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La Vraie Vie, d’Adeline Dieudonné, éditions L’iconoclaste, 2018.

13 Oct

la-vraie-vie-2Vous rappelez vous la première fois où vous avez voulu rembobiner ? Remonter le temps pour que tout redevienne comme avant ?

C’est un conte contemporain, dans une banlieue pavillonnaire de préfabriqués monotones, entourée par le bois des Petits Pendus, la forêt noire et terrifiante.

Et dans ce décor pour enfant fané, une jeune fille rêve de revenir juste avant l’incident qui semble avoir à jamais volé le sourire de son frère.

Elle ne peut rien pour son père, un chasseur violent et terrible. Ni pour sa mère, un « ectoplasme », une « amibe ».

Mais elle voudrait sauver son frère.

Après avoir vu Retour vers le futur, et avec l’aide de l’amicale fée Monica, elle se passionne pour les sciences.

Et la machine du roman d’apprentissage s’active, grand collisionneur de particules, où l’amour, la peur, le désir et la mort se fracassent dangereusement.

D’une plume assurée aux images drôles, libres et puissantes, Adeline Dieudonné dissèque une cellule familiale où règne la violence, à travers le regard d’une jeune fille alerte.

Prix Première Plume 2018

Prix du roman FNAC 2018

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Mauvaise Passe, de Clémentine Haenel, éditions L’Arpenteur, 2018.

29 Août

mauvaisepasseElle regarde sa vie s’écouler dans la passivité et l’indifférence.

Dès les premières phrases, l’érotisme est anéanti sous un rouleau compresseur :

« La nuit, je m’ouvre. Je me dévoile ; je me déshabille. On peut me rouler dessus »

Elle laisse des hommes prendre possession de son corps. On se croit d’abord face au portrait d’une prostituée. Dans ce cas, le titre est un jeu de mots. Ce serait l’histoire d’une passe qui tourne mal…

« Je m’enfonce dans mes travers, je bois et je veille. »

Alors, on se laisse entraîner dans ses déambulations nocturnes :

« Il m’arrive de marcher sans direction : je fume des cigarettes qui brûlent la gorge, je lève la tête vers les fenêtres des derniers étages, je remarque parfois les gargouilles sur les façades des immeubles. Les prostituées, elles, gardent les rues et ne me reconnaissent plus. »

Et on découvre une jeune femme désorientée, qui aime en vain un homme marié, ne cherche pas de travail, et se fascine pour les meurtres en série, dont elle transpose l’horreur dans le torrent désordonné de sa conscience. Elle cherche tous les moyens pour être dépossédée de son corps: le sexe, l’alcool, les médicaments ou la fuite à Londres, à New York puis en Suède. Avant de reprendre goût, doucement, à la tendresse…

Clémentine Haenel, née en 1992, raconte, dans un roman concis, l’errance d’une jeune femme. Le style est d’abord neutre et analytique, ce qui rend toutes choses sordides. Peu à peu, on se rend compte qu’il y a quelque-chose qui cloche, une forme d’humour acéré, une misanthropie désarmante. Ce personnage atypique, lassé et tourmenté, nous offre finalement un regard original sur une nouvelle génération perdue.

 

Mauvaise Passe, Clémentine Haenel, L’arpenteur, Gallimard. Paru le 23 août 2018.

Disponible dans vos bibliothèques. Consultez le catalogue.

 

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Les frémissements d’une sélection

24 Août

Les frémissements d’une sélection

Ça y est, c’est parti pour la rentrée littéraire. On se prépare pour le prix du premier roman des lecteurs de la Ville de Paris. On a nos premiers critères de sélection : « Les romans retenus pour concourir sont des ouvrages écrits par des auteurs  francophones publiant pour la première fois un roman pour un public adulte. En outre la date de parution du roman doit être postérieure au 15 août 2018. »

Alors on se prépare, on épluche les futures parutions, on échange entre bibliothécaires, surtout ne rien rater ! On lit la presse, les critiques littéraires sont en avance sur nous, ils les ont déjà lus, eux. On découvre les sélections de Télérama, du Monde des livres, des Inrocks , de Lire

Surtout ne rien rater !

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Certains premiers romans attirent l’attention parce que l’auteure est connue comme celui de la critique littéraire Olivia de Lamberterie, chroniqueuse au Masque et la Plume, à Télématin, dans ELLE. Parce que le titre est joli,  Avec toutes mes sympathies, parce que la couverture nous attendrit avec cette photo d’elle et de son petit frère, on est déjà bouleversé de savoir qu’il traite de sa mort trop tôt, trop jeune.

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Un autre titre a déjà de bonnes critiques, sélectionné pour le prix du livre Fnac et du prix Stanislas, celui d’Adeline Dieudonné, on se dit que pour un prix du premier roman, on aimerait un auteur pas connu, à faire connaître, et là c’est déjà trop tard, on nous l’a déjà pris. Ne rien rater !

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On n’a encore rien lu et déjà envie d’en lire, rien que pour le plaisir de la découverte, pour ce plaisir si particulier du premier roman, parce que souvent on y retrouve les fondamentaux d’un auteur, ce qu’il a maturé, malaxé, digéré ou pas, de lui, d’elle, de ses passions, de sa famille, de ses origines, de son milieu, de son écriture. Cela fait autant de rencontres possibles.

Alors à la louche, on a envie de rencontrer Meryem Alaoui et son récit dans le milieu de la prostitution au Maroc, envie de découvrir l’enfer d’hypokhâgne avec Arthur Nesnidal et envie de pleurer sur un chagrin d’amour  en chanson avec Juliette Arnaud.

 

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