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L’Affaire est dans le sac en papier

31 oct

Cet article fait parti de l’opération La Voie des indés.

S’il y a bien une chose dont on peut être certain en refermant L’Affaire est dans le sac en papier, c’est que « le cadavre était mort ». Jean-Jacques de Tréfond-Trévise a été assassiné dans une pièce de son hôtel particulier du 79 rue des Cailloux-qui-Moussent, pièce dont la porte était verrouillée de l’intérieur et ne comportant aucune ouverture sur l’extérieur. Mais qui peut bien être l’assassin ? Le majordome, le valet de chambre, la cuisinière, la (très jeune) veuve, le neveu, le chauffeur, le jardinier, un nain ?
Lisez et vous le découvrirez peut-être.

       

Si vous cherchez un vrai roman policier passez votre chemin, mais si vous en avez ras-le-bol de ce genre littéraire plein de clichés et usé jusqu’à la corde, ce livre est fait pour vous.
Ici l’histoire du meurtre, la fameuse « Affaire », n’est qu’un prétexte à l’humour et à la dérision. L’auteur s’amuse avec les mots, avec la narration et surtout avec nous, lecteurs. Dès les premières pages, un pacte de lecture est suggéré : l’auteur connait nos préjugés, nos attentes, et il n’y répondra pas. A prendre ou à laisser. Parodique, loufoque, absurde, long et labyrinthique, ce roman mène partout et nulle part. Ce qui pourrait d’ailleurs agacer et/ou décourager un lecteur peu téméraire. Mais ce grand n’importe quoi a quelque chose de jouissif car, en s’affranchissant des codes narratifs, l’auteur nous rappelle à quel point l’écriture est liberté. Boll se lâche et signe un objet artistique à tout point de vue (exploitation des possibilités typographiques et de mise en page, illustrations), un premier roman en forme d’OVNI.

Du 4 novembre au 19 décembre, vous pourrez admirer à la bibliothèque une exposition des 20 dessins originaux de Boll à l’encre de chine représentant les personnages principaux. Mais ce n’est pas tout : l’auteur et Frédéric Martin des éditions Le Tripode seront présents le 20 novembre à 19h pour une rencontre autour de ce roman.

Emilie et Lisa

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Sélectable de novembre

30 oct

G&Glogo2

L’automne vient finalement de se décider à pointer son nez à Paris, les arbres jouent les strippers, l’air se fait plus humide et plus froid. Le vineux mois d’octobre est passé, les vendanges de Lutèce sont terminées, on a la pâteuse et un peu mal au crâne… Rien de tel, à ce stade, qu’un bon gueuleton pour se remettre d’aplomb.

SELECTABLESlivresSELECTABLESliseuseEt ça tombe bien, car si comme l’affirme Grimod de la Reynière et son Almanach des gourmands[pdf] « Chaque mois, en cuisine comme en volupté, à ses jouissances particulières », le mois de novembre n’est rien de moins que le mois gras, entendez par là que tout ou presque est disponible à profusion pour festoyer : « Les vendanges sont faites, les fruits sont cueillis, le gibier abonde, la viande de boucherie est saine et grasse, la volaille est grosse et succulente ; poulets, dindonneaux, canetons, pigeonneaux joignent à la fraîcheur de l’adolescence le fumet de la maturité. » (GASTERMANN, in Le Gastronome Français ou l’art de bien vivre).

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Pour mieux affronter, donc, ce saindoux de Novembre, la bibliothèque vous assiste en cuisine et à table, avec une Sélectable sur le thème du goût et de la gourmandise.

Dussiez-vous ainsi choisir de faire bombance avec Saint Martin, patron des oies et des buveurs qui obtint de l’Église que l’Avent fût reculé d’une quinzaine de jours pour pouvoir faire bonne chère en Novembre, les Anciens auront pour vous de précieux conseils: avec Le cuisinier impérial [pdf], ou L‘école des cuisinières, le ragoût de tête de veau à la tortue, le kari de tendons de veau à la française, le bouillon pectoral ou la croûte-au-pot deviendront votre spécialité pour le repas dominical en famille.

bon sens

Si vous ne savez vous situer dans ce débat, Marie de Saint-Ursin invoque le bon sens commun d’une manière qui n’est pas dénuée d’attrait

Si au contraire, vous êtes plus mus par la peur de l’indigestion, si vous faites vôtres de sages adages tels Mens sana in corpore sano ou le Pene gulæ metas de l’école de Salerne, si vous êtes branchés fruits et céréales, là encore les Anciens sauront vous guider. Le guide pratique de l’amateur de fruits vous fournira des données quasiment exhaustives sur les variétés de fruits (se faisant l’écho de richesses naturelles qui nous sont de moins en moins accessibles, et en avant goût du projet de grainothèque qui prend doucement vie à la bibliothèque avec l’aide de grainesdetroc). Avec le tome sur les céréales du Les alimens de Balland, l’épeautre et le sorgho n’auront plus de secrets pour vous.

