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Fugitive parce que reine de Violaine Huisman

19 Juin

fugitive

Dans ce roman d’inspiration autobiographique, Violaine Huisman revient sur son enfance centrée autour d’une mère tyrannique et excessive, débordant pourtant d’un amour total pour ses deux filles. Au-delà d’un portrait impitoyable, l’auteure cherche à retracer celui de cette si singulière Catherine, mettant une distance volontaire dans l’écriture, modifiant ainsi son regard sur elle qui « lui rend son humanité ».

Dans les deux parties du récit, la même démesure, le même rythme impétueux font corps avec la violence des sentiments. Violaine Huisman affiche une plume précise, drôle ou émouvante, à laquelle il est difficile de résister.

Un titre poétique et mystérieux qui cache un très beau message d’amour douloureux et passionné au-delà de la mort.

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

et sur la Bibliothèque Numérique

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Prix Premier roman des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris

3 Avr

Avec la participation de leurs lecteurs, les bibliothèques parisiennes Buffon (Ve),
Germaine Tillion (XVIe), Louise Michel (XXe), Marguerite Audoux (IIIe),
Saint-Eloi (XIIe), Vaugirard (XVe) et la médiathèque Marguerite Duras (XXe)
ont sélectionné 10 premiers romans en lice
pour le Prix des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris.
La rencontre avec les auteurs initialement prévue
le Samedi 7 avril à partir de 15h 
au Carreau du Temple
est annulée.
Les usagers de toutes les bibliothèques de la Ville de Paris peuvent voter
pour leur premier roman préféré jusqu’à fin avril sur le site
Dans un second temps, un jury  – principalement composé de lecteurs,
de l’auteur Thomas B. Reverdy, parrain du prix et de Sandrina Martins,
directrice de notre partenaire le Carreau du Temple –
animé par l’auteure et journaliste littéraire Catherine Pont-Humbert,
donnera son avis final sur le lauréat qui sera annoncé
le samedi 26 mai au Carreau du Temple (IIIe).
Les dix titres sélectionnés:
Ma reine, Jean-Baptiste Andrea. L’Iconoclaste, 2017
Tristan, Clarence Boulay. Sabine Wespieser, 2018
Un élément perturbateur, Olivier Chantraine. Gallimard, 2017
Transport, Yves Flank. L’Antilope
Fugitive parce que reine, Violaine Huisman. Gallimard, 2018
Fief, David Lopez. Seuil, 2017
Faux départ, Marion Messina. Dilettante, 2017
Les fils conducteurs, Guillaume Poix. Verticales, 2017
Encore vivant, Pierre Souchon. Rouergue, 2017
Climats de France, Marie Richeux. Sabine Wespieser, 2017
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Le Seigneur de Charny de Laurent Decaux, éditions Xo, 2017

29 Mar

Nous sommes en 1382, époque de la guerre de cent ans. Les conflits et l’épidémie de la Peste noire ont ravagé la France.

Charles VI encore adolescent est roi, mais ses oncles, ne cherchant qu’à défendre leurs propres intérêts gouvernent à sa place.

En outre, l’Eglise est divisée : un pape siège à Rome, un antipape demeure en Avignon, c’est  la période du Grand Schisme d’Occident. Le culte des reliques se développe dans tout le Royaume.

C’est dans ce contexte mouvementé, qu’après six années de croisade, le jeune seigneur  Jacques de Charny, revient sur ses terres de Lirey situées en Champagne non loin de Troyes. Dès son arrivée, il se heurte à l’hostilité de son entourage et notamment à celle de sa mère, Jeanne. Les années passées à combattre en Orient ont en effet « coûté beaucoup d’argent », et pour subvenir aux besoins de ses proches, Jeanne se voit désormais obligée, malgré l’interdiction et les menaces de l’évêque de Troyes, d’exposer le Saint Suaire détenu par sa famille depuis des décennies. Des foules de pèlerins viennent de toute l’Europe pour se recueillir devant le linceul représentant le corps torturé du Christ.

