Les dernières agapes du club des lecteurs en 2014

On s’attable, il est 10h30. Une profusion de livres et de gâteaux en partage.

Amuse-gueules

délices

Sylvie commence avec des amuse-gueules fondants et pétillants sur la langue. De quoi nous mettre en appétit. Il s’agit des Délices de Lucy Knisley, autobiographie culinaire d’une newyorkaise aux parents fins gourmets. On suit tout son apprentissage de la cuisine de ses premiers cookies à la délicatesse extrême de la cuisine japonaise, à ses crises assumées de malbouffe. Le dessin est rond, coloré, acidulé.

L’entrée ?

barberyPour Sylvie et Jacqueline : Une gourmandise de Muriel Barbery qui a énormément plu. Une entrée riche, savoureuse : un millefeuille à la crème tantôt écœurante comme son personnage principal qui est un critique gastronomique de renom détesté par beaucoup ; et au feuilletage fin et délicat comme ses descriptions de mets. Jacqueline a été très touchée par les souvenirs de tilleul qu’il évoque au début du roman et des tomates juteuses qu’il croquait dans le jardin de sa grand-mère. L’auteur de L’élégance du hérisson nous raconte dans ce premier roman les derniers jours d’un homme qui a fait et défait la réputation des plus grandes tables du monde, qui toute sa vie durant a fait l’apologie d’une nourriture sophistiquée et qui à la veille de sa mort est à la recherche d’une saveur d’une extrême simplicité : brioche ? pain ? poisson cru ?

manguePour Caroline : Mangue amère de Bulbul Sharma. Dans ce roman à plusieurs voix, on entend les récits de dix femmes réunies pour préparer le repas d’un défunt parent. A chaque étape de la préparation du repas, chacune raconte son histoire nous invitant dans la famille indienne contemporaine tiraillée entre tradition et modernité. Bulbul Sharma abandonne avec ce titre le ton humoristique qu’on lui connaissait avec La colère des aubergines au profit d’un ton plus doux-amer. Certains portraits de femmes sont même acides et piquants : intriguantes, l’une empoisonne son mari, aimé autrefois, avec les mets les plus gras, l’autre cuisine des biscuits très pimentées pour une rivale enceinte de manière à l’amener à accoucher plus vite et à s’éloigner de son mari. Sharma nous parle aussi de ces enfants qui ont migré et qui reviennent voir leurs parents et de la distance incommensurable qui s’est créée entre eux et que de bons plats de leur enfance ne suffiront pas à combler.

Le plat

années tani2tani1Pour le plat principal, Olivier nous propose Les années douces en deux saveurs : le roman de Hiromi Kawakami et le manga de Taniguchi. Une jeune femme célibataire rencontre par hasard dans un café qu’elle fréquente souvent un homme qui fut son professeur. Entre eux se noue une relation très douce. Ils se retrouveront ensuite régulièrement dans ce café et au fil de leurs rencontres elle tombe amoureuse. Taniguchi qui a été très touché par cette histoire la suivra entièrement dans son adaptation en manga. Son dessin saisit parfaitement l’atmosphère à la fois triste, nostalgique, lente et contemplative de ce texte.

bangkok

Nous nous ne nous attarderons pas sur l’accompagnement de ce plat si délicat : Les oiseaux de Bangkok de Manuel Vasquez Montalban n’ont fait saliver personne. L’écriture n’a pas plu à Olivier qui n’a pas pu finir cet accompagnement, le délaissant pour mordre à belles dents dans le dessert proposé par Sylvie.

 

Le dessert surprise

babSylvie arrive avec une pépite qui nous met tous d’accord : la cuisine a l’extraordinaire faculté de réunir les gens. Dans Le festin de Babette, une nouvelle de Karen Blixen également adaptée au cinéma par Gabriel Axel, une famille baptiste protestante se voit confier une jeune femme qui fuit la répression après la Commune, Babette. La vie va s’adoucir avec Babette qui cuisine des merveilles avec trois fois rien. Elle réalise pour tout le village un festin prodigieux après avoir gagné à la loterie nationale, un festin qui marquera l’ensemble de la petite communauté.

Friandises et café

On termine ce copieux repas sur une note qui n’est pas des plus légères… Crève saucisse de Pascal Rabaté et de Simon Hureau, le premier au scénario, le second à l’illustration. Rencontre avec le quotidien d’un boucher grand amateur de BD, qui soigne sa clientèle. Mais il découvre que sa femme le trompe avec leur meilleur ami et même si son optimisme le pousse à toujours penser que ça va s’arranger, que ça va lui passer, il construit peu à peu le piège de sa vengeance. Cette BD est comme une prune salée : on y trouve le sucré en début de bouchée, puis le salé inonde la bouche, on aimerait rester dans cet équilibre de saveurs mais on sait que le sel va tout emporter, tout ensevelir jusqu’à faire disparaître toute trace de sucre.

Ainsi s’achève ce dernier club de l’année 2014 ! Merci à tous ceux qui y ont participé ou qui suivent nos aventures sur ce blog ! Et à l’année prochaine !

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