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Premiers romans à découvrir avant la rentrée

26 août

 

Requin / Bertrand BelinRequin chagrin

Requin / Bertrand BELIN (POL)

« Mes poumons seront bientôt remplis de l’eau du lac. Entre ce moment et ma mort, il y aura certainement quelques secondes, ou une seconde seulement. Je produirai un dernier mouvement involontaire, j’imagine. Comme une cornemuse qu’un sonneur vient de poser sur une table se vide de son air en s’affaissant et agite bourdons et chalumeau dans une dernière imploration, je produirai un dernier mouvement et ce mouvement continuera sans moi ».

Une banale crampe et voici notre héros en train de se noyer bêtement dans les eaux d’un lac artificiel. Avant de s’enfoncer à jamais, le temps (180 pages) d’un chant d’adieu. Sa femme et son enfant, restés sur la berge « dans un carré de lumière », semblent déjà loin.

Si près de la mort « dont on se doute qu’elle ne promet pas grand chose d’incontestablement folichon » et, cependant, la regardant comme il semblait déjà affronter la vie, sans illusion aucune, avec une distance teintée de résignation quoique… Dans un monologue parsemé de digressions parfois burlesques se détachent des images déchirantes comme celle d’une pêche miraculeuse de lait ou d’une chasse désespérée au cygne, symboles d’une vie manquée.

Bertrand Belin, auteur-compositeur talentueux, ajoute une corde à son arc avec ce beau roman où l’absurde le dispute à la mélancolie.

 

Data transport / Mathieu BrosseauObjet poétique non identifié 

Data transport / Mathieu BROSSEAU (L’Ogre)

 

Exercice de style(s) ou objet poétique non identifié ? Ou les deux ? Car voici un bien étrange livre dont le romanesque est résolument absent. Tout ici désarçonne à commencer par la forme : des textes fragmentés sans lien décelable entre eux, une écriture parsemée d’équations énigmatiques et d’interrogations métaphysiques …

L’histoire ? M, le personnage, est sauvé des eaux par un cargo. Nu comme un ver, comme au premier jour. Il a perdu l’usage de la parole et oublié sa propre histoire. Parole et histoire qu’il se réappropriera par de bien curieux artifices. Entre résurgences de bribes d’enfance et perceptions bizarres du monde, M s’interroge sur le sens de la vie et notre présence au monde.

Benoît Laureau et Aurélien Blanchard, les fondateurs des toutes jeunes éditions de l’Ogre, définissent ainsi leur ligne éditoriale : « Avec l’Ogre, nous souhaitons défendre des livres qui, d’une manière ou d’une autre, mettent à mal notre sens de la réalité, traitent de ce moment drôle ou terrifiant où les choses et les gens ne semblent plus être ce qu’ils sont d’habitude, où le dehors arrête d’être sage et rangé … ». Pari tenu avec ce premier roman poétique de Mathieu Brosseau.

 

99 nuits / Yves CabanaJe t’aime moi non plus 

99 nuits / Yves CABANA (Gallimard)

 

Autopsie d’un amour défunt.

Corso aime Juliette, qui le quitte ou souhaite le quitter, on ne sait plus. Corso qui, après avoir épousé des femmes et fait des enfants en veux-tu en voilà, souffre encore et toujours. Corso, jamais remis de la mort de ses parents (une mère rongée par le chagrin et l’alcool, un père qui, sur son lit de mort, le confond avec son frère défunt), porte un regard acéré et piquant sur la société. Mais quant à donner un sens à sa vie, c’est une autre histoire ! De nombreux chapitres courts donnent un rythme soutenu au récit. Une écriture précise, enlevée. Un humour salvateur.

 

Après le silence / Didier CastinoMort de la classe ouvrière 

Après le silence / Didier CASTINO (Liana Levi)

 

« Savoir qu’on n’écrit pas pour l’autre, savoir que ces choses que je vais écrire ne me feront jamais aimer de qui j’aime, savoir que l’écriture ne compense rien, ne sublime rien, qu’elle est précisément là où tu n’es pas – c’est le commencement de l’écriture ». Cette citation de Fragments d’un discours amoureux de Roland Barthes, mis en exergue par Didier Castino illustre à merveille le sujet de son roman.

