Club des lecteurs « Explorateurs-Exploratrices »

Dans le cadre de la thématique sur les explorateurs et les exploratrices, notre dernier club des lecteurs fut dédié aux récits de voyage. Nos lectrices ont lu et aimé :

Akago. Ma vie au Groënland / Nicolas Dubreuil et Ismael Khelifa. – Robert Laffont, 2016

Dans cet ouvrage, Nicolas Dubreuil nous livre avec humour et passion le récit de ses multiples séjours dans le Grand Nord dans lequel il y vit plusieurs mois par an. A ses souvenirs personnels et aux nombreux témoignages sur la vie des Inuits s’ajoutent de très intéressantes réflexions écologiques et politiques. Une formidable découverte pour Mary.

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Martin Eden / Jack London

Magnifique récit d’un voyage intérieur, d’une métamorphose. Celui d’un jeune marin issu des classes populaires, peu cultivé, qui pour l’amour d’une jeune femme de la haute bourgeoisie va s’extraire de son milieu d’origine et s’élever intellectuellement par un travail acharné, frisant l’obsession. Un classique à lire absolument – chaudement recommandé par Christiane et Marie (bibliothécaire)

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La route. Les vagabonds du rail / Jack London

Décidément nous aimons Jack London dans ce club de lecture! Dans ce roman, Jack London nous embarque dans sa vie de hobo. Passager clandestin à bord des trains qui sillonnent les Etats-Unis, il rencontre une communauté de vagabonds qui comme lui vivent une vie d’aventure, en marge de la société, les poches vides. Hymne à la liberté et à la jeunesse. Un autre chef d’oeuvre de la littérature américaine.

La Route : Les Vagabonds du rail par London

Voyage au bout de la soif : seul au milieu du Sahara / Régis Belleville. – Ed. Transboréal, 2010.

L’auteur se soumet à l’expérience de la chaleur, de la solitude et de la soif en s’installant au coeur du désert mauritanien. Récit d’un voyage expérimental immobile durant lequel l’auteur a repoussé ses limites physiologiques et psychologiques. Christiane a aimé ce livre pour ses diverses considérations scientifiques sur la résistance humaine et sur le désert.

Voyage au bout de la soif par Belleville

Treize lunes / Charles Frazier

Histoire de Will Scott jeune blanc américain qui fut vendu par son oncle à un comptoir commercial en territoire indien, fut adopté par les Cherokee et qui toute sa vie durant s’évertua à défendre la cause des Indiens d’Amérique. Ce roman dont la petite histoire rencontre la grande Histoire de l’Amérique du Nord du 19e siècle et qui est servi par une très belle plume vous est très vivement recommandé par Christiane.

Treize Lunes par Frazier

L’usage du monde / Nicolas Bouvier

Nicolas Bouvier a arpenté le monde pendant 50 ans et fait figure de référence pour tous les écrivains voyageurs. Jeune homme de bonne famille, il part depuis la Suisse en juin 1953 à bord d’une vieille Fiat Topolino vers la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, avec son ami et peintre Thierry Vernet qui illustre le récit de ses dessins. Manon a partagé son émerveillement de la découverte par ses descriptions précises et ses réflexions.

L'usage Du Monde - Choix De Lettres De Nicolas Bouvier (1951-1963) de Nicolas Bouvier Format Broché

Notre prochain club des lecteurs aura lieu le samedi 22 juin. Il s’agira de présenter des « livres à glisser dans sa valise » et de cette littérature appelée parmi les professionnels (éditeurs/libraires) « Feel good books »

 

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Club des lecteurs spécial coups de coeur

Notre club des lecteurs du samedi 13 avril fut consacré à nos dernières lectures et nos coups de cœur littéraires.

Il fut l’occasion d’échanges passionnés autour de la littérature, ponctués par-ci par-là de quelques digressions…

Voici la liste des lectures que nos lectrices et lecteurs vous recommandent. Il y a en a pour tous les goûts. De la littérature contemporaine, des classiques, des polars, de la littérature française ou étrangère.

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Vous trouverez tous ces titres à la bibliothèque Vaclav Havel ou le cas échéant dans les bibliothèques du réseau.

N’hésitez pas à rejoindre notre prochain club qui se déroulera le samedi 11 mai. Il sera consacré aux récits de voyage. L’accueil y est toujours chaleureux et le café coule à flot.

Bonne lecture!

 

 

 

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Rencontre entre les 4e du collège Aimé Césaire et le public en situation de migration

Jeudi 14 mars, une classe de 4e du collège Aimé Césaire est venue à la rencontre du public migrant de la bibliothèque avec l’association Les « Ethnologues en herbe« .

L’hospitalité à La Chapelle
Cette classe de 4e a réfléchi à la notion d’hospitalité dans le quartier de La Chapelle et mené des enquêtes de terrain avec les « Ethnologues en herbe ». Cette association souhaite débusquer et déconstruire les préjugés, sur des personnes mais également sur des lieux. Les collégiens et les migrants fréquentent très régulièrement la bibliothèque et d’autre espaces du quartier mais se parlent rarement. C’était l’occasion pour ces deux publics d’échanger lors de cette dernière séance de travail sur le thème de l’hospitalité.

Les collégiens ont donné un cours de français improvisé

A l’une des tables, la discussion s’est improvisée cours de français

Une curiosité partagée
Les adolescents étaient assis à plusieurs tables au 1er étage de la bibliothèque pour discuter avec de jeunes ou moins jeunes adultes. Un peu intimidés au départ, les protagonistes ont vite sympathisé et se sont posés mutuellement des questions. Les collégiens étaient curieux du pays d’origine des réfugiés, de leur parcours migratoire, de ce qu’ils aimaient faire dans la vie. Les deux publics voulaient connaître la situation familiale de leurs interlocuteurs, le nombre de frères et sœurs… mais aussi les endroits qu’ils fréquentent et pourquoi.

Bilan de la rencontre par les collégiens : ce qu'ils ont retenu

La rencontre s’est terminée par une restitution des éléments retenus et des boissons partagées.

 

Pour en savoir plus sur l’accueil du public migrant à la bibliothèque Vaclav Havel [pdf 513,14 ko]

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Entretien avec Stéphanie Lacombe

Le 22 janvier dernier, Stéphanie Lacombe m’a accordé un entretien d’une heure. J’ai pu l’interroger sur sa série La Table de l’ordinaire, aussi appelée Les Français à table, qu’elle présentait alors à Vaclav Havel, qui est désormais exposé à la bibliothèque Hergé, et sur son travail de photographe.

Bonne lecture !

Gwénaëlle

lacombe-s

–     Bonjour Stéphanie, pourrais-tu te présenter ? D’où t’es venu ton intérêt pour la photographie ? Quel est ton parcours ? As-tu fait des études artistiques ? Et puis je me demandais si tu étais parisienne ou si tu venais d’ailleurs…

–     Alors je m’appelle Stéphanie Lacombe. Je suis photographe. Cela fait 17 ans maintenant que je fais ce métier. L’idée de faire de la photo m’a paru comme une évidence. J’en ai toujours eu envie, déjà depuis l’âge de 9 ans. J’ai eu très tôt un appareil photo, un petit Kodak à disques que mon grand-père m’avait offert.

Mon amour de la photo a démarré comme ça. Je dessinais beaucoup aussi. J’ai toujours dessiné enfant. Plus tard, j’ai fait les Arts Déco. J’ai eu cette chance. J’étais en échec scolaire en fait, primaire et collège. Mes parents m’ont envoyé en BEP comptabilité. Donc l’horreur ! Punition absolue ! C’était vraiment une punition car, comme je ne travaillais pas bien, ils ne m’ont pas laissé faire vente. A seize ans, j’ai pris mes valises et je suis partie à Paris. J’ai pu être hébergée à Paris chez ma tante et mon oncle. J’ai pu rentrer rue Madame. J’ai passé un concours pour faire une école à la formation imprimante, aux métiers de la PAO. Une fois dans cette école, il y avait une autre section : brevet de technicien dessinateur maquettiste. Comme ce parcours scolaire était mieux adapté pour moi, je me suis mise à travailler, à avoir des félicitations et des encouragements. La directrice m’a dit : « On n’a pas l’habitude de faire ça, mais étant donné que tu dessines très très bien on te propose de retrouver un cursus plus général que d’aller en technique. » J’ai donc pu faire une seconde Dessinateur maquettiste. Et là je me suis épanouie totalement et en sortant de cette école, de ce lycée technique, rue Madame, avec des supers notions de graphisme, de dessin, d’arts appliqués, de typographie, etc., et bien j’ai eu la chance de pouvoir passer le concours des Arts Déco et de l’avoir sans passer de prépa.

Je file aux Arts Déco. J’avais un peu oublié la photo. Elle m’accompagnait un peu dans mon parcours mais plutôt en dilettante. Je voulais faire de l’illustration pour des livres d’enfants. Je m’orientais vers du graphisme. J’ai finalement laissé tomber la voix de l’illustration pour livres d’enfants. En fait, en graphisme, je me suis rendue compte qu’on nous formait pour travailler dans la publicité, dans la communication et que cela s’adressait vraiment à une élite. Ce qui m’intéressait moi dans la photographie, c’était que c’était un médium qui pour le coup s’adressait au grand public et, ça, ça m’attirait. En dernière année, l’année du diplôme, j’ai décidé de tout lâcher pour aller en photographie. Je n’ai pas eu vraiment de formation photo car on a la formation photo les deux premières années. Moi je suis arrivée directement en dernière année pour le diplôme en photo sans avoir de formation ni de technique. J’ai appris sur le tas. J’ai fait un premier travail pour mon diplôme de fin d’année sur une cité HLM qui s’appelait La Grande Borne. Dans le cadre de ce diplôme de fin d’année, on avait été démarché par la caisse dépôt  et consignations pour réaliser un travail en vue d’un plan de renouvellement urbain sur différentes cités en France. Moi, j’ai choisi La Grande Borne qui faisait partie de la liste. Et c’est aussi la cité dont j’habitais à deux pas quand je suis arrivée à Paris. J’avais une vision de cette cité comme de la cité qui fait peur. On m’interdisait d’y aller m’y promener.

