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La ballade d’Ali Baba de Catherine Mavrikakis

18 oct

 

Troisième roman de Catherine Mavrikakis, cette auteur vivant au Québec éditée en France par Sabine Wespieser.
Roman qui traverse les différentes générations d’une famille grecque au 20eme siècle ayant migré d’abord en Algérie puis au Canada. C’est avant tout l’histoire de Vassili Papadopoulos, père absent et omniprésent, grand joueur et combinard de la narratrice. Celle-ci professeur et spécialiste d’Hamlet fera l’expérience de ce « temps qui sort de ces gonds » dans une scène centrale qui côtoiera l’onirique et le surréel et l’amènera à retrouver son père décédé un an auparavant. L’auteur nous sert à nouveau une langue très fine et très belle.

Caroline

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Lettre de réclamation à propos de l’atelier d’écriture et de rédaction de lettres de réclamations du samedi 11 octobre, et plus généralement sur la bibliothèque Vaclav Havel

15 oct

Chère (mais seulement pour l’abonnement DVD, sinon vous êtes gratuite ce dont je vous sais gré) bibliothèque Vaclav Havel,

 Je suis venu samedi dernier, par le plus grand des hasards (car sachez que je ne mets jamais les pieds dans les bibliothèques), dans votre établissement dont je trouvais jolie la façade de bois. Voyez-vous j’aime le bois, et dans une ville composée à 97,43% de bâtiments de pierre, je trouve que le bois apporte une touche rafraîchissante, comme un îlot de nature dans un océan nauséabond de pierre grise…

Mais je m’égare.

Aussitôt entré, je fus alpagué et emmené quasiment contre mon gré dans une petite salle pour composer, dans le cadre d’un atelier d’écriture assez bien organisé il faut le reconnaitre, des lettres de réclamations, sous la houlette de fer de je ne sais quelle scribouillarde issue des recoins les moins bien famés du fameux « internet » par lequel jure désormais uniquement notre jeunesse désœuvrée. Des lettres de réclamations, donc, que nous devions, dans la déstructuration la plus totale, composer et envoyer à des écrivains, des éditeurs ou que sais-je encore à propos d’ouvrage de la rentrée littéraire dite «  alternative » (appelée également, si j’ai bien compris, « Voie des Indés », dans une tentative d’humour de mauvais goût, convenons-en.)

Ici l'animatrice en question, accompagné d'un volatile exotique. Fort heureusement l'oiseau n'était pas là lors de la séance où j'aurais saisi le STEG.

Ici l’animatrice en question, accompagnée d’un volatile exotique. Fort heureusement, l’oiseau n’était pas là lors de la séance sinon j’aurais saisi le CPDVEER.

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Depuis que la samba est samba de Paulo Lins

8 oct

Rio dans les années 20, avant l’indépendance. Le roman se déroule principalement dans le quartier de l’Estacio à une époque où est née une nouvelle musique, la samba, qui deviendra l’âme du Brésil.  On est plongé dans une époque où le Brésil s’est inventé. A travers une galerie de personnages attachants et hauts en couleur, on découvre et suit leurs passions, l’amour, la musique et la religion: Brancura jeune homme, qui doit choisir entre le proxénétisme de son père (et les femmes) et une vie rangée (travail aux docks, mariage avec Yvette et écriture des textes de samba avec ses amis du quartier), Sodré le Portugais qui utilise ses relations officielles (il est banquier) pour régner sur une partie de la prostitution de l’Estacio, Silva le compositeur de samba qui ré-invente le genre et connaîtra la gloire, Tante Almeida généreuse institutrice qui donne des cours bénévolement et accueille Seu Tranca-Rua qui fonde une nouvelle religion aux influences indiennes et africaine nommée umbanda… et tant d’autres. Le roman parle d’une relation à trois: Brancura et Sodré sont en effet amoureux d’une prostituée, la belle Valdirène, qui aime les deux hommes.

