A propos Pierric

#Communicant incisif #Lecteur compulsif #Scribe impulsif

La Grande Bellezza

Il y a des artistes dont le talent ne se cantonne pas à une seule discipline. Et Paolo Sorrentino est de ceux-là. L’auteur italien du roman Ils ont tous raison (paru chez Albin Michel en 2011) a été salué par la critique pour ce titre. Mais ce n’était là que son premier livre, alors qu’il a précédemment été récompensé pour ses films, et notamment pour Il Divo (prix du jury à Cannes en 2008). Au cinéma comme en littérature, Sorrentino se révèle un conteur hors-pair, de ceux qui se font une joie de nous rendre attachant des personnages détestables. Ses personnages sont autant d’occasion de découvrir l’Italie contemporaine et ses travers, mais aussi son charme.

Et de charme, il en est clairement question dans le dernier film de Sorrentino, La Grande Bellezza ; celui de la Ville éternelle en premier lieu, qu’il donne à voir sous un jour inédit (les salles des palais d’ordinaire fermés au public, les soirées mondaines…)

Pierric

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Hier soir, j’ai vécu une nouvelle expérience cinématographique : j’ai vu la Grande Bellezza de Paolo Sorrentini. Tout se passe à Rome, cité de luxe, de luxure et de morale. Jep Gambardella est/fut écrivain il y a trente ans. Aujourd’hui, tous les citent encore même s’il n’a plus jamais écrit, sauf quelques articles. Il est devenu mondain, pas un mondain, mais Le mondain, celui qui a le pouvoir de faire rater une soirée. Ce film a quelque chose de très contemplatif, on se plaît à le voir évoluer dans cette Rome privée. Les images et la musique sont entêtant. De quoi passer deux belles heures, même si la fin m’a paru un peu en dessous du reste du film.

Caroline

 

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Mais qui était donc Václav Havel ?

Il est évident qu’à la bibliothèque, nous savons tous qui était Václav Havel. Nous en avons d’ailleurs un peu parlé dans la présentation de ce blog.

Václav Havel cut out

Il n’est pas anodin que notre bibliothèque porte le nom d’un dramaturge et dissident tchèque qui s’opposa au régime communiste pendant la Guerre Froide. Il devint ensuite président de la République Tchèque, devenue indépendante en 1991, après plusieurs années d’emprisonnement. Il est aussi à noter qu’il a su conserver intacts la sensibilité, le sens critique (tourné vers lui comme les autres) et le sens de l’humour qui l’avaient distingué dès 1951. Nous espérons que nos collections reflèteront son idéal de liberté de pensée comme de parole.

Cette présentation de Václav Havel garde particulièrement en tête son sens de l’humour.

Plutôt qu’une pesante biographie encyclopédique, nous avons ainsi préféré dresser une liste de réponses farfelues à la question « Qui était donc Václav Havel ? » Lire la suite

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Élise, libraire au Rideau Rouge (Paris 18ème)

Nous donnerons régulièrement la parole aux Pajoliens sur ce blog.  Voici donc notre deuxième portrait, celui d’Élise qui s’occupe, en tandem avec Anaïs Massola, de la librairie Le Rideau Rouge. 

Entrée de la librairie « Le Rideau Rouge »

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L’énigme du retour, Dany Laferrière (prix médicis 2009)

L’avant dernier livre de Dany Laferrière est un livre dont le titre semble faire un clin d’oeil au Cahier d’un retour en pays natal d’Aimé Césaire.

Cette « énigme » qui propulsa l’auteur sur les routes d’Haïti est un prétexte. C’est elle qui l’a poussé à revenir en Haïti pour retrouvé sur son île natale les traces de son passé familial. Par mots interposés, Laferrière fait de nous des compagnons de voyage. Dès lors, nous sommes emportés par les paroles d’un conteur formidable qui redécouvre son île et sa famille après 32 ans d’exil.

Ce retour aux sources de l’exilé politique gronde tout au long des pages comme un torrent. On sort marqué de son récit dont on sent bien qu’il a été pris sur le vif et qu’il dépeint des émotions elles aussi à vif. Il est difficile d’imaginer l’impensable isolement d’Haïti … Lire la suite

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Richard Russo, l’Amérique du dedans

Il y a des auteurs dont le style n’est pas flamboyant… à mille lieues de Garcia Marquez, de Joseph Kessel ou de Milan Kundera. Et pourtant, ces auteurs là, plus discrets  avec leur plume et leur mots que d’autres, parviennent à élaborer des univers qui nous marquent, qui imprègnent nos imaginaires de leurs personnages attachants et de leurs ambiances inimitables.

Richard Russo

Un écrivain ce n’est pas seulement un assembleur de mots, c’est surtout un faiseur de monde, un démiurge. Et il y a des mondes dans lesquels on a plaisir à se faufiler, des mondes souvent durs, qui ne font pas de cadeaux à ceux qui les peuplent, mais où l’on sent néanmoins le regard prévenant de l’auteur, soucieux du bon déroulement de la narration, distillant ça et là quelques péripéties, un éclairage ou une précision. On sent la vérité de ces mondes, on pourrait presque les toucher et les sentir. Il y a peu être un peu de vécu là dedans, soigneusement dilué dans un tissu de fiction, brodé de milles détails inventés ou exagérés… Mais ça reste cohérent, et on joue les explorateurs, découvrant les paysages mentaux de l’écrivain et de ses personnages. Lire la suite

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