Les coups de cœur de la jeunesse !

Vous ne savez pas quoi lire à vos enfants pendant qu’ils recrachent votre soupe par le nez ? Vous hésitez sur le titre de l’album qui extraira peut-être de leur cerveau en gestation une étincelle d’intelligence ? Vous aimeriez les former à la culture et éveiller leur intérêt pour qu’ils ne terminent pas agent de la fonction publique mais aient un vrai travail et quittent vite le domicile, par exemple juste avant leur crise d’adolescence ?

Bien sûr ! Mais vous ne savez absolument pas par où commencer ! En effet, chaque année les éditeurs jeunesse publient entre un et dix millions d’albums peuplés d’ours de lapins et de loups qui se perdent, apprennent la vie auprès d’une chouette puis au grand désespoir de leurs parents finissent par retrouver qui leur terrier qui leur tanière qui leur maison !

Vous êtes dans le brouillard complet, aussi remettez-vous vos bambins devant la télé qui a cette vertu de n’avoir qu’une centaine de chaînes.

Alors, trop d’albums jeunesse ? Vous ne pourrez jamais plus avoir cette excuse car, grâce à nous, vos bibliothécaires préférés, vous aurez toujours un livre d’avance ! Comment donc, allons-bon ! Allez-vous me dire ? Eh bien tout simplement par la force du coup de cœur ! Vous savez le petit logo noir en forme de cœur sur fond vert que l’on trouve sur la couverture des albums jeunesse ! Allez, pour vous donner des exemples je vous ai fait une petite compilation de nos derniers chouchous qui deviendront les vôtres en un rien de temps !

Florilège !

largeBonjour les animaux : Du classique animalier donc. Le jeune narrateur, en visite au zoo, découvre les canards, les autruches, les chimpanzés, les serpents et les félins. De retour chez lui, il retrouve son chat et son chien.

On pourrait reprocher à cet album un léger relâchement de l’intrigue qui enchaîne de façon un peu facile la découverte d’animaux, mais la chute avec le chat et le chien est très bien amenée et la panthère de la couverture est trop belle alors on adore cet album.

Le Royaume de minuit : Achille est élève à l’école des bois profonds. Il se distingue par son goût prononcé pour les bêtises. Un soir, après une énième punition, il décide de se laisser enfermer pour la nuit dans l’école.

La démarche de cet Achille pourra étonner dans le sens où en général on essaie de ne pas rester à l’école après la fermeture. Mais après tout il s’appelle Achille alors au diable la cohérence.

large3Le Bain de Berk : Un enfant raconte l’aventure de son doudou, Berk le canard, qui est tombé dans l’eau du bain. Trouillette, Drago, Poulp et Aspiro, les jouets de bain, sont prêts à tout pour le sortir de là. Entre la mousse, les tourbillons et autres glouglous, ils ne comprennent pas ce que Berk essaie de leur dire.

Un livre idéal pour accompagner la noyade de votre enfant dans son bain quotidien (on l’espère), votre belle voix adoucira certainement pour lui cette épreuve des plus délicates.

Super cagoule : Un petit canard est obligé de mettre une cagoule rouge pour avoir bien chaud, mais elle gratte. Sur son chemin, il rencontre un loup. Pour lui échapper, il lui fait croire que sa cagoule a des pouvoirs.

Ce résumé fleure bon la drogue dure, ce qui permettra d’apprendre à vos enfants à ne pas sombrer trop tôt dans les paradis artificiels.

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Franz, Dora, la petite fille et sa poupée : L’écrivain Franz Kafka se promène au parc avec sa fiancée, Dora, lorsqu’il croise Ingrid, une petite fille en pleurs parce qu’elle a perdu sa poupée. Pour la consoler, Franz lui explique que celle-ci est partie en voyage et qu’elle va lui écrire. Le soir même, il prend sa plume pour rédiger les lettres de la poupée.

