Expos britanniques au Bal (Paris 18ème)

« What happened- Great Britain 1970 -1990 »  photos de Chris Killip  et « The girl chewing gum » (1976) court-métrage de John Smith.

© Chris Killip, Le mur du grand amour, centre-ville de Gateshead, Tyneside, 1975

 

 Nous sommes plusieurs bibliothécaires à avoir été jeter un œil à ces très belles photos et à ce court-métrage, nous ne pouvons vous conseiller qu’une seule chose :
COURREZ VITE AU BAL AVANT LE DIMANCHE 19 AOÛT, date à laquelle l’exposition s’achève (c’est déjà la semaine prochaine !) .

Un petit mot sur le BAL tout d’abord, lieu ouvert il y a peu dans le 18ème arrondissement dédié à l’image et à la photographie contemporaines dans une ancienne salle de bal. Je vous invite à consulter leur site pour en savoir plus.

Ils présentent actuellement un cycle britannique (« Looking at Britain ») avec plusieurs expositions et projections cinématographiques consacrées à des artistes majeurs en Grande-Bretagne.

Celles en cours présentent des photos de Chris Killip et un court métrage de John Smith.

Mon ressenti :

Autant je suis passée à côté du court métrage, autant les photos de Chris Killip ont su me parler et me toucher. Ce sont des photos au plus près des gens. Chris Killip explique lui-même qu’il a passé des semaines avec les personnes photographiées, certaines étaient même des amis. Il nous montre une Angleterre différente de celle qu’on a en tête, une Angleterre des laissés pour compte et des marginaux. On peut y voir l’homme de la rue, les punks, des enfants travaillant dans des conditions difficiles, etc. Il dresse ainsi le portrait de toute une époque, le portrait d’un pays en crise.

Le ressenti de Pierric :

On est tout de suite happé par la puissance des photos de Chris Killip et par la dureté des années Tatcher qu’elles ont su capturer. On perçoit à la fois la rudesse du bâti (cités ouvrières délabrées en cours de démolition) ; celle du milieu ambiant (les plages anglaises, battues par les vagues et le vent, dont la froideur est accentuée par le Noir & Blanc) et celle des personnages (punks en plein concert; ouvriers semblant sortir d’une série de Dorothea Lange ou d’un roman de Dickens).

Et pourtant, en dépit de ces conditions sociales déplorables, on pourrait presque dire « Y’a d’la joie!! » après avoir vu l’exposition.

L’attachement manifeste de l’artiste pour ceux qu’il photographie transparaît dans chaque cliché, mais n’explique pas à lui seul cette impression. Il y a aussi la fierté de ceux qui posent endimanchés, la provoc’ de ceux que Chris Killip prend sur le vif en train de s’éclater ou juste après. Il y a par exemple de très beaux et très drôles « dormeurs » photographiés soit au lendemain d’une beuverie soit pendant une sieste sinon méritée du moins nécessaire ! Et puis enfin, il y a la fierté (voire la combativité) de chaque personnage.

Tous ces clichés m’ont fortement fait penser à ce que Ken Loach réalise dans ses films:  refléter des situations sociales difficiles sans sombrer dans le désespoir ou la hargne mais bien au contraire en rendant visible certains moments d’émotion (ou de repos) intenses. Tellement intenses qu’ils en deviennent magnifiques.

Le film de John Smith quant à lui est tout entier un exercice de style je pense, une sorte de vaste blague très « punk » dans l’esprit (il m’a semblé). Une caméra est posée dans une rue passante, tandis que la voix OFF du narrateur affirme se trouver à plusieurs miles de là, au milieu des champs. Il commente l’irruption des passant dans le champ de la caméra en ville en attribuant à chacun une biographie (fictive?) de braqueur de banque ayant tout juste accompli son méfait ou de garnement… Cinéma vérité ou bien canular ?

On vous laisse en juger par vous mêmes !

Si vous avez le temps (et la chance) de pouvoir y aller, vous ne le regretterez pas.

Pour en savoir plus sur l’expo

Pour en savoir plus sur Chris Killip :
Entretien avec Chris Killip sur France Culture

Pour en savoir plus sur John Smith (qui a beaucoup d’homonymes !):
Une analyse d’Alter-Réalités: la revue des images en mouvement.

Pour aller plus loin:

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