Roman de la condition ouvrière, monologue d’un homme simple et digne, un ouvrier syndicaliste aux Acieries & Fonderies du Midi qui aimait son travail à l’usine, mort écrasé par un moule de plusieurs tonnes. La voix passe, de manière très subtile, du père à son fils. Celui-ci, encore enfant à la mort de son père, héritier d’une image magnifiée de ce père, n’a de cesse de se défaire de cet héritage. En vain.

Une très belle écriture. Un roman très fort.

 

La triomphante / Teresa CremisiAutoportrait d’une femme libre 

La triomphante / Teresa CREMISI (Éditions des Équateurs)

 

Autoportrait d’une femme libre, celui de l’éditrice Teresa Cremisi. Celle qui présida aux destinées littéraires de grands auteurs, chez Gallimard puis chez Flammarion, se lance dans l’arène de la fiction, non pour dépeindre le milieu éditorial mais pour aller à la rencontre de la petite fille d’Alexandrie qu’elle fut dans les années 40 dans une Égypte cosmopolite et solaire. Puis ce fut le brusque départ en 1956 et la découverte de l’Europe tant rêvée.

La jeune femme va s’adapter « jamais triomphante, toujours prudemment dissimulée ». C’est l’histoire d’un exil, sans l’empreinte d’une nostalgie quelconque. Teresa Cremisi clôt cet autoportrait par un très beau poème de Constantin Cavafy, né comme elle à Alexandrie

 

Minuit et demi. L’heure a vite passé,

depuis qu’à neuf heures j’ai allumé la lampe,

et suis venu m’asseoir ici. Je suis resté sans lire,

et sans parler. À qui aurais-je pu parler,

moi qui vis seul dans cette maison

 

Minuit et demi. Comme l’heure a passé.

Minuit et demi. Comme les années ont passé.

 

La surface de réparation / Alain Gillot Echec et mat

La surface de réparation / Alain GILLOT (Flammarion)

 

Soit Vincent, entraîneur de football de l’équipe junior de Sedan, un type solitaire et juste ce qu’il faut de bougon. Soit Léonard, son neveu, un ado atteint du syndrome d’Asperger. Soit Madeleine, la sœur de Vincent, accessoirement mère de l’ado, toujours en galère. Soit Catherine, psychiatre, qui va s’enticher de Vincent. Soit …

Alain Gillot, scénariste, a écrit ici un roman très cinématographique, simple, charmant, sentimental.

 

Je ne vous quitterai pas  Pascal LouvrierTestament

Je ne vous quitterai pas / Pascal LOUVRIER (Allary Éditions)

 

« Je crois aux forces de l’esprit et je ne vous quitterai pas.». C’est par ces mots que François Mitterrand conclut ses vœux aux Français en 1994.

Presque vingt ans plus tard, Jacques Libert, vieux routier de la politique, ami intime de très longue date de l’ancien président, se réfugie dans sa bicoque au bord d’une falaise près de Varengeville. Cet homme ambigu, cynique va mourir, entouré de ses fantômes dont celui de sa femme qu’il humilia sans cesse. Il va publier un ouvrage dans lequel il livre des secrets sur Mitterrand. Deux témoins vont l’aider à se raconter, une jeune femme et un journaliste.

Agréable récit romanesque par un auteur qui a été la plume de plusieurs hommes politiques.

 

Les oubliés du dimanche / Valérie PerrinRédemption

Les oubliés du dimanche / Valérie PERRIN (Albin Michel) 

 

Les oubliés du dimanche et des autres jours, ce sont les pensionnaires de la maison de retraite les Hortensias. Une jeune aide-soignante va se prendre d’affection pour l’une d’entre elles, Hélène, et noter les souvenirs de cette vieille dame dans un petit carnet bleu. Des portraits joliment dessinés, de belles et tristes histoires d’amour passées et présentes, des secrets… Un mélange d’émotion, de nostalgie et d’humour. Un roman très cinématographique.

 

Finir la guerre / Michel SerfatiDommages de guerre 

Finir la guerre / Michel SERFATI

 

La guerre d’Algérie a pris fin il y a plus d’un demi siècle. Après le suicide de son père, un vieil homme taciturne et tourmenté, Alex part en Algérie sur les traces de ce père mal aimé, mobilisé en 1959, pensant qu’il allait trouver là une réponse à ses doutes. Grâce à une jeune femme, fille d’un Algérien que le père d’Alex a sauvé, Alex va remonter le temps et mettre au jour des serments non tenus. Il découvrira aussi l’Algérie d’aujourd’hui, lumineuse et violente.

