L’Inde dans les collections de la bibli ! (épisode 1)

Dans un articles très intéressant, la revue Hommes et Migration souligne à quel point l’Île de France est une région d’accueil privilégiée pour les populations indiennes et pakistanaises. Le nord de Paris est particulièrement concerné par ce phénomène (et notamment les quartiers de La Chapelle et de Gare du Nord). Les rédacteur de l’article soulignent que même si la diaspora indo-pakistanaise est rendue « reconnaissable » par quelques traits distinctifs, ces populations restent globalement assez mal connues.

Fête de Ganesh dans le XVIIIe arrondissement (2007)

La bibliothèque Václav Havel, située au cœur du quartier La Chapelle (75018) aura, nous l’espérons, à répondre aux attentes d’une partie de cette population originaire d’Inde et du Pakistan. C’est pourquoi nous nous sommes dit qu’il serait intéressant de proposer à nos futurs usagers des livres d’auteurs indiens. Cette production littéraire foisonnante  témoigne de la richesse de la littérature de cette région du monde.

« Du vendeur de fleurs noctambule au restaurateur, de l’entrepreneur moderne au petit commerçant, ils s’inscrivent par petites touches dans notre quotidien urbain, depuis une trentaine d’années. Pourtant, les populations d’origine indienne, mosaïque complexe, restent largement méconnues. »

Voici donc un petit panorama des auteurs indiens dont la bibliothèque proposera des ouvrages, dès l’ouverture:

N’hésitez pas à nous en suggérer d’autres !

 

Anita-nair-portrait-wikipedia

Anita Nair

Anita Nair :  « Originaire du Kerala, après une enfance passée à Madras, Anita Nair voyage en Angleterre et aux Etats-Unis, avant de s’installer à Bangalore. L’anglais est sa première langue, mais elle parle aussi 4 langues indiennes. Découverte par un petit éditeur en 1997, elle est depuis publiée dans toute l’Europe et aux Etats-Unis ». (source Babelio.com)

« Ne deviens pas une de ces femmes qui se soignent pour séduire. La seule personne à qui tu dois plaire, c’est toi. Quand tu te regardes dans la glace, c’est à toi que ton reflet doit plaire. »

L’interprète des maladies

Jhumpa Lahiri : Elle a reçu le prix Pulitzer pour l’ouvrage L’Interprète des Maladies. Ses nouvelles ont pour point commun de mettre en scène des Indiens expatriés. Elle décrit le rapport à la tradition, au pays natal comme source de faille (souvent) ou de force (parfois). Ce sont les histoires d’immigrés cherchant leur place dans leur pays d’accueil (où ils n’ont pas leurs repères et peuvent se sentir « observés ») et par rapport à leur pays d’origine (à distance avec ceux restés au pays ou lors d’une visite touristique).

Tarun Tejpal

Tarun Tejpal : Né en 1963, Tarun Tejpal est un écrivain, éditeur et journaliste d’investigation célèbre en Inde. Après des études d’économie à Chandigarh, il a travaillé en tant que journaliste pour les hebdomadaires India Today et Outlook. En 2000, il crée Tehelka.com, magazine en ligne dans lequel est exposé au grand jour un cas de corruption qui entraîne la démission du ministre de la Défense. Il fonda également avec Sanjeev Saith la maison d’édition IndiaInk, où furent publié les premiers livres d’Arundathi Roy. Tarun Tejpal s’est tourné voici quelques années vers la fiction, avec notamment Loin de Chandigarh qui a rencontré un succès mondial.

 

Arundhati Roy

Arundhati Roy

Arundhati Roy: Romancière très engagée, comme en témoignent sa biographie et cet entretien réalisé en 2011 pour le Nouvel Obs, Arundhati Roy est née en 1961 dans l’Etat du Meghalaya d’un père hindou, planteur de thé et d’une mère chrétienne, Mary Roy, qui s’est rendue célèbre dans son pays pour avoir fait changer en faveur des femmes la loi sur le partage des biens, lors de son divorce.

En 1992, elle commence l’écriture de son premier livre : Le Dieu des Petits Riens. L’ouvrage est publié en anglais en 1996 et reçoit le Booker Prize (équivalent britannique du Prix Goncourt) en 1997. A présent best seller international, il a été traduit en plus de 30 langues. Le Dieu des Petits Riens a fait l’objet de violentes controverses et Arundhati Roy a été poursuivie en justice dans son pays pour obscénité et atteinte à la morale publique.

Son deuxième ouvrage Le coût de la vie (1999) regroupe deux essais. Le premier, Pour le bien commun, analyse et condamne la politique indienne des grands barrages, selon elle, le plus grand désastre écologique et humain programmé de l’Inde. Le second, La fin de l’imagination, est un pamphlet contre l’arme atomique. Dans son dernier livre, Ben Laden, secret de famille de l’Amérique, paru en 2001 chez Gallimard, elle s’attaque à la politique de l’administration Bush et à Ben Laden « ce vieil acolyte de la CIA ». Vous pouvez trouver sur le site du Monde diplomatique des articles d’Arundhati Roy traduits en français, notamment Assiéger l’empire et Les périls du tout-humanitaire.

« Alors que nous débattons encore pour savoir s’il y a une vie après la mort, je propose que l’on rajoute une nouvelle question à la liste : y a-t-il une vie après la démocratie ? Si oui, de quelle vie s’agit-il ? »

(Extrait du discours inaugural du festival de littérature de Berlin, prononcé le 9 septembre 2009.)

Les livres de ces 4 auteurs indiens seront à la bibliothèque (voici la liste des ouvrages que nous avons déjà commandés) :

En attendant, ils sont tous déjà disponibles dans le réseau des bibliothèques de la ville de Paris.

– Arundhati Roy, Le Dieu des Petits Riens

– Jhumpa Lahiri, Un nom pour un autre

– Jhumpa Lahiri, Sur une terre étrangère

– Anita Nair, Compartiment pour dames

– Anita Nair, Un homme meilleur

– Anita Nair, Les neuf visages du cœur

– Tarun Tejpal, Loin de Chandigarh

– Tarun Tejpal, L’histoire de mes assassins

Bonne lecture. N’hésitez pas à nous faire parvenir votre avis sur ces auteurs, ces livres ou sur la littérature indienne en général ! Nous attendons vos commentaires ! 

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5 réflexions au sujet de « L’Inde dans les collections de la bibli ! (épisode 1) »

  1. Ce billet nous apprend beaucoup de choses intéressantes sur les différents auteurs indiens cités. Ce que je trouve encore mieux, c’est que tous ces ouvrages seront disponibles à la bibliothèque Vaclav Havel. Pour ma part, j’en ai lu quelques uns et j’avoue que mon préféré reste « Un nom pour un autre » de Jhumpa Lahiri et adapté ensuite par Mira Nair au cinéma. Etant moi-même d’origine indienne (mes parents vivent toujours en Inde) je me retrouve dans le personnage de Gogol qui est tiraillé entre deux cultures.
    Merci donc aux « Vaclav Havéliens » de m’avoir permis de lire ce livre et d’en lire d’autres pour appréhender cette culture que je connais en partie !!

    • La bibliothèque proposera beaucoup d’autres livres écrits par des auteurs indiens, ce qui devrait faire l’objet d’un deuxième article, dans quelques semaines !

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