Sélectable de Janvier: Les nouvelles fantastiques du XIXème siècle, ou la bouillote du diable

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« – Madeleine, je vous le répète, en 2015 JE ME RASE CETTE MOUSTACHE!
– Mais voyons Aristide, nul besoin de vous emporter de la sorte… D’ailleurs ça revient à la mode à la halle Pajol »

En janvier, il y a ceux qui, encore pleins du pétillement des coupes qu’ils ont bues, prennent des résolutions qui s’évanouiront le lendemain comme des bulles de savon.

Et il y a ceux qui, comme nous, lassés de répéter bonne année et plus inspirés par le froid qui taille dans les chairs et la brume qui escamote à nos regards des paysages pourtant si familiers, préfèrent un bon conte à dormir debout, bien court et bien senti.

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Nous voulons dire ici qu’à cette étrange manie consistant à s’empiffrer durant une semaine tout en ânonnant « bonne année et bonne santé » ad nauseam, puis à souffrir force régimes et moult sports exotiques pour répondre aux impératifs du « mieux vivre sa vie », on substituera avantageusement la lecture, en solitaire, d’une bonne nouvelle fantastique.

À ces fâcheuses manies de la Saint-Sylvestre – dont le grégarisme peut, il faut bien l’admettre, provoquer un effroi d’intensité moyenne – nous répondons ainsi que la vie est bien plus intense si l’on ressent la peur primale, l’intacte épouvante, le pur effroi, la véritable frayeur – par procuration – , qu’un cours de pilates, l’arrêt de la cigarette ou la pratique du fartlek suédois ne pourront jamais vous procurer.

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« – Et surtout la santé, hein les gars !? »

Pour vos longues soirées d’hiver au coin du feu, dans votre lit, les pieds livrés à la chaleur infernale de la bouillotte ou encore dans les transports quotidiens qui ne vous « emportent » pas l’esprit et qui vous laissent leur tristesse habituelle, nous vous recommandons donc une sélectable sur les nouvelles fantastiques du XIXème siècle. Cette sélection, elle, ne manquera pas de vous transporter dans des contrées mystérieuses, brumeuses, obscures, inquiétantes, menaçantes, peuplées de créatures aux mêmes caractéristiques – peut-être plus que ne peut même l’être le métropolitain.

Oui, à en croire nos auteurs classiques, le diable existe (Melmoth reconcilié de Balzac), les noyées hantent les ruisseaux (Les Veillées du Hameau de Gogol), les cavaliers sans tête labourent les étroits chemins de montagne (La Légende du val dormant d’Irving), les prémonitions peuvent se réaliser (Le Signaleur de Dickens) et les fantômes viennent nous parler (Tourgueniev).

 

Bonne lecture aux vivants (par ici), et longue vie à nos cauchemars!

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« – Et là, tu vois, le lecteur, hé ben il flippe. »

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