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Rencontre avec Pauline Delabroy-Allard

14 Nov

Jeudi 15 Novembre à 19h à la Maison de la Poésie scène littéraire

Lecture par Marie-Sophie Ferdane
Rencontre animée par Sylvie Tanette

À la question : « Qu’est-ce que ça raconte ? », le premier roman de Pauline Delabroy-Allard répond : « Ça raconte Sarah », comme une ritournelle obsédante qui essaierait de cerner le mystère de la passion. Car Sarah est le nom de cette énigme, ce basculement où un amour fulgurant et un désir dévorant deviennent, brusquement, la seule raison de vivre. Et puis la mort s’en mêle. Dans un souffle saisissant, comme après une grande respiration, le livre déroule cette histoire-là, belle, folle et triste.

Pauline Delabroy-Allard, Ça raconte Sarah, éd. de Minuit, 2018.

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Jacques à la guerre de Philippe Torreton, Plon, 2018

13 Nov

Jacques à la guerre

En cette période de commémoration du centenaire de la Grande Guerre « Jacques à la guerre » est publié. Un livre de plus sur la guerre ? Oui mais un texte si bien construit, au style rapide et tonique sans emphase qui emporte dans un monde humain. C’est vraiment avec sensibilité et naturel que les événements sont présentés. Depuis la grande guerre puis la guerre de 40 puis celle d’Algérie ? Toutes les générations de cette famille ont pris une part active aux différentes guerres, une famille française courageuse et déterminée.
Dans cette famille de soldats, plusieurs générations d’hommes ont connu et vécu les guerres et laissent leurs témoignages. Ce qui est surprenant c’est l’état d’esprit de soumission des générations antérieures. Néanmoins, le plus jeune de la lignée se fait réformer, évite de partir au service militaire. Il explique d’ailleurs quelle a été sa stratégie. Est-il dégoûté par ses ancêtres qui se sont sacrifiés pour leur pays ?
Entrecoupant les récits poignants des acteurs de ces guerres, la fin de vie de ce grand-père dépendant physiquement qui petit à petit s’éteint comme une bougie, dans le silence, emportant les souvenirs avec lesquels il survivait, entouré de sa famille. Comment ne pas être insensible à ce texte atypique ?

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques de la Ville de Paris.

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Trancher d’Amélie Cordonnier, Flammarion, 2018

8 Nov

97820814395350-5210033Trancher, comme une parole tranchante, une parole qui fait mal, qui détruit un couple lentement, profondément.

L’auteure nous emporte dans un récit bouleversant, tenu par une urgence à échapper à la violence insidieuse des mots qui assassine.

Ces mots c’est Aurélien, le mari, l’amant qui les assène, les crache.

On ne saura rien de l’origine du mal, seules comptent les émotions et sensations du quotidien de cette famille qui pourrait être presque normale si ce n’était le pouvoir ravageur des mots qui blessent, qui humilient.

Le talent d’Amélie Cordonnier est de nous donner l’impression que ces mots s’adressent aussi à nous. Et c’est glaçant.

Disponible dans vos bibliothèques. Consultez le catalogue.

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La vérité sort de la bouche du cheval de Meryem Alaoui. Gallimard, 2018

31 Oct

Jmiia, prmeryem-alaouiostituée de 34 ans, nous raconte sa vie sur le trottoir de Casablanca. La misère et les trafics en tout genre font son quotidien et l’alcool l’aide à trouver la vie moins pénible. Avec son caractère bien trempé, elle séduit une jeune cinéaste d’origine marocaine, exilée aux Pays-Bas, qui cherche à s’imprégner du milieu des prostituées pour rendre son film réaliste. La réalisatrice, surnommée « bouche de cheval », propose à Jmiia d’interpréter le rôle féminin de son film.

Écrit  sous la forme d’un journal adressé à un inconnu qu’elle interpelle régulièrement et avec son franc-parler sans tabou, entrecoupé de mots marocains, sa vitalité et sa joie de vivre, Jmiia nous dresse une peinture du Maroc aux couleurs chaudes mais sans concession.

Feuilletez le livre sur le site des éditions Gallimard.

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques de la Ville de Paris.

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Babylone express, Mathilde-Marie de Malfilâtre. Le Dilettante

25 Oct

Un vrai go-fast littéraire !

