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Premiers romans de la rentrée littéraire

3 Nov

                                 Ma reine / Jean-Baptiste ANDRÉA (L’Iconoclaste)

andrea

 

L’action se situe dans la vallée de l’Asse durant l’été 1965. Shell est un jeune garçon pas comme les autres, « une Alfa Roméo avec dans la tête un moteur de 2CV » dit son père. Surnommé Shell du nom de la station service tenu par ses parents, il fait le plein aux rares voitures qui s’arrêtent. Ayant failli mettre le feu à la garrigue, il décide de s’enfuir et de partir à la guerre « pour devenir un homme ». En lieu et place de la guerre, Shell se retrouve immergé dans une nature à la fois sauvage et bienveillante d’où va surgir une adolescente farouche et indocile qui va se proclamer sa « reine » et qu’il devra servir.

Dans ce roman solaire, poétique et émouvant, Jean-Baptiste Andrea donne la parole à un enfant « différent », si sensible au monde qui l’entoure.

 

    Une dose de douleur nécessaire / Victoire de CHANGY (Autrement)

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 « Mais je suis quoi pour toi, elle lui demande. Je suis quoi, elle insiste, un bonus ? Ta petite dose de douleur nécessaire ? »

« une histoire longue distance, sans la distance. ». Elle est jeune, il a le double de son âge, une vie ailleurs. Ils se retrouvent chez elle pour des instants volés. Elle ne vit que pour ces moments, par ces moments. Peu à peu, ces huis-clos ne suffisent plus. La passion devient orageuse et douloureuse.

Cet amour singulier est raconté par la jeune femme. Victoire de Changy écrit avec sensibilité et délicatesse une histoire simple qui se délite.

 

              Neverland / Timothée de FOMBELLE (L’Iconoclaste)

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 Neverland est le premier roman pour adultes de Timothée de Fombelle, grand auteur de littérature pour la jeunesse. Le thème de ce roman ? L’enfance, sa propre enfance. « Je suis parti un matin d’hiver en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. Je voulais la mettre en lumière, la regarder, pouvoir en faire le tour. Je l’avais toujours sentie battre en moi, elle ne m’avait jamais quitté. » Un récit d’une grande poésie sans mièvrerie aucune. Lors d’un retour dans la maison de ses grands-parents, là où les étés semblaient sans fin, de Fombelle retrouve l’enfant qu’il était. Le lecteur n’oubliera pas cette scène bouleversante lorsque son grand-père lui confia la mission d’écrire à sa place un texte pour les 80 ans de son plus vieil ami. Ainsi l’enfant qu’il était basculait vers l’âge adulte.

 

           Son absence / Emmanuelle GRANGÉ (Arléa ; 1er mille)

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 S’il n’y a pas eu de constatation judiciaire de présomption d’absence, la déclaration d’absence est possible au bout de 20 ans à compter des dernières nouvelles. Code civil, art. 122

En 1995, un jeune homme, François Munch, fils de bonne famille, disparaît sans motif apparent. Il envoie une carte postale laconique à sa famille pour annoncer son départ définitif. Vingt ans plus tard, sa famille – son père, sa mère, ses quatre sœurs et son frère – est convoquée au tribunal afin d’avaliser officiellement cette absence. Comment chacun d’entre eux a t-il vécu cette absence ? En de très courts chapitres, entrecoupés par des paroles de François, Emmanuelle Grangé nous fait entendre la voix de chacun, entre culpabilité, révolte et remise en question. Le ton paraît banal, mais les névroses familiales racontées sans fioriture, nous touchent et nous dérangent.

 

                                      Fief / David LOPEZ (Seuil)

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Le territoire de Jonas et de ses potes n’est ni la campagne ni la ville, mais un entre-deux, une zone péri-urbaine pavillonnaire. Leur quotidien est synonyme d’ennui, mais ils se tiennent chaud et appréhendent de quitter leur quartier : « L’ennui, c’est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s’amuse à se faire chier ». Son copain Untel deale du shit, Lahuiss fait des études, et il y a Ixe, Sucré… Jonas, quant à lui, est boxeur amateur en attente d’un grand combat. Quand il boxe, redoutant les coups, il manie l’esquive comme dans sa vie. Il est le chroniqueur lucide de leur quotidien.

