Interview de Marina, écrivain public

photo-marina-fbkBonjour Marina,

Peux-tu nous décrire ton parcours et nous dire pourquoi tu as choisi de devenir écrivain public ?
Après le lycée je ne savais pas trop ce que je voulais faire. J’adorais la littérature, mais je savais que les études de lettres offraient peu de débouchés et je ne voulais pas être professeure. Je me suis dit que le droit était ce qui s’en rapprochait le plus. Je me suis donc inscrite en fac de droit, j’ai obtenu un master de juriste d’entreprise puis j’ai travaillé pendant un an en tant que consultante en droit du travail puis comme technicienne de greffe au Tribunal de Commerce de ma ville.
Quelle ville ?
C’était le Tribunal de Commerce de Douai (59), juriste en droit du travail, c’était à Nice. J’ai l’habitude des grands écarts géographiques. C’est durant cette expérience à Nice que j’ai eu le déclic, mon travail ne me faisait pas du tout vibrer. Passer 37 heures par semaine enfermée toujours dans le même bureau, avec nos codes du travail pour toute compagnie m’ennuyait. Les contacts que j’avais avec les clients se limitaient trop souvent aux mails et au téléphone, pour moi, ce n’était clairement pas suffisant. J’ai compris que j’avais besoin d’une activité au contact du public et/ou sur le terrain.

Tu manquais de contact humain ?
Oui, et l’écriture me manquait aussi. Je rédigeais des sanctions disciplinaires et des trames de contrats, mais cela ne mobilise aucune créativité. Je ne me voyais pas faire cela pendant 40 ans. Du coup j’ai cherché les métiers qui auraient pu me permettre d’allier écriture et relationnel et le métier d’écrivain public a surgi. Grâce à des recherches sur internet j’ai pu voir qu’il existait plusieurs formations, dont celle du CNED (Centre National d’Enseignement à Distance), à laquelle je me suis directement inscrite. J’ai vu qu’il y avait aussi une formation à Toulon en deux ans, et une à la Sorbonne en un an.
En sachant que l’exercice du métier d’écrivain public est complexifié par l’absence de réglementation qui rend difficile d’asseoir sa légitimité pour tout nouveau professionnel sur le marché, je me suis dit : « si tu veux te lancer là-dedans, c’est la Sorbonne ou rien. »

C’est justement une des questions que je voulais te poser : quelles sont les difficultés de ce métier, écrivain public ?
Il y en a beaucoup, mais la principale réside dans la non-réglementation du métier et le fait qu’il y ait beaucoup de bénévoles. Bon, c’est bien qu’il y ait des bénévoles, mais pour nous, écrivains publics professionnels, cela nous fait forcément du tort, et ils n’ont pas forcément les compétences que nous acquérons en formation. En général ces bénévoles, ce sont des personnes qui savent écrire, des professeurs de français, des retraités qui maîtrisent bien le français, des anciens journalistes. Mais savoir manier correctement le français ne signifie pas forcément maîtriser tous les codes de l’écrit, notamment ceux des correspondances administratives.

Ils n’ont pas forcément de compétences juridiques non plus.
Oui, mais les écrivains publics n’ont pas non plus de compétences juridiques normalement. Moi j’ai mes études de droit derrière, c’est forcément un plus, mais malgré tout, cela ne me permet pas de répondre à toutes les questions.

Mais tu sais où chercher…
Oui, savoir où chercher c’est un atout, c’est sûr, mais il est très fortement recommandé aux écrivains publics d’orienter les personnes vers les professionnels du droit plutôt que de jouer aux apprentis sorciers. Et puis il ne faut pas faire de concurrence déloyale aux métiers qui font du conseil en droit. Il ne s’agit pas de se mettre l’ordre des avocats à dos non plus.

Oui, c’est une profession qui souffre aussi du développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Oui, toutes les professions libérales sont un peu en souffrance. C’est pour ça que je voulais passer le diplôme de la Sorbonne qui à mes yeux était celui qui me donnerait le plus de légitimité par la suite, même si cela nécessitait de réussir un concours fait d’un écrit et d’un oral…

Ah bon, il y a un concours pour accéder à cette formation ? Oui, c’est vrai que maintenant l’entrée à l’Université se fait par sélection.
Oui, au début il y a une présélection sur CV et lettre de motivation, et si on est retenu, on peut passer le concours, un écrit et un oral.
Qui consistent en quoi ?
L’écrit est un exercice qui ne paye pas de mine comme ça, mais que j’ai trouvé vraiment compliqué : le résumé de texte. J’ai un bac littéraire, je maîtrise le commentaire de texte mais le résumé de texte est un exercice très spécifique, il faut vraiment s’y préparer. Du coup je m’entraînais le soir chez moi en rentrant du boulot, et en continuant à suivre la formation CNED en parallèle. Je l’ai terminée en février et je m’en suis bien sortie, je suis contente.
Pour l’oral, il consiste en un entretien pendant lequel il vous faut convaincre le jury de vos motivations ainsi que de la solidité et la faisabilité de votre projet professionnel.
Je me disais qu’au pire des cas, si je ne réussissais pas le concours de la Sorbonne, j’aurais au moins la formation CNED, mais je savais que cela ne serait pas suffisant pour exercer. J’étais déterminée à repasser le concours l’année suivante si je le ratais.
Pour exercer à ton compte, ou dans une structure ?
Oui, enfin, cela suffira toujours pour exercer dans le sens où il n’y pas de réglementation de ce métier, il ne faut pas de diplôme aujourd’hui pour être écrivain public. Demain si tu veux être écrivain public, tu mets un petit panneau sur ta porte, tu te déclares en micro-entrepreneur et puis voilà, c’est tout, pas besoin de plus (en théorie du moins).

Tu exerces donc le métier d’écrivain public durant 7 mois à la bibliothèque Václav Havel, tout en suivant la formation de licence professionnelle de « Conseil en écriture professionnelle et privée » à Paris 3 Sorbonne Nouvelle.
Quelles sont les matières dispensées dans cette formation ?
Le panorama de matières proposées est aussi vaste que la pratique du métier, et c’est ce qui rend la formation si passionnante. On a notamment des ateliers d’écriture. Une pratique en vogue qui prend de plus en plus d’essor et devient un débouché pour l’écrivain public. Nous ne sommes pas formés à l’animation, mais on fait des ateliers d’écriture pour les vivre de l’intérieur, et après grâce aux stages, on peut s’essayer nous-mêmes à l’animation d’ateliers. Nous sommes formés à l’écriture biographique aussi, car de plus en plus de gens souhaitent écrire leur vie pour laisser une trace aux générations futures. On a des cours de rhétorique, parce que l’écrivain public peut faire des discours pour les hommes politiques mais aussi pour les particuliers à différentes occasions : les mariages, les enterrements, pots de départ… On étudie aussi tout ce qui a trait à l’intervention sociale (comme ce que je fais à la bibliothèque) : les règles de la correspondance administrative et personnelle, les demandes de logement, de mutuelle complémentaire… On s’exerce à la psychosociologie pour diriger les entretiens avec les usagers. Puisque nombre des étudiants de la formation souhaitent se lancer en libéral à la sortie, nous avons aussi des cours de création d’un cabinet libéral et beaucoup de cours de droit : droit pénal, droit de la famille, droit des étrangers, droit des contrats. Enfin il y a aussi des matières plus théoriques mais tout aussi passionnantes : littérature contemporaine, linguistique, sociologie de l’écriture… Des cours d’informatique viennent compléter notre malle à outil de professionnel de l’écrit en nous apprenant à utiliser toutes les fonctionnalités du traitement de texte et à créer des sites internet, utiles à ceux qui s’installeront à leur compte ou encore à ceux qui voudraient travailler au service des entreprises.
Ce mariage d’enseignements théoriques-pratiques fait tout l’intérêt de la formation, et puis nous avons les stages aussi, qui nous permettent de vivre le métier directement sur le terrain. Je regrette de ne pas avoir pu vivre la même chose en fac de droit.

La durée du stage est-elle aussi longue dans ta formation, ou bien c’est toi qui l’as voulu ?
On doit faire 420 heures de stage pratique obligatoirement.
C’est donc une formation professionnalisante, en fait.
Oui, exactement, mais c’est propre à la formation de la Sorbonne. À Toulon, le volume d’heures de stage exigées est beaucoup moins important (environ 140 heures). 420 heures, cela représente une charge conséquente de travail en parallèle des exigences de nos professeurs pour les cours, mais c’est aussi la force de cette formation. Chacun des stages effectués cette année a confirmé ma vocation.

C’est un métier de passion, n’est-ce pas ?
Oui, on peut le dire. Ce n’est pas avec le métier d’écrivain public que l’on fait fortune. Si on s’enrichit, c’est uniquement sur le plan humain : notre métier nous rapproche de notre domaine de prédilection (l’écriture), et c’est un métier qui a du sens surtout. Nous travaillons pour et avec l’humain. Nous sommes en permanence au contact des gens et la diversité de nos activités nous autorise aussi à faire preuve de créativité (par exemple lorsque nous intervenons comme biographes ou animateurs d’ateliers d’écriture).

Dans quelles structures pourras-tu et aimerais-tu exercer plus particulièrement, ou bien te mettras-tu à ton compte après tes études ?
C’est une grande question, car après avoir travaillé dans un tribunal de commerce, je n’ai pas très envie de monter une société.
Même avec le statut d’autoentrepreneur ?
Oh non, encore moins, ce statut est vraiment un gros piège. Mon expérience au tribunal de commerce ne me rend peut-être pas objective mais j’ai bien vu qu’à partir du moment où les charges deviennent exigibles, ça fait mal. Beaucoup de personnes mettent la clé sous la porte au bout de deux ans sans que l’activité n’ait jamais vraiment démarré.
Je pensais que ce statut permettait justement de faciliter la création d’entreprise pourtant.
Dans la théorie oui, le législateur a voulu faire de tous les Français des créateurs d’entreprises, mais en pratique, tout le monde n’a pas les compétences pour le devenir. Les questions fiscales et comptables sont lourdes, les personnes qui démarrent n’ont pas forcément les moyens de s’allier les services d’un expert comptable, et puis il faut réaliser les prestations sans jamais cesser de prospecter de nouveaux clients…. Je me sens trop jeune pour une telle responsabilité. Je suis plutôt dans l’optique de trouver un poste salarié. J’ai vu qu’en ce moment il y a pas mal d’offres d’emplois d’écrivain public ou de secrétaire particulier qui sortent justement dans la région de Nice et à Monaco. La mairie de Grenoble cherchait aussi à embaucher un écrivain public il y a peu. Il y a également la piste des associations d’aide aux personnes en difficulté sociale, comme Nouvelles voies.

En bibliothèque, cela dépend des mairies ?
J’adorerais travailler comme écrivain public en bibliothèque ; je suis une amoureuse inconditionnelle de lecture, cela me ferait un cadre passionnant par nature. Les bibliothèques ont aussi l’atout de fournir une « clientèle » aux profils très diversifiés. Je travaille également à la bibliothèque Louise Michel (dans le XXème arr.) et le public que j’y vois est complètement différent de celui d’ici, je trouve cette variété formidable. Finalement, je ne fais jamais vraiment la même chose.

