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Le Seigneur de Charny de Laurent Decaux, éditions Xo, 2017

29 Mar

Nous sommes en 1382, époque de la guerre de cent ans. Les conflits et l’épidémie de la Peste noire ont ravagé la France.

Charles VI encore adolescent est roi, mais ses oncles, ne cherchant qu’à défendre leurs propres intérêts gouvernent à sa place.

En outre, l’Eglise est divisée : un pape siège à Rome, un antipape demeure en Avignon, c’est  la période du Grand Schisme d’Occident. Le culte des reliques se développe dans tout le Royaume.

C’est dans ce contexte mouvementé, qu’après six années de croisade, le jeune seigneur  Jacques de Charny, revient sur ses terres de Lirey situées en Champagne non loin de Troyes. Dès son arrivée, il se heurte à l’hostilité de son entourage et notamment à celle de sa mère, Jeanne. Les années passées à combattre en Orient ont en effet « coûté beaucoup d’argent », et pour subvenir aux besoins de ses proches, Jeanne se voit désormais obligée, malgré l’interdiction et les menaces de l’évêque de Troyes, d’exposer le Saint Suaire détenu par sa famille depuis des décennies. Des foules de pèlerins viennent de toute l’Europe pour se recueillir devant le linceul représentant le corps torturé du Christ.

Dans ce climat de tension familiale, se présente au château un jeune visiteur inconnu des seigneurs de Charny, Charles de Mestréal, désireux de voir la Sainte Relique. Jacques se lie d’amitié avec lui.

Lorsque le Saint Suaire disparaît, Jacques et ses deux amis d’enfance, Arnaud de Thouars et Miles de la Roche, personnages pittoresques, partent à sa recherche tout en comptant sur l’aide de Charles de Mestréal.

Ce roman d’aventure, historique,  est extrêmement bien documenté. Pour l’écrire, l’auteur, Laurent Decaux, fils d’Alain Decaux, s’est appuyé sur des faits réels. En effet, avant d’être conservé dans la cathédrale de Turin, le Saint Suaire se trouvait en France, en Champagne et appartenait à la famille de Charny.

Ouvrage à lire pour voyager dans la France du Moyen Âge, et passer un agréable moment.

 Retrouver ce livre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

Vidéo de Laurent Decaux

 

 

 

 

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Belle merveille de James Noël

23 Mar

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« Belle merveille » est l’expression créole qui traduit autant le sublime et l’heureux que le malheur. Malheur absolu, si l’on en juge par le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti suivi de l’ouragan destructeur Matthew puis du choléra, maladie inédite jusque-là.

7  ans après cette catastrophe sans précédent (plus de 300 000 morts, sans compter les blessés, les traumatisés et ceux qui ont tout perdu) le poète haïtien James Noël nous offre un texte plus qu’un roman construit en courts chapitres, plus souvent des fragments voire des lambeaux traversés de fulgurances, à l’image du chaos ressenti. Mais c’est aussi le récit d’une rédemption par l’amour, celle de Bernard, retrouvé sous les décombres par Amore, une napolitaine qui travaillait alors pour une ONG.

Grâce à une magnifique écriture nerveuse et poétique, une langue riche d’allégories, parfois crûe et toujours remarquablement inventive et musicale, James Noël réussit à exprimer la confusion, l’absurdité, le paroxysme et dire l’indicible.

Le séisme est une « subite explosion démographique dans le royaume des trépassés »

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

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L’Ile de Luna d’Edgar Morin, Actes Sud 2017

16 Mar

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Un enfant de 11 ans, « Mercier », perd brutalement sa mère « Luna » à laquelle il est très attaché. On lui cache la vérité. Un jour, son oncle l’attend à la sortie de l’école et lui dit que sa mère est partie en cure à Vittel.

A l’attitude de ses proches, vêtus de noir, à leurs regards  « mi-lâches, mi-insistants,  du style attendri », l’enfant comprend, malgré les non-dits, ce qu’il s’est passé.

Il n’accepte pas cette réalité trop douloureuse pour lui.

« A aucun prix il ne voulait se rendre compte de ce qu’il avait compris. A aucun prix il ne savait ce qu’il avait compris. A aucun prix il ne pensait à ce qu’il fallait comprendre ». 

Mercier se réfugie alors dans le rêve, tout en ressentant en son for intérieur de la colère face à l’hypocrisie de son entourage. Son comportement, apparemment désinvolte, se heurte à l’incompréhension totale de son père, en plein désarroi, ainsi qu’à celle de sa tante et de son oncle, qui ne voient en lui qu’un enfant gâté et sans cœur.