Enfin, si c’est carrément dans l’ascèse que vous prenez votre pied, ou si vous êtes de ceux qui décortiquent les étiquettes et qui veulent tout savoir de la composition de leurs aliments et de leurs apports nutritionnels, tout d’abord ne manquez pas le passage d’Open Food facts à la bibliothèque ; ensuite, la lecture de De l’abstinence des alimens, Physiologie des substances alimentaires, ou encore Le cuisinier et le médecin devrait vous ravir, ouvrages où se mêlent des visions médicinales (« Des modifications apportées aux tempéraments par la nourriture ») et poétiques de l’alimentation.

Que dirai-je des pois ? Je les loue et les blâme

Le pois, avec sa peau, gonfle ; il contriste l’âme

Et fait mal en effet ; donc pour le rendre sûr

Enlevons-lui sa robe et mangeons-le tout pur

Physiologie ….

Car bien sûr, une Sélectable qui veut rendre justice au goût et à la gourmandise ne saurait se résumer à une description du contenu de nos assiettes, et s’il s’agit de cuisine il s’agit également de littérature, en l’occurrence une littérature de gourmands. Les madeleines de Proust, le Gargantua de Rabelais ne pouvaient pas ne pas avoir leur place privilégiée ici, aux côtés du ventre de Paris de Zola ou du grand dictionnaire de cuisine de Dumas. Autant de classiques qui seront complétés par la Sélectable papier que vous trouverez au rez-de-chaussée de la bibliothèque.

Tailhade nous livre à cet égard, avec son Petit bréviaire de la gourmandise, une vision panoramique de l’histoire de la gourmandise en France et au fil des siècles, s’attardant sur le rôle d’illustres gourmands dans la promotion de la bon vivance : écrivains, hommes d’Église, cuisiniers et pâtissiers, et même souverains qui n’ont « pas eu de but plus constant ni de plus chère étude que le moyen d’accroître et d’améliorer les passe-temps de bouche qui sont à la fois le premier besoin de la nature et le plus bel ornement des civilisations ».  mobile-chef-truck-hi

Vous reprendrez bien un peu de n’importe quoi, pourvu que ça soit préparé dans une camionnette, servi sur le trottoir et qu’il faille faire la queue des heures pour cela?

Signe pour le moins intéressant, ce bréviaire se fait prophétique alors qu’en 1919 déjà, Tailhade déplore la mort de la cuisine. Comble de l’infamie, à en croire cette ultime provocation de l’anarchiste, la fin prématurée de cet art est à mettre sur le compte de Paris, des parisiens et des parisiennes qui « mangent d’abord avec leur yeux, ce qui fait que l’on tend, de plus en plus, à remplacer par le décor toute espèce d’aliments. ».

Une chose est sûre, le meilleur moyen de nous réconcilier avec l’esprit des gourmands dont se revendique Tailhade, c’est de ne pas bouder notre plaisir à table et en cuisine. À bon entendeur: venez retrouver la Sélectable au rez de chaussée de la bibliothèque dès le 4 novembre, et régalez-vous de nos livres de gourmands, de gourmets, de goinfres, d’apprentis cuistots, de chefs étoilés, nos recueils de recettes d’horizons (plus ou moins) lointains, nos polars gastronomiques, etc… La Sélectable électronique est quant à  elle d’ores et déjà disponible à cette adresse.

À vos fourneaux!

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The LP collection

29 oct

Cet article fait parti de l’opération La Voie des indés.

Le concept de Laurent Schlitter et Patrick Claudet de présenter 50 LP de groupes totalement underground afin de réhabiliter la critique comme style littéraire est une belle réussite. A travers chaque texte on retrouve la ferveur qui a agité la presse musicale à une certaine époque. Au fil des critiques on retrouve cités Sonic Youth, Danger Mouse, Beach House mais aussi Shakespeare, Will Self ou Tarantino. Références tellement importantes qu’on retrouve un étrange glossaire à la fin du livre où sont répertoriées toutes les artistes cités.