Tu es en stage également à Louise Michel ? Combien as-tu d’heures de cours alors par semaine ?
J’ai deux jours de cours, soit 20h le jeudi et le vendredi, je travaille 9h à Václav Havel les mardis et mercredis, et 3h à Louise Michel le samedi. Le samedi après-midi j’anime un atelier d’écriture dans un café-restaurant. Je travaille également à la composition d’un recueil de témoignages de personnes non-binaires en genre, j’essaie de caler cette activité les autres jours et le week-end, quand les personnes sont disponibles, car elles travaillent aussi. Cela me fait une année bien chargée mais quand elle va se terminer, je vais avoir une sensation intense de vide.

Quels sont les horaires de ta permanence à la bibliothèque Václav Havel ?
Je travaille le mardi de 13h à 19h et le mercredi de 10h à 13h, jusqu’à la fin de mon stage mi-juin.

Quelles sont les qualités requises pour exercer cette profession ?
Capacités d’écoute et d’empathie, bienveillance. L’une des principales difficultés du métier, c’est de réussir à retranscrire les propos d’une personne de la façon la plus adaptée possible au contexte et au destinataire sans la trahir, sans déformer ce qu’elle veut dire. Cela nécessite donc une vraie écoute de fond, très attentive, et surtout, sans jugement. Plus vous établirez un lien de confiance avec la personne, un lien d’humain à humain, meilleur sera le rendu.
Malgré tout, j’ai compris qu’il ne fallait pas se montrer trop gentil non plus car certaines personnes ont tendance à en profiter, même si ce n’est pas conscient ni méchant, et deviennent un peu envahissantes. Il faut savoir poser ses limites, être gentil mais ferme pour prévenir les débordements, notamment hors du cadre professionnel. Je pense que le phénomène de transfert dont on parle souvent entre les psys et leurs clients est valable aussi pour l’écrivain public et sa clientèle.
Ils se confient trop ? Ils te prennent pour une assistance sociale?
Oui, il y a de cela aussi. D’un côté cela fait de la peine, ces situations m’ont alertée sur l’état lamentable de l’humain dans notre société… À la bibliothèque Louise Michel – où nous sommes deux écrivains publics – il y a deux trois personnes qui viennent uniquement pour parler. Chaque samedi, nous savons que nous allons les voir. Elles viennent toujours avec un petit courrier bidon à nous faire écrire, pour dire que, mais on sait bien qu’elles seraient parfaitement capables de le faire sans nous et que ce n’est qu’un prétexte pour nous voir. C’est leur rendez-vous de la semaine pour pouvoir discuter.
C’est un rôle du bibliothécaire également, il y a des gens pour qui le bibliothécaire est la seule personne à qui ils parlent dans la journée.
Cela ne m’étonne pas, c’est vraiment un gros problème de société, les gens ne se sentent pas suffisamment écoutés. Ils nous disent souvent comme cela fait du bien de trouver quelqu’un qui les « écoute enfin, car l’administration est très fermée ». Même nous, nous avons parfois du mal à joindre les services publics qui deviennent de plus en plus distants et froids, comme la CAF.
Ah oui ? Ils n’ont pas Qualiparis ?
Aucune idée. Même Pôle Emploi est parfois difficile à joindre selon les agences.
Cela dépend des villes aussi je pense.
Oui. Enfin, pour en revenir aux qualités du métier, il faut aussi des qualités rédactionnelles, et aimer le contact avec les gens. On voit des profils très différents, issus de tous les milieux, il faut savoir s’adapter. Une autre qualité – et aussi une mission de l’écrivain public à mon sens dans les permanences sociales – est de s’attacher à rendre les gens le plus autonomes possible. Lorsqu’on voit qu’ils seraient en mesure de faire certaines choses par eux-mêmes si quelqu’un leur montre comment faire, les aider à faire, et ne pas faire à leur place. J’essaye systématiquement d’apprendre aux usagers qui viennent me voir uniquement pour actualiser leurs droits auprès de Pôle Emploi à le faire eux-mêmes depuis chez eux, pour leur éviter le déplacement mais aussi d’être dépendants de mes jours de présence à la bibliothèque. Certains sont très contents que quelqu’un prenne le temps de leur expliquer, mais d’autres préfèrent toujours s’en remettre à moi et veulent continuer à se faire aider.

Quelles personnes sollicitent ton aide en tant qu’écrivain public, et que fais-tu pour elles ? Quels types d’écrits te demandent les lecteurs de la bibliothèque Václav Havel ?
A Václav Havel, il y a surtout un public de demandeurs d’asile et d’immigrés, j’ai donc beaucoup de questions en lien avec le droit des étrangers et leur insertion par le logement et par l’emploi.
Plus qu’à Louise Michel ?
Oui, à Louise Michel le public n’est pas le même, ce sont des gens en moins grande précarité. Les demandes se tournent davantage vers des problématiques concernant les impôts, la retraite, et des lettres de réclamation contre Free et d’autres sociétés commerciales.
Ici ce sont des choses plus basiques : demandes de RSA, de carte de transport solidarité, des demandes de logement aussi, mais plus spécifiquement pour les personnes sans abri ou demandeurs d’asile.

Tu les accompagnes dans tout leur parcours de demandeurs d’asile ?
Non, la plupart du temps quand ils viennent me voir ils ont déjà obtenu leur statut de demandeur d’asile ou la procédure est déjà en cours. Certains viennent me voir car ils n’arrivent pas à trouver d’assistante sociale. Je suis ennuyée de me dire qu’ils n’auront plus personne pour les suivre et les aider quand je vais partir.
Pour notre part nous les dirigeons aussi vers les CCAS des mairies, où ils peuvent être aidés, ainsi que vers des associations ou structures comme le BAAM (bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants).
Ah oui, mais pour tous ceux que j’accompagne dans la recherche d’emploi, il y aura un moment de flottement. Je fais les recherches avec eux sur internet puis je les aide à adapter leur lettre de motivation et leur CV à des entreprises ciblées.
Mais ce que j’ai en plus grand nombre, ce sont vraiment les demandes de logement de type ADOMA, les personnes que je reçois ici sont vraiment dans le besoin, beaucoup n’ont même pas de toit…
Oui, surtout que le Centre d’accueil des migrants de la Chapelle à côté ne suffit pas, et ne répond pas aux besoins de tous les jeunes Érythréens et Somaliens qui vivent dans les rues du quartier et qu’on peut difficilement aider car ils sont dits « Dublinés » [ils ne peuvent demander l’asile que dans le premier pays européen où ils sont arrivés].
Oui, c’est un des aspects du métier les plus durs, c’est terrible de rentrer chez moi en pensant que je ne peux rien de plus pour eux, qu’ils vont passer une nuit de plus à la rue.
Oui mais tu vois, il y a trois Afghans arrivés en décembre qui sont venus me voir chaque semaine, ainsi que mes collègues, pour demander de l’aide pour se loger, ils sont venus enfin me dire il y a quelques jours qu’ils allaient avoir une place en centre d’accueil.
Ah oui, là ça fait du bien ! Mais les associations d’aide aux étrangers sont submergées par le nombre et le manque de moyens. Cela fait de la peine, d’autant qu’avec les problèmes à Calais, de plus en plus de gens arrivent dans le Nord-Est de Paris.

Ta présence est essentielle à la bibliothèque, car nous ne sommes pas, nous bibliothécaires, à même de répondre à toutes les demandes des publics « en précarité sociale » que nous accueillons chaque jour. Aussi comment perçois-tu le rôle des bibliothèques suite à ton expérience à Václav Havel ?
Mon stage m’a fait prendre conscience du rôle capital des bibliothèques dans la vie d’un quartier. Ce ne sont pas que des lieux culturels, elles sont créatrices de lien social et ont aussi un rôle important à jouer dans le maintien de ce lien. Je vois souvent les mêmes têtes qui passent devant la permanence et ça me fait sourire, parce que je sais que vous les connaissez bien. Quand je discute avec les usagers, je me rends compte que la bibliothèque est un repère pour eux.
Oui, c’est vrai, il y a aussi des personnes âgées qui viennent chaque semaine, et une de nos lectrices les plus fidèles, âgée de 81 ans, m’a dit « Pour moi, la bibliothèque c’est tout ».
C’est vrai que pour des personnes comme cette dame, la bibliothèque est vitale, elle lui permet de rencontrer des personnes à qui parler et qui partagent au moins l’un de ses centres d’intérêt : la lecture. Ici les gens peuvent parler, se confier, ils se sentent écoutés, c’est bien.
En effet, pour moi qui travaillais en bibliothèque universitaire, c’est totalement nouveau, bien que nous avions quelques étudiants sans papiers que j’ai pu un peu aider, mais nous ne pouvions pas grand-chose pour les étudiants en précarité, plus ou moins nombreux selon les sections.
Oui, il y a beaucoup de misère parmi les étudiants également, c’est un fait.

Qu’est-ce que cette expérience à la bibliothèque t’a apporté dans ton projet de devenir écrivain public ?
Beaucoup de choses. C’est une expérience totalement différente d’écrire ici, avec une personne en chair et en os devant soi – parfois très bavarde alors que je compose – que de rédiger un devoir pour le CNED depuis chez moi pour un usager fictif. Cela m’a aidée à renforcer ma concentration, mais aussi à savoir aller à l’essentiel dans l’entretien comme dans le cœur du courrier.
Tu prends des notes ?
Oui, toujours.
Sur ton ordinateur ?
Cela dépend, c’est au feeling, parfois je prends des notes à l’ordinateur, mais je préfère écrire à la main en fait.
Parmi les autres choses que cette expérience m’a apportées, il y a aussi le fait de voir tout ce qui peut être demandé à un écrivain public au contact d’un public précarisé. Avant de travailler à la bibliothèque Václav Havel, je n’aurais jamais pensé fréquenter des réfugiés d’aussi près et je trouve cela génial. Je vois trop d’horreurs et de bêtises à leur sujet sur internet, sur Facebook. Cette expérience concrète me permet de démanteler les préjugés dans mon entourage. Il faut que les gens arrêtent de croire tout ce qu’ils lisent sur internet sans prendre la peine de vérifier les sources. Non un réfugié ne gagne pas 1000 euros par mois, loin de là ! Je peux l’affirmer parce que je m’occupe de leurs papiers. Ils sont aussi tellement respectueux, tellement reconnaissants du peu que l’on peut faire pour eux…
Oui, moi aussi, qui travaille là depuis peu, je me rends compte qu’ils sont très cultivés ; comme je l’ai lu, les gens qui parviennent à émigrer, ont quelques moyens, ont fait des études et espèrent s’en sortir par le travail ici, parfois faire venir leur famille.
Oui, complètement. Ce stage est autant une expérience professionnelle qu’une expérience humaine. La plupart des gens que je vois sont bien plus jeunes que moi et pourtant, je sais que je ne connaîtrais pas dans ma vie la moitié de ce qu’ils ont déjà vu (du moins je l’espère !). Ils ont eu des existences très dures, comme ceux qui viennent de Syrie qui ont vécu sous les bombes. Quand je les entends me parler de leur « vie d’avant », je me dis que vraiment on n’a pas eu la même enfance, la même jeunesse, c’est un autre monde.

