10 livres pas mal mais pas non plus incroyables

Le 4 va vous faire halluciner…

 

Il est de ces livres dont la lecture change votre vie. Des écrivains si incroyables que leurs univers, créés sous vos yeux, ne vous quitte jamais vraiment longtemps. Nous avons tous connu ce moment déchirant où cet excipit odieux vous extirpe de force d’un monde dans lequel vous aviez investi tant de temps et de sentiments. Comme une rupture amoureuse ou la perte d’un être aimé, ces déchirements jamais vraiment ne se soignent.

Il existe pourtant une solution ! Ne plus lire ces odieux ouvrages qui vous donnent tant de peine.

C’est l’objet de cet article, recensant 10 livres que vous pourrez lire sans crainte de les quitter ou de les perdre dans le métro (sauf s’ils sont de la bibliothèque, car dans ce cas il faudra les rembourser) tant ils présentent un intérêt que nous qualifierons de limité.

 

1/ Sket dance.

 

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A noter que le titre lui se lit dans le sens occidental, c’est à n’y rien comprendre.

 

Sket dance est un manga. C’est-à-dire une Bande-dessinée japonaise. Comme c’est japonais c’est écrit dans l’autre sens et ainsi il faudra lire depuis la fin jusqu’au début, de droite à gauche et de bas en haut, ou l’inverse, ce qui représente un investissement certain en terme d’intelligence. Aussi, si d’aventure vous en étiez dépourvu, je vous déconseillerais la lecture de Sket dance. Cela dit je la déconseille à quiconque. D’après ce que je comprends en le feuilletant, Sket dance ne parle ni de danse ni de skate mais de collège. J’ai lu deux-trois cases et quelque soit le sens de lecture ça a l’air bof.

 

2/ Cent adresses futées pour parents débrouille.

 

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Si j’en crois la photo nous avons affaire à l’édition 1943, cent adresses futées pour collaborer.

 

Sous-titré : « tous les bons plans à petits prix pour habiller, bichonner et amuser vos enfants ». Tout un programme qui paraît à première vue très très triste, surtout si on regarde la couverture.

Vous le comprendrez aisément, ce livre est avant tout destiné aux gens qui possèdent des enfants. Sinon, il est fort inutile de fréquenter les adresses qui y sont recensées. Toutefois la discrimination ne s’arrête pas là car il faut également être un parent « débrouille » et donc faire des fautes de syntaxe car on utilise en temps normal un adjectif (débrouillards). Mais enfin je ne vous l’apprends pas. A noter que si ils étaient si futés que ça ils n’auraient pas besoin d’un fichu livre.

J’attire votre attention sur le fait que cette édition ne concerne que Paris, aussi y vivre est une condition sine qua non pour profiter de toutes ses subtilités.

J’ai toutefois appris qu’il y avait un « café poussette » dans le 9ème et qu’étant dépourvu de poussette je n’y avais pas ma place, cela méritait bien de lire ce livre.

 

3/ La bio de Sigebert III, roi d’Austrasie. Auteur inconnu.

 

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Un sacré rigolo ce Sigebert, ici en pleine montée de MDMA en train de porter son château.

 

 

Si elle existe, cette bio retranscrit les grandes années du roi surnommé qui a fait des trucs biens et d’autres moins top mais bon personne n’est parfait. Ce qui est sûr c’est que la lecture n’est pas des plus amusantes.

 

4/ Le fantôme d’à côté. RL Stine.

 

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En vrai ça fait grave peur.

 

Pas le meilleur chair de poule, cette collection de livres d’horreurs pour enfant que je lisais lorsque j’étais  ce niveau de multiplication cellulaire particulièrement ingrat. Il raconte l’histoire d’un fantôme qui vit à côté. A côté de quoi ? Je ne m’en souviens pas, vous n’avez qu’à lire le livre. Ce qu’on peut être fainéant de nos jours.

 

5/ L’assimil Using French. Anthony Bulger.

 

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J’aimerais presque ne pas savoir parler français pour pouvoir utiliser ce beau livre.

Si vous ne parlez pas français, cette méthode présente l’intérêt de vous apprendre la langue de Molière. D’un autre côté vous ne le saurez jamais car vous ne pouvez pas déchiffrer cet article. C’est mal fait quand même.

 

6/ Le prochain Houellebecq. Michel Houellebecq.

 

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Le livre n’ayant pas encore de couverture, j’ai d’autorité décidé de mettre une photo de fleur car j’aime son bleu.

Qui parlera de la chute de la civilisation, de la  montée de l’Islam politique et du sexe triste contemporain dans un style sans style. Il fera polémique et chacun le lira en cachette. On a hâte.

 

7/ Le Routard New-York 1999. Des routards.

 

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C’était quand même autre chose les couvertures à l’époque. Pour le contenu par contre c’est exactement le même.

Il n’est plus publié, ce qui est un désavantage car il vous faudra le chercher sur les quais de Seine en espérant le croiser sur l’étal d’un parisien. Si vous n’êtes pas parisien de toute façon je ne m’adresse même pas à vous.

Vous y trouverez par contre des indications sur des édifices qui n’existent plus. En plus comme c’est le Routard et qu’il n’est jamais mis à jour vous pouvez être sûr que les restaurants indiqués sont les mêmes que dans la version 2018 (et qu’ils étaient déjà fermés à l’époque.)

 

8/ Citizen Kane. Orson Welles.

 

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Citizen Kane est un chef-d’œuvre absolu mais ce n’est pas un livre, c’est un film d’Orson Welles. A ne pas confondre avec H G Wells, un écrivain, ou encore la banque Fargo Wells qui n’a strictement rien à voir. Mais vous vous en doutiez. Cela dit ce titre n’a rien à faire dans ce classement et n’y est certainement que pour combler un vide dans l’imagination de l’auteur.

 

9/ Petit ours brun est en pleine descente d’héro. Auteur inconnu.

 

Close-Up Portrait Of Bear

J’ai mis un ours un peu joyeux parce que je trouvais pas de photo d’overdose d’ursidé.

Ce qui a de bien avec ce titre c’est qu’il n’existe pas et que vous n’aurez donc pas à vous en farcir la lecture. Enfin, ça change quand même de la banale histoire de l’ours qui cherche sa famille ou des potes pendant des heures d’album jeunesse à lire à votre enfant à l’intérieur d’une adresse futée. Ici, l’ours n’a aucun pote ni plus aucune famille car il est addict à l’héro. C’est un peu triste, j’en conviens. Cela dit l’image est forte et pourrait vous dissuader d’utiliser le produit susnominé s’il vous en venait l’envie. Cet article aura donc au moins eu ceci de positif.

 

10/ Mon roman que je suis en train d’écrire. Moi.

 

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Moi en pleine inspiration créatrice sur mes heures de travail.

Il est bien mais pas ouf pour le moment. En même temps je suis en train de l’écrire et il est loin d’être fini. Mais bon je le tease déjà pour bien marquer les esprits le jour où il sortira pour une rentrée littéraire avec 14785 autres premiers romans que personne ne lira et finiront dans des cartons dans une cave. C’est fort triste je crois que je vais abandonner et plutôt écrire des articles de blog.

 

 

 

 

 

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Retour d’expérience de Lucie à Vaclav Havel

terrasseCa y est, c’est la dernière semaine, les 3 derniers jours de mon stage… Ayant un Master Recherche en Histoire, certes je suis aujourd’hui à l’école des Chartes mais j’ai conservé cette habitude de présenter les choses dans leur contexte et chronologiquement.

Courant du mois d’avril, j’ai un devoir à rendre sur le numérique dans les bibliothèques. Je décide de me rendre à Vaclàv Havel. Auparavant, j’ai regardé sur internet ce qui se dit, ce qui se fait. Et il va bien falloir que je justifie mon choix auprès de mon professeur. Bon, d’accord il y a des archives (je suis en spécialité archives) qui plus est, elles sont numériques, les conditions requises sont donc réunies. Oui mais, pourquoi cette bibliothèque en particulier ? Tout simplement pour ce qui s’y passe, parce qu’à Vaclàv j’ai l’impression qu’il y a un challenge, un travail à faire et à mettre en valeur. Ce n’est pas une bibliothèque aussi médiatisée que la Canopée par exemple (ou alors pas pour les mêmes raisons), et pourtant le projet qu’elle porte sur la Chapelle Numérique est une ambition qui m’enthousiasme tout de suite. En me rendant sur place, il se trouve que les premières impressions que j’avais eues derrière mon écran se confirment. Animée par la passion du quartier, quelques personnes collectent des archives sur la Chapelle. Et Hegel avait raison quand il disait que « rien de grand ne s’est accompli dans le monde sans passion ». Personne n’a rien demandé, ce n’est pas ce que l’on pourrait qualifier de mission primaire dans une bibliothèque et pourtant c’est là, animé par les agents du pôle numérique.

Sur place, je fais le tour de la bibliothèque, j’observe et j’y vois un lieu pensé pour ses lecteurs et pour ses occupants (tous les occupants ne sont pas lecteurs, et tous les lecteurs n’occupent pas les lieux). A quartier animé, bibliothèque animée. L’image d’Épinal de la bibliothèque silencieuse où l’on entendrait les mouches voler, vole, justement, en éclats ! Je demande à rencontrer le responsable du pôle numérique, on me fait patienter pour finalement rencontrer Julien. Après quelques questions et une rapide présentation de la Chapelle Numérique nous sommes amenés à discuter de la visibilité de cette dernière et de la faisabilité d’en faire une base de données numérique. On parle d’Omeka et de métadonnées ainsi que du manque de moyens humains et pour blaguer je finis par lui dire qu’il devrait prendre en stage un étudiant de l’école des Chartes. Il prend mon adresse mail et on se dit au revoir. Quelques semaines plus tard je reçois un mail, il est d’accord pour me prendre en stage à raison de 3 jours par semaine pendant 2 mois. C’est parti pour l’aventure Vaclàv Havel ! Je n’aurais sûrement pas osé provoquer ainsi mon stage dans une autre bib’, mais ce que j’ai vu à Vaclàv Havel, sur le plan humain, m’a aidé à me lancer. On ne perd jamais rien à essayer.

Le 2 août mon stage commence, les collègues ont prévu un repas de bienvenue, je suis plongée tout de suite dans l’ambiance et avec un tel accueil chaleureux, les 2 mois promettent de passer vite. Après une présentation de la bibliothèque et du fonctionnement du service public on fixe les objectifs du stage : faire des métadonnées et co-organiser/animer une balade dans le quartier de la Chapelle. L’objectif des métadonnées (qui est plus ma spécialité que la médiation culturelle) est de créer une base de données numérique pour mettre en valeur les fonds d’archives numériques collectés sur le quartier de la Chapelle. Dead-line fixée pour le 29 septembre (jour de mon départ). Pour la balade commentée la date est arrêtée au 22 septembre. J’ai donc 2 mois pour préparer et faire une visite et commencer à tracer les contours d’une base de données, mission accepted. Un bon mois de recherches fut nécessaire, entre la consultation de nos propres archives comme les articles de journaux ou photographies et dessins, la recherche de Unes sensationnelles pour illustrer nos propos et la consultation d’un dossier judiciaire aux archives de Paris sans oublier la lecture de nombreux ouvrages (littéraires comme Zola, l’Assommoir ou historiques comme Dominique Kalifa, Crime et culture au XIXe siècle[1]). Quelques répétitions plus tard, nous étions « prêtes » pour le jour-J. En parallèle, il a fallu « construire » des tableaux de métadonnées types que je vais laisser « en héritage » à mes collègues, à charge pour eux de les remplir. La route est longue avant la création définitive d’une base de données, mais nous avons commencé à tracer le chemin. 2 mois à 20h par semaine ne furent pas suffisants pour aller au-delà de l’embryon, mais il reste du travail à faire pour de futurs stagiaires en numérique, so let’s work !

Bilan : Vaclàv ça a été la découverte (totale) du monde des bibliothèques et pour quelqu’un qui ne se destinait qu’au monde des archives (comme moi) ça a ébranlé mes certitudes. Ca a été aussi l’occasion de se sentir utile à travers l’accueil fait aux migrants. Plus d’une fois, je suis repartie le soir en ayant eu la certitude d’avoir fait un geste, même minime, pour eux. Enfin, ce fut surtout  l’occasion de rencontrer des gens extraordinaires et de travailler avec une équipe qui n’a pas peur de retrousser ses manches pour aller au-delà du travail qu’on attend d’elle. Bref, en plus d’une expérience professionnelle enrichissante, ce fut véritablement une expérience humaine fantastique.

[1] Dominique Kalifa, Crime et culture au XIXe siècle, Perrin, Paris, 2005

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Le grand après-midi Casino

Le 16 mai c’était le Grand après-midi Casino à la bibliothèque!accueil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Menu des ados

Le mercredi précédent, les enfants du J+ (club pour les 5-12 ans, chaque mercredi à 15h) avaient fabriqué des nœuds papillons en papier crépon pour habiller les futurs participants et les ados du 12+ (club des plus de 12 ans, chaque mercredi à 16h) ont imaginé les stands qu’ils pourraient tenir et leur disposition dans la salle, appris à gérer les mises et les billets et inventé la carte des boissons.

Le jour J, tout le monde (ou presque) avait fait l’effort de venir habillé de ses plus beaux atours, bibliothécaires comme apprentis croupiers : de belles chemises, des vestes de costumes, de superbes robes, du maquillage, des chapeaux, même une cravate et un nœud papillon!

