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Exclusif : Des coups et des caresses adapté au cinéma !

19 mar

   On le supputait, on le susurrait, les salons littéraires de l’univers entier bruissaient de la folle rumeur, c’est désormais officiel et c’est en exclusivité mondiale que vous le révèle le blog de notre bibliothèque ! Après d’âpres négociations un célèbre studio américain s’est porté acquéreur des droits de l’immense succès populaire « des Coups et des Caresses » dans le but d’en faire un long métrage ! Mais qui dit américain dit langue anglaise et c’est sous le titre « Strokes and Carresses » que le film sera rendu public !

Mais ce n’est pas tout ! Car, outre l’excellente nouvelle que constitue l’adaptation sur grand écran du best-seller de Caroline B., voici que nous sommes également en mesure de vous livrer la fiche technique et le script de ce qui sera à n’en pas douter le succès de l’année dans nos salles obscures !

 

Fiche technique :

Strokes and Carresses, 2014 d’après « Des Coups et des Caresses » de Caroline publié aux éditions de la bibliothèque Vaclav Havel.

Réalisation et montage : Olivier D, Stanley Kubrick, Marjane Satrapi, Martin Scorsese, les frères Larrieu, Laurent Boileau.

Décors et costumes : Maylis T.

Prises de vue et son : Emilie D.

Consultante : Caroline B.

Scénario : Marjane Satrapi, Stephen King, Dennis Lehane, Julie Maroh, Jun Jung-Sik.

Avec, dans leurs propres rôles : Olivier, Emilie, Maylis, Ahmed et Romain

Co-starring: Léonardo di Caprio, Léa Seydoux, Chris Evans, Jack Nicholson, Mathieu Amalric, Adèle Exarchopoulos, la voix de Chiara Mastroianni et bien d’autres encore !

 

Scénario:

Générique de début

Intérieur/Local poussette de la bibliothèque Vaclav Havel, Paris/jour brumeux et pollué

Olivier, Emilie, Maÿlis, Ahmed et Romain discutent autour de tasses de thé, café et de gâteau communément appelés « palmiers » qu’ils dévorent sans retenue. La caméra passe de l’un à l’autre tandis qu’ils parlent, évoquant avec passion leurs dernières aventures littéraires et cinématographiques.

Plan américain : Maÿlis se lance dans une présentation d’elle-même et de son enfance à Persépolis quand elle était une jeune fille toute de noir et de blanc. Fondu enchaîné et…

Extérieur/Iran juste avant la Révolution islamique/jour noir-et-blanc somptueux
Alors que la caméra se balade dans les dessins habilement animés de Marjane Satrapi, la voix de Maÿlis nous vante les qualités de cette BD en quatre tomes adaptée par l’auteure elle-même en un film du même nom. On apprend que la technique du dessin était à l’époque très innovante et que l’histoire, reprenant l’enfance de l’auteure dans un Iran en proie aux bouleversements politiques et religieux, est tout-à fait passionnante. Fondu au noir et…

Plan-à-la-Sergio-Leone sur le visage d’Olivier (on ne voit plus que ses yeux), musique dramatique…

Extérieur/un train qui sillonne un monde de glace/jour très blanc et très froid

Le train, nommé Transperceneige, tourne autour d’une terre qu’une nouvelle ère glaciaire a rendue invivable. Seule une poignée d’humains a survécu et loge dans cette Arche de Noé des temps modernes. Cette locomotive, douée d’un mouvement perpétuel produit, en détruisant les neiges sur son passage, l’énergie nécessaire à son fonctionnement. A l’intérieur, les survivants ont reproduit la stratification sociale du monde passé : les wagons les plus riches et luxueux, où s’ébattent de décadents bourgeois, sont placés en tête de train. Les rames de queue, en revanche, voient leur population en surnombre lutter pour survivre dans la crasse et la violence. Ce n’est évidemment pas du goût d’Olivier, leader des rebelles, qui va tracer son chemin à travers le train, les classes sociales et les cadavres par dizaines.

Du noir-et-blanc de la bande-dessinée qu’Olivier ne trouve guère à son goût on passe, dans le film, à un gris et blanc pas vraiment plus flashy. L’image est magnifique cependant et le scénario, assez éloigné de son modèle dessiné, fait alterner avec brio scènes d’action rondement menées et moments hallucinants dont nous tairons ici la teneur.

Fondu enchaîné et…

…Émilie est en train de courir et, tout en tentant de reprendre son souffle alors qu’un cortège d’esprits mal intentionnés la pourchasse, nous raconte les déboires de la famille Torrance.

Intérieur/ hôtel Overlook, dans les montagnes du Colorado, encerclé par la neige/nuit d’hiver très blanche, très froide et très hantée

Plan-à-la-Michael-Bay (agité et flou) dans les couloirs de l’Overlook où Jack, le père de famille, écrivain alcoolique raté et gardien de l’hôtel durant la fermeture d’hiver, poursuit dans tout l’établissement sa femme Wendy et leur fils Danny (malheureux possesseur du Shining, sorte de don de voyance) . Les intentions de Jack ? Elles sont fermes, lui ont été suggérées par un mélange d’alcool, de médicaments et de dialogues avec des revenants peu fréquentables, et elles consistent à abattre sur la tête de sa femme et son fils une hache (dans le film) ou un maillet de roque (dans le roman.)

Mais qu’est-ce qu’un maillet de roque ? Se demande-t-on alors qu’Émilie en esquive fort élégamment un. Et bien, il s’agit de l’instrument nécessaire à la pratique du jeu du même nom et s’apparentant au croquet mieux connu sous nos latitudes. Nous noterons au passage que, si le maillet de roque constitue une arme de grande classe, elle est beaucoup moins létale que la hache, cette dernière étant naturellement plus à même de fendre le crâne des personnages secondaires.

Ce n’est pas la seule différence entre roman et film que note l’œil exercé d’Émilie. Elle nous fait vite savoir sa préférence pour ce formidable roman d’horreur psychologique et prenant. Elle est en cela soutenu par Stephen King himself, peu satisfait de l’adaptation de son roman au cinéma qu’il juge factuellement infidèle et moins effrayante. Alors que les rails du Transperceneige le mènent opportunément dans le Colorado, Olivier, lui , réaffirme son attachement au film culte de Kubrick et les plans géniaux du maître qui réinventa la terreur au cinéma.

