le dernier Club des lecteurs spécial Coups de cœur

Où l’on parle du Brexit, de spiritisme, de réalisme magique, de chasse à l’ours et de nuits romaines …

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Le samedi 23 novembre, il pleuvait et il faisait froid. Alors on s’est armés pour affronter les éléments : café, thé, shortbreads et livres.

captureMary nous a parlé de Feel Free, recueil d’essais de l’autrice britannique Zadie Smith, instantanés de notre époque sur la politique, la littérature, la pop culture …

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Christiane nous a entraînés vers l’inconnu et l’étrange avec La télégraphiste de Chopin d’Eric Faye : revenants et spiritisme dans le Prague des années 90 …  Et avec son autre coup de coeur, les forces obscures de la nature n’étaient pas loin non plus : Animal, de Sandrine Collette, nous plonge dans la forêt népalaise sur les traces d’une chasse à l’ours initiatique … capture

Pour Liliane, la lecture de Ces âmes chagrines de Leonora Miano permet de se plonger dans la trajectoire de vie d’un personnage qui se débat avec son histoire familiale, son héritage et ses propres aspirations …

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Enfin, les bibliothécaires, entre deux tasses de cafés et trocaptureis shortbreads, on également donné leur avis sur leurs dernières lectures : pour David, le grand Pasolini nous promène dans Rome : avec les yeux du poète, nous nous baladons dans la ville éternelle avec Promenades Romaines capture(édition bilingue empruntée à la précieuse Réserve Centrale).

Julie est en train de lire Mon année de repos et de détente de Otessa Moshfegh et dont le thème (tout arrêter une année pour dormir…) l’a passablement attirée. Le roman est ancré dans le New York des années 2000, et oscille entre dénonciation de la société de consommation et introspection radicale. Mais la rédemption est au bout du chemin ….

Rendez-vous le 7 décembre pour le prochain club, Spécial Wilfried N’Sondé !

Il sera ensuite présent à 15h pour une rencontre-lecture autour de son dernier ouvrage, Aigre-Doux.

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Le cake à la pomme de la réunion d’équipe

img_20190926_095015Depuis quelques jours, l’automne vient de faire son entrée. Les feuilles tombent, le ciel se grise, les odeurs des fournitures scolaires emplissent le quotidien. L’automne, c’est aussi la saison des pommes !

Pour profiter des fruits de saison, quoi de mieux qu’un cake à la pomme ?! Et quoi de mieux qu’en faire profiter les collègues le temps d’une réunion d’équipe ?!

Je vous propose donc une recette d’un cake à la pomme que nous pourrons appeler « le cake à la pomme de réunion d’équipe ».

Pour cette recette, il vous faudra :

  • 2 pommes
  • 2 oeufs
  • 50g sucre roux
  • 150g crème fraîche épaisse
  • 100ml lait
  • 1 sachet de sucre vanillé
  • 100g farine de blé
  • 100g maïzena
  • 1 noisette de beurre
  • 1 sachet de levure chimique

Préchauffer le four à 180°. Pendant ce temps, peler les pommes et couper les en petits morceaux. Faire fondre une noisette de beurre dans une casserole. Ajouter une cuillère de sucre roux et faire revenir les morceaux de pomme à feu doux. Pendant ce temps, mélanger la crème fraîche, les sucres, les oeufs et le lait. Ajouter les farines et la levure, puis les morceaux de pomme caramélisés. Beurrer et fariner un moule à cake, et verser enfin la pâte. Enfourner le cake et laisser cuire « le cake à la pomme de réunion d’équipe » pendant 60 minutes (il sera mangé en moins de temps que cela ^^).

Pour la cohésion d’équipe, la bonne entente, le soin des papilles, je vous invite à tester notre « cake à la pomme de réunion d’équipe » avec ou sans réunion. 😉 Il sera parfait pour préparer l’hiver, pour profiter de douceurs à l’occasion des goûters des week-ends et/ou d’éviter les coups de barre pendant les réunions d’équipe. 😉

 

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Vous avez des restes ?! Faites un cake !

A Vaclav Havel, on adore manger ! On adore la cuisine ! On adore passer du temps ensemble en équipe autour d’une table et d’un bon repas.

Cela fait plusieurs temps que l’idée d’ouvrir une catégorie « Cuisine » titille la bibliothèque. Alors c’est chose faite ! On va tenter de partager des recettes avec vous, de valoriser le local, de souligner l’importance de bien manger. Car quand on mange bien, on se sent bien ! Donc voilà c’est parti pour une catégorie « Cuisine » !

Suite à différents pots de départ en juin et début juillet, il nous restait beaucoup de fromage dans le frigo de la bibliothèque. Comme nous n’aimons pas le gaspillage et que nous prônons le recyclage, la meilleure chose à faire est de faire des cakes avec les restes et de les déguster avec toute l’équipe !

Je vous propose donc deux recettes : un cake au comté, aux olives vertes et aux tomates séchées et un cake au camembert, aux olives vertes et au poivron jaune.

Pour le premier, il vous faudra :

– reste de comté (dans mon cas 120 g)

– 30 g d’olives vertes dénoyautées

– 30 g de tomates séchées

– 2 oeufs

– 100 g de fromage blanc (pour donner le moelleux au cake ^^)

– 100 g de farine de blé

– 100 g de farine de maïs

– 1 sachet de levure

Battre les oeufs avec le fromage blanc et le lait. Ajouter les farines et la levure, puis les olives et les tomates séchées. Pour ma part, j’ai coupé les morceaux de tomates séchées en des morceaux plus petits. Ajouter en dernier le fromage coupé lui aussi en petits morceaux. Saler et poivrer. Beurrer un moule à cake, y verser la préparation et mettre au four à 180°C pendant 55/65 minutes (la durée varie toujours suivant les fours).

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Pour le deuxième cake, il vous faudra :

– reste de camembert (dans mon cas 100 g)

– 30 g d’olives vertes dénoyautées

– la moitié d’un poivron jaune

– 2 oeufs

– 100 g de fromage blanc

– 100 g de farine de blé

– 100 g de farine de maïs

– 1 sachet de levure

On procède pratiquement comme pour le premier cake.

Battre les oeufs avec le  fromage blanc et le lait. Ajouter les farines et la levure, puis les olives et le poivron jaune cru préalablement coupé en petits morceaux. Ajouter le camembert, lui aussi réduit en petits morceaux. Saler et poivrer. Burrer un moule à cake, y verser la préparation et mettre au four à 180°C pendant 55/65 minutes (la durée varie toujours suivant les fours).

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Il est en fait très simple de ne pas perdre de la nourriture ! Si vous êtes anti-gaspillage, je vous conseille le livre Recettes anti-gaspi d’Audrey Le Goff où elle propose des pizzas aux restes de fromages et d’autres mets pour cuisiner les restes, les biscuits mous, céréales et pain rassis, etc.

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Alors ne jeter plus et ravivez les papilles de vos collègues !

 

 

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Un petit tour dans le 18°

Au terme de sa mission de service civique, Amina revient sur son expérience à la bibliothèque, et notamment la création d’un guide du quartier réalisé avec ses apprenants.

Je m’appelle Sity Amina Alfeine, volontaire en Service civique en mission « Main tendue » à la bibliothèque Vaclav Havel. J’anime un atelier de français l’après-midi auprès d’un public de primo-arrivants.

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Au fil des mois, j’ai participé à des animations et des visites intéressantes organisées par la bibliothèque. Mes apprenants apprécient tout particulièrement ces instants car ça leur permet de découvrir  plein  de choses, et si je reprends leurs mots «  d’oublier les soucis du quotidien et de penser à autre chose ».

Ces visites se déroulent dans des lieux culturels dans le 18ème, non loin de la bibliothèque.

Je ne connaissais pas le quartier et j’étais toujours étonnée que pendant notre trajet mes apprenants (pour la plupart réfugiés ou demandeurs d’asiles) me racontaient toujours des anecdotes sur  le 18ème.

C’est comme ça que le projet Un petit tour dans le 18ème  est né.

Ils avaient tant à nous montrer de ce quartier qui est devenu le leur. Nous avions donc décidé d’organiser une visite du 18ème où ils allaient être les guides et nous faire découvrir leurs endroits favoris.

La visite a été un succès. Accompagnée de nos guides et de quelques usagers, nous avons fait le tour du 18ème  pendant environ deux heures  et  avons découvert des  endroits variés : des jardins, un restaurant, un salon de coiffure, etc.

Visite au Shakirail, rue Riquet

Visite au Shakirail, rue Riquet

Cet exercice leur a permis  de s’exercer à l’oral, mais cela nous a permis aussi de découvrir le quartier à travers leurs regards, leurs impressions en tant que nouveaux arrivants.

À l’issue de cette visite, un diaporama visuel et sonore réalisé par Nausicaa Preiss et Michel Mosset a été projeté à la bibliothèque.

Ce projet a également donné lieu à un  guide du quartier, disponible en consultation sur place au 1er étage de la bibliothèque.

Arrivée au terme de ma mission, j’aimerais dire que j’ai vécu une expérience très enrichissante aussi bien au niveau professionnel que personnel. Je me suis rendue compte au fil des semaines que cela ne se limitait pas seulement à un cours de français : j’aidais des personnes à atteindre leurs objectifs dans leur nouvelle langue, que ça soit personnel ou professionnel.

J’ai rencontré des profils variés, des personnes tellement motivées à lever cette barrière de la langue pour pouvoir partager leur expérience de la vie et du monde qui les entoure. Je pense que c’était un apprentissage qui s’est fait dans les deux sens.

La bibliothèque Vaclav Havel est plus qu’une bibliothèque, on y vient

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le livre de la balade d’Amina, disponible en consultation au 1er étage. Photos de Michael Mosset

pour lire, pour échanger, pour apprendre le français et d’autres langues, mais aussi pour se reposer, et pour certains qui viennent d’arriver en France elle est un repère essentiel.