–     Et c’était en quelle année ?

–     C’était en 2000.

En choisissant La Grande Borne, je me suis dit que c’était enfin l’occasion d’y aller. C’est une cité qui s’étale sur 90 hectares, qu’elle est en forme de triangle et que vue du ciel elle est entourée d’une nationale, de l’autoroute du soleil et de la prison de Fleury-Mérogis. Le cœur de la cité, on l’appelle le triangle des Bermudes. Sur cet espace d’habitation, il y a je crois plus de 30000 logements. Et tous les logements sont conçus de la même façon. Ils ont une structure identique. Émile Aillaud, l’architecte de l’époque, a conçu des appartements avec un salon et une cuisine. Ce qui sépare la cuisine du salon, c’est une cloison coulissante que tu peux ouvrir au gré de tes besoins. Je décide de placer mon appareil photo au même endroit dans chacun des appartements. On a alors sur les images un point commun qui est la fenêtre, la poignée de la cloison coulissante. Du coup, j’ai photographié l’espace à manger. Au début, il n’y avait personne à table. Je photographiais la façon dont les personnes aménageaient leur intérieur. Ca faisait un peu comme au théâtre avec une même scène identique pour tout le monde soit 30000 salons et selon qui habitait ce salon l’aménageait différemment et c’est ça qui m’intéressait.

Je photographiais les intérieurs et puis à la fin j’invitais les personnes à venir sur la photo parce que je trouvais ça plus sympa de voir les habitants. Ça, ça a donné la première série qui donne le « la » de différents travaux que j’ai pu entamer par la suite.

–     Donc tu es partie de là et ensuite ça s’est décliné.

–     Ça a donné la série des Français à table. Ce qui m’a toujours intéressé c’est l’intimité dans l’espace à vivre, la maison, l’appartement. Un peu à la Perec. L’appartement dans un immeuble, l’immeuble dans un quartier, le quartier dans la ville. Essayer de comprendre comment tous ces éléments s’impactent les uns sur les autres.

–     Dans tes photographies, on voit plusieurs aspects, par exemple l’aspect sociologique, qui est déjà présent rien que dans le titre Les Français à table.

–     Comme tu as à chaque fois le même espace, on peut deviner si on est chez une personne dans la difficulté financière avec des indices comme du papier peint arraché.

–     Tu utilises toujours le même appareil ?

–     Non. J’ai longtemps flashé, et maintenant j’essaie de revenir à de la lumière naturelle.

Pour Les Français à table, les flashs s’étaient imposés car j’avais testé le projet aux Etats-Unis, avec la prétention de comparer la façon de manger des américains avec celles des français. Je suis partie à San Francisco et à New York pendant un mois et demi. Je me suis rendue compte que je passais à côté de beaucoup de choses car je ne flashais pas. En lumière naturelle, je photographiais le repas du soir avec une petite lumière du plafond et je passais à côté de beaucoup de choses. Puisqu’il n’y avait pas beaucoup de lumière, j’avais beaucoup de flou. Ce qui m’intéressait dans le projet était évidemment l’environnement dans lequel les personnes prenaient leur repas, la façon dont elles le prenaient et aussi les échanges qu’il y avait entre elles, la mère avec ses enfants, les époux, les mariés,… pouvoir immortaliser les instants, les regards, les échanges, les claques s’il y en avait qui partaient. Du coup, le flash s’est un peu imposé contre mon gré. Je n’avais pas le choix. Quand on voit la série, on se dit que finalement ça fonctionne car ça crée une unité. Tous les travaux qui sont arrivés après, pour une cohérence de démarche globale, j’ai imposé ce flash comme une signature. Maintenant, au bout de 10 ans, je commence à revenir sur cette façon de photographier. J’ai moins envie d’utiliser le flash. J’ai envie de revenir à des lumières plus naturelles parce que je ne photographie plus non plus la même chose. Je suis plus dans le portrait, quelque chose de posé, à l’intérieur.

–     Comment fais-tu pour aller chez les gens ?

–     C’est toute la difficulté de mon travail. Je n’ai pas choisi la facilité. C’est assez difficile. Le projet m’a pris trois années pour faire les photos des Français à table. Quand tu contactes une famille pour lui demander si elle est d’accord pour être photographiée, à coup sûr elle dit « non ». Ma mère la première, quand je recherchais des candidats à photographier, a dit « non ». Parce que le repas, tout le monde a conscience, je crois, que ça dévoile beaucoup de choses de soi, de son intimité. Autant tu reçois à dîner chez toi, tu as rangé ta maison, tu vas mettre une nappe peut-être, sauf si c’est à la bonne franquette. Tu as décidé de faire venir du monde chez toi, dans ce cas-là les gens peuvent venir.

Mais un photographe qui vient te photographier au moment du repas du soir, le repas qui est ordinaire, pas celui du dimanche, pas celui du repas de fête, pas celui de l’anniversaire, mais celui du soir… C’est super intime en fait. Tu vas dévoiler tellement de trucs.

Au tout début, l’idée de faire Les Français à table, c’était de les photographier par région. Dans ma démarche, c’était d’essayer de voir si au travers de ces images-là, on pourrait déceler la région.

L’idée, c’était que quand j’allais à Lille, à Toulouse, à Strasbourg, ou à Marseille, de peut-être comprendre par l’image qu’on se trouvait dans telle ou telle région. Au final, pas du tout. On est face à la standardisation des intérieurs. À moins que je me retrouve dans une famille de retraités ou dans une région reculée, rurale, à la campagne, tu peux peut-être distinguer et deviner quelle est la région. On ne devine pas finalement les régions.

Quand j’arrive dans une région photographier une famille, le plus dur c’est de les rencontrer. Ça s’est fait au début des réseaux sociaux. Je demandais au sein de mes copains s’ils avaient des contacts suivant la ville où je partais, qui accepteraient de participer à ce projet, voire même de leur transférer le message. Quand j’avais un contact qui me répondait en ma faveur, je partais et je croisais les doigts pour que cette personne-là que j’allais photographier allait en parler à son voisin, à son collègue, à sa mère qui habite dans le village à côté. C’est comme ça qu’à chaque fois, ça s’est construit. Plus j’ai fait des portraits, plus après c’était facile pour trouver des gens.

–     Par rapport à ce travail-là, as-tu des références photographiques, artistiques, littéraires ou même cinématographiques ?

–     Énormément le cinéma, notamment le cinéma italien parce qu’en Italie la bouffe c’est super important. Il existe rarement un film italien sans une scène à table, de repas très vivant. En ayant fait des recherches photographiques, ma chance a été de m’apercevoir que cela n’avait pas été traité. Ça, c’est très rare. En photo, en général, on s’accorde tous à dire, nous photographes, que tous les sujets ont été traités. On n’est jamais le premier à traiter un sujet. Là, en l’occurrence, j’avais vu que Doisneau avait un petit peu photographié le repas dans les années 50, le repas ouvrier, quelques pique-niques. Il y avait peut-être une quinzaine d’images qui faisaient déjà une belle série mais c’était ça parmi d’autres choses. Il flashait quand même. Cela ressemblait plus au repas du dimanche. J’avais trouvé aussi le livre d’une femme qui avait fait les européens à table. Elle avait fait une photo par pays et là les gens regardaient l’objectif. Je trouvais ça difficile de trouver une famille emblématique d’un pays. Comme ils regardaient l’objectif, c’était une photo posée. C’était tout ce que je ne voulais pas faire. Après pour toutes les images en rapport avec le repas, la nourriture, la vie de famille, le quotidien, je suis tombée très rapidement dans la peinture du XVIème et du XVIIème siècle. On avait les témoignages de vie de famille vivant au bord du Cantou avec les navets du jardin posés par terre, on avait des scènes avec la maman avec le bébé au sein, des clairs-obscur à la Georges de La Tour ou à l’inverse des portraits de famille à la Vélazquez, des intérieurs riches. Sur le repas en France, Martin Parr avait fait une série, Bored Couples, absolument génial. Ce sont les couples qui sont au restaurant qui s’ennuient. Voilà les références qui me reviennent de mes recherches de l’époque.

–     Peux-tu rappeler le projet de ta résidence dans les trois bibliothèques de la ville de Paris, Lévi-Strauss, Hergé et Vaclav Havel ?

–     Bibliocité, le commanditaire de ce projet, m’a donné une carte blanche. C’est-à-dire que je ne sais absolument pas sur quoi je vais travailler. Le principe de fonctionnement est un peu comme une résidence. En ce moment, je suis en phase d’immersion, j’observe, je regarde, j’étudie, je potasse et je rencontre plein de gens. J’ère aussi, à la fois dans le quartier, dans les médiathèques, je rencontre plein de monde. J’essaie de comprendre, au même titre que La Grande Borne, le territoire. J’ai discuté avec Boubacar[i] qui me disait qu’ici à Vaclav, on avait un super parvis, une super médiathèque,… C’est presque trop beau pour les gens du quartier. Ce sera donc de comprendre qui vient, qui ne vient pas, pourquoi ceux qui viennent ils viennent, ceux qui ne viennent pas ne viennent pas, essayer de définir la problématique pour ces trois médiathèques avec un fort taux de migrants qui viennent aussi.

Le projet, il faut qu’il ait forcément pour point commun la bibliothèque. Il est possible, comme je suis une photographe qui va toujours photographier les gens chez eux, que ma rencontre se fasse ici avec les gens et que j’irais peut-être les photographier chez eux. En tout cas, le projet parlera soit de la vie du quartier, soit du regard que les habitants portent sur la médiathèque. Il y aura un lien mais aujourd’hui je ne sais pas lequel.

–     Tu es donc vraiment dans la phase d’observation.