Panoramique enveloppant le local poussette dans lequel nos héros reprennent leurs « esprits ». Travelling avant sur Romain. Celui-ci prend la parole pour nous narrer en voix-off la magnifique histoire d’amour dont il a été le témoin. A sa voix si singulière se mêlent celles de Maÿlis, d’Emilie et d’Olivier alors que le Transperceneige emprunte les voies de la Gare de l’Est.

Ici, l'ambiance sur le plateau est au comble de l'effervescence : Olivier s'énerve sur des techniciens tandis qu’Émilie met au point les derniers réglages son...

Ici, l’ambiance sur le plateau est au comble de l’effervescence : Olivier s’énerve sur des techniciens tandis qu’Émilie met au point les derniers réglages son…

 

Fondu(e) au bleu

Extérieur/Grand-place de Lille/grand ciel de cette couleur chaude qu’est le bleu

Romain est témoin de la vie d’Adèle (également nommée Clémentine selon qu’on la dessine ou qu’on la filme), jeune femme qui va voir sa vie bouleversée par sa rencontre avec Emma dont elle va tomber éperdument amoureuse. Mais si Emma affiche son homosexualité comme ses opinions politiques et sa chevelure toute bleue, Clémentine/Adèle a plus de mal à accepter, et faire accepter, le fait que son cœur bat plus fort pour les filles que pour les garçons.

Mais Romain perd malencontreusement la trace des deux amantes à cause de soucis de lecteur DVD et n’est pas en mesure de nous dire ce qu’il advient des amoureuses. On en vient alors à de folles spéculations : les uns défendent la vision plus profonde mais un peu sombre d’Abdellatif Kechiche et se pendent aux lèvres d’Adèle filmées en gros plan, les autres aiment le trait en blanc-et-bleu et la finesse de Julie Maroh ainsi que l’amour sincère qui se dégage de son texte et de ses dessins…

Hélas, le temps se couvre, l’orage tonne dans le local poussette. Fondu en blouse blanche et…

Extérieur/un asile perdu sur lîle rocailleuse sobrement appelée Shutter Island/nuit tempétueuse, salée et un peu aliénée

Une patiente de l’hôpital psychiatrique a disparu. Deux marshals mènent l’enquête et l’on suit Ahmed dans les couloirs et les cellules grises du glauque établissement, hanté par les cris de ses patients. Ahmed ayant confessé à mi-roman son incompréhension de l’intrigue, ses éminents coreligionnaires clubistes lui recommandent chaudement le visionnage du génial film de Scorsese qui, s’il ne l’éclairera pas sur les tenants et aboutissants schizophréniques de l’histoire, aura au moins le mérite de lui faire passer une excellent moment. On apprend tout de même, alors que l’enquête met à jour des secrets inavouables, que du roman était déjà née une bande-dessinée jugée par Maÿlis comme tout à fait fréquentable.

Suite à une restriction de budget la caméra, déjà privée de la haute définition Imax 3D et menacée de devoir incessamment passer au noir et blanc, s’attarde à peine sur les incidences de l’amour en tant que crime parfait, suscitant immédiatement la colère des frères Larrieu et de Phillipe Djian, co-scénaristes. Après quelques ultimes plans mélancoliques au ralenti, la caméra, qui ne fait pas dans les sentiments, lance le…

Générique de fin

Sauf que, révélation finale, twist audacieux, sur une musique omniprésente et pompière on se rend compte qu’en fait…

Scène post-générique : extérieur/Séoul/nuit lunaire à la peau couleur de miel

Maÿlis n’est pas une jeune Iranienne en noir-et-blanc mais bien un jeune homme Coréen nommé Jun Jung-Sik et adopté(e) très jeune par une famille belge ! A la recherche de ses origines, il/elle enquête sur les circonstances de son adoption à six ans au lendemain de la guerre de Corée, et se penche sur son passé, sa construction, sa vie dans sa famille adoptive, les rires et les larmes qui ont rythmé son existence…

Apothéose de Strokes et Carresses : les images réelles se mêlent aux dessins et aux images d’archives, toutes formes d’art communiant en une extase cinématographique… Fondu au noir et…

 The End

Breaking news : La nouvelle vient de fuiter, Strokes and Carresses aura au moins une suite et sans doute bien plus ! On ne sait pour le moment qu’une chose : il y sera question de coups, de caresses et de coups de cœur !

Sortie le 17 mai 2014 !

Olivier D.

Photo scénario réduite

Le scénario est si volumineux que plusieurs volumes ont été nécessaires à son écriture…

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Young adult ou old children ?

12 mar

Ces romans qui ne sont pas (que !) pour les ados…

Au commencement, il y avait la littérature… Les enfants qui étaient pour la plupart illettrés ou morts avant d’atteindre l’âge d’apprendre à lire n’était pas un « public cible » !

Pourtant un certain Fénelon inventa en 1699 le premier livre jeunesse  intitulé les aventures de Télémaque . Voilà une réécriture de l’Odyssée qui s’adresse explicitement aux enfants : le héros c’est le fils d’Ulysse, l’histoire est écrite en français (à l’époque tout était écrit en latin), et  il y a une morale éducative. Dès ses débuts, la littérature de jeunesse (quoique s’en défendent  certains auteurs) est une littérature dédiée : le héros est généralement un enfant, le niveau de lecture est à peu près adapté au niveau d’apprentissage du lecteur, la violence et le sexe explicite sont inexistants. 

Alors, quand 300 ans plus tard, Pierre Marchand et quelques autres réalisèrent qu’il existait des « ados » et qu’ils lisaient, ils proposèrent une collection « 1000 soleils » chez Gallimard spécialement pour eux ! Les premiers titres reprenaient des livres de littérature générale susceptibles de les intéresser : Zazie dans le métro, l’Etranger, Moby Dick. 

lion

Rapidement furent publiés dans cette collection des titres originaux, spécifiquement écrits pour cette tranche d’âge, et du coup destinés ni aux adultes ni aux enfants. 