Passé et présent s’entremêlent, douloureusement, dans ce beau et émouvant roman qui sonne vraiment très juste.

 

De notre envoyé spécial / Philippe TrétiackPortraits croisés 

De notre envoyé spécial / Philippe TRÉTIACK (L’Olivier)

 

« Bien qu’inspiré de reportages effectués autour du monde, ce livre est une œuvre de fiction. Toute ressemblance avec des faits et des êtres réels ne serait que pure coïncidence ».

D’emblée, Philippe Trétiack, nous avertit : il a écrit une fiction même si celle-ci a tout l’air d’un document pris sur le vif. Une fiction avec de vrais-faux personnages qui ne répondent pas au grand reporter venu les rencontrer mais parlent après le départ de celui-ci. Ils sont 17, photographe, chauffeur, fixeur, documentariste, homme d’affaires… Ils habitent Palerme, Moscou, Belfast, Tchernobyl ou encore le Queens, et chacun à son tour se confie sur sa propre vie et livre ses impressions sur ce journaliste venu de si loin pour les interviewer. Philippe Trétiack, grand reporter, témoigne lui-même dans le dernier chapitre de l’histoire de sa famille.

Ces monologues fictifs d’une force inouïe, emplis d’humanité, loin de tout artifice journalistique, touchent en plein cœur.

 

La brûlure de l'été / Jacques WeberAu bord du monde 

La brûlure de l’été / Jacques WEBER (Stock)

 

Pour son premier roman, Jacques Weber s’est inspiré d’un fait-divers dramatique survenu dans les années 80 : une famille se suicida sous les roues d’un TGV.

Le comédien se fait le héraut de ces laissés-pour-compte en leur rendant dignité et courage. Il plante le décor dans un petit village avec son bistrot, ses piliers de bar qui refont le monde et la famille de Dino et Lisette en lisière, vivant dans une gare désaffectée. Au bord du monde. Dino, rescapé d’un pays en guerre dans les Balkans, Lisette, venue d’une île bretonne se sont retrouvés là avec leurs enfants, adoptés par les villageois. Mais peu à peu, la précarité progresse …

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Sélection du Prix Senghor, prix du Premier roman francophone et francophile

21 juil

Les membres du jury du Prix Senghor se sont réunis le mardi 16 juin pour arrêter la liste définitive des titres des romans en lice pour l’attribution du prix.

Comment les grands de ce monde se promènent en bateau de Mélanie Sadler. Flammarion

Debout-Payé de Gauz. Le nouvel Attila

La déesse des mouches à feu de Geneviève Pettersen. Le Quartanier

Les enfants des cyclones de Ronald C. Paul. Le Soupirail

Erable de Saskia de Rothschild. Stock.

L’homme qui ne voulait plus être roi de Joan Condijts. Genèse

India Express de Constantin Simon. Le Passage.

Les jardins de consolation de Pariza Reza. Gallimard

Un jeune homme prometteur de Gautier Battistella. Grasset

Le voyage d’Octavio de Miguel Bonnefoy. Rivages

Le prix sera décerné le mercredi 30 septembre au Centre Wallonie-Bruxelles dans le cadre du festival Francophonie métissée qui se tient du 29 septembre au 16 octobre.

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« L’homme qui ment » de Marc Lavoine chez Fayard

26 mai

L'homme qui ment/Marc Lavoine      Cet « enjoliveur » dont il est question, c’est Lulu, le père de Marc. Personnage haut en couleur, ancien combattant d’Algérie et partisan communiste, il est le noyau dur de la famille Lavoine. Son goût pour l’alcool et les femmes auront finalement raison de lui, fragilisant au passage l’équilibre familial…

     Dans ce roman à caractère autobiographique, Marc Lavoine aborde son enfance avec subtilité. Et réussit à livrer un récit pudique, drôle et émouvant à la fois. C’est avec une certaine tendresse qu’il nous parle de son père Lucien, de sa famille et de son origine modeste en banlieue parisienne, près d’Orly. Avec L’homme qui ment, l’interprète d’ Elle à les yeux revolver tire un grand coup et nous touche en plein cœur !                                                                                                                                                                                                                                             Pour les nostalgiques : 