Dans ce climat de tension familiale, se présente au château un jeune visiteur inconnu des seigneurs de Charny, Charles de Mestréal, désireux de voir la Sainte Relique. Jacques se lie d’amitié avec lui.

Lorsque le Saint Suaire disparaît, Jacques et ses deux amis d’enfance, Arnaud de Thouars et Miles de la Roche, personnages pittoresques, partent à sa recherche tout en comptant sur l’aide de Charles de Mestréal.

Ce roman d’aventure, historique,  est extrêmement bien documenté. Pour l’écrire, l’auteur, Laurent Decaux, fils d’Alain Decaux, s’est appuyé sur des faits réels. En effet, avant d’être conservé dans la cathédrale de Turin, le Saint Suaire se trouvait en France, en Champagne et appartenait à la famille de Charny.

Ouvrage à lire pour voyager dans la France du Moyen Âge, et passer un agréable moment.

 Retrouver ce livre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

Vidéo de Laurent Decaux

 

 

 

 

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Belle merveille de James Noël

23 Mar

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« Belle merveille » est l’expression créole qui traduit autant le sublime et l’heureux que le malheur. Malheur absolu, si l’on en juge par le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti suivi de l’ouragan destructeur Matthew puis du choléra, maladie inédite jusque-là.

7  ans après cette catastrophe sans précédent (plus de 300 000 morts, sans compter les blessés, les traumatisés et ceux qui ont tout perdu) le poète haïtien James Noël nous offre un texte plus qu’un roman construit en courts chapitres, plus souvent des fragments voire des lambeaux traversés de fulgurances, à l’image du chaos ressenti. Mais c’est aussi le récit d’une rédemption par l’amour, celle de Bernard, retrouvé sous les décombres par Amore, une napolitaine qui travaillait alors pour une ONG.

Grâce à une magnifique écriture nerveuse et poétique, une langue riche d’allégories, parfois crûe et toujours remarquablement inventive et musicale, James Noël réussit à exprimer la confusion, l’absurdité, le paroxysme et dire l’indicible.

Le séisme est une « subite explosion démographique dans le royaume des trépassés »

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques de la Ville de Paris

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L’Ile de Luna d’Edgar Morin, Actes Sud 2017

16 Mar

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Un enfant de 11 ans, « Mercier », perd brutalement sa mère « Luna » à laquelle il est très attaché. On lui cache la vérité. Un jour, son oncle l’attend à la sortie de l’école et lui dit que sa mère est partie en cure à Vittel.

A l’attitude de ses proches, vêtus de noir, à leurs regards  « mi-lâches, mi-insistants,  du style attendri », l’enfant comprend, malgré les non-dits, ce qu’il s’est passé.

Il n’accepte pas cette réalité trop douloureuse pour lui.

« A aucun prix il ne voulait se rendre compte de ce qu’il avait compris. A aucun prix il ne savait ce qu’il avait compris. A aucun prix il ne pensait à ce qu’il fallait comprendre ». 

Mercier se réfugie alors dans le rêve, tout en ressentant en son for intérieur de la colère face à l’hypocrisie de son entourage. Son comportement, apparemment désinvolte, se heurte à l’incompréhension totale de son père, en plein désarroi, ainsi qu’à celle de sa tante et de son oncle, qui ne voient en lui qu’un enfant gâté et sans cœur.

Cet ouvrage autobiographique écrit il y a 70 ans mais non publié jusqu’ici, nous révèle un aspect méconnu de la personnalité d’Edgar Morin. En effet, nous connaissions le sociologue auteur d’essais de sciences humaines parfois complexes, avec « L’île de Luna », nous découvrons un romancier auteur d’un texte poignant et empreint d’une grande sensibilité.