Les deux auteurs pousseront leur concept jusqu’à proposer des compilations (http://thelpcompany.bandcamp.com) regroupant des reprises des morceaux cités dans le livre par d’autres groupes (Fauve, Holden…). Malgré cela on arrivera à se rendre compte, en lisant entre les lignes, de la supercherie. Toutes les histoires qui nous sont racontés sont de pures inventions. The LP Collection, la collection de Laurent et Patrick ou la volonté de réveiller les sens des lecteurs mais également de critiquer la surconsommation musicale aussi bien que l’élitisme des amateurs éclairés.

Thomas

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Journal de bord de l’Havel, samedi 18 octobre, 10h30

29 oct

Déjà un an que le vaisseau Havel est à flot. Les vivres ne manquent pas et le moral est au beau fixe. Depuis quelques semaines, le navire a pris la Voie des Indés. Le club de lecture, sur le pont, s’apprête à augmenter la voilure en cette matinée où le soleil est haut, la mer calme, et les cookies savoureux.

voie des idés

Après avoir brièvement observé la carte marine dans sa cabine richement décorée, Caroline, la capitaine de ce beau voilier, a l’œil rivé sur la longue-vue.  Les quelques goélands qu’elle aperçoit au loin peinent à voler contre le vent. Bon signe : la brise se lève. La direction est toute trouvée : cap sur l’édition indépendante !

[...]

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Happy birthday mister… library!

25 oct

  

   Aujourd’hui la bibliothèque Václav Havel souffle sa première bougie, en espérant que bien d’autres viennent petit à petit s’allumer et briller sur le gros gâteau de son succès ! Petit retour en image, en texte et en chiffre sur sa première année d’existence :

Il y a un an la bibliothèque Václav Havel naissait. Un an. Mais au fond, se questionne-t-on tout à fait légitimement, la bibliothèque Václav Havel, qu’est-ce que c’est ?

Alors, pour tout vous dire, et attention ça risque de vous faire un choc, au début la bibliothèque c’était ça. Mais ça manquait quand même un peu de panache :

5

Nous n’aimions pas trop, surtout au niveau des fuites d’eau, de la tôle, de la rouille, ah et de… De tout en fait. Alors nous l’avons transformée en…

Ça :

Avouez que ça claque.

Avouez que ça claque.

 

A chaque (re)naissance, toutefois, il est de bon ton de nommer la créature qui vient d’apparaître avec force hurlement. Hum. Bon alors avant sa naissance, la bibliothèque en devenir se nommait Pajol, (comme la rue et comme la halle et comme… quelqu’un, je crois, mais cela m’échappe.)  Comme nous n’étions pas très fans, nous avons décidé de l’appeler comme lui :

(En vrai ce n’est pas nous qui l’avons nommée, c’est le conseil de Paris, mais ça faisait plus dramatique de le dire comme ça.)

(En vrai ce n’est pas nous qui l’avons nommée, c’est le conseil de Paris, mais ça faisait plus dramatique de le dire comme ça.)

Comme ça, parce qu’il a une bonne tête. Et qu’il a été président de la République Tchèque. Et qu’il a écrit du théâtre.

Ah si lui aussi il s’appelait Pajol, c’est même lui le Pajol original, souvent copié très largement dépassé. Mais bon personne ne s’en souvient de ce Pajol*.

Ah si lui aussi il s’appelait Pajol, c’est même lui le Pajol original, souvent copié très largement dépassé. Mais bon personne ne s’en souvient de ce Pajol*.

Mais la gestation était loin d’être complète, car une bibliothèque ce n’est pas juste un bâtiment trop beau et un nom de président. Une bibliothèque c’est avant tout…

Un troisième lieu

Pour ceux qui n’auront pas le courage de lire tout ça je vous livre un petit résumé parfaitement personnel : une bibliothèque c’est un endroit qui n’est pas la rue, qui n’est pas un endroit payant, qui n’est pas le domicile ni le travail (enfin ça, ça ne marche pas pour nous), c’est donc en fait un cinquième lieu. D’ailleurs, pour ceux que ça intéresse, je donnerai probablement une conférence à ce sujet. Un jour. Si on me prête la salle des fêtes de Préveranges**. Ce qui n’est pas gagné.

The salle des fêtes de Préveranges, fréquentée en son temps pas si lointain par une de nos collègues. Petit jeu rigolo : saurez-vous deviner laquelle ?

The salle des fêtes de Préveranges, fréquentée en son temps pas si lointain par une de nos collègues. Petit jeu rigolo : saurez-vous deviner laquelle ?

C’est un endroit où on peut à la fois se cultiver, se divertir, sociabiliser mais également, n’en déplaise à ce monsieur s’amuser !