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le stand à succès du bras de fer

 

 

Un groupe a géré la buvette et la banque, avec quelques autorisations de crédit, tandis que les ados s’alternaient sur les stands. La salle jeux vidéo a vite été remplie d’une cinquantaine d’enfants et d’adolescents qui s’amusaient follement. Ils pouvaient dépenser leurs mises gagnées à la buvette en boissons et gâteaux !

Merci et bravo aux ados qui ont géré les stands avec brio en toute autonomie!

casino

Ça strike !

kimvue

Saurez-vous redonner tous les objets dans le bon ordre une fois le théâtre fermé?

poker

On ne blague pas au poker…

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Interview croisée de Laurie et Clément, tous les deux en service civique à la bibliothèque.

Laurie est en mission « main tendue » et Clément est « coup de pouce ».

Clément, coup de pouce à la bibliothèque

Clément, « coup de pouce » à la bibliothèque

Laurie : Clément en quoi consiste ton travail à la bibliothèque ?

Clément : Je suis « coup de pouce », je fais de l’aide scolaire pour les enfants des écoles et collèges alentours et j’aide aussi pour les événements comme le mardi ludique, un rendez-vous autour des jeux de société le mardi à 17h30. Je joue avec les enfants aux jeux vidéo aussi !

Qu’est-ce qu’un service civique ?

C’est une bonne question. Pour moi c’est du volontariat, ce n’est pas quelque chose que tu fais pour combler un trou dans tes études, un blanc, mais tu le fais pour découvrir quelque chose auquel tu n’aurais pas accès sinon. C’est intéressant car tu agis dans des domaines d’aide, de soutien, de mise en place d’événements, du social. C’est un domaine auquel je n’aurais jamais touché sans ça car je veux faire des études de comptabilité.

Quels sont tes horaires au sein de la bibliothèque ?

Alors ce sont des horaires un peu « chelou » : 15h-19h le mardi et le jeudi, 14h-19h le mercredi, 14h-18h le vendredi et le samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail ? Et qu’est-ce que tu aimes moins ?

Il n’y a pas grand-chose que je n’aime pas. Je peux pas ne pas aimer. J’aime bien travailler avec les enfants, jouer aux jeux vidéo, la lecture… Donc par rapport à ce que j’aime moi, il n’y a pas de raison qu’il y ait un truc que j’aime moins. S’il y a un truc que j’aime vraiment dans cette bibliothèque là, c’est l’ambiance, assez incroyable. Je suis habitué aux bibliothèques « classiques », avec un grand silence et la vieille bibliothécaire qui arrive avec son bouquin. Ici c’est très différent, ne serait-ce que par les activités qui sont proposées, sans parler de la salle jeux vidéo : les jeux de société, la cabane, la confection de masques, la table de ping-pong, les conférences sur les planètes… Il y a tellement de choses variées que ça donne envie d’y aller.

C’est vrai je te rejoins sur ce point car je ne suis pas trop « bibliothèque ». Les seules fois où j’y suis allée c’est très froid, très calme mais ici c’est tellement humain ! C’est chaleureux, y’a plein de gens, on rigole, on parle.

Avant, je ne supportais pas d’aller en bibliothèque. L’année du bac je rentrais dans la bibliothèque mais au bout de 5 minutes je partais et j’allais réviser au parc parce que je ne supportais pas l’ambiance.

S’il y en a, quelles sont pour toi les difficultés du métier ?

Il y en a mais plutôt liées à mes capacités qu’à mes missions. Je dois faire de l’aide scolaire et le problème c’est que tous les élèves ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement et du coup c’est compliqué de leur faire comprendre tous de la même façon. Comme il y a beaucoup d’élèves tu essayes d’aller un peu vite pour essayer de tous les aider mais c’est difficile à cette vitesse. Il faut raccourcir et faire plutôt de la méthode.

Je suis un peu dans le même cas que toi…

Et pour finir, quelles qualités faut-il avoir dans ce travail ?

Il faut être patient et capable de voir plusieurs façons d’enseigner la même chose. Les enfants vont tous venir plus ou moins pour la même chose en même temps. Sur deux semaines, j’ai eu une dizaine d’enfants qui venaient pour Pythagore. Comme ils ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement il faut trouver autre chose pour leur faire comprendre. Certains disent qu’ils ont compris mais quand tu lances l’exercice ils ne comprennent rien. Il y a aussi des élèves qui adorent lancer des débats inutiles. Ils lancent un débat, parlent et ne veulent pas écouter.

Laurie, "main tendue" à la bibliothèque

Laurie, « main tendue » à la bibliothèque

Et toi Laurie, que fais-tu à la bibliothèque ?

Je donne des cours de français à des réfugiés, des migrants non francophones, je leur donne des exercices, je mets en place des ateliers de dialogue et je participe parfois à la parlotte, un atelier de conversation qui a lieu le mardi à 17h30. Je suis au 1er étage dans la salle allegro ou je suis assise à une table dans l’espace BD. J’essaye de répondre aux demandes de ce public pour l’apprentissage du français. Chacun a un niveau différent, certains parlent un peu français, d’autres pas du tout.

Ce n’est pas trop compliqué pour vous comprendre ?

On essaye de s’adapter, de demander des traductions, d’utiliser des mots-clé.

Tu as commencé quand et quels sont tes horaires ?

J’ai commencé en novembre et je suis là de 14h à 18h du mardi au samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ce travail ?

J’aime que les personnes avec lesquelles je travaille aient vraiment envie de travailler. Quand ils sont là pour préparer l’examen du DELF (diplôme d’études en langue française) et qu’ils reviennent pour me dire qu’ils ont eu leur diplôme, c’est vraiment gratifiant ! Au sein de la bibliothèque, j’aime le côté chaleureux, humain qui fait qu’on a envie de venir travailler. Je n’y vais pas à reculons, je suis même tout le temps en avance et je suis tellement à fond que je ne vois pas l’heure tourner!

Moi je n’ai jamais réussi à être en avance ! Qu’est-ce que tu aimes moins ?

C’est le manque de place, c’est vraiment compliqué quand il y a du monde. On attrape une table, une chaise par-ci, par là…

Quelles études as-tu faites ?

J’ai un Bac pro commerce et j’ai fait une année en alternance Management des unités commerciales mais j’ai arrêté parce que ce que ce que je faisais en entreprise ne correspondait plus aux théories que je voyais en cours et j’ai voulu changer de filière. On m’a dit que ce n’était pas possible mais comme je préférais ce que je faisais en pratique plutôt qu’en cours j’ai arrêté. Je me suis alors orientée vers le service civique, que je ne connaissais vraiment pas.

Moi non plus je ne connaissais pas du tout mais comme je n’ai pas eu les écoles que je voulais, des amis m’ont renseigné sur le service civique.

A la base je devais travailler à l’accueil d’une mairie mais il y a eu un souci de places et on m’a proposé la bibliothèque Vaclav Havel. Je ne regrette vraiment pas. Je n’aurais jamais imaginé faire ça et travailler dans une bibliothèque. Cette expérience m’a donné envie de devenir professeure de FLE ou bibliothécaire mais j’aimerais travailler ici là car je ne pense pas qu’il existe d’autres bibliothèques comme ça.

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Club des lecteurs: à la poursuite de l’Imaginaire !

La thématique du club des lecteurs du 14 avril portait sur les littératures de l’imaginaire, sujet dont les limites sont floues, puisque cette définition englobe aussi bien le fantastique, la fantasy que la science-fiction. Accordons-nous avant tout sur ces genres !

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Une histoire fantastique prend l’apparence d’un récit réaliste, tout en y intégrant des éléments surnaturels.  On peut y regrouper des ouvrages comme : La Peau de chagrin de Balzac, quelques nouvelles de Maupassant (La Chevelure, le Horla etc) , Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde,  Dr Jekyll & Mr Hyde de Stevenson, Le nez de Gogol.
C’est probablement le genre des littératures de l’imaginaire qui s’inscrit le plus dans une tradition littéraire « classique » ou dite « noble ». Cette distinction est structurante lorsqu’on parle d’histoire de la littérature de l’imaginaire. Encore davantage lorsqu’on aborde le sujet de la littérature de fantasy ou de science-fiction, deux genres dont les ouvrages ont mis un certain temps à être reconnu à leur juste valeur et à trouver un public plus large que celui des seuls passionnés.

On peut parler de fantasy lorsque dans le récit le surnaturel est accepté, le lecteur accepte de ne pas remettre en cause le pacte qu’il a passé avec l’auteur, malgré toutes les libertés que l’écrivain a pu prendre avec le réel. On se retrouve ainsi souvent transporté dans un monde imaginaire. On peut citer comme exemple reconnus de cette littérature Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, Conan le Barbare de Robert E. Howard ou encore la saga Harry Potter de J.K. Rowling.

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Un des livres de fantasy présentés lors du club des lecteurs était Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, ouvrage qu’on peut aussi rapprocher du roman de cape et d’épées. Jaworski propose, dans un univers proche de celui de la Renaissance, à travers un style riche et épique, une intrigue inspirée de l’histoire de Florence. On y suit les aventures de Benvenuto Gusal, bras droit du Podestat Ducatore, un ambitieux homme politique tombé en disgrâce et qui cherche à retourner au pouvoir. La magie, ou les caractéristiques propres à la Fantasy, sont utilisés pour mettre en valeur les manœuvres et les manipulations politiciennes.

Enfin, au cours du club de lecture nous avons aussi pu discuter de bandes-dessinées cultes. La première série présentée fut Fables, scénarisée par Bill Willingham.

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On y suit les aventures de personnages tirés de contes de fées, chassés de leur royaume par un ennemi mystérieux. La Quête de l’oiseau du temps, dessinée par Loisel et scénarisé par Letendre, nous plonge quant à elle dans un scénario plus classique, magnifié cependant par une ambiance à la fois épique et comique. De Loisel, nous avons aussi parlé de sa revisite de l’histoire de Peter Pan, plaçant le cœur de l’intrigue dans le décor des bas-fonds dans le Londres du début du XXe siècle.

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Une adaptation orientée adulte !

Également appelée littérature d’anticipation, la science-fiction était aussi à l’honneur pour ce club de l’imaginaire.  Un récit de science-fiction repose sur des progrès scientifiques et techniques, ou physiquement impossibles, obtenus dans un futur plus ou moins lointain. Dans la science-fiction la plasticité du réel est utilisée pour explorer des problématiques scientifiques et philosophiques. L’échange autour du roman Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes nous ainsi amené à discuter du transhumanisme.

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Retrouvez d’ailleurs dès maintenant ce titre dans notre Sélectable florale au rez-de-chaussée !

Le livre se présente comme un journal intime où le personnage principal, déficient mental, note ses impressions après une opération chirurgicale lui ayant permis d’accroître considérablement son intelligence.

La discussion autour du roman La nuit des temps de Barjavel portait, elle, sur les dangers de la pratique d’une science dont on ne maîtrise pas les conséquences.

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On y suit Simon, un scientifique qui participe avec le concours de nombreuses nations, à l’étude de ruines d’une civilisation vieille de 900 000 ans découvertes dans les profondeurs du pôle. Parmi ces ruines se trouve une étrange sphère dorée, où hibernent un homme et une femme. Les scientifiques décident de tirer la femme, Eléa, de cet état… Elle nous racontera alors son histoire, et la fin de sa civilisation. Ce beau roman, où se mêlent science et amour, peut aussi se lire comme une critique de cette époque en pleine guerre froide.

Nous avons terminé la séance et ce beau moment d’échange par la présentation de coups de cœurs, en relation avec le prix du meilleur premier roman des lecteurs des bibliothèques de la ville de Paris. Encore vivant de Pierre Souchon a été particulièrement remarqué, mais vous le retrouverez probablement lors d’une séance coup de coeur !

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Club du 17 mars : des livres que nous avons lu et aimé un peu, beaucoup, passionnément…

Ce club des lecteurs était consacré à nos dernières lectures et à nos coups de cœur.

La discussion commence autour de l’émission de télévision « Carnets de route » diffusée à partir d’octobre 2011 sur France 5 et dont on peut désormais visionner les épisodes via Youtube. Créée par François Busnel, elle propose de découvrir les États-Unis à travers le regard de ses écrivains.

Manuela vous la conseille vivement.

Nous avons ensuite embrayé très sérieusement, sans aucune digression 😉 sur nos lectures. Voici la liste des livres que nous avons lu et aimé un peu, beaucoup, passionnément…

 

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  • Lauren Groff, Les furies (Fates and furies), éditions de l’Olivier, 2017. ♥♥♥ (Marie)

Ce roman commence comme une histoire d’amour et finit en tragédie moderne. Dans la première partie, nous faisons la connaissance de Lancelot et Mathilde couple d’intellectuels new-yorkais dont l’existence parfaite et la bonne fortune semblent assurées. Dans la seconde, Lauren Groff déconstruit toute l’histoire pierre par pierre, dissèque ce couple, nous révèle la réalité tragique des apparences. L’autrice nous emmène bien plus loin que là où nous pensions nous rendre. L’élégance de l’écriture et de la traduction sublime ce texte brillamment construit.

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  • Julie Wolkenstein, Les vacances, P.O.L, 2017. (Marie)

Roman de la rentrée littéraire de septembre dernier. Il y est question de la Comtesse de Ségur, d’Eric Rohmer et de la Normandie. Une professeure de littérature et un jeune thésard travaillent tous les deux simultanément sur les archives du premier film perdu d’Eric Rohmer inspiré des petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Livre sympathique, plein d’humour, bourré de clichés très réalistes sur le monde universitaire et les bibliothécaires….