Voilà un 97828426395250-5166754récit à 300 à l’heure tenu par une urgence à vivre, à goûter tous les plaisirs, à plonger dans la drogue et le sexe. Âmes prudes s’abstenir ! L’auteure nous entraîne dans les tréfonds de la vie underground de Paris à Berlin en passant par le Maroc entre orgies, drogues et rave-party.

La langue est crue, une vraie force pour un récit haletant sous fond de trafic de drogues, de passion amoureuse et de perdition.

Consulter le catalogue

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Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard. Editions de Minuit

19 Oct

C’sarahest l’histoire d’un amour fou, brûlant entre deux femmes. L’une, la narratrice est seule avec une enfant dont le père a disparu sans crier gare. Depuis elle a le sentiment de vivre un moment de latence. Elle est professeure de lycée, gentille, attentive aux autres. L’autre, Sarah est violoniste dans un quatuor. Elle est vive, passionnée, exubérante, elle parcourt le monde de concert en concert.

Sarah entre dans la vie de la narratrice un soir de réveillon. Elles se lient d’amitié puis tombent très amoureuse. La vie de la narratrice est totalement chamboulée par cette passion dévorante.

Construit en deux parties, le roman raconte la naissance et l’épanouissement de la passion puis la souffrance, la désillusion de la narratrice qui erre en Italie et peu à peu perd pied.

Avec des phrases courtes, percutantes, un rythme rapide l’auteur nous décrit une passion qui vous entraîne, qui vous dévore, qui vous détruit. Ça raconte la vie, l’amour avec un grand A, le désespoir, la souffrance.

En savoir + ou feuilleter un extrait  http://www.leseditionsdeminuit.fr/livre-Ca_raconte_Sarah-3272-1-1-0-1.html

Vous pouvez trouver ce livre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

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L’Anglaise d’Azur de Gabrielle Lassus de Saint-Geniès

15 Oct

Canglaise-dazure roman biographique nous fait découvrir Anna Atkins, botaniste et illustratrice britannique du 19ème siècle. Grâce à son père, un naturaliste réputé ouvert et curieux, elle avait baigné dès son enfance dans un esprit de découverte et de partage de connaissances qui caractérisait tout son entourage – botanistes, entomologistes, chimistes… – tous savants et poètes partageant le même amour de la science et de la littérature. Elle lit Byron, Shelley et Keat et côtoie entre autres le physicien et chimiste Michael Faraday, l’ornithologue et peintre J.J. AudubonJohn Herschel et William Henry Fox Talbot, pionniers de la photographie. Ces derniers vont lui faire connaître la technique du cyanotype, procédé enchanteur qui permet d’obtenir un tirage photographique bleu de Prusse, bleu cyan, qu’elle sera la première à vulgariser en tant qu’illustration d’ouvrages imprimés.

En 1843, elle publiera 256 dessins illustrant la traduction anglaise d’Histoire des mollusques, ouvrage essentiel de Jean-Baptiste de Lamarck.

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Ce livre passionnant trace le portrait d’une femme hors du commun de son époque, par sa curiosité inlassable, son intelligence et son talent, et qui mérite amplement d’être connue des non-initiés de la botanique et de la photographie. C’est aussi une excellente évocation de cette période exaltante de recherches et d’innovations scientifiques que fut la seconde moitié du 19ème siècle.

Pour en savoir plus sur les cyanotypes d’Anna Atkins : http://www.laboiteverte.fr/les-herbiers-danna-atkins-en-cyanotypes

Consultez aussi le blog de l’auteure : La Plume de l’Oiseau-Lyre

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La Vraie Vie, d’Adeline Dieudonné, éditions L’iconoclaste, 2018.

13 Oct

la-vraie-vie-2Vous rappelez vous la première fois où vous avez voulu rembobiner ? Remonter le temps pour que tout redevienne comme avant ?

C’est un conte contemporain, dans une banlieue pavillonnaire de préfabriqués monotones, entourée par le bois des Petits Pendus, la forêt noire et terrifiante.

Et dans ce décor pour enfant fané, une jeune fille rêve de revenir juste avant l’incident qui semble avoir à jamais volé le sourire de son frère.

Elle ne peut rien pour son père, un chasseur violent et terrible. Ni pour sa mère, un « ectoplasme », une « amibe ».

Mais elle voudrait sauver son frère.

Après avoir vu Retour vers le futur, et avec l’aide de l’amicale fée Monica, elle se passionne pour les sciences.

Et la machine du roman d’apprentissage s’active, grand collisionneur de particules, où l’amour, la peur, le désir et la mort se fracassent dangereusement.