Je remercie l’ensemble de mes collègues de la bibliothèque qui m’ont très vite intégrée au sein de l’équipe et qui m’ont accompagné lorsque je surmontais une très grande difficulté. Un clin d’œil à ma tutrice Stéphanie : merci de m’avoir poussé toujours plus haut mais toujours avec douceur, Awa pour son énergie infatigable et son grain de folie, Hélène et Jean-Claude pour leurs précieux conseils et Lisa et Julie B pour leurs sourires qui m’aidaient à commencer la journée du bon pied.

Merci pour tout.

 

 

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Club des lecteurs « Explorateurs-Exploratrices »

Dans le cadre de la thématique sur les explorateurs et les exploratrices, notre dernier club des lecteurs fut dédié aux récits de voyage. Nos lectrices ont lu et aimé :

Akago. Ma vie au Groënland / Nicolas Dubreuil et Ismael Khelifa. – Robert Laffont, 2016

Dans cet ouvrage, Nicolas Dubreuil nous livre avec humour et passion le récit de ses multiples séjours dans le Grand Nord dans lequel il y vit plusieurs mois par an. A ses souvenirs personnels et aux nombreux témoignages sur la vie des Inuits s’ajoutent de très intéressantes réflexions écologiques et politiques. Une formidable découverte pour Mary.

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Martin Eden / Jack London

Magnifique récit d’un voyage intérieur, d’une métamorphose. Celui d’un jeune marin issu des classes populaires, peu cultivé, qui pour l’amour d’une jeune femme de la haute bourgeoisie va s’extraire de son milieu d’origine et s’élever intellectuellement par un travail acharné, frisant l’obsession. Un classique à lire absolument – chaudement recommandé par Christiane et Marie (bibliothécaire)

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La route. Les vagabonds du rail / Jack London

Décidément nous aimons Jack London dans ce club de lecture! Dans ce roman, Jack London nous embarque dans sa vie de hobo. Passager clandestin à bord des trains qui sillonnent les Etats-Unis, il rencontre une communauté de vagabonds qui comme lui vivent une vie d’aventure, en marge de la société, les poches vides. Hymne à la liberté et à la jeunesse. Un autre chef d’oeuvre de la littérature américaine.

La Route : Les Vagabonds du rail par London

Voyage au bout de la soif : seul au milieu du Sahara / Régis Belleville. – Ed. Transboréal, 2010.

L’auteur se soumet à l’expérience de la chaleur, de la solitude et de la soif en s’installant au coeur du désert mauritanien. Récit d’un voyage expérimental immobile durant lequel l’auteur a repoussé ses limites physiologiques et psychologiques. Christiane a aimé ce livre pour ses diverses considérations scientifiques sur la résistance humaine et sur le désert.

Voyage au bout de la soif par Belleville

Treize lunes / Charles Frazier

Histoire de Will Scott jeune blanc américain qui fut vendu par son oncle à un comptoir commercial en territoire indien, fut adopté par les Cherokee et qui toute sa vie durant s’évertua à défendre la cause des Indiens d’Amérique. Ce roman dont la petite histoire rencontre la grande Histoire de l’Amérique du Nord du 19e siècle et qui est servi par une très belle plume vous est très vivement recommandé par Christiane.

Treize Lunes par Frazier

L’usage du monde / Nicolas Bouvier

Nicolas Bouvier a arpenté le monde pendant 50 ans et fait figure de référence pour tous les écrivains voyageurs. Jeune homme de bonne famille, il part depuis la Suisse en juin 1953 à bord d’une vieille Fiat Topolino vers la Yougoslavie, la Turquie, l’Iran, l’Afghanistan, le Pakistan, avec son ami et peintre Thierry Vernet qui illustre le récit de ses dessins. Manon a partagé son émerveillement de la découverte par ses descriptions précises et ses réflexions.

L'usage Du Monde - Choix De Lettres De Nicolas Bouvier (1951-1963) de Nicolas Bouvier Format Broché

Notre prochain club des lecteurs aura lieu le samedi 22 juin. Il s’agira de présenter des « livres à glisser dans sa valise » et de cette littérature appelée parmi les professionnels (éditeurs/libraires) « Feel good books »

 

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Rencontre entre les 4e du collège Aimé Césaire et le public en situation de migration

Jeudi 14 mars, une classe de 4e du collège Aimé Césaire est venue à la rencontre du public migrant de la bibliothèque avec l’association Les « Ethnologues en herbe« .

L’hospitalité à La Chapelle
Cette classe de 4e a réfléchi à la notion d’hospitalité dans le quartier de La Chapelle et mené des enquêtes de terrain avec les « Ethnologues en herbe ». Cette association souhaite débusquer et déconstruire les préjugés, sur des personnes mais également sur des lieux. Les collégiens et les migrants fréquentent très régulièrement la bibliothèque et d’autre espaces du quartier mais se parlent rarement. C’était l’occasion pour ces deux publics d’échanger lors de cette dernière séance de travail sur le thème de l’hospitalité.

Les collégiens ont donné un cours de français improvisé

A l’une des tables, la discussion s’est improvisée cours de français

Une curiosité partagée
Les adolescents étaient assis à plusieurs tables au 1er étage de la bibliothèque pour discuter avec de jeunes ou moins jeunes adultes. Un peu intimidés au départ, les protagonistes ont vite sympathisé et se sont posés mutuellement des questions. Les collégiens étaient curieux du pays d’origine des réfugiés, de leur parcours migratoire, de ce qu’ils aimaient faire dans la vie. Les deux publics voulaient connaître la situation familiale de leurs interlocuteurs, le nombre de frères et sœurs… mais aussi les endroits qu’ils fréquentent et pourquoi.

Bilan de la rencontre par les collégiens : ce qu'ils ont retenu

La rencontre s’est terminée par une restitution des éléments retenus et des boissons partagées.

 

Pour en savoir plus sur l’accueil du public migrant à la bibliothèque Vaclav Havel [pdf 513,14 ko]

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Entretien avec Stéphanie Lacombe

Le 22 janvier dernier, Stéphanie Lacombe m’a accordé un entretien d’une heure. J’ai pu l’interroger sur sa série La Table de l’ordinaire, aussi appelée Les Français à table, qu’elle présentait alors à Vaclav Havel, qui est désormais exposé à la bibliothèque Hergé, et sur son travail de photographe.

Bonne lecture !

Gwénaëlle

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–     Bonjour Stéphanie, pourrais-tu te présenter ? D’où t’es venu ton intérêt pour la photographie ? Quel est ton parcours ? As-tu fait des études artistiques ? Et puis je me demandais si tu étais parisienne ou si tu venais d’ailleurs…

–     Alors je m’appelle Stéphanie Lacombe. Je suis photographe. Cela fait 17 ans maintenant que je fais ce métier. L’idée de faire de la photo m’a paru comme une évidence. J’en ai toujours eu envie, déjà depuis l’âge de 9 ans. J’ai eu très tôt un appareil photo, un petit Kodak à disques que mon grand-père m’avait offert.

Mon amour de la photo a démarré comme ça. Je dessinais beaucoup aussi. J’ai toujours dessiné enfant. Plus tard, j’ai fait les Arts Déco. J’ai eu cette chance. J’étais en échec scolaire en fait, primaire et collège. Mes parents m’ont envoyé en BEP comptabilité. Donc l’horreur ! Punition absolue ! C’était vraiment une punition car, comme je ne travaillais pas bien, ils ne m’ont pas laissé faire vente. A seize ans, j’ai pris mes valises et je suis partie à Paris. J’ai pu être hébergée à Paris chez ma tante et mon oncle. J’ai pu rentrer rue Madame. J’ai passé un concours pour faire une école à la formation imprimante, aux métiers de la PAO. Une fois dans cette école, il y avait une autre section : brevet de technicien dessinateur maquettiste. Comme ce parcours scolaire était mieux adapté pour moi, je me suis mise à travailler, à avoir des félicitations et des encouragements. La directrice m’a dit : « On n’a pas l’habitude de faire ça, mais étant donné que tu dessines très très bien on te propose de retrouver un cursus plus général que d’aller en technique. » J’ai donc pu faire une seconde Dessinateur maquettiste. Et là je me suis épanouie totalement et en sortant de cette école, de ce lycée technique, rue Madame, avec des supers notions de graphisme, de dessin, d’arts appliqués, de typographie, etc., et bien j’ai eu la chance de pouvoir passer le concours des Arts Déco et de l’avoir sans passer de prépa.

Je file aux Arts Déco. J’avais un peu oublié la photo. Elle m’accompagnait un peu dans mon parcours mais plutôt en dilettante. Je voulais faire de l’illustration pour des livres d’enfants. Je m’orientais vers du graphisme. J’ai finalement laissé tomber la voix de l’illustration pour livres d’enfants. En fait, en graphisme, je me suis rendue compte qu’on nous formait pour travailler dans la publicité, dans la communication et que cela s’adressait vraiment à une élite. Ce qui m’intéressait moi dans la photographie, c’était que c’était un médium qui pour le coup s’adressait au grand public et, ça, ça m’attirait. En dernière année, l’année du diplôme, j’ai décidé de tout lâcher pour aller en photographie. Je n’ai pas eu vraiment de formation photo car on a la formation photo les deux premières années. Moi je suis arrivée directement en dernière année pour le diplôme en photo sans avoir de formation ni de technique. J’ai appris sur le tas. J’ai fait un premier travail pour mon diplôme de fin d’année sur une cité HLM qui s’appelait La Grande Borne. Dans le cadre de ce diplôme de fin d’année, on avait été démarché par la caisse dépôt  et consignations pour réaliser un travail en vue d’un plan de renouvellement urbain sur différentes cités en France. Moi, j’ai choisi La Grande Borne qui faisait partie de la liste. Et c’est aussi la cité dont j’habitais à deux pas quand je suis arrivée à Paris. J’avais une vision de cette cité comme de la cité qui fait peur. On m’interdisait d’y aller m’y promener.

–     Et c’était en quelle année ?

–     C’était en 2000.