Peut-on dire « écrivaine publique » au féminin ?
Ah mais oui 🙂 , on le peut ! Cela a été un grand débat dans ma promotion, des collègues ne trouvent pas le mot « écrivaine » très beau parce qu’il y a « vaine » dedans, mais je pense que c’est une question de sonorité et d’habitude. Je suis pour l’adoption sans restriction du langage inclusif et la féminisation des noms de métiers, comme professeure, auteure, on s’y habitue.

Qu’est-ce que tu aimes le plus dans ton métier ?
La diversité de missions qu’il offre : le travail social, la biographie, l’animation d’ateliers d’écriture (pouvant eux-mêmes se réaliser dans des structures très diverses avec des publics très différents), et sa richesse humaine. Je fais des rencontres très variées, parfois extraordinaires. Je ne fais jamais la même chose, cela me change beaucoup du métier de juriste. Dans une seule journée, j’ai des demandes très diverses : CV, lettre de motivation, un courrier personnel qu’une vieille dame souhaite envoyer à l’une de ses amies, un courrier de réclamation à une banque, quelqu’un qui me demande de relire ses poèmes pour corriger les fautes et lui faire un retour sur le style, quelqu’un d’autre qui me demande de l’aider dans la mise en page de son mémoire d’études. Diversité et humanité, voilà ce qui me plaît.

Tu vas beaucoup nous manquer.
Vous aussi vous allez me manquer, d’autant que je m’attache beaucoup aux gens, trop vite peut-être. C’est une année si passionnante que j’ai l’impression que tout ce que je vais faire après ne pourra jamais être aussi stimulant. Bon, je n’ai pratiquement plus aucune vie sociale – ma vie sociale c’est vous, les équipes des deux bibliothèques, le public, mes camarades de promotion et les participants de mes ateliers d’écriture. Je suis tout le temps en stage, dans mes partiels, les ateliers à préparer, j’ai le cerveau constamment en ébullition et j’ai l’impression qu’il se surpasse. Je m’étonne moi-même et je sais que je ne pourrais pas retrouver cet épanouissement en reprenant un travail classique, qu’on exerce enfermé 35h dans le même bureau. J’aimerais travailler dans plusieurs structures, pour que ce soit enrichissant, et que cela me permette de rencontrer des gens différents.

Eh bien, Marina, je te souhaite bonne chance pour la suite.
Merci 🙂

Maintenant veux-tu bien répondre à une partie du questionnaire de Marcel Proust ?
Allons-y !

Mon occupation préférée. 
Écrire.

Mon rêve de bonheur. 
C’est difficile pour moi de répondre à cette question car je pense que le bonheur n’est pas un objectif à atteindre, mais une manière de vivre.

Ce que je voudrais être. 
Écrivain. Oui, tout court cette fois. J’écris depuis très longtemps.
Tu veux écrire des romans ?
Oui, des romans, de science-fiction, du fantastique. Si je pouvais être écrivain en plus d’écrivain public ce serait génial.

Le pays où je désirerais vivre.
J’adore l’Italie, surtout Rome. J’ai une passion démesurée pour la Rome antique. Je n’y suis jamais allée mais je rêve de m’y promener, de voir le forum romain, les ruines…
Bah, tous les chemins mènent à Rome !
Oui 🙂 🙂 . Bon je sais que la ville est très très catholique, avec la présence du Vatican, le catholicisme est très présent, etc., cela ne m’attire pas trop, mais la ville doit être très jolie et ces fameuses ruines doivent vraiment valoir le voyage.
La cuisine italienne aussi !

La couleur que je préfère. 
Le violet.

La fleur que j’aime. 
Aucun don pour la botanique, je passe !

L’oiseau que je préfère. 
La pie. J’adore cet oiseau, je le trouve magnifique, et puis on dit qu’il est très intelligent.

Mes auteurs favoris en prose. 
Il y en a pas mal. Déjà j’aime J. Kate Rowling, pour tout l’univers qu’elle a développé dans Harry Potter. L’imagination de cette auteure me laissera toujours estomaquée.
J’apprécie également Anne Rice et ses Chroniques des vampires, elle a transcendé ce genre en lui donnant une dimension grandiose et magnifique.
Enfin, il y a Bernard Werber, mon chouchou. Il est connu pour La Trilogie des fourmis mais ce n’est pas mon œuvre préférée. Je préfère Troisième Humanité et surtout L’Empire des anges et Le Cycle des Dieux. Son écriture est pleine d’humour et fait  réfléchir sur notre monde. C’est quelqu’un qui tire l’humanité vers le haut avec ses romans. Je vais le voir le 27 mai, au Théâtre des Feux de la Rampe, il fait une master-classe de création et de construction d’un roman, j’ai hâte !

Mes poètes préférés.
Charles Baudelaire, sans hésitation.

Mes héros dans la fiction (littérature et cinéma)
Là sur le coup, aucun ne vient.

Mes héroïnes favorites dans la fiction (littérature et cinéma)
Hermione [Harry Potter] est la première qui me vient, mais il y en a beaucoup trop pour toutes les citer… (Katniss Everdeen [Hunger Games], Antigone, Esméralda [Notre Dame de Paris]…)

Mes héros dans la vie réelle. 
Paul Watson, l’écologiste, le capitaine du Sea Shepherd. C’est l’un des fondateurs de Greenpeace. Il a quitté Greenpeace parce qu’il n’appréciait pas ce que devenait l’association, il trouvait que les lourdeurs bureaucratiques l’empêchaient d’être réellement efficace dans ses actions, alors il a décidé d’agir de son côté. Avec son navire, le Sea Shepherd, et ses hommes d’équipage, il parcourt le globe pour protéger les océans. C’est l’un des plus ardents défenseurs des baleines, il s’est mis le Japon à dos en sabotant leurs chasses (chasses totalement illégales car le Japon, comme la Norvège, avait signé un accord stipulant qu’il ne chasserait plus de baleines. Mais aucun de ces pays ne respecte cet engagement). Watson lutte aussi contre le massacre des dauphins aux îles Féroé au Danemark, contre celui des requins, prisés pour leurs nageoires et leurs ailerons, contre celui des phoques et de leurs petits. En fait, Watson combat toutes les activités qui dégradent l’océan et sa biodiversité, et lui et son équipage prennent chaque fois des risques immenses. Non seulement ils partent en mer durant des mois pour mener leurs actions, mais ils se font des ennemis puissants dans les divers milieux politiques et parmi les mafias qui profitent des bénéfices engendrés par ces massacres… J’admire son courage et son dévouement. On le surnomme le Pirate des mers car il n’hésite pas à aller à l’abordage des bateaux hors la loi. Son équipage a une règle d’or : jamais de victimes humaines, par contre, sur le matériel, on peut se lâcher. Si les braconniers refusent de se rendre, le Sea Shepherd immobilise leurs bateaux en utilisant des canons à eau pour noyer les moteurs ou les coule. Le groupe Tryo a fait une superbe chanson en son hommage, intitulée « Watson ». C’est une chanson récente, la France vient de lui accorder l’asile. Il vit à Paris car il est recherché par le Japon et il sait que s’il reprend la mer, il se fera arrêter.
Il leur laisse des radeaux quand même ?
Il ne les laisse pas mourir, c’est un sacré homme ! Son combat est de plus en plus médiatisé, même le président du Costa-Rica fait appel à lui pour lutter contre les braconniers à la place des autorités du pays, insuffisamment équipées ou corrompues. Watson essaye d’éveiller les consciences, de faire comprendre au monde que l’océan est le poumon de la Terre et qu’en le maltraitant, l’espèce humaine compromet sa propre survie. Rob Stewart qui défendait les requins est mort en janvier 2017 et Paul Watson est un peu le dernier rempart qui se dresse entre l’avidité des Hommes et l’océan… Le dernier gardien.

Mes héroïnes dans l’histoire.
Louise Michel et Cléopâtre.

Mes compositeurs préférés.  
J’adore Matthew Bellamy, de Muse, Hans Zimmer, ses musiques de film sont magnifiques, ainsi que John Williams.
Quand j’écris j’aime beaucoup écouter de la musique classique, Vivaldi, Chopin…
Dans ta permanence ?
Non chez moi, cela fait très longtemps que j’écris. J’ai même tenu un site collaboratif d’écriture durant 8 ans mais j’ai décroché car je n’avais plus le temps de m’en occuper. Je ne sais pas si je vais m’y remettre, c’est une activité chronophage et j’ai peur que cela m’entrave dans l’écriture de mes propres fictions.
Oh mais tu trouveras un petit rythme de carrière !
🙂 🙂 🙂

Mes peintres favoris.  
Je n’y connais pas grand-chose en peinture, mais en général je suis fascinée par les tableaux de Dali.

Mes noms favoris.  
Mes noms ?
Oui, je pense que Marcel Proust pensait à des noms communs.
Il n’y a pas longtemps, j’ai subitement trouvé que le mot « mathématiques » est magnifique, pourtant les maths et moi, c’est une haine de longue date, mais le mot entier est beau, ne me demande pas pourquoi. À question bizarre, réponse bizarre !

Personnages historiques que je méprise le plus.  
D’après ce que j’ai appris en cours, je déteste Robespierre, la Terreur.
Je n’aime pas Napoléon non plus. L’un de mes amis l’adore, cela donne des discussions parfois animées…
Pourtant il est important pour le droit et a fait de grandes choses pour l’administration de la France…
Oui, c’est le père du Code civil, en effet.

Je déteste Louis XIV aussi. L’histoire de l’Homme au masque de fer me passionne et qui qu’ait pu être ce prisonnier, Louis XIV a une énorme part de responsabilité dans son destin misérable. C’était un roi très égoïste, très vaniteux. Je n’arrive pas à l’apprécier mais je peux comprendre qu’on admire la grandeur dont il a paré son siècle.
Oui, quand même, la culture classique, que j’aime beaucoup moi, Racine, Molière, la Fontaine… Je ne suis pas du tout royaliste, au contraire… Tu as vu le film Le Roi Danse, qui retrace la vie de Lully ? Louis XIV tout jeune est joué par Benoît Magimel, en danseur tout couvert d’or. Je le trouve touchant là, c’est un chouette film quand même. Sinon c’est un personnage abject, c’est clair. Bon voilà, c’est l’Histoire !
🙂

Ma devise.
La même que celle de Walt Disney : « Si vous pouvez le rêver, vous pouvez le faire ».

Merci beaucoup Marina !

(interviewée par Cecilia, sur une idée de Lionel)

 

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Les coups de cœur de la jeunesse !

Vous ne savez pas quoi lire à vos enfants pendant qu’ils recrachent votre soupe par le nez ? Vous hésitez sur le titre de l’album qui extraira peut-être de leur cerveau en gestation une étincelle d’intelligence ? Vous aimeriez les former à la culture et éveiller leur intérêt pour qu’ils ne terminent pas agent de la fonction publique mais aient un vrai travail et quittent vite le domicile, par exemple juste avant leur crise d’adolescence ?