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  • Yves Ravey, Enlèvement avec rançon, éditions de Minuit, 2010.♥♥♥(Marie)

Roman noir, roman social, roman psychologique. Un roman très court et extrêmement efficace servi par une écriture sobre et précise. Yves Ravey sait en quelques mots installer une atmosphère, une angoisse, une pesanteur. Les personnages sont bien réels sous sa plume, décrits par petites touches successives.

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  • Erwan Larher, Le livre que je ne voulais pas écrire, Quidam éditeur, 2017. ♥♥♥ (Mary)

Erwan Larher s’est trouvé au moment au mauvais endroit. Présent au Bataclan le soir des attentats, il fait partie des rescapés. Dans ce livre qu’il ne voulait pas écrire, avec beaucoup d’humour et d’autodérision, il décrit le long travail de reconstruction. Ni témoignage, ni roman, Erwan Larher nous offre un objet littéraire tout à fait étonnant. Un grand coup de cœur pour ce livre bouleversant !

 

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  • Angélique Daniel, Mon avenir dans ton regard, les nouveaux auteurs, 2017. (Manuela)

Une belle leçon de vie et un beau roman d’amour. Lecture légère, lecture plaisir.

 

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  • Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, éditions Noir sur Blanc, 2017. ♥♥♥ (Frédérique)

Un très beau premier roman prenant place dans les coins reculés de l’URSS des années 30. Le personnage principal, Zouleikha, femme Tatare élevée dans le carcan des traditions païennes et musulmanes, soumise à son mari, haïe par sa belle-mère qui l’accuse d’être bonne à rien sous prétexte qu’elle n’a donné naissance qu’à des filles mortes très jeunes, assiste à l’assassinat de son mari par les brigades rouges et est déportée en Sibérie. Ce voyage, a priori tragique, va être l’occasion pour Zouleikha « d’ouvrir les yeux » : la famine, l’injustice, la mort, la proximité avec les autres qui va bouleverser ses croyances et ses convenances, la relation ambiguë qu’elle développe avec l’officier chargé de sa déportation et assassin de son mari… l’évolution de la jeune femme confrontée à tous ces bouleversements est très bien menée. Elle est accompagnée par une galerie de personnages tout aussi complexes et que nous prenons plaisir à suivre : Ignatov, l’officier de l’Armée rouge qui voit ses idéaux révolutionnaires malmenés, ou encore le professeur Wolf Karlovitch, gynécologue réputé de l’université de Kazan, déchu à la Révolution, ce qui lui a fait perdre la tête. Le roman est bien construit, servi par une belle écriture (qui tient sans doute à l’effort de traduction), et nous tient en haleine jusqu’au bout.

 

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  • Andri Snaer Magnason, LoveStar, Zulma, 2016. ♥♥ (Frédérique)

« Lovestar », un titre qui évoque l’amour, la liberté, la beauté… et on n’en est pas loin avec ce magnifique récit d’anticipation. Nous y suivons deux histoires. Celle de Lovestar, créateur génial qui a développé un vaste empire planétaire en inventant grâce à l’étude des oiseaux la dernière évolution majeure de l’humanité : l’homme sans fil et connecté et d’autres applications aussi consuméristes que liberticides. Celle d’Indridi et Sigridur d’autre part, jeune couple naïf qui découvre avec stupeur que l’application inLove qui trouve l’âme sœur de chaque être humain par calcul scientifique unit Sigridur à un inconnu danois. D’un côté un homme harcelé sans cesse par ses idées et une quête symbolisée par une simple graine ; de l’autre, un couple de Roméo et Juliette écrasé par la nouvelle société post-Lovestar. Andri Snaer Magnason manie avec brio différents registres (humour, poésie, absurde…) pour dérouler son intrigue sur fond de paysages islandais qui nous laissent songeurs.

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  • Aharon Appelfeld, Le garçon qui voulait dormir, éditions de l’Olivier, 2011. ♥♥♥(Odile)

Un jeune garçon survivant de la Shoah est pris en charge par une organisation sioniste en vue d’une future installation en Israël. Ce que lui désire avant tout c’est dormir. Non pour fuir mais pour se reconnecter à sa vérité, au passé dans lequel ses parents étaient vivants et dans lequel ni la guerre, ni la peur n’existaient. Comme dans la plupart de ses romans, Aharon Appelfeld se nourrit de son propre traumatisme d’enfant juif orphelin rescapé des camps de concentration. Magnifique roman métaphorique qui étudie autant la fonction du sommeil que celle du langage.

Ce roman nous a permis de parler des films de Nourith Aviv. Passionnée par les langues, par le passage de l’une à l’autre, Nurith Aviv a réalisé une trilogie autour de l’hébreu dans lequel intervient notamment Aharon Appelfeld qui dut apprendre l’hébreu après la guerre. « Parfois je me réveille avec l’angoisse que l’hébreu appris avec tant de peine s’évanouisse disparaisse. » (Aharon Appelfeld)

 

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La Voie des Indés- Focus sur l’édition indépendante

 

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Qu’est-ce que l’édition indépendante ?

Selon l’académie du prix Hors Concours, partenaire du festival, l’édition indépendante c’est avant tout : « Braver les habitudes et le goût dominant, publier des auteurs inconnus au mépris des obstacles, porter ces catalogues avec un heureux mélange de hardiesse et d’insolence.».

La maison d’édition indépendante, un projet singulier porté par des passionnés

Dès sa création, le festival La Voie des Indés a souhaité mettre en lumière ces petites maisons d’édition au projet fort et à l’identité très marquée.

En 2015, la première édition du festival  proposa des rencontres avec les partenaires la libraire Le Rideau Rouge et la Fontaine O Livres autour de la rentrée littéraire de l’édition indépendante.

En 2016, deux maisons d’édition furent associées : Le Tripode (littérature générale) et Six pieds sous terre (BD). Bibliothécaires et éditeurs ont collaboré pour proposer une programmation riche et originale au public : rencontre avec Ali Zamir, jeune auteur comorien d’Anguille sous roche édité au Tripode, la réalisation d’une exposition autour de planches originales des éditions 6 pieds sous terre ou encore la création d’une sieste littéraire (enregistrement sonore, vidéo,..).

Cette année, la littérature jeunesse était représentée par la maison d’édition L’Agrume et la littérature générale par Aux Forges de Vulcain.

Le cycle s’est ouvert avec un club des lecteurs spécial Voie des indés le samedi 21 octobre de 10h30 à 12h et une rencontre avec Gilles Marchand.

Récompensé par plusieurs prix littéraires pour son précédent roman « Une bouche sans personne », Gilles Marchand est venu discuter de sa nouvelle parution « Un funambule sur le sable », également édité par les éditions Aux Forges de Vulcain. Cette rencontre a été suivie par une séance de dédicace.

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Le samedi 18 novembre : c’était l’atelier d’écriture animé par David Meulemans, fondateur du site DraftQuest et de la maison d’édition Aux Forges de Vulcain.atelier-ecriture-voie-des-indes-3atelier-ecriture-voie-des-indes4

Deux expositions étaient accrochées à la bibliothèque :  des couvertures des éditions Aux Forges de Vulcain  et des gouaches de L’Animagier, de Camille Louzon, et les aquarelles de L’Orchestre, de Chloé Perarnau.

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Les ateliers J+ (le mercredi de 15h à 16h) ont été consacré à la création d’un livre pop-up, une customisation de carnets et un atelier autour de l’édition « comment s’élabore et se fabrique un livre ». Cet atelier était animé par Guillaume Griffon des éditions de l’Agrume

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Mercredi 8 novembre, l’illustratrice Camille Louzon a proposé un atelier artistique autour de son livre L’animagier, un bestiaire drôle et décalé et mercredi 15 novembre, Anne-Hélène Dubray, illustratrice et graveuse a animé un atelier autour de son livre pour les enfants Les farceurs.

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Le samedi des petits fut une séance de « p’tit déj’ comptines, éveil musical et histoires », animée par deux bibliothécaires qui ont lus des albums des éditions l’Agrume.

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Enfin, nous avons terminé ce cycle le samedi 18 novembre par une après-midi conviviale avec une table ronde autour de l’édition indépendante et de sa place dans l’écosystème du livre en France, animée par Gaëlle Bohé, fondatrice de l’académie Hors Concours (prix littéraire de l’édition indépendante) et accompagnée par David Meulemans des éditions Aux Forges de Vulcain, Guillaume Griffon des éditions de l’Agrume et d’Élise Henry, libraire Au Rideau Rouge.

Des ventes, dédicaces et un pot ont clôturé cette journée et ce cycle.

 

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Interview de Shanne, volontaire en service civique pour la mission Port’âge

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Bonjour Shanne,

Tu travailles à la bibliothèque Václav Havel en tant que volontaire du service civique chargée de la mission Port’âge durant 10 mois. Peux-tu nous décrire ta mission ?
J’apporte des livres aux personnes empêchées, des personnes âgées et handicapées.

Combien de personnes bénéficient de ce service de portage de livres à domicile à la bibliothèque Václav Havel ?
Il y en a 6 actuellement, un monsieur vient de partir de la maison de retraite.

Y-a-t-il de nouveaux bénéficiaires depuis ton arrivée ?
Non. Nous allons refaire une distribution de flyers et poser des affiches dans le quartier.

Comment organises-tu ton temps de travail ?
Tout mon temps est consacré à la mission Port’âge, je travaille 24h par semaine. Je choisis des livres et je les porte aux lecteurs empêchés. Je prépare les livres à l’avance, cela ne me prend pas beaucoup de temps.

Tu choisis les livres pour les lecteurs ou bien te demandent-ils des titres en particulier ?
Cela dépend, parfois certains me demandent un livre, sinon, c’est moi qui les choisis.
Tu leur as posé des questions sur leurs goûts de lecture ?
Oui.

Est-ce que ton travail quotidien correspond à l’idée que tu te faisais de ce service aux personnes dites « empêchées » ?
Oui, tout à fait.

Pourquoi as-tu choisi cette activité en bibliothèque comme service civique ?
J’ai choisi le Port’âge car je me disais que des personnes qui aiment la bibliothèque, les livres et la lecture, les gens que j’allais côtoyer, ne pouvaient qu’être des personnes bien.

Comment, en deux-trois mots, s’est passée la première rencontre avec chacun des bénéficiaires ?
Très bien, dans l’ensemble, elles sont toutes sympathiques. Mon tuteur Olivier m’a accompagnée et présentée à chacune des personnes bénéficiaires du service. La première dame que j’ai vue est une de celles qui habitent le plus près de la bibliothèque, elle est un peu réservée, au début la communication fut un peu difficile puis on a trouvé des sujets de conversation.

Il n’y a que des femmes ?
Il y avait un seul homme, à la maison de retraite, je l’ai vu une seule fois et depuis plus rien.

Comment évolue ta relation avec ces personnes ?
C’est plus facile avec certaines dames que d’autres. Mme M., par exemple, une des plus âgées, eh bien, voilà, on sent qu’il y a l’âge, elle n’entend pas bien, la communication n’est parfois pas facile. Sinon cela se passe bien.

Comment se déroulent tes visites ?
J’arrive, je leur donne de nouveaux livres, elles me rendent les autres, je leur demande lesquels elles ont aimés. Ensuite, soit nous parlons d’un livre, soit d’autre chose. Avec Mme M., on parle de tout et de rien, elle me parle beaucoup de sa fille, de sa vie privée, elle doit être retraitée depuis peu. Elle rentre dans la catégorie handicapée, elle ne peut plus marcher autant qu’avant à cause de ses douleurs, elle doit souvent s’arrêter.

Est-ce que tu fais aussi la lecture aux usagers ?
Non, je leur fais seulement la conversation. Elles me demandent des livres parce qu’elles aiment lire. Parfois je récupère des livres sans qu’elles les lisent, quand par exemple ils sont trop longs ou bien que c’est écrit trop petit.
Oui, nous n’avons pas de livres en gros caractères ici.
Pour Mme M., qui aime surtout les livres historiques, sur l’Histoire de France, nous n’en avons pas beaucoup en format de poche, qui sont moins lourds. Elle a besoin de livres légers, sinon elle n’arrive pas à les tenir. On ne s’en rend pas compte comme ça, mais c’est embêtant.

Combien de fois par mois te rends-tu chez les bénéficiaires ?
Je me rends chez chaque personne toutes les 3 semaines, plus souvent chez Mme F. et Mme M., car elles me demandent des livres en particuliers, elles m’envoient des mails, elles savent se servir de la messagerie. Aussi, pour elles, je me déplace plus souvent, quand elles veulent, elles lisent davantage.

J’imagine que tu dois être un rayon de soleil dans leur journée. Ce service à la personne favorise-t-il une relation de proximité, – voire intime ? – avec les usagers empêchés ?
On verra cela dans quelques mois. Pour l’instant c’est Mme M. qui me parle le plus de sa vie privée, elle est contente quand je viens, de pouvoir parler. En général je reste de 45 minutes à une heure, voire plus avec Mme M., mais avec certaines je reste moins longtemps. Avec Mme F., on s’entend bien, mais je ne reste jamais plus de 20 minutes. Elle ne me parle pas de sa vie ; au début il me semblait qu’elle n’avait pas très envie de faire la conversation. Mais après on a trouvé un sujet… bien, l’ethnologie. Elle connaît la psychiatrie, qu’elle a exercée si je ne me trompe pas. C’est un sujet qui touche à plein d’autres choses, et j’ai découvert que de grandes figures font aussi partie du domaine de l’ethnologie, qui m’intéresse beaucoup. Certains auteurs qu’elle emprunte, je les ai déjà rencontrés dans mes recherches. Elle a lu un livre sur les Maoris récemment. En ce moment je suis en train de lire un livre de l’anthropologue Philippe Descola qui se passe en Amazonie, chez les Indiens Jivaros.