La littérature ado est tout aussi dédiée que la littérature pour enfants, mais le héros a grandi, le sexe et la violence font leur apparition et le niveau de lecture est celui d’un lecteur adulte ! Alors quelle différence avec la littérature générale ? A priori aucune. Pourtant les problématiques restent très adolescentes : quête de l’identité, intégration dans le groupe, premières amours et déceptions. Problématiques qui fleurissent dans les littératures de genre : fantasy, fantastique, dystopie.

hungergamesTwilight_Tome1_Fascination

Il existe néanmoins quelques livres publiés dans les collections ados (les départements adultes des éditeurs les refusent sans doute) qui n’ont pas de héros ados, ne sont pas classables dans un genre, ont des problématiques universelles, sont pour la plupart excellents et ne trouvent pas leurs publics. En effet, délaissés par les ados qui leur préfèrent la littérature de genre, ils stagnent dans les fonds « passerelles » des bibliothèques. Les bibliothécaires adultes, un rien méprisants envers leurs collègues en jeunesse, vous diront que les adultes ne lisent que des livres adultes (ce qui n’est plus tout à fait vrai depuis Harry Potter…)

A la bibliothèque Václav Havel, notre politique est de traiter les ados comme des adultes (et vice-versa ?). Nous pouvons donc espérer que ces livres-là, malgré parfois des couvertures orientées vers un public jeune, trouvent leur public en les intégrant au fonds de littérature générale, sans distinction particulière (exit les logos censés aider les ados à se repérer et qui ne servent qu’à empêcher les adultes de les emprunter…).

En tout cas, lecteurs du blog, soyez les premiers à les emprunter, vous ne serez pas déçus…

Sélection non exhaustive :

Les larmes de l’assassin ou comment un tueur se prend d’affection pour l’enfant dont il a tué les parents…

La route des ossements dans une Russie fictive après la révolution bolchévique, un héros qui découvre le mensonge, la famine, le goulag et la terreur..

Des fleurs pour Algernon ou comment Charlie attardé mental devient grâce à une opération du cerveau très intelligent et en paiera le prix fort.

Bonne nuit Sucre d’orge, ce sont les mots tendres que le beau-père de Gaby lui susurre à l’oreille avant de la violer chaque soir pendant des années…

La drôle de vie de Bibow Bradley, comment un soldat du Vietnam incapable de ressentir la peur devient espion pour la CIA et se retrouve au centre des grands évènements qui secouent les États-Unis.

Max ou le point de vue sur le nazisme d’un véritable aryen né dans un lebensborn.

 

Chrystelle

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Stade Vaclav Havel, samedi 15 février 10h, match retour Des coups vs Des caresses.

19 fév

L’effervescence était de mise ce samedi matin à la bibliothèque Vaclav Havel pour ce second club des lecteurs « Des coups, des caresses ».
« Le café est lancé ? », « T’as du sucre pour le thé ? », « Où j’ai mis mon bouquin ? »
Les cheveux plus ou moins ébouriffés,  les nouveaux arrivés de l’équipe, Maÿlis, Olivier et Arthur, sentent la tension monter avant le coup d’envoi prévu à 10h. Caroline, en bonne capitaine, rassure la bleusaille  : « Tout va bien se passer les gars ! On y va, on partage nos plaisirs de lecture, on donne envie et on repart avec les trois points ! ».

                L’autre partie de la team Havel arrive à l’heure dite. Des habitués, des roublards, des joueurs que les pavés de plus de 600 pages n’effraient pas : Ahmed, qui participe déjà à plusieurs clubs de lecture, gardera les cages avec un grand classique, L’Etranger, de Camus. Quant à Sylvie, qui, comme Ahmed, avait pris part au match aller le 18 janvier, elle arrive avec 3 épais ouvrages sous le bras, histoire de s’échauffer correctement. Quelques secondes avant le coup d’envoi, un nouveau nom s’inscrit sur la feuille de match, Isabelle, dont les enfants sont à la salle Jeux Vidéo.

                Vient le moment de la traditionnelle présentation des équipes : un tour de table pour mieux connaître ses coéquipiers. Sylvie, Isabelle, Ahmed, Maylis, Caroline, Olivier, Arthur et Gilbert le jeune supporter prendront donc part à cette rencontre animée. Sur le bord du terrain, tasses de café et de thé, verres de jus de fruit et quelques gâteaux pour les glucides nécessaires.

Des livres et des gâteaux.

Des livres et des gâteaux.

    Coup de sifflet, la partie est lancée. Sur les chapeaux de roues puisque Sylvie se lance dans un dribble chaloupé en affichant un énorme coup de cœur pour le roman fleuve de Mo Yan Beaux seins, belles fesses. Tout un programme. Une écriture crue qui colle bien à la rudesse des campagnes chinoises du premier tiers du XXe. Construit comme un roman russe, cette œuvre du Nobel de littérature 2012 dépeint le destin tragique de Jitong, dernier né de la famille (7 filles et 1 garçon) et celui de ses sœurs de 1938 aux années 90, autant de témoins de l’évolution de la Chine, de l’occupation japonaise jusqu’à l’affairisme sauvage contemporain. Nous avons pu voir une Sylvie encore sous le choc du livre, dont elle avait entendu parler dans Le Magazine littéraire « Dix grandes voix de la littérature étrangère ».

                Isabelle réceptionne la superbe passe de Sylvie et enchaîne avec Du givre sur les épaules de Lorenzo Mediano, aux éditions de la Ramonda. Le cadre : un petit village du pays basque espagnol, dans les années 30. Une intrigue simple : un villageois tombe amoureux de la fille du châtelain, bien sur la liaison est impossible, la dote inatteignable. Une chasse à l’homme s’ensuit, laissant libre cours à la brutalité du propriétaire terrien. Nous ne connaissons l’histoire qu’à travers ce que les villageois ont raconté à l’instituteur, personnage-narrateur au passé trouble… Un livre court mais fort, disponible à la Réserve centrale.