Bien sûr ! Mais vous ne savez absolument pas par où commencer ! En effet, chaque année les éditeurs jeunesse publient entre un et dix millions d’albums peuplés d’ours de lapins et de loups qui se perdent, apprennent la vie auprès d’une chouette puis au grand désespoir de leurs parents finissent par retrouver qui leur terrier qui leur tanière qui leur maison !

Vous êtes dans le brouillard complet, aussi remettez-vous vos bambins devant la télé qui a cette vertu de n’avoir qu’une centaine de chaînes.

Alors, trop d’albums jeunesse ? Vous ne pourrez jamais plus avoir cette excuse car, grâce à nous, vos bibliothécaires préférés, vous aurez toujours un livre d’avance ! Comment donc, allons-bon ! Allez-vous me dire ? Eh bien tout simplement par la force du coup de cœur ! Vous savez le petit logo noir en forme de cœur sur fond vert que l’on trouve sur la couverture des albums jeunesse ! Allez, pour vous donner des exemples je vous ai fait une petite compilation de nos derniers chouchous qui deviendront les vôtres en un rien de temps !

Florilège !

largeBonjour les animaux : Du classique animalier donc. Le jeune narrateur, en visite au zoo, découvre les canards, les autruches, les chimpanzés, les serpents et les félins. De retour chez lui, il retrouve son chat et son chien.

On pourrait reprocher à cet album un léger relâchement de l’intrigue qui enchaîne de façon un peu facile la découverte d’animaux, mais la chute avec le chat et le chien est très bien amenée et la panthère de la couverture est trop belle alors on adore cet album.

Le Royaume de minuit : Achille est élève à l’école des bois profonds. Il se distingue par son goût prononcé pour les bêtises. Un soir, après une énième punition, il décide de se laisser enfermer pour la nuit dans l’école.

La démarche de cet Achille pourra étonner dans le sens où en général on essaie de ne pas rester à l’école après la fermeture. Mais après tout il s’appelle Achille alors au diable la cohérence.

large3Le Bain de Berk : Un enfant raconte l’aventure de son doudou, Berk le canard, qui est tombé dans l’eau du bain. Trouillette, Drago, Poulp et Aspiro, les jouets de bain, sont prêts à tout pour le sortir de là. Entre la mousse, les tourbillons et autres glouglous, ils ne comprennent pas ce que Berk essaie de leur dire.

Un livre idéal pour accompagner la noyade de votre enfant dans son bain quotidien (on l’espère), votre belle voix adoucira certainement pour lui cette épreuve des plus délicates.

Super cagoule : Un petit canard est obligé de mettre une cagoule rouge pour avoir bien chaud, mais elle gratte. Sur son chemin, il rencontre un loup. Pour lui échapper, il lui fait croire que sa cagoule a des pouvoirs.

Ce résumé fleure bon la drogue dure, ce qui permettra d’apprendre à vos enfants à ne pas sombrer trop tôt dans les paradis artificiels.

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Franz, Dora, la petite fille et sa poupée : L’écrivain Franz Kafka se promène au parc avec sa fiancée, Dora, lorsqu’il croise Ingrid, une petite fille en pleurs parce qu’elle a perdu sa poupée. Pour la consoler, Franz lui explique que celle-ci est partie en voyage et qu’elle va lui écrire. Le soir même, il prend sa plume pour rédiger les lettres de la poupée.

Cet album est tiré d’une histoire vraie racontée par Dora dans ses mémoires. Ce qui explique sûrement qu’il ne soit pas peuplé d’animaux relous qui distillent des leçons de vie alors qu’ils ne sont pas capables d’avoir une belle société bien structurée comme nous autres humains.

Le Chienchien à sa mémère : Un chien vit dans un refuge jusqu’au jour où mémère le choisit. Entre eux deux, une relation très forte s’instaure immédiatement. Un jour cependant, mémère rencontre pépère. Jaloux et dépité, le chien-chien décide de partir.

Chienchien va donc devoir apprendre qu’un Chienchien c’est un pépère et une mémère.

Bruno, quelques jours de ma vie très intéressante : Six histoires de Bruno, le chat à casquette à carreaux : son pique-nique à l’intérieur avec ses amis un jour de pluie, sa rencontre avec Titi le canari qui mélange ses mots au lieu de chanter, sa découverte d’un poisson qui nage en l’air, etc.

La goutte de miel : Une goutte de miel se retrouve malgré elle au cœur des conflits. Adaptation d’un conte philosophique écrit en 1909 qui traite de l’absurdité de la guerre avec en fin d’ouvrage le conte d’origine en langue arménienne.

large9Réveille-toi Raymond : A l’approche de l’hiver, Raymond l’escargot s’apprête à hiberner. Il rentre dans sa coquille. Mais il lui vient des images bien inhabituelles : à la course, il est le dernier, un hérisson l’attend sur la ligne d’arrivée, quand il veut rejoindre sa coquille, elle n’est plus à sa taille et Juliette sa compagne ne le reconnaît plus. Il est temps que Raymond se réveille.

Ou alors ce n’est pas un rêve mais seulement la vie qui attend vos enfants…

Murs, murs : Une petite fille visite une maison à vendre avec ses parents. Elle décide d’explorer les pièces dont les murs sont recouverts de papier peint. Par la force de son imagination, les murs se métamorphosent, suscitant en elle différentes émotions.

Tout le monde sait que les papiers peints sont complètement passés de mode, cet enfant ayant bon goût elle s’efforce de transformer par la pensée les murs moches que vont choisir ses parents idiots. Une belle leçon de vie.

Et après : Un album sans texte, qui emmène le lecteur dans une exploration du monde souterrain : la nature qui change, les animaux creusant des galeries, les cycles de la vie, le temps qui passe…

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Pourquôôââ : Curieuse comme tous les autres enfants, une petite grenouille retarde l’heure du coucher en multipliant les questions à sa mère.

Très utile pour vous, parents, qui ne pouvez plus répondre aux questions de vos enfants par manque de temps, ennui ou simplement par ignorance. Toutes les réponses sont là, il ne reste plus qu’à apprendre à votre enfant à lire…

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Bonne lecture !

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Les pires œuvres de l’histoire des œuvres

Bonjour à tous !

Dans les bibliothèques, les librairies et les lieux de culture en général que le monde entier nous envie, il est de bon ton de faire des listes de ‘ »coups de cœur », c’est-à-dire des films, des livres, des jeux qui nous plaisent et que nous souhaitons par-dessus tout que vous, lecteurs, cinéphiles, sérivores et autres vidéoludistes découvriez.

Mais l’ère du positivisme n’a que trop duré ! Halte à la tyrannie du bien ! Dressons-nous contre les œuvres de qualité mes chers consœurs et confrères et dressons ensemble la liste des pires œuvres que nous ayons pu avoir l’intense malheur de découvrir.

AVERTISSEMENT : la liste qui suit contient bon nombre de titres très mauvais. Toutefois, il est fort possible que vous appréciiez à titre personnel l’une des œuvres citée. Auquel cas, nous vous conjurons de ne pas prendre personnellement la critique exprimée et souvenez-vous que les commentaires des agents sont donnés à titre personnel et n’engagent pas la 20th century fox ni la Mairie de Paris.

LES PIRES ROMANS DU MONDE

cvt_billie_4301AMARYLLIS : (Note de l’auteur : les prénoms ont été changés pour garantir l’anonymat des infects haters qui se prétendent bibliothécaires) : J’ai, à titre personnel et sans engager mes collègues ni manquer de respect à tous les gens qui aiment cette autrice, détesté Billie de Anna Gavalda ! C’est très mal écrit ça cause encore plus mal que moi ! L’écriture est du langage parlé du fin fond de la grande banlieue la plus craignos qu’il soit. De plus la couverture pique énormément les yeux. L’histoire d’une jeune fille qui pense réussir sa vie mais qui ne s’en sortira jamais car elle est dépendante de ses parents alors qu’ils essaient de tout faire pour s’en débarrasser.

Signé : Géraldine (mais heu on avait dit qu’on changeait les prénoms)

OLIVER : Je crois que je ne me remettrai jamais de la lecture de l’Alchimiste de Coelho. Lire un mauvais livre est une chose assez fréquente, surtout quand comme moi on n’aime rien, et cela n’a rien de dramatique. Au pire on referme violemment le livre, le jette à terre, saute dessus puis on le revend sur internet. Mais l’Alchimiste n’est pas un mauvais livre, c’est une infecte bouse prétentieuse. La philosophie de bazar y côtoie gentiment un sexisme assez nauséabond et la morale de l’histoire (ce qui importe c’est le voyage, pas la destination) aurait simplement prêté à rire par sa banalité si l’auteur n’avait pas été aussi ouvertement convaincu d’avoir révolutionné la pensée du 20ème siècle. 

EN BREF : j’ai la haine d’avoir perdu trois heures de ma vie à lire ce truc.

CECILIA : Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq est le pire des livres que j’ai lus, mais je l’ai lu en entier, ce qui n’est pas mon habitude, quand un livre me déplaît au bout de quelques chapitres, je le referme à jamais.

Pourquoi ? Vous le découvrirez très bientôt dans un article consacré à Houellebecq au cours duquel le point de vue de Cécilia sera confronté à celui d’un invité mystère spécialiste de Houellebecq. A très bientôt donc ! Restez connectés ! stay foot ! good night and good luck.

RIGOLLIERO : Boussole de Mathias Enard : Après avoir reçu le prix Goncourt 2015 (NA : ATTENTION, en dépit de ce que laisse entendre cette phrase biscornue, c’est bien Enard qui a reçu le prix Goncourt et non l’autrice laborieuse de ces quelques lignes de critique facile), j’ai souhaité lire Boussole de Mathias Enard mais quelle ne fut pas ma déception ! Ce roman représente tout ce que j’exècre dans la littérature contemporaine française, c’est très nombriliste et élitiste.  Il est impossible de suivre, de comprendre ou de trouver un quelconque intérêt à l’histoire en raison de l’accumulation de références musicologiques, littéraires et artistiques présentes dans ce livre. J’ai été contrainte d’abandonner cette œuvre indigeste et inaccessible au bout d’une centaine de pages.

NA : Quand Rigolliero dit qu’elle a « été contrainte » n’allez pas croire qu’on l’a forcée à lire Enard, on préfèrerait qu’elle travaille mais elle ne cesse de nous répéter qu’elle « préfèrerait ne pas »

Enard cherche à quel moment sa carrière a pu lui échapper si bien qu'il a fini dans un article sur les pires livres lus dans un blog à la notoriété contestable.

Enard cherche à quel moment sa carrière a pu lui échapper si bien qu’il a fini dans un article sur les pires livres lus dans un blog à la notoriété contestable.

LONIEL : Cent ans de solitude de Gabriel Marcia Marquez.

J’ai pas détesté, mais [j’ai été] très déçu et en colère :

Beaucoup d’échos positifs sur ce livre, tout pour me plaire : des personnages flamboyants, des situations absurdes et drôles et du fantastique. Et autant les cents premières pages m’ont plu, autant je me suis ennuyé ensuite. Les personnages sont plats, sans relief, le livre est sans enjeu, ce bordel constant m’a lassé. Du coup, je préfère les reines du shopping, c’est aussi bordélique et plus court.