En choisissant La Grande Borne, je me suis dit que c’était enfin l’occasion d’y aller. C’est une cité qui s’étale sur 90 hectares, qu’elle est en forme de triangle et que vue du ciel elle est entourée d’une nationale, de l’autoroute du soleil et de la prison de Fleury-Mérogis. Le cœur de la cité, on l’appelle le triangle des Bermudes. Sur cet espace d’habitation, il y a je crois plus de 30000 logements. Et tous les logements sont conçus de la même façon. Ils ont une structure identique. Émile Aillaud, l’architecte de l’époque, a conçu des appartements avec un salon et une cuisine. Ce qui sépare la cuisine du salon, c’est une cloison coulissante que tu peux ouvrir au gré de tes besoins. Je décide de placer mon appareil photo au même endroit dans chacun des appartements. On a alors sur les images un point commun qui est la fenêtre, la poignée de la cloison coulissante. Du coup, j’ai photographié l’espace à manger. Au début, il n’y avait personne à table. Je photographiais la façon dont les personnes aménageaient leur intérieur. Ca faisait un peu comme au théâtre avec une même scène identique pour tout le monde soit 30000 salons et selon qui habitait ce salon l’aménageait différemment et c’est ça qui m’intéressait.

Je photographiais les intérieurs et puis à la fin j’invitais les personnes à venir sur la photo parce que je trouvais ça plus sympa de voir les habitants. Ça, ça a donné la première série qui donne le « la » de différents travaux que j’ai pu entamer par la suite.

–     Donc tu es partie de là et ensuite ça s’est décliné.

–     Ça a donné la série des Français à table. Ce qui m’a toujours intéressé c’est l’intimité dans l’espace à vivre, la maison, l’appartement. Un peu à la Perec. L’appartement dans un immeuble, l’immeuble dans un quartier, le quartier dans la ville. Essayer de comprendre comment tous ces éléments s’impactent les uns sur les autres.

–     Dans tes photographies, on voit plusieurs aspects, par exemple l’aspect sociologique, qui est déjà présent rien que dans le titre Les Français à table.

–     Comme tu as à chaque fois le même espace, on peut deviner si on est chez une personne dans la difficulté financière avec des indices comme du papier peint arraché.

–     Tu utilises toujours le même appareil ?

–     Non. J’ai longtemps flashé, et maintenant j’essaie de revenir à de la lumière naturelle.

Pour Les Français à table, les flashs s’étaient imposés car j’avais testé le projet aux Etats-Unis, avec la prétention de comparer la façon de manger des américains avec celles des français. Je suis partie à San Francisco et à New York pendant un mois et demi. Je me suis rendue compte que je passais à côté de beaucoup de choses car je ne flashais pas. En lumière naturelle, je photographiais le repas du soir avec une petite lumière du plafond et je passais à côté de beaucoup de choses. Puisqu’il n’y avait pas beaucoup de lumière, j’avais beaucoup de flou. Ce qui m’intéressait dans le projet était évidemment l’environnement dans lequel les personnes prenaient leur repas, la façon dont elles le prenaient et aussi les échanges qu’il y avait entre elles, la mère avec ses enfants, les époux, les mariés,… pouvoir immortaliser les instants, les regards, les échanges, les claques s’il y en avait qui partaient. Du coup, le flash s’est un peu imposé contre mon gré. Je n’avais pas le choix. Quand on voit la série, on se dit que finalement ça fonctionne car ça crée une unité. Tous les travaux qui sont arrivés après, pour une cohérence de démarche globale, j’ai imposé ce flash comme une signature. Maintenant, au bout de 10 ans, je commence à revenir sur cette façon de photographier. J’ai moins envie d’utiliser le flash. J’ai envie de revenir à des lumières plus naturelles parce que je ne photographie plus non plus la même chose. Je suis plus dans le portrait, quelque chose de posé, à l’intérieur.

–     Comment fais-tu pour aller chez les gens ?

–     C’est toute la difficulté de mon travail. Je n’ai pas choisi la facilité. C’est assez difficile. Le projet m’a pris trois années pour faire les photos des Français à table. Quand tu contactes une famille pour lui demander si elle est d’accord pour être photographiée, à coup sûr elle dit « non ». Ma mère la première, quand je recherchais des candidats à photographier, a dit « non ». Parce que le repas, tout le monde a conscience, je crois, que ça dévoile beaucoup de choses de soi, de son intimité. Autant tu reçois à dîner chez toi, tu as rangé ta maison, tu vas mettre une nappe peut-être, sauf si c’est à la bonne franquette. Tu as décidé de faire venir du monde chez toi, dans ce cas-là les gens peuvent venir.

Mais un photographe qui vient te photographier au moment du repas du soir, le repas qui est ordinaire, pas celui du dimanche, pas celui du repas de fête, pas celui de l’anniversaire, mais celui du soir… C’est super intime en fait. Tu vas dévoiler tellement de trucs.

Au tout début, l’idée de faire Les Français à table, c’était de les photographier par région. Dans ma démarche, c’était d’essayer de voir si au travers de ces images-là, on pourrait déceler la région.

L’idée, c’était que quand j’allais à Lille, à Toulouse, à Strasbourg, ou à Marseille, de peut-être comprendre par l’image qu’on se trouvait dans telle ou telle région. Au final, pas du tout. On est face à la standardisation des intérieurs. À moins que je me retrouve dans une famille de retraités ou dans une région reculée, rurale, à la campagne, tu peux peut-être distinguer et deviner quelle est la région. On ne devine pas finalement les régions.

Quand j’arrive dans une région photographier une famille, le plus dur c’est de les rencontrer. Ça s’est fait au début des réseaux sociaux. Je demandais au sein de mes copains s’ils avaient des contacts suivant la ville où je partais, qui accepteraient de participer à ce projet, voire même de leur transférer le message. Quand j’avais un contact qui me répondait en ma faveur, je partais et je croisais les doigts pour que cette personne-là que j’allais photographier allait en parler à son voisin, à son collègue, à sa mère qui habite dans le village à côté. C’est comme ça qu’à chaque fois, ça s’est construit. Plus j’ai fait des portraits, plus après c’était facile pour trouver des gens.

–     Par rapport à ce travail-là, as-tu des références photographiques, artistiques, littéraires ou même cinématographiques ?

–     Énormément le cinéma, notamment le cinéma italien parce qu’en Italie la bouffe c’est super important. Il existe rarement un film italien sans une scène à table, de repas très vivant. En ayant fait des recherches photographiques, ma chance a été de m’apercevoir que cela n’avait pas été traité. Ça, c’est très rare. En photo, en général, on s’accorde tous à dire, nous photographes, que tous les sujets ont été traités. On n’est jamais le premier à traiter un sujet. Là, en l’occurrence, j’avais vu que Doisneau avait un petit peu photographié le repas dans les années 50, le repas ouvrier, quelques pique-niques. Il y avait peut-être une quinzaine d’images qui faisaient déjà une belle série mais c’était ça parmi d’autres choses. Il flashait quand même. Cela ressemblait plus au repas du dimanche. J’avais trouvé aussi le livre d’une femme qui avait fait les européens à table. Elle avait fait une photo par pays et là les gens regardaient l’objectif. Je trouvais ça difficile de trouver une famille emblématique d’un pays. Comme ils regardaient l’objectif, c’était une photo posée. C’était tout ce que je ne voulais pas faire. Après pour toutes les images en rapport avec le repas, la nourriture, la vie de famille, le quotidien, je suis tombée très rapidement dans la peinture du XVIème et du XVIIème siècle. On avait les témoignages de vie de famille vivant au bord du Cantou avec les navets du jardin posés par terre, on avait des scènes avec la maman avec le bébé au sein, des clairs-obscur à la Georges de La Tour ou à l’inverse des portraits de famille à la Vélazquez, des intérieurs riches. Sur le repas en France, Martin Parr avait fait une série, Bored Couples, absolument génial. Ce sont les couples qui sont au restaurant qui s’ennuient. Voilà les références qui me reviennent de mes recherches de l’époque.

–     Peux-tu rappeler le projet de ta résidence dans les trois bibliothèques de la ville de Paris, Lévi-Strauss, Hergé et Vaclav Havel ?

–     Bibliocité, le commanditaire de ce projet, m’a donné une carte blanche. C’est-à-dire que je ne sais absolument pas sur quoi je vais travailler. Le principe de fonctionnement est un peu comme une résidence. En ce moment, je suis en phase d’immersion, j’observe, je regarde, j’étudie, je potasse et je rencontre plein de gens. J’ère aussi, à la fois dans le quartier, dans les médiathèques, je rencontre plein de monde. J’essaie de comprendre, au même titre que La Grande Borne, le territoire. J’ai discuté avec Boubacar[i] qui me disait qu’ici à Vaclav, on avait un super parvis, une super médiathèque,… C’est presque trop beau pour les gens du quartier. Ce sera donc de comprendre qui vient, qui ne vient pas, pourquoi ceux qui viennent ils viennent, ceux qui ne viennent pas ne viennent pas, essayer de définir la problématique pour ces trois médiathèques avec un fort taux de migrants qui viennent aussi.

Le projet, il faut qu’il ait forcément pour point commun la bibliothèque. Il est possible, comme je suis une photographe qui va toujours photographier les gens chez eux, que ma rencontre se fasse ici avec les gens et que j’irais peut-être les photographier chez eux. En tout cas, le projet parlera soit de la vie du quartier, soit du regard que les habitants portent sur la médiathèque. Il y aura un lien mais aujourd’hui je ne sais pas lequel.

–     Tu es donc vraiment dans la phase d’observation.

–     Il faut que je comprenne avant. C’est assez complexe. D’abord, il y a le fonctionnement de chacune des médiathèques implantées dans un territoire particulier avec des problématiques géopolitiques, économiques. Il y a ces voies ferrées qui divisent tout. C’est un coin enclavé de Paris. Qu’est-ce qu’on peut raconter de ça ? Qu’est-ce qu’on peut dire ? Là, au bout de trois semaines, je suis très surprise du travail des médiathèques que vous avez à faire, les raisons pour lesquelles vous êtes fermés le matin, tout ce travail qu’on ne voit pas qui se fait en souterrain. Souvent quand je m’entretiens avec l’un d’entre vous, avant de me parler du métier au sens propre, vous me parlez de l’aspect social et ça je ne m’y attendais pas. Ça, c’est intéressant.

Donc, quoi faire de tout ça ? Comment définir un projet photographique qui soit pertinent, cohérent, qui valorise aussi. Je n’ai pas de cahier des charges. C’est vraiment une carte blanche.