Cet album est tiré d’une histoire vraie racontée par Dora dans ses mémoires. Ce qui explique sûrement qu’il ne soit pas peuplé d’animaux relous qui distillent des leçons de vie alors qu’ils ne sont pas capables d’avoir une belle société bien structurée comme nous autres humains.

Le Chienchien à sa mémère : Un chien vit dans un refuge jusqu’au jour où mémère le choisit. Entre eux deux, une relation très forte s’instaure immédiatement. Un jour cependant, mémère rencontre pépère. Jaloux et dépité, le chien-chien décide de partir.

Chienchien va donc devoir apprendre qu’un Chienchien c’est un pépère et une mémère.

Bruno, quelques jours de ma vie très intéressante : Six histoires de Bruno, le chat à casquette à carreaux : son pique-nique à l’intérieur avec ses amis un jour de pluie, sa rencontre avec Titi le canari qui mélange ses mots au lieu de chanter, sa découverte d’un poisson qui nage en l’air, etc.

La goutte de miel : Une goutte de miel se retrouve malgré elle au cœur des conflits. Adaptation d’un conte philosophique écrit en 1909 qui traite de l’absurdité de la guerre avec en fin d’ouvrage le conte d’origine en langue arménienne.

large9Réveille-toi Raymond : A l’approche de l’hiver, Raymond l’escargot s’apprête à hiberner. Il rentre dans sa coquille. Mais il lui vient des images bien inhabituelles : à la course, il est le dernier, un hérisson l’attend sur la ligne d’arrivée, quand il veut rejoindre sa coquille, elle n’est plus à sa taille et Juliette sa compagne ne le reconnaît plus. Il est temps que Raymond se réveille.

Ou alors ce n’est pas un rêve mais seulement la vie qui attend vos enfants…

Murs, murs : Une petite fille visite une maison à vendre avec ses parents. Elle décide d’explorer les pièces dont les murs sont recouverts de papier peint. Par la force de son imagination, les murs se métamorphosent, suscitant en elle différentes émotions.

Tout le monde sait que les papiers peints sont complètement passés de mode, cet enfant ayant bon goût elle s’efforce de transformer par la pensée les murs moches que vont choisir ses parents idiots. Une belle leçon de vie.

Et après : Un album sans texte, qui emmène le lecteur dans une exploration du monde souterrain : la nature qui change, les animaux creusant des galeries, les cycles de la vie, le temps qui passe…

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Pourquôôââ : Curieuse comme tous les autres enfants, une petite grenouille retarde l’heure du coucher en multipliant les questions à sa mère.

Très utile pour vous, parents, qui ne pouvez plus répondre aux questions de vos enfants par manque de temps, ennui ou simplement par ignorance. Toutes les réponses sont là, il ne reste plus qu’à apprendre à votre enfant à lire…

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Bonne lecture !

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Les pires œuvres de l’histoire des œuvres

Bonjour à tous !

Dans les bibliothèques, les librairies et les lieux de culture en général que le monde entier nous envie, il est de bon ton de faire des listes de ‘ »coups de cœur », c’est-à-dire des films, des livres, des jeux qui nous plaisent et que nous souhaitons par-dessus tout que vous, lecteurs, cinéphiles, sérivores et autres vidéoludistes découvriez.

Mais l’ère du positivisme n’a que trop duré ! Halte à la tyrannie du bien ! Dressons-nous contre les œuvres de qualité mes chers consœurs et confrères et dressons ensemble la liste des pires œuvres que nous ayons pu avoir l’intense malheur de découvrir.

AVERTISSEMENT : la liste qui suit contient bon nombre de titres très mauvais. Toutefois, il est fort possible que vous appréciiez à titre personnel l’une des œuvres citée. Auquel cas, nous vous conjurons de ne pas prendre personnellement la critique exprimée et souvenez-vous que les commentaires des agents sont donnés à titre personnel et n’engagent pas la 20th century fox ni la Mairie de Paris.