Car c’est primordial de s’amuser, comme l’ont bien compris les deux spécialistes vidéo-ludiques intercontinentaux que nous avons la chance de compter parmi nos collègues.

Dont un médecin légiste spécialisé ès manettes de jeu, ou bien le tristement « éventreur de pads de la ZAC Pajol, les débats font rage en ce moment même, à ce sujet précis.

Dont un médecin légiste spécialisé ès manettes de jeu, ou bien le tristement célèbre « éventreur de pads de la ZAC Pajol », les débats font rage en ce moment même, à ce sujet précis.

C’est pour respecter cette logique de cinquième lieu  qu’à Václav Havel nous avons réservé tout plein de salles à des usages divers et variés tels que le jeu vidéo, la pratique informatique, les groupes qui veulent parler fort, les enfants qui veulent se faire lire des histoires, mais aussi le travail en silence***.

Pour illustrer mon propos voici une salle vide. Ce qui n’a aucun sens en fait. Ah si, ce n’est pas terrible une salle vide, nous on préfère quand elle est remplie de gens.

Pour illustrer mon propos voici une salle vide. Ce qui n’a aucun sens en fait. Ah si, ce n’est pas terrible une salle vide, nous on préfère quand elle est remplie de gens.

Enfin, c’est bien joli tout ça mais nous n’avons pour l’instant pas encore affleuré le vif du sujet, car si, il y en a un, parfaitement.

Nous n’avons pour le moment qu’évoqué le look de la bibliothèque, en bons conservateurs matérialistes capitalistes patriarcaux que nous sommes. Qu’en est-il de l’esprit de la bibliothèque ? Si sa coquille est bien jolie, qu’en est-il de son blanc, de son jaune, du poussin qui se débat à l’intérieur****… enfin, qu’en est-il donc de son âme ?

Âme ! Le mot est lâché, puissant, polémique, dangereux. Prêt à buzzer sur LCI. Quelle est l’âme de Václav Havel ? Que fêtons-nous vraiment aujourd’hui ? Quel est le poids réel à vide et sans le jardin de la halle Pajol ? Que nous servent VRAIMENT les Petites Gouttes pour justifier leur appellation et leur prix ? Pourquoi Bagheera confie-t-il d’abord Mowgli à des loups avant de subitement l’arracher à sa nouvelle famille et le perdre plusieurs fois dans la jungle avant d’enfin le ramener dans son village, chose qu’il aurait pu/dû faire dès le début ?

Sachez que je ne répondrai pas à ces questions. Parce que je ne sais pas, en fait. Par contre je vais vous balancer plein de chiffres inutiles pour clôturer en beauté cet article.

- 37000 : c’est le nombre à peu près presque exact de documents dans la bibliothèque (le vrai chiffre tout à fait absolument exact est classé secret défense et même si je voulais je ne pourrais pas vous le divulguer.)

- 35,995 mètres : soit 35995 centimètres, 39.3646 yards, 118.0938 pieds et 1417.126 pouces: La taille cumulée des agents de la bibliothèque, y compris ceux qui trichent, sachant que j’ai du faire des soustractions pour certains de ces derniers. A noter que 35 mètres, c’est la taille de la plus grande tour en Lego jamais construite*****… Coïncidence ?

0 : le nombre de boite à livres mais 1 le nombre de boite à livres à venir très bientôt et à laquelle vous pourrez confier tous vos documents dans  les (rares) moments où nous serons fermés ! A noter que la boite à lettre n’est pas une boite à livre, comme pourra vous le rappeler au téléphone 1 bibliothécaire pas contente, le mardi matin. (petit jeu rigolo suite, saurez-vous deviner de qui il s‘agit ?)

- 2007 : l’année moyenne de publication des ouvrages d’histoire dans notre bibliothèque. Pour rappel, puisque personne ne semble le savoir, nous avons des ouvrages d’histoire à la bibliothèque, et ils sont tout neufs (puisque personne ne les lit) !

- 25 : le nombre de trains passés devant ma fenêtre entre le moment où j’ai commencé à les compter et celui où j’ai arrêté parce que j’en avais assez. 3 étaient des TGV et 12 des transiliens. Ça en laisse 10 de je ne sais pas. (Si toi aussi ami lecteur tu veux compter des trains, sache qu’il y a plein de fenêtres au premier étage, au fond, près des ouvrages d’ouvrage d’histoire, où tu pourras t’adonner à ta passion en toute tranquillité et, pourquoi pas, emprunter un ouvrage d’histoire !)