–     Il faut que je comprenne avant. C’est assez complexe. D’abord, il y a le fonctionnement de chacune des médiathèques implantées dans un territoire particulier avec des problématiques géopolitiques, économiques. Il y a ces voies ferrées qui divisent tout. C’est un coin enclavé de Paris. Qu’est-ce qu’on peut raconter de ça ? Qu’est-ce qu’on peut dire ? Là, au bout de trois semaines, je suis très surprise du travail des médiathèques que vous avez à faire, les raisons pour lesquelles vous êtes fermés le matin, tout ce travail qu’on ne voit pas qui se fait en souterrain. Souvent quand je m’entretiens avec l’un d’entre vous, avant de me parler du métier au sens propre, vous me parlez de l’aspect social et ça je ne m’y attendais pas. Ça, c’est intéressant.

Donc, quoi faire de tout ça ? Comment définir un projet photographique qui soit pertinent, cohérent, qui valorise aussi. Je n’ai pas de cahier des charges. C’est vraiment une carte blanche.

–     Je me demandais si tu avais des attentes ou des objectifs précis ?

–     Nan. Je vais me laisser porter par quelque chose qui va dessiner, qui va s’imposer à moi.

L’idée dès le départ c’était de faire une exposition comme on a fait avec Les Français à table. En septembre ou octobre, ici à Vaclav Havel, à Hergé et Lévi-Strauss sera exposée une partie du travail qui aura été fait. En parallèle de l’exposition, on aura un hors-série En Vue qui va sortir et qui reprendra le projet.

Au début, j’ai vu que vous aviez de très petits espaces d’exposition et comme moi j’aurais 6 mois d’immersion, je leur ai dit que c’était une longue période pour un petit espace de restitution. Donc je comptais beaucoup sur En Vue. On m’a dit que je ferais 24 pages, 24 pages ça fait douze photos. On va donc voir si c’est possible de faire un peu plus épais pour avoir plus d’images à l’intérieur.

L’idée commence à émerger de faire un partenariat avec les mairies de Paris et de peut-être faire des grands tirages sur bâche qui pourraient être vus, non plus à l’intérieur des médiathèques mais plutôt sur le territoire.

–     Sur des ponts ? C’est bien cela ?

–     Oui c’est ça. En tout cas, là, je ne pense pas à ça. Je me focalise sur le magazine En Vue. Il y aura un petit site internet en parallèle du hors-série et des expositions itinérantes. Quand je dis itinérantes, c’est Hergé, Vaclav Havel et Levi-Strauss.

–     Comment se passent tes expositions dans ces bibliothèques en ce moment ?

–     On l’étale, c’est-à-dire que ce mois-ci, c’est chez vous, le mois prochain à Lévi-Strauss et en mars à Hergé. Ce ne sera pas forcément les mêmes images. Il y en aura soit un peu plus, soit un peu moins. On essaiera de varier.

–     Quand tu as fait l’accrochage, tu savais déjà quelles images tu allais exposer ? Ou tu as fait le choix sur place ?

–     J’ai fait sur place. Je suis partie de celles qui me semblent être les incontournables, c’est-à-dire les trois, quatre incontournables, et autour de ça j’ai construit en fonction de l’espace que j’avais ici.

–     Ce sont lesquelles les trois, quatre incontournables ?

–     « La tapette à mouches », celle que tu vois en face quand tu rentres. La première aussi en face quand tu rentres qui s’appelle « La Père Noël », avec l’enfant qui met le feu à l’appartement. C’est aussi « La Yourte » que j’aime beaucoup.

–     J’ai l’impression en regardant tes photos que tu as créé une relation de confiance pour pouvoir rentrer dans l’intimité des personnes et les photographier. J’imagine que tu n’es pas une photographe de l’incognito, que tu vas plutôt créer quelque chose avec tes modèles.

–     Il y aura certainement un dispositif mis en place. Pour le moment, je ne sais pas lequel. Mais c’est pour ça qu’on a eu l’idée de faire les studios photo.

–     Comment va d’ailleurs se passer le studio photo du 23 février ?

–     Vous serez les premiers à l’expérimenter. On fait un studio dans chacune des bibliothèques un samedi après-midi.

On a fait l’exposition pour me présenter, que les personnes curieuses puissent découvrir mon travail. Comme ça, après quand j’irai à leur rencontre, je leur dirais que j’ai une exposition au rez-de-chaussée. Comme ça, les personnes sont plus à même d’échanger avec moi.

Le studio photo, c’est une façon de me faire encore plus identifier. Quand tu es un photographe mandaté par n’importe qui, une mairie ou une autre institution, pour un travail artistique que tu vas photographier les gens chez eux, ils ne comprennent pas souvent très bien ta démarche. Ils ne savent pas très bien qui tu es et ce que tu veux. Ça les inquiète beaucoup. Donc souvent les gens te disent non. C’est plus simple de dire non, parce qu’ils ne comprennent pas trop l’objectif, où ça va apparaître. L’idée du studio photo c’est donc qu’ils viennent se faire tirer le portrait. C’est annoncé. Ils repartent avec une photo qu’on leur offre. C’est un portrait un peu classique, un portrait en noir et blanc à la Malick Sidibé, un peu festif. Il faut que ce soit facile à mettre en place. C’est encore un peu à définir. Ce matin, on se disait que ce serait bien de faire une photo un peu vintage, des petits 10×15, découpés un peu en dentelles, en sépia ou noir et blanc, un noir et blanc un peu chaud, pas forcément sépia mais noir et blanc un tout petit peu chaud. Repartir avec une photo de soi déjà c’est bien. L’idée c’est qu’il puisse simplement repartir avec cette photo, moi de rentrer en contact avec eux, d’avoir leurs coordonnées. On aura fait connaissance comme ça. Et après, quand le projet va vraiment démarrer entre mai et juin, quand il sera vraiment en phase de réalisation et que j’aurais besoin de rencontrer des gens pour le faire, si je dois les contacter pour leur proposer les photographies, ce sera plus facile. On aura déjà établi un premier contact. Voilà, c’est ça l’idée.

Ceux qui ne viennent pas se faire photographier, ce n’est pas grave. Ils auront vu le studio photo…

–     C’est la première fois que tu fais un boulot dans les bibliothèques ?

–     Très étrangement, dans les bibliothèques, oui c’est la première fois. Mais j’avais fait un hors-série pour la revue 21 sur la lecture. Je travaille sinon avec la revue Lire magazine. Mes photos apparaissent dans tous les numéros de cette revue. Je photographie des écrivains. Hier, j’étais avec Delphine de Vigan pour la photographier. Je fais des choses très différentes en photographie pour mes commandes de mon travail documentaire que je fais pour moi.

Pour l’anecdote, j’ai grandi en province. Ma mère était abonnée au Nouvel Obs pendant très longtemps. Avec son CE, elle était abonnée à la revue Lire magazine. Quand je la feuilletais à la maison, je fantasmais sur les photos. Je trouvais que y’avait des images de dingue à l’intérieur, des portraits de folie. Je rêvais quelque part de prendre ces photos-là. Le hasard de mon parcours professionnel a fait que maintenant depuis dix ans je leur fais des portraits d’écrivains. Rencontrer des écrivains, qui sont au premier chef concernés par les médiathèques, peut être une direction possible sur la réflexion de ce projet.

–     Tu travailles pour d’autres ?

–     Mon travail documentaire est publié dans la presse. Des supports comme le Nouvel Obs peuvent faire 4 ou 5 pages de portfolio, ou Marie-Claire, Le Monde magazine, VSD, sur des thématiques données. Ça, ce sont les supports qui diffusent mon travail. J’expose aussi, en France et à l’étranger.

–     Tu as des galeries qui te représentent ?

–     Non, je n’ai plus de galeries. J’avais une galerie et elle a fermé. Ce genre de travail ne se présente plus bien en galerie. Mais il est très souvent exposé dans de lieux institutionnels. Tout l’été, il était au MuCEM. L’année dernière, il était à Hong-Kong. Il est très souvent montré. J’expose beaucoup cette série.

–     Tu t’es fait connaître comment ? Tu as eu des prix ?

–     Le travail sur La Grande Borne dont je t’ai parlé a très bien marché tout de suite. J’ai démarché la presse et j’ai eu une première publication. Il y a le livre de tous les étudiants qui participaient à ce projet qui est sorti aussi. Ce travail m’a tout de suite propulsé dans le monde professionnel. Tout de suite, j’ai eu des commandes grâce à ce boulot. Il a aussi tout de suite défini mon écriture photographique. J’ai eu des prix aussi, avec Les Français à table, j’ai eu l’aide de la Fondation Lagardère qui est l’ancien prix Hachette, j’ai eu le prix Niepce surtout qui est le graal. En France, on ne peut pas avoir un prix plus important que le prix Niepce. J’ai eu le prix de la photographie sociale et documentaire de Sarcelles, le prix de la Caisse d’Epargne. J’ai eu aussi un prix décerné par Salgado sur un autre travail sur les nus dans Paris. Depuis ma résidence à la Villa Medici, je m’oriente plus vers des projets moins orientés documentaires mais plus vers la performance photographique, ce qui était le cas avec mes nus dans Paris à l’époque. Quand j’ai fait mes nus dans Paris, j’étais en troisième année aux Arts Déco, je demandais aux personnes qui participaient à ce projet de se mettre nu dans des endroits stratégiques de Paris. Je les prenais en photo. Ce qui m’intéressait n’était pas tant ce corps nu que je photographiais dans la rue, c’était la réaction des gens qui étaient autour. Ça a fait des visuels sensationnels. Dans le métro, au Louvre, sur le parvis de la Défense, on a fait ça à la sortie du TGV à Gare de Lyon, dans la file d’attente du taxi. On a trouvé des endroits de lieux de passage. La réaction des gens était dingue. J’ai adoré ça car il y avait à la fois une prise de risque, il y avait un évènement que je créais. J’ai adoré ça. Mais après je me suis installée dans un protocole toujours pareil. J’ai différents projets aujourd’hui qui me ramènent vers la photographie plus de l’ordre de la performance. Je ne suis pas à l’abri de faire un truc de l’ordre de la performance pour la commande de Bibliocité. Mais je ne sais pas du tout. J’ai envie de faire les façades aussi. En voyant toutes ces façades, je me dis que je pourrais mettre tous les gens que j’ai rencontrés dans ces médiathèques sur les façades d’immeuble. Tous ceux qui viennent en médiathèque sortez à la fenêtre ! Pour voir la densité des usagers dans un immeuble. Et après tu fais un texte qui raconte leur histoire, ça pourrait être super. Faut voir… C’est un énorme taf.