                Olivier, du haut de son mètre 90 reprend de la tête et, appliquée, sort sa fiche, à la manière des grands tacticiens. Eric Chevillard sent l’orang-outan. Ecrivain du non-sens, Chevillard joue avec les conventions narratives comme nous jouons avec son titre. Dans Sans l’orang-outan, suite à la disparition du grand singe roux, le monde court vers l’apocalypse. Incapables de créer, les hommes meurent au fur et à mesure, pour, finalement, vouloir devenir à leur tour orang-outan. Maÿlis, dans une intervention pleine d’à propos conclut l’action menée par Olivier pour nous apprendre que Chevillard, tout comme Echenoz ou Toussaint, fait partie de cette génération d’écrivains du sérail Minuit, sobrement nommés « les Minimalistes ».

Un beau une-deux pour transmettre le coup de cœur à Arthur qui présente Anima, de Wajdi Mouawad. Le principe narratif impose d’emblée la singularité de ce roman : nous ne voyons le récit qu’à travers les yeux des animaux qui croisent la route de Wahhch, le héros. Raton laveur, chien, mouche ou poisson rouge, toute la faune y passe. Wahhch est à la recherche du meurtrier de sa femme, un homme d’origine indienne, décrit par ses pairs comme une bête folle. Les multiples narrateurs nous emmènent à travers l’Ontario et les réserves indiennes au sein desquelles les trafics sont légion. Ce roman est une quête qui ramène Wahhch à ses racines, à la source de cette animalité qui l’habite, et à ce que l’homme peut avoir de plus enfoui en lui. C’est aussi une fuite en avant de notre héros pour éloigner la perte d’un être cher. Certaines scènes sont assez dures, attention aux âmes sensibles.

                Mi-temps. C’est un très beau moment de lecture que nous offre alors Ahmed, remobilisant les troupes autour de L’Etranger de Camus. A travers l’extrait se dessine le portrait de Meursault, un homme condamné à mort mais étranger à sa propre existence.

Ahmed, la tête dans les nuages.

Ahmed, la tête dans les nuages.

                Caroline change de style de jeu en proposant un manga, Ikigami. Dans cette série en 9 tomes, une société totalitaire impose une vaccination aux enfants. Cette vaccination déclenchera la mort d’un de ces enfants sur mille entre ses 18 et 25 ans. L’objectif de cette atrocité étant de donner pleine conscience de la valeur de la vie. Ces malheureux élus se voient attribuer un préavis pour leurs dernières 24 heures. Le personnage principal est le fonctionnaire qui délivre ces préavis, et au fil des tomes, il s’interrogera sur le sens de son travail.

                Plus de légèreté pour le second coup de cœur de Caroline : Le Rabbin congelé, succès de librairie de l’année dernière, est le premier roman de Steve Stern. Dans ce livre délirant, un rabbin, suite à une méditation trop profonde, se retrouve pris dans la glace en 1889. Réveillé 100 ans plus tard, il découvre le monde contemporain devant la télévision. Imaginez le carnage… Il devient un phénomène des médias, un gourou qui s’en met plein les poches.

                Maÿlis, récent transfuge du FC Duras, porte l’estocade finale avec un double DVD de Louis Malle, L’Inde fantôme. Dans ce documentaire, Malle propose 7 films courts autour de son voyage indien dans les seventies. La première partie se veut descriptive, quasi ethnologique tandis que dans le second DVD, Malle « arrête de comprendre » pour simplement vivre cette expérience indienne.

Qui a dit qu'il était interdit de manger à la bibliothèque ?

Qui a dit qu’il était interdit de manger à la bibliothèque ?

Il n’y a quasiment pas eu d’opposition lors de cette partie. Pas de coups de gueule, que des coups de cœur en ce match du samedi matin, une partie brillamment remportée par le club Des caresses. Un match qui ravira tous les amateurs de beau jeu. Et de littérature…

Score final : Des caresses 8 – 0 Des coups.

Votre envoyé spécial, Arthur.

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L’Assassin de l’agent de police de Maj Sjöwall et Per Wahlöö

7 fév

Cote : SJO POLICIER

 

Couvertures noires, parfois rouges sang, bandeaux définitifs : «  Le dernier polar scandinave ! » nous annonce-t-on à grands cris. Le polar scandinave n’est pourtant pas né dans les années 2000 avec Millenium, comme on pourrait nous le faire croire, et de nombreux auteurs bien connus du public, tels Henning Mankell, rendent leur tribu à Maj Sjöwall et Per Wahlöö, respectivement nés en  1935 et 1926, couple d’écrivains suédois pionniers du genre.

 

De 1965 à 1975, Sjöwall et Wahlöö ont écrit à quatre mains dix romans ébranlant dangereusement le fameux modèle suédois dont les médias nous abreuvent si généreusement aujourd’hui encore. À l’époque déjà, la prospérité de la Suède, son modèle socio-démocrate sont vantés sans nuance. À travers les dix volumes qui composent Le Roman d’un crime, et les investigations de l’inspecteur puis commissaire Martin Beck, Sjöwall et Wahlöö se sont donc attelés à décrire l’envers d’un pays se soumettant de bonne grâce aux pressions économiques, à l’épouvantail sécuritaire, au sensationnalisme médiatique. À ce titre, les deux écrivains dévoilent une police à l’image de ce joli sac de nœuds : incompétente, violente, s’en prenant à tous ceux qui sortiraient du moule, avec à sa tête une belle bande de bureaucrates aux dents longues. Au fil de leur somme, les deux écrivains explorent donc tant les méandres de l’enquête policière – sa part de hasard, ses lenteurs infinies, ses approximations – que les failles que celle-ci révèle en creux.