Elle à les yeux revolver/Marc Lavoine

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Kamel Daoud, prix Goncourt du premier roman 2015

6 mai

crédits photo : AFP/AFP/Archives

crédits photo : AFP/AFP/Archives

     Kamel Daoud, journaliste et écrivain algérien, vient de recevoir le prix Goncourt du premier roman 2015 pour son titre « Meursault, contre-enquête »pour lequel il avait déjà obtenu les prix François-Mauriac et des cinq continents de la Francophonie en 2014. Belle récompense enfin pour Kamel Daoud, présent dans la dernière sélection du prix Goncourt 2014 et pour ce titre, librement inspiré de L’Etranger d’Albert Camus et qui avait suscité une vague de polémiques lors de sa sortie. Meursault

 

 

     Kamel Daoud est également l’auteur d’un recueil de nouvelles, Minotaure 504, présent dans la sélection des prix Goncourt de la nouvelle et Wepler-Fondation La Poste en 2011.

 

 

 

      Retrouvez ici une interview de Kamel Daoud à propos de Meursault, contre-enquête :

Portrait © DR

Portrait © DR

 

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15 avr

Une enfance basque

Trois langues dans ma bouche Frédéric ARIBITTrois langues dans ma bouche / Frédéric ARIBIT (Belfond)

 « Pris sans le vouloir dans ce terrible étau, tiraillé entre cette langue qui avait été la mienne, (…) et qui était tombée dans le fond de ma gorge, que j’avais avalée de travers puis recrachée sans m’en rendre compte et cette autre langue, là, qui avait enflé, avait pris toute la place », Frédéric Aribit part sur les traces de son enfance et de la langue basque, jamais apprise, mais qui a bercé son enfance et son adolescence dans les années 80 et qui, soudain, se réveille en lui.
Roman d’apprentissage ? Récit ? Qu’importe. Parfois, nous sommes un peu perdus dans « l’archéologie personnelle » de Frédéric Aribit partagé qu’il est entre sa mystérieuse langue maternelle basque (qui peut être celle également des engagements politiques radicaux), la langue française (qui est celle de l’ouverture sur le monde, de la littérature), enfin la langue, cet organe avec lequel nous parlons, goûtons, embrassons.
De cette quête d’identité tournée vers l’enfance et des êtres qui la peuplaient, Frédéric Aribit fait une aventure tourbillonnante, humoristique, sensuelle et très poétique.
Une écriture talentueuse et vive.

 

Une fable merveilleuse

 

Le voyage d’Octavio  Miguel BONNEFOYLe voyage d’Octavio / Miguel BONNEFOY (Rivages)

C’est l’histoire d’Octavio, un doux colosse analphabète doué d’une force surhumaine. L’histoire de ce paysan qui va apprendre à lire, à écrire et à aimer grâce à une belle comédienne de Maracaïbo dénommée Venezuela. C’est le récit épique de ses tribulations à travers son pays, le Venezuela, avant son retour dans le village de Saint Paul du Limon où tout a commencé.
Pour l’auteur, cette quête d’Octavio représente, en vérité, l’allégorie du peuple vénézuélien.
Depuis sa parution, ce court roman d’un jeune auteur de 28 ans, chilien par son père et vénézuélien par sa mère, a bénéficié de critiques très élogieuses qui évoquent un superbe roman épique, ou encore une œuvre empreinte de réalisme magique à l’instar de celle de Garcia Marquez.
Ajoutons qu’une écriture, en rien démonstrative, permet au lecteur de s’approprier l’histoire avec juste ce qui est nécessaire de distance.

 

Une vie minuscule

 

L’homme incertain Stéphanie CHAILLOUL’homme incertain / Stéphanie CHAILLOU (Alma)

 « Il arrive que nous vivions séparés de « ce que nous pouvons ». C’est même le sort de la plupart des hommes, la plupart du temps. » Gilles Deleuze.
C’est l’histoire d’un homme qui rêvait d’une vie simple. Avoir une ferme, une femme qui l’aime, des enfants. Cultiver la terre. En somme, être heureux.
Mais le rêve se brisa net dans les années 70 lorsque la politique agricole commune fit son apparition et emporta tout sur son passage : la ferme, les bêtes, les champs et l’espoir.
En un long monologue, cet homme nous livre le récit d’une vie tiraillée entre désarroi et culpabilité. D’une vie qu’il pense ratée. En contrepoint de ce témoignage, s’entend une autre voix douce et si présente, celle des enfants du fermier qui, telle une comptine, évoque les jours heureux à la ferme.
Une prose simple, délicate et profonde qui va à l’essentiel.