1982(,47619) : l’année moyenne de naissance des agents de la bibliothèque. Sachant que sur 21 bibliothécaires, 14 sont nés entre 1980 et 1989 et 5 entre 1970 et 1979. Ce qui nous en laisse 2, 1 au dessus de 1990 et 1 en dessous de 1970, (petit jeu rigolo fin : saurez-vous deviner qui ils sont ?) En tout cas et malgré cette date de naissance préraphaélite, voire antédiluvienne, les bibliothécaires de Václav Havel se mettent au service de la culture, des arts et des divertissements presque tous les jours, du mardi 13h au samedi 18h, avec le sourire !

 Voilà. La bibliothèque Václav Havel c’est cela, et c’est bien plus encore : c’est des rires et des larmes, du sang et de la boue. Ah non ça c’est le Nam, comme disent les vétérans******. Václav Havel, c’est une année entière de services innovants et d’animations inédites, et non nous ne nous faisons pas outrageusement mousser ! Václav Havel c’est aussi vous (un peu) qui faites chaque jour vivre la bibliothèque !

Bon anniversaire à tous !

 

*- L’auteur de cet article tient à présenter ces excuses à tous les fans de Pierre Claude Pajol s’il les a insultés d’une quelconque façon et les invite à venir discuter avec lui de l’avenir de leurs personnages historiques au rôle mineur préférés avec lui, à la salle des fêtes de Préveranges.

**- L’auteur tient à rappeler aux Préverangeois et aux Préverangeoises qu’il a beaucoup de respect pour ce mignon village qu’il n’a jamais visité.

***- Cette pratique un peu étrange compte un certain nombre d’aficionados, qui se précipitent, dès les portes de la bibliothèque ouvertes, dans la salle Modérato pour s’y adonner dans un silence de plomb. On en compte au moins plein par jour.

****- Il n’est pas clairement établi qu’il y ait  réellement un poussin à l’intérieur de la bibliothèque.

*****- Une tour de lego  de 35 mètres mais c’est trop cool non ?

******- Si si, c’est très clairement évoqué dans Apocalypse Now.

Olivier.

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Debout-payé de Gauz

24 oct

Debout-payé

Debout-payé

Gauz

Le nouvel Attila

« DEBOUT-PAYÉ : désigne l’ensemble des métiers où il faut rester debout pour gagner sa pitance. Le métier de vigile est donc un debout-payé. »

Planté dans un magasin quelconque – Franprix de banlieue ou Séphora de désœuvrés –  le vigile, vêtu de noir, fait figure d’épouvantail. Le vigile n’a pas grand pouvoir, si ce n’est celui de dissuader, et si un vol est effectivement commis, que peut-il faire ? Courir après un énergumène qui aura quoi ? dérobé cinquante euros de marchandises à une grande fortune de France ? « (…) vigile est à la sécurité ce que la  “ vache qui rit” est au fromage. »

Debout-payé suit le périple d’Ossiri, étudiant ivoirien débarqué sans-papiers à Paris, devenu vigile grâce à ses relations. À travers la trajectoire particulière du jeune homme  – mise en perspective avec celle de ses parents et de ses camarades –,  Gauz, l’auteur, interroge l’immigration  africaine, l’accueil et le devenir en France, et par là-même les relations de celle-ci avec ses anciennes colonies. À la manière des allers-retours de tant de familles – partir, envoyer de l’argent au pays, revenir et envisager une meilleure situation, ou au contraire s’installer –, on déambule dans le temps et l’espace.

Le récit est ponctué d’interludes, énumérations de mille constats du vigile en poste : « Plus on s’éloigne de Paris, plus la peau des vigiles éclaircit vers le beurre. En province, loin, loin dans la France profonde, il paraît qu’il y a même des endroits où il y a des vigiles blancs. » S’il ne meurt pas d’ennui et d’indifférence, le vigile observe : car les mœurs consuméristes en disent bien long sur l’individu contemporain. Observer, c’est ce qu’a fait Gauz pour se distraire alors qu’il veillait sur les tee-shirts Camaïeu ou les produits cosmétiques, puisque lui-même fût Debout-payé.

Avec malice, Gauz épingle joyeusement nombre de travers contemporains et aborde l’immigration à Paris sous l’angle de l’histoire d’un métier qu’on se transmet : une planche de sauvetage autant qu’un plongeon dans les clichés. Un livre-mosaïque servi par une écriture nerveuse et un esprit mordant.

Eglantine

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Je peux écrire mon histoire ; itinéraire d’un jeune Afghan, de Kaboul à Mulhouse

23 oct

Abdulmalik Faizi n’a pas 16 ans quand il doit quitter l’Afghanistan parce que presque toute sa famille a été assassinée par les talibans et que sa vie est menacée. Son oncle paye un passeur pour l’envoyer en Europe.

