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Des romans à caractère historique – volet 2-

23 Feb

L’époque plus contemporaine n’est pas oubliée avec un titre sur la naissance de l’hôtellerie de luxe, mais aussi l’histoire de l’URSS des années 50

ritzy

Laburte, Pauline-Gaïa : Ritzy.

Albin Michel

Ce récit conte le fabuleux destin de César Ritz, devenu à la fin du 19ème siècle l’inventeur de l’hôtellerie de luxe. Cet enfant pauvre du Valais, autodidacte et passionné, accomplira ses rêves les plus fous, puis sombrera progressivement à la fin de sa vie, dans l’épuisement et la dépression. Le roman est servi par un style alerte et concis, aux phrases courtes qui évite l’écueil de la biographie.

 

 

 

 

ames-rouges

 

Greveillac, Paul : Les âmes rouges.

Gallimard (Blanche)

Un employé du GavLit, l’organisme de censure littéraire soviétique commence sa carrière dans les années de libéralisation kroutchévienne. Bureaucrate loyal et un peu terne, sa passion littéraire lui donne les moyens de gravir les échelons. Avec le temps et de nouvelles glaciations politiques, elle va aussi émousser ses certitudes, en faire un dissident caché. Au travers d’histoires individuelles, une histoire politique et littéraire de l’URSS du milieu des années 50 à sa chute. Un bel hommage aux livres et aux écrivains.

 

 

 

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Des romans à caractère historique…volet 1

16 Feb

Les auteurs découvrent parfois dans l’Histoire le sujet principal de leur roman

Dans la sélection  2016 , 5 romans historiques  :

 Joseph Andras  : De nos frères blessés (voir post déjà publié) ; Paul  Greveillac : Les âmes rouges ;  Pauline-Gaïa Laburte  : Ritzy  ; Frédéric Surville : Hippolyte ou Les orages de l’histoire : le rôle du climat à la veille de la Révolution française ;   Sylvie Yvert : Mousseline la sérieuse.

 Présentation -volet 1-

2 auteurs nous font revivre la période tourmentée de  la  révolution française :

hypolyte-ou-les-orages-de-lhistoire

Surville, Frédéric : Hippolyte ou Les orages de l’histoire : le rôle du climat à la veille de la Révolution française.

le Cherche Midi

De juillet 1783 à décembre 1789, l’étude des phénomènes météorologiques et de leurs impacts sociaux-économiques, au travers des aventures d’un jeune orphelin métisse, sensibilisé à cette cause par Jacob Lambertz. Un roman historique de qualité, accessible et très bien documenté, où l’intrigue est menée de main de maître. Frédéric Surville a publié en 2010 le journal météorologique de Jacob Lambertz, avec Emmanuel Garnier, spécialiste de l’histoire du climat, qui signe ici la postface. Un roman qui invite à la réflexion, après la Conférence de Paris de 2015 sur le climat.

 

 

 

mousseline la sérieuse

Yvert, Sylvie : Mousseline la sérieuse.

Ed. Héloïse d’Ormesson

Au soir de sa vie, Madame Royale, se souvient. Devant le lecteur se déroule alors la longue vie de Marie-Thérèse (1778-1851), seule enfant de Louis XVI et Marie Antoinette à avoir survécu à la terreur. Ce récit particulièrement bien documenté par de solides références historiques évoque avec beaucoup de justesse les bouleversements de la Révolution à travers le prisme tragique des enfants royaux.

L’écriture retrace à merveille la sensibilité bouleversante de cette princesse oubliée de l’Histoire.

 

 

Sylvie Yvert sera présente lors de  la rencontre du samedi 11 Mars à la bibliothèque Vaugirard !!

 

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La rencontre de l’année se déroulera le samedi 11 Mars 2017 à la bibliothèque Vaugirard !

9 Feb

Venez rencontrer quatre des auteurs sélectionnés par les lecteurs et les bibliothécaires

le samedi 11 Mars 2017 à la bibliothèque Vaugirard à 16h !

Yann Gauchard, pour son livre Le cas Annunziato, éd. Minuit

Madeleine Place, pour son livre Petites misères d’une trentenaire, éd. Carnet nord/éd. Montparnasse.

