[Rencontre] – Compte-rendu

Voici un compte-rendu de la rencontre du 16 janvier 2014 :

Les concours des bibliothèques : comment les préparer ?

Un grand merci aux participants qui nous ont envoyé leurs notes prises pendant la rencontre ! Nous en avons fait la synthèse ci-dessous :

Présentation :

Retours d’expérience sur l’écrit et l’oral.
Intervenants : formateurs, jurés, lauréats de concours : 2 formateurs et membres de jurys écrit et oral concours Paris 3 catégories ; 1 formateur écrit et oral tous niveaux ; 1 membre de jury écrit ; 5 lauréats concours Ville de Paris : ASBM classe normale externe, ASBM classe supérieure externe, examen professionnel ASBM classe supérieure, examen professionnel ASBM classe exceptionnelle, conservateur interne.

Conseils généraux :

S’interroger sur ses motivations. Se demander pourquoi on veut faire ce métier, le sens que cela a pour nous. Avoir une vision du métier (multiplicité des profils, variété des métiers des bibliothèques).
Veut-on être cadre ?
C’est un métier de service public : être conscient qu’en tant que service public, il faut toujours être dans la recherche de l’amélioration des services proposés.
Bien choisir son concours, celui qui nous correspond le mieux, se projeter dans le métier, mais ne pas trop se limiter pour autant et passer plusieurs concours.
Ne pas se laisser impressionner par le nombre d’inscrits, il y a beaucoup de candidats, peu d’élus, mais il faut modérer ces chiffres : plein de gens passent le concours par hasard, sans l’avoir préparé ; il y a beaucoup de désistements.
Il faut savoir que beaucoup de lauréats n’ont pas un parcours dans les métiers du livre avant de passer ces concours (beaucoup d’enseignants, des étudiants en fin d’études).

Préparation :

Consulter les sujets précédents et les rapports de jury : lire les commentaires dans les rapports de jurys (sur Internet ou disponibles au CDML) et refaire toutes les annales pour s’entraîner.

Il est important d’éprouver du plaisir à préparer le concours et à passer les épreuves.Mesurer l’importance de son passé, de sa richesse personnelle.
Pour apprendre, il faut y prendre du plaisir, c’est comme cela que l’on va mémoriser. Il faut donner du sens à ce que l’on fait et s’entrainer régulièrement.
Il faut visualiser les choses qu’on doit retenir (ex : avoir feuilleté une collection, visité une bibliothèque…).
S’entraîner avant l’épreuve en temps limité : faire des devoirs et en recopier d’autres pour acquérir un style administratif.
S’entraîner régulièrement pour avoir des automatismes : notes de synthèse, études de cas, dissertation.

Méthode :
Prendre des notes par sujet pour les révisions. Suivre les actualités jusqu’à la veille de l’épreuve. Compléter ses fiches à chaque fois. Essayer d’avoir un regard critique sur ses lectures. Aborder chaque sujet selon différents points de vue : élu, usager, bibliothécaire.
Voir comment l’on peut mémoriser l’information. Ne pas oublier que c’est la révision qui consolide la mémoire. .
Piocher dans ses lectures, ne pas TOUT lire (ex. : Le métier de bibliothécaire), approfondir ce que l’on lit. Ne pas se perdre dans ses lectures pour avoir le temps de voir plusieurs aspects de chaque thématique.

Avoir une bonne connaissance du monde des bibliothèques.
Autant que faire se peut, faire des stages, rencontrer des bibliothécaires et visiter des bibliothèques, aller voir les portails des bibliothèques, lire des blog de bibliothécaires.
Voir ce qu’il se passe en France mais aussi à l’étranger, cela donne une vision d’ensemble et permet de se faire une idée précise du métier.
Pour les concours de la ville de Paris : connaître par cœur le portail du réseau documentaire.
Il faut s’informer sur l’actualité, c’est un métier en mutation qui se réinvente continuellement. Penser à l’avenir des bibliothèques, se projeter dans le métier et anticiper sur ses mutations (d’ici 10-15 ans).

Lister tous les événements/journées d’études auxquelles on assiste

Consulter les cours en ligne de Mediadix.

Pour les concours de catégorie A, lire la presse quotidienne générale et maintenir une veille sur tout ce qui touche à la culture.
A étudier : vie privée, culture générale de base (utiliser par exemple « Le dictionnaire des intellectuels » pour se remémorer les grands courants de pensée.)

Faire une veille professionnelle pertinente :
Lire la presse professionnelle, consulter les blogs et les dossiers documentaires du CDML.
Voir chaque sujet sous différents aspects : points de vue de la tutelle, de l’usager, de l’équipe de la bibliothèque…
Monter ses propres dossiers documentaires ou les faire à plusieurs.

Il est important de travailler, si possible, en groupe pour entretenir la motivation. La plupart des candidats aux concours de bibliothèques travaillent seuls et sont souvent isolés. Il est bon de se mettre en relation avec d’autres qui les préparent également. Peu réussissent un concours du premier coup.

Écrit :

Être le moins stressé possible. Prendre les choses de façon posée. être détaché, ne pas mettre d’enjeu trop important à sa réussite, voir l’intérêt intellectuel de l’épreuve.
S’entraîner avant pour que la technique soit automatique.

Les étapes de l’épreuve écrite :
C‘est le corps qui rédige, c’est une épreuve physique, l’énergie se distribue tout au long des 3 heures.
Analyse du sujet. Définition des mots. Quels sont les présupposés du sujet ?
Se laisser aller dans un premier temps à l’association d’idées et ensuite construire un plan, le plus détaillé possible.
Illustrer chaque idée par un exemple en bibliothèque.
Ne pas oublier la conclusion.
Faire une conclusion en miroir de l’introduction.

La rédaction :
Importance de la forme et des compétences rédactionnelles quel que soit le concours.
Savoir organiser sa pensée ; montrer qu’on a lu le sujet ; montrer qu’on tient un fil tout du long ; savoir où on veut aller ; savoir où on veut mener le correcteur.
Se mettre à la place du correcteur : les copies se succèdent ; attention au graphisme et à l’orthographe !
Adopter une forme un peu scolaire, faire des phrases simples (sujet + verbe + complément) afin d’éviter les soucis de concordance des temps.
Équilibre quantitatif : ni une feuille, ni 12 copies doubles.
Garder 10 minutes pour la relecture.

A l’épreuve de langue, il ne faut pas oublier que nous sommes jugés sur nos compétences en langue française.

L’étude de cas :
Il faut mettre du cœur dans ce qu’on écrit, pour faire sortir sa copie du lot.
C’est une épreuve à la fois concrète et assez académique.
Se mettre dans la peau d’un bibliothécaire permet d’être concret sans être trop académique ; surtout être simple et bien développer. Bien expliciter tout le sujet, faire comme si le jury était novice. S’imaginer que le conservateur est « une buse » et donc lui rappeler les règles du métier, les étapes professionnelles. Expliquer par exemple comment se passe un déménagement, plutôt que combien de cartons, combien de personnes, combien de temps…
Les documents du dossier sont à utiliser seulement comme pense-bête (ce qu’il ne faut pas oublier). Beaucoup de par cœur dans cette épreuve technique.

Oral :

Prendre l’oral comme un jeu. On joue un rôle. Il faut incarner ce rôle pour lequel on s’est préparé : se présenter comme un futur professionnel, être détaché mais pas trop ! Etre déjà dans la peau d’un bibliothécaire lors de l’oral montre notre motivation.
Essayer de dégager quelque chose qui peut mettre les gens en confiance. Faire comme si on avait déjà la place. Le jury parle au futur collègue. Montrer au jury qu’on connaît bien son domaine, qu’on a envie d’y être.
Adapter son attitude selon la catégorie du concours (A, B, C). Pour les concours A et B classe supérieure, montrer qu’on a des capacités de management, de gestion de conflits et de relations interpersonnelles
Le jury joue aussi un rôle. Il a des instructions, une feuille de route. Le voir dans l’optique qu’il va tirer ce qu’il y a de meilleur chez le candidat.
Ne pas se laisser désarçonner par son attitude, ne pas chercher à interpréter ses mimiques. Il peut rester impassible ou être très souriant, ça n’indique rien sur ce qu’il pense.
Le jury place le candidat dans des scénarios comme futur collègue. Il faut le rassurer : cette personne est solide, on peut lui faire confiance, elle peut s’entendre avec l’équipe…
Tenue vestimentaire importante.
Paramètres de regard. Distribuer le même nombre de regards à chaque membre du jury.
Voix et rythme importants. Éviter le débit trop rapide. Poser sa respiration. Si le candidat est en apnée, le jury se sentira mal, en apnée aussi.
Eviter le « jargon » : il faut montrer au jury qu’on connaît le vocabulaire professionnel mais l’expliquer car il peut y avoir des non professionnels.
Googler les noms des membres du jury pour connaître leur fonction, leurs centres d’intérêt…

Présentation du parcours :
C’est un show, « son moment à soi », donc il faut donner le meilleur, agir en gagnant, se projeter.
Tester au chronomètre et prévoir plutôt un peu plus court (marge de 15 s).
Insister sur les compétences acquises qui peuvent être utiles pour ce métier.
Avoir un support écrit pour préparer l’oral permet de souligner des mots-clés et d’inventorier des questions possibles, de dégager des notions et de se sentir en sécurité.
Présenter des « perches » (sujets que l’on connaît). Attention aussi aux « bâtons » que l’on peut tendre (sujets que l’on connait moins bien). Ne pas aborder soi-même un sujet qu’on ne maîtrise pas.

Réponses aux questions :
Même à l’oral, il faut faire une introduction, un développement, une conclusion.
Ne pas réfléchir en même temps que l’on répond. Prendre quelques secondes avant de répondre pour préparer la structure de la réponse qu’on va faire.
Reformuler, redéfinir les questions peut être une première partie de la réponse structurée. Répondre à 1 question étroite en développant pour élargir. Ne pas faire non plus des réponses trop longues qui frustrent le jury en l’empêchant de poser autant de questions qu’il veut.
Plus la responsabilité est haute, plus on demandera des précisions sur la gestion de conflits, le management.
Pas de réponse affective, volcanique : des faits. Si on demande par exemple un avis sur les extensions d’horaires : faire d’abord l’historique, l’état des lieux. Donner un avis nuancé. Toujours justifier posément ses prises de position. Étayer son propos en se référant à l’intérêt général. Ne pas mettre en avant son intérêt personnel, on est au service des usagers.
« On peut dire des bêtises ». Les petites erreurs sont pardonnables. Ne pas se laisser désarçonner par quelque chose qu’on ne connaît pas. Si on ne connaît pas la réponse : possibilité de dire « je consulterais telle ou telle ressource ». Dire aussi « je ne sais pas ». Ce n’est pas tant la réponse qui importe que la façon dont on répond. Si on n’a pas la réponse et qu’on ne stresse pas, on montre sa capacité de réagir avec calme, de manière professionnelle (comme en situation de service public). Il faut faire comme si on était face à un usager. C’est ce que le jury va juger.

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