 

Dans L’Assassin de l’agent de police (1974), neuvième opus du Roman d’un crime, Sjöwall et Wahlöö utilisent le motif du crime sordide pour attaquer férocement les dérives policières et l’influence toujours plus prégnante du libéralisme économique : appelé près de Malmö pour enquêter sur la disparition d’une femme, Martin Beck se trouve violemment confronté à l’ambition démesurée de ses chefs qui réclament un coupable, et frôlent d’un cheveu l’erreur judiciaire…

Le ton est donné dès le départ. Concise, acérée, l’écriture n’en est que plus apte à décrire avec virulence les manquements de l’État : « Une poignée de passagers au visage blême et couvert de sueur pénétra à la queue leu leu dans le bâtiment de l’aéroport. A l’intérieur, la peinture elle-même, à base de gris et de jaune safran, semblait avoir été choisie à dessein pour renforcer encore cette désagréable impression d’incompétence et de corruption. » Stockholm, en tant que lieu du pouvoir, incarne bien des dérives. A l’inverse, L’inspecteur Nöjd, principal interlocuteur de Beck lors de cette enquête dans la région de la Scanie, apparaît comme un homme bienveillant, attentif à ses semblables comme à l’environnement qui l’entoure.

 

Outre l’intérêt incontestable que revêtent leurs enquêtes, le travail de Sjöwall et Wahlöö vaut donc pour la portée et la modernité de leur critique politique et sociale. Si ce n’est l’absence de certaines technologies, aucun élément ne fait tomber leurs romans en désuétude et n’empêche de reporter les interrogations soulevées à aujourd’hui…

 

L’Assassin de l’agent de police de Maj Sjöwall et Per Wahlöö, éditions Rivage

 

À la bibliothèque, des mêmes auteurs :

L’abominable Homme de Säffle (SJO POLICIER)

La Voiture de pompier disparue (SJO POLICIER)

La Chambre close (SJO POLICIER)

Les Terroristes (SJO POLICIER)

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Recette pour un atelier d’histoires à rebondissement !

30 jan

Comment faire une histoire à rebondissement ? C’est facile, il faut :

  • des enfants qui aiment bricoler et colorier
  • un bibliothécaire un peu déjanté
  • un peu de matériel et quelques bons livres !

Pour commencer, choisir un thème pour l’atelier (ici ce sera « les trois petits cochons » en pop-up). Ensuite, faire un sondage auprès des enfants souvent à la bibliothèque à propos d’un atelier pop-up (on cachera le thème pour davantage de surprises) et savoir si ça les intéresserait d’en faire partie.

Puis choisir une histoire et s’entrainer à faire des modèles.

Une fois que vous avez tous les ingrédients et toutes les personnes pour l’atelier, s’installer dans un endroit où vous pourrez travailler sereinement. Prévoir des chaises et des tables, au cas où des lecteurs viendraient…

Le jour J, environ 45 minutes avant l’atelier, installer la salle, cela prend 15 minutes si on est un petit peu organisé. Ensuite, faire un tour dans les lieux pour voir si les personnes intéressées sont présentes et leur rappeler que l’atelier c’est aujourd’hui et dans 25-30 minutes.

Attention la pression peut monter, il est donc conseillé à ce stade d’aller boire un thé ou un café pour se détendre un peu.

Oulalala, dans 5 minutes, c’est l’heure ! Pas de panique, aller dans le local, allumer les lumières, vérifier que tout est là et ouvrer la porte en grand (c’est plus chaleureux d’accueillir les personnes avec la porte ouverte).

C’est la minute M ! Les personnes commencent à arriver et à s’installer voila l’atelier peut commencer !

Pour bien commencer, présenter l’histoire que l’on va revisiter et expliquer ce qu’est un pop-up (les livres qui vous ont servi pour préparer l’atelier seront bienvenus comme support – penser à les apporter).

Et voila, les premières explications données, l’atelier débute et se passe très bien, vous êtes même très décontracté ! Et c’est même déjà l’heure de la fin ! Comme tout le monde n’a pas fini l’histoire on remet ça la semaine d’après avec autant d’enthousiasme et de bonne humeur.

Quelques jours ont passé et nous voilà déjà le jour de la semaine d’après pour la suite de l’atelier. Tout est déjà près, les personnes sont même en avance, donc on continue ce que l’on a déjà  commencé. Pour avoir le temps de tout finir cette fois-ci, on déborde un peu beaucoup sur l’heure suivante, mais ce n’est pas grave, quand on adore on ne compte pas !

Ouf ! La séance est finie, il ne vous reste plus qu’à faire des jolis petits cahiers et coller les travaux de chacun (dans le bon ordre de l’histoire). Les personnes ayant participé récupéreront leur œuvre la semaine qui suit.

Tout le monde est content, vous êtes un peu fatigué mais ça vous a bien plu donc pas de regret, vous vous dites même « je remets ça quand ??? ».

 

La bibliothécaire déjantée qui a fait cet atelier.

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Club des lecteurs, acte 1 scène 1 : le Vietnam

25 jan

PicMonkey Collage

 

 

Acte 1

Ahmed, Sylvie, Raymonde et Marguerite entrent sur le plateau. Café, thé et madeleines les attendent à coté du divan, ainsi que Caroline et Lisal, qui s’interrogent encore sur l’horaire communiqué…

Scène 1 : les protagonistes papotent en attendant un cinquième comparse. S. aborde son dernier coup de cœur Beaux seins belles fesses, de Mo Yan (prix Nobel de Littérature 2012). Pléthore de descriptions et de poésie ; témoignage sur l’évolution chinoise tout en parlant de valeurs « universelles » (valeurs, faiblesses humaines, amour…)

Scène 2 : Caroline présente le club des lecteurs : rendez vous mensuel hors vacances scolaires, de 10h à 11h30, avec alternativement une séance thématique et une séance de présentation de coups de cœur. Prochaine séance le 15 février. Cette séance-ci, le Vietnam est à l’honneur en écho à l’année croisée France-Vietnam. La sélection :

  • Vietnamerica, GB Tran. Cette bande dessinée reprend un thème récurrent quand il s’agit du Vietnam : l’histoire d’un retour au pays, à l’occasion du décès de la grand-mère du narrateur, à peine connue. La lecture n’est pas aisée : beaucoup de flash-back et un dessin qui n’a pas toujours plu.
  • Un barrage contre le Pacifique, M. Duras. Deux phrases et puis s’en vont… Nous apprenons que la maison où vécut l’auteure est aujourd’hui un lieu de tourisme.