Abdulmalik Faizi nous raconte ici son périple de plusieurs mois pour arriver jusqu’en France où il vit aujourd’hui. Il va devoir passer par l’Iran, la Grèce et  l’Italie pour arriver en France. Les conditions dans lesquelles il voyage sont très difficiles, il va même risquer sa vie plusieurs fois.

La dernière partie du texte est dédiée à ses premiers mois en France, à Mulhouse, où il est tout d’abord protégé du fait qu’il est mineur et ainsi pris en charge et scolarisé. Il réussit d’ailleurs brillamment ses études. Malheureusement on lui refuse le statut de réfugié politique qu’il demande à sa majorité. Mais un élan de générosité autour de lui se met en place, il est soutenu notamment par ses professeurs et obtient la possibilité de rester en France pour faire ses études.

C’est une journaliste qui a rédigé ce témoignage qui est également illustré par des dessins en noir et blanc de Bearboz.

C’est un texte qui met en lumière les conditions terriblement difficiles que les réfugiés doivent endurer pour arriver en Europe. Ce récit nous fait prendre conscience des risques incensés que ces réfugiés doivent prendre. Il permet aussi d’en apprendre plus sur le système des passeurs.

On aimerait qu’à son arrivée en France, tout aille bien pour Abdulmalik mais ce qu’il raconte montre bien les difficultés que rencontrent les demandeurs d’asile sur notre territoire.

Si le texte a quelques maladresses et répétitions, il a le mérite de nous faire voir de l’intérieur ce que traversent ces réfugiés. C’est un texte dur mais plein d’espoir également pour ce jeune homme (qui vit désormais à Paris).

Delphine

Une interview du jeune auteur ici

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Vous êtes tous jaloux de mon jetpack de Tom Gauld

22 oct

Recueil de strips écrits et dessinés par Tom Gauld pour le journal anglais « the Guardian » Vous êtes tous jaloux de mon Jetpack est un ouvrage à l’humour délicieusement anglais qui, hélas, ne fait pas mouche à chaque fois.

jetpack

Dans le registre de l’absurde et du non-sens, cet écossais amoureux de lettres, excelle et certains gags (où l’on trouve dans le désordre Shakespeare, Jane Austen, des robots et un bonhomme Flagada ( !)) sont si inattendus que l’éclat de rire stupéfait n’est jamais loin. D’autres, hélas, retombent comme si le Jetpack cher à l’auteur souffrait d’une avarie soudaine. Un très bon moment de lecture quand même !

http://s2.lemde.fr/image/2014/08/21/675x450/4474114_6_7e9d_un-dessin-extrait-de-vous-etes-tous-jaloux_3ac2771e483966ba81cee57e8c68f729.jpg

Une finesse en peu de cases, qui fait souvent mouche !

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Lettres de réclamation de la rentrée littéraire

21 oct

LETTRE AU RESPONSABLE DE L’ OPÉRATION  RENTRÉE LITTÉRAIRE

MINISTÈRE DE LA CULTURE

DÉPARTEMENT LITTÉRATURE ET MARKETING

 MONSIEUR,

Une fois encore, telle un marronnier, et grâce à votre diligence que je reconnais  efficace, l’opération « Rentrée Littéraire »  a frappé. Oui, frappé, effectivement,  car pour moi, qui suis retraitée depuis quelque temps, non seulement, elle  n’a  pas « réveillé »  les enthousiasmes en  attente depuis la fin de l’été, mais elle a ravivé douloureusement  le traumatisme que je subis depuis ma mise à l’écart de la vie active.

En effet, toute rentrée , qu’elle soit littéraire ou  scolaire ou  d’autres collections, rentrée d’argent, ou encore rentrée…  à la maison,  souligne pour moi l’injustice douloureuse d’un brutal changement de vie, où je n’ai plus à rentrer chez moi puisque je n’en sors plus guère, que le terme même de « rentrées d’argent » m’est devenu un concept étrange,  et qu’enfin la rentrée scolaire ne me concerne plus  depuis  le dernier jour de mes lointaines  études. Pour tout dire, elle prend l’allure d’un rendez-vous redouté et terrifiant  au même titre que les impôts et autres dates fatidiques.

Ainsi,  au lieu de mobiliser un grand nombre de lecteurs potentiels, elle ne fait que stigmatiser  toute une population à laquelle  j’appartiens, insulte à la fois mon âge et mon statut social et, par le fait même, la  détourne de son objectif  qui se prétend noble car elle se veut culturelle  mais ne saurait cacher  ses fins mercantiles.

