Élise, libraire au Rideau Rouge (Paris 18ème)

Nous donnerons régulièrement la parole aux Pajoliens sur ce blog.  Voici donc notre deuxième portrait, celui d’Élise qui s’occupe, en tandem avec Anaïs Massola, de la librairie Le Rideau Rouge. 

Entrée de la librairie « Le Rideau Rouge »

Qui êtes-vous et depuis quand fréquentez-vous ce quartier ?

Élise, libraire au Rideau Rouge depuis tout juste 4 mois. J’y suis arrivée deux mois avant le grand déménagement qui nous a fait passer de la rue Riquet à notre nouveau local au 72 rue de Torcy. Il y a quatre ans, j’avais déjà travaillé pour Anaïs, dans l’ancien local de la librairie (rue Riquet), pendant à peu près 6 mois.

 Quelles sont les particularités de la librairie du Rideau Rouge?

C’est une librairie véritablement de quartier je pense, qui touche le public « d’ici » (NDLR : on s’en rend compte en lisant cet article du blog ParisLaChapelle sur la librairie). C’est-à-dire les gens qui vivent entre les stations de métro Marx Dormoy et La Chapelle, et peut-être (un peu) jusqu’à Marcadet-Poissonniers. On a la volonté d’être généraliste avec une offre de qualité et pointue sur certains domaines (notamment les essais). Nous tenons à avoir une politique d’ouverture sur le monde, avec un axe fort porté sur la littérature étrangère et francophone.

D’ailleurs Anaïs est un membre actif de l’Association Internationale des Libraires Francophones (AILF) qui vise à développer l’entraide et les partenariats entre libraires de pays différents. En 2013, nous allons attaquer une phase de développement de partenariats actifs (notamment au Maghreb), pour partager des sélections et des coups de coeur par exemple.

Auparavant nous allons développer notre offre de livres en Version Originale: dès septembre nous proposerons des livres en anglais et en espagnol et à partir d’octobre des ouvrages en allemand et en italien. Plus tard on espère pouvoir proposer des livres en arabe et en chinois.

Qu’est ce qui a changé avec le nouveau local rue de Torcy?

Eh bien il reflète la volonté de faire de la librairie un espace de sociabilité très vivant. On a pu créer un fonds musical, augmenter le nombre de DVD proposés. Et puis surtout il y a la cave  qui est complètement dédiée aux animations. Il peut s’agir de faire venir des auteurs, d’expositions de photos ou encore de représentations de théâtre!

Par exemple, sur les prochains mois nous programmons à la librairie:

Qu’est-ce que ce quartier a de particulier pour vous?

C’est l’un des derniers quartiers de Paris, je pense, qui soit VRAIMENT mixte socialement et culturellement, ce qui représente une chance incroyable. Il y a plus de 70 nationalités différentes à l’école primaire juste à côté (l’école Guadeloupe, dans la rue du même nom).

Pouvez-vous nous parler de ce qui s’y passe ?

Ce qui est super c’est que c’est un quartier encore en « friche », ce qui n’est pas du tout péjoratif : ça stimule la créativité et dynamise les projets associatifs. Le maillage de structures associatives ou communautaires (au sens de regroupements autour d’un projet commun) est très dense dans le quartier. Ce sont ces groupes et ces associations qui l’animent.

Quel est le point fort du quartier ?

L’atmosphère de chantier perpétuel du quartier le rend particulièrement vivant. Il y a sans cesse de nouvelles réhabilitations – celle du marché a fait beaucoup de bien au quartier par exemple. De plus, tous les immeubles en travaux sont aménagés avec un souci de mixité sociale (construction de HLM), ce qui est appréciable.

Quel est son point faible ?

Il est coupé du reste de Paris, surtout en ce moment avec la fermeture pour un mois de la station La Chapelle (ligne 2, accès au RER B) ET EN MÊME TEMPS de la station Marx Dormoy (la ligne 12 entre Jules Joffrin et le terminus Porte de La Chapelle était fermée). Les bus mis en place en remplacement ne suffisent pas à compenser cette situation. (NDLR:  l’interview a eu lieu début août 2012)

Votre meilleur souvenir ici ?

L’atmosphère communautaire du chantier pour l’installation dans le nouveau local. Les habitants du quartier ont activement participé pendant deux mois aux travaux et leur apport généreux à notre déménagement est un souvenir inoubliable.

Votre pire expérience ?

Le quartier est plutôt désert le soir et c’est vraiment dommage que la vie nocturne ne soit pas plus animée. C’est embêtant car on peut rapidement se sentir isolé(e) dès qu’il fait nuit.

Quel est le lieu que vous préférez dans la journée ?

Évidemment c’est la librairie ! j’y suis tout le temps !

Mais sinon, quand j’ai le temps de me balader, c’est le marché de l’Olive et la rue du même nom avec tous ses commerces et bistrots.

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Le marché de l’Olive (75018) ©Mbzt

Quel est le lieu du quartier que vous préférez le soir ?

Le restaurant Eden Flower, rue de l’Olive, et le tout nouveau bar « les Populettes », rue Riquet, où les gérantes ont fait un super boulot pour l’ouverture.

Comment imaginez-vous le quartier dans les années à venir ?

J’espère qu’il restera toujours aussi mélangé et dynamique mais du coup, c’est quasiment impossible de se projeter pour savoir à quoi il ressemblera.

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