David Lopez retranscrit subtilement, sans porter de jugement, la vie de ces jeunes qui ont du mal à quitter l’enfance et à trouver leur place.

 

                 Le presbytère / Ariane MONNIER (JC Lattès)

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 Cela aurait pu ressembler à un beau roman, à une belle histoire. Dans les années 70, un jeune couple, Balthazar et Sonia, décide de s’installer à la campagne, dans un ancien presbytère caché dans un grand jardin. Lui, médecin, est autoritaire. Elle rêvasse et se montre incapable de s’assumer. Ils auront quatre enfants. Pour éviter, selon lui, les mauvaises influences, Balthazar décide d’éduquer sa progéniture à la maison, ce qui n’exclut ni les coups ni les humiliations. Et les enfants n’auront comme seuls liens extérieurs à la famille qu’un adolescent accueilli par charité et un couple, amis de leurs parents.

Dès les premières pages de ce huis-clos étouffant, avec des phrases posées ici et là, l’air de rien, le malaise est présent et le doute s’installe. L’écriture d’Ariane Monnier est clinique, sans dialogue direct ni analyse psychologique. Le drame se joue sous nos yeux de manière neutre et froide sans que la situation ne soit précisément décrite et affirmée.

 

           La fille du van / Ludovic NINET (Serge Safran)

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 La fille du van se nomme Sonja. Infirmière militaire en Afghanistan, ce passé traumatisant continue de la hanter. Lors de ses errances dans le sud de la France, elle fait connaissance avec trois êtres, aussi écorchés qu’elle : Pierre, ancien champion olympique reconverti dans la vente ambulante de poulets, Sabine, une ancienne comédienne et Abbès, fils de harki. Ils vont tenter de se sauver du mal de vivre qui les ronge en s’inventant un avenir qui pourrait être commun. En auront-ils la force ?

Ancien journaliste sportif, Ludovic Ninet s’est inspiré de la vie de Pierre Quinon, ancien champion olympique de saut à la perche, tragiquement disparu, pour écrire ce premier roman mettant en scène des personnages attachants.

 

      Climats de France / Marie RICHEUX (Sabine Wespieser)

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Climat de France est une cité de pierre réalisée dans les années 50 à Alger. La Cité heureuse est une autre cité de pierre où Marie, la narratrice, passa son enfance à Meudon-la-Forêt. Ces deux cités ont un point commun : elles furent réalisées par l’architecte Fernand Pouillon. Autour de ces lieux, Marie Richeux construit un roman polyphonique dans lequel s’entremêlent les époques et les vies de personnages parfois déchirés ou contraints à l‘exil. Malek, son vieux voisin, en est la figure emblématique. En faisant des allers-retours dans le temps et dans l’espace entre Alger et Paris, Marie peint la lumière du sud et réhabilite le grand architecte, presque oublié aujourd’hui, que fut Fernand Pouillon. Par son trait sûr dans lequel perce une grande délicatesse envers ses personnages, Marie Richeux nous fait revivre un moment de l’Histoire.

En marge de cette lecture, il faut redécouvrir Les pierres sauvages, le seul et magnifique roman écrit par Fernand Pouillon.

 

    Mon père, ma mère et Sheila / Eric ROMAND (Stock)

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Eric Romand raconte son enfance et son adolescence dans un quartier populaire de la banlieue lyonnaise. Un père qui aime le foot, les voitures et les femmes. Une mère qui brique l’appartement et finit par demander le divorce. Et lui, Éric, fan de Sheila qu’il écoute sur son mange-disque orange, prenant conscience de son homosexualité. Un très court roman d’une simplicité attachante, constitué de petites pastilles très imagées, dans lequel l’humour le dispute à la tristesse, un récit doux-amer empli de sincérité.