Cet ouvrage autobiographique écrit il y a 70 ans mais non publié jusqu’ici, nous révèle un aspect méconnu de la personnalité d’Edgar Morin. En effet, nous connaissions le sociologue auteur d’essais de sciences humaines parfois complexes, avec « L’île de Luna », nous découvrons un romancier auteur d’un texte poignant et empreint d’une grande sensibilité.

 

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques

Ecoutez Edgar Morin interrogé par Olivia Gesbert. (France culture, La grande Table, 01/01/2018)

 

 

 

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5 Mar


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Son absence d’Emmanuelle Grangé

25 Oct

son-absence « On a attendu une lettre, un coup de fil, le meilleur comme le pire de François « 

Comment une famille peut-elle survivre face à la disparition puis à l’absence d’un des siens, surtout quand elle est volontaire et inexpliquée ?

Sa dernière lettre avait pourtant prévenu : « Vous ne me reverrez plus. Ne cherchez pas à avoir de mes nouvelles, ne vous faites pas de soucis. Je vous embrasse. François ». C’est donc au terme de vingt ans d’absence que la famille Munch – le père, la mère et cinq des six enfants – se retrouve au Tribunal dans la situation insolite s’il en est qui consiste à entériner l’absence d’un des siens par une « déclaration d’absence » ayant la même valeur juridique qu’un décès, une forme d’enterrement.

En courts chapitres, chacune des voix de la famille se fait entendre, notamment celles les deux soeurs – dont la jumelle du disparu – particulièrement marquées. L‘avant et l’après-disparition marquent le passé et le présent de chacun. On se remémore beaucoup, on essaie sans doute de comprendre mais seule une des soeurs aura la clé grâce à un carnet laissé par François, et on finit peut-être par l’accepter cette absence qui occupe tant de place.

Un sujet douloureux traité par touches simples et subtiles.

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Hors Jeux de Ben Barnier

18 Oct

Voici un roman policier publié par la maison d’édition indépendante d’Orbestier (située près de Nantes) dont l’action se déroule sur fond de Jeux Olympiques d’hiver, ceux de Sotchi en Crimée en 2014.

Le cohors_jeuxrps d’un photographe free-lance est retrouvé mort étranglé sous une patinoire à la fin des Jeux. Cela ne semblant pas intéresser la police russe, c’est un enquêteur privé français qui va mener l’enquête sur place. On découvre la personnalité du jeune Marc Libot sans cesse à la recherche du scoop. Tout y est, le monde de la presse et ses rivalités, l’atmosphère tendue et l’omniprésence militaire avec en arrière-plan la poudrière ukrainienne, les différents visages de la corruption jusqu’à la révélation finale.

Bien que le pays soit nommé, c’est un roman plutôt bien mené et qui a le mérite de révéler un envers du décor de la vitrine médiatique proposée alors. Quelques détails brouillent un peu les pistes mais toute ressemblance ne saurait être fortuite et vous comprendrez tout lorsque vous saurez que l’auteur est un journaliste ayant lui-même couvert l’événement :

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La nuit de l’éclipse de Pierre Pauchelon

3 Oct

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Un aperçu de l’histoire :

Suite à une pendaison, Arthur se réveille… mort !

Désormais, il peut commencer son apprentissage de vampire sous le nom de Ruhtra…

Une seule personne lui manque : la belle et douce Agnès qu’il aimait mais il est bien connu que les vivants et les morts ne se fréquentent pas… Une éclipse s’annonce bientôt à Paris…

A propos de l’auteur :

« La nuit de l’éclipse » est le premier roman de Pierre Pauchelon.

Pierre Pauchelon est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, mises en scène par lui-même avec des comédiens amateurs et professionnels. Son Lazare lui a valu le Grand prix de la Ville de Paris en 1986, décerné par un jury de personnalités du spectacle, Anabel a reçu la Tour d’or au festival de Tour en 1987.

A propos du livre :

La « nuit de l’éclipse » est un bon premier roman. Il combine mystère, amour, suspense… porté par un style qui se lit agréablement. La fin est renversante alors préparez-vous !

Un roman à lire le soir avec un pieu, de l’ail ou un crucifix à portée de mains !

Bibliothèque Vaugirard

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Le monde entier de François Bugeon

26 Avr

Tout commence comme un polar : un samedi soir où Chevalier rentre chez lui en Mobylette, il tombe sur une voiture le-monde-entieraccidentée, s’acharne à en sortir les trois passagers inanimés et à redresser la voiture, du coup se déboîte l’épaule et s’évanouit. A son réveil à l’hôpital, on lui apprend que sa bécane et ses papiers ont disparu et que les pompiers n’ont trouvé sur les lieux que deux des trois passagers. De retour chez lui après avoir été fêté comme un héros, son ami Ségur arrive accompagné d’une jolie jeune fille mutique. C’est justement la rescapée disparue dont bizarrement personne ne semble se soucier… Quelques jours vont suffire pour réveiller doucement la vie tranquille mais sans tendresse de ce célibataire endurci, taciturne et généreux.