Les dames t’appellent Shanne ?
Oui, cela s’est fait tout seul.

Combien de livres empruntent-elles en moyenne ?
A chaque visite j’en amène au moins quatre pour chacune, cela dépend. Mme C, elle lit les quatre; ensuite il y a Mme J., à la maison de retraite, pour qui j’en amène quatre aussi, mais elle ne m’en prend que deux. C’est elle qui a besoin de livres écrits en grands caractères. Elle aime bien les policiers. Alors ça, les policiers ça marche beaucoup, ils en lisent beaucoup, tous les 6. Cela m’a étonnée, moi je n’aime pas ce genre de livres. C’est un des genres les plus vendus je pense. Il y a une dame qui ne lit pas de romans, elle lit plutôt des revues. C’était pas gagné avec elle, au début elle était un peu difficile, on a eu du mal à se mettre d’accord sur ce qu’elle voulait. Pour elle les romans c’est trop long, elle préfère les magazines d’histoire, de sciences, elle aime bien Science et Vie. Mme F. m’a aussi demandé un DVD récemment, 68, un documentaire de Patrick Rotman, elle a lu beaucoup de livres sur 1968.

Comment choisissent-elles leurs lectures ?
Soit seules, soit je leur en choisis en fonction des livres ou des auteurs qu’elles ont déjà lus. Mme M., celle qui s’intéresse à l’histoire de France, elle lit des biographies de vieux auteurs ou figures historiques, elle adore ça. Elle a beaucoup aimé un livre sur Racine, qui retrace sa vie, depuis sa jeunesse à Port-Royal, elle m’en a parlé. Elle adore aussi les histoires de cour, le 17ème et le 18ème siècles.

Est-ce que tu leur conseilles des lectures ?
Non, je discute avec elles pour savoir ce qu’elles aiment. Parfois je trouve des livres qui ont l’air sympa, je leur porte et j’attends leur écho ensuite, si elles l’ont aimé ou pas, et pourquoi.

Les dames que tu dessers te parlent-elles de leurs lectures ?
Oui, généralement, elles me disent si le livre leur a plu, parfois de façon très brève, parfois certaines m’en parlent un peu plus. Je leur pose aussi des questions pour choisir de nouveaux livres. En ce moment Mme F. lit un livre de Pierre Bayard, Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? Je lui ai aussi apporté Il existe d’autres mondes ; il a écrit plein de choses, elle veut tous les lire. Elle s’est aussi lancée dans Bukowski.

Est-ce que cette expérience te plaît et qu’est-ce qu’elle t’apporte ?
Oui, cela me plaît et cela m’apporte la même chose qu’à elles, je suppose, c’est toujours sympa, surtout le fait que ce soit des personnes âgées, ce sont des personnes qui ont des choses à dire, c’est intéressant. Je sais que cela me fait autant plaisir que cela leur fait plaisir, c’est un échange de bons procédés.

Quel est ton parcours ?
J’ai arrêté l’école après la troisième, et après j’ai fait un peu ce que j’ai voulu. A un moment j’ai travaillé pendant 9 mois, dans une boutique de BTP, autant dire que ce n’était pas vraiment mon rayon.

Est-ce que cette activité entre dans ton projet professionnel ? Quels sont tes projets et quel métier souhaites-tu exercer ?
Non, je n’ai pas encore de projet bien défini. Les domaines qui m’intéressent nécessitent de faire de longues études, de sciences, ou de médecine, et ce n’est pas du tout mon domaine, je n’ai pas envie de faire de longues études. La Ville de Paris nous a proposé une formation pour passer le B.A.F.A., mais ce n’est pas mon truc, l’animation auprès des enfants. J’ai joué avec certains en salle Jeux Vidéo ici, c’était amical, mais je n’ai pas envie d’avoir une autre relation qu’amicale avec eux.

Comment te représentes-tu le rôle des bibliothèques depuis que tu travailles à Václav Havel ?
Comme des lieux qui sont en vérité un peu plus que des bibliothèques, chacune ayant sa particularité et sa communauté ; on vient pour lire, pour échanger, pour s’amuser même. Je dirais que le rôle des bibliothèques est précieux dans sa polyvalence.

***
Veux-tu bien répondre à une partie du questionnaire de Marcel Proust ?

Mon occupation préférée.
Je ne sais pas, je n’ai pas d’occupation préférée, je n’ai pas forcément besoin d’occupation, je suis là, voilà.
Tu penses ? tu rêves ?
Oui.
Eh bien tu peux le dire, rêver.
Penser, j’aime penser, plutôt.

Mon rêve de bonheur.
Alors ça, c’est vaste. Je ne suis pas quelqu’un qui peut répondre aux questions par oui ou par non, j’aime bien être entre les deux. Je n’ai pas une idée précise du bonheur.

Ce que je voudrais être.
Je ne sais pas.
Bon ce sont les questions de Marcel Proust, hein 🙂 , tu n’es pas obligée de répondre à toutes, si c’est trop intime.

Le pays où je désirerais vivre.
J’hésite, quelque part en Asie peut-être. Hmm, le Japon ?
La culture asiatique me plaît, le mélange du moderne et des traditions. Il y a toujours chez eux un côté respectueux, de leur culture, de tout ce qu’il y a autour d’eux, de la nature.

[As-tu lu des auteurs japonais ?
Oui, j’ai lu Haruki Murakami, un classique, j’aime beaucoup. J’ai lu Yukio Mishima aussi, cela m’a plu, mais je préfère Murakami, toujours ce côté un peu mystique. Il a fait des études de musique, il a étudié à l’étranger, il y a beaucoup de références musicales dans ses œuvres, du jazz, du classique. D’ailleurs je crois qu’il a un club de jazz à lui. Je n’aime pas le jazz, mais j’aime bien ce qu’il écrit sur la musique, sur ce qu’il écoute, il cite des artistes, des titres, des reprises, c’est intéressant.
Lis-tu des mangas ?
Oui, beaucoup.
Et des BD ?
Je lis moins de bandes dessinées, car j’aime bien avoir mes BD à moi, et c’est un budget, une BD c’est au moins 15 euros, et si je m’écoutais, j’en achèterais beaucoup.]

La couleur que je préfère.
Le rouge.

La fleur que j’aime.
J’aime bien les fleurs avec plein de pétales, comme les dahlias, quand il n’y a que quatre pétales, c’est bof 🙂 J’aime aussi les micro fleurs qu’on peut trouver sur le bord des routes.

L’oiseau que je préfère.
Le corbeau, il a une taille imposante, il est tout noir, et très intelligent. J’aime bien le Nestor aussi, un perroquet, il y en a un au Jardin des Plantes. C’est aussi un oiseau très intelligent. Il est tout vert, plutôt kaki, vert-gris, et sous les ailes, il est très coloré, en rouge, orange.

Mes auteurs favoris.
Je ne peux pas avoir un seul auteur préféré.

Mes compositeurs préférés.
J’aime la musique classique mais plutôt par morceaux, pas par compositeurs. Puis ce n’est pas ce que j’écoute le plus.

Mes poètes préférés.
Je ne lis pas de poésie, je n’aime pas trop, à part une fois Victor Hugo, j’ai lu des passages de La Légende des Siècles, j’ai bien aimé, mais je me suis lassée de toutes les références religieuses.

Mes héros et héroïnes dans la fiction (littérature et cinéma)
Il y en a trop, faire un choix ne m’est pas possible, un plus que les autres, non, non.

Mes peintres favoris.
Non, je n’en ai pas. Mais j’aime bien le street art, il y en a pas mal ici dans le quartier.

Mes héros dans la vie réelle.
Je n’en ai pas particulièrement. Des personnages morts depuis longtemps, peut-être. Le terme “héros” ce n’est pas rien, alors quelqu’un qui à mes yeux puisse être un héros, il n’y en a pas beaucoup. Il y a chez tout le monde un mauvais côté, le revers de la médaille, aussi bonnes que les personnes aient pu être, il y a toujours la petite tache qui vient ternir leur vie, alors bon, je ne vénère personne absolument.

Mes héroïnes dans l’histoire.
Ce n’est pas une question facile non plus, quand on voit la place de la femme dans l’Histoire.

Mes noms favoris.
J’aime bien les mots valises, un mix entre deux mots.

Personnages historiques que je méprise le plus.
Ah, là c’est plus facile 🙂 Et encore. Il y en a pas mal quand même, et non, en fait c’est un choix difficile, des raclures, il y en a eu, oui. Cela serait comme dire qu’il y en a des moins pires que les autres.

Ma devise.
Je n’ai pas de devise, mais j’aime bien un truc du genre “On n’est jamais mieux servi que par soi-même”, dans l’idéal c’est mieux de n’avoir besoin de personne, d’être libre.

***

Interviewée par Cecilia Pallarès Brzezinski

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Spiderman Homecoming : l’histoire qu’on connaissait Parker

Le genre : Toile filante

L’histoire : Peter Parker est un adolescent assez brillant inscrit, on le comprend, dans un lycée haut-de-gamme de New-York compilant tout ce qu’on peut trouver de clichés du lycée américain. Il s’avère qu’il appartient à la caste des plutôt geeks pas très populaires. Mais moins que son meilleur pote sidekick rigolo qui va enchaîner les poncifs comme on enchaînerait bien le réalisateur de ce navet.

L’histoire commence alors que Peter, qui est en fait Spiderman (on nous épargne sa genèse de superhéros avec la piqûre d’araignée, la mort d’oncle Ben etc. parce que quand même après 198 524 comics et moitié moins de films on connaissait) est enrôlé par Tony Stark pour aller affronter Captain America dans une scène rigolote comme tout (c’est le sommet du film, attention) tourné au téléphone portable avec les commentaires live du héros. Bien entendu, il faut avoir vu les films précédents de la franchise pour comprendre, en l’occurrence le dernier Captain America : Civil war. Un film qui faisait passer n’importe quel Taxi pour du Kubrick.

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Dans deux secondes Spiderman va tomber, provoquant l’hilarité du blaireau assis derrière moi.

Bon peu importe : voilà que Spiderman est tout guèz parce qu’il a participé à un combat cross-over multi-franchise qui n’avait à l’époque fait saigner que les spectateurs. Des yeux. Il s’imagine qu’il peut alors rejoindre la team des Avengers, ce qui est d’ailleurs assez légitime puisqu’il vient de les aider à combattre l’un des leurs. Vous comprendriez si vous aviez subi Civil War ce que je ne vous souhaite pas.

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Une scène de Civil War avec Captain America et d’autres superhéros comme Nocharisman (au milieu) ou Goulagman (à droite)

Mais voilà t’y pas que Tony Stark alias Iron-Man lui oppose une fin de non-recevoir sanglante et assez absurde, arguant du fait qu’il est jeune (ça ne le dérangeait pas 2h avant) et qu’il doit pour l’instant demeurer un super-héros de quartier. Soit.

Peter reprend donc sa vie de lycéen, est amoureux d’une fille, ment sur son identité réelle, tente d’aider des gens dans la rue habillé en Spiderman, saute de toit en toit et passe son temps à tomber et à se casser la figure dans des cascades tout à fait hilarantes.

Bon après je me suis un peu endormi mais à mon réveil ils avaient tenté de lancer une ébauche de scénario avec Julien Lepers déguisé en oiseau (référence peu subtile à Birdman ?) et trafiquant d’armes aliens qui fomentait un sale coup contre Tony Stark mais heureusement Spiderman veillait, l’affrontait, chutait pas mal, faisait des blagues, y’avait des  quiproquos lolilol et puis c’était fini.

Ce que j’en ai pensé : Spiderman Homecoming n’est pas la suite de Amazing Spiderman ni de la trilogie de Sam Raimi. En effet, le rachat de la licence par Marvel permet désormais à ce studio d’utiliser Spiderman pour l’inclure à son grand projet : le Marvel cinematic Universe qui inclut plusieurs licences telles qu’Iron-Man, Captain America, Thor, j’en passe et des médiocres. Homecoming est donc une sorte de rereboot comme on aurait aimé s’en passer.

Le film en lui-même souffre surtout d’un excès d’humour. Toutes, absolument toutes, les répliques veulent être drôles et ce serait déjà assez épuisant si elles y parvenaient. Le problème étant qu’une sur dix fait vraiment mouche, et encore, une mouche prise dans la toile. Voilà c’est le niveau de blague du film.

L’action est illisible, le manque d’enjeu se fait très vite cruellement ressentir et l’image est assez moche. Alors, même si l’effort du studio pour créer un superhéros proche du peuple pourrait être louable, le tout ne casse pas 9 pattes à une arachnide.

La note : 5/10 parce que par rapport à Captain America c’est quand même très bon (sans doute la raison pour laquelle ils nous ont rebalancé des images dudit au début)

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L’affiche : ouais Spiderman a l’air aussi faux dans le film.