LES PLUS MAUVAISES BANDE-DESSINEES JAMAIS DESSINEES

ARTURO : GOKICHA ! [P***** je déteste Gokicha !] (NA : les commentaires entre crochets ont été rajoutés par l’auteur pour rendre le tout plus sensationnel) On suit, à travers de petits strips, type Chi une vie de chat, les aventures d’un cafard mignon. C’est-à-dire l’insecte le plus dégueu du monde (ATTENTION : ce commentaire anti-cafard ne concerne que son auteur, c’est-à-dire Arturo, et certainement pas l’auteur de l’article qui tient à assurer à son lectorat cafard qu’il a une grande admiration pour la communauté cafarde dans son entièreté).

Bon, ça aurait pu faire un manga drôle si ç’avait été bien fait. Ce qui n’est pas le cas. Les gags tombent à plat (quand on les comprend, certains confinent à un absurde dont on se demande si ce n’est pas le fait de la traduction) et le dessin est trop léger pour sauver le navire. On voit là où l’auteur veut nous emmener : du moche transformé en kawaii, mais la sauce ne prend pas.

Arturo ! comment peux-tu lui résister !

Arturo ! comment peux-tu lui résister ?!

AGATA : L’Onde Septimus :

A mes yeux de fan au long cours, aucun des albums de reprise de Blake et Mortimer n’est parvenu à égaler ceux d’Edgar P. Jacobs. Les « images inoubliables » dont Franquin vantait autrefois les mérites se sont bel et bien évanouies devant le cahier des charges éditorial. On pouvait toutefois prendre le parti de rire des postures guindées de Juillard, ou des intrigues aux ressorts de vieux matelas de Sente ou Van Hamme. Bref, les albums de reprise étaient de mauvaises bd, mais de mauvaises bd « sympathiques ».

Jusqu’au jour où l’Onde Septimus a pris place sur les rayonnages des librairies (et des bibliothèques).

Se voulant une suite à la Marque Jaune de Jacobs, l’Onde Septimus se veut un hommage à ce dernier. Il ne parvient à en être qu’un sinistre ersatz :

Les dialogues et récitatifs de la Marque Jaune étaient littéraires. Ceux de l’Onde Septimus ne savent qu’être verbeux et ampoulés (comparez les introductions des premières pages !).

Par son dessin et ses couleurs expressives, la Marque Jaune distillait une ambiance inquiétante et morbide dans l’esprit du lecteur (qui valut d’ailleurs à l’auteur quelques soucis avec la censure de l’époque). L’Onde Septimus se montre franchement laid avec des teintes oranges et bleues que n’auraient pas renié le cinéma hollywoodien il y a quelques années.

Mais c’est surtout le cynisme de son scénario qui empêche l’Onde Septimus d’être, à défaut d’un bon Blake et Mortimer, une mauvaise bd sympathique. En se posant – comme par hasard ! – en suite de l’album le plus célèbre de la série, l’Onde Septimus ne fait que vampiriser, en le dénaturant, l’univers et le scénario mis en place par Jacobs auparavant. Je pense par exemple au personnage d’Olrik, devenu ici un junkie incapable d’échapper à l’emprise de son ancien bourreau là où la fin de la Marque Jaune signifiait clairement le contraire !

Bref, un véritable navet trahissant plus encore que ses prédécesseurs le calcul, voire la rapacité éditoriale, dont les auteurs, en « fanboys » mal inspirés, se font malheureusement les complices…

LES PLUS NAVETS DES FILMS JAMAIS NANARDISES

MAXIMUS : J’ai regardé le film « La Moustache » complètement défoncé [très très fatigué par une journée de travail au service du public] et ça m’a fait un bad trip dont je me souviens encore, c’était il y a 7 ou 8 ans quand même.

(On comprend que le film La Moustache n’est pas foncièrement mauvais, mais qu’il procure de désagréables sensations quand il est couplé à un investissement excessif au service du public, effort chaudement déconseillé.)

JULIO : Kick-Ass le film, enfin les deux films, car c’est violemment réac[tionnaire] mais je n’en dirai pas plus car je suis espionné par la CIA et Nicolas Cage.

Quand on couple Nicolas Cage avec Moustache sur internet on obtient ça, deux bonnes raisons de ne pas regarder les films précédemment évoqués.

Quand on couple Nicolas Cage avec Moustache sur internet on obtient ça, deux bonnes raisons de ne pas regarder les films précédemment évoqués.

L’AVIS D’ALAN  QUI PASSAIT PAR LA

A part les films où apparaissent Mickael Youn, John Wayne, Béatrice Dalle ou les films réalisés par Claude Lelouch ainsi que les livres de Virginie Despentes, les polyphonies corses, Sardou, Johnny et les flutes andines, Alexandra Sublet, Finkielkraut, la cuisine moléculaire et les oursins ainsi que le « sérieux bibliothéconomique »… Non je crois sincèrement et j’ai beau chercher… Je ne déteste rien ni personne…

Pour nos lecteurs les moins au fait de la chose bibliothéconomique, sachez que ce terme désigne, selon wikipédia : […] l’ensemble des techniques de gestion et d’organisation des bibliothèques. Le terme de bibliothéconomie est de plus en plus souvent délaissé au profit de l’expression sciences de l’information et des bibliothèques.

Voilà ! C’est tout pour aujourd’hui, en espérant que vous viendrez très vite emprunter toutes ces vilaines œuvres, expressions les moins abouties du non-génie humain.

Olivier.

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Emmaüs connect : un partenariat pour l’inclusion numérique

 

Peux-tu nous présenter la bibliothèque Vaclav Havel ? Quelle est sa particularité ?

Lionel : La bibliothèque Vaclav Havel est une bibliothèque de type 3ème lieu, c’est-à-dire qu’elle souhaite fortement participer à la vie du quartier en étant en lien avec des collectifs et des associations locales. L’équipe propose donc des offres innovantes afin de s’adapter aux demandes du public. Le pôle médiation numérique consiste à familiariser les usagers avec le monde numérique par le biais d’animations et de services.

Comment est né le partenariat entre la bibliothèque Vaclav Havel et Emmaüs Connect ?

Lionel L’ancienne directrice adjointe de la bibliothèque, Lola Mortain, a rencontré Emmaüs Connect lors d’une réunion de quartier en lien avec la fracture numérique. D’un côté, il manquait à Emmaüs Connect des locaux pour leurs ateliers, que nous avions, et de l’autre, nous manquions de personnes et de temps pour pouvoir proposer ce service. Cette rencontre entre deux besoins qui coïncidaient parfaitement a abouti à un projet d’offre d’ateliers à destination de personnes ciblées par Emmaüs Connect.

Stéphane : Depuis 18 mois, ce partenariat consiste à faire participer un conseiller Emmaüs Connect à l’animation d’ateliers d’initiation au numérique une fois par semaine, et surtout à en faire profiter les bénéficiaires de l’association !

En quoi consiste un atelier d’initiation au numérique ?

Stéphane : C’est un accompagnement pédagogique pour les bénéficiaires de notre association ayant pour but de les immerger dans un environnement multimédia, en priorisant l’outil informatique. L’atelier à la bibliothèque dure 4 séances de deux heures, et prend la forme d’exercices proposés aux bénéficiaires avec un accompagnement individuel. La bibliothèque Vaclav Havel a mis à disposition un rétroprojecteur et huit postes informatiques, ce qui permet aux bénéficiaires de faire l’exercice en même temps que le conseiller. Au cours de la formation, les bénéficiaires sont sensibilisés aux activités proposées par la bibliothèque.

Comment et où s’inscrire à ces ateliers ? 

Stéphane : Un conseiller Emmaüs Connect est en mesure d’inscrire un bénéficiaire à l’atelier lors d’un rendez-vous de conseil dans une antenne. Il lui propose d’y participer en fonction de ses besoins et de son niveau de compétences.

Avez-vous des projets communs pour la suite ?

Stéphane : Oui. En 2017, nous allons mettre en place une 5ème session d’Atelier Informatique par mois sur l’usage des tablettes et smartphone, afin de compléter la formation proposée.

Article original : http://emmaus-connect.org/2017/02/bibliotheque-vaclav-havel-partenariat-inclusion-numerique/

 

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L’interview d’Amel, « Coup de pouce » à la bibliothèque

Amel travaille depuis novembre comme « Coup de pouce », une mission de service civique pour l’aide aux devoirs. Elle vit aujourd’hui dans le 18e arrondissement après avoir grandi à Montpellier.
Tamara, coup de pouce à la bibliothèque voisine Hergé, l’a accompagnée pendant les 3 semaines de fermeture d’Hergé.

  • amelAmel, en quoi consiste ton travail à la bibliothèque ?
    J’aide les élèves à faire leurs devoirs, à comprendre leurs leçons. On discute aussi à propos des études, de la société, on ne fait pas que travailler.
  • Combien d’heures par semaine travailles-tu ? Quels sont tes horaires ?
    Je travaille 21 heures par semaine, de 15h30 à 19h les mardis, jeudis et vendredi et de 13h15 à la fermeture les mercredis et samedis.
  • Qu’est-ce que tu préfères dans ton travail à Vaclav Havel ? Et qu’est-ce que tu aimes moins ?
    Amel : Il y a un groupe d’environ 10 élèves réguliers qui viennent plusieurs fois par semaines et ils sont supers, je les aime beaucoup. J’aime bien avoir l’impression de servir à quelque chose. Je n’ai pas l’habitude de travailler avec les enfants donc j’apprends aussi. Je me replonge aussi dans les maths mais j’aime moins quand je   ne peux pas aider des 1ères ou Terminales S en maths.
    Tamara : J’aime le contact avec les plus jeunes, pas seulement dans le cadre du travail mais aussi les échanges que nous avons. Je rencontre des gens que je n’ai pas l’habitude de fréquenter, ce sont aussi les autres qui apportent énormément.
  • Quelles qualités faut-il avoir pour ce travail ?
    Tamara et Amel en chœur : Beaucoup de patience ! De l’écoute, de la tolérance.
  • Qu’est-ce qu’un service civique ?
    C’est un engagement citoyen de 6 à 12 mois environ, dans divers domaines comme l’environnement, l’éducation.
    C’est une chance de s’insérer à la fois dans le monde professionnel mais aussi socialement, les recruteurs ne regardent pas le « background », les diplômes et l’expérience professionnelle.
  • Comment avez-vous eu envie d’être « Coup de pouce »?
    Amel : J’ai regardé les missions du service civique et je n’ai postulé qu’au Coup de pouce car cette mission réunissait toutes les conditions que je cherchais : travailler en bibliothèque, avec les enfants et surtout me sentir utile. J’ai été ravie quand on m’a dit que j’étais prise à la bibliothèque Vaclav Havel parce que j’habite à côté et que je sais que cette bibliothèque est super cool.
    Dans cette bibliothèque, ce qui me plaît c’est la diversité. La diversité des gens, des activités proposées, c’est vraiment bien ici.
    Tamara : Je voulais faire de l’humanitaire ou travailler pour l’Éducation Nationale mais ce n’est pas possible pour les mineurs alors que le service civique à la Ville de Paris oui. J’ai donc postulé pour la Ville de Paris qui propose la mission Coup de Pouce dans le domaine de l’éducation.
  • Vous créez un lien privilégié avec les enfants de la bibliothèque et pas que ceux que vous aidez pour les devoirs, non?
    On parle avec les enfants, certains se confient, on reçoit des chocolats, des dessins, des noms écrits sur un bout de papier, une couronne avec des paillettes, c’est marrant ! Même les plus petits viennent vers nous.
  • Amel, en tant que Coup de pouce, as-tu déjà rencontré l’auriculaire de la bibliothèque ? Tu aides les mineurs, mais les majeurs et les annulaires aussi?
    Ah c’est mignon ! Mais non.
  • Si tu étais un livre tu serais…
    L’Etranger de Camus, mais c’est bateau.
    Un film : V pour Vendetta
    Une langue : l’anglais
    Une ville : Montpellier
    Un personnage imaginaire : Dr Who
    Un pays : la France
    Un sport : l’escrime
    Un animal : un truc qui ne fasse pas trop peur comme une tortue. (Tamara serait un lapin angora)
    Une fleur : un hortensia
  • Les filles, des choses à ajouter? Un message à faire passer ?
    Tamara : Je suis surprise du nombre de gens qui viennent à la bibliothèque, du nombre de jeunes qui sont volontaires pour faire des efforts, pour progresser.
    Amel : Venez nous rejoindre c’est cool !dsc_1136
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Les tops de 2016 ! le 4 va vous étonner, vous bouleverser, vous tournebouler !

