Paris.fr
Accueil
Archive by Author

Vénéneux et magistral, le premier roman d’Emmanuelle Caron.

24 Aug

Tous les âges me diront bienheureuse : retenez bien ce titre de la rentrée littéraire 2017, vous allez forcément en entendre parler !
emmanuelle caron, tous les âges me diront bienheureuse, premier roman 2017, rentrée littéraire

Ce roman s’adresse à ceux qui aiment être charmés par une langue belle et organique, qui m’a rappelée celle de Valentine Goby ou de Léonora Miano. […]

Share

Une bouche sans personne

16 Aug

Attention, pépite !

Unune bouche sans personne, gilles marchande bouche sans personne est un premier roman remarquable, un roman qui laisse un souvenir prégnant une fois la dernière page lue, et qui diffuse et vous imprègne encore quelques jours, tant l’émotion y est intense sans jamais tomber dans l’excès de la démonstration.

Ce joli roman m’a été conseillé par une lectrice, qui a eu un coup de cœur pour ce titre, et m’en a si chaleureusement parlé que j’ai « rattrapé » cet oubli et l’ai commandé pour la bibliothèque.
Depuis, je l’ai lu, et j’ai percé le mystère de ce titre si intrigant. (Et ne comptez pas sur moi pour vous spoiler !)

[…]

Share

Lucie ou la vocation

9 Dec

Maëlle Guillaud propose un premier roman au sujet ambitieux, puisqu’elle traite ici du thème bien particulier de la vocation religieuse, interrogée par la meilleure amie de l’héroïne, qui ne comprend absolument pas cette décision.

Juliette, sa meilleure amie, mais aussi la maman de Lucie : toutes les deux sont désemparées face à ce choix « radical », puisqu’il entraîne progressivement mais sans retour possible Lucie loin d’elles, dans une vocation qui demandera de nombreux sacrifices.

lucie ou la vocation, maëlle guillaud, premier roman, premier roman français, littérature, littérature française

Le récit accroche assez vite le lecteur, dans un style précis et en même temps elliptique, où le choix de Lucie de rentrer dans les ordres s’accompagne d’une véritable déconvenue : toute entière tournée vers ce choix spirituel, rien ne l’avait préparée aux codes tacites et aux règles très dures de la vie en communauté.

Très rapidement, le malaise s’installe : pourquoi faut-il absolument terminer son assiette, si peu appétissante qu’elle en devient un réel défi personnel ?
Pourquoi ce miroir dans la chambre des novices, quand leur lien au corps est coupé, le port de l’habit voilant et neutralisant le corps unique et particulier de chacune, dans une norme à respecter sans concession possible.

A travers le rapport au corps, à la nourriture, à travers l’éloignement progressif mais inéluctable des proches, en proie à une vraie souffrance de voir s’éloigner l’être cher sans possibilité de dialogue ou de contact, Maëlle Guillaud « teste » la foi en Dieu de son héroïne, Lucie.

Lucie un peu perdue, Lucie qui doute, mais toujours se ravise : là est sa place, elle en est convaincue.

Le roman se termine sur une sorte de revirement de situation, je n’en dirais bien sûr pas plus pour ne pas « spoiler ». Pour autant, il m’a laissé un goût d’inachevé, peut-être parce que le roman s’achève sur une note amère, qui ne dévoile pas grand-chose de l’état d’esprit de Lucie, qu’on a suivi pourtant dans sa métamorphose tant corporelle que spirituelle.

lucie ou la vocation, maëlle guillaud

© Philippe MATSAS

L’auteure s’en sort très bien pour un premier roman, distillant le doute et le malaise par petites doses, harponnant le lecteur dans les mêmes questions qui tourmentent Juliette, la meilleure amie de Lucie : pourquoi ce choix, pourquoi maintenant, et à quel prix ?
Dommage qu’il manque un peu d’enjeu : car finalement, non seulement le lecteur restera avec beaucoup de questions en suspens non résolues, mais l’aspect psychologique sera effleuré plus que fouillé. C’était pourtant un axe très intéressant pour aborder ce thème : comment s’adapter à un mode de vie plus subi que voulu, sous la pression d’un groupe aux codes fermement établis ? Jusqu’où peut-on aller pour assumer une soif de spiritualité qui se heurte à un quotidien anxiogène ?

Un premier roman qui divise, dans les réactions de ses lecteurs… Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Retrouvez-le dans les bibliothèques parisiennes.

 

Share

Un tout petit rien de Camille Anseaume

14 Jun

Un tout petit rien - Camille Anseaume

Un tout petit rien – Camille Anseaume

Un tout petit rien qui nous a fait beaucoup d’effet…

Au départ, ce titre énigmatique, et cette couverture qui l’est tout autant attise notre curiosité, et puis il suffira de quelques mots glanés dans le résumé pour se sentir happé : Camille, 25 ans, vit à Paris, dans une chambre de bonne sous les toits, et vit une relation en pointillés avec un homme. Jusqu’au jour où elle se découvre enceinte…

Que va-t-elle faire ? Garder ce « tout petit rien », ou pas ?

Point de départ du livre, la question va hanter la narratrice, qui nous fera partager ses doutes et ses espoirs, ses changements d’avis, les réactions mitigées de son entourage, tout y passera. En contorsionniste des sentiments, comme elle se décrit elle-même, elle passera par toutes les étapes, tous les états, pour enfin choisir.

N’ayez crainte, on ne vous dévoilera pas ici ce que choisira de faire Camille, simplement vous dire à quel point ce livre n’a rien d’un 1er roman, tant sa justesse et son intelligence signent une auteure talentueuse.
Vous allez rire, et pleurer à la lecture de ce petit roman que vous dévorerez en quelques heures.
L’auteure a le sens de la formule et de l’anecdote qui fait mouche qu’elle soit drôle, poétique ou nostalgique. Ecrit en « chapitres-billets » (où l’on reconnaît le style d’une blogueuse : café de filles), ce petit roman sonne juste, et vrai.

Une très belle surprise, à ne pas manquer !

Retrouvez le livre dans les bibliothèques parisiennes.

Share

Après l’amour d’Agnès Vannouvong

8 Nov

 

couverture du livre

« Héloïse m’appelle « ma belle surprise ». Elle a ses petits trucs, les balades à moto, un parfum addictif, des pièges à filles. Les cloches de l’église Saint-Eustache ponctuent toutes les heures nos étreintes. J’aime caresser la peau, son dos, ses bras durs, le sexe doux sous la langue, les soupirs, les sourires entre les baisers, les rires. Je l’adore et honore son sexe. Un souffle, une parole, un geste provoquent le rapprochement des corps. J’aime notre intimité. Je veux essayer toutes les positions, tous les rythmes. Après les orgasmes, elle se serre très fort contre moi, je suis perdue. M’abandonner serait une aventure, alors je glisse, indéterminée, ouverte à tous les possibles. »

 Lorsque la narratrice se sépare de sa compagne Paola avec qui elle vivait depuis dix ans, sa vie bascule. Elle va tenter d’oublier cet amour perdu en explorant d’autres corps, de femme en femme, elle finit par se perdre. De prime abord, le scénario peut sembler classique et l’ écriture facile, mais le roman prend de l’ampleur au fil de l’histoire, et finit par faire mouche. Avec une écriture à la fois touchante et percutante, un premier roman sensible sur le deuil et la solitude, à découvrir absolument.

Retrouvez ce livre dans votre bibliothèque.


Share

Prochain arrêt : Station Rome

9 Jul

Station Rome

D’une écriture fluide et nerveuse, l’auteur nous entraîne rapidement dans ce roman qui se lit d’une traite : le quotidien dur et violent d’un sans-abri à Paris, dont le refuge choisi sera la station de métro Rome.
Au-delà du témoignage d’une vie aride et solitaire, où la noirceur de la rue sera détaillée aux lecteurs jusqu’à susciter le malaise, le fil rouge du récit se trouve dans le passé du héros…

Vincent Pieri a choisi un angle intéressant pour traiter son histoire : il ne se contente pas simplement de décrire la vie d’un SDF, il surprend le lecteur grâce au passé énigmatique du héros. Que lui est-il arrivé pour qu’il se retrouve à la rue ? Qui est cette mystérieuse musicienne aperçue dans le métro ?

La plume de l’auteur se fait différente à chaque période évoquée : intéressant d’un point de vue narratif, mais il est parfois difficile d’adhérer aux « flashbacks » concernant le passé du héros, peut-être un peu trop répétitifs et nébuleux.

Un avis mitigé pour ma part, mais vous, qu’en avez-vous pensé ?

Station Rome,
Vincent Pieri,
Editions Mercure de France

A retrouver en bibliothèque.

Pour aller plus loin :

« Laisser pourrir les clochards est un crime » – le Nouvel Observateur – 26.03.2013

Share