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Le livre que j’ai le plus détesté

Préambule : On vous aura fait attendre (cf l’article d’Olivier, notre excellente plume : Les pires œuvres de l’histoire des œuvres), mais le fan inconditionnel de Houellebecq s’est évaporé, car il est indéfendable… Bon, je viens juste de lire « Houellebecq économiste » du regretté Bernard Maris (Oncle Bernard de Charlie Hebdo), qui l’adorait pour sa peinture du capitalisme agonisant destructeur de l’humanité : « Aucun écrivain n’est arrivé à saisir le malaise économique qui gangrène notre époque comme lui »… Cela ne me le fait pas aimer pour autant, pour moi M.H. est toujours un OVNI littéraire inexpliqué, et les collègues qui l’apprécient (sans les citer : Oliver, Léonel, Alan…) vont peut-être se liguer pour écrire l’article contradictoire au mien… Comme dit Olivier : Stay foot ! restez connectés 🙂

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Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq est le pire des livres que j’ai lus, mais je l’ai lu en entier, ce qui n’est pas mon habitude, quand un livre me déplaît au bout de quelques chapitres, je le referme à jamais. De formation littéraire, comme nombre de mes collègues bibliothécaires, j’aime les classiques des temps passés, je lis peu de littérature française contemporaine (les sanglants prix littéraires de l’automne 2016 ne m’y incitent encore pas), la littérature étrangère m’attire davantage.

Michel Houellebecq est devenu une grande figure du paysage littéraire français contemporain, également très lu à l’étranger. C’est un auteur qui m’intrigue depuis ses débuts, m’inspirant une aversion pour ses positions sur la société, sa misogynie, son côté nihiliste sans appel, ses provocations philosophiques et politiques sur des sujets sensibles dont certains ont envahi durablement la pensée et la vie politique françaises : le racisme, l’islamophobie, la pornographie, la lutte contre l’avortement, l’eugénisme, l’évasion fiscale. J’ai cependant voulu découvrir cet auteur et sa peinture sociale en lisant son deuxième roman il y a une dizaine d’années, œuvre qui ne me suffit cependant pas à me faire une opinion sur le phénomène culturel H., et je ne suis pas aussi douée que Pierre Bayard (auteur de la bible des bibliothécaires Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?) pour vous en faire une plus fine analyse. Plusieurs collègues bibliothécaires m’ayant fait l’éloge de ses œuvres postérieures – La Possibilité d’une île et La Carte et le Territoire, notamment, ce dernier opus qui lui a valu le prix Goncourt en 2010, – je me suis promise de me replonger un jour dans les affres de cet auteur torturé et dérangeant, dussé-je en souffrir.

Après Extension du domaine de la lutte, au titre tout aussi intrigant, œuvre à la philosophie difficile à saisir, et semble-t-il en son temps mal comprise par les critiques, Michel Houellebecq publie Les Particules élémentaires, court roman paru en 1998 qui le fait connaître par une tourmente de critiques acerbes. Ce roman dépeint la vie triste à mourir de deux frères, Michel et Bruno son ainé, affrontant déceptions sur déceptions sur tous les plans : familial, sentimental, professionnel. Bruno est professeur de lettres, érotomane, mauvais père de famille et sombre dans la folie ; Michel est chercheur en biologie moléculaire et s’emploie à révolutionner la reproduction sexuée en annihilant le désir et la souffrance pour atteindre une « mutation métaphysique », le clonage et la « rénovation » de l’humanité.

L’écriture de cette œuvre me parut décevante, pauvre, désagréable, vulgaire, et j’ose espérer (ce que je ne saurai qu’en lisant davantage H.) qu’elle est un effet de style, une vision cynique de la désolation, du « vide » de l’existence de l’homme moderne, voué à la solitude, à la misère sexuelle, à la souffrance, au malheur, dans une société imprégnée de l’individualisme, de la défiance des uns envers les autres, la nôtre, dans notre monde de violence en crise perpétuelle. La révulsion et la déception que j’ai éprouvées en le lisant se sont estompées dans ma mémoire lorsque j’ai lu dans le journal Le Monde les déclarations de la mère de M.H., Lucie Ceccaldi, en réponse aux accusations publiques de son fils qui la haït depuis qu’elle l’a immoralement abandonnée pour poursuivre sa carrière de médecin à l’étranger, propos qui m’apparurent comme une clef du mystère Houellebecq. Pour ce qui est de démêler la réalité de la fiction dans son œuvre, il y a une part d’autobiographie dans ces deux personnages, abandonnés tôt par leurs parents, élevés par leur grand-mère, et c’est le seul aspect de ce roman qui me touche.

Comparé à Zola, icône des médias et de la littérature contemporaine, pour moi, Michel Houellebecq est le peintre et le produit d’une civilisation en déclin, un des symboles les plus tristes de la société française actuelle, qui s’affole et s’enlise dangereusement à chaque période d’élections, une société marquée par le spectre des régressions sociales, de l’intolérance, du populisme et la résurgence de la boîte de Pandore propre au libéralisme économique et politique : les valeurs réactionnaires travail-famille-patrie (ci-gît la société de loisirs, les 35 heures, le partage du travail et des richesses), les catastrophes humaines et écologiques incessantes semblent vouer la Terre et ses habitants aux gémonies. La « main invisible » dirige le monde et pérennise la compétition perpétuelle des êtres pour se maintenir en vie, au détriment du progrès social, de la fraternité, de l’élévation du niveau de vie et du bien-être de l’Humanité, autrement dit, du Bonheur. Michel Houellebecq est également essayiste. Les Particules élémentaires, roman crépusculaire du siècle dernier, hante mon âme comme un mauvais oracle, un coup de peur et non de cœur. À quand un renouveau littéraire humaniste, un sursaut du débat public ?

C’était le pire truc lu par Cecilia Pallarès Brzezinski

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Interview d’Isidora, stagiaire en Français Langue Étrangère à la bibliothèque

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Isidora, en quoi consiste ton travail à la bibliothèque ?

Accompagner les publics qui souhaitent apprendre le français dans leur apprentissage, les accueillir, se renseigner sur leurs besoins, les aider et les suivre en organisant des activités avec une ou plusieurs personnes. Ce sont des activités comme des lectures de divers textes en fonction de leur niveau, des dictées, de l’aide aux devoirs…

Ils aiment bien parler des différences entre les hommes et les femmes, des droits de chacun, du féminisme, des discriminations sur le lieu de travail.

J’anime l’atelier de conversation « la Parlotte » avec ma tutrice Stéphanie et les bibliothécaires, dans lequel nous proposons des sujets culturels pour rapprocher la culture française de leur culture. Ils trouvent souvent certaines choses bizarres en France et à Paris. Par exemple pourquoi est-ce impoli de demander son âge à une femme, pourquoi peut-on être en couple sans se marier, qu’est-ce que le PACS car ça n’existe pas dans leurs pays… Ils aiment bien parler des différences entre les hommes et les femmes, des droits de chacun, du féminisme, des discriminations sur le lieu de travail. C’est toujours intéressant, ils ont de fortes opinions sur ces sujets. Ils communiquent entre eux en français sur tous ces sujets et avec Stéphanie on explique des mots. Parfois les sujets sont bizarres, ils m’ont déjà demandé comment draguer une fille et là du coup on parle du féminisme. Ils veulent savoir plein de choses car c’est très différent dans leur pays. Une femme de 27 ans qui ne s’est pas mariée c’est très bizarre pour eux.

En Somalie et en Érythrée, un homme pour pouvoir se marier doit avoir beaucoup d’argent

Après ils nous racontent comment ça se passe dans leur pays. Par exemple en Somalie et en Érythrée, un homme pour pouvoir se marier doit avoir beaucoup d’argent, une maison, la famille de l’homme doit donner pratiquement des coffres de bijoux à la femme. Le père doit dire oui ou non au mariage pour qu’il se fasse. Les jeunes époux se connaissent à peine et s’ils se plaisent ils doivent se marier tout de suite.

Quel est le public qui vient te voir ?

Parfois c’est aussi le public de l’auberge de jeunesse qui vient profiter des cours de français et de l’atelier de conversation, des Espagnols, des Anglais… Mais 85% environ sont des migrants.

De quels pays viennent les gens que tu accompagnes ?

Notre public vient d’Érythrée, d’Afghanistan, de Somalie, du Soudan, du Pakistan…  J’apprends beaucoup aussi, ils connaissent tout sur la géographie de l’Afrique et les dialectes qui y sont parlés. Certains ont essayé de m’apprendre l’alphabet arabe mais c’est difficile !!! Moi qui devais leur apprendre des choses j’en ai appris beaucoup !

Peux-tu nous décrire ton parcours et ta formation et nous dire pourquoi tu as choisi cette orientation?

J’ai une formation en Français Langue Étrangère (FLE) et là je suis en master 2 à Paris Sorbonne (Paris IV) en Langue française appliquée. Il s’agit de comparer la langue française à une autre langue et à son aire culturelle. J’ai choisi l’anglais pour étudier les similarités entre les langues et les cultures.

On compare la culture française aux autres cultures arabes, russes, croates, allemandes…

Toi d’où viens-tu ?

Moi je suis Serbe. C’est intéressant de voir les stéréotypes sur les Français, les malentendus par rapport à ce que j’ai appris…

Ce qui est bien c’est que les migrants ont tous appris l’anglais, surtout les Afghans qui le parlent dans leur pays, je peux donc traduire certains mots en anglais. L’anglais a vraiment influencé leur apprentissage du français. Par exemple en anglais ont dit « introduce myself » pour « me présenter » et ils reprennent cette formulation en français mais ce n’est pas la même chose ! Donc parfois c’est drôle et ça illustre parfaitement ce que j’ai appris à la fac.

En Serbie j’ai un master 1 de philologie langues romanes, j’ai appris le français, l’espagnol et un peu d’italien avec une spécialisation en didactique culturelle. Le master FLE m’a permis d’apprendre comment enseigner le français aux étrangers en tenant compte de leur culture.

Je pense que comprendre une culture est le plus important pour parler la langue

Qu’est-ce que tu veux faire après tes études ?

J’aimerais bien travailler sur le développement culturel en Alliance Française, Institut français, Unicef ou Unesco, sur la diversité culturelle. Pour moi c’est un domaine vraiment lié aux langues et puis je pense que comprendre une culture est le plus important pour parler la langue. Dans une langue il y a les règles de grammaire, d’orthographe mais pour vraiment comprendre on dit une chose de telle manière il faut vraiment penser en français, comme les Français et donc comprendre pourquoi. Même aujourd’hui je dis des choses qu’il ne faut pas dire ou je tourne mal une phrase parce que je ne comprends pas tout à 100% mais j’essaye de m’intégrer le plus possible.

Quels sont les horaires de ta permanence à la bibliothèque ?

Je travaille les mardis et vendredis de 15h à 19h de janvier à fin juin. Le mardi j’anime la Parlotte, l’atelier de conversation de 17h30 à 19h et avant ça je reste au 1er étage pour accueillir les publics. Parfois j’anime aussi le grand cours de français de 15h à 17h lorsque les bénévoles ne peuvent pas venir. J’aime bien animer les cours car les apprenants sont vraiment attentifs. J’ai travaillé dans un lycée avec des jeunes de 15 ans et la moitié ne voulait pas apprendre le français, l’autre ne voulait pas écouter… Eux sont vraiment très motivés. Mais bon, c’est important pour eux…

Parfois je les croise dans la rue ou dans le métro et ils crient « professeur, professeur ! »

Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail à Václav Havel ? Qu’est-ce que tu aimes moins ?

A part la motivation des élèves, j’aime la bibliothèque car c’est vraiment un endroit multiculturel et j’apprends beaucoup sur la géographie, la politique, les langues, les habitudes d’autres pays, comment ils regardent le monde. Et puis ils sont vraiment gentils. Parfois je les croise dans la rue ou dans le métro et ils crient « professeur, professeur ! » ça me fait plaisir. Ils apprennent très vite, certains peuvent désormais faire des blagues, comprendre l’implicite.

Ce que j’aime moins c’est quand il y a trop de monde, que tout le monde veut me parler et je dois dire non pour aider quelqu’un car je n’ai pas assez de temps.

Pourquoi « la » bibliothèque ? Pourquoi « à la bibliothèque »  et « au cinéma « ?

Quels types de questions te posent les lecteurs de la bibliothèque Václav Havel ?

Beaucoup de questions sur le vocabulaire ou sur les articles féminins ou masculins. Pourquoi « la » bibliothèque ? Pourquoi « à la bibliothèque «  et « au cinéma ». Il y a des trucs pour les aider comme tous les mots qui se terminent en « -tion » sont féminins mais il n’y a pas toujours de règles. Puis des questions sur la culture comme je l’ai déjà mentionné mais aussi des questions sur les écrivains, la musique. Et ils adorent boire le thé.

Comment perçois-tu le rôle des bibliothèques suite à ton expérience à Václav Havel ?

J’avais une vision stéréotypée des bibliothèques comme un endroit où on vient prendre des livres, étudier et où on ne doit pas parler. Mais là c’est super il y a même de la musique le soir, c’est une super ambiance, un lieu dynamique de travail avec beaucoup d’activités comme les parlottes, le cinéma, les jeux vidéo, l’anglais, le théâtre, la lecture. J’ai changé mon opinion des bibliothèques grâce à cette ambiance amicale. Et le public migrant l’apprécie beaucoup.

Qu’est-ce que cette expérience t’a apporté dans ton projet professionnel?

A comprendre les enjeux culturels, à répondre aux besoins des habitants, je pense que ça m’a beaucoup aidée.

Quelles sont les difficultés de ton métier?

Pouvoir répondre à 100% aux questions. Parfois je ne comprends pas trop la question et parfois pour leur donner la réponse j’essaye de faire des gestes, des mimiques mais c’est compliqué, surtout quand il s’agit de parler des émotions et des sentiments. Qu’est-ce que la joie ? Qu’est-ce qu’être heureux ? Ou expliquer la peur… J’essaye d’utiliser le français le plus possible mais parfois c’est bien de pouvoir expliquer certaines choses dans la langue d’origine et je ne peux pas le faire.