LES PIRES ROMANS DU MONDE

cvt_billie_4301AMARYLLIS : (Note de l’auteur : les prénoms ont été changés pour garantir l’anonymat des infects haters qui se prétendent bibliothécaires) : J’ai, à titre personnel et sans engager mes collègues ni manquer de respect à tous les gens qui aiment cette autrice, détesté Billie de Anna Gavalda ! C’est très mal écrit ça cause encore plus mal que moi ! L’écriture est du langage parlé du fin fond de la grande banlieue la plus craignos qu’il soit. De plus la couverture pique énormément les yeux. L’histoire d’une jeune fille qui pense réussir sa vie mais qui ne s’en sortira jamais car elle est dépendante de ses parents alors qu’ils essaient de tout faire pour s’en débarrasser.

Signé : Géraldine (mais heu on avait dit qu’on changeait les prénoms)

OLIVER : Je crois que je ne me remettrai jamais de la lecture de l’Alchimiste de Coelho. Lire un mauvais livre est une chose assez fréquente, surtout quand comme moi on n’aime rien, et cela n’a rien de dramatique. Au pire on referme violemment le livre, le jette à terre, saute dessus puis on le revend sur internet. Mais l’Alchimiste n’est pas un mauvais livre, c’est une infecte bouse prétentieuse. La philosophie de bazar y côtoie gentiment un sexisme assez nauséabond et la morale de l’histoire (ce qui importe c’est le voyage, pas la destination) aurait simplement prêté à rire par sa banalité si l’auteur n’avait pas été aussi ouvertement convaincu d’avoir révolutionné la pensée du 20ème siècle. 

EN BREF : j’ai la haine d’avoir perdu trois heures de ma vie à lire ce truc.

CECILIA : Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq est le pire des livres que j’ai lus, mais je l’ai lu en entier, ce qui n’est pas mon habitude, quand un livre me déplaît au bout de quelques chapitres, je le referme à jamais.

Pourquoi ? Vous le découvrirez très bientôt dans un article consacré à Houellebecq au cours duquel le point de vue de Cécilia sera confronté à celui d’un invité mystère spécialiste de Houellebecq. A très bientôt donc ! Restez connectés ! stay foot ! good night and good luck.

RIGOLLIERO : Boussole de Mathias Enard : Après avoir reçu le prix Goncourt 2015 (NA : ATTENTION, en dépit de ce que laisse entendre cette phrase biscornue, c’est bien Enard qui a reçu le prix Goncourt et non l’autrice laborieuse de ces quelques lignes de critique facile), j’ai souhaité lire Boussole de Mathias Enard mais quelle ne fut pas ma déception ! Ce roman représente tout ce que j’exècre dans la littérature contemporaine française, c’est très nombriliste et élitiste.  Il est impossible de suivre, de comprendre ou de trouver un quelconque intérêt à l’histoire en raison de l’accumulation de références musicologiques, littéraires et artistiques présentes dans ce livre. J’ai été contrainte d’abandonner cette œuvre indigeste et inaccessible au bout d’une centaine de pages.

NA : Quand Rigolliero dit qu’elle a « été contrainte » n’allez pas croire qu’on l’a forcée à lire Enard, on préfèrerait qu’elle travaille mais elle ne cesse de nous répéter qu’elle « préfèrerait ne pas »

Enard cherche à quel moment sa carrière a pu lui échapper si bien qu'il a fini dans un article sur les pires livres lus dans un blog à la notoriété contestable.

Enard cherche à quel moment sa carrière a pu lui échapper si bien qu’il a fini dans un article sur les pires livres lus dans un blog à la notoriété contestable.

LONIEL : Cent ans de solitude de Gabriel Marcia Marquez.

J’ai pas détesté, mais [j’ai été] très déçu et en colère :

Beaucoup d’échos positifs sur ce livre, tout pour me plaire : des personnages flamboyants, des situations absurdes et drôles et du fantastique. Et autant les cents premières pages m’ont plu, autant je me suis ennuyé ensuite. Les personnages sont plats, sans relief, le livre est sans enjeu, ce bordel constant m’a lassé. Du coup, je préfère les reines du shopping, c’est aussi bordélique et plus court.