Sylvie Yvert, pour son livre Mousseline la sérieuse, éd. Héloïse d’Ormesson

Colombe Boncenne, pour son livre Comme neige, éd. Buchet-Chastel

Cette rencontre sera modérée par la journaliste littéraire Catherine Pont-Imbert

réservation par téléphone : 01 48 28 77 42
réservation par messagerie : bibliotheque.vaugirard@paris.fr
réservation en ligne : http://bit.ly/29uha4R

Bibliothèque Vaugirard

154 rue Lecourbe 75015 Paris

Bus : lignes 39, 70, 80, 88, 89 Tél. : 01 48 28 77 42

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7 Jan

quelques coups de cœur 2016

 

de nos frères blessés

      ANDRAS, Joseph : De nos frères blessés. Actes Sud

Il s’appelait Fernand Iveton. Il était ouvrier, militant communiste, partisan de l’indépendance algérienne. En 1956, il plastiqua un local désaffecté dans l’usine où il travaillait. Pour marquer les esprits, non pour faire des victimes. Condamné à mort, il fut guillotiné en février 1957. En retraçant avec force et de manière poignante l’engagement de ce militant, son attachement pour sa terre, l’Algérie, son amour pour sa femme, Joseph Andras rend ici justice à un homme, oublié de l’Histoire. Un roman, empreint d’une profonde humanité, qui va bien au-delà d’une simple biographie romancée.

collongues

COLLONGUES, Anne : Ce qui nous sépare. Actes Sud

Un RER file dans la nuit. Dans l’une des rames, sept personnages qui ne se connaissent pas, se voient à peine et sont tout à leurs pensées. La jeune auteure, photographe de profession, nous fait découvrir sept destinées attachantes avec une grande sensibilité, un sens de l’observation aigu et une certaine poésie. Anne Collongues nous révèle sept vies minuscules dans leur humanité avec les fêlures, les doutes, les peurs qui les habitent.

 

wandererLEON, Sarah : Wanderer. Héloïse d’Ormesson

Dans un huis-clos entremêlant passé et présent, baigné par le romantisme de Schubert, Sarah Léon met en scène les retrouvailles d’un maître de musique et de son élève mystérieusement disparu dix ans auparavant. Au cœur de l’hiver, dans une maison battue par les vents et enfouie sous la neige, les deux hommes se font face, confrontés à leurs tourments. Porté par une écriture délicate, ce roman de la jeune Sarah Léon dit les désirs inavoués.

 

marin-chilien

MATHIEU-DAUDÉ, Agnès : Le marin chilien. Gallimard

Alberto, un géologue chilien, n’a de marin que le sobriquet dont on l’affuble. Lorsqu’il débarque en Islande pour surveiller un volcan capricieux, il ne s’attend pas le moins du monde à être entraîné dans une histoire rocambolesque. Si le réveil du volcan se fait attendre, il n’est point besoin de patienter pour voir certains habitants entrer en éruption. C’est ainsi qu’Alberto, qui se retrouve propriétaire d’une usine fantôme de sardines, est, entre autres aventures, notamment poursuivi par un mari irascible et entraîné dans une traversée de l’île en compagnie d’une adolescente fugueuse. Une histoire rocambolesque racontée avec une douce ironie.

 

meme-ciel

RIBEIRO, Ludivine : Le même ciel. JC Lattès

Le ciel, le soleil et la mer. Et six personnages en mal de vivre. Lupo, un dessinateur secret et son chien bizarrement dénommé Avocado Shrimp. Nils et Tessa, un couple qui s’étourdit dans des fêtes. Line, leur fille, une adolescente fragile, qu’un rien submerge. Tom, leur petit garçon questionneur en diable. Sans oublier Vanina Silver, une femme dont la disparition va déclencher bien des remises en question. Un joli roman empreint d’élégance sur le temps qui passe et le deuil de l’enfance.

