« Evil is back ! » La saga Diablo – 3

Après nos chroniques précédentes (1 et 2), il est temps de parler concrètement de Diablo III.
« Enfin ! » diront certains… Oui je vous vois les deux du fond !

Diablo III n’est pas un mauvais jeu, loin de là. Seulement il ne mérite pas de s’appeler Diablo III.

On retrouve toutes les composantes du jeu, l’univers, les personnages, l’ambiance… Mais il manque quelque chose, vous savez ce petit quelque chose qui fait que vous ressentez de l’émotion, un frisson et que vous avez des étoiles dans les yeux quand vous parlez de quelque chose parce que vous y avez mis de votre temps et de la passion. Dans le chapitre précédent j’abordais le fait que beaucoup de jeux se sont simplifiés ces dernières années afin de toucher le plus grand nombre. Cette démocratisation du jeu vidéo est une bonne chose : on a vu apparaître de nouveaux genres comme les Party Game, (« mais il parle quand de Diablo III bordel ! ») et les jeux sur smartphone notamment.

Chapitre III : Retour en Enfer.

[Attention Spoiler : passez ces quelques lignes si vous ne voulez pas que l’intrigue vous soit révélée]

L’histoire commence au moment ou une météorite tombe des cieux sur l’ancienne cathédrale de Tristram (celle du premier Diablo),  et réveille tout les morts du coin. Ni une ni deux votre héros, qui passait par là comme d’habitude décide d’aller voir pourquoi nos amis les morts ne sont plus dans leurs tombes.

Concernant le scénario bancal et le coté prévisible des événements, je pense qu’au bout du troisième épisode il y avait un peu mieux à faire que de nous resservir et les mêmes ingrédients et les mêmes lieux.

Diablo II:

Acte 1 : la région de Tristram (les champs autour, le monastère, des grottes, le village etc…)
Acte 2 : les désert de l’Orient (les déserts, les égoûts, les cavernes, le palais etc…)
Acte 3 : la jungle
Acte 4 : l’Enfer 

Diablo III :

Acte 1 : la région de Tristram (les champs autour, l’ancienne église, des grottes, le village etc…)
Acte 2 : les désert de l’Orient (les déserts, les égoûts, les cavernes, le palais etc…)
Acte 3 : le Mont Arreat (vu dans l’extension de Diablo II)
Acte 4 : les Cieux 

Je comprends le côté hommage du premier acte, mais pour ce qui est du deuxième ? Vous nous prenez pour des jambons ou quoi ? Alors certes, ce n’est pas le même coin du désert, mais faut pas déconner non plus.

Pour ce qui est des personnages, on est bien content de revoir ce bon vieux Deckard Cain, et sa mort est un bon ressort scénaristique pour faire avancer le personnage de Léah. Tiens parlons en de celle-là : au bout de trente minutes de jeu on a déjà compris que c’est la fille de Diablo et que ça va mal se finir pour elle. Non mais franchement, il y avait des moyens un peu plus subtils d’amener ça plutôt que « ma mère était une sorcière, et mon père un grand guerrier qui a disparu juste avant que le village de Tristram ne soit détruit ». Véridique.

Et puis, vers le milieu de l’acte 1, on retrouve ce bon Tyrael (l’ange qui nous aide dans Diablo II), transformé en humain au milieu du fameux cratère laissé par la météorite. Comble de malchance, il ne sait pas ce qu’il fait là, ne sais pas qui il est, et n’a plus aucun souvenir, le seul truc qu’il sait c’est que nous sommes en danger. Grosse intrigue que nous propose Blizzard, cherchons qui peut bien être ce John Doe ?

Hum… Voyons… Deux secondes de réflexion: Que peut bien être un mec qui tombe du ciel ; est encore vivant après sa chute ;  et que toutes les vidéos de présentation du jeu ont mis en avant à outrance ? Bah voila, et tout cela prend au moins 2 heures avant que le bonhomme se souvienne de qui il était.

Je passerai sur les intrigues en mousse et  les fameuses incohérences scénaristiques, comme le fait que on a déjà buté Diablo pour de bon dans le deuxième épisode, mais en fait non car sa pote sorcière a réussi à re-capturer son âme pour la mettre dans une autre pierre avec celles de ses deux frères et d’autres potes a eux, paye la tronche de la Coloc. Bref, un scénario archi prévisible, sauf pour un enfant de 12 ans. Problème ce jeu porte le PEGI 16+

Je suis le Méchant et je veux tuer la gentille !

 

Autre nouvelle importante avec Diablo III, c’est que nos amis démons se mettent à parler pendant le jeu et n’arrêtent pas de piapiater  pour nous dire « Ha, tu as fait échouer mon plan, mais ce n’est pas grave j’en ai un de secours parce que je suis le méchant. Et si tu arrives à déjouer mon plan de secours, et bien j’en ai encore un autre fieffé gredin ». Bon alors, que Bowser dans Mario nous fasse le coup ok, mais là c’est bon on a compris, merci. Peut être qu’un visionnage de Drive avec Ryan Gosling ferait du bien à toute notre petite confrérie démoniaque.

