Club des lecteurs, acte 1 scène 1 : le Vietnam

PicMonkey Collage

 

 

Acte 1

Ahmed, Sylvie, Raymonde et Marguerite entrent sur le plateau. Café, thé et madeleines les attendent à coté du divan, ainsi que Caroline et Lisal, qui s’interrogent encore sur l’horaire communiqué…

Scène 1 : les protagonistes papotent en attendant un cinquième comparse. S. aborde son dernier coup de cœur Beaux seins belles fesses, de Mo Yan (prix Nobel de Littérature 2012). Pléthore de descriptions et de poésie ; témoignage sur l’évolution chinoise tout en parlant de valeurs « universelles » (valeurs, faiblesses humaines, amour…)

Scène 2 : Caroline présente le club des lecteurs : rendez vous mensuel hors vacances scolaires, de 10h à 11h30, avec alternativement une séance thématique et une séance de présentation de coups de cœur. Prochaine séance le 15 février. Cette séance-ci, le Vietnam est à l’honneur en écho à l’année croisée France-Vietnam. La sélection :

  • Vietnamerica, GB Tran. Cette bande dessinée reprend un thème récurrent quand il s’agit du Vietnam : l’histoire d’un retour au pays, à l’occasion du décès de la grand-mère du narrateur, à peine connue. La lecture n’est pas aisée : beaucoup de flash-back et un dessin qui n’a pas toujours plu.
  • Un barrage contre le Pacifique, M. Duras. Deux phrases et puis s’en vont… Nous apprenons que la maison où vécut l’auteure est aujourd’hui un lieu de tourisme.

A cet instant Marie-Florence, la cinquième comparse, fait son entrée. Après quelques tergiversations sur l’horaire, elle s’installe et suit la présentation.

  • Ru, Kim Thuy. Ru est le récit dans le désordre des souvenirs de l’auteur : l’enfance dorée, l’arrivée du communisme, le départ de la famille, le camp de réfugiés en Malaisie, l’arrivée au Québec. Le texte est très poétique, l’écriture d’une grande justesse.
  • La double vie d’Anna Song, Minh Tran Huy. Anna Song, pianiste de génie, grandit dans le mythe de l’histoire de sa famille vietnamienne. Le roman s’ouvre sur son décès. Alternent alors deux récits : les coupures de journaux faisant part de la notoriété grandissante de la pianiste ; l’histoire de l’amour inconditionnel unissant Anna Song et Paul Desroches, ami d’enfance et producteur.
  • L’ombre du prince, Tran-Nhut. Grand classique policier. Roman historique situé durant la période impériale. Une langue très facile et très drôle.  
  • Itinéraire d’enfance, Duong Thu Huong. Années 50 ? Ou juste après la guerre ? Deux petites filles qui traversent le pays du sud vers le nord pour rejoindre le père soldat de Bê. Très belles descriptions du pays, des paysages, du peuple, avec des personnages particulièrement attachants. Malgré un grand réalisme dans la description du monde rural, l’atmosphère se rapproche du conte… Sans hésiter le coup de cœur de C ! Des précisions sont apportées par les uns et les autres sur la biographie de l’auteure : une mi-li-tante ! Duong décrit les choses « de l’intérieur ». Le système en a fait « l’écrivain vietnamien contemporain », mais cette façon d’ériger une parole a le défaut d’en faire taire d’autres…

 Acte 2

Scène 1 : dans l’élan, M-F nous parle de ses lectures :

  • Une si jolie petite guerre : Saigon 1961-63, Marcelino Truong : qui permet de voir le conflit de l’intérieur (disponible dans les bibliothèques)
  • Partitions silencieuses, Ea Sola : un peu difficile, comme Ru…
  • Le chagrin de la guerre, Boa Ninh : période de la guerre et de l’après-guerre… Et après, comment vit-on ? Aborde la question du mal de vivre et de la difficulté à s’adapter pour ceux qui ont vécu la guerre, quand la nouvelle génération, elle, veut oublier !… (disponible dans les bibliothèques)

Scène 2 : S’ensuit une discussion à bâtons rompus sur le Vietnam d’aujourd’hui (nous avons la chance d’avoir de vraies expertes en la matière) le consumérisme, la censure, la présence des anciens boat people dans l’économie par l’intermédiaire des joint venture (nous aussi on ne connaissait pas), la relation à la Chine toute proche.

Scène 3 : Nous abordons Peste et choléra de Patrick Deville (au 2è étage, cote DEV) (sur la vie du bactériologiste Alexandre Yersin), La route Mandarine de Jacques Soustelle (très bien écrit, découverte du Vietnam). Une présentation nous fait frémir : Un général à la retraite, de Huy Tiêp (disponible dans les bibliothèques) qui décrit le cynisme de la société contemporaine. Un général se rend compte que sa fille nourrit ses cochons avec des fœtus d’enfants avortés. Ce livre parle de la perte des valeurs,  décrit une nouvelle génération très dure, extrêmement pragmatique. L’auteur est reconnu au Vietnam, ses thématiques sont proches de l’actualité, des phénomènes de société…

Et nous approcherons ainsi du dénouement en évoquant la place de la femme dans la société vietnamienne, « pas si impuissante que ça », un pilier de la maison, travaillant souvent toute la journée. Au Vietnam la famille est très solidaire, et élargie, tout le monde travaille, il y a par conséquent beaucoup de petits boulots, dans un pays où seuls les fonctionnaires semblent avoir droit à une retraite. « Travailler comme un jeu », nous dit M-F… Ça laisse pensif !

Merci pour ce voyage littéraire !

Mais au fond tout ceci n’était que le premier acte du club…  Deuxième acte le 15 février à 10h pour une séance coups de cœur !

 

 

petitdéj

 

LisaL

 

Sur le même sujet, voir aussi l’article de Delphine sur deux des romans vietnamiens présentés au Club des Lecteurs.

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