–     Je me demandais si tu avais des attentes ou des objectifs précis ?

–     Nan. Je vais me laisser porter par quelque chose qui va dessiner, qui va s’imposer à moi.

L’idée dès le départ c’était de faire une exposition comme on a fait avec Les Français à table. En septembre ou octobre, ici à Vaclav Havel, à Hergé et Lévi-Strauss sera exposée une partie du travail qui aura été fait. En parallèle de l’exposition, on aura un hors-série En Vue qui va sortir et qui reprendra le projet.

Au début, j’ai vu que vous aviez de très petits espaces d’exposition et comme moi j’aurais 6 mois d’immersion, je leur ai dit que c’était une longue période pour un petit espace de restitution. Donc je comptais beaucoup sur En Vue. On m’a dit que je ferais 24 pages, 24 pages ça fait douze photos. On va donc voir si c’est possible de faire un peu plus épais pour avoir plus d’images à l’intérieur.

L’idée commence à émerger de faire un partenariat avec les mairies de Paris et de peut-être faire des grands tirages sur bâche qui pourraient être vus, non plus à l’intérieur des médiathèques mais plutôt sur le territoire.

–     Sur des ponts ? C’est bien cela ?

–     Oui c’est ça. En tout cas, là, je ne pense pas à ça. Je me focalise sur le magazine En Vue. Il y aura un petit site internet en parallèle du hors-série et des expositions itinérantes. Quand je dis itinérantes, c’est Hergé, Vaclav Havel et Levi-Strauss.

–     Comment se passent tes expositions dans ces bibliothèques en ce moment ?

–     On l’étale, c’est-à-dire que ce mois-ci, c’est chez vous, le mois prochain à Lévi-Strauss et en mars à Hergé. Ce ne sera pas forcément les mêmes images. Il y en aura soit un peu plus, soit un peu moins. On essaiera de varier.

–     Quand tu as fait l’accrochage, tu savais déjà quelles images tu allais exposer ? Ou tu as fait le choix sur place ?

–     J’ai fait sur place. Je suis partie de celles qui me semblent être les incontournables, c’est-à-dire les trois, quatre incontournables, et autour de ça j’ai construit en fonction de l’espace que j’avais ici.

–     Ce sont lesquelles les trois, quatre incontournables ?

–     « La tapette à mouches », celle que tu vois en face quand tu rentres. La première aussi en face quand tu rentres qui s’appelle « La Père Noël », avec l’enfant qui met le feu à l’appartement. C’est aussi « La Yourte » que j’aime beaucoup.

–     J’ai l’impression en regardant tes photos que tu as créé une relation de confiance pour pouvoir rentrer dans l’intimité des personnes et les photographier. J’imagine que tu n’es pas une photographe de l’incognito, que tu vas plutôt créer quelque chose avec tes modèles.

–     Il y aura certainement un dispositif mis en place. Pour le moment, je ne sais pas lequel. Mais c’est pour ça qu’on a eu l’idée de faire les studios photo.

–     Comment va d’ailleurs se passer le studio photo du 23 février ?

–     Vous serez les premiers à l’expérimenter. On fait un studio dans chacune des bibliothèques un samedi après-midi.

On a fait l’exposition pour me présenter, que les personnes curieuses puissent découvrir mon travail. Comme ça, après quand j’irai à leur rencontre, je leur dirais que j’ai une exposition au rez-de-chaussée. Comme ça, les personnes sont plus à même d’échanger avec moi.

Le studio photo, c’est une façon de me faire encore plus identifier. Quand tu es un photographe mandaté par n’importe qui, une mairie ou une autre institution, pour un travail artistique que tu vas photographier les gens chez eux, ils ne comprennent pas souvent très bien ta démarche. Ils ne savent pas très bien qui tu es et ce que tu veux. Ça les inquiète beaucoup. Donc souvent les gens te disent non. C’est plus simple de dire non, parce qu’ils ne comprennent pas trop l’objectif, où ça va apparaître. L’idée du studio photo c’est donc qu’ils viennent se faire tirer le portrait. C’est annoncé. Ils repartent avec une photo qu’on leur offre. C’est un portrait un peu classique, un portrait en noir et blanc à la Malick Sidibé, un peu festif. Il faut que ce soit facile à mettre en place. C’est encore un peu à définir. Ce matin, on se disait que ce serait bien de faire une photo un peu vintage, des petits 10×15, découpés un peu en dentelles, en sépia ou noir et blanc, un noir et blanc un peu chaud, pas forcément sépia mais noir et blanc un tout petit peu chaud. Repartir avec une photo de soi déjà c’est bien. L’idée c’est qu’il puisse simplement repartir avec cette photo, moi de rentrer en contact avec eux, d’avoir leurs coordonnées. On aura fait connaissance comme ça. Et après, quand le projet va vraiment démarrer entre mai et juin, quand il sera vraiment en phase de réalisation et que j’aurais besoin de rencontrer des gens pour le faire, si je dois les contacter pour leur proposer les photographies, ce sera plus facile. On aura déjà établi un premier contact. Voilà, c’est ça l’idée.

Ceux qui ne viennent pas se faire photographier, ce n’est pas grave. Ils auront vu le studio photo…

–     C’est la première fois que tu fais un boulot dans les bibliothèques ?

–     Très étrangement, dans les bibliothèques, oui c’est la première fois. Mais j’avais fait un hors-série pour la revue 21 sur la lecture. Je travaille sinon avec la revue Lire magazine. Mes photos apparaissent dans tous les numéros de cette revue. Je photographie des écrivains. Hier, j’étais avec Delphine de Vigan pour la photographier. Je fais des choses très différentes en photographie pour mes commandes de mon travail documentaire que je fais pour moi.

Pour l’anecdote, j’ai grandi en province. Ma mère était abonnée au Nouvel Obs pendant très longtemps. Avec son CE, elle était abonnée à la revue Lire magazine. Quand je la feuilletais à la maison, je fantasmais sur les photos. Je trouvais que y’avait des images de dingue à l’intérieur, des portraits de folie. Je rêvais quelque part de prendre ces photos-là. Le hasard de mon parcours professionnel a fait que maintenant depuis dix ans je leur fais des portraits d’écrivains. Rencontrer des écrivains, qui sont au premier chef concernés par les médiathèques, peut être une direction possible sur la réflexion de ce projet.

–     Tu travailles pour d’autres ?

–     Mon travail documentaire est publié dans la presse. Des supports comme le Nouvel Obs peuvent faire 4 ou 5 pages de portfolio, ou Marie-Claire, Le Monde magazine, VSD, sur des thématiques données. Ça, ce sont les supports qui diffusent mon travail. J’expose aussi, en France et à l’étranger.

–     Tu as des galeries qui te représentent ?

–     Non, je n’ai plus de galeries. J’avais une galerie et elle a fermé. Ce genre de travail ne se présente plus bien en galerie. Mais il est très souvent exposé dans de lieux institutionnels. Tout l’été, il était au MuCEM. L’année dernière, il était à Hong-Kong. Il est très souvent montré. J’expose beaucoup cette série.

–     Tu t’es fait connaître comment ? Tu as eu des prix ?

–     Le travail sur La Grande Borne dont je t’ai parlé a très bien marché tout de suite. J’ai démarché la presse et j’ai eu une première publication. Il y a le livre de tous les étudiants qui participaient à ce projet qui est sorti aussi. Ce travail m’a tout de suite propulsé dans le monde professionnel. Tout de suite, j’ai eu des commandes grâce à ce boulot. Il a aussi tout de suite défini mon écriture photographique. J’ai eu des prix aussi, avec Les Français à table, j’ai eu l’aide de la Fondation Lagardère qui est l’ancien prix Hachette, j’ai eu le prix Niepce surtout qui est le graal. En France, on ne peut pas avoir un prix plus important que le prix Niepce. J’ai eu le prix de la photographie sociale et documentaire de Sarcelles, le prix de la Caisse d’Epargne. J’ai eu aussi un prix décerné par Salgado sur un autre travail sur les nus dans Paris. Depuis ma résidence à la Villa Medici, je m’oriente plus vers des projets moins orientés documentaires mais plus vers la performance photographique, ce qui était le cas avec mes nus dans Paris à l’époque. Quand j’ai fait mes nus dans Paris, j’étais en troisième année aux Arts Déco, je demandais aux personnes qui participaient à ce projet de se mettre nu dans des endroits stratégiques de Paris. Je les prenais en photo. Ce qui m’intéressait n’était pas tant ce corps nu que je photographiais dans la rue, c’était la réaction des gens qui étaient autour. Ça a fait des visuels sensationnels. Dans le métro, au Louvre, sur le parvis de la Défense, on a fait ça à la sortie du TGV à Gare de Lyon, dans la file d’attente du taxi. On a trouvé des endroits de lieux de passage. La réaction des gens était dingue. J’ai adoré ça car il y avait à la fois une prise de risque, il y avait un évènement que je créais. J’ai adoré ça. Mais après je me suis installée dans un protocole toujours pareil. J’ai différents projets aujourd’hui qui me ramènent vers la photographie plus de l’ordre de la performance. Je ne suis pas à l’abri de faire un truc de l’ordre de la performance pour la commande de Bibliocité. Mais je ne sais pas du tout. J’ai envie de faire les façades aussi. En voyant toutes ces façades, je me dis que je pourrais mettre tous les gens que j’ai rencontrés dans ces médiathèques sur les façades d’immeuble. Tous ceux qui viennent en médiathèque sortez à la fenêtre ! Pour voir la densité des usagers dans un immeuble. Et après tu fais un texte qui raconte leur histoire, ça pourrait être super. Faut voir… C’est un énorme taf.

–     Je vais donc finir sur cette idée de performance car je vais devoir partir faire mon service public. En tout cas, ce fut un plaisir !

[i] Médiateur à la bibliothèque Vaclav Havel.

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Compte-rendu des coups de cœur 2018 du club des lecteurs

C’est un samedi 17 avril 2018 que se retrouva le club des lecteurs pour discuter des coups de cœur de notre joyeuse assemblée. Autour d’un café, de biscuits et de jus d’orange nous abordâmes la formidable nourriture intellectuelle que sont les livres, une nourriture qui n’a rien à envier en goût et subtilité à la chouquette.

