Interview croisée de Laurie et Clément, tous les deux en service civique à la bibliothèque.

Laurie est en mission « main tendue » et Clément est « coup de pouce ».

Clément, coup de pouce à la bibliothèque

Clément, « coup de pouce » à la bibliothèque

Laurie : Clément en quoi consiste ton travail à la bibliothèque ?

Clément : Je suis « coup de pouce », je fais de l’aide scolaire pour les enfants des écoles et collèges alentours et j’aide aussi pour les événements comme le mardi ludique, un rendez-vous autour des jeux de société le mardi à 17h30. Je joue avec les enfants aux jeux vidéo aussi !

Qu’est-ce qu’un service civique ?

C’est une bonne question. Pour moi c’est du volontariat, ce n’est pas quelque chose que tu fais pour combler un trou dans tes études, un blanc, mais tu le fais pour découvrir quelque chose auquel tu n’aurais pas accès sinon. C’est intéressant car tu agis dans des domaines d’aide, de soutien, de mise en place d’événements, du social. C’est un domaine auquel je n’aurais jamais touché sans ça car je veux faire des études de comptabilité.

Quels sont tes horaires au sein de la bibliothèque ?

Alors ce sont des horaires un peu « chelou » : 15h-19h le mardi et le jeudi, 14h-19h le mercredi, 14h-18h le vendredi et le samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail ? Et qu’est-ce que tu aimes moins ?

Il n’y a pas grand-chose que je n’aime pas. Je peux pas ne pas aimer. J’aime bien travailler avec les enfants, jouer aux jeux vidéo, la lecture… Donc par rapport à ce que j’aime moi, il n’y a pas de raison qu’il y ait un truc que j’aime moins. S’il y a un truc que j’aime vraiment dans cette bibliothèque là, c’est l’ambiance, assez incroyable. Je suis habitué aux bibliothèques « classiques », avec un grand silence et la vieille bibliothécaire qui arrive avec son bouquin. Ici c’est très différent, ne serait-ce que par les activités qui sont proposées, sans parler de la salle jeux vidéo : les jeux de société, la cabane, la confection de masques, la table de ping-pong, les conférences sur les planètes… Il y a tellement de choses variées que ça donne envie d’y aller.

C’est vrai je te rejoins sur ce point car je ne suis pas trop « bibliothèque ». Les seules fois où j’y suis allée c’est très froid, très calme mais ici c’est tellement humain ! C’est chaleureux, y’a plein de gens, on rigole, on parle.

Avant, je ne supportais pas d’aller en bibliothèque. L’année du bac je rentrais dans la bibliothèque mais au bout de 5 minutes je partais et j’allais réviser au parc parce que je ne supportais pas l’ambiance.

S’il y en a, quelles sont pour toi les difficultés du métier ?

Il y en a mais plutôt liées à mes capacités qu’à mes missions. Je dois faire de l’aide scolaire et le problème c’est que tous les élèves ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement et du coup c’est compliqué de leur faire comprendre tous de la même façon. Comme il y a beaucoup d’élèves tu essayes d’aller un peu vite pour essayer de tous les aider mais c’est difficile à cette vitesse. Il faut raccourcir et faire plutôt de la méthode.

Je suis un peu dans le même cas que toi…

Et pour finir, quelles qualités faut-il avoir dans ce travail ?

Il faut être patient et capable de voir plusieurs façons d’enseigner la même chose. Les enfants vont tous venir plus ou moins pour la même chose en même temps. Sur deux semaines, j’ai eu une dizaine d’enfants qui venaient pour Pythagore. Comme ils ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement il faut trouver autre chose pour leur faire comprendre. Certains disent qu’ils ont compris mais quand tu lances l’exercice ils ne comprennent rien. Il y a aussi des élèves qui adorent lancer des débats inutiles. Ils lancent un débat, parlent et ne veulent pas écouter.

Laurie, "main tendue" à la bibliothèque

Laurie, « main tendue » à la bibliothèque

Et toi Laurie, que fais-tu à la bibliothèque ?

Je donne des cours de français à des réfugiés, des migrants non francophones, je leur donne des exercices, je mets en place des ateliers de dialogue et je participe parfois à la parlotte, un atelier de conversation qui a lieu le mardi à 17h30. Je suis au 1er étage dans la salle allegro ou je suis assise à une table dans l’espace BD. J’essaye de répondre aux demandes de ce public pour l’apprentissage du français. Chacun a un niveau différent, certains parlent un peu français, d’autres pas du tout.

Ce n’est pas trop compliqué pour vous comprendre ?

On essaye de s’adapter, de demander des traductions, d’utiliser des mots-clé.

Tu as commencé quand et quels sont tes horaires ?

J’ai commencé en novembre et je suis là de 14h à 18h du mardi au samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ce travail ?

J’aime que les personnes avec lesquelles je travaille aient vraiment envie de travailler. Quand ils sont là pour préparer l’examen du DELF (diplôme d’études en langue française) et qu’ils reviennent pour me dire qu’ils ont eu leur diplôme, c’est vraiment gratifiant ! Au sein de la bibliothèque, j’aime le côté chaleureux, humain qui fait qu’on a envie de venir travailler. Je n’y vais pas à reculons, je suis même tout le temps en avance et je suis tellement à fond que je ne vois pas l’heure tourner!

Moi je n’ai jamais réussi à être en avance ! Qu’est-ce que tu aimes moins ?

C’est le manque de place, c’est vraiment compliqué quand il y a du monde. On attrape une table, une chaise par-ci, par là…

Quelles études as-tu faites ?

J’ai un Bac pro commerce et j’ai fait une année en alternance Management des unités commerciales mais j’ai arrêté parce que ce que ce que je faisais en entreprise ne correspondait plus aux théories que je voyais en cours et j’ai voulu changer de filière. On m’a dit que ce n’était pas possible mais comme je préférais ce que je faisais en pratique plutôt qu’en cours j’ai arrêté. Je me suis alors orientée vers le service civique, que je ne connaissais vraiment pas.

Moi non plus je ne connaissais pas du tout mais comme je n’ai pas eu les écoles que je voulais, des amis m’ont renseigné sur le service civique.

A la base je devais travailler à l’accueil d’une mairie mais il y a eu un souci de places et on m’a proposé la bibliothèque Vaclav Havel. Je ne regrette vraiment pas. Je n’aurais jamais imaginé faire ça et travailler dans une bibliothèque. Cette expérience m’a donné envie de devenir professeure de FLE ou bibliothécaire mais j’aimerais travailler ici là car je ne pense pas qu’il existe d’autres bibliothèques comme ça.

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