 

Retrouvez ce titre dans les bibliothèques

Ecoutez Edgar Morin interrogé par Olivia Gesbert. (France culture, La grande Table, 01/01/2018)

 

 

 

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Votre avis nous intéresse !

5 Mar


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Il était une nouvelle fois un café des lecteurs de premiers romans…

6 Fév

Nous étions toujours ce samedi de novembre à la bibliothèque Saint-Eloi. Les lecteurs avaient tour-à-tour parlé de leurs preøiers romans. Ils étaient maintenant à l’écoute. Peut-être certains avaient repris une tasse de café, car il faut bien le dire ce matin-là le café avait rencontré plus de succès que le thé ! Toujours est-il qu’ils se préparaient pour le récit des premiers romans de leurs bibliothécaires. Ceux-ci avaient comme si souvent prévu beaucoup BEAUCOUP de titres à présenter. Il faudrait qu’ils trouvent le rythme, le débit de parole qui va bien pour ne pa les endormir… Les livres, ils les avaient choisis sur le conseil d’un collègue ou sur l’attrait pour une thématique. La liste est longue la voilà : 

Le presbytère, Ariane Monnier, Lattès

Balthazar Béranger, médecin, s’installe avec son épouse dans un ancien presbytère, dans les années 1970. Il entend élever ses enfants en les initiant à la musique et à la morale, et en les coupant d’un monde jugé néfaste. 

Mademoiselle, à la folie !Pascale Lécosse, La Martinière

Catherine, actrice célèbre, fantasque et admirée, côtoie les acteurs les plus séduisants. Jean, ministre marié, est son amant et Mina, son assistante, sa confidente et sa meilleure amie. Pourtant, un jour, Catherine ne comprend plus rien, tout s’embrouille. Mina fait alors tout pour la protéger de la maladie qui ne dit pas son nom.

Faux départMarion Messina, Dilettante

Aurélie, une Grenobloise d’origine modeste, subit un quotidien morne. Enfermée dans la frustration, elle enchaîne les déceptions, dans sa vie étudiante, professionnelle, ses relations amoureuses.

La fille du vanLudovic Ninet, Serge Safran

Sonja, choquée par son expérience d’infirmière militaire en Afghanistan, n’a plus de lien avec sa famille. Elle se déplace et vit dans un van. Elle rencontre ainsi Pierre, Sabine et Abbes. Ils rêvent tous d’un avenir meilleur.

Imago, Cyril Dion, Actes sud

Entre Rafah et Paris, le long voyage de Nadr, un Palestinien pacifiste de trente ans voulant sauver son frère qui a rejoint les forces du djihad.

Les talons rouges, Antoine de Baecque, Stock 

La famille Villemort, composée de nobles vampires dont l’existence se fonde sur l’idéologie du sang, est divisée suite à la Révolution française.

Demain sera tendrePauline Perrignon, Stock

Evocation des rapports d’une fille, dernière de sa famille, à son père, homme doux et têtu, militant pour une autre gauche. Ce dernier voit grandir sa famille et disparaître ses espoirs.

Climats de France, Marie Richeux, Sabine Wespieser

En 2009, sur les hauteurs de Bab el-Oued, Marie est subjuguée par la cité construite par l’architecte Fernand Pouillon entre 1954 et 1957. Saisie par la nécessité de comprendre l’émotion qui l’étreint, elle se replonge dans son passé. Une succession de récits comme autant de fragments d’une même histoire entre l’Algérie et la France.

Un élément perturbateur, Olivier Chantraine, Gallimard

Serge Horowitz est hostile à toute forme d’engagement. Hébergé par sa soeur, il ne doit son travail dans un cabinet de consulting spécialisé en optimisation fiscale qu’au réseau de son frère, François, ministre des Finances. Hypocondriaque, il fait échouer une affaire avec une société japonaise après une crise qui le rend aphone. Son patron lui ordonne de réparer les dégâts.

Neverland, Timothée de Fombelle, L’iconoclaste

Un matin d’hiver, le narrateur quitte la ville pour rejoindre sa maison de famille sur une île de la Sèvre nantaise.

Petits hommesKonrad Laghos, Intervalles

André, 10 ans, est un petit garçon comme les autres, si ce n’est son don pour le piano. Lorsque, pour la première fois de sa vie, son père vient le chercher à l’école, il est bouleversé par cet événement, banal pour tant d’autres enfants. Un récit sur la relation au père et le passage de l’enfance à l’adolescence.

PetiteCarole Bressan, La part commune

Pénélope raconte son enfance blessée, sa jeunesse déçue ainsi que les troubles qu’elle connaît dans ses rapports avec sa famille, mais aussi la façon dont l’amour et l’attirance pour le beau lui permettent de surmonter la culpabilité et la honte.

Belle merveilleJames Noel, Zulma

Sans l’amour de la belle Napolitaine venue comme bénévole d’ONG à l’issue du séisme du 12 janvier 2010, Bernard aurait été un de ces survivants haïtiens vides, déboussolés, fous. Au premier regard, c’est le coup de foudre : Amore extrait Bernard du chaos de la ville en lui proposant un voyage à Rome.

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Retour sur la nuit des premiers romans

30 Jan

Une soirée formidable  sur les premiers romans à la bibliothèque Marguerite Audoux, dans le cadre de la Nuit de la lecture le samedi 20 janvier 2018.

Étaient réunis des bibliothécaires des bibliothèques Marguerite Audoux, Saint-Eloi, Germaine Tillion et Vaugirard, ainsi que des membres du café littéraire de le bibliothèque Marguerite Audoux et autres passionnés de lecture.

Pour commencer les organisateurs du Prix du 1er roman des lecteurs des bibliothèques de la Ville de Paris ont présenté l’opération dans ses détails. Puis Mathieu Brosseau a lu un texte extrait de  Ecrire  de Marguerite Duras, pour nous faire entrer en littérature. Puis échanges, coups de cœur, lectures ont rythmé la soirée, autour d’univers très différents, rires et plaisirs de lecture…

Présentation par Florence (bibliothèque Marguerite Audoux) : Neverland de Timothée de Fombelle (L’Iconoclaste)

Présentation par Josyane (du Café Littéraire de la bibliothèque Marguerite Audoux) : Fief  de David Lopez (Seuil), avec une lecture d’extraits : « la dictée » et « Voltaire » Par Christine (bibliothèque Marguerite  Audoux).

Présentation par Frédérique (du Café Littéraire de la bibliothèque Marguerite Audoux) : Petits hommes de Konrad Laghos (Intervalles) et Le dernier prophète de Léon A. Nicols (Les presses littéraires).

Lecture par Guillaume (bibliothèque Saint-Eloi) : Encore vivant de Pierre Souchon (Rouergue)

Présentation par Christine (bibliothèque Marguerite Audoux) : Les fils conducteurs  de Guillaume Poix (Éditions Verticales)

Lecture par Isabelle (bibliothèque Saint-Eloi) : La distance d’Alexandre Steiger (Léo Scheer)

lecture par Nadia (bibliothèque Germaine Tillion) : Le Sans Dieu de Virginie Caillé-Bastide (Héloïse d’Ormesson)

Présentation par Nicolas (bibliothèque Saint-Eloi) : Grand-frère de Mahir Guven (Philippe Rey)

Neverland | Timothée de Fombelle (1973-....). AuteurFief | David Lopez. AuteurPetits hommes | Konrad Laghos (1989-....). AuteurEncore vivant | Pierre Souchon. AuteurLes fils conducteurs | Guillaume Poix. AuteurLa distance : roman | Alexandre Steiger (1976-....). AuteurLe Sans Dieu | Virginie Caille-Bastide. AuteurGrand frère : roman | Mahir Guven. Auteur

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Le café des lecteurs de premiers romans

18 Jan

Un samedi matin de novembre, alors que l’hiver était à peine installé, les lecteurs de premiers romans se réunissaient autour d’un bon café. Nous étions encore aux débuts de nos recherches du Premier roman 2017. Les tasses se remplissaient, les cuillères s’entrechoquaient. Il y avait sans doute pour accompagner ce rituel d’initiés une ou deux pâtisseries.

braultLes tasses étaient encore fumantes lorsque Sylvie prit la parole. Elle avait lu Les peaux rouges d’Emmanuel Brault. Les peaux rouges, ce sont les peaux noires dans ce texte sur le racisme primaire. Celui-ci décrit une société du bien-pensé qui crée de l’écervelage. Il propose également quelques pages très intéressante sur la vie des milieux populaires.

souchon

Mary avait choisi au hasard (je précise « au hasard car il y eut une longue et riche conversation sur les raisons qui nous poussent à lire un livre, s’agissant de premiers romans, la question est encore plus épineuse). C’était donc par hasard que Mary avait choisi Encore vivant de Pierre Souchon. Le livre commence très fort, se souvenait Mary, le personnage principal est en train de hurler en haut d’une statue. Les policiers le font descendre et le font hospitaliser. Ce n’est pas un livre que l’on peut raconter de façon linéaire. Il est à la fois très drôle et très triste, racontant la violence de l’enfermement dans le milieu hospitalier et la violence ressentie par le narrateur par rapport à sa trajectoire sociale, de ses origines paysannes au monde intellectuel et bourgeois, ses sentiments de trahison, etc…

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Francine avait lu La fuite de Paul-Bernard Moracchini. Ce premier roman contient lui aussi une scène de folie. Le personnage principal est peu sympathique. Chasseur, il quitte la campagne pour la ville, jusqu’au jour où il se réfugie dans la montagne avec son fusil pour vivre de sa chasse.

Ainsi c’étaient exprimées les 3 lectrices de premiers romans. L’assemblée était conquise et convaincue.

Si les bibliothécaires présents avaient su donner envie de lire d’autres premiers romans ? Ceci est une autre histoire que je vous conterai dans mon prochain billet.

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Premiers romans de la rentrée littéraire

3 Nov

                                 Ma reine / Jean-Baptiste ANDRÉA (L’Iconoclaste)

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L’action se situe dans la vallée de l’Asse durant l’été 1965. Shell est un jeune garçon pas comme les autres, « une Alfa Roméo avec dans la tête un moteur de 2CV » dit son père. Surnommé Shell du nom de la station service tenu par ses parents, il fait le plein aux rares voitures qui s’arrêtent. Ayant failli mettre le feu à la garrigue, il décide de s’enfuir et de partir à la guerre « pour devenir un homme ». En lieu et place de la guerre, Shell se retrouve immergé dans une nature à la fois sauvage et bienveillante d’où va surgir une adolescente farouche et indocile qui va se proclamer sa « reine » et qu’il devra servir.

Dans ce roman solaire, poétique et émouvant, Jean-Baptiste Andrea donne la parole à un enfant « différent », si sensible au monde qui l’entoure.

 

    Une dose de douleur nécessaire / Victoire de CHANGY (Autrement)

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 « Mais je suis quoi pour toi, elle lui demande. Je suis quoi, elle insiste, un bonus ? Ta petite dose de douleur nécessaire ? »

« une histoire longue distance, sans la distance. ». Elle est jeune, il a le double de son âge, une vie ailleurs. Ils se retrouvent chez elle pour des instants volés. Elle ne vit que pour ces moments, par ces moments. Peu à peu, ces huis-clos ne suffisent plus. La passion devient orageuse et douloureuse.

Cet amour singulier est raconté par la jeune femme. Victoire de Changy écrit avec sensibilité et délicatesse une histoire simple qui se délite.