–     Je vais donc finir sur cette idée de performance car je vais devoir partir faire mon service public. En tout cas, ce fut un plaisir !

[i] Médiateur à la bibliothèque Vaclav Havel.

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« D’ici et d’ailleurs: ensemble ». Déjà la 4e édition…

De beaux moments partagés au programme à nouveau cette année, à l’image du concert de Ghandi Adam & Lamma Orchestra. C’était un samedi de décembre gris et pluvieux, la salle s’est remplie petit à petit, et tout doucement la flûte de Ghandi a enveloppé l’assemblée d’une douceur chaleureuse et joyeuse.

Mais avant cela, le cycle a débuté sur la projection du film « Les sauteurs », de Moritz Siebert, Estephan Wagner, Abou Bakar Sidibé. On vous laisse regarder:

La particularité de ce film, c’est qu’il est filmé par Abou, auquel les réalisateurs ont confié la caméra, et qui tente de franchir l’énorme système de murs qui sépare le Maroc de l’Espagne: une frontière située sur l’enclave de Melilla. Christine Moliner, anthropologue, a amorcé la discussion en contextualisant (histoire de cette enclave) et chacun a pu exprimer son ressenti (autant vous dire que ça fait quelque chose de voir ces groupes d’hommes essayant de franchir ces immenses triples murs de barbelés, avec la police et les chiens de l’autre côté, images de vidéosurveillance rappelant des images de jeux vidéos ou de films de fiction…), ses questions et doutes etc… Et, étonnamment, de voir Abou, la personne, son rapport à l’image…

Projection-discussion autour du film Les sauteurs

Projection-discussion autour du film Les sauteurs

Une autre projection a été proposée par l’association La Cimade, autour de Portraits de femme (et vous avez de la chance ils sont tous dispos sur le net) :

  • La Boda, de Marina Seresesky

  • Exilées, Dina, de Léa Bordier et Alice Latouche

  • Exilées, Fatima, de Léa Bordier et Alice Latouche

Une discussion s’en est suivie avec les réalisatrices Léa Bordier et Alice Latouche, ainsi qu’avec une bénévole de la Cimade qui nous a parlé des femmes migrantes et des préjugés souvent associés.

Une chose que je voulais organiser depuis longtemps, c’était un atelier d’écoute et d’analyse de textes de rap. Qui de mieux placés que les rappeurs pour aborder les questions qui se posent après. Après l’arrivée, après l’urgence des papiers, du logement, du travail, de la langue? Quand les enfants grandissent, quand les difficultés à transmettre se font sentir… Quel rapport à l’histoire, à la mémoire, à la culture d’origine, à la culture d’accueil, à la langue, et aux traumatismes parfois? C’est donc David Singh, accompagné de Christine Moliner à nouveau, qui s’y sont collés, en nous proposant des textes de Kery James et de Medine. Et si nous avons débuté avec 2 participants (la hantise des organisateurs), la salle s’est peu à peu considérablement remplie 🙂

Et je ne résiste pas à partager la chanson du concert de clôture du cycle qui a remporté l’unanimité de notre public :

Merci Ghandi & Lamma Orchestra, et tous les participants de cycle!

Lisa

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Compte-rendu des coups de cœur 2018 du club des lecteurs

C’est un samedi 17 avril 2018 que se retrouva le club des lecteurs pour discuter des coups de cœur de notre joyeuse assemblée. Autour d’un café, de biscuits et de jus d’orange nous abordâmes la formidable nourriture intellectuelle que sont les livres, une nourriture qui n’a rien à envier en goût et subtilité à la chouquette.

Au menu :

– Le cercle littéraire des épluchures de patates (2009), Nil Editions

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Ce roman épistolaire, choisi par Liliane, fut un best-seller de cette belle année que fut 2009. Ecrit à deux mains par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, ce livre à l’intrigue complexe et multiple rend compte d’amour et de rébellion. A noter qu’une adaptation cinématographique est sortie cette année et que le DVD est disponible à la bibliothèque.

Ne préfère pas le sang à l’eau (2018), Viviane Hamy

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Recommandé par Christiane, ce livre de Céline Laportot est un vrai coup de cœur ! Avec un début accrocheur et un style puissant, cette fable nous emporte dans un pays imaginaire où l’eau vient à manquer. Cette thématique est propice à évoquer des problématiques contemporaines comme l’accueil des migrants ou les jeux de pouvoir politique.

Le charme discret de l’intestin (2014), Actes Sud

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Attention voici un deuxième best-seller ! Ecrit par Giulia Enders, brillante jeune étudiante allemande en médecine, c’est un livre qu’on ne présente plus tellement il a pu avoir de succès. Mêlant beaucoup d’humour à de la vulgarisation efficace, on sort enrichi de cette lecture par mille petites anecdotes utiles à savoir.

Le peintre au couteau (2005), Grasset

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Christiane salue la démarche intéressante d’Olivier Pourriol dans ce roman. Il explore ce que peut-être la peinture à la lumière du regard d’un chirurgien. Comment ces deux approches peuvent se rejoindre ? On peut citer Olivier Pourriol parlant de son roman : « Quel couteau permet d’aller au plus profond ? Celui qui tranche ou celui qui étale ? La question est ouverte, par cette amitié singulière entre un grand peintre sur le point de mourir et son chirurgien.

Chanson douce (2016), Gallimard

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Ce livre de Leila Slimani a beaucoup fait parler de lui ! Prix Goncourt 2016, la lecture de ce livre a pourtant laissé à Christiane un goût amer pour la dureté du sujet traité.

L’Archipel des Solovki  (2014), Actes Sud

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Attention chef d’œuvre pour Sylvie ! Livre superbe mais dense et volumineux. Le récit épique, à la manière des grands écrivains russes comme Tolstoi, Dostoïevski ou plus récemment Soljenitsyne est une peinture du climat socio-économique de la Russie post régime communiste. On peut y voir s’exprimer un certain regret d’une nouvelle génération d’intellectuels, un regret des implications socio-économiques et culturelles qu’a entraînées l’entrée de la Russie dans l’âge capitaliste.

Brothers (2005), Actes Sud

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Encore un choix dense de la part de Sylvie ! Grand prix du courrier international, cet ouvrage de 900 pages de Yu Hua est une véritable odyssée de l’histoire de la Chine contemporaine. La relation entre deux « faux frères », au cœur de l’intrigue du roman, est un prétexte pour nous raconter les mutations brutales et rapides de cette nation.

Vivre ! (1992), Babel

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Ce dernier coup de cœur de Sylvie est encore un roman de Yu Hua. Egalement adapté au cinéma (le DVD est disponible à la bibliothèque) par Zhang Yimou, l’intrigue se base sur l’histoire d’un fils de propriétaire terrien, riche et débauché, qui se retrouve dans la « grille » des paysans pauvres alors que la politique maoïste de la Révolution culturelle et du « Grand Bond » est mise en place. Un livre magnifique.

L’enfermement (2018), XO Editions

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Ce coup de cœur de Mary est une véritable ode au courage et à la volonté de vaincre la maladie. Florence Henry raconte comment à force de patience et d’efforts elle a pu aider sa fille à guérir de l’autisme. Un livre-témoignage bouleversant !

Dans ta bulle (2018), Marabout

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Ce deuxième coup de cœur de Mary reste dans la même thématique que son premier coup de cœur. Julie Dachez, étudiante atteinte d’Asperger, y dévoile ses difficultés de communication et sa perception altérée du monde. Julie Dachez va également à la rencontre d’autres autistes Asperger pour appréhender la façon dont les personnes atteintes de ce syndrome conçoivent la vie professionnelle ou encore le rapport entre les hommes et les femmes. Un livre utile pour reconsidérer ce que l’on entend par « normalité ».

Trilogie sale de La Havane (2001), 10/18

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Ce coup de cœur d’Olivier est une histoire sombre et décadente. Le style et le récit de Pedro Juan Gutiérrez ont des allures bukowskiennes, le narrateur va de débauche en débauche, de soirées alcoolisées à parties de jambes en l’air. Un récit à ne pas mettre entre toutes les mains !

Les aventures aériennes de Little Nemo (2017), Taschen

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Une BD pour terminer ces coups de cœurs ! Et Winsor McCay est considéré comme un des premiers grands maîtres de la bande-dessinée. Cette édition de poche des légendaires aventures oniriques de Little Nemo est une introduction parfaite à son œuvre monumentale, qu’on pourrait même voir sous certains aspects comme une préfiguration de l’imaginaire surréaliste.

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Épisode 1 : Petit ours brun vs le capitaine Némo.

Avant-propos :

Dans cette nouvelle rubrique de notre blog nous nous attacherons avec la plus grande absence de talent à imaginer de façon totalement inutile des duels de personnages de fiction, cela afin de faire encore régresser le savoir humain sur notre belle planète.

Aujourd’hui, nous accueillons sur le ring de la bibliothèque deux des personnages les plus connus de la littérature, que nous allons de ce pas vous présenter :

Présentation des adversaires :

  • Petit ours brun
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Regardez son attitude dominante et agressive et ses pupilles dilatées par l’attrait du sang et ne vous y tromper pas, c’est d’un prédateur sanguinaire qu’il s’agit.

Petit ours brun est un mammifère de la famille des ursidaes et de la sous-famille des ursus. Il peut vivre 30 ou 40 ans à l’état sauvage. En l’état, les dessins de Petit ours brun ne nous laisse pas deviner de quelle sous-espèce il s’agit même si on opterait volontiers pour un ursus arcto d’Europe.