En conséquence, je me permettrai  de vous inciter à trouver un autre intitulé et, dans cette heureuse perspective, je me tiens à votre disposition pour participer au groupe d’échanges  et de consultations que vous auriez à constituer.

Recevez, Monsieur,  mes salutations distinguées.

MFO

[...]

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La ballade d’Ali Baba de Catherine Mavrikakis

18 oct

 

Troisième roman de Catherine Mavrikakis, cette auteur vivant au Québec éditée en France par Sabine Wespieser.
Roman qui traverse les différentes générations d’une famille grecque au 20eme siècle ayant migré d’abord en Algérie puis au Canada. C’est avant tout l’histoire de Vassili Papadopoulos, père absent et omniprésent, grand joueur et combinard de la narratrice. Celle-ci professeur et spécialiste d’Hamlet fera l’expérience de ce « temps qui sort de ces gonds » dans une scène centrale qui côtoiera l’onirique et le surréel et l’amènera à retrouver son père décédé un an auparavant. L’auteur nous sert à nouveau une langue très fine et très belle.

Caroline

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Lettre de réclamation à propos de l’atelier d’écriture et de rédaction de lettres de réclamations du samedi 11 octobre, et plus généralement sur la bibliothèque Vaclav Havel

15 oct

Chère (mais seulement pour l’abonnement DVD, sinon vous êtes gratuite ce dont je vous sais gré) bibliothèque Vaclav Havel,

 Je suis venu samedi dernier, par le plus grand des hasards (car sachez que je ne mets jamais les pieds dans les bibliothèques), dans votre établissement dont je trouvais jolie la façade de bois. Voyez-vous j’aime le bois, et dans une ville composée à 97,43% de bâtiments de pierre, je trouve que le bois apporte une touche rafraîchissante, comme un îlot de nature dans un océan nauséabond de pierre grise…

Mais je m’égare.

Aussitôt entré, je fus alpagué et emmené quasiment contre mon gré dans une petite salle pour composer, dans le cadre d’un atelier d’écriture assez bien organisé il faut le reconnaitre, des lettres de réclamations, sous la houlette de fer de je ne sais quelle scribouillarde issue des recoins les moins bien famés du fameux « internet » par lequel jure désormais uniquement notre jeunesse désœuvrée. Des lettres de réclamations, donc, que nous devions, dans la déstructuration la plus totale, composer et envoyer à des écrivains, des éditeurs ou que sais-je encore à propos d’ouvrage de la rentrée littéraire dite «  alternative » (appelée également, si j’ai bien compris, « Voie des Indés », dans une tentative d’humour de mauvais goût, convenons-en.)

Ici l'animatrice en question, accompagné d'un volatile exotique. Fort heureusement l'oiseau n'était pas là lors de la séance où j'aurais saisi le STEG.

Ici l’animatrice en question, accompagnée d’un volatile exotique. Fort heureusement, l’oiseau n’était pas là lors de la séance sinon j’aurais saisi le CPDVEER.

[...]

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Depuis que la samba est samba de Paulo Lins

8 oct

Rio dans les années 20, avant l’indépendance. Le roman se déroule principalement dans le quartier de l’Estacio à une époque où est née une nouvelle musique, la samba, qui deviendra l’âme du Brésil.  On est plongé dans une époque où le Brésil s’est inventé. A travers une galerie de personnages attachants et hauts en couleur, on découvre et suit leurs passions, l’amour, la musique et la religion: Brancura jeune homme, qui doit choisir entre le proxénétisme de son père (et les femmes) et une vie rangée (travail aux docks, mariage avec Yvette et écriture des textes de samba avec ses amis du quartier), Sodré le Portugais qui utilise ses relations officielles (il est banquier) pour régner sur une partie de la prostitution de l’Estacio, Silva le compositeur de samba qui ré-invente le genre et connaîtra la gloire, Tante Almeida généreuse institutrice qui donne des cours bénévolement et accueille Seu Tranca-Rua qui fonde une nouvelle religion aux influences indiennes et africaine nommée umbanda… et tant d’autres. Le roman parle d’une relation à trois: Brancura et Sodré sont en effet amoureux d’une prostituée, la belle Valdirène, qui aime les deux hommes.