 

   Ces rêves qu’on piétine / Sébastien SPITZER (L’Observatoire)

spitzer

 

 Au printemps 1945, Le IIIe Reich vit ses dernières heures. Hitler et ses sbires sont terrés dans leur bunker à Berlin, à l’abri des bombes. Parmi eux, Magda Goebbels et ses six enfants. Avant de mourir, elle se remémore son ascension au sein du Reich grâce à son mariage avec Joseph Goebbels. Pour cela, elle avait renié son passé. Pendant ce temps, des milliers de déportés, hagards et à bout de force, errent sur les routes dévastées. Parmi eux, Ava, une petite fille née dans un camp de concentration, qui détient dans un étui en cuir des témoignages et des lettres de déportés dont celles d’un certain Richard Friedländer.

Une œuvre de fiction qui a la force d’un récit historique. Sébastien Spitzer (a)« valsé avec les faits, dans une danse à deux, collés, main dans la main. Flirter du mieux possible avec le vraisemblable pour imaginer le reste, tout ce que l’Histoire néglige, tout ce à quoi n’étaient pas destinés les milliards de mots publiés, gratter sous les décombres, astiquer les consciences pour tenter de faire jaillir quelques mauvais génies, certaines arrière-pensées, vraisemblables, toujours vraisemblables ».

 

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Son absence d’Emmanuelle Grangé

25 Oct

son-absence « On a attendu une lettre, un coup de fil, le meilleur comme le pire de François « 

Comment une famille peut-elle survivre face à la disparition puis à l’absence d’un des siens, surtout quand elle est volontaire et inexpliquée ?

Sa dernière lettre avait pourtant prévenu : « Vous ne me reverrez plus. Ne cherchez pas à avoir de mes nouvelles, ne vous faites pas de soucis. Je vous embrasse. François ». C’est donc au terme de vingt ans d’absence que la famille Munch – le père, la mère et cinq des six enfants – se retrouve au Tribunal dans la situation insolite s’il en est qui consiste à entériner l’absence d’un des siens par une « déclaration d’absence » ayant la même valeur juridique qu’un décès, une forme d’enterrement.

En courts chapitres, chacune des voix de la famille se fait entendre, notamment celles les deux soeurs – dont la jumelle du disparu – particulièrement marquées. L‘avant et l’après-disparition marquent le passé et le présent de chacun. On se remémore beaucoup, on essaie sans doute de comprendre mais seule une des soeurs aura la clé grâce à un carnet laissé par François, et on finit peut-être par l’accepter cette absence qui occupe tant de place.

Un sujet douloureux traité par touches simples et subtiles.

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

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Hors Jeux de Ben Barnier

18 Oct

Voici un roman policier publié par la maison d’édition indépendante d’Orbestier (située près de Nantes) dont l’action se déroule sur fond de Jeux Olympiques d’hiver, ceux de Sotchi en Crimée en 2014.

Le cohors_jeuxrps d’un photographe free-lance est retrouvé mort étranglé sous une patinoire à la fin des Jeux. Cela ne semblant pas intéresser la police russe, c’est un enquêteur privé français qui va mener l’enquête sur place. On découvre la personnalité du jeune Marc Libot sans cesse à la recherche du scoop. Tout y est, le monde de la presse et ses rivalités, l’atmosphère tendue et l’omniprésence militaire avec en arrière-plan la poudrière ukrainienne, les différents visages de la corruption jusqu’à la révélation finale.

Bien que le pays soit nommé, c’est un roman plutôt bien mené et qui a le mérite de révéler un envers du décor de la vitrine médiatique proposée alors. Quelques détails brouillent un peu les pistes mais toute ressemblance ne saurait être fortuite et vous comprendrez tout lorsque vous saurez que l’auteur est un journaliste ayant lui-même couvert l’événement :

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

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La nuit de l’éclipse de Pierre Pauchelon

3 Oct

sans-titre

Un aperçu de l’histoire :

Suite à une pendaison, Arthur se réveille… mort !

Désormais, il peut commencer son apprentissage de vampire sous le nom de Ruhtra…

Une seule personne lui manque : la belle et douce Agnès qu’il aimait mais il est bien connu que les vivants et les morts ne se fréquentent pas… Une éclipse s’annonce bientôt à Paris…

A propos de l’auteur :

« La nuit de l’éclipse » est le premier roman de Pierre Pauchelon.