L’auteur a réussi à faire revivre une époque violente et passionnante, une petite page de l’histoire du pays et des mentalités d’alors. En termes crus l’amour, le sexe, l’homosexualité et la prostitution sont racontés. Lecteurs sensibles s’abstenir! Mais cela donne « chair » aux personnages, renforce à mon sens leur « réalité » et les rend humain. Le livre montre aussi la mixité du pays dans un joyeux mélange, symbolisé par Valdirène, la femme de deux hommes aux couleurs de peaux et aux styles de vies opposés. Sont aussi évoqués les affres de la création, le carnaval à ses débuts, l’éducation… Beaucoup de termes brésiliens et de textes de samba sont écrits dans la langue, ce qui renforce le dépaysement. Une playlist est à écouter pour accompagner la lecteur et la plongée, dispo sur le site de l’éditeur en mode youtube: . Bref j’ai aimé prolonger l’été brésilien avec cet excellent roman, bien écrit et foisonnant.

Un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Silva attendait sa sœur pour lui passer un savon. Il savait très bien que si ses amis n’étaient pas encore venus le voir, c’était parce qu’elle ne leur avait pas transmis les messages qu’il leur avait envoyés. Il savait pourtant que le bonheur qu’il aurait à leur seule vue l’aiderait à expulser la maladie de son corps! Il avait griffonné tant de vers, de mélodies… il voulait les faire lire à d’autres, pour qu’il l’aident à poser le couplet, ajuster la musique, améliorer telle ou telle phrase. Il était donc là à ruminer ses pensées, attendant sa sœur, lorsqu’il vit Bide, essoufflé, entrer dans la pièce.

« -Qu’est-ce qui t’arrive? demanda t-il surpris.

-J’ai quelque chose à te dire.

-Si c’est un bonne nouvelle, dis-la, si c’est une mauvaise, tu peux te la garder, je suis malade…

-Tu ne sais pas ce qu’ Oxala t’a préparé!

-Dis-moi!

-Cebola a chanté « Me faz carinhos » à Alves, et Alves veut te l’acheter! »

Silva, qui arrivait à peine à se lever pour aller aux toilettes, bondit de son lit.

« Eh, du calme, mon vieux! s’écria Bide. Être hospitalisé, c’est déjà un pas vers la tombe. Le prochain arrêt, c’est le cimetière. Tu me fais encore un saut comme celui-là et ta samba, c’est à Aruanda que tu la vendras, l’ami!…

-Alves veut m’acheter  « Me faz carinhos », c’est ce que tu es en train de me dire? suis-je déjà mort?

-Si tu es mort, je le suis aussi…

-Je suis en train de rêver ou…?

-Peut-être…

-Alves veut m’acheter une samba!

-Pour vingt mille réais, ta samba sera chantée par tout le Brésil-voire par le monde entier »

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Anti Glace de Stephen Baxter

2 oct

 

 

Anti-Glace est un roman de Science-fiction uchronique, c’est-à-dire qu’il prend part dans un passé alternatif, en l’occurrence celui de l’Europe de la fin du 19ème siècle. Pourquoi uchronique ? Car en cette année 1870 l’Angleterre domine le concert des nations grâce à une matière redoutable qu’elle a découverte en Antarctique, et  dont elle s’est rendue maîtresse : l’Anti-glace.

Cette technologie permet à ses ingénieurs, au premier rang desquels l’un de nos héros, Josiah Traveller, de développer aussi bien des armes redoutables que des technologies incroyables. [...]

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La voie des indés : le test

30 sept

 

voie des idés

Pour la première année, la bibliothèque participe au festival de la Voie des indés. Le festival est conçu comme « une exploration collective de l’édition indépendante », un moyen aussi d’entrer dans la rentrée littéraire.

Alors en préalable au festival, nous vous proposons de faire le point sur votre connaissance des éditeurs indépendants avec LE TEST. Revenez ensuite sur notre blog pour vérifier vos réponses !