 

Retour vers la terre natale

 

La terre sous les onglesLa terre sous les ongles / Alexandre CIVICO (Rivages)

 Au volant d’une berline allemande, un homme quitte Paris et se dirige vers l’Espagne (là où tout avait commencé). Dans le coffre de la voiture, un mystérieux « paquet qui cogne au moindre virage dans un bruit anthracite ».
86 pages sans véritable intrigue et sans suspense, empreintes de mélancolie et de violence.
86 pages pour revisiter une histoire familiale et pour dire l’humiliation de l’immigré, empêtré entre sa langue maternelle « rustre, courtaude (…). La langue espagnole est ta conscience honteuse, l’ancre qui te tient attachée à l’en-bas. Tu la revendiques et tu la hais à la fois.» et la langue française, langue de la liberté mais qui « résiste, trop grosse, trop épaisse, comme une énorme tranche de pain ».
86 pages pour dire le déchirement – cette terre sous les ongles dont on ne parvient pas à se défaire – et le tiraillement entre deux cultures.
Alexandre Civico, directeur des éditions Inculte, signe ici un court mais percutant roman.

 

 

Portraits de femmes

 

La saison des mangues / Cécile HUGUENIN (Héloïse d’Ormesson)La saison des mangues Cécile HUGUENIN

Trois femmes, trois générations, trois continents. De l’Inde à l’Afrique en passant par l’Angleterre, Cécile Huguenin met en scène Radhika, la belle Indienne, sa fille Anita et Mira la fille de cette dernière. Trois destins confrontés à l’exil, aux préjugés et qui, chacun à sa manière, surmonteront le déracinement.
Des portraits délicats de femmes qui trouveront le chemin de la sérénité.
Une écriture très délicate au plus près des sentiments.

 

 

 

 

Chassés croisés

 

Le sens de l’orientation Arrigo LESSANALe sens de l’orientation / Arrigo LESSANA (Christian Bourgois)

 Le sens de l’orientation, Ferdinand, un chirurgien cardiaque et Valentin son psychanalyste (qui pourrait être son double) l’ont un peu perdu. En plein désarroi existentiel au mitan de leur vie, entourés d’une galerie de personnages plus ou moins fantasques, entre chassés croisés amoureux et amitié sur les contreforts de la montagne, comment se repérer dans sa vie ? Comment lui donner un sens ?
Entre humour et tragédie, sur un rythme soutenu, en entrecoupant son texte d’intertitres comme dans un film muet, Arrigo Lessana essaie de répondre.

 

 

 

 

La terre et le feu

 

D’argile et de feu Océane MADELAINED’argile et de feu / Océane MADELAINE ( Éd. des Busclats)

Deux Marie. L’une, la jeune narratrice, en fuite, voulant oublier un passé douloureux, tapie dans une cabane au fond d’un bois. C’est là qu’elle va découvrir la trace de l’autre Marie, Marie Prat, une potière qui vivait au XIXème siècle. Une femme de caractère, dans un milieu masculin,  qui inventait et signait ses pots « fait par moi». Une femme hors du commun dont le destin va ouvrir la jeune narratrice sur le monde.
Un sujet mille fois rebattu mais Océane Madelaine, elle-même jeune potière, le traite de manière sensible et discrète. Une atmosphère intimiste. Autant de raisons pour lire ce court roman.