Taille : 2 mètre 50 à peu près à l’âge adulte mais petit ours brun n’atteint jamais cet âge, il est bloqué dans son état infantilisant donc on va dire au doigt mouillé qu’il fait genre 75 cm, le blaireau.

Poids : là encore c’est compliqué. En tout cas il peut aller jusqu’à 700 kilos, mais petit ours brun, bien que potelé, doit plutôt donner dans les 40. Quel naze.

Armes principales : La mignonnerie. Il est pas super malin mais peut compter sur son museau trop mignon. Il a aussi des parents nettement plus massifs qu’on n’aimerait pas rencontrer dans le métro tard le soir à condition qu’ils l’empruntent. Parce qu’ils se déplacent à 50 km/h facile alors le métro blindé qui pue hein, ils s’en fichent.

Medium principaux : Les livres Petit ours bruns dessinés par Danièle Bour, une série TV, une pièce de théâtre, tout est bon pour promouvoir cet ourson dans des histoires qui sont à l’intelligence humaine ce que l’endive au jambon est à la gastronomie de haut niveau. Cela dit ça sort très bien chez nous puisque si on prend un album au pif genre Petit ours brun aime les bisous (on est content de le savoir) on s’aperçoit qu’il est sorti 8 fois en 2 ans. Belle performance.

  • Le capitaine Némo
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Bon là le capitaine Némo s’ennuie un peu alors il regarde Netflix pour passer le temps dans son kaléidoscope.

Le capitaine Némo est un mammifère de la famille des primates et du genre des homos. Il vient du sous-continent indien comme cela est spécifié dans le tome 2 de l’île mystérieuse. Il parle plein de langues et est un ingénieur de génie.

Taille : Si le capitaine Némo est un homme classique il doit faire à peu 1m75 ou 80 grand max parce qu’à l’époque on n’était pas si grand que maintenant.

Poids : Le capitaine Némo vit dans un sous-marin et ce qu’il mange a pas l’air glop glop, en plus pour passer dans les coursives il faut rester fin, donc je dirais allez 60 kg.

Armes principales : il est très teigneux. Il a un sous-marin uniquement fait pour défoncer des Anglais et ça c’est trop cool car personne n’aime les Anglais. Donc on lui pardonne ses crimes. A un moment il tue des orques. L’histoire ne dit pas si il tue des petits ours bruns mais je dirais que non.

Medium principaux : 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne qui a été emprunté 27 fois depuis notre ouverture, un score honorable. L’île mystérieuse du même Jules Verne (8 prêts) et une tripotée de films adaptés pas toujours oufs mais celle de Disney est bien, il est interprété par James Mason qui est top et puis il y a Kirk Douglas jeune (ouais ça date un peu) (mais on l’a pas à la bibliothèque)

Le combat :

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J’ai trouvé cette photo sur internet mais je me demande si c’est pas un fake. A enquêter.

C’est compliqué. Disons que dans l’eau si le capitaine Némo a son sous-marin il gagne grave en embrochant le petit ours brun. Cela dit, il y n’a que peu de raison pour que le petit ours brun aille se baigner en haute-mer. Sur terre, où le capitaine Némo ne met plus guère les pieds, tout dépendrait de si ils ont le droit d’utiliser des armes. Comme le petit ours brun est dénué de pouce opposable ils serait bien incapable d’utiliser ou même d’inventer les armes du capitaine Némo pour tuer des anglais. Il préfère aller chez sa grand-mère ou aimer les bisous ou manger de la confiture.

Si ça tourne au corps à corps je parierais sur l’ours car il est mieux armé naturellement avec la mâchoire la plus puissante du règne animal et des griffes capables de déchirer des caribous (c’est l’un de ses hobbys.)

 Verdict :

ÉGALITÉ

Allez pour ce premier combat on va dire égalité car le petit ours brun n’est pas anglais ni d’ailleurs un homo Sapiens et le capitaine Némo ne tue que des Sapiens anglais car il les hait depuis qu’ils ont décimé sa famille. Il tue aussi des poissons car il faut bien vivre. Il se pourrait d’ailleurs qu’ils aient une passion commune avec le petit ours brun (le poisson donc). De son côté le petit ours brun ne démontre jamais la moindre agressivité sauf dans Petit ours brun dit non où il est genre hardcore.

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Interview d’Annick, stagiaire en jeunesse cet été

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Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Annick, j’ai auparavant travaillé dans une revue de cinéma, L’art du cinéma, je m’occupais de l’administration du journal et de sa distribution. Je fais actuellement une formation de documentaliste bibliothécaire à l’EBD (école des bibliothécaires documentalistes). Cette formation se déroule sur un an, d’octobre à septembre. Elle consiste en des cours du soir accompagnés de stages.

 

Est-ce que tu fréquentes une bibliothèque en particulier ?

Je fréquente Vaclav Havel ! Je vais aussi à la bibliothèque François Truffaut (spécialisée dans le cinéma) et à la Bifi (la bibliothèque de la cinémathèque française). J’ai beaucoup fréquenté la bibliothèque de Paris VIII lors de mes études.

 

Pourquoi avoir choisi Vaclav Havel ?

Une amie à l’école m’en a parlé, elle avait fait un stage chez vous. Le 18ème est un quartier que j’habite et apprécie énormément.

 

Qu’est ce que tu aimerais particulièrement faire en bibliothèque ?

J’aimerais beaucoup m’occuper d’un fonds DVD et cinéma, mais je m’intéresse aussi à d’autres domaines : les sciences humaines ou la philosophie. Je fais ce stage en jeunesse pour m’initier davantage à cette partie du métier, que je connais un peu moins. J’ai pu m’occuper des animations entre les parents et les enfants. Et puis je me suis aperçue qu’une bibliothèque peut travailler en partenariat, en complément avec l’école, lors de l’accueil des crèches par exemple.

 

Pourquoi avoir choisi le métier de bibliothécaire ?

J’ai connu une première expérience comme vacataire dans une bibliothèque universitaire, à Paris 8. J’aime beaucoup les livres et la médiation en particulier. C’est pour cela qu’au départ je voulais être professeur, par désir de transmettre la culture. Je me rends compte que le travail de bibliothécaire est un métier diversifié, il comprend le contact avec les gens, mais aussi ce qu’il ne se voit pas : l’organisation, la gestion, le choix des livres. Il se divise entre service public et travail de bureau. Il y a aussi quelque chose que j’aime bien : la surprise, les usagers ont souvent des besoins différents et il faut alors répondre à leur demande particulière. Il s’agit alors d’élargir leur champ de recherche, ou de leur donner les bons outils pour qu’ils puissent trouver la ressource adaptée. J’aime aussi le côté « travail manuel », qui ne consiste pas seulement à équiper des livres, mais aussi à les réparer.

 

Tu as ressenti des particularités propres à Vaclav Havel ?

Elle fait déjà partie intégrante d’un quartier très mixte, et connaît donc un public hétérogène. Elle se consacre beaucoup aux animations pour les jeunes, en témoigne par exemple le service jeu vidéo. On a peut-être moins tendance à promouvoir directement la lecture, et de remplir davantage une mission de lien social, notamment pour les jeunes qui ne partent pas en vacances. Mais le fait de les accueillir de cette façon crée une relation de confiance avec les jeunes, j’ai déjà noué des contacts avec eux. C’est peut-être à partir de cette relation de confiance qu’on peut leur faire découvrir progressivement la lecture. Cette bibliothèque est un vrai point de rencontre, en tout cas, c’est un lieu où l’on vient ne pas simplement rechercher un livre.

 

Du coup, le métier de bibliothécaire, c’est une formation permanente ?

Les qualités d’un bibliothécaire d’il y a 20 ans sont différentes. On mise peut-être moins sur la quantité de connaissances : mais sur l’envie et le désir de transmettre. Le métier de bibliothécaire dépend aussi de l’évolution du public. Les cours de langues qu’on propose ici, c’est d’une certaine façon s’adapter à ces nouveaux publics. Une bibliothèque doit prendre en compte tous les besoins locaux de la population qui l’entoure.

 

Il y a quelque chose que tu as particulièrement aimé à Vaclav Havel ?

Le café est excellent ! Plus sérieusement, j’ai été très bien accueillie par l’équipe. Il y a une très bonne ambiance de travail, un vrai travail collectif, et l’équipe a développé une vraie solidarité.

 

Et quelque chose que tu as moins aimé ?

Je pense qu’on pourrait améliorer le classement des DVD, isoler les spectacles des films, pour qu’il y ait une meilleure visibilité.

 

Et enfin, si tu devais donner un mot pour qualifier le métier de bibliothécaire ?

Sexy ! Polyvalent. Plein de surprises. Enthousiasmant. Épanouissant. Et voilà.

 

Merci pour cette interview 🙂

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Retour sur les photogrammes autour de l’herbier

Quand les collègues de l’action culturelle ont demandé à l’équipe si quelqu’un souhaitait mettre en place une animation avec Vergers Urbains, je me suis tout de suite proposée ! Imaginer une activité autour de la botanique me permettait de faire partager mon goût pour les herbiers, surtout ceux photographiques. En effet, j’avais découvert, quelques années auparavant, les images d’Anna Atkins, de magnifiques cyanotypes de divers végétaux. Je savais que nous pouvions nous procurer du papier photosolaire pour l’occasion. Le procédé, très simple à réaliser, a mobilisé un après-midi et a remporté un certain succès tant chez les usagers présents à l’animation que chez nos followers sur les réseaux sociaux.

Je vous livre ici les réalisations de nos participants.

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Vous pouvez également revoir les photos de l’atelier sur notre page facebook.

 

Gwénaëlle

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The Predator ou à raison mais surtout à tort

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Détails : C’est un film américain, quatrième de la licence Predator après Predator, Predator 2, Predators. On peut rajouter Alien vs Predator qui est un cross-over entre Alien et Predator mais pas Alien vs Predator : Requiem parce que ce film n’existe pas VOUS M’ENTENDEZ, IL N’EXISTE PAS.

Genre : Predator-peur. Predatorture. J’en ai plein comme ça, me cherchez pas.