Depuis quand parles-tu français et vis-tu en France ?

J’apprends le français depuis l’âge de 11 ans et je vis en France depuis septembre.

Merci beaucoup Isidora !

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Chapelle sur Rails, le concours photo

Amateurs-trices de photographie, de quartier, de Chapelle, de balades, de concours, d’été, de rails, d’Histoire, et de balade-estivale-pour-le-concours-photo-dans-la-Chapelle-sur-le-thème-de-l’Histoire-du-rail-dans-le-quartier:

Participez cet été à notre concours photo sur le thème de l’histoire ferroviaire de la Chapelle.

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∞ Notre bibliographie de l’été ∞

2017-selectable-ete Vos bibliothécaires préféré.e.s vous donnent des conseils de lectures pour l’été, documents que vous pouvez emprunter chez nous ou dans le réseau des bibliothèques de la Ville de Paris.

Littératures

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Le sang des 7 rois de Régis Goddyn. – L’Atalante. – (cote GOD)

Saga de fantasy française, l’œuvre de Régis Goddyn vous transportera dans un monde médiéval en proie à un renversement politique et à une crise religieuse. Et dire que tout débute par une enquête d’Orville, notre soudard de héros, sur la disparition de 2 jeunes villageois…  Le rapport avec l’été me demanderez-vous ? Le sang bleu comme la mer (littéralement) de la noblesse, synonyme de capacités surhumaines mais surtout un style mordant et une lecture décontractée, qui vous emmèneront dans des directions que nul n’aurait su prédire…

 

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En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. – Finitude. – (cote BOU)

Ne vous fiez pas à sa couverture un peu kitsch, ce premier roman, bercé par la musique de Nina Simone  est une merveille. Relatant l’histoire d’une famille marginale légèrement déjantée,  En attendant Bojangles est une ode à la vie, à l’amour et à la folie. Dans une ambiance chaleureuse et poétique, Olivier Bourdeaut propose un texte bourré d’humour, de fantaisie et d’émotion.  Disponible en format papier et audio à la bibliothèque !

 

 

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Smilla et l’amour de la neige de Peter Høeg. – Points Seuil. – (cote HOE)

Pour rafraîchir vos journées sous un soleil de plomb, un roman qui se passe au Danemark et nous parle de neige et de soupçons d’homicide à partir de traces suspectes dans un paysage immaculé.

 

 

 

 

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Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood. – Zulma. – (cote WOO)

Quoi de mieux que la période estivale pour lire des pavés ?!

2003, en Angleterre. Oscar Lowe, jeune homme solitaire vit à côté de la prestigieuse université de Cambridge. En se promenant un soir, Oscar est happé par le son d’un orgue s’échappant d’une église. En s’y introduisant, il fait la connaissance d’Iris Bellwether et de son intrigant frère, Éden. Personnage éponyme du roman, Eden Bellwether possède une personnalité ambigüe, à la fois charismatique et virtuose, il peut également être, entre autres, un homme narcissique et manipulateur, persuadé de détenir un don lui permettant de guérir les humains grâce à sa musique.

Le complexe d’Eden BellWether est un roman magnifique, grâce à l’écriture maîtrisée de Benjamin Wood (il s’agit de son premier roman) et de par les thématiques abordées – la frontière entre le génie et la folie, la science et la religion ou encore le clivage social.

 

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L’assassin royal de Robin Hobb. – J’ai Lu. – (cote HOB)

Une série que vous ne pourrez plus lâcher une fois commencée. Prévoyez d’emporter plusieurs livres de la série sur votre lieu de villégiature pour ne pas risquer une immense frustration due à l’achèvement précoce d’un tome qui vous laisse affamé de sa suite et passer plusieurs heures à chercher une hypothétique connexion internet qui vous mènerait à un encore plus hypothétique PDF à lire sur un smartphone à la batterie faiblissante. L’histoire est rondement menée, les personnages très développés, le monde qui les entoure foisonnant et cohérent et les valeurs convoyées plutôt sympathiques malgré un héros assassin : amitié, une pointe de féminisme, tolérance, ouverture aux autres, honneur, perpétuelle quête d’amélioration personnelle….

 

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Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka. – Phébus. – (cote OTS)

Rien à avoir avec des vacances à la Baule, Certaines n’avaient jamais vu la mer parle d’un sujet méconnu, à savoir le sort des émigrées nippones en Californie, au début du XXe siècle. Très singulier par son écriture à la 1ère personne du pluriel, ce parcours collectif poignant nous fait découvrir la réalité de ces femmes acculturées  qui doivent réapprendre une langue, une culture, et surtout à vivre. Arrive alors la guerre, tout japonais devient suspect, la haine monte et vient le temps de la déportation, ce « dernier jour ». Sans tomber dans le pathos, le récit porté par une musicalité rare, nous laisse à entendre ces voix anonymes, ces destins brisés.

 

u4

 

U4 de Vincent Villeminot. – Syros. – (cote U4)

Il s’agit de 4 romans, à lire dans l’ordre de votre choix, écrits par 4 auteurs différents. Le virus U4 a décimé 90% de la population mondiale, seuls les adolescents de 15 à 18 ans ont survécu. Chaque personnage raconte son parcours depuis Marseille, Lyon, la Bretagne ou Paris pour trouver de l’aide et se rendre à un RDV donné par Khronos, le maître de jeu d’un jeu vidéo en ligne. Ces romans nous replongent dans les affres de notre adolescence mais dans un monde post apocalyptique ou il s’agit avant tout de survivre et d’enterrer son passé.

 

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Les enfants du Romanestan de Moris Farhi. – Bleu autour. –  (cote FAR)

C’est l’histoire d’un peuple qui renaît toujours de ses cendres, celui des Tziganes d’Europe orientale nourris de l’âme de la Nature. L’histoire de Branko, orphelin rescapé du Porajmos, le génocide gitan. Moïse des temps modernes, il prend la tête d’un exode périlleux vers un mythique Romanestan.

Un récit épique captivant de Moris Farhi, « mieux vaut devenir qui on est plutôt que de vouloir être quelqu’un d’autre » semble-t-il nous faire entendre.

 

 

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My first Sony de Benny Barbash. – Points Seuil. – (cote BAR)

Yotam, 10 ans, a la manie de tout enregistrer sur son magnétophone Sony, le présent, le passé, les non-dits et à travers l’intimité de sa famille plutôt déglinguée : le père adultère multirécidiviste, la mère hystérique, l’oncle ultra-orthodoxe, le grand-père, ancien résistant, le poids silencieux de la shoah, c’est un pan entier de la société israélienne qui défile dans un tourbillon aussi loufoque qu’émouvant !

 

 

 

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Au bord de l’eau de Shi Nai-an. – Folio Gallimard. – (cote NAI)

Pour ceux qui, comme moi, attendent l’été pour s’attaquer aux pavés littéraires : un des plus grands classiques de la littérature chinoise, « Au bord de l’eau » suit sur 2200 pages (en deux tomes) les aventures épiques de 108 brigands révoltés contre l’empereur d’une Chine médiévale.

 

 

 

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Le Pavillon d’Or de Yukio Mishima. – Folio Gallimard. – (cote MIS)

« Je ne savais toutefois pas encore si la Beauté se confondait avec le Pavillon d’or lui-même, ou si elle était consubstantielle au néant de la nuit qui enveloppait le Pavillon d’or. Peut-être était-elle les deux ensemble. A la fois détail et totalité. Temple d’or et nuit enveloppante. »

Le style précis, analytique et terriblement sensible de Mishima saisit le regard sombre d’un moine bègue sur la Beauté tyrannique, inaccessible et adorée, incarnée par le Pavillon d’or.

 

 

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Le temps où nous chantions de Richard Powers. – 10/18. – (cote POW)

Delia Daley et David Strom se rencontrent au concert de Marian Anderson en 1939. Leur passion commune pour la musique leur fait oublier qu’une jeune femme noire et un juif allemand n’ont pas le droit de s’aimer dans l’Amérique de l’après-guerre. Le temps où nous chantions raconte leur histoire d’amour et l’histoire de leur famille. C’est également un demi-siècle d’histoire américaine, une ode à la musique et tellement d’autres choses. Si vous avez de longues heures devant vous, lisez ce roman magnifique et bouleversant. Le temps où nous chantions est un incontournable de la littérature américaine du 20e siècle. Il a été élu meilleur livre de l’année 2003 par le New York Times et le Washington Post.

 

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Une saison ardente de Richard Ford. – Points Seuil. –  (cote FOR)

Été 1960 dans le Montana, des incendies ravagent le pays. Le père de Joe, momentanément sans emploi, part combattre le feu. Sa mère prend un amant. Parallèlement à la désinvolture des adultes, Joe jeune adolescent fait l’expérience de sa propre solitude dans une Amérique dépeuplée. Une saison ardente est une sorte de roman d’apprentissage dans l’Amérique profonde des années 60.

 

 

 

BDs & Mangas

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Slam Dunk de Takehiko Inoue. – Kana. – (cote manga Slam Dunk)

Vous avez chaud sur votre transat/serviette/chaise de bureau ? Ce n’est pas ce shonen qui vous refroidira. Rouge feu, c’est la couleur des cheveux de Sakuragi, notre héros voyou. Orange éclatant, celle du ballon de basket qu’il tente d’apprivoiser au long de ces 31 volumes pour éblouir sur le terrain la belle Haruko. Shonen sportif à l’ancienne, bourré d’humour et de scènes d’anthologie, Slam Dunk ne vous laissera aucun temps mort !

 

 

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Riche, pourquoi pas toi ? de Marion Montaigne. – Dargaud. – (cote BD MON)

Une BD one-shot qui vous apprendra tout sur les riches, cette drôle d’espèce humaine qui capitalise, amasse de l’argent, cultive l’entre-soi et les privilèges, et ne cesse de s’accroître dans la société française, toujours plus riche alors qu’il y a de plus en plus de pauvres très pauvres. Philippe Brocolis, heureux gagnant de la cagnotte du loto découvre avec sa famille les mœurs spéciales de la classe bourgeoise, expliquées par les deux grands sociologues spécialistes de la bourgeoisie, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, qui l’accompagnent dans ce nouveau monde dont il est étranger. Marion Montaigne croque avec réussite le monde de l’argent, la reproduction des élites et leur violence symbolique : rire garanti !

 

pinocchio

 

Pinocchio de Winshluss. – Les requins marteaux. –  (cote BD WIN)

Pour s’initier à la bande dessinée « adulte », ou pour découvrir (ou retrouver) l’humour noir de Winshluss : un Pinocchio moderne, muet, trash, et brillamment maîtrisé.

 

 

 

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Yotsuba&! de Kiyohiko Azuma. – Kurokawa. – (cote manga Yotsuba).

Une série d’histoires courtes autour des découvertes (et des bêtises) d’une fillette dans un quartier de la banlieue de Tôkyô. Aussi drôle que rafraîchissant, ce manga est une lecture idéale pour les vacances !

 

 

 

 

gokicha

 

Gokicha de Rui Tamachi. – Komikku. – (cote manga Gokicha)

Des gags en quatre cases suivant les déboires d’un adorable petit cafard cherchant à se faire des amis parmi les humains… qui restent de marbre devant ses bonnes intentions et sa carapace noirâtre ! Ce manga vous invitera à regarder d’un autre œil ces compagnons d’infortune des chaleurs estivales !

 

 

tranmetropolitan

 

Transmetropolitan  de Warren Ellis. – Urban comics. –  (cote comics Transmetropolitan)

Destitution ou pas ? Nouvelle bourde ou nouvelle teinture ? C’est moins sur l’été que sur l’actu politique que nous vous proposons de surfer avec ce comics en 5 tomes. Suivez Spider Jerusalem, journaliste ultra-cynique, qui reprend du service pour suivre la prochaine élection du président US. Ce double d’Hunter S. Thompson pour ce qui est de la consommation de produits vitaminés vous fera rire ou crisser des (sans)dents dans ce futur déglingué et plus que jamais inégalitaire. Du très bon Warren Ellis pour une anticipation mordante !

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Un coup de cœur, un coup de club (des lecteurs)

Enfin ! Après une disette de quelques mois le cénacle le plus fermé et prestigieux du Monde libre et des bibliothèques de Paris se reréunissait samedi 20/05/2017, 10h30 (heure de Paris) pour s’adonner aux plus nobles passions qui soient : les livres et la critiques d’iceux.

C’est donc vers 10h30 que se sont retrouvés, fringants et beaux, Lurdès, Mary, Cécile, Liliane, Isabelle, Philippe et votre serviteur.

Mus par leurs ardentes appétences littéraires ils se sont joints dans la petite mais non moins chargée de souvenirs émus salle Allégro, au premier étage, prêts à échanger propos enjoués et romans empruntés.

Et, après une brève introduction, c’est Philippe qui initie les débats.

largeIl a lu Petit pays de Gaël Faye et pense du bien de ce premier roman, par ailleurs unanimement salué par la critique et retraçant le génocide au Rwanda vu par les yeux d’un enfant, en l’occurrence l’auteur.

Philippe a d’abord pensé que c’était rapporté de façon légère, avant de se rendre compte que finalement pas tant que ça.

A ce drame, toujours présent, se mêlent des bonheurs de l’enfance d’autant plus fragiles. L’écriture est agile, les descriptions magnifiques, le tout est très agréable à lire mais aussi très lourd.

