À nous les nuits blanches!

 

Oui, c’est les vacances et, non, vous n’êtes pas pour autant tenus de ne lire que du divertissant, du facile qui ne mobiliserait que le peu de neurones qui n’auraient pas fondus comme glace au soleil comme tous les médias semblent nous y inviter.

Mais, mais, mais, en vacances, on a plus de temps, et, surtout, on peut se coucher plus tard.

Ah, ces moments délicieux où les heures ne nous sont pas comptées, où on peut prolonger la lecture, encore un peu, pour savoir si, enfin, elle va oser lui avouer, si, oui ou non, il va trouver le tueur, si, malgré tout, elle va survire, si, finalement, ils vont se retrouver.  Parfois, le suspens est insoutenable au point de se relever, se faire un café pour tenir le coup, continuer et ignorer le petit jour qui point.

Puisque que pendant ces semaines d’été nous pouvons nous y livrer et éviter ensuite ces matins sombres où vos collègues vous accueillent avec un « t’as l’air crevé toi » voici quelques conseils de lecture qui vous feront perdre la notion du temps.

 

 Dix neuf secondes, Pierre Charras Gallimard 2005

Comment raconter dix neuf secondes en 150 pages ? Dans un compte à rebours incroyable, Pierre Charras ne nous laisse aucun répit. En compagnie de plusieurs voyageurs du RER, de Sandrine et Gabriel en particulier, depuis Nation, un trajet et une fin qui valent bien quelques heures de sommeil en moins. Bon, le seul risque, c’est que vous ne puissiez plus vraiment prendre les transports ensuite sans y penser, à vous de voir.

 

 

On ne s’endort jamais seul, René Frégni Gallimard 2002

Pas étonnant que ce marseillais de cœur, grand ami de Jean Claude Izzo, ex détenu et animateur d’atelier d’écriture à la prison des Baumettes, manie si bien l’évasion. Vous suivrez Antoine dans une quête haletante et émouvante. Comme dans chacun de ses romans, avec tendresse, Frégni nous livre des personnages dont vous vous rappellerez longtemps et non, vous ne vous endormirez pas seul, mais tard, certainement.

 

 

La Religion,Tim Willocks Sonatine 2009

Quoi ? Un roman historique, qui se passe en 1565 et qui me donnerait envie de veiller jusqu’au petit matin ? Ça doit être une erreur, ça ressemble plus à un bon vieux pavé somnifère, non ?  Pas du tout. Cet ébouriffant (et, dans mon cas, je vous assure, ça prend tout son sens…) auteur britannique nous entraine dans une intrigue sombre et passionnée où, en plus, on apprend tout un tas de choses sur les guerres saintes et les chevaliers de l’ordre de Malte. C’est vrai, c’est long, donc il vaut mieux s’organiser : commencer à l’heure de l’apéro, faire une pause avec un repas plein de sucres lents et prévoir éventuellement une petite lumière ou un doudou pour ne pas risquer à certains passages de mourir de trouille. Et la bonne nouvelle c’est que c’est une trilogie et que les aventures de Matthias Tanhauser ne sont pas finies !

 

 

Orgueils et Préjugés, Jane Austen Gallimard 2007

Là, pareil. Vous vous dites : que vient faire ce grand classique de la littérature anglaise dans cet article ? Et pourtant, pour moi, c’est LE livre qu’on ne peut lâcher avant la fin. Du rire, des larmes, des rebondissements et surtout une héroïne qui n’a rien à envier à Lisbeth Salander (Millenium) ou Teresa Mendoza (La Reine du Sud). Acerbe et sans pitié, la critique que fait Jane Austen de la société hypocrite et figée de son temps est d’une modernité étonnante

 

 

Vous l’aurez remarqué, ni flics, ni meurtres, ni enquêtes. Pour ces livres là, vous pouvez compter sur les bons conseils de nos collègues du comité polar.

Vous trouverez bien sur tous ces documents dans les bibliothèques du réseau de la Ville de Paris et bientôt sur nos rayonnages, en espérant que ces quelques suggestions vous plairont et que vous ne nous en voudrez pas trop pour les cernes.

Et vous, votre meilleur souvenir de livre lu en une nuit sans pouvoir vous arrêter?

Florence

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4 réflexions au sujet de « À nous les nuits blanches! »

  1. « Voyage au bout de la nuit » de Louis-Ferdinand Céline, un souvenir mémorable ! Atteint de fièvre, j’avais dévoré l’ouvrage, lui aussi enfiévré, en deux nuits entrecoupées d’un sommeil de marin. Un titre qui prédestine !

  2. « Racines », de Alex Haley…
    Et sinon, quand aura-t-on le plaisir de voir vos livres autrement que par la fenêtre ? (nous sommes voisins de travail)

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