 

ali-zamir

ZAMIR, Ali : Anguille sous roche. Le Tripode

La jeune Anguille, en train de se noyer au large de Mayotte, nous entraîne irrémédiablement avec elle en une longue phrase sinueuse de 360 pages. Avant de sombrer corps et âme, elle a le temps de pousser un dernier cri de rage. À travers l’histoire d’Anguille, Ali Zamir écrit un roman qui, sous des airs faussement naïfs, dit superbement les épreuves et l’insoumission.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Sélection des trente 1ers romans 2016

7 Jan

premiers-romans

 

Voici la sélection  2016 des trente romans retenus par les lecteurs et les bibliothécaires

Joseph ANDRAS / De nos frères blessés (Actes Sud)

Philippe ARONSO / Un trou dans le ciel (L’Inculte)

Morgan AUDIC / Trop de morts au pays des merveilles (Rouergue noir)

Baron de S. / La démence de François (Tallandier)

Colombe BONCENNE / Comme neige (Buchet Chastel)

Olivier BOURDEAUT / En attendant Bojangles (Finitude)

François BUGEON / Le monde entier (Rouergue)

Jean-Marie CECI / Monsieur Origami (Gallimard)

Anne COLLONGUES / Ce qui nous sépare (Actes Sud)

Stéphanie DUPAYS / Brillante (Mercure de France)

Gaël FAYE / Petit Pays (Grasset)

Yan GAUCHARD / Le cas Annunziato (Minuit)

Nathalie GENDROT / Le monde sensible (L’Olivier)

Paul GREVEILLAC / Les âmes rouges (Gallimard)

Maëlle GUILLAUD / Lucie ou la vocation (Héloïse d’Ormesson)

Stéphane JOLIBERT / Dedans ce sont des loups (Le Masque)

Pauline-Gaïa LABURTE / Ritzy (Albin Michel)

Sarah LEON / Wanderer (Héloïse d’Ormesson)

Agnès MATHIEU-DAUDE / Un marin chilien (Gallimard)

Madeleine de PLACE / Petites misères d’une presque trentenaire (Carnets Nord & Montparnasse)

Catherine POULAIN / Le grand marin (Gallimard)

Didier POURQUERY / L’été d’Agathe (Grasset)

Yan PRADEAU / Algèbre (Allia)

Ludivine RIBEIRO / Le même ciel (Lattès)

Frédéric SURVILLE / Hippolyte ou les orages de l’Histoire (Le Cherche Midi)

Ahmed TIAB / Le Français de Roseville (L’Aube)

Marc TREVIDIC / Ahlam (Lattès)

Sophie de VILLENOISY / Joyeux suicide et bonne année (Denoël)

Sylvie YVERT / Mousseline la sérieuse (Héloïse d’Ormesson)

Ali ZAMIR / Anguille sous roche (Le Tripode)

 

 

 

 

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Lucie ou la vocation

9 Dec

Maëlle Guillaud propose un premier roman au sujet ambitieux, puisqu’elle traite ici du thème bien particulier de la vocation religieuse, interrogée par la meilleure amie de l’héroïne, qui ne comprend absolument pas cette décision.

Juliette, sa meilleure amie, mais aussi la maman de Lucie : toutes les deux sont désemparées face à ce choix « radical », puisqu’il entraîne progressivement mais sans retour possible Lucie loin d’elles, dans une vocation qui demandera de nombreux sacrifices.

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Le récit accroche assez vite le lecteur, dans un style précis et en même temps elliptique, où le choix de Lucie de rentrer dans les ordres s’accompagne d’une véritable déconvenue : toute entière tournée vers ce choix spirituel, rien ne l’avait préparée aux codes tacites et aux règles très dures de la vie en communauté.

Très rapidement, le malaise s’installe : pourquoi faut-il absolument terminer son assiette, si peu appétissante qu’elle en devient un réel défi personnel ?
Pourquoi ce miroir dans la chambre des novices, quand leur lien au corps est coupé, le port de l’habit voilant et neutralisant le corps unique et particulier de chacune, dans une norme à respecter sans concession possible.

A travers le rapport au corps, à la nourriture, à travers l’éloignement progressif mais inéluctable des proches, en proie à une vraie souffrance de voir s’éloigner l’être cher sans possibilité de dialogue ou de contact, Maëlle Guillaud « teste » la foi en Dieu de son héroïne, Lucie.

Lucie un peu perdue, Lucie qui doute, mais toujours se ravise : là est sa place, elle en est convaincue.