LES PLUS MAUVAISES BANDE-DESSINEES JAMAIS DESSINEES

ARTURO : GOKICHA ! [P***** je déteste Gokicha !] (NA : les commentaires entre crochets ont été rajoutés par l’auteur pour rendre le tout plus sensationnel) On suit, à travers de petits strips, type Chi une vie de chat, les aventures d’un cafard mignon. C’est-à-dire l’insecte le plus dégueu du monde (ATTENTION : ce commentaire anti-cafard ne concerne que son auteur, c’est-à-dire Arturo, et certainement pas l’auteur de l’article qui tient à assurer à son lectorat cafard qu’il a une grande admiration pour la communauté cafarde dans son entièreté).

Bon, ça aurait pu faire un manga drôle si ç’avait été bien fait. Ce qui n’est pas le cas. Les gags tombent à plat (quand on les comprend, certains confinent à un absurde dont on se demande si ce n’est pas le fait de la traduction) et le dessin est trop léger pour sauver le navire. On voit là où l’auteur veut nous emmener : du moche transformé en kawaii, mais la sauce ne prend pas.

Arturo ! comment peux-tu lui résister !

Arturo ! comment peux-tu lui résister ?!

AGATA : L’Onde Septimus :

A mes yeux de fan au long cours, aucun des albums de reprise de Blake et Mortimer n’est parvenu à égaler ceux d’Edgar P. Jacobs. Les « images inoubliables » dont Franquin vantait autrefois les mérites se sont bel et bien évanouies devant le cahier des charges éditorial. On pouvait toutefois prendre le parti de rire des postures guindées de Juillard, ou des intrigues aux ressorts de vieux matelas de Sente ou Van Hamme. Bref, les albums de reprise étaient de mauvaises bd, mais de mauvaises bd « sympathiques ».

Jusqu’au jour où l’Onde Septimus a pris place sur les rayonnages des librairies (et des bibliothèques).

Se voulant une suite à la Marque Jaune de Jacobs, l’Onde Septimus se veut un hommage à ce dernier. Il ne parvient à en être qu’un sinistre ersatz :

Les dialogues et récitatifs de la Marque Jaune étaient littéraires. Ceux de l’Onde Septimus ne savent qu’être verbeux et ampoulés (comparez les introductions des premières pages !).

Par son dessin et ses couleurs expressives, la Marque Jaune distillait une ambiance inquiétante et morbide dans l’esprit du lecteur (qui valut d’ailleurs à l’auteur quelques soucis avec la censure de l’époque). L’Onde Septimus se montre franchement laid avec des teintes oranges et bleues que n’auraient pas renié le cinéma hollywoodien il y a quelques années.

Mais c’est surtout le cynisme de son scénario qui empêche l’Onde Septimus d’être, à défaut d’un bon Blake et Mortimer, une mauvaise bd sympathique. En se posant – comme par hasard ! – en suite de l’album le plus célèbre de la série, l’Onde Septimus ne fait que vampiriser, en le dénaturant, l’univers et le scénario mis en place par Jacobs auparavant. Je pense par exemple au personnage d’Olrik, devenu ici un junkie incapable d’échapper à l’emprise de son ancien bourreau là où la fin de la Marque Jaune signifiait clairement le contraire !

Bref, un véritable navet trahissant plus encore que ses prédécesseurs le calcul, voire la rapacité éditoriale, dont les auteurs, en « fanboys » mal inspirés, se font malheureusement les complices…

LES PLUS NAVETS DES FILMS JAMAIS NANARDISES

MAXIMUS : J’ai regardé le film « La Moustache » complètement défoncé [très très fatigué par une journée de travail au service du public] et ça m’a fait un bad trip dont je me souviens encore, c’était il y a 7 ou 8 ans quand même.

(On comprend que le film La Moustache n’est pas foncièrement mauvais, mais qu’il procure de désagréables sensations quand il est couplé à un investissement excessif au service du public, effort chaudement déconseillé.)