D’une plume assurée aux images drôles, libres et puissantes, Adeline Dieudonné dissèque une cellule familiale où règne la violence, à travers le regard d’une jeune fille alerte.

Prix Première Plume 2018

Prix du roman FNAC 2018

Déjà en bibliothèque, à emprunter absolument ! Consultez le catalogue

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« Là où les chiens aboient par la queue » d’Estelle-Sarah Bulle, Editions Liana Levi, 2018

5 Oct

la-ou-les-chiens-aboientL’auteure retrace l’histoire de la Guadeloupe, à partir des années 1940, à travers la vie d’une famille.

Afin de mieux connaître ses racines, la narratrice recueille les souvenirs de ses tantes paternelles Antoine et Lucinde et de son père « Petit-Frère », le benjamin de la fratrie.

Nous suivons leur trajectoire tout au long du récit. Tous trois passent leur enfance à Morne-Galant, village situé dans un coin si perdu de la campagne, que les Guadeloupéens disent de lui, « C’est là où les chiens aboient par la queue« .

Leur père, Hilaire, était descendant d’esclaves, leur mère, Eulalie, était issue d’une famille de colons bretons arrivés en Guadeloupe deux siècles auparavant.

Après la mort de leur mère, Antoine, la fille aînée, au caractère fort et indépendant, principal personnage du récit, s’enfuit à Pointe-à-Pitre à l’âge de seize ans. Son frère et sa sœur la rejoindront quelque temps après.

« A seize ans, j’ai attendu mon heure, j’ai bravé les esprits de la nuit et au pipirit chantant, j’étais sur  la route, partie sans me retourner. »

Après avoir travaillé chez une de ses cousines, elle ouvre un commerce de tissus et de bibelots de toutes sortes. Sa vie est parsemée d’aventures plus ou moins rocambolesques.

Antoine raconte également la transformation de la Guadeloupe au fil des années et la disparition des cultures locales. Elle assiste à l’exode de nombreux Guadeloupéens qui partent pleins d’espoir pour la France.

« On entendait dire qu’en métropole, c’était la croissance et le plein emploi. Ici, les usines fermaient les unes après les autres. La banane et le rhum antillais n’étaient plus rentables. Il y avait de nouvelles activités dans l’île, car les gens ne peuvent pas rester simplement à regarder des bateaux passer. Mais les immeubles qui fleurissaient dans Pointe-à-Pitre, le tourisme et l’électricité, c’était le fait d’entreprises réservées aux Blancs qui avaient les moyens d’investir depuis la métropole, directement par-dessus nos têtes. »

Mais l’exil en France fut parfois décevant pour ces « immigrés de l’intérieur ».

Suite à la répression sanglante des manifestations indépendantistes de mai 1967, à Pointe-à-Pitre, événement peu connu des métropolitains, Antoine décide de quitter son île et de rejoindre son frère et sa sœur à Paris.

Ce beau roman empreint de poésie, écrit dans un français émaillé de créole, nous fait découvrir la Guadeloupe, les modes de vie et les croyances de ses habitants ainsi que des pans entiers de son histoire souvent méconnus.

« Là où les chiens aboient par la queue » a été récompensé par le prix Stanislas du premier roman.

Interview d’Estelle-Sarah Bulle

Vous pouvez trouver ce livre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

 

 

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La guerre le thème central de plusieurs premiers romans de la rentrée littéraire

15 Sep

La guerre d’Algérie  avant, pendant et après l’Indépendance dans le livre  d’Aurélie Razimbaud « Une vie de pierres chaudes »( éditions Albin Michel)

Dovig  Heonig, 86 ans  dans « Rue du Triomphe » (Editions Robert Laffont)  évoquera  dans un récit largement autobiographique  le destin d’un jeune homme, victime de la répression contre les juifs en Roumanie entre 1941 et 1944 qui  participera ensuite à la fondation de l État d’Israël en 1947.

Plusieurs sagas familiales  relateront  aussi les soubresauts de l’histoire du  XXème siècle :

 Le comédien Philippe  Torreton  s’attachera à La personnalité de son père, envoyé en Indochine faire la guerre dans « Jacques à la guerre » chez Plon.

Marie-Aude Murail auteur de romans à destination de la jeunesse retracera  cette fois-ci pour un public d’adultes  l’histoire de sa famille depuis  la première guerre mondiale jusqu’à nos jours dans « En nous beaucoup d’hommes respirent » aux éditions de l’Iconoclaste.

Bibliothèque Saint-Eloi

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