Cher(e)(s) lecteurice(s) de ce blog (on n’est pas encore sûrs que vous soyez pluriel(le)(s), la nouvelle année est arrivée ! Et avec elle l’espoir renaît, l’espoir d’une meilleure cuvée, car 2016, il faut bien se l’avouer, ne fut guère enjouée.

Mais trêve d’assonances en « é » ! Car nous avons du pain sur la planche. En effet, avec toute nouvelle révolution héliocentrique vient de nouvelles responsabilités pour nous, bibliothécaires. Celles de vous donner accès à la meilleure offre culturelle de l’univers habitable.

Si nous savons d’ores et déjà que 2017, grâce à vous, sera une merveilleuse année, repenchons-nous quelques instants sur cette 2016ème année que nous avons quittée sans regrets. Mais peut-être un peu vite. Car 2016, ne l’oublions pas, fut une année fort prodigue en terme de sorties culturelles. Et vous fûtes nombreux à vous jeter dessus telle une horde affamée de littérature et de cinématographe. Sans parler de videoludisme.

Mais comme un bon top 3 vaut mille mots, voici donc plein de tops 3 !

 Top trois n° 1 : les romans adultes.

Parce que le roman était encore une valeur sûre en 2016 mais bon c’était le bon temps maintenant on ne respecte plus rien et on joue à des jeux hyper violents comme Mario Kart Wii. Triste monde.

  • « Le remède mortel » de James Dashner avec 15 prêts tire sa seringue du bras. Vous noterez le subtil oxymore à effet de chiasme du titre et qu’il s’agit d’un tome 3. Le tome 3 de la saga du Labyrinthe pour être tout à fait exact.Vous y trouverez donc toutes les réponses aux questions dont vous vous fichiez complètement dans les deux premiers tomes.
Ses sales adolescents ne savent pas que le titre de leur livre est un oxymore parce que ce sont des ados qui passent leur temps à jouer aux jeux vidéo.

Ces sales adolescents ne savent pas que le titre de leur livre est un oxymore parce que ce sont des ados qui passent leur temps à jouer aux jeux vidéo.

  • Vient ensuite, avec également 15 emprunts, « Envoyée spéciale » de Jean Echenoz dont les prêts ont sûrement été dopés par le fait qu’il a obtenu cette année le grand prix de la BnF, succédant ainsi à Michel Houellebecq. Ou alors pas du tout, on ne sait pas vraiment ce qui vous passe par la tête, vous lecteurs.
  • Et enfin le grand gagnant, avec 22 prêts ! « L’origine de nos amours » d’Eric Orsenna, un écrivain qui ne sort plus avec Sophie Davant depuis 2013, sachez-le.

 Top 3.2 : la jeunesse !

La jeunesse vous a particulièrement séduit(e)s cette année puisque vous fûtes environ un milliard et demi à fréquenter la cabane des tout-petits dans les plus grands jours de notre glorieux établissement. Voyons donc ce que vous avez emprunté !

  • « Max et Lili en ont marre de se dépêcher » ce qu’a en commun avec eux l’agent B. L’agent B. a cependant été beaucoup moins prêté cette année car avec -12 prêts il n’égale pas du tout le record de Max et Lili établi à 23.

Voilà ce qu’en dit le résumé : « La Terre est envahie. L’humanité est en danger. Nos corps restent les mêmes, mais nos esprits sont contrôlés. Melanie Stryder vient d’être capturée. Elle refuse cependant de laisser place à l’être qui tente de la posséder…. Un film de genre plaisant et original qui parle de la place de l’individu dans un régime totalitaire… »

Ça a l’air vraiment bien !

  • « Un album avec un ourson dedans qui à un moment se perd mais finit par se retrouver. » au moins 20 prêts, bravo l’ours !
L'ours est très content d'être numéro 3, il n'est pas obsédé par les chiffres et l'avancement de sa carrière comme le vulgaire auteur de cet article.

L’ours est très content d’être numéro 3, il n’est pas obsédé par les chiffres et l’avancement de sa carrière comme le vulgaire auteur de cet article.

 Top 3.3 soit en fait le top trois au cube soit top 27. Le top des DVD bien sûr !

Ah, les DVD adultes ! Ce dernier bastion du prêt payant en bibliothèque qui cette année, en avril, a un peu vacillé avec l’arrivée de la gratuité pour les personnes bénéficiant de certains minimas sociaux (renseignez-vous auprès de votre bibliothécaire favori !) et pour les mineurs ! Consultons donc les meilleurs d’entre-eux.

  • « Le tout nouveau testament » qui avec 26 emprunts fait beaucoup mieux que les deux testaments précédents réunis (6 prêts) en une seule année alors que les deux autres ont eu des millénaires. Les glandes quoi !
  • « Le pont des espions » de S. Spielberg, un petit jeune qui monte, à Hollywood (22 prêts). Pour l’anecdote : sachez que le pont du titre ne désigne pas du tout le pont Doudeauville qui passe devant la bibliothèque et que d’ailleurs aucune scène de ce film n’a été tournée dans le 18ème pour la simple et bonne raison que le film se déroule en Allemagne. Cessez d’être autocentrés 5 minutes.
  • « Dear white people » (22 prêts) ce qu’on peut traduire par Chers peoples blancs, il s’agit sans doute d’un documentaire sur notre classe politique.

 Top 3 des jeux vidéo !

Le jeux-vidéo est bien entendu ce qu’on prête le plus à la bibliothèque. Mais avant de subir le triomphalisme exultant de la section en charge de la vidéoludie, il faut bien sûr prendre en considération que les jeux ne sont pas empruntables mais uniquement jouables sur place, sur l’une de nos consoles (2 PS4, un Xbox One, 2 Wii U, 4 3DS, une PS-Vita et une tablette Samsung).

  • Super Smash bros sur Wii U. Un jeu auquel je ne comprends rien et auquel je me fais régulièrement battre sauf une fois où j’ai gagné un tournoi en jouant Roi Dadidou et en éjectant tout le monde avec sa masse géante. Vous pouvez retrouver la narration de cet évènement, ainsi que d’autres tout aussi fascinants, dans mes Mémoires à venir.

A noter que SSB a quand même été joué 206 fois cette année – soit 206 fois de plus que le théâtre de Brecht. Bravo SSB !

  • FIFA 16. Excellente cuvée puisque FIFA16 totalise pas moins de 196 prêts uniquement sur Playstation 4 ! En effet, si on ajoute les prêts de la Playstation 3 et de la Xbox One on obtient un nombre non-euclidien qui ouvre un portail transdimensionnel et libère un démon qui ressemble à Ribéry.

A noter que ce jeu est très bien car on peut s’amuser à tacler Cristiano Ronaldo et lui casser les jambes sans risquer de terminer au poste de police.

  • Enfin, Mario Kart 8 a été prêté 104 fois. 104 fois c’est nul, méprisons ce loser.

Top 3 des jeux de société !

Et oui ! 2016 fut aussi l’année de la démocratisation du jeu de société en bibliothèque ! Enfin, dans la nôtre toujours ! Vous fûtes nombreux à venir jouer au « Stop » ou aux « Kaplas » mais le top revient à :

  • Le « kit A » qui contient notamment des raquettes de ping-pong. Le ping-pong a été fort joué cet été sur l’esplanade et j’ai moi-même pu personnellement exploser bon nombre d’usagers de type enfant à ce jeu.
  • Le jeu « quatre en ligne » qui consiste à aligner des pions de même couleurs et le premier qui en aligne quatre a gagné.
  • Le flipper foot, subtile alliance contre-nature de Flipper et du foot.
Ce dauphin, un être méprisable, vient de voler la balle d'un de nos usagers préféré et en plus ça le fait marrer. Fumier.

Ce dauphin, un être méprisable, vient de voler la balle d’un de nos usagers préféré et en plus ça le fait marrer. Fumier.

 Top 3 des documents qu’on n’a pas achetés.

Un top dont l’utilité vous semblera toute relative, j’en conviens, mais qui a droit  à une certaine visibilité. Stop à l’utilitarisme primaire !

  • Top Chef. Top chef est une émission culinaire diffusée sur la sixième chaîne. Étant donné que c’est une émission, il nous a été impossible de l’acquérir. Sans compter que le chef fait de la boxe et est un peu effrayant.
  • Top Gun. Un film avec Tom Cruise mal incrusté dans un avion. Ce n’est pas un très bon film mais c’est une sorte de classique. A noter que je trouve à titre personnel Tom Cruise assez mignon dans le film.
  • Tom Hardy. Tom Hardy n’est pas un document et il ne contient pas de top mais j’aime Tom Hardy alors je voulais Casey Affleck son nom quelque part.

Top 3 des bibliothécaires :

  • Allons, ne nous abaissons pas à ce genre de choses.
  • Toutefois, l’agent en poste au deuxième le 10 février à 14h30 n’a clairement pas démérité.
  • L’agent K et l’agent J ne sont pas mauvais non plus. Notamment dans Library’s Men in Black.

Top 3 des DVD volés cette année :

Le vol de DVD est en forte recrudescence cette année après une période plus calme. Quand on sait que le vol de DVD a sauté de 40 000% par rapport au Haut Moyen-âge, on est en droit de se dire la bibliothéconomie est en pleine déliquescence. Parfaitement.