L’histoire : Ca commence par un super soldat sniper joué par un Channing Tatum low-cost qui doit tuer un narcotrafiquant qui rencontre un autre narcotrafiquant avec des otages sous un lampadaire en pleine jungle mexicaine. Déjà tu sens que c’est pas bien barré. Mais voilà que ses plans d’éclatage de tête sont contrariés par l’arrivée d’un vaisseau assez kitchouille qui vient de s’échapper d’une bataille spatiale au budget d’un épisode de Alf.

Bon dedans y’a un prédator qui du coup décime l’équipe de Patatum avec ses armes high-tech, ce qui est débile puisqu’on apprendra plus tard qu’il est venu sauver l’humanité des autres prédateurs. Patatum je sais plus comment le descend mais il est pas mort mais il lui vole ses armes.

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Ça a changé la Lucha libre…

Patatum s’enfuit donc et s’en va dans un pays latino quelconque pour se cacher de l’armée américaine parce qu’il a compris pouf pouf comme ça que celle-ci voudrait étouffer l’affaire et le supprimer pour voler le vaisseau en plastoque du Predator. Il avait déjà vu des nanars sûrement. D’ailleurs ils le rattrapent et le mettent dans un bus avec d’autres militaires fous ce qui est prétexte à diverses blagues.

Bref je vous passe les détails mais en gros il envoie le matériel qu’il a volé à son fils (Il l’envoie à son fils hein, il le vole pas à son fils, il le vole au predator) autiste qui du coup l’utilise et après y’a un encore plus gros Predator qui arrive et veut tuer tout le monde dont le premier Predator qui en fait était gentil. Y’a plein de marines qui meurent, des méchants caricaturaux et Patatum rencontre une meuf qui est une scientifique mais comme ça tout à coup on sait pas pourquoi elle sait utiliser plein d’armes et se battre comme une championne de Krav Maga. D’ailleurs elle est quand même assez c**** parce qu’elle a remarqué que le Predator ne tuait que les gens armés mais elle restera avec son flingue inoffensif tout le film dans la main.

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On sent bien que tout le monde s’en fout un peu de ce film, personne n’est vraiment concerné.

Ce que j’en ai pensé : Pas du bien. Perso j’adore le premier film de John Mc Tiernan qui est une petite merveille de mise en ambiance et de survival musclé dans la jungle avec Schwarzie au top et le magnifique Carl Weathers qui sue beaucoup. Ici, il ne se passe rien d’intéressant. A part quelques second rôles, tout est assez plat et le Predator a beau être deux fois plus grand qu’avant il fait plus du tout peur.

Ce qui est assez irritant pour moi c’est cette volonté de tout expliquer dans un pur syndrome Independence Day 2 : pourquoi ils viennent, ce qu’ils cherchent, et d’inscrire le tout dans un univers étendu alors que le mystère du premier Predator était entier et le format one-shot survival excellent. Ici, on sait déjà qu’il y aura une suite et qu’elle nous racontera cette fameuse guerre inter-espèce qu’on nous a vendue.

Ma note : J’en mets pas. J’en ai marre de cette société de note. En fait si, je vais mettre 5/5 comme je mets 5/5 à tout pour que les gens qu’on note perdent pas leur emploi. Du coup le Predator était un peu nul mais au moins il pourra continuer à prédater. Enfin quand même il est très nul parce qu’au lieu de tuer le Tatum de pacotille alors qu’il en a 5524 fois l’occase, il fait que lui mettre des petites claques.

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La nouvelle brigade de Patatum, on sent une grosse envie de créer du cinéma.

 

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Club des lecteurs, spéciale Voie des Indés

Ce samedi 20 octobre, le Club des lecteurs mettait à l’honneur la maison d’édition Le Nouvel Attila, partenaire de notre cycle Voie des Indés consacré à l’édition indépendante.

Littératures étranges et étrangères… Le nouvel Attila cultive les genres inclassables et les mauvaises herbes littéraires, en proposant traductions, rééditions de trésors oubliés, et quelques auteurs français choisis.

A raison de 6 ou 8 livres par an, fruit de la rencontre et du travail entre un auteur (ou son traducteur), un dessinateur et un graphiste, Le Nouvel Attila tente de tisser des passerelles entre les textes et de donner un sens au mot « catalogue ».

Après une digression sur les bienfaits et les déboires de la vie à la campagne et à Paris, les participants ont présenté leurs lectures choisies parmi une sélection de romans parus aux éditions du Nouvel Attila, et quelques autres qui ont particulièrement attiré leur attention.

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Uwe Timm, L’homme au grand-bi, Le Nouvel Attila (Sylvie)

Dans un village de Bavière, le naturaliste Schroeder s’établit en apportant avec lui une nouvelle invention : le grand-bi, ou l’ancêtre de la bicyclette. Cette invention va bouleverser la vie du village et apporter une véritable révolution. Nous lisons ici une version sportive de la querelle des Anciens et des Modernes. Le roman est bien écrit, frais, les personnages sont attachants. C’est drôle et parfois même surréaliste.

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Christopher Boucher, Comment élever votre Volkswagen, Le Nouvel Attila (Sylvie)

Un jeune journaliste doit élever seul son fils. Le problème : il s’agit d’une Volkswagen, modèle Coccinelle.  Sylvie n’en a lu qu’une page et n’a pas accroché. Livre-concept.

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Pierre Michon, La Grande Beune, Gallimard (Sylvie)

Lecture tentée car Pierre Michon avait été porté aux nues par François Busnel mais c’est néanmoins une grande déception. Le roman est complètement dépassé, plus personne n’écrit comme ça de nos jours.

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Richard Powers, Le temps où nous chantions, 10/18 (Sylvie)

Une bonne lecture pour apprendre quelque chose sur la société américaine et le racisme.

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Chimamanda Ngozi Adichie, Americanah, Gallimard (Christiane)

Un roman impressionnant, une lecture coup de poing. Ce roman éclaire parfaitement le lecteur sur ce qu’est être noir dans la société américaine.

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Gauz, Camarade Papa, Le Nouvel Attila (Frédérique)

A travers deux voix qui se répondent – un colon blanc à la fin du XIXe et un petit garçon de l’ère postcoloniale et mondialiste – Gauz nous livre une fresque coloniale inédite, tendre et humoristique. On apprécie l’inventivité de la langue, le regard de l’auteur sur la colonisation, des personnages tout en contrastes et la plume colorée et explosive de Gauz. La belle découverte de la rentrée littéraire !

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François Beaune, Omar et Greg, Le Nouvel Attila (Frédérique)

Un double témoignage très intéressant de deux personnalités que tout oppose, tous deux collaborateurs du FN pour diverses raisons, sur les raisons de ce rapprochement mais aussi sur les raisons qui les ont amenés à s’en éloigner. Loin des clichés nationalistes et extrémistes, Omar et Greg sont les visages d’une France ouvrière, délaissée par la République et en perte d’idéal. A travers ces deux voix, François Beaune interroge la citoyenneté, l’engagement militant et les « magouilles » politiques qui ne semblent épargner personne.

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Thibaut Klotz, L, Le Nouvel Attila (Mary)

Un livre très intrigant. La 4e de couverture prévient le lecteur qu’il est en présence d’un livre étrange. Les chapitres sont écrits de manière différente et certains sont imprimés en gris pâle, ce qui peut être rebutant. Mary n’avait pas fini de le lire au moment du club des lecteurs mais était prête à continuer sa lecture tant le roman l’intriguait. Un risque à prendre donc…

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Richard Powers, L’arbre-monde, Le Cherche Midi (Olivier)

Olivier a commencé à le lire et les premières pages sont passionnantes. On espère un compte-rendu plus poussé pour le prochain club des lecteurs.

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Didier Daeninckx, Caché dans la maison des fous, Bruno Doucey (Christiane)

En 1943, dans un asile, deux psychiatres combattent les mauvais traitements réservés aux fous et cachent les résistants blessés de la région. Un livre agréable à lire, quoique très triste. Il y a beaucoup d’humanité dans ce roman qui est remarquable. Il se lit très facilement et se transporte dans le métro car il s’agit d’un petit format.

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Olivier Bourdeaut, Pactum Salis, Finitude (Christiane)

Une grande déception pour ce deuxième roman de l’auteur de En attendant Bojangles.

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Colleen McCullough, Un autre nom pour l’amour, Belfond (Liliane)

L’histoire d’une infirmière partie sur une île du Pacifique s’occuper de soldats traumatisés par la guerre en 1945. Cette jeune femme est très appréciée de ses patients jusqu’à l’arrivée d’un beau jeune homme qui suscite la jalousie. Très bien écrit, un livre absolument formidable.

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Virginie Grimaldi, Tu comprendras quand tu seras plus grande, Fayard (Liliane)

Un roman léger et amusant. Beaucoup d’humanité et d’amour dans ce roman.

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Elizabeth Haran, Le pays du soleil rouge, L’Archipel (Liliane)

Un livre d’aventure en Australie. Des paysages exotiques et une héroïne qui doit lutter contre l’adversité pour trouver le bonheur.

Conclusion : un club des lecteurs toujours aussi animé et des participantes toujours aussi sympathiques et enthousiastes, sauf quand il s’agit de parler de trottinettes électriques. Rendez-vous le samedi 17 novembre pour le prochain club consacré aux coups de cœur et coups de griffe.

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10 livres pas mal mais pas non plus incroyables

Le 4 va vous faire halluciner…

 

Il est de ces livres dont la lecture change votre vie. Des écrivains si incroyables que leurs univers, créés sous vos yeux, ne vous quitte jamais vraiment longtemps. Nous avons tous connu ce moment déchirant où cet excipit odieux vous extirpe de force d’un monde dans lequel vous aviez investi tant de temps et de sentiments. Comme une rupture amoureuse ou la perte d’un être aimé, ces déchirements jamais vraiment ne se soignent.

Il existe pourtant une solution ! Ne plus lire ces odieux ouvrages qui vous donnent tant de peine.