 

 

Aventures aztéco-stambouliotes

 

Comment les grands de ce monde se promènent en bateauComment les grands de ce monde se promènent en bateau / Mélanie SADLER (Flammarion)

À Buenos-Aires, le vieux professeur Javier Leonardo Borges n’en croit pas ses yeux lorsqu’il découvre sur un manuscrit turc du XVIème siècle une princesse aztèque ! Cuauhtémoc, le dernier empereur aztèque, pour échapper à la barbarie du conquérant Cortès, aurait donc traversé l’océan et rejoint la cour de Soliman le Magnifique, le sultan de Constantinople ? Aidé de Hakan, un universitaire turc, Borges va mener l’enquête.
Et Mélanie Sadler, jeune universitaire bordelaise, va revisiter l’Histoire dans une intrigue menée tambour battant avec humour et inventivité, citations à l’appui.
152 pages d’aventures rocambolesques, farfelues et très drôles.

 

 

Tout sur Karen Blixen

 

Baronne Blixen Dominique de SAINT-PERNBaronne Blixen / Dominique de SAINT PERN (Stock)

Dans cette biographie romancée, Dominique de Saint Pern livre tous les visages de Karen Blixen, cette femme flamboyante et complexe.
C’est par le regard et la voix de Clara Svenden, qui fut sa secrétaire après son retour d’Afrique, que Karen Blixen renaît. Si Meryl Streep rendit la romancière célèbre en l’incarnant dans le film Out of Africa de Sydney Pollack, Dominique de Saint Pern, quant à elle, décrit également les drames qui ont jalonné sa vie (son père se suicide alors qu’elle avait 10 ans, elle se marie par défaut au frère jumeau de l’homme qu’elle aimait, cet homme lui transmettra la syphilis, son grand amour, Denys Fynch Hatton, se tuera en avion…). A son retour au Danemark dans la maison familiale, elle écrira des contes et des romans qui auront un très grand succès. A la fin de sa vie, Karen Blixen ressemblait à une brindille, une brindille de 31kg outrageusement fardée. Mais quelle femme, quel destin !
Dominique de Saint Pern la fait revivre avec tant de justesse.

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Salon du livre 2015 : à la rencontre des auteurs

14 mar

Salon du livre 2015 : à la rencontre des auteurs

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Prix Mystère de la Critique 2015

17 fév

Pour la 44e année, le Prix Mystère de la Critique a désigné ses vainqueurs 2015.

Dans la catégorie auteur français, le prix est décerné à Nicolas Mathieu pour son premier roman  Aux animaux la guerre  paru chez Actes Sud (Actes noirs).

Titre que nous avons aimé et retenu dans notre sélection 2014.

Une région sinistrée, une usine qui ferme, une cohorte d’ouvriers sur le carreau, et parmi eux, Martel, le syndicaliste quelque peu ripoux, Bruce, son pote bodybuildé, un rien cinglé, Rita, l’inspectrice du travail, plus quelques truands ainsi que des ados sans projet et déjà résignés.

A travers cette galerie de personnages finement esquissés, Nicolas Mathieu dresse le tableau sombre d’une population borderline qui, en même temps que son travail, a perdu ses illusions.

Un roman noir d’une belle écriture, à la portée sociale indéniable.

Retrouverez Aux animaux la guerre dans les bibliothèques municipales parisiennes (ici).

Pour en savoir plus vous pouvez cliquer sur le lien ci-dessous :

 

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Notre sélection 2014

11 fév

32 titres retenus

– Camille Anseaume / Un tout petit rien / (Kero)

– Nils Barrellon / Le jeu de l’assassin / (City)

– Inès Benaroya / Dans la remise / (Flammarion)

– Laura Berg / Second portrait d’Irena / (Naive)

– Adrien Bosc / Constellation / (Stock)

– Sophie Brocas / Le cercle des femmes / (Julliard)

– Fabien Cerruti / Le bâtard de Kosigan : l’ombre du pouvoir / (Mnémos)

– Ludovic Debeurme / Océan Park / (Alma Editeur)

– Thierry Des Ouches / Martin de La Brochette / (Daphnis et Chloé)

– Slobodan Despot / Le miel / (Gallimard)

– Corinne Devillaire / C’est quoi ce roman / (T.Marchaise )

– Jean-Paul Didierlaurent / Le liseur de 6h27 / (Au diable Vauvert)

– Vincent Duluc / Le cinquième Beatles / (Stock)

– Alexandre Feraga / Je n’ai pas toujours été un vieux con / (Flammarion)

– Emmanuel Grand / Terminus Belz / (Liana Levi)

– Philippe Hayat / Momo des Halles / (Allary Editions)

– Hedwige Jeanmart / Blanès / (Gallimard)