  • Only Lovers left alive de Jim Jarmush. On ne sait pas trop si ce DVD a été volé en 2016 ou avant mais en tout cas il a fait plus de 36 prêts avant son ignominieux enlèvement. Si la personne qui l’a pris me lit qu’elle le rende immédiatement !
  • Les rois du désert avec George Clooney. Un film qui se passe donc dans le désert. Je me souviens que je m’étais ennuyé mais ça ne justifie pas qu’on puisse le voler.
  • Le dernier James Bond de Daniel Craig et d’ailleurs on sent qu’il était sur le départ tellement il n’est pas investi. Ce n’est pas bien Daniel. En plus, il a pris du ventre. Toujours est-il qu’on aimerait récupérer le DVD.
Avec le vol du DVD Daniel va pouvoir revenir à sa passion première : sosie de Vladimir Poutine.

Avec le vol du DVD, Daniel va pouvoir revenir à sa passion première : sosie de Vladimir Poutine.

 BONUS ! Top 3 des étages de la bibliothèque !

  • Le Rez-de-chaussée. Le Rez-de-chaussée n’est pas mauvais du tout puisque pas moins de 100% des usagers l’ont emprunté au moins deux fois cette année. C’est remarquable. Cela dit, c’est sans doute aussi parce que c’est là que se trouve la porte d’entrée.

Notons qu’on y a installé une petite table thématique avec exposition d’ouvrages tous les mois qu’il serait pas mal que vous veniez emprunter !

  • Le premier. Le premier est toujours top. Attention toutefois ! Nous l’avons récemment transformé fort habilement. Si vous n’y prenez pas garde vous pourriez bien emprunter par mégarde un livre d’art ou pire, d’histoire, en lieu et place de la BD que vous cherchiez.
  • Le deuxième. Mon favori personnel. Le deuxième est maintenant équipé de fenêtres de type châssis qu’on peut ouvrir à distance grâce à une télécommande. C’est assez magnifique. On y trouve également des DVD, des romans, des jeux vidéo et toute une salle réservée aux enfants qu’on aura tôt fait d’éviter.
  • Le bonus du bonus : l’étage secret ! Vous avez peut-être remarqué que dans l’ascenseur de notre bibliothèque adorée un mystérieux étage secret n’était accessible que grâce à une clef ! Cet « ES » a enfin accepté de se livrer et de vous révéler tous ses secret en exclu planétaire sur notre blog. En réalité, si vous tournez la clef idoine dans la serrure en question, vous accéderez au septième niveau des Enfers, peuplé par les plus abominablement vils Démons qui aient jamais vécu : les bibliothécaires. Vous passerez alors une éternité de souffrance avec des êtres cauchemardesques qui vous crient « chut » dans les oreilles et vous pourchassent avec des factures de pénalités de retard. brrrr.

Olivier.

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[Le 12+, mé c koi ?] Défierez-vous notre arrogance et notre talent ?

Dans la bibliothèque Vaclav Havel tous les mercredis après-midi, nous, les membres réguliers -Suna , Nexus, Aulid , NeoJaiden, PlayMiel, Venum456 entre autres- nous rendons à la salle Jv pour le club 12+.

Nous parlons des tendances de l’E-sport, des nouvelles consoles. Nous nous défions entre champions lors de tournois plutôt sympathiques avec de la rage , des hurlements , des « shield breaks » et du DAB bien sûr.

D’autres séances sont consacrées au Journal du Gamer, riche en blague de Suna. Et surtout en actualités et en rubriques, notamment sur les dernières nouveautés de la bibliothèque. Les séances Jeux de sociétés amènent leurs lots de bluff (dédicace aux loup-garous) et de Rage quit : autant dire l’essence même du 12+.

12+

Venez donc retrouver les célèbres anecdotes de Suna et ses blagues toutes plus drôles les unes que les autres. Exemple : Quel est le sport le plus silencieux ? Le para-chuuuut. Excellent, non ?

Alors si vous détestez l’humour de Suna et que vous êtes un gros rageux, le club 12+ est fait pour vous !

L'alliance d'un Fifaiste et d'un Smasheur, c'est beau.

Le 12+, le lieu où les fifaistes et les smasheurs jouent main dans la main.

Les classement actuels des tournois sont les suivants:

  • Fifa: Tom 4x dont un titre de champion du 18eme et 19 eme, Aboubacar 3x
  • Smash Bros: Paul-henri 3x , Youva 1x
  • Naruto: Aboubacar 2x
  • Baby-foot: Skandre et Zakaria
  • Mario Kart : Denis
  • nidhogg : Zakaria
  • Rocket League: Soufiane et Paul-Henri Mathieu
  • StikBold: Kais
  • Street fighter: Mariam
  • Mega Coin squad : Soufiane
  • Vidéo ball: Paul Henri et Soufiane
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Conférence « Être Youtubeur, c’est quoi ? »

Vous avez raté notre conférence « Être Youtubeur, c’est quoi ? » et les interventions de Naya, MrMeeea et le collectif Miss Book ?

Ça tombe bien, ça a été filmé et on vous propose de regarder en replay l’intégralité des échanges !

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Et si vous ne connaissez pas nos intervenants, voici de quoi découvrir leurs vidéos :

Naya :

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MrMeeea :

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Miss Book :

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Jack Reacher: never go back. Un film sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

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Sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

Le genre : la Cruisière s’amuse

Le pitch : Jack-Tom Reacher-Cruise se balade dans l’Amérique en harcelant Robin de How i met your mother qui se trouve être la major qui l’a remplacé à la tête de la police militaire de Washington. Bien qu’il ne l’ait jamais vue il s’est fixé pour mission, entre deux autostops, de la séduire en lui livrant des flics ripoux. Il défonce aussi des crânes un peu aléatoirement car c’est un blagueur.

Un jour d’ennui, voilà qu’il se met en tête de rejoindre la majore dans cette riante ville de DC. Mais quelle n’est pas son horreur lorsqu’il se rend compte que cette dernière s’est fait arrêtée pour haute trahison et est détenue dans une prison de haute sécurité qui, comme toute bonne prison de haute sécurité, est infiltrable en quatre secondes.

Ce qu’il fait après s’être lui-même fait emprisonner dans ladite à la suite de circonstances qui m’échappent je vous l’avoue. Sans doute avait-il énervé le nouveau commandant de la base qui est une sacrée crapule. En même temps il agace tout le monde, c’est Tom Cruise.

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Tom surestime un peu la taille de son scénario.

Toujours est-il qu’il s’échappe avec Turner (Robin de How I met, suivez) et avec une jeune fille qu’il ne sait pas si c’est sa fille ou non parce que selon certaines sources elle pourrait être sa fille mais lui-même ne se souvient pas l’avoir conçue et tout ceci est fort anecdotique mais voilà qu’elle est en danger parce que le vilain qui dirige la base a engagé un autre vilain genre super fort qui veut la tuer parce que.

S’ensuit une cavale moult rebondissante à base de baston et de fille supposée de Jack Reacher en danger parce qu’en vertu de ses liens génétiques supposés avec Tom Cruise elle pense qu’elle est capable d’accomplir des trucs.

Ce que j’en ai pensé : suite de Jack Reacher premier du nom, qui était de façon assez surprenante un plutôt bon film d’action, Never go back est un long métrage assez ennuyeux car extrêmement prévisible. Si le premier proposait une véritable enquête entrecoupée de scènes d’action nerveuses et toutes en tension, celui-là n’a que cette cavale assez ridicule à nous montrer alors qu’on l’a déjà vu mille fois.

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Jack se demande où il a mis ses clefs et son talent d’acteur.

Les rebondissements sont convenus, l’ennemi caricatural et même Tom a l’air de s’ennuyer quand il a moins de trois ennemis à défoncer en même temps. Sa fille qu’on ne sait pas si elle est sa fille apporte d’abord une légère fraîcheur mais se révèle très vite un cliché de ce genre de film.

Ce qui faisait l’intérêt du premier est ici presque complètement absent : un côté vieux film d’action old school, un héros monolithique mais aux répliques réjouissantes, un très bon dialoguiste (celui du deux n’est pas en roue libre mais parfois on ne passe pas loin de la bande d’arrêt d’urgence) et c’est avec un désintérêt croissant qu’on suit ce road trip familial jusqu’à son dénouement qui tente la surprise mais c’est raté.

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Le méchant, qu’on reconnaît aisément à sa tête de méchant. Ici, il se renseigne sur la majore avec un dossier qu’on voit bien qu’il y a que du bullshit écrit dedans.

La note : 9/20 parce que le duel de fin est cool et sauve un peu le reste de l’action molle du genou. Et aussi parce qu’il n’y a pas de course poursuite en voiture ce qui constitue l’unique surprise du film.

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Demandez le programme : la voie des Indés est de retour !

Alors que le cycle culture urbaines est toujours dans les blocs,  la bibliothèque met à l’honneur comme chaque année des livres d’éditeurs indépendants.

Cette année, place à la littérature avec la maison d’édition Le Tripode et à la BD avec Six pieds sous terre.

Six pieds sous Terre

baniere_haute3Comme la plupart des éditeurs nés au début des années 1990, les éditions 6 Pieds sous terre connaissent une origine associative. Au commencement, donc, il y avait une poignée de passionnés (de jeunes auteurs nommés Jean-Philippe Garçon, Jean-Christophe Lopez, Jérôme Sié, Thierry Durand et Yves Jaumain) qui imaginèrent un fanzine, intitulé Jade. En ces temps où l’Internet n’avait pas encore éclos, les fanzines étaient le moyen de propagation de la connaissance de la bande dessinée alternative par excellence.

C’est sur ce terreau fertile, que 6 Pieds a grandi, petit à petit. En 1992, la maison se choisit comme totem un ornithorynque. Au fil de deux décennies, sous la bannière de cet éditeur éclectique, une foule de projets sont nés, empruntant diverses directions.

Le Tripode

logotripode Depuis ses débuts*, la maison d’édition est au service d’auteurs dont elle admire la seule liberté possible : privilégier la sensibilité aux doctrines, le cheminement dissident de l’imaginaire à l’immédiateté du discours.

Le lyrisme de Jacques Abeille, l’exigence de Robert Alexis, l’irrévérence d’Edgar Hilsenrath, l’iconoclasme d’Andrus Kivirähk, l’espièglerie de Jacques Roubaud, la virtuosité de Juan José Saer, le désir sans limite de Goliarda Sapienza, la rigueur de Jonathan Wable, la lucidité de Louis Wolfson ou encore la fantaisie de Fabienne Yvert … voici quelques-uns des regards qui, de façon salutaire, nous sortent de la marche ordinaire du monde.

Exposition 6 pieds sous terre

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Tout, tout, tout vous saurez tout sur l’ornithorinque…

Du 6 au 29 octobre

 A l’occasion de ses 20 ans, la maison d’édition a présenté une sélection de planches originales, accompagnée d’une trame historique concoctée par Fabrice Erre et sur une scénographie de Nicolas Moog. L’occasion de découvrir les particularités de la structure vue de l’intérieur. Un dialogue entre l’objectivité historique et le regard abrupt des auteurs.

