« Evil is back ! » La saga Diablo – 2

Intérieur Jour. Une salle de réunion en Californie. Nous sommes en 2007.

Tout le personnel de Blizzard s’est réuni pour parler de Diablo III, les développeurs frissonnent, les artistes affutent leur crayon. De nombreuses idées sont lancées.

La porte de la salle s’ouvre lentement, dans l’entrebâillement se dresse un homme. Un grand type en costume sombre, le genre de mec qu’on croise dans les grandes tours administratives au dernier étage section comptabilité, avec un regard qui en dit long sur son côté fun. Même les mouches s’arrêtent de voler…

Des chuchotements font écho de tous les côtés de la salle.

– C’est qui ce type ? chuchote Michel.

– Mais t’es con ou quoi, c’est le mec d’Activision, celui avec qui on a fusionné, lui répond Roger.

Le type s’approche de la table, ouvre son attaché-case et dépose  une liasse de documents sur la table. Après avoir regardé en long en large et en travers toutes les personnes présentes dans la salle, le type sort en refermant doucement la porte par laquelle il était entré.

S’ensuit un « Ouf » de soulagement collectif. Michel s’approche alors de la pile de documents laissés par le sombre type (l’histoire révélera qu’il a inspiré le fameux cliché du comptable). Michel après une rapide lecture du document, releva la tête et lâcha cette fameuse maxime : « What The Fuck ! »

Chapitre II : Le début de la chute

Retour en 2004. Une bombe vient de tomber. Roulement de tambour…. World of Warcraft, ou WoW pour les intimes. Blizzard dépoussière l’univers des MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Games/ Jeux de Rôle Massivement Multijoueur), en proposant ce qu’aucun jeu en ligne ne propose alors. Carton planétaire ! Ce qui aura pour but de démocratiser le jeux vidéo et, revers de la médaille, de montrer qu’une exposition aux jeux vidéo peut rendre violent, asocial, dépendant (blablabla).

Avec WoW, arrive une nouvelle race de joueurs. Les « Kevin » ou « Kikoulol ». Mais si, vous voyez de qui je veux parler. Kevin a entre 12 et 17 ans, son passe temps favori ce sont les jeux vidéo. Il n’a aucun recul, ni même une réflexion ainsi qu’un goût non modéré pour le langage SMS et la ponctuation abusive .

Exemple 1 : « Oh put1 tro bi1, c karement stylé WOW. Mdr !!!!!!!!!! »

Exemple 2 : « Put1 j’arive pa c tro dur se jeu ya pa dé code ????????????Lol XD »

World of Trololo, ça marche aussi. 

Petit à petit les joueurs vétérans de World of Warcraft s’en vont, laissant la place à nos amis. Le problème des Kevin/ Kikoulol, c’est qu’ils deviennent le cœur de cible des éditeurs de jeux vidéo, allez savoir pourquoi. Plus besoin d’engager des artistes qui prennent le temps de sortir un jeu, les licences phares sont sacrifiées sur l’autel de la rentabilité, puisque de toute façon les jeux sont devenus des produits de consommation.

Débarquent alors sur le marché des jeux totalement insipides, faits pour être consommés sans difficulté ni challenge, à quelques rares exceptions. Durant cette période deux géants du jeu vidéo américains se font la guerre, Electronics Arts (Les Sims, Fifa…) et Activision (Call of Duty, Guitar Hero…). Pour une raison financière Blizzard fusionne avec Activision en 2007, naît alors Activision-Blizzard (ouais, ils ne se sont pas foulés sur le nom).

S’ensuit alors une politique de contrôle rendant une connexion internet obligatoire pour tous leurs nouveaux jeux. Cela avait commencé avec WoW, jusqu’ici pas de problème puisque c’est un jeu en ligne. Puis arrive Starcraft II, avec son identification obligatoire par internet et la disparition du mode LAN (Local Area Network), un système tout simple qui permet à deux ordinateurs connectés entre eux par un câble, de pouvoir jouer ensemble sans internet. Blizzard nous fait découvrir les joies du « un compte = une licence ».

La raison évoquée par Blizzard est la lutte contre le piratage. Ce qui bien sur ne fonctionne pas puisque de nombreuses versions du jeu se retrouvent quand même piratées sur internet.

Diablo III est annoncé des 2008. Les premières images et vidéos du jeu sont dévoilées et un cri unanime  des fans se fait entendre : le jeu n’est pas assez sombre. Blizzard fait la sourde oreille et annonce que nous n’avons encore rien vu.

Soit.

Puis deux autres annonces viennent chatouiller les oreilles de la communauté. La première est une connexion à internet permanente pour pouvoir jouer, c’est-à-dire qu’il faut se connecter à un serveur pour jouer. Attendez, Diablo a toujours été un jeu solo, et quand bien même je veux jouer sur internet avec mes amis, je le fais si j’en ai envie. D’autant plus que si les serveurs ne fonctionnent pas (ce qui a été le cas lors des premières semaines) ou si je suis dans un endroit qui ne capte pas internet, je ne peux pas jouer…

La deuxième annonce concerne un « Hôtel des ventes », en soit rien de révolutionnaire puisque de nombreux jeux multijoueur le proposent. C’est une sorte de marché où les joueurs peuvent revendre ou acheter des objets qu’ils ont trouvé avec l’or qu’ils ont accumulé dans le jeu.

Toi aussi, deviens le roi du pétrole !


Seul problème, Blizzard nous propose une deuxième version avec de l’argent réel !

Pourquoi un tel système est-il dangereux et inacceptable dans un jeu vidéo ?

Premièrement, si un tel système existe dans un jeu, qu’est ce qui empêche d’autres éditeurs de proposer la même chose, en le rendant cette fois-ci obligatoire ? Vous êtes coincé dans un niveau, et le seul moyen de le finir est d’acheter cet objet vendu par l’éditeur.

Deuxièmement, les joueurs ne sont pas bêtes, si vous trouvez un objet puissant que tout le monde recherche, pourquoi le mettre en vente en argent fictif alors qu’il peut vous rapporter de vrais euros ? Le jeu devient donc complètement déséquilibré puisque ceux qui ont de l’argent empochent les objets. Et bien évidemment, sur chaque transaction, achat et vente, Blizzard touche 15%. Multipliez par le nombre de transactions par jour et par mois cela fait un joli pactole.

 Fin du Chapitre II

– Bon bah les mecs au boulot alors se résigna Michel.

Le personnel sorti de la salle de réunion, dépité mais avec des ordres.

Suite et fin dans l’épisode 3

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