Pierre Pauchelon est l’auteur de nombreuses pièces de théâtre, mises en scène par lui-même avec des comédiens amateurs et professionnels. Son Lazare lui a valu le Grand prix de la Ville de Paris en 1986, décerné par un jury de personnalités du spectacle, Anabel a reçu la Tour d’or au festival de Tour en 1987.

A propos du livre :

La « nuit de l’éclipse » est un bon premier roman. Il combine mystère, amour, suspense… porté par un style qui se lit agréablement. La fin est renversante alors préparez-vous !

Un roman à lire le soir avec un pieu, de l’ail ou un crucifix à portée de mains !

Bibliothèque Vaugirard

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Sébastien Spitzer lauréat du prix Stanislas 2017

30 Aug

Ces rêves qu'on piétine

Le prix Stanislas 2017 vient d’être décerné à Sébastien Spitzer  pour Ces rêves qu’on piétine aux éditions de l’Observatoire. Le prix lui sera remis le 9 septembre prochain, lors de la manifestation Le Livre sur la Place, à Nancy. A noter que ce titre est toujours en lice pour le prix du roman Fnac 2017.

Sébastien Spitzer - PIERRE VILLARD/L'OBSERVATOIRE

Sébastien Spitzer – PIERRE VILLARD/L’OBSERVATOIRE

 

Retour en images sur l’annonce du prix, par le président du jury Daniel Picouly :

Un titre que vous retrouverez prochainement dans le réseau municipal parisien.

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Vénéneux et magistral, le premier roman d’Emmanuelle Caron.

24 Aug

Tous les âges me diront bienheureuse : retenez bien ce titre de la rentrée littéraire 2017, vous allez forcément en entendre parler !
emmanuelle caron, tous les âges me diront bienheureuse, premier roman 2017, rentrée littéraire

Ce roman s’adresse à ceux qui aiment être charmés par une langue belle et organique, qui m’a rappelée celle de Valentine Goby ou de Léonora Miano. […]

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Une bouche sans personne

16 Aug

Attention, pépite !

Unune bouche sans personne, gilles marchande bouche sans personne est un premier roman remarquable, un roman qui laisse un souvenir prégnant une fois la dernière page lue, et qui diffuse et vous imprègne encore quelques jours, tant l’émotion y est intense sans jamais tomber dans l’excès de la démonstration.

Ce joli roman m’a été conseillé par une lectrice, qui a eu un coup de cœur pour ce titre, et m’en a si chaleureusement parlé que j’ai « rattrapé » cet oubli et l’ai commandé pour la bibliothèque.
Depuis, je l’ai lu, et j’ai percé le mystère de ce titre si intrigant. (Et ne comptez pas sur moi pour vous spoiler !)

[…]

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Sélection du prix Stanislas 2017

10 Jul

10 premiers romans sont dans l’ultime sélection du prix Stanislas 2017 :

  • Olivier El Khoury, Surface de réparation (Noir sur Blanc)
  • Paul-Bernard Moracchini, La fuite (Buchet Chastel)
  • Jean-Baptiste Andrea, Ma Reine (L’Iconoclaste)
  • David Lopez, Fief (Seuil)
  • Cyril Dion, Imago (Actes Sud)
  • Sébastien Spitzer, Ces rêves qu’on piétine (L’Observatoire)
  • Emmanuel Brault, Les peaux rouges (Grasset)
  • Victor Pouchet, Pourquoi les oiseaux meurent (Finitude)
  • Pascale Lecosse, Mademoiselle, à la folie ! (La Martinière)
  • Thomas Flahaut, Ostwald (L’Olivier)

 

prix-Stanislas-2017

 

Le prix Stanislas Groupama-Le Livre sur la Place sera remis le 9 septembre prochain lors de la 39e édition du Livre sur la Place, à Nancy.

Créé en 2016, ce prix récompense un premier roman publié à la rentrée littéraire de septembre. Qui succèdera à Elodie Llorca, la lauréate 2016 pour La correction (Rivages) ?

 

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Lucie ou la vocation

9 Dec

Maëlle Guillaud propose un premier roman au sujet ambitieux, puisqu’elle traite ici du thème bien particulier de la vocation religieuse, interrogée par la meilleure amie de l’héroïne, qui ne comprend absolument pas cette décision.

