Le marché du jeu vidéo d’occasion

En lisant cet article sur la dématérialisation des jeux et le Cloud gaming, je me suis posé la question suivante :

Que devient le marché du jeu d’occasion ?


Allez, on fait tourner la roue du temps et on revient  quelques années en arrière.

Il y a bien longtemps, à l’époque des écrans à tube cathodique et des souris à boule, je rentrais chez moi tout frétillant de mon nouvel achat et prêt à en découdre sur mon ordinateur avec le moindre ennemi barrant ma progression dans mon nouveau passe-temps favori. Mais il y avait quelque chose de bien plus frustrant à l’époque…
N’ayant pas un portefeuille extensible, je devais me réfréner dans mes achats. Monde cruel que voilà ! Comment faire alors pour pouvoir jouer à tous les titres sortis durant le trimestre ?

Le lendemain matin, ma boite BN dans la poche et mon cartable Batman sur le dos, je me rendais à l’école bien décidé à trouver une solution à cet épineux problème.

Cour de récré – Extérieur Jour.

La scène se déroule autour d’une partie de POG.

– Les mecs, l’heure est grave, qui me prête le dernier Duke Nukem ?

– Ok, mais en échange tu me prêtes Warcraft II…

– Vendu, l’échange se fera dans 2 jours, le temps que je demande les autorisations parentales nécessaires.

– Cool, j’te pique un BN !

Et l’histoire se répéta de nombreuses fois, à tel point que nous faisions presque exprès de ne pas acheter les mêmes jeux pour pouvoir se les prêter régulièrement. Les années passèrent, puis un jour, nous avons découvert les revendeurs d’occasion. Le MUST pour un joueur non fortuné voulant découvrir les dernières sorties à bas prix.  Chez « Prix Bas » les prix sont bas !

Durant de nombreuses années nous avons donc pu nous fournir chez les revendeurs sans souci. La vie était (presque) belle.

Et puis un jour a débarqué le concept « un jeu=une licence=un compte ». Les éditeurs ont commencé à implanter toute sorte de restrictions sur les jeux, allant du simple DRM aux validations d’une clé par internet en passant par la connexion à internet obligatoire, dernier fer de lance des éditeurs qui ne jurent que par cet immonde procédé avec le fabuleux prétexte « anti-piratage ».  Il s’agit donc bien d’une sale excuse pour enrayer le marché de l’occasion puisque les titres se retrouvent tous généralement chez votre fidèle fournisseur de Torrent habituel quelques jours plus tard. D’ailleurs les possesseurs de copies piratées sont généralement moins ennuyés que les autres puisqu’ils n’ont pas plusieurs lourdes et pénibles étapes de sécurisation à franchir (« Windobe Live », Steam, Origins et j’en passe…), donc l’argument de la sécurité ne tient pas.

A quoi est-ce que cela nous mène ?

Le jeu dématérialisé a pris son envol, il représente actuellement 35 % du marché, tandis que les ventes de jeux physiques ont reculé elles de 16% (source), il ne faut pas se leurrer : l’avenir du jeu vidéo est là.
L’émergence du free to play pousse les gros éditeurs à s’adapter pour pouvoir survivre sur le long terme, malheureusement c’est encore nous, joueurs et consommateurs qui payons les frais de tout ceci, puisque généralement les titres vendus en ligne sont presque au même prix qu’en version boîte. Aberrant !

La mutation du marché d’occasion est peut-être déjà en marche, puisque un récent décret de la cour de justice européenne décrète que « lorsqu’un ayant-droit délivre à un consommateur une copie – tangible ou non – et conclut dans le même temps, en contrepartie d’un paiement, un contrat de licence donnant au consommateur le droit d’utiliser cette copie pour une période illimitée, cet ayant droit vend la copie au consommateur et épuise donc son droit exclusif de distribution. Une telle transaction implique un transfert de droit de propriété sur la copie. En conséquence, même si la licence interdit un futur transfert de droit, l’ayant droit ne peut plus s’opposer à la revente de cette copie ».

Cette décision va sûrement changer beaucoup de choses et imposer aux éditeurs une nouvelle façon de vendre leurs titres, en attendant le prochain rebondissement….

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