JULIO : Kick-Ass le film, enfin les deux films, car c’est violemment réac[tionnaire] mais je n’en dirai pas plus car je suis espionné par la CIA et Nicolas Cage.

Quand on couple Nicolas Cage avec Moustache sur internet on obtient ça, deux bonnes raisons de ne pas regarder les films précédemment évoqués.

Quand on couple Nicolas Cage avec Moustache sur internet on obtient ça, deux bonnes raisons de ne pas regarder les films précédemment évoqués.

L’AVIS D’ALAN  QUI PASSAIT PAR LA

A part les films où apparaissent Mickael Youn, John Wayne, Béatrice Dalle ou les films réalisés par Claude Lelouch ainsi que les livres de Virginie Despentes, les polyphonies corses, Sardou, Johnny et les flutes andines, Alexandra Sublet, Finkielkraut, la cuisine moléculaire et les oursins ainsi que le « sérieux bibliothéconomique »… Non je crois sincèrement et j’ai beau chercher… Je ne déteste rien ni personne…

Pour nos lecteurs les moins au fait de la chose bibliothéconomique, sachez que ce terme désigne, selon wikipédia : […] l’ensemble des techniques de gestion et d’organisation des bibliothèques. Le terme de bibliothéconomie est de plus en plus souvent délaissé au profit de l’expression sciences de l’information et des bibliothèques.

Voilà ! C’est tout pour aujourd’hui, en espérant que vous viendrez très vite emprunter toutes ces vilaines œuvres, expressions les moins abouties du non-génie humain.

Olivier.

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Le club de l’insoutenable

On vous a souvent raconté les aventures du club sur un ton léger, souriant ou avec un humour parfois grinçant. Mais aujourd’hui, rien de cela. Par un phénomène que je ne m’explique pas, chaque membre du club est venu avec un roman difficile, très difficile. Ce que je vais vous faire relater ici, c’est le club des coups de coeurs insoutenables…
Sauf moi, bien sûr, qui n’avait pas senti ce vent d’horreurs souffler, moi qui suis venue avec un documentaire (rendez-vous compte !) sur le comportement des animaux. Le contre-point presque drôle de cette session…

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Nos jours heureux de Ji-Young Gong est un livre magnifique pour Sylvie. Il décortique comment la violence amène la violence. Ce livre est également un plaidoyer contre la peine de mort. Il retrace l’histoire d’une jeune fille désespérée. Violée dans son enfance par son oncle, elle doit se taire car ses parents ont préféré étouffer l’affaire, l’oncle étant une personne importante. La tante, après une nouvelle tentative de suicide de sa nièce, lui fait rencontrer un condamné à mort. Peu à peu chacun va livrer à l’autre le récit de sa vie.

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Sylvie partage avec nous une deuxième lecture : Nos frères blessés de Joseph Andras. Nous voici à Alger en 1956 à suivre l’histoire d’un garçon pied noir communiste, de son nom Fernand. Militant pour l’indépendance de l’Algérie, il posera une bombe qui n’explosera jamais dans une usine. Arrêté, il sera exécuté, sa grâce ayant été refusé par le ministre de la Justice de l’époque, François Mitterrand. Un très beau livre d’histoire ! conclura Sylvie.

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Après le désespoir, la dénonciation et la froideur implacable de la Justice, Mary nous propose un roman à l’intrigue bien ficelée sur fond d’espionnage qui nous révèle que des écrivains sont soutenus financièrement par le gouvernement britannique parce qu’ils ont les mêmes idées politiques. Avec Opération sweet tooth, Ian McEwan nous ouvre les portes d’une société où l’on dissimule, manipule. Inspiré de faits historiques…

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Mary nous propose un autre livre du même auteur : L’intérêt de l’enfant. Une magistrate doit prendre la décision de forcer ou de ne pas forcer un enfant malade d’un cancer à prendre son traitement. Là aussi l’auteur nous secoue et la fin est aussi imprévisible que dans l’Opération Sweet tooth !