– Francine Kahn / Au creux les oubliés / (Naive)

– David-James Kennedy / Ressacs / (Fleuve noir)

– Marie-Aimée Lebreton / Cent sept ans / ( Buchet-Chastel)

– Pierre-Yves Leprince/ Les enquêtes de Monsieur Proust / (Gallimard)

– Pierre Lieutaghi / Elio / (Actes Sud)

– Edouard Louis / En finir avec Eddy Bellegueule / (Seuil)

– Anna Lisbeth Marek / Les conversations / (Phébus)

– Vincent Maston / Germain dans le métro / (Lattès)

– Philippe Mathieu / Aux animaux la guerre / (Actes-Sud)

– Véronique Poulain / Les mots qu’on ne me dit pas / (Stock)

– Alexis Ragougneau / La Madone de Notre-Dame / (V. Hamy)

– Emmanuelle Richard / La légèreté / (Olivier)

– Jean-François Roseau / Au plus fort de la bataille / (P.-G. de Roux)

– Tania Sollogoub / La maison russe / (La Martinière)

– Marie Van Moere / Petite Louve / (Les manufacture des livres)

Retrouvez notre sélection sur le catalogue des bibliothèques municipales de Paris :

http://bibliotheques-de-pret.paris.fr/userfiles/file/Bibliographies/premiers-romans-2015/premiers-romans-2015.html#1

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Bibliothèque Saint-Eloi : samedi 7 février à 15h30

29 jan

Ne manquez pas la rencontre-dédicace avec Véronique Poulain.

véronique poulain rencontre facebook

POULAIN, Véronique : Les mots qu’on ne me dit pas. Stock (Bleue)

Dans la famille Poulain (qui est devenue la famille Bélier au cinéma !) Véronique est fille de sourds-muets. De quiproquos burlesques en situations cocasses, elle nous décrit son quotidien .Un parcours de vie où elle devient tour à tour médiatrice, traductrice, entre ses parents et notre monde d’entendants, et construit son identité de jeune femme, riche de cette double culture.

Un récit vivant, surprenant, éclairant. On referme ce livre-témoignage plein de la chaleur et de l’humour qu’il contient et que nous restitue la plume très alerte de l’auteure.

 

Bibliothèque Saint-Eloi
23 rue du Colonel Rozanoff
75012 Paris
01 53 44 70 30
bibliotheque.saint-eloi@paris.fr

 

 

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Les Absents de Georgia Makhlouf remporte le Prix Senghor du Premier roman francophone et francophile

6 nov

Trois titres ont été retenus au dernier tour des délibérations :

Les absents, de Georgia Makhlouf, Ed. Rivages-Payot (Liban)

Là où la terre est rouge, de Thomas Dietrich, Ed. Albin Michel (France)

Les voyages de Daniel Ascher de Déborah Lévy-Bertherat Ed. Rivages-Payot (France)

Lors des délibérations qui ont eu lieu au restaurant le François Coppée ,1 bld de Montparnasse, Paris 6ème et après des discussions très animées, le jury a décidé au 3e tour de scrutin d’attribuer le 9e Prix Senghor, par 6 voix contre 4 à :

Les absents, de Georgia Makhlouf, Ed. Rivages-Payot

Le jury, présidé cette année par Hervé Bertho, rédacteur en chef, Ouest-France Dimanche, a souhaité distinguer Les Absents, un beau roman dont le récit commence sous les auspices d’une enfance heureuse brutalement brisée par la guerre et l’exil.  » Les Absents », ces personnages qui ont croisé son parcours et ont disparus au gré des circonstances… On s’aperçoit au fil des pages que ces portraits entretissés, toujours vivaces et précis, dessinent en négatif l’image volatile de celle qui les brosse, hantée par une absence à soi qui se nourrit des vertiges de la mémoire.  » (4ème de couverture)

  Le jury a récompensé un  ouvrage dont le style et la maîtrise d’écriture promettent une belle carrière littéraire à son auteur.

La lauréate est membre du comité éditorial de L’Orient Littéraire et  partage sa vie entre Beyrouth et Paris.

Le prix d’un montant de 3000 € a été remis le vendredi 17 octobre 2014 au Patronage laïque Jules Vallès, 72 avenue Félix Faure, 75015 Paris.

 

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