Juliette, sa meilleure amie, mais aussi la maman de Lucie : toutes les deux sont désemparées face à ce choix « radical », puisqu’il entraîne progressivement mais sans retour possible Lucie loin d’elles, dans une vocation qui demandera de nombreux sacrifices.

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Le récit accroche assez vite le lecteur, dans un style précis et en même temps elliptique, où le choix de Lucie de rentrer dans les ordres s’accompagne d’une véritable déconvenue : toute entière tournée vers ce choix spirituel, rien ne l’avait préparée aux codes tacites et aux règles très dures de la vie en communauté.

Très rapidement, le malaise s’installe : pourquoi faut-il absolument terminer son assiette, si peu appétissante qu’elle en devient un réel défi personnel ?
Pourquoi ce miroir dans la chambre des novices, quand leur lien au corps est coupé, le port de l’habit voilant et neutralisant le corps unique et particulier de chacune, dans une norme à respecter sans concession possible.

A travers le rapport au corps, à la nourriture, à travers l’éloignement progressif mais inéluctable des proches, en proie à une vraie souffrance de voir s’éloigner l’être cher sans possibilité de dialogue ou de contact, Maëlle Guillaud « teste » la foi en Dieu de son héroïne, Lucie.

Lucie un peu perdue, Lucie qui doute, mais toujours se ravise : là est sa place, elle en est convaincue.

Le roman se termine sur une sorte de revirement de situation, je n’en dirais bien sûr pas plus pour ne pas « spoiler ». Pour autant, il m’a laissé un goût d’inachevé, peut-être parce que le roman s’achève sur une note amère, qui ne dévoile pas grand-chose de l’état d’esprit de Lucie, qu’on a suivi pourtant dans sa métamorphose tant corporelle que spirituelle.

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© Philippe MATSAS

L’auteure s’en sort très bien pour un premier roman, distillant le doute et le malaise par petites doses, harponnant le lecteur dans les mêmes questions qui tourmentent Juliette, la meilleure amie de Lucie : pourquoi ce choix, pourquoi maintenant, et à quel prix ?
Dommage qu’il manque un peu d’enjeu : car finalement, non seulement le lecteur restera avec beaucoup de questions en suspens non résolues, mais l’aspect psychologique sera effleuré plus que fouillé. C’était pourtant un axe très intéressant pour aborder ce thème : comment s’adapter à un mode de vie plus subi que voulu, sous la pression d’un groupe aux codes fermement établis ? Jusqu’où peut-on aller pour assumer une soif de spiritualité qui se heurte à un quotidien anxiogène ?

Un premier roman qui divise, dans les réactions de ses lecteurs… Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Retrouvez-le dans les bibliothèques parisiennes.

 

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De nos frères blessés – Joseph Andras, éditions Actes Sud

19 Oct

« Quand la Justice s’est montrée indigne, la littérature peut demander réparation ». Cette phrase qui figure sur la  quatrième de couverture résume bien le cheminement de Joseph Andras à propos de ce roman.

Fernand Iveton, jeune ouvrier communiste et militant anticolonialiste, est  condamné à mort en 1956 pour attentat terroriste en Algérie. Il a déposé une bombe artisanale dans un local désaffecté de l’usine où il travaille. Il ne voulait surtout pas tuer des innocents. Ayant été dénoncé, la bombe est désarmorcée. Il est arrêté, torturé, condamné à la suite de son procès, au moment des « événements » d’Algérie. Il est guillotiné le 11 février 1957, pour l’exemple, victime d’une raison d’état. Le Président Coty a refusé sa grâce et expliqué qu’il mourrait pour la France…

Joseph Andras raconte les derniers mois de la vie de Fernand Iveton et revient sur sa rencontre avec Hélène qui deviendra sa femme et le soutiendra jusqu’au bout. Fernand était un homme bon, amoureux et épris de liberté. Joseph Andras lui rend un bel hommage, avec un style sobre et percutant. Un livre exemplaire.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter l’article de « balises le webmagazine de la Bibliothèque publique d’information » en cliquant sur le logo ci-dessous :

Aller à l’accueil du site Balises

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