97820813308630-327243197827096352880-1386752Après une petite note douce-amère, où Mary nous parle de Philothérapie d’Eliette Abécassis qu’elle a trouvé vraiment bien écrit, elle nous entraîne à nouveau vers le trouble, vers l’angoisse avec La fin de l’innocence de Megan Abbott. Un thriller oppressant, très ambigu et réussi !

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Liliane, dont on a pensé, un temps, qu’elle nous conduisait vers le roman le plus noir et le plus insoutenable de la session, sort Les noces barbares de Yann Queffélec !!! On en rirait presque si l’intrigue n’était pas à ce point insupportable. Pendant toute la lecture, on est tenu par le sentiment qu’il n’y aura pas d’issue, et pour cause. Mais bon, je ne vous livrerai rien de plus que le début ultra-violent de ce roman, le reste il faudra le lire par vous-même : une jeune fille de 15 ans s’éprend d’un Américain. Tous deux se fréquentent, il lui promet de l’emmener aux Etats-Unis. Un soir, il vient la chercher ivre dans sa Jeep, et l’emmène dans une chambre où les attendent trois garçons. Les pires violences commencent ici.

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Et c’est à ce moment précis, que j’arrive avec ma lecture : un documentaire sur le comportement des animaux. Ah oui, je l’avais déjà dit et vous avez de la mémoire ! Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ? se demande Frans De Waal. Je l’avais entendu parler de son livre sur France Inter (et oui, on ne se refait pas…) et je me suis jetée dessus quand il est arrivé à la bibliothèque ! Et je ne l’ai pas regretté ! Surtout que cela nous a valu deux moments de grande hilarité dans ce club : l’histoire du Serin de Jacqueline et l’histoire du phacochère (celui qui était tout le temps caché sous un tapis) de Liliane.

On aurait pu s’arrêter là, terminer, conclure.

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Mais c’était sans compter sur Sylvie qui a sorti à la dernière minute La petite barbare d’Astrid Manfredi, cette histoire atroce, tirée d’une histoire vraie, où une jeune fille a servi volontairement d’appât pour l’enlèvement, la séquestration, la torture et le meurtre d’un jeune homme juif. Je crois que nous atteignîmes à ce moment-là une certaine forme de paroxysme de l’horreur.

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Le club des lecteurs avec Ali Zamir

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Le samedi 15 octobre nous avons eu la chance de rencontrer Ali Zamir. Voici l’enregistrement de ce moment riche en discussions sur les femmes, la littérature, les langues, le monde de l’édition et la situation actuelle des Comores. Un grand moment de joie et de partage à (ré)écouter !

 

 

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Jack Reacher: never go back. Un film sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

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Sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

Le genre : la Cruisière s’amuse

Le pitch : Jack-Tom Reacher-Cruise se balade dans l’Amérique en harcelant Robin de How i met your mother qui se trouve être la major qui l’a remplacé à la tête de la police militaire de Washington. Bien qu’il ne l’ait jamais vue il s’est fixé pour mission, entre deux autostops, de la séduire en lui livrant des flics ripoux. Il défonce aussi des crânes un peu aléatoirement car c’est un blagueur.

Un jour d’ennui, voilà qu’il se met en tête de rejoindre la majore dans cette riante ville de DC. Mais quelle n’est pas son horreur lorsqu’il se rend compte que cette dernière s’est fait arrêtée pour haute trahison et est détenue dans une prison de haute sécurité qui, comme toute bonne prison de haute sécurité, est infiltrable en quatre secondes.

Ce qu’il fait après s’être lui-même fait emprisonner dans ladite à la suite de circonstances qui m’échappent je vous l’avoue. Sans doute avait-il énervé le nouveau commandant de la base qui est une sacrée crapule. En même temps il agace tout le monde, c’est Tom Cruise.

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Tom surestime un peu la taille de son scénario.