A cet instant Marie-Florence, la cinquième comparse, fait son entrée. Après quelques tergiversations sur l’horaire, elle s’installe et suit la présentation.

  • Ru, Kim Thuy. Ru est le récit dans le désordre des souvenirs de l’auteur : l’enfance dorée, l’arrivée du communisme, le départ de la famille, le camp de réfugiés en Malaisie, l’arrivée au Québec. Le texte est très poétique, l’écriture d’une grande justesse.
  • La double vie d’Anna Song, Minh Tran Huy. Anna Song, pianiste de génie, grandit dans le mythe de l’histoire de sa famille vietnamienne. Le roman s’ouvre sur son décès. Alternent alors deux récits : les coupures de journaux faisant part de la notoriété grandissante de la pianiste ; l’histoire de l’amour inconditionnel unissant Anna Song et Paul Desroches, ami d’enfance et producteur.
  • L’ombre du prince, Tran-Nhut. Grand classique policier. Roman historique situé durant la période impériale. Une langue très facile et très drôle.  
  • Itinéraire d’enfance, Duong Thu Huong. Années 50 ? Ou juste après la guerre ? Deux petites filles qui traversent le pays du sud vers le nord pour rejoindre le père soldat de Bê. Très belles descriptions du pays, des paysages, du peuple, avec des personnages particulièrement attachants. Malgré un grand réalisme dans la description du monde rural, l’atmosphère se rapproche du conte… Sans hésiter le coup de cœur de C ! Des précisions sont apportées par les uns et les autres sur la biographie de l’auteure : une mi-li-tante ! Duong décrit les choses « de l’intérieur ». Le système en a fait « l’écrivain vietnamien contemporain », mais cette façon d’ériger une parole a le défaut d’en faire taire d’autres…

 Acte 2

Scène 1 : dans l’élan, M-F nous parle de ses lectures :

  • Une si jolie petite guerre : Saigon 1961-63, Marcelino Truong : qui permet de voir le conflit de l’intérieur (disponible dans les bibliothèques)
  • Partitions silencieuses, Ea Sola : un peu difficile, comme Ru…
  • Le chagrin de la guerre, Boa Ninh : période de la guerre et de l’après-guerre… Et après, comment vit-on ? Aborde la question du mal de vivre et de la difficulté à s’adapter pour ceux qui ont vécu la guerre, quand la nouvelle génération, elle, veut oublier !… (disponible dans les bibliothèques)

Scène 2 : S’ensuit une discussion à bâtons rompus sur le Vietnam d’aujourd’hui (nous avons la chance d’avoir de vraies expertes en la matière) le consumérisme, la censure, la présence des anciens boat people dans l’économie par l’intermédiaire des joint venture (nous aussi on ne connaissait pas), la relation à la Chine toute proche.

Scène 3 : Nous abordons Peste et choléra de Patrick Deville (au 2è étage, cote DEV) (sur la vie du bactériologiste Alexandre Yersin), La route Mandarine de Jacques Soustelle (très bien écrit, découverte du Vietnam). Une présentation nous fait frémir : Un général à la retraite, de Huy Tiêp (disponible dans les bibliothèques) qui décrit le cynisme de la société contemporaine. Un général se rend compte que sa fille nourrit ses cochons avec des fœtus d’enfants avortés. Ce livre parle de la perte des valeurs,  décrit une nouvelle génération très dure, extrêmement pragmatique. L’auteur est reconnu au Vietnam, ses thématiques sont proches de l’actualité, des phénomènes de société…

Et nous approcherons ainsi du dénouement en évoquant la place de la femme dans la société vietnamienne, « pas si impuissante que ça », un pilier de la maison, travaillant souvent toute la journée. Au Vietnam la famille est très solidaire, et élargie, tout le monde travaille, il y a par conséquent beaucoup de petits boulots, dans un pays où seuls les fonctionnaires semblent avoir droit à une retraite. « Travailler comme un jeu », nous dit M-F… Ça laisse pensif !

Merci pour ce voyage littéraire !

Mais au fond tout ceci n’était que le premier acte du club…  Deuxième acte le 15 février à 10h pour une séance coups de cœur !

 

 

petitdéj

 

LisaL

 

Sur le même sujet, voir aussi l’article de Delphine sur deux des romans vietnamiens présentés au Club des Lecteurs.

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Deux romans vietnamiens pour le club des lecteurs

15 jan

C’est le thème du Vietnam qui est au programme de la première séance du club des lecteurs « des coups des caresses »  qui se tiendra samedi (à 10h30). Parmi la sélection proposée*, il y avait ces 2 romans Ru et La double vie d’Anna Song. Ce qui rapproche de prime abord ces 2 romans, c’est qu’ils ont été écrits par des femmes et en français. Mais à part ça, qu’ont-ils en commun ?

Ru de Kim Thuy : Un court texte qui évoque la guerre du Vietnam et l’exil.

L’auteur Kim Thuy est née à Saigon en 1968. Mais elle vit désormais au Québec et a écrit ce livre en français, la langue qui est devenue la sienne.

Dans de très courts chapitres, elle égraine ses souvenirs de façon éparpillée, entre son enfance dorée au Vietnam (sa mère était fille de préfet), la fuite en bateau (les fameux « boat people ») lorsque les communistes arrivent au pouvoir alors qu’elle n’a que 10 ans, le camps de réfugiés en Malaisie et son arrivée au Canada.

C’est toute une nouvelle vie qu’il faut réinventer alors que ses parents ne peuvent plus faire les métiers qu’ils faisaient et doivent exercer des métiers tels que livreur ou femme de ménage.

A travers des nombreuses anecdotes, elle évoque les différents membres de sa famille, passant du passé au présent, même si on en saura assez peu sur sa vie actuelle à part qu’elle a 2 enfants dont un petit garçon autiste.

Elle évoque aussi la guerre et ne nous épargne pas certaines scènes difficiles, mais ce qu’on retient c’est la force de vie de ces réfugiés vietnamiens, de ces héros ordinaires, à qui elle rend un si bel hommage ici.