CLIQUEZ-ICI POUR COMMENCER LE TEST

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La rentrée du club des lecteurs

27 sept

Logo final Des  coups

Sur les bancs de la salle Allegro, on se dispute les meilleures places. Ils sont venus nombreux pour raconter le meilleur de leurs lectures d’été. Nous retrouvons deux fidèles clubistes et rencontrons avec plaisir cinq nouvelles recrues. Rapide tour de table où chacun se présente en dégustant les DEUX gâteaux faits maison (et oui on est gâté quand on participe au Club des lecteurs ! ).

Sylvie ouvre la discussion et nous présente sa dernière lecture de Mo Yan : Le chantier, une lecture très raide qui raconte l’ineptie de la vie des gens qui vivent sous contrôle. On y construit une route hypothétique dont personne ne sait où elle va aller… Son deuxième coup de cœur de l’été ? [...]

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La rentrée du Club manga

19 sept

Le club manga, c’est un moment où bibliothécaires et lecteurs peuvent parler de mangas et ça c’est le second samedi de chaque mois à 15h. Après une petite pause estivale, il a repris dans la joie et la bonne humeur ce samedi 13 septembre avec une séance consacrée aux Mordus du Manga et tout spécialement à la sélection 8-12 ans.

Les Mordus  c’est quoi ? Deux sélections,  8-12 ans et 13 et +, de 6 mangas parus dans l’année, pour lesquels vous pouvez voter jusqu’au mois de décembre. Shôjo, Seinen, Shonen, vous trouverez forcément une histoire pour vous. Les bibliothèques participantes en profitent pour proposer des activités  en lien avec les mangas et la culture japonaise. On vous attend d’ailleurs le 8 novembre pour un atelier Maki !

   

   

Hell’s Kitchen : Dogma, un démon lassé de dévorer les âmes orgueilleuses des brillants cuisiniers, décide de former Satoru, un garçon tout à fait ordinaire, à la grande cuisine. Pour cela il l’aide à intégrer une fameuse école de cuisine. Dogma n’est visible qu’aux yeux de Satoru, ce qui est pratique pour lui rendre la vie impossible et donne lieu à des situations hilarantes. Un manga très drôle, avec des personnages secondaires intéressants, qui promet plein de rebondissements !

Hanayamata : Vous connaissez le Yosakoï ? Découvrez cette danse traditionnelle japonaise avec Naru, l’héroïne réservée de ce manga. Une rencontre avec l’exubérante américaine Hana, la fera tourbillonner dans cet univers composé de yukata, naruko et autres accessoires. A deux, elles essayeront de monter un club dans leur lycée afin de nouer de nouvelles amitiés et de faire connaitre le Yosakoï. Une belle histoire d’amitié entre deux jeunes filles aux antipodes l’une de l’autre qui vous fera vivre de beaux moments de danse !

Hero Mask  : Au premier abord Shibuya n’a rien d’un héros : nouvel élève, il se retrouve malmené par des voyous. Heureusement Lilico, qui appartient au club des héros du lycée, enfile un masque et vole à son secours, armée seulement de son courage. Quand Shibuya découvre un masque qui lui donne des supers pouvoirs, il décide de rejoindre ce club pour apprendre tout ce qui fait l’âme d’un héros. Au programme : de l’action, des pouvoirs, des super-vilains et des minijupes !

Babysitters  : Après le décès de leurs parents, Ryuichi et son petit frère Kotaro sont recueillis par la directrice d’une académie, à condition que Ruichi gère la crèche accueillant les enfants des profs. Ryuichi se retrouve donc entouré d’une ribambelle de bambins tous plus Kawaii les uns que les autres. Son rôle de baby-sitter lui permettra de se faire de nouveaux amis et de créer des liens très particuliers avec les enfants et leurs parents. Impossible de ne pas craquer devant tous ces marmots !