Liliane se souvient l’avoir lu mais plus trop du contenu. Même si elle se rappelle avoir aimé.

Quoi qu’il en soit l’ouvrage a reçu le prix Goncourt des lycéens.

bureauMais Philippe enchaîne déjà, toujours prompt à partager ses passions extrêmes. Cette fois c’est un livre d’aventure : nous sommes au Japon, aux alentours de 1100, et un petit village a passé un contrat avec le Bureau des Jardins et des Étangs, une sorte d’administration royale. Ce village a pour mission de fournir un certain nombre de carpes par an pour alimenter les bassins royaux, missions dont s’acquitte un jeune pêcheur dont le don pour attraper des carpes et les transporter dans une nacelle jusqu’aux dits bassins, quoique peu glorieux, est bien utile au village qui se voit ainsi exonéré de certaines taxes. Cette phrase est bien trop longue mais peu importe.

Voilà cependant que le jeune pécheur décède tragiquement et que sa femme se voit désignée pour prendre le relais. Le roman raconte alors son voyage avec moult rebondissements et péripéties.

Le texte rend bien l’ambiance du moyen-âge japonais croit savoir Philippe et l’on ne peut que le croire sur parole tant il nous est difficile de l’imaginer.

Le livre est bien mais pas extraordinaire nous dit Philippe avec un phlegme qui est devenu légendaire dans certains milieux autorisés.

Liliane prend ensuite la parole avec solennité et cette candeur si facétieuse qu’on lui envie. C’est Alain Mabanckou qui a eu les faveurs de sa lecture, lui et son Black Bazar.

bazarBlack Bazar c’est l’histoire d’un Africain, un homme très important et toujours très chic, qui arrive à Paris. Il se marie avec la fille d’un avocat strasbourgeois d’origine congolaise qu’il emmène à Paris. Là, elle va se laisser séduire par un autre, qu’il nomme « l’hybride »

Le livre a beaucoup plu à Liliane ; il n’y a pas une histoire mais des centaines qui s’entremêlent au gré d’expressions très imagées. C’est très bien.

Elle a aussi lu « Ce qui ne nous tue pas » d’Antoine Dole mais là je vous avoue qu’il n’y a rien sur ma feuille, j’en conclue donc que le livre ne l’a pas marquée.

Cécile se lance ensuite, pour sa grande première dans le club ! Elle nous présente deux comics, de la bande-dessinée américaine, qu’elle a découverts un peu par hasard à la bibliothèque : les deux romans graphiques et autobiographiques d’Alison Bechdel, une bédéiste américaine, originaire de Pennsylvanie : Fun home et C’est toi ma Maman ?. C’est le 2ème tome qui l’a attirée au départ, d’autant qu’elle ne savait pas qu’il y en avait un premier, et elle a eu envie de le lire au vu de sa thématique : les relations mère-fille.

funAlison Bechdel est née en 1960, elle est militante féministe, lesbienne, connue pour avoir publié une série dans Womanews, une revue féministe New Yorkaise, Dykes to Watch Out For  (Lesbiennes à suivre). Ces deux tomes consacrés à son père et à sa mère sont selon Cécile magnifiques, une vraie œuvre littéraire, tout en étant graphique. Elle analyse toute sa vie avec des références littéraires et psychanalytiques, passant toute son histoire au crible des références d’Alice Miller et de Donald W. Winnicott.

Ce deuxième tome C’est toi ma Maman ? est donc consacré à sa mère, dont elle raconte l’histoire, et à ses relations avec elle, alors qu’Alison a déjà la trentaine passée et qu’elle est une auteure connue. On la voit écrire et dessiner cette œuvre, soumettre les épreuves par deux fois à sa mère, et sa mère réagit plutôt mal, parce qu’elle ne se voyait pas de la façon dont la décrit sa fille, mais elle lui donne des conseils. La mère d’Alison est une femme très cultivée, elle est au départ professeure de lettres dans le secondaire, elle aurait aimé enseigner à l’université, elle est très douée, elle lit tout le temps, de la littérature. Mais elle a fondé une famille avec M. Bechdel, elle élève trois enfants, dont Alison, l’aînée, et ses deux frères, et son statut de femme au foyer ne lui permet pas d’enseigner.

mamanC’est une famille qui a vécu une grande souffrance, à cause de la douleur du père, qui est révélée dans le premier tome et pourtant toute l’œuvre d’Alison est emplie d’un humour décapant. Dans ce deuxième opus la maison familiale a été vendue, Alison et sa mère vivent toutes les deux dans un appartement, avant qu’Alison parte à l’université. C’est à l’université qu’elle découvre qu’elle est lesbienne, elle lit toutes les œuvres des auteures féministes, elle est très influencée par Jane Austen, Virginia Woolf, notamment. Son roman est très réaliste, elle dessine très bien, elle a vraiment cette tête en vrai Alison Bechdel, elle a les cheveux courts, un style vestimentaire masculin, tout comme Judith Butler, la théoricienne des gender studies, qu’elle admire.

C’est Alison Bechdel qui a introduit la notion du genre dans la bande dessinée.

Elle est aussi connue pour avoir créé le test de Bechdel !

Ce test analyse la présence féminine dans les films, et permet de savoir si un film est féministe ou sexiste – cependant, on ne peut s’y fier totalement car il y a des films au contenu sexiste qui passent aux travers du test en répondant à ses trois prémisses :

– Y a-t-il au moins deux personnages féminins portant des noms ?

– Ces deux femmes se parlent-elles ?

– Leur conversation porte-t-elle sur un sujet autre qu’un personnage masculin ?

(Source : Wikipédia, Test de Bechdel)

Tous les blockbusters échouent à ce test, en Suède des salles de cinéma utilisent le test de Bechdel pour coter les films qu’elles diffusent. Cécile le trouve très intéressant.

Ces deux romans graphiques sont remplis de références et allusions littéraires, les parents d’Alison et elle-même lisent beaucoup, elle cite Albert Camus, Marcel Proust, Henry James, F.S. Fitzgerald, Oscar Wilde, Du Vent dans les Saules… La mère d’Alison répète sans cesse des pièces de théâtre, parfois avec sa fille, car malgré son rôle de mère au foyer, elle continue à jouer au théâtre, dans sa petite ville de Beech Creek.

Le premier tome, Fun Home, que Cécile a découvert après, est beaucoup plus dur, c’est une tragicomédie familiale, où l’on découvre l’enfance d’Alison avec ses deux parents et ses deux frères, dans un manoir que son père a passé sa vie à rénover à la mode victorienne et néogothique, à restaurer toutes les moulures, et pour lequel il a acheté des meubles qui vont bien dans le style… Il est très violent avec ses enfants, sa fille et ses deux fils, il leur fait tout faire, s’en sert d’apprentis.

A un moment, il perd son emploi de professeur, parce qu’il a des relations sexuelles avec de jeunes hommes, dont un de ses élèves, et dans la petite ville où ils vivent, cela fait scandale, à cette époque où l’homosexualité était très réprimée.

Le père reprend alors l’entreprise funéraire du grand-père, et la famille Bechdel vit dans un funérarium (d’où le titre de la BD, Fun[eral] Home), le père embaume les cadavres des défunts de la ville, aidé par ses trois enfants.

Un jour M. Bechdel meurt en traversant une route de campagne, trois semaines après que sa mère a demandé le divorce. Alison comprend bien plus tard ce qui est arrivé à son père, elle pense qu’il s’est suicidé mais n’en est pas sûre, c’était peut-être un accident. Alors qu’Alison compose son œuvre graphique, sa mère lui donne plus tard toute la correspondance que son père lui a écrite, elle comprend que son père était quelqu’un de très particulier, qui a beaucoup fait souffrir sa mère, mais elle l’aimait beaucoup. Grâce à ces deux bandes dessinées, elle parvient à exorciser la souffrance de sa vie de jeunesse, engendrée par la relation violente de ses parents, et elle le fait avec beaucoup d’humour, d’émotion et d’intelligence. Son père restaurait la maison, sa mère jouait du piano toute la journée, un frère était musicien, l’autre était passionné de maquettes, et Alison dessinait beaucoup.

Cécile vous recommande donc ces deux BD, dont on ne vous a pas tout dit (on vous en a quand même dit beaucoup !)…, deux œuvres très dures mais pleines d’humour, qu’on dirait teinté de gothique, qui sublime par l’art d’Alison Bechdel la souffrance qui peut exister dans beaucoup de familles.

Mary a quant à elle lu pas moins de quatre livres, sans doute pour nous humilier comme à son habitude, nous pauvres lecteurs qui tournons à 2 livres max par club. C’est moche de faire ça, Mary.

Mary a décidé d’apprendre l’Italien ce qui monte son nombre de langues parlées à 27, dont l’Anglais, le Français, l’Allemand, le Japonais, le Swahili et la langue secrète et royale des marmottes. Pour parfaire son italien elle lit donc des romans italiens (mais en italien sinon ça n’aurait aucun sens.)

merMargaret Mazzantini, l’autrice de  La mer, le matin est née en Irlande mais a vécu en Italie toute son enfance. Son livre narre deux histoires parallèles séparées par la Méditerranée, deux histoires mettant en perspective le passé colonial de l’Italie en Lybie.  C’est un livre sur l’identité, celle de ceux qui ont fui la Lybie pour vivre en Italie, comme Vito, le fils d’Angelina, né en Lybie mais a qui dû la quitter quand Khadafi a chassé les colons italiens. Celle aussi de Farid qui, tout jeune, suit sa mère pour coûte que coûte quitter la Lybie.

Un livre très réussi, un voyage entre deux continents et entre des familles.

Mary a lu aussi Per dieci minuti (10 minutes par jour) de Chiara Gamberale », un livre écrit sur un jeu, celui proposé par un psychiatre à sa patiente : à raison de 10 minutes par jour elle doit faire quelque chose qu’elle n’a encore jamais fait. Ce livre est basé sur son journal et est très drôle. Qui plus est, le processus se révèle thérapeutique puisqu’au bout de trente jours l’héroïne se sent bien mieux !

Camille, mon envolée de Sophie Daull : Camille, 18 ans, meurt d’une méningite le jour de Noël. Sa mère se donne comme objectif d’écrire l’histoire de sa fille et de l’achever avant Pâques. Le livre est triste et heureux en même temps, s’attachant à rendre honneur à Camille. Ce qui inspire ce proverbe chinois : On ne peut pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler autour de nos têtes mais on peut les empêcher de faire leur nid dans nos cheveux. »

Mary conclut brillamment par La guerre d’hiver du finlandais d’origine suédoise Philip Teir. Un roman conjugal sur la guerre d’hiver qui opposa les russes aux finlandais qui distille au fur et à mesure de ces pages un « esprit nordique » sur ce qui est important dans la vie ou comment une famille peut se désunir.

Lurdes prend alors la parole pour évoquer le livre Lire c’est vivre plus, ouvrage recensant l’avis de 9 écrivains et partageant leur amour de la littérature. C’est grâce à lui qu’elle a découvert Ces amis qui enchantent la vue de Jean-Marie Rouart, un excellent livre, très long, qui présente des livres de 120 écrivains, permettant de mieux connaître la littérature.

Parmi ceux-ci elle a  lu :

Le livre de l’intranquillité de Pessoa, poète portugais qu’on ne présente plus, qui parle de Lisbonne et qui est un peu triste.

Un roman françaisun-roman-f de Frédéric Beigbeder, qui revient sur son enfance dont il a tout oublié, de ses parents divorcés, de son frère qui travaille au MEDEF et par rapport auquel il se trouve raté.

Les forêts de Ravel de Michel Bernard : l’histoire du musicien, trop petit pour faire la guerre de 14 mais qui veut tout de même y participer et devient brancardier. A l’hôpital il trouve un piano et se met à en jouer. Très bientôt tout le monde veut le voir jouer : médecins, infirmiers et les éclopés dans leurs lits. Le livre est très joli, sentimental.

Mais voilà que le club menace de s’achever, heureusement Isabelle a encore quelques livres dans les manches (c’est une image…) !

Coraline, d’abord, adapté en un film très réussi. L’histoire d’une petite fille qui doit déménager à la campagne et dont les parents travaillent beaucoup. Comme elle s’ennuie elle se met à beaucoup se balader et un jour trouve une porte qui l’a fait tomber dans un monde parallèle. Ses parents sont là mais ils n’ont pas d’yeux, ils ont à la place des boutons cousus. En revanche, passé ce détail, sa deuxième maman est bien plus gentille que l’originale.

Sauf qu’elle n’est peut-être pas si gentille que cela…

burtonTim Burton ensuite, le célèbre réalisateur s’est aussi essayé à l’écriture avec un certain panache, disons-le, en tout cas avec plus de talent que pour Alice au pays des merveilles. Ce sont des histoires drôles et tristes en même temps, l’auteur surfant sur ce qu’il sait faire de mieux : les contrastes entre ce qui est drôle et triste.

Son livre, La triste fin du petit enfant huitre et autres histoires, est un recueil de poèmes touchants sur des enfants monstrueux, comme par exemple Ludovic, l’enfant toxique qui a beaucoup ému notre stagiaire Isabelle.

Enfin, Olivier essaye de dire des trucs sur des machins qu’il a aimés mais personne ne l’écoute parce qu’on a trop faim et aussi il y a un concert dans le parc qui accapare l’attention de tout le monde aussi ne vais-je pas en parler.