« Mes parents nous rappellent souvent, à mes frères et à moi, qu’ils n’auront pas d’argent à nous laisser en héritage, mais je crois qu’ils nous ont déjà légué la richesse de leur mémoire, qui nous permet de saisir la beauté d’une grappe de glycine, la fragilité d’un mot, la force de l’émerveillement. Plus encore ils nous ont offert des pieds pour marcher jusqu’à nos rêves, jusqu’à l’infini. »

Un livre plein de pudeur qui décrit avec beaucoup de justesse la perte de repères de l’exil.  [...]

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Quelques minutes qui font la différence.

12 déc

Au départ, c’est une idée volée à la bibliothèque Duras, qui la devait déjà à la bibliothèque Chaptal : celle de décaler les horaires du personnel d’un quart d’heure, afin de fermer la bibliothèque à l’heure pile. L’équipe a alors un quart d’heure pour fermer tranquillement, prendre ses affaires, et assouvir quelque besoin dont l’explicitation sera laissée à l’imagination de chacun.

Évidemment, n’est pas Duras qui veut, et ce quart d’heure s’est avéré un peu longuet quand automates et ordinateurs s’arrêtent d’eux-mêmes et que les lecteurs se dirigent docilement vers la sortie.

C’est devenu le quart d’heure de débriefing où toute l’équipe se retrouve au rendez-vous, autour de la banque d’accueil.

Les premiers temps, ça a été l’exutoire à l’ouverture : fous rire et états d’âme y eurent la part belle. Pourtant, c’est très vite devenu le temps de la cohésion.

D’abord, parce que l’équipe n’avait pas l’habitude des journées hachées par le service public posté. Conclusion, on avait le sentiment de ne plus se voir et ce moment devenait le temps privilégié de l’échange.

Ensuite, parce que ça nous a permis de discuter très vite des problèmes rencontrés : des décisions étaient prises du soir pour le lendemain.

Maintenant que la situation est stabilisée, on a conservé le quart d’heure. Les collègues y tiennent beaucoup, et ça devient le moment où on raconte les petits problèmes du jour, où l’on fait remonter aux chefs les soucis de bâtiment, où l’on adopte une position commune.

Voilà. Ni quart d’heure américain ni quart d’heure de célébrité, notre ¼ d’heure à nous est pourtant plébiscité.

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Les arbres voyagent la nuit, un livre « Feel good »

6 déc

Il y avait les « feel good movies » (les films qui donnent la pêche) mais on peut aussi trouver des livres qui vous mettent le sourire aux lèvres.

Si vous cherchez un joli livre à lire pour cette fin d’année, je ne peux que vous conseiller le premier roman d’Aude Le Corff  : « Les arbres voyagent la nuit ».

On y suit Manon, une petite fille un peu perdue parce que sa mère s’est volatilisée du jour au lendemain la laissant elle et son père dans le désarroi le plus total. Elle passe son temps à lire devant son immeuble et parle aux fourmis. Un très vieux monsieur, sauvage et solitaire, Anatole, se prend d’affection pour cette petite fille un peu étrange. Il la laisse pénétrer dans son antre et lui fait découvrir ce qui représente pour lui un trésor : ses livres. En parallèle, il y a le père complètement perdu et sa belle sœur Sophie, une femme pleine de mystère.

De cette amitié pas classique entre Anatole et Manon va naître le projet un peu fou d’aller à la recherche de la mère volatilisée. A cette folle équipée vont se joindre le père et Sophie. S’ensuit alors dans la 2ème partie du livre une sorte de road-trip assez brinquebalant sur les routes du sud et qui va mener les personnages jusqu’au soleil marocain.

C’est un livre qui se lit un peu comme un conte, parce qu’on est hors du temps et pourtant, il évoque des réalités et difficultés de la vie (la perte de la mère, le vieillissement, etc). C’est aussi un livre qui parle de littérature, de l’importance de la poésie et des mots dans notre vie. En effet, un livre a su créer le lien entre Manon et Anatole et revient sans cesse au cours de l’histoire, c’est Le petit Prince de Saint Exupéry.

Je ne dévoilerai pas l’issue de cette équipée, à vous de la découvrir.

Delphine

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Des films à dose thérapeutique

19 nov

Deux DVD que nous venons de recevoir et qui ont reçu un succès mérité en salle chacun dans leurs styles !

  

Effets secondaires : histoires de labo pharmaceutique, de protocole de test d’anti-dépresseur, un psychiatre dont la carrière s’effrite tout au long du film et une grande manipulatrice ! Voici les ingrédients de ce thriller sans pitié !

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Happiness therapy tire plutôt vers la comédie romantique, on n’échappe pas à certains clichés du genre (caméra qui tourne lors du baiser, happy end… même si je ne vous dirai pas pour quels personnages) mais l’ensemble est bien filmé, les comédiens convaincants (oscar de la meilleure actrice !) et l’atmosphère parfois pesante. Le pitch ? Une jeune veuve dépressive et un jeune homme bipolaire qui sort de l’hôpital psychiatrique et rencontrent et décident de s’aider mutuellement. Elle l’aidera à reconquérir sa femme, il l’aidera pour un concours de danse.

Attention ne vous attendez pas à une comédie légère !

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Caroline

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Si le temps le permet…

9 oct

Après des mois d’attente, de doute, d’espoir et de rebondissements, nous sommes en mesure d’annoncer fièrement l’ouverture de la bibliothèque Vaclav Havel le 19 octobre prochain à partir de 14 heures.

Venez rencontrer l’équipe de la bibliothèque et prendre part à l’histoire de ce « lieu dont vous êtes le héros ». Des habitants du quartier vous ferons découvrir ce nouvel équipement de la Halle Pajol et vous participerez aux tournois de jeux vidéo animés par vos bibliothécaires.

Faîtes passer le message et à samedi!

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Notre objectif : vous préparer à la rentrée littéraire !

5 sept

Souvenez-vous : l’an dernier arrivaient dans les libraires plus de 646 romans, environ 200 romans étrangers traduits et 400 romans français. Cette année, on nous en annonce un peu moins : 555 romans français et étrangers. Même si pour la troisième année consécutive ces chiffres sont en baisse, du point de vue du lecteur cela ressemble toujours à une montagne colossale !