Blue Spring Ride  : Futaba n’aime pas les garçons. Enfin … sauf Tanaka. Mais après un rendez-vous amoureux manqué, il disparait mystérieusement du collège. Quelques années plus tard, elle le retrouve au lycée mais tous les deux ont évolué, ils ne sont plus les mêmes. Seront-ils de nouveau amoureux ? Quel est le secret de Tanaka ? Ce qui pourrait sembler une simple bluette est aussi l’occasion de montrer à quel point il est difficile d’être une adolescente, que ce soit en amour ou en amitié.

Bullet Armors : Dans un monde où des machines, les Tremors, ont une volonté propre et sont en guerre contre les hommes, Ion, un jeune garçon, trouve un jour Bullet, un bras mécanique qui fera de lui un des Breeders. Ceux-ci étant exclus de la société, Bullet et lui devront donc compter sur leurs amis et être prudents pour retrouver le père du héros. Dépaysante, cette quête initiatique à l’atmosphère SF vous ravira grâce au dynamisme de ses combats !

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La parlotte, un moment d’échange en français

17 sept

Inspirés par les expériences de la BPI et les ateliers « blabla » de ces bibliothèques, nous avons lancé « la parlotte » en mai dernier à la bibliothèque, des séances de conversation en français pour les apprenants non francophones.

En effet, de par notre situation dans le 18ème arrondissement, nous avions déjà mis l’accent sur l’apprentissage des langues et plus particulièrement du français dans nos collections. Depuis notre ouverture, nous avons remarqué qu’une grande partie de notre public est composée de primo arrivants, de demandeurs d’asile (France Terre d’Asile est basé à quelques rues de chez nous) ou de personnes qui sont en France depuis quelques temps mais qui maitrisent mal le français.

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Autour de la micro-édition. Rencontre avec Arbitraire.

13 sept

Les très petits éditeurs ou micro-éditeurs font tout eux-mêmes, de la fabrication du fanzine ou du livre à sa diffusion en librairie. Ils le font par plaisir et pour pouvoir publier ce qu’ils veulent, à leur façon, et financent leurs projets. Le tirage de ces éditions est très modeste, et leur prix ne sert globalement qu’à couvrir les frais d’impression. On parlera de fanzines pour les parutions les plus modestes, et de micro-édition pour les démarches plus étoffées.

Le festival Fanzines ![1] s’intéresse à la petite édition graphique (dessin, bande dessinée). A travers des rencontres et expositions, à la médiathèque Marguerite Duras, dans le 20e, et dans des galeries et librairies de l’Est parisien, Fanzines ! célèbrera pour sa 4e édition l’édition maison et les artistes qui la font vivre. L’approche de Fanzines ! est donc l’occasion de parler DIY ! : Do It Yourself [2]!

 

Les éditions Arbitraire sont nées de la rencontre de ses membres à l’école d’arts graphiques Emile Cohl à Lyon, un petit groupe qui partage un même goût pour la bande dessinée, ou plutôt une certaine bande dessinée, plus expérimentale. Ils se retrouvent dès lors pour dessiner ensemble puis lancent en 2005 leur premier fanzine, composé de leurs créations, imprimé en photocopie,  Arbitraire. Après quelques évolutions du collectif, ils sont aujourd’hui sept auteurs : Renaud, Pierre, Julien, Vincent, Géraud, Ophélie et Antoine auxquels se sont ajoutés Julien et Juliette pour la partie éditoriale. Certains ont quitté Lyon, et ne peuvent donc participer de la même façon à l’édition de la revue et des livres, mais l’aspect collectif demeure très important pour eux.

Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ça vous a plu de dessiner ensemble, puis de créer un fanzine ? Qu’est-ce qui vous réunissait autour de la bande dessinée ?