Au menu :

– Le cercle littéraire des épluchures de patates (2009), Nil Editions

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Ce roman épistolaire, choisi par Liliane, fut un best-seller de cette belle année que fut 2009. Ecrit à deux mains par Mary Ann Shaffer et Annie Barrows, ce livre à l’intrigue complexe et multiple rend compte d’amour et de rébellion. A noter qu’une adaptation cinématographique est sortie cette année et que le DVD est disponible à la bibliothèque.

Ne préfère pas le sang à l’eau (2018), Viviane Hamy

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Recommandé par Christiane, ce livre de Céline Laportot est un vrai coup de cœur ! Avec un début accrocheur et un style puissant, cette fable nous emporte dans un pays imaginaire où l’eau vient à manquer. Cette thématique est propice à évoquer des problématiques contemporaines comme l’accueil des migrants ou les jeux de pouvoir politique.

Le charme discret de l’intestin (2014), Actes Sud

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Attention voici un deuxième best-seller ! Ecrit par Giulia Enders, brillante jeune étudiante allemande en médecine, c’est un livre qu’on ne présente plus tellement il a pu avoir de succès. Mêlant beaucoup d’humour à de la vulgarisation efficace, on sort enrichi de cette lecture par mille petites anecdotes utiles à savoir.

Le peintre au couteau (2005), Grasset

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Christiane salue la démarche intéressante d’Olivier Pourriol dans ce roman. Il explore ce que peut-être la peinture à la lumière du regard d’un chirurgien. Comment ces deux approches peuvent se rejoindre ? On peut citer Olivier Pourriol parlant de son roman : « Quel couteau permet d’aller au plus profond ? Celui qui tranche ou celui qui étale ? La question est ouverte, par cette amitié singulière entre un grand peintre sur le point de mourir et son chirurgien.

Chanson douce (2016), Gallimard

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Ce livre de Leila Slimani a beaucoup fait parler de lui ! Prix Goncourt 2016, la lecture de ce livre a pourtant laissé à Christiane un goût amer pour la dureté du sujet traité.

L’Archipel des Solovki  (2014), Actes Sud

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Attention chef d’œuvre pour Sylvie ! Livre superbe mais dense et volumineux. Le récit épique, à la manière des grands écrivains russes comme Tolstoi, Dostoïevski ou plus récemment Soljenitsyne est une peinture du climat socio-économique de la Russie post régime communiste. On peut y voir s’exprimer un certain regret d’une nouvelle génération d’intellectuels, un regret des implications socio-économiques et culturelles qu’a entraînées l’entrée de la Russie dans l’âge capitaliste.

Brothers (2005), Actes Sud

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Encore un choix dense de la part de Sylvie ! Grand prix du courrier international, cet ouvrage de 900 pages de Yu Hua est une véritable odyssée de l’histoire de la Chine contemporaine. La relation entre deux « faux frères », au cœur de l’intrigue du roman, est un prétexte pour nous raconter les mutations brutales et rapides de cette nation.

Vivre ! (1992), Babel

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Ce dernier coup de cœur de Sylvie est encore un roman de Yu Hua. Egalement adapté au cinéma (le DVD est disponible à la bibliothèque) par Zhang Yimou, l’intrigue se base sur l’histoire d’un fils de propriétaire terrien, riche et débauché, qui se retrouve dans la « grille » des paysans pauvres alors que la politique maoïste de la Révolution culturelle et du « Grand Bond » est mise en place. Un livre magnifique.

L’enfermement (2018), XO Editions

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Ce coup de cœur de Mary est une véritable ode au courage et à la volonté de vaincre la maladie. Florence Henry raconte comment à force de patience et d’efforts elle a pu aider sa fille à guérir de l’autisme. Un livre-témoignage bouleversant !

Dans ta bulle (2018), Marabout

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Ce deuxième coup de cœur de Mary reste dans la même thématique que son premier coup de cœur. Julie Dachez, étudiante atteinte d’Asperger, y dévoile ses difficultés de communication et sa perception altérée du monde. Julie Dachez va également à la rencontre d’autres autistes Asperger pour appréhender la façon dont les personnes atteintes de ce syndrome conçoivent la vie professionnelle ou encore le rapport entre les hommes et les femmes. Un livre utile pour reconsidérer ce que l’on entend par « normalité ».

Trilogie sale de La Havane (2001), 10/18

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Ce coup de cœur d’Olivier est une histoire sombre et décadente. Le style et le récit de Pedro Juan Gutiérrez ont des allures bukowskiennes, le narrateur va de débauche en débauche, de soirées alcoolisées à parties de jambes en l’air. Un récit à ne pas mettre entre toutes les mains !

Les aventures aériennes de Little Nemo (2017), Taschen

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Une BD pour terminer ces coups de cœurs ! Et Winsor McCay est considéré comme un des premiers grands maîtres de la bande-dessinée. Cette édition de poche des légendaires aventures oniriques de Little Nemo est une introduction parfaite à son œuvre monumentale, qu’on pourrait même voir sous certains aspects comme une préfiguration de l’imaginaire surréaliste.

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Interview d’Annick, stagiaire en jeunesse cet été

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Est-ce que tu peux te présenter ?

Je m’appelle Annick, j’ai auparavant travaillé dans une revue de cinéma, L’art du cinéma, je m’occupais de l’administration du journal et de sa distribution. Je fais actuellement une formation de documentaliste bibliothécaire à l’EBD (école des bibliothécaires documentalistes). Cette formation se déroule sur un an, d’octobre à septembre. Elle consiste en des cours du soir accompagnés de stages.

 

Est-ce que tu fréquentes une bibliothèque en particulier ?

Je fréquente Vaclav Havel ! Je vais aussi à la bibliothèque François Truffaut (spécialisée dans le cinéma) et à la Bifi (la bibliothèque de la cinémathèque française). J’ai beaucoup fréquenté la bibliothèque de Paris VIII lors de mes études.

 

Pourquoi avoir choisi Vaclav Havel ?

Une amie à l’école m’en a parlé, elle avait fait un stage chez vous. Le 18ème est un quartier que j’habite et apprécie énormément.

 

Qu’est ce que tu aimerais particulièrement faire en bibliothèque ?

J’aimerais beaucoup m’occuper d’un fonds DVD et cinéma, mais je m’intéresse aussi à d’autres domaines : les sciences humaines ou la philosophie. Je fais ce stage en jeunesse pour m’initier davantage à cette partie du métier, que je connais un peu moins. J’ai pu m’occuper des animations entre les parents et les enfants. Et puis je me suis aperçue qu’une bibliothèque peut travailler en partenariat, en complément avec l’école, lors de l’accueil des crèches par exemple.

 

Pourquoi avoir choisi le métier de bibliothécaire ?

J’ai connu une première expérience comme vacataire dans une bibliothèque universitaire, à Paris 8. J’aime beaucoup les livres et la médiation en particulier. C’est pour cela qu’au départ je voulais être professeur, par désir de transmettre la culture. Je me rends compte que le travail de bibliothécaire est un métier diversifié, il comprend le contact avec les gens, mais aussi ce qu’il ne se voit pas : l’organisation, la gestion, le choix des livres. Il se divise entre service public et travail de bureau. Il y a aussi quelque chose que j’aime bien : la surprise, les usagers ont souvent des besoins différents et il faut alors répondre à leur demande particulière. Il s’agit alors d’élargir leur champ de recherche, ou de leur donner les bons outils pour qu’ils puissent trouver la ressource adaptée. J’aime aussi le côté « travail manuel », qui ne consiste pas seulement à équiper des livres, mais aussi à les réparer.

 

Tu as ressenti des particularités propres à Vaclav Havel ?

Elle fait déjà partie intégrante d’un quartier très mixte, et connaît donc un public hétérogène. Elle se consacre beaucoup aux animations pour les jeunes, en témoigne par exemple le service jeu vidéo. On a peut-être moins tendance à promouvoir directement la lecture, et de remplir davantage une mission de lien social, notamment pour les jeunes qui ne partent pas en vacances. Mais le fait de les accueillir de cette façon crée une relation de confiance avec les jeunes, j’ai déjà noué des contacts avec eux. C’est peut-être à partir de cette relation de confiance qu’on peut leur faire découvrir progressivement la lecture. Cette bibliothèque est un vrai point de rencontre, en tout cas, c’est un lieu où l’on vient ne pas simplement rechercher un livre.

 

Du coup, le métier de bibliothécaire, c’est une formation permanente ?

Les qualités d’un bibliothécaire d’il y a 20 ans sont différentes. On mise peut-être moins sur la quantité de connaissances : mais sur l’envie et le désir de transmettre. Le métier de bibliothécaire dépend aussi de l’évolution du public. Les cours de langues qu’on propose ici, c’est d’une certaine façon s’adapter à ces nouveaux publics. Une bibliothèque doit prendre en compte tous les besoins locaux de la population qui l’entoure.

 

Il y a quelque chose que tu as particulièrement aimé à Vaclav Havel ?

Le café est excellent ! Plus sérieusement, j’ai été très bien accueillie par l’équipe. Il y a une très bonne ambiance de travail, un vrai travail collectif, et l’équipe a développé une vraie solidarité.

 

Et quelque chose que tu as moins aimé ?

Je pense qu’on pourrait améliorer le classement des DVD, isoler les spectacles des films, pour qu’il y ait une meilleure visibilité.

 

Et enfin, si tu devais donner un mot pour qualifier le métier de bibliothécaire ?

Sexy ! Polyvalent. Plein de surprises. Enthousiasmant. Épanouissant. Et voilà.

 

Merci pour cette interview 🙂

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Retour sur les photogrammes autour de l’herbier

Quand les collègues de l’action culturelle ont demandé à l’équipe si quelqu’un souhaitait mettre en place une animation avec Vergers Urbains, je me suis tout de suite proposée ! Imaginer une activité autour de la botanique me permettait de faire partager mon goût pour les herbiers, surtout ceux photographiques. En effet, j’avais découvert, quelques années auparavant, les images d’Anna Atkins, de magnifiques cyanotypes de divers végétaux. Je savais que nous pouvions nous procurer du papier photosolaire pour l’occasion. Le procédé, très simple à réaliser, a mobilisé un après-midi et a remporté un certain succès tant chez les usagers présents à l’animation que chez nos followers sur les réseaux sociaux.

