Quand Jacques Gamblin fait revivre Romain Gary

Jacques Gamblin lit Romain Gary au 104

On pourrait penser que la lecture d’un auteur serait ennuyeuse, mais quand c’est Jacques Gamblin qui lit des textes de Romain Gary, ça devient un moment précieux, hors du temps.

 Jacques Gamblin reprend au 104 (après son succès l’année dernière) la lecture de La nuit sera calme, un recueil d’entretiens fictifs (Gary se pose lui-même des questions), publié en 1974, quelques années avant que Gary ne mette fin à ses jours (en 1980).

Jacques Gamblin a choisi de lire ce texte, «parce que cette écriture a de la verve. Parce qu’elle a du ventre, de l’engagement et de la force. Et parce que bien sûr elle a du charme et de l’humour, toujours de l’humour derrière la colère.» et il a su en extraire les passages intemporels (la totalité du texte ayant un peu vieilli) et qui permettent d’avoir un condensé de l’homme qu’était Gary.

Dans cet entretien engagé tout à la fois politique et intime, Gary nous confie sa vision du monde, une vision humaniste, féministe, juste et si sensible et utopiste. On le découvre tour à tour émouvant lorsqu’il évoque sa mère, son premier amour, ses souvenirs de guerre ou les femmes en général, et aussi revendicateur, colérique voire même rageur lorsqu’il dénonce l’immobilisme des Nations-Unies ou lorsqu’il analyse le monde politique, avec des idées tellement modernes (la consommation à outrance, la vision uniquement « court-termiste » des politiques) qu’on aimerait qu’il soit encore là pour nous réveiller avec la force de ses mots.

Mais surtout, au delà de l’émotion pure, il y a cet humour et cette façon de raconter les histoires qui encore une fois prend toute sa force en étant jouée (magnifiquement) par Jacques Gamblin. J’ai vraiment cru entendre Gary…

Je suis sortie complètement « tourneboulée » par ce moment passé en la compagnie de ces 2 hommes, l’émotion au bord des lèvres, avec l’envie de me replonger dans les mots de Gary tout de suite. Un grand merci à Gamblin d’avoir choisi cet auteur et ce texte si fort mais surtout d’avoir su si bien l’interpréter et ainsi rendre hommage à l’homme qu’était Romain Gary et à ses idées.

C’est donc au 104, du 10 au 14 novembre.

 

Share

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *