La rentrée du club des lecteurs

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Sur les bancs de la salle Allegro, on se dispute les meilleures places. Ils sont venus nombreux pour raconter le meilleur de leurs lectures d’été. Nous retrouvons deux fidèles clubistes et rencontrons avec plaisir cinq nouvelles recrues. Rapide tour de table où chacun se présente en dégustant les DEUX gâteaux faits maison (et oui on est gâté quand on participe au Club des lecteurs ! ).

Sylvie ouvre la discussion et nous présente sa dernière lecture de Mo Yan : Le chantier, une lecture très raide qui raconte l’ineptie de la vie des gens qui vivent sous contrôle. On y construit une route hypothétique dont personne ne sait où elle va aller… Son deuxième coup de cœur de l’été ? Les noirs et les rouges d’Alberto Garlini, un « super, super livre » qui se passe pendant les années de plomb, cette période cruciale de l’histoire italienne récente. On y découvre l’imbrication entre le politique, la mafia et les services secrets. Une troisième suggestion de lecture : Le chapiteau vert de Ludmila Oulitskaïa. L’auteur est une ancienne médecin biologiste qui raconte la vie sous le régime soviétique. Dans ce texte, s’enchevêtrent les destins de trois personnes qui vivent dans 10m² et qui, à l’âge adulte, deviendront des dissidents réussissant à faire sortir d’URSS notamment le Docteur Jivago. Ce livre montre comment malgré la chape de plomb, les gens continuent à vivre, à aimer. C’est un livre chaleureux et c’est une mine d’informations. Emmanuel rebondit sur ce dernier titre et cite Vie et destin de Vassili Grossman, le film Le concert de Radu Mihaileanu ou encore Les phalanges de l’ordre noir d’Enki Bilal.

Philippe nous présente deux titres de Joseph Boyden : Dans le grand cercle du monde et Le chemin des âmes. Le premier roman retrace l’arrivée des Blancs dans les populations indiennes qui vont tout détruire, on y suit notamment un missionnaire. Attention ce livre est à déconseiller aux âmes sensibles : il y a des scènes de torture qui durent plusieurs jours. Le deuxième roman (qui est en fait le premier roman de l’auteur) raconte l’histoire de deux Indiens qui, engagés dans l’armée canadienne, se retrouvent dans les tranchées de 14. Ce livre est très bien documenté et CAPTIVANT !

Jacqueline, cet été, a emprunté une liseuse et elle en a profité pour relire avec beaucoup de plaisir Graziella de Lamartine. Elle a lu également La grand-mère de Jade très fleur bleue et très sentimental même si la fin l’a choquée… Nous n’en saurons pas plus.

Olivier les bras chargés de SF nous présente deux gros pavés : Spin de Robert Charles Wilson et Le cycle d’Hypérion de Dan Simmons. Son préféré ? Le deuxième. Mais quelques mots sur le premier tout de même : c’est de la soft SF (compréhensible sans avoir de connaissance scientifique). Il s’agit du premier tome d’une trilogie (le deuxième n’est pas bien, sachez-le, on peut ne pas le lire et passer directement au troisième). Récit de confinement : la terre est entourée d’une barrière et l’univers vieillit 1 million de fois plus vite que la terre. Le cycle d’Hypérion est une tétralogie qui relate l’histoire de pèlerins envoyés sur Hypérion. Chaque pèlerin raconte son histoire sous la forme d’un genre de la SF : space-opera, cyber-punk… Ce livre est génial, c’est le livre à lire de la SF !

Christiane ne lit que de petits livres sans guerre, sans meurtres. Elle aime être touchée par ce qu’elle lit, sortir du quotidien comme dans Le confident d’Hélène Grémillon ou Grandir de Sophie Fontanel. Aujourd’hui son coup de cœur est Trop de Jean-Louis Fournier, l’auteur de Où on va, papa ? lauréat du prix Femina 2008. Dans Trop, il montre comment il y a aujourd’hui « trop » de tout (25 mètres linéaires de yaourt par exemple) et que cela mène à l’hésitation.

Betsy, elle, ne lit plus que des femmes écrivains, elle n’a plus envie du regard des hommes sur la vie. Elle nous présente Solitude face à la mer d’Anne Morrow Lindbergh : histoire d’une femme dont les enfants sont partis, qui se laisse aller à la contemplation de la mer.

Caroline ne présentera que des essais. Le premier d’un fou de grammaire, Jean-Pierre Minaudier, qui possède plus de mille grammaires. La poésie du gérondif est un vagabondage de langue en langue à la recherche d’une langue mère de toutes les langues qui n’a probablement pas existé. Le deuxième est le dernier texte d’Annie Ernaux Regarde les lumières mon amour. L’auteur tient le journal d’un an de fréquentation de l’hypermarché Auchan à Cergy. Loin d’un regard sociologique, l’auteur nous dit ce qu’elle y voit, ce qu’elle y entend, ce qu’elle y vit.

Régine nous fait découvrir Chaïm Potok, auteur de Je m’appelle Asher Lev et Le don d’Asher Lev. Chaïm Potok est un ancien rabbin, qui a renoncé à son ministère pour se consacrer à l’écriture. Son livre est un peu autobiographique puisqu’il raconte l’histoire d’un petit garçon qui découvre l’art et se met à peindre dans une famille juive hassidique qui ne l’autorise pas. Ce texte pose la question de la liberté : comment est-on libre dans une communauté ? C’est très beau, plein de poésie. On est emmené dans cette histoire, dans cet univers. Régine nous conseille également la lecture de L’enfant du Danube de Janos Szekely qui se passe dans les années 20-30 en Hongrie et raconte l’histoire d’un enfant livré à lui-même. Le récit est très imprégné d’histoire, il est très bien écrit et on regrette qu’il se termine.

Emmanuel clôt la séance avec Les trois saisons de la rage de Victor Cohen Hadria. On est en Normandie, sous Napoléon III, esprit avancé, bourgeois éclairé pour son époque, le médecin Rochambaud  est en même temps propriétaire terrien et soigne les paysans. Sa femme est morte et à 50 ans, il commence à courir la gueuze. L’époque est vue par un auteur du 21ème siècle, donc le ton est plus irrévérencieux et plus corrosif que les auteurs contemporains. L’écriture est très classique mais avec des phrases courtes, des chutes brutales, des révélations. « Si vous aimez les classiques, vous ne risquez pas de vous tromper ».

 On se sépare repus et satisfaits de cette séance coups de cœur et bons gâteaux.

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