C’est l’objet de cet article, recensant 10 livres que vous pourrez lire sans crainte de les quitter ou de les perdre dans le métro (sauf s’ils sont de la bibliothèque, car dans ce cas il faudra les rembourser) tant ils présentent un intérêt que nous qualifierons de limité.

 

1/ Sket dance.

 

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A noter que le titre lui se lit dans le sens occidental, c’est à n’y rien comprendre.

 

Sket dance est un manga. C’est-à-dire une Bande-dessinée japonaise. Comme c’est japonais c’est écrit dans l’autre sens et ainsi il faudra lire depuis la fin jusqu’au début, de droite à gauche et de bas en haut, ou l’inverse, ce qui représente un investissement certain en terme d’intelligence. Aussi, si d’aventure vous en étiez dépourvu, je vous déconseillerais la lecture de Sket dance. Cela dit je la déconseille à quiconque. D’après ce que je comprends en le feuilletant, Sket dance ne parle ni de danse ni de skate mais de collège. J’ai lu deux-trois cases et quelque soit le sens de lecture ça a l’air bof.

 

2/ Cent adresses futées pour parents débrouille.

 

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Si j’en crois la photo nous avons affaire à l’édition 1943, cent adresses futées pour collaborer.

 

Sous-titré : « tous les bons plans à petits prix pour habiller, bichonner et amuser vos enfants ». Tout un programme qui paraît à première vue très très triste, surtout si on regarde la couverture.

Vous le comprendrez aisément, ce livre est avant tout destiné aux gens qui possèdent des enfants. Sinon, il est fort inutile de fréquenter les adresses qui y sont recensées. Toutefois la discrimination ne s’arrête pas là car il faut également être un parent « débrouille » et donc faire des fautes de syntaxe car on utilise en temps normal un adjectif (débrouillards). Mais enfin je ne vous l’apprends pas. A noter que si ils étaient si futés que ça ils n’auraient pas besoin d’un fichu livre.

J’attire votre attention sur le fait que cette édition ne concerne que Paris, aussi y vivre est une condition sine qua non pour profiter de toutes ses subtilités.

J’ai toutefois appris qu’il y avait un « café poussette » dans le 9ème et qu’étant dépourvu de poussette je n’y avais pas ma place, cela méritait bien de lire ce livre.

 

3/ La bio de Sigebert III, roi d’Austrasie. Auteur inconnu.

 

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Un sacré rigolo ce Sigebert, ici en pleine montée de MDMA en train de porter son château.

 

 

Si elle existe, cette bio retranscrit les grandes années du roi surnommé qui a fait des trucs biens et d’autres moins top mais bon personne n’est parfait. Ce qui est sûr c’est que la lecture n’est pas des plus amusantes.

 

4/ Le fantôme d’à côté. RL Stine.

 

fantome

En vrai ça fait grave peur.

 

Pas le meilleur chair de poule, cette collection de livres d’horreurs pour enfant que je lisais lorsque j’étais  ce niveau de multiplication cellulaire particulièrement ingrat. Il raconte l’histoire d’un fantôme qui vit à côté. A côté de quoi ? Je ne m’en souviens pas, vous n’avez qu’à lire le livre. Ce qu’on peut être fainéant de nos jours.

 

5/ L’assimil Using French. Anthony Bulger.

 

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J’aimerais presque ne pas savoir parler français pour pouvoir utiliser ce beau livre.

Si vous ne parlez pas français, cette méthode présente l’intérêt de vous apprendre la langue de Molière. D’un autre côté vous ne le saurez jamais car vous ne pouvez pas déchiffrer cet article. C’est mal fait quand même.

 

6/ Le prochain Houellebecq. Michel Houellebecq.

 

houellebecq

Le livre n’ayant pas encore de couverture, j’ai d’autorité décidé de mettre une photo de fleur car j’aime son bleu.

Qui parlera de la chute de la civilisation, de la  montée de l’Islam politique et du sexe triste contemporain dans un style sans style. Il fera polémique et chacun le lira en cachette. On a hâte.

 

7/ Le Routard New-York 1999. Des routards.

 

nyc-1999

C’était quand même autre chose les couvertures à l’époque. Pour le contenu par contre c’est exactement le même.

Il n’est plus publié, ce qui est un désavantage car il vous faudra le chercher sur les quais de Seine en espérant le croiser sur l’étal d’un parisien. Si vous n’êtes pas parisien de toute façon je ne m’adresse même pas à vous.

Vous y trouverez par contre des indications sur des édifices qui n’existent plus. En plus comme c’est le Routard et qu’il n’est jamais mis à jour vous pouvez être sûr que les restaurants indiqués sont les mêmes que dans la version 2018 (et qu’ils étaient déjà fermés à l’époque.)

 

8/ Citizen Kane. Orson Welles.

 

citizen

Citizen Kane est un chef-d’œuvre absolu mais ce n’est pas un livre, c’est un film d’Orson Welles. A ne pas confondre avec H G Wells, un écrivain, ou encore la banque Fargo Wells qui n’a strictement rien à voir. Mais vous vous en doutiez. Cela dit ce titre n’a rien à faire dans ce classement et n’y est certainement que pour combler un vide dans l’imagination de l’auteur.

 

9/ Petit ours brun est en pleine descente d’héro. Auteur inconnu.

 

Close-Up Portrait Of Bear

J’ai mis un ours un peu joyeux parce que je trouvais pas de photo d’overdose d’ursidé.

Ce qui a de bien avec ce titre c’est qu’il n’existe pas et que vous n’aurez donc pas à vous en farcir la lecture. Enfin, ça change quand même de la banale histoire de l’ours qui cherche sa famille ou des potes pendant des heures d’album jeunesse à lire à votre enfant à l’intérieur d’une adresse futée. Ici, l’ours n’a aucun pote ni plus aucune famille car il est addict à l’héro. C’est un peu triste, j’en conviens. Cela dit l’image est forte et pourrait vous dissuader d’utiliser le produit susnominé s’il vous en venait l’envie. Cet article aura donc au moins eu ceci de positif.

 

10/ Mon roman que je suis en train d’écrire. Moi.

 

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Moi en pleine inspiration créatrice sur mes heures de travail.

Il est bien mais pas ouf pour le moment. En même temps je suis en train de l’écrire et il est loin d’être fini. Mais bon je le tease déjà pour bien marquer les esprits le jour où il sortira pour une rentrée littéraire avec 14785 autres premiers romans que personne ne lira et finiront dans des cartons dans une cave. C’est fort triste je crois que je vais abandonner et plutôt écrire des articles de blog.

 

 

 

 

 

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Retour d’expérience de Lucie à Vaclav Havel

terrasseCa y est, c’est la dernière semaine, les 3 derniers jours de mon stage… Ayant un Master Recherche en Histoire, certes je suis aujourd’hui à l’école des Chartes mais j’ai conservé cette habitude de présenter les choses dans leur contexte et chronologiquement.

Courant du mois d’avril, j’ai un devoir à rendre sur le numérique dans les bibliothèques. Je décide de me rendre à Vaclàv Havel. Auparavant, j’ai regardé sur internet ce qui se dit, ce qui se fait. Et il va bien falloir que je justifie mon choix auprès de mon professeur. Bon, d’accord il y a des archives (je suis en spécialité archives) qui plus est, elles sont numériques, les conditions requises sont donc réunies. Oui mais, pourquoi cette bibliothèque en particulier ? Tout simplement pour ce qui s’y passe, parce qu’à Vaclàv j’ai l’impression qu’il y a un challenge, un travail à faire et à mettre en valeur. Ce n’est pas une bibliothèque aussi médiatisée que la Canopée par exemple (ou alors pas pour les mêmes raisons), et pourtant le projet qu’elle porte sur la Chapelle Numérique est une ambition qui m’enthousiasme tout de suite. En me rendant sur place, il se trouve que les premières impressions que j’avais eues derrière mon écran se confirment. Animée par la passion du quartier, quelques personnes collectent des archives sur la Chapelle. Et Hegel avait raison quand il disait que « rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion ». Personne n’a rien demandé, ce n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de mission primaire dans une bibliothèque et pourtant c’est là, animé par les agents du pôle numérique.

Sur place, je fais le tour de la bibliothèque, j’observe et j’y vois un lieu pensé pour ses lecteurs et pour ses occupants (tous les occupants ne sont pas lecteurs, et tous les lecteurs n’occupent pas les lieux). A quartier animé, bibliothèque animée. L’image d’Épinal de la bibliothèque silencieuse où l’on entendrait les mouches voler, vole, justement, en éclats ! Je demande à rencontrer le responsable du pôle numérique, on me fait patienter pour finalement rencontrer Julien. Après quelques questions et une rapide présentation de la Chapelle Numérique nous sommes amenés à discuter de la visibilité de cette dernière et de la faisabilité d’en faire une base de données numérique. On parle d’Omeka et de métadonnées ainsi que du manque de moyens humains et pour blaguer je finis par lui dire qu’il devrait prendre en stage un étudiant de l’école des Chartes. Il prend mon adresse mail et on se dit au revoir. Quelques semaines plus tard je reçois un mail, il est d’accord pour me prendre en stage à raison de 3 jours par semaine pendant 2 mois. C’est parti pour l’aventure Vaclàv Havel ! Je n’aurais sûrement pas osé provoquer ainsi mon stage dans une autre bib’, mais ce que j’ai vu à Vaclàv Havel, sur le plan humain, m’a aidé à me lancer. On ne perd jamais rien à essayer.