Arbitraire : On s’est donc rencontrés à l’école Emile Cohl qui propose un enseignement très classique notamment en bande dessinée, et l’idée au départ était de se retrouver entre copains pour boire un verre, dessiner ensemble et partager nos goûts communs en musique, bande dessinée, cinéma… On organisait souvent des sessions de dessins en commun, qui tournaient à l’expérimentation de style Oubapo[3] et aux cadavres exquis. Petit à petit,  l’idée de rassembler nos histoires courtes dans un fanzine s’est imposée d’elle-même.

 

Arbitraire 11, extrait d’un récit d’Antoine Marchalot.

 

Comment était fabriquée la revue, au départ ?

Arbitraire : On n’avait pas de référence de fanzine en bande dessinée, on connaissait plutôt ce support dans le milieu de la musique, du punk notamment.
Nos connaissances en édition étant inexistantes, on a improvisé autour d’une photocopieuse avec colle, ciseaux et agrafes sur des feuilles de format A3[4]. Au fur et à mesure des numéros, le façonnage s’est affiné, nous avons appris sur le tas de nombreuses techniques.

 

Arbitraire 11, couverture d’Ophélie Bernaud, sérigraphiée.

 

Nombre de couvertures de la revue Arbitraire sont imprimées en sérigraphie. Quelle est cette technique ?

 Arbitraire : Vincent et Renaud ont fait un stage au Dernier cri (éditeur marseillais spécialisé dans le livre en sérigraphie) en 2007, ce qui a permis par la suite d’imprimer les couvertures de la revue nous-mêmes et en couleur.
La sérigraphie est une technique qui consiste à faire passer de l’encre à travers une maille tendue sur un cadre. Certaines zones du cadre sont obstruées avec un produit formant un pochoir très précis du dessin. Cette méthode a l’avantage de pouvoir être pratiquée avec peu de moyens.

 

Pourquoi s’auto-éditer ? Quel plaisir, quel intérêt trouvez-vous à choisir un papier, à chercher la forme graphique que prendra la revue ?

Arbitraire : L’auto-édition sous forme de fanzine à nos débuts nous a surtout permis de pouvoir simplement montrer nos histoires courtes à nos familles et amis. Plus on a avancé, plus le principe d’éditer nous a plu presque au même titre que le dessin lui-même.
L’auto-édition suppose de contrôler chaque étape du processus de conception et de réalisation d’un livre. Elle permet de faire moins de compromis sur un travail personnel, car pour nous le fond et la forme sont indissociables.

 

Aujourd’hui, les éditions Arbitraire publient aussi des livres. Quant à la revue, elle accueille depuis le 6e numéro, si je ne me trompe pas, des auteurs ne faisant pas partie du collectif initial. Comment la structure a-t-elle évolué ?

Arbitraire : Dès le début, nous avons invité dans la revue des auteurs n’étant pas dans le collectif mais faisant partie de notre entourage. A partir du numéro 6, nous avons commencé à publier des auteurs reconnus que l’on appréciait et qui nous avaient marqués. Il y avait aussi au départ cette envie de publier plus qu’une revue : des livres d’auteurs mais aussi des affiches en sérigraphie, avec toujours à l’esprit la volonté de soigner le fond comme la forme.

 

Vous ne travaillez pas avec ce qu’on appelle, dans le circuit du livre, un diffuseur-distributeur (ce sont ceux qui présentent les livres aux libraires, prennent les commandes, puis acheminent les livres) ; vous présentez donc vous-mêmes les livres aux libraires. Expliquez-nous un peu de quelle manière ça se passe ?

Arbitraire : Jusqu’à maintenant, nous travaillions en direct avec une soixantaine de librairies en France et à l’étranger. Cela consiste à rencontrer les libraires, leur montrer ce que l’on fait et définir avec eux combien d’exemplaires ils peuvent prendre, si c’est du dépôt[5] ou de la vente ferme et le pourcentage qui leur revient. On doit ensuite tenir à jour une comptabilité rigoureuse pour chaque librairie. En fait, on rajoute aux activités d’auteur/éditeur celle de diffuseur/distributeur, qui est un métier à part entière. C’est beaucoup de travail et l’énergie que l’on peut consacrer à cette tâche diminue peu à peu. Travailler avec un diffuseur-distributeur est maintenant pour nous nécessaire et en projet.