Je vous livre ici les réalisations de nos participants.

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Vous pouvez également revoir les photos de l’atelier sur notre page facebook.

 

Gwénaëlle

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The Predator ou à raison mais surtout à tort

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Détails : C’est un film américain, quatrième de la licence Predator après Predator, Predator 2, Predators. On peut rajouter Alien vs Predator qui est un cross-over entre Alien et Predator mais pas Alien vs Predator : Requiem parce que ce film n’existe pas VOUS M’ENTENDEZ, IL N’EXISTE PAS.

Genre : Predator-peur. Predatorture. J’en ai plein comme ça, me cherchez pas.

L’histoire : Ca commence par un super soldat sniper joué par un Channing Tatum low-cost qui doit tuer un narcotrafiquant qui rencontre un autre narcotrafiquant avec des otages sous un lampadaire en pleine jungle mexicaine. Déjà tu sens que c’est pas bien barré. Mais voilà que ses plans d’éclatage de tête sont contrariés par l’arrivée d’un vaisseau assez kitchouille qui vient de s’échapper d’une bataille spatiale au budget d’un épisode de Alf.

Bon dedans y’a un prédator qui du coup décime l’équipe de Patatum avec ses armes high-tech, ce qui est débile puisqu’on apprendra plus tard qu’il est venu sauver l’humanité des autres prédateurs. Patatum je sais plus comment le descend mais il est pas mort mais il lui vole ses armes.

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Ça a changé la Lucha libre…

Patatum s’enfuit donc et s’en va dans un pays latino quelconque pour se cacher de l’armée américaine parce qu’il a compris pouf pouf comme ça que celle-ci voudrait étouffer l’affaire et le supprimer pour voler le vaisseau en plastoque du Predator. Il avait déjà vu des nanars sûrement. D’ailleurs ils le rattrapent et le mettent dans un bus avec d’autres militaires fous ce qui est prétexte à diverses blagues.

Bref je vous passe les détails mais en gros il envoie le matériel qu’il a volé à son fils (Il l’envoie à son fils hein, il le vole pas à son fils, il le vole au predator) autiste qui du coup l’utilise et après y’a un encore plus gros Predator qui arrive et veut tuer tout le monde dont le premier Predator qui en fait était gentil. Y’a plein de marines qui meurent, des méchants caricaturaux et Patatum rencontre une meuf qui est une scientifique mais comme ça tout à coup on sait pas pourquoi elle sait utiliser plein d’armes et se battre comme une championne de Krav Maga. D’ailleurs elle est quand même assez c**** parce qu’elle a remarqué que le Predator ne tuait que les gens armés mais elle restera avec son flingue inoffensif tout le film dans la main.

THE PREDATOR Boyd Holbrook (right)

On sent bien que tout le monde s’en fout un peu de ce film, personne n’est vraiment concerné.

Ce que j’en ai pensé : Pas du bien. Perso j’adore le premier film de John Mc Tiernan qui est une petite merveille de mise en ambiance et de survival musclé dans la jungle avec Schwarzie au top et le magnifique Carl Weathers qui sue beaucoup. Ici, il ne se passe rien d’intéressant. A part quelques second rôles, tout est assez plat et le Predator a beau être deux fois plus grand qu’avant il fait plus du tout peur.

Ce qui est assez irritant pour moi c’est cette volonté de tout expliquer dans un pur syndrome Independence Day 2 : pourquoi ils viennent, ce qu’ils cherchent, et d’inscrire le tout dans un univers étendu alors que le mystère du premier Predator était entier et le format one-shot survival excellent. Ici, on sait déjà qu’il y aura une suite et qu’elle nous racontera cette fameuse guerre inter-espèce qu’on nous a vendue.

Ma note : J’en mets pas. J’en ai marre de cette société de note. En fait si, je vais mettre 5/5 comme je mets 5/5 à tout pour que les gens qu’on note perdent pas leur emploi. Du coup le Predator était un peu nul mais au moins il pourra continuer à prédater. Enfin quand même il est très nul parce qu’au lieu de tuer le Tatum de pacotille alors qu’il en a 5524 fois l’occase, il fait que lui mettre des petites claques.

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La nouvelle brigade de Patatum, on sent une grosse envie de créer du cinéma.

 

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Le grand après-midi Casino

Le 16 mai c’était le Grand après-midi Casino à la bibliothèque!accueil

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Le Menu des ados

Le mercredi précédent, les enfants du J+ (club pour les 5-12 ans, chaque mercredi à 15h) avaient fabriqué des nœuds papillons en papier crépon pour habiller les futurs participants et les ados du 12+ (club des plus de 12 ans, chaque mercredi à 16h) ont imaginé les stands qu’ils pourraient tenir et leur disposition dans la salle, appris à gérer les mises et les billets et inventé la carte des boissons.

Le jour J, tout le monde (ou presque) avait fait l’effort de venir habillé de ses plus beaux atours, bibliothécaires comme apprentis croupiers : de belles chemises, des vestes de costumes, de superbes robes, du maquillage, des chapeaux, même une cravate et un nœud papillon!

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le stand à succès du bras de fer

 

 

Un groupe a géré la buvette et la banque, avec quelques autorisations de crédit, tandis que les ados s’alternaient sur les stands. La salle jeux vidéo a vite été remplie d’une cinquantaine d’enfants et d’adolescents qui s’amusaient follement. Ils pouvaient dépenser leurs mises gagnées à la buvette en boissons et gâteaux !

Merci et bravo aux ados qui ont géré les stands avec brio en toute autonomie!

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Ça strike !

kimvue

Saurez-vous redonner tous les objets dans le bon ordre une fois le théâtre fermé?

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On ne blague pas au poker…

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Interview croisée de Laurie et Clément, tous les deux en service civique à la bibliothèque.

Laurie est en mission « main tendue » et Clément est « coup de pouce ».

Clément, coup de pouce à la bibliothèque

Clément, « coup de pouce » à la bibliothèque

Laurie : Clément en quoi consiste ton travail à la bibliothèque ?

Clément : Je suis « coup de pouce », je fais de l’aide scolaire pour les enfants des écoles et collèges alentours et j’aide aussi pour les événements comme le mardi ludique, un rendez-vous autour des jeux de société le mardi à 17h30. Je joue avec les enfants aux jeux vidéo aussi !

Qu’est-ce qu’un service civique ?

C’est une bonne question. Pour moi c’est du volontariat, ce n’est pas quelque chose que tu fais pour combler un trou dans tes études, un blanc, mais tu le fais pour découvrir quelque chose auquel tu n’aurais pas accès sinon. C’est intéressant car tu agis dans des domaines d’aide, de soutien, de mise en place d’événements, du social. C’est un domaine auquel je n’aurais jamais touché sans ça car je veux faire des études de comptabilité.

Quels sont tes horaires au sein de la bibliothèque ?

Alors ce sont des horaires un peu « chelou » : 15h-19h le mardi et le jeudi, 14h-19h le mercredi, 14h-18h le vendredi et le samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ton travail ? Et qu’est-ce que tu aimes moins ?

Il n’y a pas grand-chose que je n’aime pas. Je peux pas ne pas aimer. J’aime bien travailler avec les enfants, jouer aux jeux vidéo, la lecture… Donc par rapport à ce que j’aime moi, il n’y a pas de raison qu’il y ait un truc que j’aime moins. S’il y a un truc que j’aime vraiment dans cette bibliothèque là, c’est l’ambiance, assez incroyable. Je suis habitué aux bibliothèques « classiques », avec un grand silence et la vieille bibliothécaire qui arrive avec son bouquin. Ici c’est très différent, ne serait-ce que par les activités qui sont proposées, sans parler de la salle jeux vidéo : les jeux de société, la cabane, la confection de masques, la table de ping-pong, les conférences sur les planètes… Il y a tellement de choses variées que ça donne envie d’y aller.

C’est vrai je te rejoins sur ce point car je ne suis pas trop « bibliothèque ». Les seules fois où j’y suis allée c’est très froid, très calme mais ici c’est tellement humain ! C’est chaleureux, y’a plein de gens, on rigole, on parle.

Avant, je ne supportais pas d’aller en bibliothèque. L’année du bac je rentrais dans la bibliothèque mais au bout de 5 minutes je partais et j’allais réviser au parc parce que je ne supportais pas l’ambiance.

S’il y en a, quelles sont pour toi les difficultés du métier ?

Il y en a mais plutôt liées à mes capacités qu’à mes missions. Je dois faire de l’aide scolaire et le problème c’est que tous les élèves ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement et du coup c’est compliqué de leur faire comprendre tous de la même façon. Comme il y a beaucoup d’élèves tu essayes d’aller un peu vite pour essayer de tous les aider mais c’est difficile à cette vitesse. Il faut raccourcir et faire plutôt de la méthode.

Je suis un peu dans le même cas que toi…

Et pour finir, quelles qualités faut-il avoir dans ce travail ?

Il faut être patient et capable de voir plusieurs façons d’enseigner la même chose. Les enfants vont tous venir plus ou moins pour la même chose en même temps. Sur deux semaines, j’ai eu une dizaine d’enfants qui venaient pour Pythagore. Comme ils ne réagissent pas de la même façon à l’enseignement il faut trouver autre chose pour leur faire comprendre. Certains disent qu’ils ont compris mais quand tu lances l’exercice ils ne comprennent rien. Il y a aussi des élèves qui adorent lancer des débats inutiles. Ils lancent un débat, parlent et ne veulent pas écouter.

Laurie, "main tendue" à la bibliothèque

Laurie, « main tendue » à la bibliothèque

Et toi Laurie, que fais-tu à la bibliothèque ?