L’auteur a réussi à faire revivre une époque violente et passionnante, une petite page de l’histoire du pays et des mentalités d’alors. En termes crus l’amour, le sexe, l’homosexualité et la prostitution sont racontés. Lecteurs sensibles s’abstenir! Mais cela donne « chair » aux personnages, renforce à mon sens leur « réalité » et les rend humain. Le livre montre aussi la mixité du pays dans un joyeux mélange, symbolisé par Valdirène, la femme de deux hommes aux couleurs de peaux et aux styles de vies opposés. Sont aussi évoqués les affres de la création, le carnaval à ses débuts, l’éducation… Beaucoup de termes brésiliens et de textes de samba sont écrits dans la langue, ce qui renforce le dépaysement. Une playlist est à écouter pour accompagner la lecteur et la plongée, dispo sur le site de l’éditeur en mode youtube: . Bref j’ai aimé prolonger l’été brésilien avec cet excellent roman, bien écrit et foisonnant.

Un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Silva attendait sa sœur pour lui passer un savon. Il savait très bien que si ses amis n’étaient pas encore venus le voir, c’était parce qu’elle ne leur avait pas transmis les messages qu’il leur avait envoyés. Il savait pourtant que le bonheur qu’il aurait à leur seule vue l’aiderait à expulser la maladie de son corps! Il avait griffonné tant de vers, de mélodies… il voulait les faire lire à d’autres, pour qu’il l’aident à poser le couplet, ajuster la musique, améliorer telle ou telle phrase. Il était donc là à ruminer ses pensées, attendant sa sœur, lorsqu’il vit Bide, essoufflé, entrer dans la pièce.

« -Qu’est-ce qui t’arrive? demanda t-il surpris.

-J’ai quelque chose à te dire.

-Si c’est un bonne nouvelle, dis-la, si c’est une mauvaise, tu peux te la garder, je suis malade…

-Tu ne sais pas ce qu’ Oxala t’a préparé!

-Dis-moi!

-Cebola a chanté « Me faz carinhos » à Alves, et Alves veut te l’acheter! »

Silva, qui arrivait à peine à se lever pour aller aux toilettes, bondit de son lit.

« Eh, du calme, mon vieux! s’écria Bide. Être hospitalisé, c’est déjà un pas vers la tombe. Le prochain arrêt, c’est le cimetière. Tu me fais encore un saut comme celui-là et ta samba, c’est à Aruanda que tu la vendras, l’ami!…

-Alves veut m’acheter  « Me faz carinhos », c’est ce que tu es en train de me dire? suis-je déjà mort?

-Si tu es mort, je le suis aussi…

-Je suis en train de rêver ou…?

-Peut-être…

-Alves veut m’acheter une samba!

-Pour vingt mille réais, ta samba sera chantée par tout le Brésil-voire par le monde entier »

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Anti Glace de Stephen Baxter

2 oct

 

 

Anti-Glace est un roman de Science-fiction uchronique, c’est-à-dire qu’il prend part dans un passé alternatif, en l’occurrence celui de l’Europe de la fin du 19ème siècle. Pourquoi uchronique ? Car en cette année 1870 l’Angleterre domine le concert des nations grâce à une matière redoutable qu’elle a découverte en Antarctique, et  dont elle s’est rendue maîtresse : l’Anti-glace.

Cette technologie permet à ses ingénieurs, au premier rang desquels l’un de nos héros, Josiah Traveller, de développer aussi bien des armes redoutables que des technologies incroyables. [...]

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La voie des indés : le test

30 sept

 

voie des idés

Pour la première année, la bibliothèque participe au festival de la Voie des indés. Le festival est conçu comme « une exploration collective de l’édition indépendante », un moyen aussi d’entrer dans la rentrée littéraire.

Alors en préalable au festival, nous vous proposons de faire le point sur votre connaissance des éditeurs indépendants avec LE TEST. Revenez ensuite sur notre blog pour vérifier vos réponses !

CLIQUEZ-ICI POUR COMMENCER LE TEST

[...]

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La rentrée du club des lecteurs

27 sept

Logo final Des  coups

Sur les bancs de la salle Allegro, on se dispute les meilleures places. Ils sont venus nombreux pour raconter le meilleur de leurs lectures d’été. Nous retrouvons deux fidèles clubistes et rencontrons avec plaisir cinq nouvelles recrues. Rapide tour de table où chacun se présente en dégustant les DEUX gâteaux faits maison (et oui on est gâté quand on participe au Club des lecteurs ! ).

Sylvie ouvre la discussion et nous présente sa dernière lecture de Mo Yan : Le chantier, une lecture très raide qui raconte l’ineptie de la vie des gens qui vivent sous contrôle. On y construit une route hypothétique dont personne ne sait où elle va aller… Son deuxième coup de cœur de l’été ? [...]

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