Conclusion : ce fut un club assez magnifique, il faut en convenir mais il y en aura bien d’autres ! Et des meilleurs ! Le prochain concernera d’ailleurs, et ça n’a aucun rapport avec ce que je dis, le Natural Writing, mouvement littéraire né dans l’ouest des États-Unis que vous découvrirez grâce à notre sélection sise au rez-de-chaussée de la bibliothèque (n’hésitez pas à réveiller l’agent(e) pour cela !).

 

 

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La Foire du Lendit

Pour prolonger l’exposition du mois d’avril sur les anciens métiers de la Chapelle, entièrement réalisée par l’équipe de la bibliothèque Václav Havel, nous vous proposons une escapade médiévale à la Foire du Lendit, qui avait lieu durant des siècles à l’orée du village de la Chapelle, sur la route des processions dionysiennes.

La Foire du Lendit

Cette foire s’est tenue depuis le Haut Moyen âge (du VIe au IXe) jusqu’au XVIIème siècle dans la Plaine du Lendit [1], entre Saint-Denis, Saint-Ouen, Aubervilliers et jusqu’au « Col de la Chapelle ». C’était l’une des plus importantes foires d’Europe après les foires de Champagne. Son origine remonte selon les sources à Charles le Chauve (823-877) qui aurait déplacé à Paris la grande Foire d’Aix-La Chapelle fondée par Charlemagne, mais aussi au roi Dagobert (602/605 ?-638?), ou encore à Suger (1080?-1151), abbé de Saint-Denis sous le roi Louis VI (1081-1137).

La Bénédiction du Lendit. Miniature du manuscrit latin Pontificale Senonense, édité entre 1301 et 1400. - Pontifical de Sens, XIVème siècle, latin 262, F. 264r Bénédiction du Lendit. - Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 962, domaine public.

La Bénédiction du Lendit. Miniature du manuscrit latin Pontificale Senonense, édité entre 1301 et 1400. – Pontifical de Sens, XIVème siècle, latin 262, F. 264r Bénédiction du Lendit. – Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 962, domaine public.

Les moines de l’abbaye de Saint-Denis louaient les emplacements aux marchands et tiraient grands profits de la foire, de même que le roi, qui prélevait des taxes sur les échanges [2]. La cérémonie inaugurale commençait par une procession solennelle partant du parvis de Notre-Dame pour se rendre au Lendit. L’évêque ouvrait la foire en bénissant le peuple et les marchands, lors de la Bénédiction du Lendit.

La Foire du Lendit durait une quinzaine de jours, du 11 juin, jour de la Saint-Barnabé, jusqu’au 24 juin, jour de la Saint-Jean. Par ordre du Roi, il était interdit de vendre aux Halles de Paris durant cette période. Alors que se développaient les hanses, associations de marchands qui s’assuraient un monopole, le Lendit devint l’un des principaux pôles commerciaux du Royaume jusqu’à la Renaissance. Des milliers de Parisiens et habitants des villages alentours venaient s’y approvisionner ou flâner. Les marchands et camelots venus de toute l’Europe et même depuis Byzance, se rassemblaient dès la St Barnabé, dans 1200 loges de bois pour vendre des produits de toute sorte : comestibles, bétails, chats angoras (en 1400 le prévôt de Paris en acheta un grand nombre pour dératiser la ville), cuirs et peaux, outils, étoffes, etc. [3] 

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La Foire du Lendit à Saint-Denis, Miniature du manuscrit des Grandes Chroniques de France, 1375-1379, [19 folio 122 verso], fonds patrimonial de la ville de Castres (81)

À la Foire du Lendit à de Saint-Denis, de nombreux drapiers et marchands de vêtements vendaient des toiles, de la « tiretaine » aux draps de luxe, ou étoffes « francigènes », et de la fine lingerie, tels qu’on les voit sur la miniature des Grandes Chroniques de France (1375-1379) ci-contre, aimablement communiquée par la Ville de Castres qui en possède le manuscrit.

Les marchands de la Foire du Lendit

Le Dit du Landit rimé, du chroniqueur parisien Guillot, composé au temps de Philippe Le Bel au XIIIème siècle, décrit la multitude de commerces représentés à la Foire du Lendit :

• marcheanz : marchands
• regratiers : revendeurs de pain, de sel, de fromages, de chandelles
• barbiers
• servoisiers : brasseurs, vendeurs de bière
• taverniers, marchands de vins
• tapiciers : tapissiers
• merciers
• la foire du parchemin
• li pourpoint : les marchands d’habits
• la Grant Peleterie : les vendeurs de peaux, tanneur
• la tiretaine : étoffe
• li lingières : les lingères
• cuirs cruz et lainne : cuirs bruts et laine
• la ferronerie : maréchal-ferrant
• la baterie : les chaudronniers
• cordouanier : marchands de cuirs et peaux, cordonniers
• megeis : mégissiers de peaux fines
• bourrelier, sellier
• freinier : marchands d’éperons, de freins
• cordier : marchands de cordes de chanvre
• marchands d’outils : faux et faucilles, haches, coigniés (cognées) et tarières, queus (pierres à aiguiser), et « tranchants de plusieurs manières »
• mortelier : marchands de mortier à piler• bancier : banquier
• changéour : changeur
• chaucier : marchand de chaussures
• huchier : coffretier, fabricant de huches, coffres, etc.
• li joüel d’argent : les bijoux
• orfaverie : orfèvrerie
• espisiers : épiciers, vendeurs d’épices
• marchands de platiaus (plats), escueles et pots, ouvré d’estain (ouvragés en étain)
• marchand de toile : la telle
• chanevacier : marchands de toile de chanvre
• drapiers• marchands de bestiaux : ceus qui amainent le bestaille, vaches, bueus, brebis et porciaux (vaches, bœufs, brebis et pourceaux)
• « et ceux qui vendent les chevaus, roncins, palefrois et destrier, jumens, poulains et palefroi »

Le Dit du Lendit

Composé vers 1290 par le chroniqueur parisien Guillot, il comprend 168 vers octosyllabiques à rimes plates. Voici sa transcription du gothique, en ancien français [4].
Cy commence le Dit du Lendit rimé.
En l’onneur de la Marchéandie
M’est pris talent que je vous die,
Se il vous plaist, un nouvel Dit.
Bonne gent, ce est du Lendit,
La plus roial Foire du Monde,
Si com Diex la fait à la ronde,
Por qui g’i ai m’entencion.
Premerain la Pourcession
De Nostre Dame de Paris
Y vient. Que Dieu gart de péris
Tous les bons Marcheans qui y sont.
Au bout par desa Regratiers,
Trouvé Barbiers et Servoisiers
Taverniers et puis Tapiciers ;
Asez pres d’eulz sont li Mercier.
A la coste du grant chemin
Est la Foire du parchemin ;
Et après trove li Pourpoint,
Dont maint homme est vestu à point,
Et puis la Grant-Peleterie.
La tiretaine dont simple gent
Sont revestu, de pou d’argent.
Les Lingières n’y sont pas toutes.
Je m’en retourne par les coutes.
Puis m’en reving en une plaine.
La où l’en vent cuirs cruz et lainne.
Puis adressai au bout arrier
Là où je commencai premier,
Par devers la Crois du Lendit
Pour miex aconsevoir mon Dit,
M’en ving par la Feronnerie.
Après trouvai la Baterie,
Cordouanier et Bourrelier,
Sellier et Freinier et Cordier,
Chanvre fillé et cordouan.
Assez y ot paine et ahan
Marchans qui là sont assamblez.
Faus, après fausilles à bliz
Si y treuv’on qui les set querre,
Queuz d’Ardenne et d’Engleterre.
Haches, coigniés et tarières,
Et trenchans de plusieurs manières,
Mortetier, bancier trouvoi,
Taneur, megeis de bon conroi,
Chausier, huchier et changéour
Qui ne sont mie le menour,
Ils se sont logié bel et gent.
Apres sont li jouël d’argent
Qui sont ouvré d’orfaverie :
Ce me semble grant desverie.
Je n’i vi que trois Espisiers,
Et si le mesconvient noncier.
Puis m’en vins en une ruelle
Estroite, ou l’en vent la telle,
Yceulx doi-je bien anoncier,
Et après le Chanevacier,
Ainçois que je soie a repos,
Platiaus, escueles et pos
Trouvé, qui sont ouvré d’estain.
On diroi du mestier hautain
Qu’à ma matière miex apère,
C’est cis qui tous les autres père,
Ce sont li Drapier que Dieu gart,
Par biaus dras l’alions regart ;
Diex gart ceus qui les sèvent faire !
Des marcheans de bon afaire
Doit-on parler en tous bons lieus.
Explicit
et si leur doint marcheander
qu’en Paradis puissent aler,
et les marchandes aussi,
je pri a Dieu qu’il soit ainsi.

Le manuscrit du Dit du Lendit rimé

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Le Dit du Lendit rimé. – Dits, fabliaux et pièces diverses, 1301-1400. Manuscrit français n°24432. Folio CCLXII. – Parchemin. – 443 feuillets à 2 col., plus les feuillets 198a-g. – 310 × 215 mm. – Reliure veau marbré. – Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 24432. Domaine public.

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Le Dit du Lendit rimé. – Dits, fabliaux et pièces diverses, 1301-1400. Manuscrit français n°24432. Folio CCLXIII. – Parchemin. – 443 feuillets à 2 col., plus les feuillets 198a-g. – 310 × 215 mm. – Reliure veau marbré. – Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Français 24432. Domaine public

La Foire aux parchemins

Le Lendit était aussi une foire aux parchemins très renommée, où tous les étudiants, les clercs de la basoche (employés au Parlement) et les universitaires se fournissaient.
Jean-Joseph Weerts (1846-1927) a peint deux fresques représentant le Lendit, événement important de la vie universitaire, deux huiles sur toile marouflées sur les murs de la Sorbonne, dont la Chancellerie des Universités de Paris nous a très aimablement communiqué les droits d’illustration pour cet article. Ces deux œuvres historiques sont également présentées sur le site de Bibliothèque Interuniversitaire de la Sorbonne (BIS).
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« La Foire aux parchemins ». Huile sur toile marouflée de Jean-Joseph Weerts (1846-1927), Paris, Cour d’honneur de la Sorbonne © Chancellerie des Universités de Paris.

La Fête du Lendit

Chaque année au mois de juin, s’ouvrait la grande Fête du Lendit : le Recteur des Universités conduisait depuis la Sorbonne un cortège d’étudiants turbulents qui s’adonnaient à des festivités débridées. Les professeurs recevaient à cette occasion leurs honoraires, 6 à 7 écus d’or, que l’on appelait aussi les « lendits ».
Les rixes et désordres des étudiants menèrent le Parlement à réduire le cortège à une simple délégation en 1550, puis à abolir la fête scolaire du Lendit en 1608.
En 1556, en raison des intempéries, mais surtout des troubles de la guerre de Cent Ans et des guerres de religion, la foire fut déplacée par un arrêt d’Henri II à l’intérieur des murs de Saint-Denis, à l’emplacement de l’actuelle place Jean-Jaurès, où de nouvelles loges en bois furent construites pour l’accueillir.
La Foire du Lendit gardera toute son importance pendant six siècles, jusqu’à sa suppression en 1793 sous la Révolution.
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« La Fête du Lendit. Cortège joyeux des étudiants se rendant à la fête ». Huile sur toile marouflée de Jean-Joseph Weerts (1847-1927). 1903. Paris, La Sorbonne, cour d’honneur © Chancellerie des Universités de Paris

Les processions estudiantines du Lendit, longtemps populaires à Paris, se sont poursuivies épisodiquement et joyeusement jusqu’au 20ème siècle dans le Quartier latin :fete-du-landyt-gallica  Spectacle historique organisé place du Panthéon à Paris pour la Fête du Lendit en 1911 (photographies de presse / Agence Rol. – Source : Gallica, Bibliothèque nationale de France. Domaine public).Fête du Lendit Rue Soufflot 1911

Notes

[1] N.B. Étymologie du mot « Lendit ». L’Endit (indictum) était au départ un pèlerinage, de fidèles qui, dès l’époque carolingienne, venaient chaque année, le jour de la Saint-Jean – au moment de l’Endit, ou indictum -, vénérer les reliques de la Passion précieusement conservées à l’abbaye de Saint-Denis. Le mot « Lendit » vient vraisemblablement du mot latin « Indictum », qui signifie « le jour indiqué, ce qui est fixé, lieu d’assemblée » et qui a évolué vers le mot l’indict, orthographié l’endict, endit, lendit, lendi, landit, landi, landy ou landyt.
Au cœur de la plaine du Lendit se trouve la Montjoie, un tumulus, ancien centre religieux de la Gaule, où se déroula en 250 le martyre de Saint-Denis, alors qu’il avait été envoyé par Rome pour évangéliser les Gaules. Saint-Denis est le patron de Paris et de la Seine-St-Denis.
Sources : « Montjoie et saint Denis! », Le centre de la Gaule aux origines de Paris et de Saint-Denis, p.22  / Anne Lombard-Jourdan. – Paris, Presses du CNRS, 1989.
[2] Source : Dictionnaire Larousse,
[3] Source : Edmond Faral, La vie quotidienne au temps de Saint Louis, éd. Hachette, 1942.
[4] Le Dit du Lendit, transcrit d’après le recueil Les rues et les cris de Paris au XIIIe siècle : pièces historiques / publiées d’après les manuscrits de la Bibliothèque nationale et précédées d’une étude sur les rues de Paris au XIIIe siècle par Alfred Franklin,… – Ed. L. Willem ; P. Daffis, 1874. (Manuscrit de la Bibliothèque nationale de France, français, 24432).
(Cécile Pallarès Brzezinski)
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