTEMPS DES POETES 2014 : L’Amérique latine & l’Espagne à l’honneur à la bibliothèque Andrée Chedid

2 Apr

 

IMG_0873Le jeudi 6 mars 2014 avait lieu un atelier consacré au Printemps des Poètes à la Résidence Quintinie-Procession, dans le 15e arrondissement de Paris. Cette année, nous avons décidé de mettre l’Amérique latine et l’Espagne à l’honneur.

IMG_0878C’est une résidence que nous choyons beaucoup au service Port’âge de la bibliothèque Andrée Chedid, et comme à chaque visite mensuelle, ce fut l’occasion d’échanger et de parler littérature avec un public féminin aguerri et bien sympathique. Parmi les femmes qui étaient présentes, notons l’engouement et la ferveur de mesdames Janine Hasselwander, Colette Villard, Gilberte Borenfreund et Jeanne Jambu.

IMG_0875Autour d’un bon café et de quelques douceurs, comme dans un salon de thé, nous leur avons présenté les plus grandes plumes poétiques de l’Argentine, de la Bolivie, du Chili, d’Equateur, du Pérou, de l’Uruguay, ainsi que d’Espagne. Si les noms de Juan Gelman, Jorge Luis Borges, Rodolfo Alonso, Anahi Mallol, Santiago Vega, Enrique Santos Discepolo, Eladia Blázquez, Homero Manzi, Óscar Cerruto, Jaime Saenz, Pablo Neruda, Arturo Borja, Humberto Fierro, César Dávila Andrade, Samuel Brejar, Cesar Vallejo, Mario Benedetti, Federico García Lorca, ou encore Luis García Montero ne vous disent rien, il est grand temps de nous faire une visite à la bibliothèque Andrée Chedid. Un joli recueil de poésie latine, confectionné par nos soins, vous y attend pour lecture sur place.

IMG_0883Venez découvrir cette belle langue latine qu’est l’espagnol à travers les pratiques poétiques des plus grands poètes de langue espagnole. Plus qu’un art poétique, la poésie est une culture et une arme sociale puissante pour ces nombreux artistes d’Amérique latine et d’Espagne qui la pratiquent.IMG_0877

Que ce soit à travers les tangos, comme Eladia Blázquez ou encore Homero Manzi, ou à travers l’engagement journalistique et/ou politique, notamment d’Oscar Cerruto ou encore de Jaime Saenz, les poètes de langue latine ont su être des témoins vifs et actifs de leur temps. La plupart ont, d’ailleurs, laissé un héritage colossal aux générations qui ont suivi.

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Anna, volontaire Port’âge à la bibliothèque Andrée Chedid

Remerciement à une volontaire

28 Jan

NathalieMadame C-E. est une bénéficiaire Port’âge à la bibliothèque Hélène Berr dans le 12e arrondissement. Depuis 4 mois, Nathalie lui apporte régulièrement des livres et passe du temps en sa compagnie. Très heureuse de ses rencontres, elle lui a envoyée un courrier jeudi dernier.

Merci Nathalie, pour votre efficacité, et votre gentillesse.
C’est un plaisir de vous recevoir et de constater que vous êtes celle qui me permettait d’accéder à des livres que je voulais lire depuis longtemps. Même plus vaillante, je n’aurai pas réussie aussi bien que vous..
J’apprécie aussi votre volonté de réaliser vos projets et vos capacités de travail.
Donc vous avez tout pour réussir et aussi pour trouver du bonheur. C’est “la mamie” qui  vous parle….
Très amicalement et à bientôt.

Naturopathie

17 Dec

Je tiens à préciser que cet article n’est pas à prendre au premier degré c’est bien entendu en rigolant que je vous raconte cette anecdote qui m’a plutôt marqué. Cette personne se plaît tout à fait dans son mode de vie et ne veut absolument rien en changer. Elle revendique d’ailleurs ce quotidien plutôt hors du commun et je respecte totalement cela.

 

Mme K est une dame âgée de petite taille, bossue, pourvue d’une calvitie bien marquée sur le haut du crâne. Elle porte des lunettes (de la même épaisseur que le double vitrage de mes fenêtres) qui lui font des yeux minuscules (un peu comme la tortue qui respire avec une paille dans le nez dans l’âge de glace haha), et vit dans un atroce appartement plein de poussière et de découpages de catalogue collés sur les murs où l’air y est totalement irrespirable (vive mon écharpe pleine de parfum).

Le pompon: c’est une naturopathe passionnée par les boissons naturelles comme le thé à base de SA PROPRE URINE et les bains d’yeux faits dans SA PROPRE URINE également.

Bref, cette certaine madame K. tente chaque fois que je vais la voir, de m’initier à la naturopathie en me proposant des tasses de « thé » dont la couleur ne m’enchante guère et que je refuse bien gentiment (pour ma survie personnelle en réalité), cette « créature effrayante » me trouve particulièrement gentille et ne se gêne pas pour m’inviter à m’asseoir sur « son bordel » qui est en réalité son lit (dont les draps n’ont pas été changés depuis «  belle lurette » comme elle dit).  Elle en profite également pour essayer de m’apprendre des choses nouvelles pour me montrer qu’elle n’est pas «  à la masse » (à prononcer « ô lo mosse »), et répète sans cesse « comprenez c’que j’dis ?! Hein, comprenez ?! »Hahaha.

En tout cas, cela fait à peine 2 mois que je travaille ici et je vois déjà parmi les bénéficiaires des spécimens très rares et en voie d’extinction (je l’espère pour les suivants porteurs du moins, haha). En tout cas, au nom de tous les porteurs (je suppose qu’ils font face à d’étranges petits bonhommes aussi), je le dis et je l’’affirme : ces petits vieux nous tueront à la tâche ! ^^

Marie (volontaire à la bibliothèque Couronnes)