Je donne des cours de français à des réfugiés, des migrants non francophones, je leur donne des exercices, je mets en place des ateliers de dialogue et je participe parfois à la parlotte, un atelier de conversation qui a lieu le mardi à 17h30. Je suis au 1er étage dans la salle allegro ou je suis assise à une table dans l’espace BD. J’essaye de répondre aux demandes de ce public pour l’apprentissage du français. Chacun a un niveau différent, certains parlent un peu français, d’autres pas du tout.

Ce n’est pas trop compliqué pour vous comprendre ?

On essaye de s’adapter, de demander des traductions, d’utiliser des mots-clé.

Tu as commencé quand et quels sont tes horaires ?

J’ai commencé en novembre et je suis là de 14h à 18h du mardi au samedi.

Qu’est-ce que tu aimes dans ce travail ?

J’aime que les personnes avec lesquelles je travaille aient vraiment envie de travailler. Quand ils sont là pour préparer l’examen du DELF (diplôme d’études en langue française) et qu’ils reviennent pour me dire qu’ils ont eu leur diplôme, c’est vraiment gratifiant ! Au sein de la bibliothèque, j’aime le côté chaleureux, humain qui fait qu’on a envie de venir travailler. Je n’y vais pas à reculons, je suis même tout le temps en avance et je suis tellement à fond que je ne vois pas l’heure tourner!

Moi je n’ai jamais réussi à être en avance ! Qu’est-ce que tu aimes moins ?

C’est le manque de place, c’est vraiment compliqué quand il y a du monde. On attrape une table, une chaise par-ci, par là…

Quelles études as-tu faites ?

J’ai un Bac pro commerce et j’ai fait une année en alternance Management des unités commerciales mais j’ai arrêté parce que ce que ce que je faisais en entreprise ne correspondait plus aux théories que je voyais en cours et j’ai voulu changer de filière. On m’a dit que ce n’était pas possible mais comme je préférais ce que je faisais en pratique plutôt qu’en cours j’ai arrêté. Je me suis alors orientée vers le service civique, que je ne connaissais vraiment pas.

Moi non plus je ne connaissais pas du tout mais comme je n’ai pas eu les écoles que je voulais, des amis m’ont renseigné sur le service civique.

A la base je devais travailler à l’accueil d’une mairie mais il y a eu un souci de places et on m’a proposé la bibliothèque Vaclav Havel. Je ne regrette vraiment pas. Je n’aurais jamais imaginé faire ça et travailler dans une bibliothèque. Cette expérience m’a donné envie de devenir professeure de FLE ou bibliothécaire mais j’aimerais travailler ici là car je ne pense pas qu’il existe d’autres bibliothèques comme ça.

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La Voie des Indés- Focus sur l’édition indépendante

 

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Qu’est-ce que l’édition indépendante ?

Selon l’académie du prix Hors Concours, partenaire du festival, l’édition indépendante c’est avant tout : « Braver les habitudes et le goût dominant, publier des auteurs inconnus au mépris des obstacles, porter ces catalogues avec un heureux mélange de hardiesse et d’insolence.».

La maison d’édition indépendante, un projet singulier porté par des passionnés

Dès sa création, le festival La Voie des Indés a souhaité mettre en lumière ces petites maisons d’édition au projet fort et à l’identité très marquée.

En 2015, la première édition du festival  proposa des rencontres avec les partenaires la libraire Le Rideau Rouge et la Fontaine O Livres autour de la rentrée littéraire de l’édition indépendante.

En 2016, deux maisons d’édition furent associées : Le Tripode (littérature générale) et Six pieds sous terre (BD). Bibliothécaires et éditeurs ont collaboré pour proposer une programmation riche et originale au public : rencontre avec Ali Zamir, jeune auteur comorien d’Anguille sous roche édité au Tripode, la réalisation d’une exposition autour de planches originales des éditions 6 pieds sous terre ou encore la création d’une sieste littéraire (enregistrement sonore, vidéo,..).

Cette année, la littérature jeunesse était représentée par la maison d’édition L’Agrume et la littérature générale par Aux Forges de Vulcain.

Le cycle s’est ouvert avec un club des lecteurs spécial Voie des indés le samedi 21 octobre de 10h30 à 12h et une rencontre avec Gilles Marchand.

Récompensé par plusieurs prix littéraires pour son précédent roman « Une bouche sans personne », Gilles Marchand est venu discuter de sa nouvelle parution « Un funambule sur le sable », également édité par les éditions Aux Forges de Vulcain. Cette rencontre a été suivie par une séance de dédicace.

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Le samedi 18 novembre : c’était l’atelier d’écriture animé par David Meulemans, fondateur du site DraftQuest et de la maison d’édition Aux Forges de Vulcain.atelier-ecriture-voie-des-indes-3atelier-ecriture-voie-des-indes4

Deux expositions étaient accrochées à la bibliothèque :  des couvertures des éditions Aux Forges de Vulcain  et des gouaches de L’Animagier, de Camille Louzon, et les aquarelles de L’Orchestre, de Chloé Perarnau.

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Les ateliers J+ (le mercredi de 15h à 16h) ont été consacré à la création d’un livre pop-up, une customisation de carnets et un atelier autour de l’édition « comment s’élabore et se fabrique un livre ». Cet atelier était animé par Guillaume Griffon des éditions de l’Agrume

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Mercredi 8 novembre, l’illustratrice Camille Louzon a proposé un atelier artistique autour de son livre L’animagier, un bestiaire drôle et décalé et mercredi 15 novembre, Anne-Hélène Dubray, illustratrice et graveuse a animé un atelier autour de son livre pour les enfants Les farceurs.

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Le samedi des petits fut une séance de « p’tit déj’ comptines, éveil musical et histoires », animée par deux bibliothécaires qui ont lus des albums des éditions l’Agrume.

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Enfin, nous avons terminé ce cycle le samedi 18 novembre par une après-midi conviviale avec une table ronde autour de l’édition indépendante et de sa place dans l’écosystème du livre en France, animée par Gaëlle Bohé, fondatrice de l’académie Hors Concours (prix littéraire de l’édition indépendante) et accompagnée par David Meulemans des éditions Aux Forges de Vulcain, Guillaume Griffon des éditions de l’Agrume et d’Élise Henry, libraire Au Rideau Rouge.

Des ventes, dédicaces et un pot ont clôturé cette journée et ce cycle.

 

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Interview de Shanne, volontaire en service civique pour la mission Port’âge

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Bonjour Shanne,

Tu travailles à la bibliothèque Václav Havel en tant que volontaire du service civique chargée de la mission Port’âge durant 10 mois. Peux-tu nous décrire ta mission ?
J’apporte des livres aux personnes empêchées, des personnes âgées et handicapées.

Combien de personnes bénéficient de ce service de portage de livres à domicile à la bibliothèque Václav Havel ?
Il y en a 6 actuellement, un monsieur vient de partir de la maison de retraite.

Y-a-t-il de nouveaux bénéficiaires depuis ton arrivée ?
Non. Nous allons refaire une distribution de flyers et poser des affiches dans le quartier.

Comment organises-tu ton temps de travail ?
Tout mon temps est consacré à la mission Port’âge, je travaille 24h par semaine. Je choisis des livres et je les porte aux lecteurs empêchés. Je prépare les livres à l’avance, cela ne me prend pas beaucoup de temps.

Tu choisis les livres pour les lecteurs ou bien te demandent-ils des titres en particulier ?
Cela dépend, parfois certains me demandent un livre, sinon, c’est moi qui les choisis.
Tu leur as posé des questions sur leurs goûts de lecture ?
Oui.

Est-ce que ton travail quotidien correspond à l’idée que tu te faisais de ce service aux personnes dites « empêchées » ?
Oui, tout à fait.

Pourquoi as-tu choisi cette activité en bibliothèque comme service civique ?
J’ai choisi le Port’âge car je me disais que des personnes qui aiment la bibliothèque, les livres et la lecture, les gens que j’allais côtoyer, ne pouvaient qu’être des personnes bien.

Comment, en deux-trois mots, s’est passée la première rencontre avec chacun des bénéficiaires ?
Très bien, dans l’ensemble, elles sont toutes sympathiques. Mon tuteur Olivier m’a accompagnée et présentée à chacune des personnes bénéficiaires du service. La première dame que j’ai vue est une de celles qui habitent le plus près de la bibliothèque, elle est un peu réservée, au début la communication fut un peu difficile puis on a trouvé des sujets de conversation.

Il n’y a que des femmes ?
Il y avait un seul homme, à la maison de retraite, je l’ai vu une seule fois et depuis plus rien.

Comment évolue ta relation avec ces personnes ?
C’est plus facile avec certaines dames que d’autres. Mme M., par exemple, une des plus âgées, eh bien, voilà, on sent qu’il y a l’âge, elle n’entend pas bien, la communication n’est parfois pas facile. Sinon cela se passe bien.

Comment se déroulent tes visites ?
J’arrive, je leur donne de nouveaux livres, elles me rendent les autres, je leur demande lesquels elles ont aimés. Ensuite, soit nous parlons d’un livre, soit d’autre chose. Avec Mme M., on parle de tout et de rien, elle me parle beaucoup de sa fille, de sa vie privée, elle doit être retraitée depuis peu. Elle rentre dans la catégorie handicapée, elle ne peut plus marcher autant qu’avant à cause de ses douleurs, elle doit souvent s’arrêter.

Est-ce que tu fais aussi la lecture aux usagers ?
Non, je leur fais seulement la conversation. Elles me demandent des livres parce qu’elles aiment lire. Parfois je récupère des livres sans qu’elles les lisent, quand par exemple ils sont trop longs ou bien que c’est écrit trop petit.
Oui, nous n’avons pas de livres en gros caractères ici.
Pour Mme M., qui aime surtout les livres historiques, sur l’Histoire de France, nous n’en avons pas beaucoup en format de poche, qui sont moins lourds. Elle a besoin de livres légers, sinon elle n’arrive pas à les tenir. On ne s’en rend pas compte comme ça, mais c’est embêtant.

Combien de fois par mois te rends-tu chez les bénéficiaires ?
Je me rends chez chaque personne toutes les 3 semaines, plus souvent chez Mme F. et Mme M., car elles me demandent des livres en particuliers, elles m’envoient des mails, elles savent se servir de la messagerie. Aussi, pour elles, je me déplace plus souvent, quand elles veulent, elles lisent davantage.