Concrètement, Diablo III souffre d’un manque de profondeur et de ce qui fait l’essence même du jeu : la réflexion.
Quand je parle de « casualisation des jeux » (CF. chapitre précédent) ce n’est pas pour rien. Diablo III est un jeu aux mécanismes simplistes. Plus de répartition des points pour les caractéristiques et les compétences, tout se fait automatiquement, de sorte que Kevin, 14 ans ne se trompe pas et n’a pas à recommencer le jeu, il en va de même des objets qui ont tous la même taille dans votre inventaire… On aura tout vu !  

LOL, oué c kler, sinon c tro naze XD PTDR…… :)))) !!!

Finis donc ces moments où il fallait judicieusement répartir ses points et l’excitation du passage de niveau.
Les objets ramassés ou achetés sont équipables à partir d’un certain niveau seulement et non plus en fonction des points que vous avez judicieusement dépensés pour l’équiper, idem pour les gemmes à incruster dans vos pièces d’équipement, plus de niveau minimal requis.

Les modes de difficultés supérieurs (Mode Cauchemar, Enfer et Armageddon) sont inutiles, ils se résument juste a des monstres avec plus de points de vie et si vous n’avez pas acheté d’objets à l’hôtel des ventes il est très compliqué de progresser.

L’essence du plaisir de loot (des objets qui tombent aléatoirement des monstres vaincus) dans tout ca ? Elle n’est pas dans cet opus, le jeu n’a pas été fait pour ça malheureusement. Vous constaterez très vite que les objets n’ont aucun sens, il vous faudra passer par l’Hôtel des ventes qui est le seul détenteur d’un volume d’objets assez vaste pour vous proposer la possibilité d’un stuff (ensemble des équipements de votre personnage) cohérent. 

En définitive après plus de 85 heures de jeu, trois modes de difficulté finis et quatre personnages différents, Diablo III ne procure plus aucun plaisir, juste un enchainement de clic et de spam de clavier répétitifs, certes indissociables du genre Hack & Slash, mais sans saveur. Aberrant quand on pense que Diablo II est toujours joué douze ans après sa sortie. La seule façon de jouer avec la peur au ventre est le mod « Hardcore », qui propose une mort définitive. Impossible de ressusciter votre personnage s’il se fait tuer, ni de récupérer son équipement et ses pièces d’or. Cela demande du sang froid et vous propose une expérience de jeu différente.

Il y a des points positifs tout même, il serait dommage de finir cette série d’articles sans les évoquer.

Tout d’abord le système Battle.net et la gestion des amis. Un seul clic vous rapproche de vos amis, rejoindre une partie n’a jamais été aussi simple et donc fini la galère pour retrouver ses potes. Le système de progression des quêtes vous met au même niveau que la ou les personne(s) que vous rejoignez, c’est malin.

Graphiquement, c’est une totale réussite. Le jeu n’est pas à la pointe du Next-Gen, mais il propose une très belle photographie, les rendus intérieurs sont assez chiadés et on prend plaisir à s’arrêter sur les petits détails de chaque endroit. La gestion des lumières propose de belles ambiances, et nul besoin d’avoir une configuration de gamer professionnel pour faire tourner le jeu.

Les animations des personnages sont très réussies, le doublage français est impeccable également. Les cinématiques sont toujours d’une grande qualité entre chaque acte et le plaisir de l’œil est là. Les compagnons s’affirment durant votre périple et ne sont pas que de simple PNJ (Personnages Non Joueurs), on en vient à s’attacher à eux. Quand à la musique rien à redire dessus, les thèmes varient en fonction des lieux ce qui permet d’être dans l’ambiance.

Les hauts faits font leur apparition dans Diablo III. Ce sont de petits défis à faire en jeu comme « parler avec tous les marchands », « tuer des monstres d’une certaine façon » etc. Ils sont légions et bon nombre demandent du temps pour être débloqués, ce qui rajoute un petit challenge, mais rien de bien méchant non plus.

Génial, tu es level 60! Oui ça s’arrête la.

En conclusion, je dirais que Diablo III est un jeu typique de ces dernières années, se contentant d’offrir une expérience de jeu basique ne révolutionnant rien, dommage quand on sait tout ce que les jeux Blizzard ont apporté de novateur à l’industrie du jeu vidéo. La bombe annoncée n’est qu’un pétard mouillé et c’est frustrant.

En fait Diablo III c’est comme un gâteau sans sucre, ce n’est pas mauvais mais il manque quelque chose d’essentiel qui lui donne toute sa saveur et fait pétiller les papilles, ce petit truc qui vous en fait reprendre une part….

Nul doute qu’il sera boudé par bon nombre de fan d’ici quelques semaines, à moins que Blizzard ne réagisse en proposant des correctifs et des patchs intelligents en attendant la première extension qui proposera un nouveau contenu.

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