 

Votre travail est aujourd’hui – relativement – reconnu. Cependant, vous ne vivez pas d’Arbitraire, vous êtes tous bénévoles. Ça peut être difficile à concevoir, à l’heure actuelle…

Arbitraire : En fait c’est plutôt quelque chose de « normal » dans le système économique actuel. Quand nous sortons un livre, notre but n’est pas de faire des bénéfices. Sortir les livres que l’on veut dans les formats que l’on veut se paye par le bénévolat. Si nous voulions nous dégager un salaire, nous devrions penser à comment faire pour avoir une économie viable ; on devrait augmenter les tirages, et donc proposer des livres qui plairaient à un plus large public,  etc. Ce n’est pas ce que nous voulons faire pour l’instant. C’est le dilemme de beaucoup d’éditeurs indépendants, mais aussi d’auteurs : il est très difficile de vivre de l’édition.

Arbitraire 12, Le Mont Eugolona

 

Le dernier numéro d’Arbitraire est un récit collectif, créé par six auteurs, sur la base de contraintes. Racontez-nous le processus qui a mené au Mont Eugolana. (NDA : Le Mont Eugolona raconte l’histoire d’un groupe d’amis ayant entrepris l’ascension d’une montagne, mais différents événements vont perturber leur voyage. Chaque auteur se focalise sur le cheminement d’un personnage, ses perceptions et les embûches qu’il rencontre, selon une liste de contraintes tirées au sort auparavant. Le récit se lit de bas en haut, à l’instar de la montagne gravie, mais contrairement au sens classique de lecture.)

 Arbitraire : Dans le numéro 11 de la revue, nous avions réalisé un cahier collectif de 16 pages en couleur. Chaque auteur devait s’intégrer en deux pages dans une situation catastrophe décidée tous ensemble, autour d’une table. L’idée et le processus de réalisation avaient plu à tout le monde. Nous voulions aussi renouveler la forme de la revue qui n’avait cessé d’évoluer au fil du temps pour finir par se stabiliser. Il fallait casser ce confort à nouveau.

Nous avons donc décidé de sortir un livre/revue collectif et pour réfléchir à ce projet et resserrer les liens, nous sommes tous partis à la montagne pendant une semaine en juillet 2013. Parallèlement à ça, Pierre et Renaud avaient lu Le Mont Analogue de René Daumal qui a servi de point de départ au scénario du Mont Eugolana. C’est un récit complet dans lequel chaque auteur se plie à différentes contraintes élaborées en amont.

 

Le Mont Eugolona, extrait de la contribution de Pierre Ferrero

 

Pierre & Renaud pour Arbitraire.

http://www.arbitraire.fr/actu/


[1] Plus de renseignements sur http://fanzines.papiergache.net/fr/ Festival Fanzines ! – du 3 au 31 octobre 2014 . Salon des éditeurs les 18 et 19 octobre.

[2] Soit : Fais-le toi-même !

[3] OuBaPo : Ouvroir de Bande dessinée Potentielle. Les membres de l’OuBaPo s’amusent à créer des bandes dessinées selon une contrainte ; par exemple, une bande dessinée dont le sens de lecture peut aussi bien être horizontal, vertical que dans la diagonale.

[4] C’est-à-dire que la maquette – soit l’organisation des éléments dans la page – est réalisée à la main,  étape effectuée aujourd’hui via des logiciels comme InDesign ou Xpress.

[5] Lorsqu’un éditeur laisse des livres en dépôt chez un libraire, cela veut dire que ce dernier ne les a pas achetés (ce que l’on appelle « en ferme »). C’est un arrangement plus souple, le pourcentage de la vente récupéré par le libraire est moins élevé, mais c’est une organisation et un risque plus grands pour l’éditeur.