J’imagine que tu dois être un rayon de soleil dans leur journée. Ce service à la personne favorise-t-il une relation de proximité, – voire intime ? – avec les usagers empêchés ?
On verra cela dans quelques mois. Pour l’instant c’est Mme M. qui me parle le plus de sa vie privée, elle est contente quand je viens, de pouvoir parler. En général je reste de 45 minutes à une heure, voire plus avec Mme M., mais avec certaines je reste moins longtemps. Avec Mme F., on s’entend bien, mais je ne reste jamais plus de 20 minutes. Elle ne me parle pas de sa vie ; au début il me semblait qu’elle n’avait pas très envie de faire la conversation. Mais après on a trouvé un sujet… bien, l’ethnologie. Elle connaît la psychiatrie, qu’elle a exercée si je ne me trompe pas. C’est un sujet qui touche à plein d’autres choses, et j’ai découvert que de grandes figures font aussi partie du domaine de l’ethnologie, qui m’intéresse beaucoup. Certains auteurs qu’elle emprunte, je les ai déjà rencontrés dans mes recherches. Elle a lu un livre sur les Maoris récemment. En ce moment je suis en train de lire un livre de l’anthropologue Philippe Descola qui se passe en Amazonie, chez les Indiens Jivaros.

Les dames t’appellent Shanne ?
Oui, cela s’est fait tout seul.

Combien de livres empruntent-elles en moyenne ?
A chaque visite j’en amène au moins quatre pour chacune, cela dépend. Mme C, elle lit les quatre; ensuite il y a Mme J., à la maison de retraite, pour qui j’en amène quatre aussi, mais elle ne m’en prend que deux. C’est elle qui a besoin de livres écrits en grands caractères. Elle aime bien les policiers. Alors ça, les policiers ça marche beaucoup, ils en lisent beaucoup, tous les 6. Cela m’a étonnée, moi je n’aime pas ce genre de livres. C’est un des genres les plus vendus je pense. Il y a une dame qui ne lit pas de romans, elle lit plutôt des revues. C’était pas gagné avec elle, au début elle était un peu difficile, on a eu du mal à se mettre d’accord sur ce qu’elle voulait. Pour elle les romans c’est trop long, elle préfère les magazines d’histoire, de sciences, elle aime bien Science et Vie. Mme F. m’a aussi demandé un DVD récemment, 68, un documentaire de Patrick Rotman, elle a lu beaucoup de livres sur 1968.

Comment choisissent-elles leurs lectures ?
Soit seules, soit je leur en choisis en fonction des livres ou des auteurs qu’elles ont déjà lus. Mme M., celle qui s’intéresse à l’histoire de France, elle lit des biographies de vieux auteurs ou figures historiques, elle adore ça. Elle a beaucoup aimé un livre sur Racine, qui retrace sa vie, depuis sa jeunesse à Port-Royal, elle m’en a parlé. Elle adore aussi les histoires de cour, le 17ème et le 18ème siècles.

Est-ce que tu leur conseilles des lectures ?
Non, je discute avec elles pour savoir ce qu’elles aiment. Parfois je trouve des livres qui ont l’air sympa, je leur porte et j’attends leur écho ensuite, si elles l’ont aimé ou pas, et pourquoi.

Les dames que tu dessers te parlent-elles de leurs lectures ?
Oui, généralement, elles me disent si le livre leur a plu, parfois de façon très brève, parfois certaines m’en parlent un peu plus. Je leur pose aussi des questions pour choisir de nouveaux livres. En ce moment Mme F. lit un livre de Pierre Bayard, Peut-on appliquer la littérature à la psychanalyse ? Je lui ai aussi apporté Il existe d’autres mondes ; il a écrit plein de choses, elle veut tous les lire. Elle s’est aussi lancée dans Bukowski.

Est-ce que cette expérience te plaît et qu’est-ce qu’elle t’apporte ?
Oui, cela me plaît et cela m’apporte la même chose qu’à elles, je suppose, c’est toujours sympa, surtout le fait que ce soit des personnes âgées, ce sont des personnes qui ont des choses à dire, c’est intéressant. Je sais que cela me fait autant plaisir que cela leur fait plaisir, c’est un échange de bons procédés.

Quel est ton parcours ?
J’ai arrêté l’école après la troisième, et après j’ai fait un peu ce que j’ai voulu. A un moment j’ai travaillé pendant 9 mois, dans une boutique de BTP, autant dire que ce n’était pas vraiment mon rayon.

Est-ce que cette activité entre dans ton projet professionnel ? Quels sont tes projets et quel métier souhaites-tu exercer ?
Non, je n’ai pas encore de projet bien défini. Les domaines qui m’intéressent nécessitent de faire de longues études, de sciences, ou de médecine, et ce n’est pas du tout mon domaine, je n’ai pas envie de faire de longues études. La Ville de Paris nous a proposé une formation pour passer le B.A.F.A., mais ce n’est pas mon truc, l’animation auprès des enfants. J’ai joué avec certains en salle Jeux Vidéo ici, c’était amical, mais je n’ai pas envie d’avoir une autre relation qu’amicale avec eux.

Comment te représentes-tu le rôle des bibliothèques depuis que tu travailles à Václav Havel ?
Comme des lieux qui sont en vérité un peu plus que des bibliothèques, chacune ayant sa particularité et sa communauté ; on vient pour lire, pour échanger, pour s’amuser même. Je dirais que le rôle des bibliothèques est précieux dans sa polyvalence.

***
Veux-tu bien répondre à une partie du questionnaire de Marcel Proust ?

Mon occupation préférée.
Je ne sais pas, je n’ai pas d’occupation préférée, je n’ai pas forcément besoin d’occupation, je suis là, voilà.
Tu penses ? tu rêves ?
Oui.
Eh bien tu peux le dire, rêver.
Penser, j’aime penser, plutôt.

Mon rêve de bonheur.
Alors ça, c’est vaste. Je ne suis pas quelqu’un qui peut répondre aux questions par oui ou par non, j’aime bien être entre les deux. Je n’ai pas une idée précise du bonheur.

Ce que je voudrais être.
Je ne sais pas.
Bon ce sont les questions de Marcel Proust, hein 🙂 , tu n’es pas obligée de répondre à toutes, si c’est trop intime.

Le pays où je désirerais vivre.
J’hésite, quelque part en Asie peut-être. Hmm, le Japon ?
La culture asiatique me plaît, le mélange du moderne et des traditions. Il y a toujours chez eux un côté respectueux, de leur culture, de tout ce qu’il y a autour d’eux, de la nature.

[As-tu lu des auteurs japonais ?
Oui, j’ai lu Haruki Murakami, un classique, j’aime beaucoup. J’ai lu Yukio Mishima aussi, cela m’a plu, mais je préfère Murakami, toujours ce côté un peu mystique. Il a fait des études de musique, il a étudié à l’étranger, il y a beaucoup de références musicales dans ses œuvres, du jazz, du classique. D’ailleurs je crois qu’il a un club de jazz à lui. Je n’aime pas le jazz, mais j’aime bien ce qu’il écrit sur la musique, sur ce qu’il écoute, il cite des artistes, des titres, des reprises, c’est intéressant.
Lis-tu des mangas ?
Oui, beaucoup.
Et des BD ?
Je lis moins de bandes dessinées, car j’aime bien avoir mes BD à moi, et c’est un budget, une BD c’est au moins 15 euros, et si je m’écoutais, j’en achèterais beaucoup.]

La couleur que je préfère.
Le rouge.

La fleur que j’aime.
J’aime bien les fleurs avec plein de pétales, comme les dahlias, quand il n’y a que quatre pétales, c’est bof 🙂 J’aime aussi les micro fleurs qu’on peut trouver sur le bord des routes.

L’oiseau que je préfère.
Le corbeau, il a une taille imposante, il est tout noir, et très intelligent. J’aime bien le Nestor aussi, un perroquet, il y en a un au Jardin des Plantes. C’est aussi un oiseau très intelligent. Il est tout vert, plutôt kaki, vert-gris, et sous les ailes, il est très coloré, en rouge, orange.

Mes auteurs favoris.
Je ne peux pas avoir un seul auteur préféré.

Mes compositeurs préférés.
J’aime la musique classique mais plutôt par morceaux, pas par compositeurs. Puis ce n’est pas ce que j’écoute le plus.

Mes poètes préférés.
Je ne lis pas de poésie, je n’aime pas trop, à part une fois Victor Hugo, j’ai lu des passages de La Légende des Siècles, j’ai bien aimé, mais je me suis lassée de toutes les références religieuses.

Mes héros et héroïnes dans la fiction (littérature et cinéma)
Il y en a trop, faire un choix ne m’est pas possible, un plus que les autres, non, non.

Mes peintres favoris.
Non, je n’en ai pas. Mais j’aime bien le street art, il y en a pas mal ici dans le quartier.

Mes héros dans la vie réelle.
Je n’en ai pas particulièrement. Des personnages morts depuis longtemps, peut-être. Le terme “héros” ce n’est pas rien, alors quelqu’un qui à mes yeux puisse être un héros, il n’y en a pas beaucoup. Il y a chez tout le monde un mauvais côté, le revers de la médaille, aussi bonnes que les personnes aient pu être, il y a toujours la petite tache qui vient ternir leur vie, alors bon, je ne vénère personne absolument.

Mes héroïnes dans l’histoire.
Ce n’est pas une question facile non plus, quand on voit la place de la femme dans l’Histoire.

Mes noms favoris.
J’aime bien les mots valises, un mix entre deux mots.

Personnages historiques que je méprise le plus.
Ah, là c’est plus facile 🙂 Et encore. Il y en a pas mal quand même, et non, en fait c’est un choix difficile, des raclures, il y en a eu, oui. Cela serait comme dire qu’il y en a des moins pires que les autres.

Ma devise.
Je n’ai pas de devise, mais j’aime bien un truc du genre “On n’est jamais mieux servi que par soi-même”, dans l’idéal c’est mieux de n’avoir besoin de personne, d’être libre.

***

Interviewée par Cecilia Pallarès Brzezinski

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