Le roman se termine sur une sorte de revirement de situation, je n’en dirais bien sûr pas plus pour ne pas « spoiler ». Pour autant, il m’a laissé un goût d’inachevé, peut-être parce que le roman s’achève sur une note amère, qui ne dévoile pas grand-chose de l’état d’esprit de Lucie, qu’on a suivi pourtant dans sa métamorphose tant corporelle que spirituelle.

lucie ou la vocation, maëlle guillaud

© Philippe MATSAS

L’auteure s’en sort très bien pour un premier roman, distillant le doute et le malaise par petites doses, harponnant le lecteur dans les mêmes questions qui tourmentent Juliette, la meilleure amie de Lucie : pourquoi ce choix, pourquoi maintenant, et à quel prix ?
Dommage qu’il manque un peu d’enjeu : car finalement, non seulement le lecteur restera avec beaucoup de questions en suspens non résolues, mais l’aspect psychologique sera effleuré plus que fouillé. C’était pourtant un axe très intéressant pour aborder ce thème : comment s’adapter à un mode de vie plus subi que voulu, sous la pression d’un groupe aux codes fermement établis ? Jusqu’où peut-on aller pour assumer une soif de spiritualité qui se heurte à un quotidien anxiogène ?

Un premier roman qui divise, dans les réactions de ses lecteurs… Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Retrouvez-le dans les bibliothèques parisiennes.

 

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Prix Senghor 2016 : « Anguille sous roche » d’Ali Zamir (Le Tripode)

1 Nov

     L’écrivain comorien Ali Zamir, âgé de 27 ans, qui vit sur l’île d’Anjouan, est le lauréat 2016 du prix Senghor du premier roman francophone et francophile pour Anguille sous roche aux éditions Le Tripode.                                                                                                                                                                       L’élection entre les 12 finalistes a eu lieu le 30 septembre dernier au centre Wallonie-Bruxelles de Paris, dans le cadre du Festival Francophonie métissée.

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

Soirée de remise du Prix Senghor 2016 au Centre Wallonie-Bruxelles autour du lauréat, Ali Zamir pour son ouvrage Anguille sous roche. © vinciane verguethen/voyez-vous

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelques retours de la presse sur cette remise de prix :

www.actualitte.com/article/culture-arts-lettres/le-prix-senghor-2016-pour-anguille-sous-roche-d-ali-zamir/67288

http://www.lci.fr/livre/avec-anguille-sous-roche-ali-zamir-assure-l-avenir-de-la-litterature-francophone-2005799.html

http://www.livreshebdo.fr/article/le-11e-prix-senghor-ali-zamir

http://www.madaplus.info/Remise-du-Prix-Senghor-2016–dans-le-cadre-du-Festival-Francophonie-metissee-ce-30-septembre-2016-au-Centre-Wallonie_a11312.html

http://afrique.lepoint.fr/culture/ali-zamir-raconter-pour-vivre-16-09-2016-2069021_2256.php

http://www.alwatwan.net/index.php/societe/13893-ali-zamir-decroche-le-onzieme-prix-senghor-de-la-litterature-d-expression-francaise

Un titre que vous pouvez emprunter dans les bibliothèques municipales parisiennes.

Et qui mieux qu’Ali Zamir lui-même pour raconter l’histoire d’Anguille sous roche :

 

 

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Métamorphose d’un crabe – Sylvie Dazy, éditions Le Dilettante

27 Oct

Originaire du Creusot, adoptée tôt dans sa jeunesse par la Bretagne, Sylvie Dazy découvre à vingt deux ans le monde triste et brutal des prisons de Fleury-Mérogis et de la Santé. Entre les murs de ces prisons, elle est depuis près de vingt ans éducatrice chargée de la réinsertion. De cette expérience professionnelle et personnelle intense, elle tire son premier roman Métamorphose d’un crabe.