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Les sélectables débarquent à Václav Havel

5 sept

A partir de septembre, venez découvrir chaque mois de nouvelles Sélectables préparées par vos bibliothécaires : des sélections thématiques croisées sur papier et au format numérique, d’une dizaine de titres sur chaque support, autour de thèmes qui suivront l’actualité de la bibliothèque.

Les ouvrages papier sont empruntables comme n’importe quel livre de la bibliothèque, et les supports numériques sont proposés comme sélection thématique pour les liseuses de la bibliothèque (ou les vôtres !) et seront téléchargeables au rez-de-chaussée de la bibliothèque sur notre bibliobox, ou directement de chez vous via notre cloud à cette adresse.

La première sélectable est dédiée au quartier de La Chapelle, et ça se passe ici pour en savoir plus.

SELECTABLESlivresSELECTABLESliseuse

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Sélectable de septembre: la Chapelle

30 août

À la Chapelle

Aristide Bruant – à la Chapelle, Gallica.bnf.fr

La première « Sélectable » de la bibliothèque est consacrée au quartier de la Chapelle.

Au fil des documents que nous vous avons sélectionnés, vous aurez peut-être l’occasion d’apprendre des choses sur le quartier que vous chérissez, qui avant d’être rattaché à Paris fût un village connu sous le nom de Chapelle-Sainte-Geneviève, Chapelle-Saint-Denis ou Chapelle-Franciade.

On se laissera conter les transformations du quartier qui nous habite, et notamment comment en une cinquantaine d’année la Chapelle Saint-Denis est passée d’une centaine d’âmes, à plus de 40000 habitants juste avant son annexion à Paris.

moulins de la chapelle

Extrait de la deuxième carte du Terrier de la maison St Lazare lès Paris, seigneurie de la Chapelle Saint-Denis [lieu dit les Couronnes] clos en 1780, Gallica.bnf.fr

On imaginera comment moulins et vignobles cédèrent peu à peu la place aux chemins de fer, usines et forges (Cordier) et aux flots d’ouvriers qui les accompagnaient (Louis), avant que ces mêmes entrepôts industriels n’en viennent à héberger des bâtiments HQE et des moustaches en guidon de vélo.

Bruant vous rappellera en chanson que Saint-Denis alimentait Paris en gaz via la Chapelle, refuge des « sans toit » de la capitale qui s’y retrouvaient pour se réchauffer les orteils.

On apprendra, dans les lignes de Bournon, que l’enclavement du quartier est une vieille histoire, et que bien avant l’arrivée des chemins de fer du Nord et de l’Est celui-ci était déjà strictement délimité par la rue des poissonniers à l’ouest et la rue d’Aubervilliers à l’est, qui marquaient respectivement les frontières du comté de Neuilly et du comté de Pantin.

Rendez-vous dès maintenant pour accéder à notre sélection de documents électroniques (à cette adresse).

Et rendez-vous le 10 Septembre à la bibliothèque pour une sélection de documents papier à emprunter avec votre carte de lecteur:

SELECTABLESlivres

 

 

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Yare yare daze ! Un été 18+ avec le Club manga ! Junji Itô !

26 août

L’été au Japon est la saison des fantômes et des histoires qui font peur. Pour fêter ça, le club manga se fait une joie de vous présenter un grand auteur du manga d’épouvante : Junji Itô !

 

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Yare yare daze ! L’été manga +18 devient l’été +12 et attention ! Ichiiiiii c’est The killer !

13 août

   Ichi the killer, donc, un titre limpide pour qui comprend la langue de Shakespeare. Ichi tue, et même beaucoup, et même assez salement. En deux maux comme en cent démembrements : c’est assez violent mais…

(Voilà je ne l’aurais pas mieux dit)

(Voilà je ne l’aurais pas mieux dit)

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Êtes-vous un expert en jeux vidéo d’horreur ?

