La Cloche de détresse

 La Cloche de détresse de Sylvia Plath s’attache aux pas d’Esther Greenwood, étudiante intelligente et volontaire, mais dont la clairvoyance confine à la douleur. Lauréate d’un concours littéraire, elle est invitée pour un mois à New York, où d’événements mondains en soirées obscures, elle prend conscience qu’elle ne se sent liée à rien. Son sens de l’observation, aiguisé comme un couteau, ne lui fait que plus cruellement sentir sa distance avec le monde. « Mon verre était humide et triste. À chaque gorgée je lui trouvais un peu plus le goût d’eau morte. »

À son retour de New York, lire, écrire, aimer lui deviennent bientôt impossible. Étouffée par le paradoxe de vivre sans rien ressentir, Esther renonce peu à peu, séparée de la vie par les parois d’une cloche de verre. Elle ne poursuivra pas ses études. Elle n’épousera pas l’insipide jeune médecin qu’elle fréquentait. Le détachement d’Esther est tel qu’il confère un humour noir à son récit et ses souvenirs : mourir devient aussi banal qu’aller faire ses courses.

 

D’inspiration autobiographique, La Cloche de détresse est une plongée dans l’esprit furieux d’une jeune femme que l’exigence et la sensibilité terrassent. Du premier rendez-vous chez un psychiatre de pacotille à l’hospitalisation, la poétesse Sylvia Plath progresse au scalpel, mêlant images à la beauté de glace et inspection féroce d’une existence qui s’étiole.

Publié en 1963, ce texte est toujours un choc.

 

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