Sous une plume précise mais tout en retenue, François Bugeon fait un récit des plus humains de vies ordinaires et singulières. Il y dépeint avec délicatesse et justesse la vie dans une petite ville où tout le monde se connaît, les amitiés silencieuses, l’entraide entre générations et l’importance de la nature. Un roman plein de charme.

« Chevalier pensa que les vieux sont parfois comme cela au réveil, avec ce regard effaré, ce cou tendu, regardant à droite et à gauche pour comprendre ce qui se passe, comme des oiseaux de nuit, les yeux grands ouverts et aveugles en plein jour, comme s’ils étaient demeurés dans la pénombre de leur mémoire jusque-là, et que le réveil les poussait soudain dans la lumière du vrai monde. »

« Il restait peu de clarté du crépuscule mais la belle lumière crayeuse de la pleine lune au-dessus de l’horizon suffisait à la marche […] c’étaient les odeurs surtout qui le rendaient fou, les odeurs d’été à la tombée de la nuit explosent comme des feux d’artifices, se soulèvent de terre comme des flammes, s’en vont lécher les gens qui passent comme pour leur dire de s’arrêter, d’être obéissants, de soumettre leurs sens à l’enchantement. Les odeurs d’été, Chevalier les comparait aux sirènes d’Ulysse, c’est pour elles qu’il naviguait en Mobylette plutôt que dans la puanteur de sa voiture. »

A LIRE  → Chut c’est un secret avec François Bugeon

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Le monde sensible de Nathalie Gendrot

17 Avr

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Le corps occupe une réelle place dans la littérature d’aujourd’hui, un corps qui souffre le plus souvent. Ce roman est une plongée au coeur de cette souffrance.

A la suite d’un terrible accident de voiture, Delphine se retrouve d’abord dans le coma puis clouée sur son lit d’hôpital où elle se livre mentalement à une véritable autopsie de la douleur. En trois scènes rythmées par de courts chapitres, avant-pendant-après, le lecteur se laisse emporter dans une spirale hallucinatoire de sons, d’images et de métaphores car « Morphine ne fait pas mourir la Douleur, elle oblige à regarder ailleurs.  » Se pose la question essentielle du corps meurtri qui refuse de se battre puis se révolte pour la survie. La narratrice qui craignait l’inconnu renoue avec ce monde-ci, celui où elle peut espérer trouver enfin sa place avec, comme autre combat, de vivre comme avant.

Voilà un roman quelque peu déroutant, mêlant impressionnisme et hyperréalisme, à l’écriture sensorielle, psychédélique et même poétique. Il ne manque ni d’humour dans les élucubrations hallucinées de Delphine ni d’une certaine audace, ce qui lui donne une force assurément prometteuse.

 « Ce thème est important pour moi pour plein de raisons, explique Nathalie Gendrot. Il y a une partie autobiographique mais très travaillée. Je n’aime pas l’autofiction. Je voulais surtout raconter les conséquences psychologiques qui perdurent longtemps après avoir été sauvé. Quand on sort de ce long tunnel, il y a un moment d’aveuglement, de perte de repères. Il faut réinventer sa vie »  (interview ladepeche.fr 21/05/2016)

 « Le plus souvent, le protagoniste agit et l’histoire évolue en fonction de cela. Ici, c’est le monde qui bouge autour, pas lui. J’essaye de faire ressentir cela en évitant la description. Ma sensibilité ne sert à rien sans celle du lecteur. A lui d’accepter de vivre cette expérience. » (interview ladepeche.fr 21/05/2016)

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Blog : Adepte du livre !

11 Avr

Connaissez vous Charlotte Sapin, alias « l’Adepte du livre? »

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Jeune blogueuse, boulimique de lectures, Charlotte dévore les livres et nous fait partager ses critiques sur son blog Adepte du livre.

Elle lit beaucoup de premiers romans qu’elle chronique petit à petit avec une belle plume et un ton dynamique. Elle est aussi jurée de prix littéraires et reçoit des services de presse de maisons d’éditions : Philippe Rey, Albin Michel, Stock etc

Son blog est une mine d’or pour les bibliothécaires et les lecteurs qui peuvent non seulement découvrir de manière plus approfondie les diverses rentrées littéraires mais aussi des nouveaux auteurs.

Retrouvez Charlotte sur Facebook et Twitter !

Bibliothèque Vaugirard

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