8 août

Quand tous les ouvrages de Junji Itô ont été empruntés, quoi de mieux qu’un bon jeu vidéo pour vivre le grand frisson de la manière la plus immersive possible ? En grande partie dominé par le genre survival-horror, le catalogue horrifique vidéoludique est aussi vaste qu’hétéroclite. Vous pensez être un spécialiste de l’épouvante virtuelle ? Tentez notre quizz et calculez vos résultats pour découvrir si vous méritez vraiment votre licence ès épouvantologie !

 

 

Alors,  « Êtes-vous un expert en jeux vidéo d’horreur ? ». La réponse après le clic !

 Vous trouverez les solutions dans la suite de l’article. [...]

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Petite typologie des marque-pages oubliés

30 juil

 Je ne sais pas si j’ai bien fait de mettre qu’ils étaient « oubliés » dans le titre. C’est un peu triste, voire plombant pour commencer un billet… Reprenons :

Petite typologie des marque-pages

 

Ce nouveau titre me semble plutôt imprécis car cette typologie des marque-pages n’est rendue possible que par la collecte systématique (j’en profite pour remercier mes collègues) des 84 marque-pages oubliés dans les livres de la bibliothèque depuis son ouverture il  y a 9 mois maintenant. Reformulons :

Petite typologie des marque-pages d’après une démarche empirique

 

Maintenant que je suis satisfaite de mon titre, commençons.

 Dans les marque-pages, on distingue deux grands ensembles : les marque-pages (j’entends par là : prévus à cet effet) et les objets détournés que l’on utilise comme marque-pages.

1/ Le marque-page

Le marque-page, le vrai, souvent publicitaire n’est pas le plus intéressant. Mais certains sont plus sophistiqués permettant de marquer deux pages, proposant des images en mouvement… 

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Son pendant fait-main recèle de véritables pépites. Il devient personnalisé, nominatif et peut être le support de quelques nouvelles importantes ou déclarations.

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 2/ L’objet détourné

Heureusement, certains d’entre vous font preuve d’imagination et pratiquent cet art du détournement des objets, avec parfois quelques idées géniales !

Il y a les billets de concert, les entrées de musée, les tickets de cinéma qui vous désignent comme des cumulards de la culture. Avec un must : le ticket de musée que vous avez ramené de vos vacances, car il n’y a pas de vacances pour votre soif de culture !

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Il y a aussi les cartes de visite, à partir desquelles on pourrait faire un petit livre avec vos bonnes adresses.

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On trouve également des titres de transport : un ticket de métro, l’aller-retour Paris-Nantes que vous faites une fois par mois. Ces marque-pages nous laissent entrevoir le nombre de kilomètres que parcourent les livres.

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Quelques photos de vacances ou cartes postales, avec un pincement au cœur pour les cartes écrites et laissées dans les livres. On se dit que si elles ont été choisies c’est sans doute qu’elles comptaient.

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Et en vrac, les plus insolites, les plus savoureux :

-          La liste de course écrite sur une feuille de test imprimante (peut-être mon préféré)

-          L’épingle à cheveux qui permet de marquer elle aussi deux pages

-          Le testeur parfum qui ne plaira pas forcément au prochain lecteur

-          Les timbres, cachet de la poste faisant foi

-          Le journal des clients de Groupama

-          L’enveloppe des 3 Suisses

-          Les recettes végé oubliées dans des livres de cuisine vegé

-          Le programme de cérémonie religieuse

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Je conclurai sur une note très bibliothécaire : merci à tous ceux qui ont oublié ces marque-pages et ne cornent pas les pages !

Sinon, ceux d’entre vous qui auront reconnu leur marque-page, celui avec lequel ils ont partagé tant et tant de lectures, celui qui porte la mémoire de toutes ces lectures inachevées, vous pouvez venir les récupérer au rez-de-chaussée de la bibliothèque ou à défaut en choisir quelques uns.

 

Caroline

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