Le 2 août mon stage commence, les collègues ont prévu un repas de bienvenue, je suis plongée tout de suite dans l’ambiance et avec un tel accueil chaleureux, les 2 mois promettent de passer vite. Après une présentation de la bibliothèque et du fonctionnement du service public on fixe les objectifs du stage : faire des métadonnées et co-organiser/animer une balade dans le quartier de la Chapelle. L’objectif des métadonnées (qui est plus ma spécialité que la médiation culturelle) est de créer une base de données numérique pour mettre en valeur les fonds d’archives numériques collectés sur le quartier de la Chapelle. Dead-line fixée pour le 29 septembre (jour de mon départ). Pour la balade commentée la date est arrêtée au 22 septembre. J’ai donc 2 mois pour préparer et faire une visite et commencer à tracer les contours d’une base de données, mission accepted. Un bon mois de recherches fut nécessaire, entre la consultation de nos propres archives comme les articles de journaux ou photographies et dessins, la recherche de Unes sensationnelles pour illustrer nos propos et la consultation d’un dossier judiciaire aux archives de Paris sans oublier la lecture de nombreux ouvrages (littéraires comme Zola, l’Assommoir ou historiques comme Dominique Kalifa, Crime et culture au XIXe siècle[1]). Quelques répétitions plus tard, nous étions « prêtes » pour le jour-J. En parallèle, il a fallu « construire » des tableaux de métadonnées types que je vais laisser « en héritage » à mes collègues, à charge pour eux de les remplir. La route est longue avant la création définitive d’une base de données, mais nous avons commencé à tracer le chemin. 2 mois à 20h par semaine ne furent pas suffisants pour aller au-delà de l’embryon, mais il reste du travail à faire pour de futurs stagiaires en numérique, so let’s work !

Bilan : Vaclàv ça a été la découverte (totale) du monde des bibliothèques et pour quelqu’un qui ne se destinait qu’au monde des archives (comme moi) ça a ébranlé mes certitudes. Ca a été aussi l’occasion de se sentir utile à travers l’accueil fait aux migrants. Plus d’une fois, je suis repartie le soir en ayant eu la certitude d’avoir fait un geste, même minime, pour eux. Enfin, ce fut surtout  l’occasion de rencontrer des gens extraordinaires et de travailler avec une équipe qui n’a pas peur de retrousser ses manches pour aller au-delà du travail qu’on attend d’elle. Bref, en plus d’une expérience professionnelle enrichissante, ce fut véritablement une expérience humaine fantastique.

[1] Dominique Kalifa, Crime et culture au XIXe siècle, Perrin, Paris, 2005

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Le grand après-midi Casino

Le 16 mai c’était le Grand après-midi Casino à la bibliothèque!accueil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Menu des ados

Le mercredi précédent, les enfants du J+ (club pour les 5-12 ans, chaque mercredi à 15h) avaient fabriqué des nœuds papillons en papier crépon pour habiller les futurs participants et les ados du 12+ (club des plus de 12 ans, chaque mercredi à 16h) ont imaginé les stands qu’ils pourraient tenir et leur disposition dans la salle, appris à gérer les mises et les billets et inventé la carte des boissons.

Le jour J, tout le monde (ou presque) avait fait l’effort de venir habillé de ses plus beaux atours, bibliothécaires comme apprentis croupiers : de belles chemises, des vestes de costumes, de superbes robes, du maquillage, des chapeaux, même une cravate et un nœud papillon!

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le stand à succès du bras de fer

 

 

Un groupe a géré la buvette et la banque, avec quelques autorisations de crédit, tandis que les ados s’alternaient sur les stands. La salle jeux vidéo a vite été remplie d’une cinquantaine d’enfants et d’adolescents qui s’amusaient follement. Ils pouvaient dépenser leurs mises gagnées à la buvette en boissons et gâteaux !

Merci et bravo aux ados qui ont géré les stands avec brio en toute autonomie!

casino

Ça strike !

kimvue

Saurez-vous redonner tous les objets dans le bon ordre une fois le théâtre fermé?

poker

On ne blague pas au poker…

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Interview croisée de Laurie et Clément, tous les deux en service civique à la bibliothèque.

Laurie est en mission « main tendue » et Clément est « coup de pouce ».

Clément, coup de pouce à la bibliothèque

Clément, « coup de pouce » à la bibliothèque

Laurie : Clément en quoi consiste ton travail à la bibliothèque ?

Clément : Je suis « coup de pouce », je fais de l’aide scolaire pour les enfants des écoles et collèges alentours et j’aide aussi pour les événements comme le mardi ludique, un rendez-vous autour des jeux de société le mardi à 17h30. Je joue avec les enfants aux jeux vidéo aussi !

Qu’est-ce qu’un service civique ?

C’est une bonne question. Pour moi c’est du volontariat, ce n’est pas quelque chose que tu fais pour combler un trou dans tes études, un blanc, mais tu le fais pour découvrir quelque chose auquel tu n’aurais pas accès sinon. C’est intéressant car tu agis dans des domaines d’aide, de soutien, de mise en place d’événements, du social. C’est un domaine auquel je n’aurais jamais touché sans ça car je veux faire des études de comptabilité.

Quels sont tes horaires au sein de la bibliothèque ?

Alors ce sont des horaires un peu « chelou » : 15h-19h le mardi et le jeudi, 14h-19h le mercredi, 14h-18h le vendredi et le samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail ? Et qu’est-ce que tu aimes moins ?

Il n’y a pas grand-chose que je n’aime pas. Je peux pas ne pas aimer. J’aime bien travailler avec les enfants, jouer aux jeux vidéo, la lecture… Donc par rapport à ce que j’aime moi, il n’y a pas de raison qu’il y ait un truc que j’aime moins. S’il y a un truc que j’aime vraiment dans cette bibliothèque là, c’est l’ambiance, assez incroyable. Je suis habitué aux bibliothèques « classiques », avec un grand silence et la vieille bibliothécaire qui arrive avec son bouquin. Ici c’est très différent, ne serait-ce que par les activités qui sont proposées, sans parler de la salle jeux vidéo : les jeux de société, la cabane, la confection de masques, la table de ping-pong, les conférences sur les planètes… Il y a tellement de choses variées que ça donne envie d’y aller.

C’est vrai je te rejoins sur ce point car je ne suis pas trop « bibliothèque ». Les seules fois où j’y suis allée c’est très froid, très calme mais ici c’est tellement humain ! C’est chaleureux, y’a plein de gens, on rigole, on parle.

Avant, je ne supportais pas d’aller en bibliothèque. L’année du bac je rentrais dans la bibliothèque mais au bout de 5 minutes je partais et j’allais réviser au parc parce que je ne supportais pas l’ambiance.

S’il y en a, quelles sont pour toi les difficultés du métier ?

Il y en a mais plutôt liées à mes capacités qu’à mes missions. Je dois faire de l’aide scolaire et le problème c’est que tous les élèves ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement et du coup c’est compliqué de leur faire comprendre tous de la même façon. Comme il y a beaucoup d’élèves tu essayes d’aller un peu vite pour essayer de tous les aider mais c’est difficile à cette vitesse. Il faut raccourcir et faire plutôt de la méthode.

Je suis un peu dans le même cas que toi…

Et pour finir, quelles qualités faut-il avoir dans ce travail ?

Il faut être patient et capable de voir plusieurs façons d’enseigner la même chose. Les enfants vont tous venir plus ou moins pour la même chose en même temps. Sur deux semaines, j’ai eu une dizaine d’enfants qui venaient pour Pythagore. Comme ils ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement il faut trouver autre chose pour leur faire comprendre. Certains disent qu’ils ont compris mais quand tu lances l’exercice ils ne comprennent rien. Il y a aussi des élèves qui adorent lancer des débats inutiles. Ils lancent un débat, parlent et ne veulent pas écouter.

Laurie, "main tendue" à la bibliothèque

Laurie, « main tendue » à la bibliothèque

Et toi Laurie, que fais-tu à la bibliothèque ?

Je donne des cours de français à des réfugiés, des migrants non francophones, je leur donne des exercices, je mets en place des ateliers de dialogue et je participe parfois à la parlotte, un atelier de conversation qui a lieu le mardi à 17h30. Je suis au 1er étage dans la salle allegro ou je suis assise à une table dans l’espace BD. J’essaye de répondre aux demandes de ce public pour l’apprentissage du français. Chacun a un niveau différent, certains parlent un peu français, d’autres pas du tout.

Ce n’est pas trop compliqué pour vous comprendre ?

On essaye de s’adapter, de demander des traductions, d’utiliser des mots-clé.

Tu as commencé quand et quels sont tes horaires ?

J’ai commencé en novembre et je suis là de 14h à 18h du mardi au samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ce travail ?

J’aime que les personnes avec lesquelles je travaille aient vraiment envie de travailler. Quand ils sont là pour préparer l’examen du DELF (diplôme d’études en langue française) et qu’ils reviennent pour me dire qu’ils ont eu leur diplôme, c’est vraiment gratifiant ! Au sein de la bibliothèque, j’aime le côté chaleureux, humain qui fait qu’on a envie de venir travailler. Je n’y vais pas à reculons, je suis même tout le temps en avance et je suis tellement à fond que je ne vois pas l’heure tourner!

Moi je n’ai jamais réussi à être en avance ! Qu’est-ce que tu aimes moins ?

C’est le manque de place, c’est vraiment compliqué quand il y a du monde. On attrape une table, une chaise par-ci, par là…

Quelles études as-tu faites ?

J’ai un Bac pro commerce et j’ai fait une année en alternance Management des unités commerciales mais j’ai arrêté parce que ce que ce que je faisais en entreprise ne correspondait plus aux théories que je voyais en cours et j’ai voulu changer de filière. On m’a dit que ce n’était pas possible mais comme je préférais ce que je faisais en pratique plutôt qu’en cours j’ai arrêté. Je me suis alors orientée vers le service civique, que je ne connaissais vraiment pas.

Moi non plus je ne connaissais pas du tout mais comme je n’ai pas eu les écoles que je voulais, des amis m’ont renseigné sur le service civique.

A la base je devais travailler à l’accueil d’une mairie mais il y a eu un souci de places et on m’a proposé la bibliothèque Vaclav Havel. Je ne regrette vraiment pas. Je n’aurais jamais imaginé faire ça et travailler dans une bibliothèque. Cette expérience m’a donné envie de devenir professeure de FLE ou bibliothécaire mais j’aimerais travailler ici là car je ne pense pas qu’il existe d’autres bibliothèques comme ça.

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