 

              Neverland / Timothée de FOMBELLE (L’Iconoclaste)

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 Neverland est le premier roman pour adultes de Timothée de Fombelle, grand auteur de littérature pour la jeunesse. Le thème de ce roman ? L’enfance, sa propre enfance. « Je suis parti un matin d’hiver en chasse de l’enfance. Je ne l’ai dit à personne. J’avais décidé de la capturer entière et vivante. Je voulais la mettre en lumière, la regarder, pouvoir en faire le tour. Je l’avais toujours sentie battre en moi, elle ne m’avait jamais quitté. » Un récit d’une grande poésie sans mièvrerie aucune. Lors d’un retour dans la maison de ses grands-parents, là où les étés semblaient sans fin, de Fombelle retrouve l’enfant qu’il était. Le lecteur n’oubliera pas cette scène bouleversante lorsque son grand-père lui confia la mission d’écrire à sa place un texte pour les 80 ans de son plus vieil ami. Ainsi l’enfant qu’il était basculait vers l’âge adulte.

 

           Son absence / Emmanuelle GRANGÉ (Arléa ; 1er mille)

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 S’il n’y a pas eu de constatation judiciaire de présomption d’absence, la déclaration d’absence est possible au bout de 20 ans à compter des dernières nouvelles. Code civil, art. 122

En 1995, un jeune homme, François Munch, fils de bonne famille, disparaît sans motif apparent. Il envoie une carte postale laconique à sa famille pour annoncer son départ définitif. Vingt ans plus tard, sa famille – son père, sa mère, ses quatre sœurs et son frère – est convoquée au tribunal afin d’avaliser officiellement cette absence. Comment chacun d’entre eux a t-il vécu cette absence ? En de très courts chapitres, entrecoupés par des paroles de François, Emmanuelle Grangé nous fait entendre la voix de chacun, entre culpabilité, révolte et remise en question. Le ton paraît banal, mais les névroses familiales racontées sans fioriture, nous touchent et nous dérangent.

 

                                      Fief / David LOPEZ (Seuil)

lopez

 

Le territoire de Jonas et de ses potes n’est ni la campagne ni la ville, mais un entre-deux, une zone péri-urbaine pavillonnaire. Leur quotidien est synonyme d’ennui, mais ils se tiennent chaud et appréhendent de quitter leur quartier : « L’ennui, c’est de la gestion. Ça se construit. Ça se stimule. Il faut un certain sens de la mesure. On a trouvé la parade, on s’amuse à se faire chier ». Son copain Untel deale du shit, Lahuiss fait des études, et il y a Ixe, Sucré… Jonas, quant à lui, est boxeur amateur en attente d’un grand combat. Quand il boxe, redoutant les coups, il manie l’esquive comme dans sa vie. Il est le chroniqueur lucide de leur quotidien.

David Lopez retranscrit subtilement, sans porter de jugement, la vie de ces jeunes qui ont du mal à quitter l’enfance et à trouver leur place.

 

                 Le presbytère / Ariane MONNIER (JC Lattès)

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 Cela aurait pu ressembler à un beau roman, à une belle histoire. Dans les années 70, un jeune couple, Balthazar et Sonia, décide de s’installer à la campagne, dans un ancien presbytère caché dans un grand jardin. Lui, médecin, est autoritaire. Elle rêvasse et se montre incapable de s’assumer. Ils auront quatre enfants. Pour éviter, selon lui, les mauvaises influences, Balthazar décide d’éduquer sa progéniture à la maison, ce qui n’exclut ni les coups ni les humiliations. Et les enfants n’auront comme seuls liens extérieurs à la famille qu’un adolescent accueilli par charité et un couple, amis de leurs parents.

Dès les premières pages de ce huis-clos étouffant, avec des phrases posées ici et là, l’air de rien, le malaise est présent et le doute s’installe. L’écriture d’Ariane Monnier est clinique, sans dialogue direct ni analyse psychologique. Le drame se joue sous nos yeux de manière neutre et froide sans que la situation ne soit précisément décrite et affirmée.