Dans ce récit, le crabe c’est notre narrateur, Christo, un jeune gardien de prison venu du Nord de la France affecté pour son premier poste à la Santé à Paris. Tantôt naïf, tantôt critique, Christo se déclare d’emblée « ethnologue » en sa prison et témoigne ainsi du sombre quotidien du milieu carcéral, celui des prisonniers comme des gardiens. Christo dépeint ainsi un monde monotone, sans affects ni sensations :

« la taule, c’est la mort des sens »

Métamorphose d'un crabe

Il décrit aussi ce monde sous surveillance et extrêmement codifié. En prison et parmi les gardiens, c’est le règne du « masculin intangible ». Le moindre écart de parole ou de comportement conduira le gardien à la rétrogradation et l’exclusion de ses pairs :

« la tribu pénitentiaire me rejette, la faute à mon regard qui vient d’on ne sait où. Je n’ai pas non plus sacrifié aux paroles rituelles où les surveillants communient. Souder les chaîne entre nous, c’est utiliser les même mots… »

Malgré la force morale et certains succès professionnels de Christo, c’est progressivement à la chute rapide de cet anti-héros que le lecteur assiste. En sacrifiant son narrateur, Sylvie Dazy montre à quel point le personnel des prisons est autant prisonnier et en souffrance que les détenus. La Métamorphose d’un Crabe est un témoignage poignant et réaliste sur les conditions de vie et de travail en prison. Avec cette brève fiction engagée, on découvre avec plaisir la très belle plume de Sylvie Dazy, qui a su sonder avec une grande délicatesse et pudeur une réalité pourtant très abrupte.

Livres Hebdo du 24 juin, Avant Critique : « sans complaisance, mais avec un vrai souffle romanesque, Sylvie Dazy accompagne son héros sur ses chemins de perdition. Ce faisant, elle lui rend la dignité que confère la littérature à ses enfants méritants ». (Olivier Mony)

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De nos frères blessés – Joseph Andras, éditions Actes Sud

19 Oct

« Quand la Justice s’est montrée indigne, la littérature peut demander réparation ». Cette phrase qui figure sur la  quatrième de couverture résume bien le cheminement de Joseph Andras à propos de ce roman.

Fernand Iveton, jeune ouvrier communiste et militant anticolonialiste, est  condamné à mort en 1956 pour attentat terroriste en Algérie. Il a déposé une bombe artisanale dans un local désaffecté de l’usine où il travaille. Il ne voulait surtout pas tuer des innocents. Ayant été dénoncé, la bombe est désarmorcée. Il est arrêté, torturé, condamné à la suite de son procès, au moment des « événements » d’Algérie. Il est guillotiné le 11 février 1957, pour l’exemple, victime d’une raison d’état. Le Président Coty a refusé sa grâce et expliqué qu’il mourrait pour la France…

Joseph Andras raconte les derniers mois de la vie de Fernand Iveton et revient sur sa rencontre avec Hélène qui deviendra sa femme et le soutiendra jusqu’au bout. Fernand était un homme bon, amoureux et épris de liberté. Joseph Andras lui rend un bel hommage, avec un style sobre et percutant. Un livre exemplaire.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article de « balises le webmagazine de la Bibliothèque publique d’information » en cliquant sur le logo ci-dessous :

Aller à l’accueil du site Balises

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Le grand marin de Catherine Poulain (éditions de l’Olivier)

11 Oct

Lili plaque tout et décide de partir en Alaska, atteindre la dernière frontière pour devenir pêcheuse de morue et de flétan sur un bateau. Elle embarque à bord du « Rebel » et essaye d’être accepter dans ce monde d’homme, elle est la seule femme.

C’est un véritable combat qu’elle mène – se faire accepter, ne pas se plaindre même quand le corps n’en peut plus, gagner la confiance de l’équipage. Le travail est dur et harassant mais Lili aime ça et quand elle doit quitter le bateau pour une infection grave, elle ne pense qu’à repartir. En attendant de rembarquer, elle traîne dans les bars avec les hommes et partage leur vie enfiévrée.

Écrit avec des phrases courtes et simples qui donne une dynamique au récit, pas le temps de s’ennuyer aussi bien à bord qu’en lisant. Le rythme est intense. et on ne peut qu’admirer la force et le courage de l’héroïne.

Galerne – Le Havre, rencontre avec Catherine Poulain

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques municipales de Paris :

https://bibliotheques.paris.fr/Default/doc/SYRACUSE/1045090/le-grand-marin

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