La famille s’agrandit !

Que ce fut long deux mois ! Deux mois sans club des lecteurs ! Les bibliothécaires fanaient, les usagers se languissaient lorsqu’enfin le samedi 21 mars arriva !

Nous discutâmes de : Mémé de Philippe Torreton, La dernière leçon de Noëlle Châtelet, Lignes de faille de Nancy Huston, Esprit d’hiver de Laura Kasischke, Come prima* d’Alfred et Cesare de Fuyumi Soryo. Mais également de Rien ne s’oppose à la nuit de Delphine de Vigan auquel vous pensâtes lorsque nous parlions de La dernière leçon. Vous convoquiez aussi ces classiques de début XXème : Romain Gary, André Gide, François Mauriac, Hervé Bazin. Des auteurs que l’on ne lit plus beaucoup mais qui on beaucoup écrit sur les relations familiales. Il fut évoqué un livre que personne n’avait encore lu : L’homme qui ment de Marc Lavoine.

Ce matin-là, autour du cake encore chaud de Régine et des viennoiseries de Sylvie, nous étions 12. 4 bibliothécaires, 4 habitués du Club et 4 nouvelles recrues.

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Esprit d’hiver de Laura Kasischke :

Sylvie a trouvé ce roman sublime. Tout se déroule en une journée : celle de Noël. Une tempête de neige empêche les invités d’arriver. On sent toute la fatigue des femmes qui ont passé la journée à tout préparer. Le livre raconte plein de choses : la relation de la mère avec sa fille adoptive, la confrontation avec les enfants adolescents, la situation des femmes américaines enfermées dans leurs maisons de banlieue toute la journée. Jacqueline a trouvé le livre tragique : les conditions d’adoption de enfants en Russie, cette petite fille adoptée qui a grandi trop vite aux yeux de sa mère. Thomas l’a beaucoup aimé aussi même s’il juge la fin un peu décevante, ce sur quoi le rejoint Régine. Elle a trouvé ce portrait sociologique très intéressant mais cette façon pour la mère de regarder sa propre douleur, presque nombriliste.

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Mémé de Philippe Torreton :

«Formidable», voilà le qualificatif dont Philippe gratifie ce roman d’un autre Philippe. Nous sommes dans une petite ferme pauvre de Normandie où mémé a vécu toute sa vie et où l’auteur a passé énormément de temps enfant. Philippe nous parle de toutes ces touches d’amour, ces sensations et ces larmes à la lecture. Il nous raconte l’épisode de la blouse, cet unique cadeau susceptible de faire plaisir à mémé, ce vêtement entre tous les plus commodes. Et nous lit le passage de l’enterrement avec un église pleine et un curé qui n’avait pas bien préparé son discours. Géraldine a été beaucoup touchée par ce texte, par cette vie simple où tout était économisé, même l’eau de la vaisselle que l’on faisait sans savon pour pouvoir la donner à boire aux cochons. Emmanuelle a vu dans ce roman un tableau où chaque paragraphe est une petite touche de couleurs qui dessine le portrait de mémé. La description de la ruralité, d’un mode de vie très respectueux de la terre m’a beaucoup plu aussi.

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La dernière leçon de Noëlle Châtelet :

Pour Sylvie, ce texte autobiographique est trop chargé émotionnellement, elle n’a pas pu aller au bout. En effet, Noëlle Châtelet raconte le choix de sa mère de 92 ans, Mireille Jospin, de mourir dignement, avant que sa santé ne se dégrade trop. J’ai trouvé ce récit très pudique, très sensible, décrivant de façon très intime la relation mère-fille.

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Lignes de faille de Nancy Huston :

Mary a lu il y a quelques années ce roman qu’elle avait alors beaucoup, beaucoup aimé. Sylvie qui n’avait jamais rien lu de Nancy Huston a trouvé ce récit très, très fort. Il est installé dans le non-dit, voire dans le mensonge et dresse le portrait d’une famille sur plusieurs générations. Les personnages de femmes sont très forts et les hommes ne trouvent pas leur place dans cette vie de banlieue américaine. L’écriture est efficace et le roman se lit très facilement. Trop facilement pour Thomas qui ne l’a pas aimé. C’est une auteur qu’il trouve de plus en plus réac. Le personnage de l’arrière petit-fils qui ouvre le livre est irritant, les personnages féminins sont trop névrosées, trop hystériques.

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Cesare de Fuyumi Soryo :

Manga historique très documenté. Son auteur joint à chacun des volumes un appareil bibliographique important. On suit Cesare Borgia pendant ses années d’étude à l’Université de Pise. Mais l’histoire est entièrement raconté par Angelo qui est un protégé de la famille Medici. Le manga montre bien les relations entre les grandes familles italiennes et les luttes pour accéder à la charge suprême de Pape. Thomas et moi (les seuls lecteurs du manga pour le moment) avons trouvé que le manga perdait un peu de sa vitalité au huitième tome.

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Come prima* d’Alfred :

Emmanuelle entraîne la conversation vers Come prima, la bande dessinée d’Alfred. Elle a trouvé les graphismes magnifiques. Alfred intègre des flashback dans son récit en modifiant son dessin. L’histoire a un peu de mal à démarrer, regrette Emmanuelle. Elle commence sur un non-dit qui met trop de temps à être levé. Elle trouve aussi que l’auteur aurait pu mettre des didascalies plutôt de que faire parler seul les personnages pour faire part de leurs états d’âme, avis que nous ne partageons pas tous.

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La vie devant soi de Romain Gary :

Sophie qui vient pour la première fois au club des lecteurs n’a pas eu l’occasion de lire les livres de la sélection et est venue avec La vie devant soi de Romain Gary, nous replongeant tous dans de beaux souvenirs de lecture. Elle nous rappelle l’histoire de ce petit garçon, enfant de prostituée, abandonné par son père chez Mme Rosa, l’énorme Mme Rosa. Elle nous rappelle cette langue enfantine. Et ce petit garçon qui finira par s’occuper de Mme Rosa plus qu’elle ne s’occupe de lui.

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L’art de la fugue de Stephen McCauley :

Sophie nous présente aussi L’art de la fugue qui vient juste d’être adapté au cinéma et transposé à Paris. Le personnage principal prend en charge les soucis de sa famille pour fuir les siens. Elle a davantage apprécié le roman au film. D’ailleurs, le film, Régine l’a tout simplement trouvé barbant !

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La nostalgie de l’ange d’Alice Sebold :

Mary nous propose un dernier livre, l’histoire d’une famille qui doit continuer à vivre alors que leur fille de 15 ans a disparu et dont on n’a pas retrouvé le corps. Elle ne nous en dit guère plus, notre curiosité est piquée.

* Mais non pas la chanson de Dalida !

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