 

           La fille du van / Ludovic NINET (Serge Safran)

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 La fille du van se nomme Sonja. Infirmière militaire en Afghanistan, ce passé traumatisant continue de la hanter. Lors de ses errances dans le sud de la France, elle fait connaissance avec trois êtres, aussi écorchés qu’elle : Pierre, ancien champion olympique reconverti dans la vente ambulante de poulets, Sabine, une ancienne comédienne et Abbès, fils de harki. Ils vont tenter de se sauver du mal de vivre qui les ronge en s’inventant un avenir qui pourrait être commun. En auront-ils la force ?

Ancien journaliste sportif, Ludovic Ninet s’est inspiré de la vie de Pierre Quinon, ancien champion olympique de saut à la perche, tragiquement disparu, pour écrire ce premier roman mettant en scène des personnages attachants.

 

      Climats de France / Marie RICHEUX (Sabine Wespieser)

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Climat de France est une cité de pierre réalisée dans les années 50 à Alger. La Cité heureuse est une autre cité de pierre où Marie, la narratrice, passa son enfance à Meudon-la-Forêt. Ces deux cités ont un point commun : elles furent réalisées par l’architecte Fernand Pouillon. Autour de ces lieux, Marie Richeux construit un roman polyphonique dans lequel s’entremêlent les époques et les vies de personnages parfois déchirés ou contraints à l‘exil. Malek, son vieux voisin, en est la figure emblématique. En faisant des allers-retours dans le temps et dans l’espace entre Alger et Paris, Marie peint la lumière du sud et réhabilite le grand architecte, presque oublié aujourd’hui, que fut Fernand Pouillon. Par son trait sûr dans lequel perce une grande délicatesse envers ses personnages, Marie Richeux nous fait revivre un moment de l’Histoire.

En marge de cette lecture, il faut redécouvrir Les pierres sauvages, le seul et magnifique roman écrit par Fernand Pouillon.

 

    Mon père, ma mère et Sheila / Eric ROMAND (Stock)

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Eric Romand raconte son enfance et son adolescence dans un quartier populaire de la banlieue lyonnaise. Un père qui aime le foot, les voitures et les femmes. Une mère qui brique l’appartement et finit par demander le divorce. Et lui, Éric, fan de Sheila qu’il écoute sur son mange-disque orange, prenant conscience de son homosexualité. Un très court roman d’une simplicité attachante, constitué de petites pastilles très imagées, dans lequel l’humour le dispute à la tristesse, un récit doux-amer empli de sincérité.

 

   Ces rêves qu’on piétine / Sébastien SPITZER (L’Observatoire)

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 Au printemps 1945, Le IIIe Reich vit ses dernières heures. Hitler et ses sbires sont terrés dans leur bunker à Berlin, à l’abri des bombes. Parmi eux, Magda Goebbels et ses six enfants. Avant de mourir, elle se remémore son ascension au sein du Reich grâce à son mariage avec Joseph Goebbels. Pour cela, elle avait renié son passé. Pendant ce temps, des milliers de déportés, hagards et à bout de force, errent sur les routes dévastées. Parmi eux, Ava, une petite fille née dans un camp de concentration, qui détient dans un étui en cuir des témoignages et des lettres de déportés dont celles d’un certain Richard Friedländer.

Une œuvre de fiction qui a la force d’un récit historique. Sébastien Spitzer (a)« valsé avec les faits, dans une danse à deux, collés, main dans la main. Flirter du mieux possible avec le vraisemblable pour imaginer le reste, tout ce que l’Histoire néglige, tout ce à quoi n’étaient pas destinés les milliards de mots publiés, gratter sous les décombres, astiquer les consciences pour tenter de faire jaillir quelques mauvais génies, certaines arrière-pensées, vraisemblables, toujours vraisemblables ».

 

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