Aussi nous vous proposons de mettre en place des stratégies pour définir votre angle d’approche que vous choisissiez d’en lire le plus possible ou de ne lire que « le meilleur du meilleur » : de quelle manière allez-vous vous y prendre ?… Je dois avouer que nous nous posons à peu près les mêmes questions lorsque nous devons décider quels romans nous achèterons…

La première étape est de faire le test qui vous permettra de savoir quel lecteur vous êtes. Vous pourrez ensuite lire la stratégie que nous vous proposons pour faire face à la rentrée littéraire en fonction de votre profil.

Lien vers le test « quel lecteur êtes-vous? »

Nos conseils pour la rentrée littéraire, si vous avez : [...]

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À nous les nuits blanches!

6 août

 

Oui, c’est les vacances et, non, vous n’êtes pas pour autant tenus de ne lire que du divertissant, du facile qui ne mobiliserait que le peu de neurones qui n’auraient pas fondus comme glace au soleil comme tous les médias semblent nous y inviter.

Mais, mais, mais, en vacances, on a plus de temps, et, surtout, on peut se coucher plus tard.

Ah, ces moments délicieux où les heures ne nous sont pas comptées, où on peut prolonger la lecture, encore un peu, pour savoir si, enfin, elle va oser lui avouer, si, oui ou non, il va trouver le tueur, si, malgré tout, elle va survire, si, finalement, ils vont se retrouver.  Parfois, le suspens est insoutenable au point de se relever, se faire un café pour tenir le coup, continuer et ignorer le petit jour qui point.

Puisque que pendant ces semaines d’été nous pouvons nous y livrer et éviter ensuite ces matins sombres où vos collègues vous accueillent avec un « t’as l’air crevé toi » voici quelques conseils de lecture qui vous feront perdre la notion du temps.

 

 Dix neuf secondes, Pierre Charras Gallimard 2005

Comment raconter dix neuf secondes en 150 pages ? Dans un compte à rebours incroyable, Pierre Charras ne nous laisse aucun répit. En compagnie de plusieurs voyageurs du RER, de Sandrine et Gabriel en particulier, depuis Nation, un trajet et une fin qui valent bien quelques heures de sommeil en moins. Bon, le seul risque, c’est que vous ne puissiez plus vraiment prendre les transports ensuite sans y penser, à vous de voir.

 

 

On ne s’endort jamais seul, René Frégni Gallimard 2002

Pas étonnant que ce marseillais de cœur, grand ami de Jean Claude Izzo, ex détenu et animateur d’atelier d’écriture à la prison des Baumettes, manie si bien l’évasion. Vous suivrez Antoine dans une quête haletante et émouvante. Comme dans chacun de ses romans, avec tendresse, Frégni nous livre des personnages dont vous vous rappellerez longtemps et non, vous ne vous endormirez pas seul, mais tard, certainement.

 

 

La Religion,Tim Willocks Sonatine 2009

Quoi ? Un roman historique, qui se passe en 1565 et qui me donnerait envie de veiller jusqu’au petit matin ? Ça doit être une erreur, ça ressemble plus à un bon vieux pavé somnifère, non ?  Pas du tout. Cet ébouriffant (et, dans mon cas, je vous assure, ça prend tout son sens…) auteur britannique nous entraine dans une intrigue sombre et passionnée où, en plus, on apprend tout un tas de choses sur les guerres saintes et les chevaliers de l’ordre de Malte. C’est vrai, c’est long, donc il vaut mieux s’organiser : commencer à l’heure de l’apéro, faire une pause avec un repas plein de sucres lents et prévoir éventuellement une petite lumière ou un doudou pour ne pas risquer à certains passages de mourir de trouille. Et la bonne nouvelle c’est que c’est une trilogie et que les aventures de Matthias Tanhauser ne sont pas finies !

 

 

Orgueils et Préjugés, Jane Austen Gallimard 2007

Là, pareil. Vous vous dites : que vient faire ce grand classique de la littérature anglaise dans cet article ? Et pourtant, pour moi, c’est LE livre qu’on ne peut lâcher avant la fin. Du rire, des larmes, des rebondissements et surtout une héroïne qui n’a rien à envier à Lisbeth Salander (Millenium) ou Teresa Mendoza (La Reine du Sud). Acerbe et sans pitié, la critique que fait Jane Austen de la société hypocrite et figée de son temps est d’une modernité étonnante

 

 

Vous l’aurez remarqué, ni flics, ni meurtres, ni enquêtes. Pour ces livres là, vous pouvez compter sur les bons conseils de nos collègues du comité polar.

Vous trouverez bien sur tous ces documents dans les bibliothèques du réseau de la Ville de Paris et bientôt sur nos rayonnages, en espérant que ces quelques suggestions vous plairont et que vous ne nous en voudrez pas trop pour les cernes.

Et vous, votre meilleur souvenir de livre lu en une nuit sans pouvoir vous arrêter?

Florence

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Un an et pas une ride (ou comment vous êtes tombés chez nous !)

30 juil

Prévu depuis quelques temps, cet article récréatif et ludique nous permet  de faire le point après (plus ou moins) un an de bon et loyaux services de notre blog « Une médiathèque sur les rails ».

Qui êtes vous ? D’où venez vous ? Et comment êtes vous tombés (par hasard ?) chez nous ?
Ce qu’il faut dire en premier, c’est merci. merci pour vos 9 533 visites uniques (je suis sûr que ce chiffre aura doublé quand je publierai cet article…)

 

Concernant les 3 311 visites qui nous séparent des 12 842, l’équipe à été forcée de cliquer tous les jours sur la page.
Un travail de longue haleine qui porte ses fruits…

[...]

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A la découverte des romans Jeunesse.

27 juil

Notre collègue Clément de la section jeunesse, vous propose aujourd’hui de découvrir quelques romans disponibles pour notre plus jeune public dès l’ouverture de la bibliothèque.

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Vous pouvez retrouver ses autres billets par ici et par !

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