Le club des lecteurs reçoit Ali Zamir

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Ali Zamir

Samedi 15 octobre à 10h30

A l’occasion de sa venue en France à l’automne, le jeune auteur comorien d’Anguille sous roche édité au Tripode vient vous présenter sa bibliothèque idéale dans votre bibliothèque de rêve

Atelier aurasma et cie

xJ4YxfpEK5DsQlQClC2Whg-Aurasma_Primary_Logo_ColSamedi 29 octobre à 10h30

Réalisation de critiques littéraires en réalité augmentée ou sous une autre forme autour de la Voie des indés !

Le club des lecteurs invite les éditions 6 pieds sous terre

Samedi 19 novembre à 10h30
Capture4Découverte et exploration du catalogue de cet éditeur de bandes dessinées à tête d’ornithorynque.

Sieste littéraire

Capture3Samedi 5 novembre à 15h30

Carte blanche au Tripode

Nous vous invitons, le temps d’une pause, d’un goûter, ou d’une après-midi entière, à  voyager en écoutant des textes du Tripode. Des coussins, des transats, des vidéos youtube, des créations sonores et un spectacle filmé n’attendent plus que vous dans la salle du 2e étage.

Et bien sûr, retrouvez toutes nos activités sur Que faire à Paris !

 

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Perdues de vue : les oeuvres street art du quartier !

Toujours en lien avec notre cycle cultures urbaines, on va s’intéresser aujourd’hui (et dans d’autres billets de blog à venir ) au street art dans notre beau quartier de la Chapelle qui a tant changé en si peu de temps ! Vous pouvez d’aillerus consulter d’anciennes photographies et des témoignages sur le quartier sur notre carte La Chapelle Numérique.

Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville
Change plus vite, hélas ! que le coeur d’un mortel)

Ces vers de Baudelaire reflètent exactement la situation du street art dans le quartier de la Chapelle : remplie de fantômes ! En pleine mutation, notre charmant quartier se déleste de ces bâtisses vétustes, terrains vagues et autres endroits insalubres pour des logements flambants neufs ou des réhabilitations d’anciens bâtiments.

Juste à coté de la bibliothèque il y avait une magnifique oeuvre de l’artiste Vhils à la technique si particulière, sculptant sur des pans de murs délaissés des portraits. »Retirer pour révéler… » tel est son motto, redonner à ces murs gris devenus invisibles à nos yeux une place dans la cité.

et tout à coup, un mur vous regarde…

C’est au 2 rue de l’Evangile que nous allons trouver notre deuxième spectre : il s’agit d’une mosaïque d’Invader. Vous l’avez déjà croisé un peu partout dans Paris, voire dans d’autres villes : c’est une invasion ! En effet, le projet artistique et ludique d’Invader est de coloniser le monde (en commençant par Paris) à travers ses petits aliens tirés du jeu vidéo quasi-éponyme. Malheureusement les ravalements, voire les retraits par des amateurs éclairés ou non, ont petit à petit eu raison de ces charmants extra-terrestres dans la capitale.

La Chapelle envahie !

Et ce tigre féroce, en voie de disparition ? Les collages de Mosko et Associés ont égayé la rue Philippe de Girard pendant les projets de rénovation, ça a donné un bel ecosystème ! Une mission simple, mais juste : embellir la rue.

Dans la jungle de Mosko

Le nombre d’oeuvres détruites est innombrable, photographiez-les donc avant qu’elles ne disparaissent ! Et aussi envoyez-les nous à bibliotheque.vaclav-havel@paris.fr, pour alimenter la mémoire du quartier.

Et pour une sélection de livres et DVD sur le sujet dans nos rayons, c’est par là !

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Un peu d’hygiène numérique : protection de la vie privée sur le net avec Genma, le compte-rendu !

Genma est venu samedi dernier à la bibliothèque. Qui est-il ? Que fait-il ? 

Genma est un libriste (entendre par là quelqu’un attaché aux valeurs éthiques véhiculées par le logiciel libre et la culture libre) et vulgarisateur dans le domaine du numérique.
Il a donné de nombreuses formations, conférences et ateliers destinés au grand public, à des libristes, à des journalistes ou à des geeks hacktivistes…il intervient très souvent dans les bibliothèques !

Genma est dans la place !

Genma est dans la place !

Ok, ok, mais pourquoi l’avoir invité ?

Parce que la sécurité des données, savoir où partent et comment on peut se servir des informations qu’on laisse sur le net est un enjeu crucial dans le monde numérique ! Et que malheureusement, tout le monde n’est pas forcément bien informé…ne vous êtes vous jamais retrouvé dans les situations suivantes ?

  • votre belle-mère vient chez vous et elle doit envoyer un mail en urgence. Vous lui prêtez votre ordinateur et vous l’entendez s’esclaffer devant vos dernières recherches confidentielles qui apparaissent sous forme de pop-ups et de pubs sur son écran.
  • vous découvrez sur votre ordinateur la véritable identité de la personne que vous avez rencontrée hier en soirée avec qui vous avez fait un selfie. Google vous propose de la taguer en vous donnant son prénom et son nom de famille. (Justine s’appelait en fait Arlette, quelle déception…)
  • vous allez vous marier et votre banquier vous refuse votre prêt au motif que vous allez divorcer dans 3 ans. What ? Votre nouvelle montre Apple vous joue des tours ; pendant que madame lit sur sa Kindle, Google sait que vous votre rendez-vous professionnel du mardi midi a lieu dans un hôtel dans lequel votre montre enregistre une augmentation de votre activité cardiaque en position horizontale…
"J'ai volé ton identifiant facebook, tes données sur ton portables et le mot de passe de ton compte mail...mais c'est cool, tu n'as rien à caché n'est ce pas ?"

« J’ai volé ton identifiant facebook, les données sur ton portable et le mot de passe de ton compte mail…mais c’est cool, tu n’as rien à cacher n’est ce pas ? »

Oh, moi, de toute façon, je ne mets rien de très personnel sur la toile…

Tant mieux ! Mais même avec ça, parfois, on peut savoir beaucoup de choses sur vous par le biais de petits mouchards, des logiciels espions qui récupèrent vos informations  ! Par exemple le bouton Like de Facebook : il permet à Facebook de savoir que vous avez visité ce site, même si vous n’avez pas cliqué sur ce bouton. Et ça marche aussi en étant déconnecté de Facebook…effrayant non ? Le but étant de vous imposer des publicités et autres produits découlant de vos données.

Argh ! Bon j’arrête Facebook ! Je suis sauvé ?

Pas vraiment…Internet est monopolisé par des géants qu’on appelle le « GAFAM » ( Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft). Grâce à leurs réseaux tentaculaires, ils peuvent très facilement reconstituer le profil très précis de votre identité, vos opinions politiques, vos goûts musicaux etc..

Je m’en fiche après tout je n’ai rien à cacher !

Edward Snowden

Edward Snowden

« Prétendre que votre droit à une sphère privée n’est pas important parce que vous n’avez rien à cacher revient à dire que la liberté d’expression n’est pas essentielle car vous n’avez rien à dire. ». C’est le lanceur d’alertes et activiste Edward Snowden qui a prononcé cette phrase. Libre à chacun de dire ce qu’il veut partager ou non comme information ; toutefois la protection à la vie privée est un droit qui peut être bien souvent oublié sur le net : il faut le faire respecter !

Je suis convaincu ! Comment je peux me protéger efficacement ?

Il faut faire un peu d’hygiène numérique ! Kézako ? Ce sont tout simplement des bonnes pratiques à avoir lorsque vous surfez sur le net pour éviter de laisser des traces et des données vous concernant et de maximiser la protection de votre vie personnelle. Par exemple vous pouvez :

  • Utiliser des mots de passes long, le mieux étant d’utiliser des phrases, et jamais le même mot de passe pour deux comptes (si vous avez trop de mot de passe, vous pouvez utiliser le logiciel Keepass )
  • Penser à utiliser des logiciels bloqueurs de pub (comme ublock, à préférer à adblock qui négocie de plus en plus avec des régies publicitaires pour laisser passer certains messages),
  • Privilégier un autre navigateur que Chrome qui envoie vos informations à Google. Firefox est plus respectueux de votre vie privée et permet d’utiliser de nombreux add-ons (extensions) qui protègent votre vie privée
  • Ghostery, et Noscript sont des bloqueurs de trackeurs publicitaires, pratiques pour ne pas être sollicité par des publicités intrusives !
  • Utiliser d’autres moteurs de recherche que Google : Duckduckgo , Framabee, tontonroger.org (métamoteur ), Qwant de Mozilla. Tout ce que l’on cherche sur Google est passé à la moulinette afin de traquer ce qu’on aime et avoir des données sur nos habitudes. Certes, les informations trouvées nous paraissent pertinentes. Mais il y a un prix à payer !

Pour plus d’infos, vous pouvez consulter les conférences qu’il a donné dans le cadre du Numok, le festival numérique des bibliothèques de la Ville de Paris ou encore télécharger l’intervention de Genma ici !

 

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A dos de baleine, on surf sur le sable

Notre chère Adèle a fait un stage de deux semaine à la bibliothèque et a décidé (contrainte par la force) de partager ces coups de cœurs manga du mois de juillet à travers deux articles :

Du sable partout, à perte de vue, tel est le décor dans lequel nous entraîne Abi Umeda dans son œuvre Les Enfants de la Baleine (vous ne l’aurez pas deviné…).

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A la surface de ces gigantesques océans de sable vogue la « Baleine de glaise », imposant navire où vit Chakuro, un jeune scribe, doté comme nombre de ses compagnons du samia, un pouvoir naissant des émotions, raison pour laquelle l’expression vive des sentiments semble proscrite sur le navire. Lire la suite

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Wikipédia à la bibliothèque, ou comment la Chapelle s’est vue dédier un éditathon (tonton).

Peut-être avez-vous croisé, il y a une dizaine de jours, au hasard de pérégrinations dans votre cher quartier, de drôles de touristes, qui équipés d’appareils photos avec des objectifs de trois mètres de long, qui badgés au pseudo Rogerdu80, qui parlant une novlangue séduisante et mystérieuse… Chers lecteurs, nous sommes à même de vous informer que vous avez croisé des wikipédiens !

Wikipedia tenait en effet chez nos voisins de l’auberge de jeunesse sa première convention annuelle francophone, les 20 et 21 août derniers.

Ce fut pour nous l’occasion (et quelle occasion) d’une part de rencontrer l’équipe de Wikimedia France, et d’autre part, grâce à leur aide, de mettre en place un éditathon sur deux jours à la bibliothèque. Un édiQUOI?! De QUOI?! A la QUOI?! Retour sur deux jours  qui ont changé l’Histoire.

A la Chapêêêêêêêêêêêlleuh

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C’est qui ton nouvel ami ?

Notre chère Adèle a fait un stage de deux semaine à la bibliothèque et a décidé (contrainte par la force) de partager ces coups de cœurs manga du mois de juillet à travers deux articles :

Vous êtes-vous déjà demandé quoi faire durant les cours ? Séki, lui a la solution ! Eh oui, Takuma Morishige se plaît à lui trouver des occupations toutes plus farfelues les unes que les autres…. Au grand dam de sa voisine, Rumi, qui aimerait pouvoir suivre les cours sans être distraite !

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