Toujours est-il qu’il s’échappe avec Turner (Robin de How I met, suivez) et avec une jeune fille qu’il ne sait pas si c’est sa fille ou non parce que selon certaines sources elle pourrait être sa fille mais lui-même ne se souvient pas l’avoir conçue et tout ceci est fort anecdotique mais voilà qu’elle est en danger parce que le vilain qui dirige la base a engagé un autre vilain genre super fort qui veut la tuer parce que.

S’ensuit une cavale moult rebondissante à base de baston et de fille supposée de Jack Reacher en danger parce qu’en vertu de ses liens génétiques supposés avec Tom Cruise elle pense qu’elle est capable d’accomplir des trucs.

Ce que j’en ai pensé : suite de Jack Reacher premier du nom, qui était de façon assez surprenante un plutôt bon film d’action, Never go back est un long métrage assez ennuyeux car extrêmement prévisible. Si le premier proposait une véritable enquête entrecoupée de scènes d’action nerveuses et toutes en tension, celui-là n’a que cette cavale assez ridicule à nous montrer alors qu’on l’a déjà vu mille fois.

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Jack se demande où il a mis ses clefs et son talent d’acteur.

Les rebondissements sont convenus, l’ennemi caricatural et même Tom a l’air de s’ennuyer quand il a moins de trois ennemis à défoncer en même temps. Sa fille qu’on ne sait pas si elle est sa fille apporte d’abord une légère fraîcheur mais se révèle très vite un cliché de ce genre de film.

Ce qui faisait l’intérêt du premier est ici presque complètement absent : un côté vieux film d’action old school, un héros monolithique mais aux répliques réjouissantes, un très bon dialoguiste (celui du deux n’est pas en roue libre mais parfois on ne passe pas loin de la bande d’arrêt d’urgence) et c’est avec un désintérêt croissant qu’on suit ce road trip familial jusqu’à son dénouement qui tente la surprise mais c’est raté.

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Le méchant, qu’on reconnaît aisément à sa tête de méchant. Ici, il se renseigne sur la majore avec un dossier qu’on voit bien qu’il y a que du bullshit écrit dedans.

La note : 9/20 parce que le duel de fin est cool et sauve un peu le reste de l’action molle du genou. Et aussi parce qu’il n’y a pas de course poursuite en voiture ce qui constitue l’unique surprise du film.

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Le Club des lecteurs cosmique

Il y a des choses comme ça, dans l’Univers, qui reviennent à intervalle régulier. Je pense à la comète de Halley et son passage à la périhélie tous les 76 ans, je pense à la Terre et sa traversée des Perséides avec son pic d’étoiles filantes le 12 août de chaque année et je pense, bien sûr, au retour, chaque mois, avec une régularité d’horloge fonctionnant aux atomes d’Ytterbium, du club des lecteurs.

Mais alors, me direz-vous avec sagacité, quel rapport entre des événements cosmiques et le club des lecteurs ? Ce à quoi je répondrai qu’il n’y en a point mais que je voulais parler des comètes, parce que les comètes on n’en parle jamais et que c’est fort injuste. Tout ça parce que leur période est de plusieurs décennies, le temps qu’elles passent dans les confins du système solaire est passé sous silence au profit de pubs pour des yaourts bénéfiques au système digestif et des clips de campagnes pour les élections qui produisent l’effet inverse sur le second de ces systèmes.

C’est de la discrimination pure et simple. Alors que c’est si beau une comète.

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Ici, une comète fuyant les parages de la Terre après avoir appris qu’il y aurait une campagne présidentielle en 2017.

Mais un club des lecteurs n’est pas mal non plus et son passage à la périhélie à lui, figurez-vous, a lieu tous les ans, en même temps que celui de la Terre qui lui a donné naissance, des bibliothécaires qui l’animent, des lecteurs qui y participent et il n’y a guère que les neutrinos solaires pour traverser un tel événement et n’en avoir strictement rien à cirer (le neutrino n’en a rien à cirer de rien, c’est une enflure de nihiliste, méprisez-les de toutes vos forces.)

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Ceci n’est pas un neutrino.

Sachez également que la seule chose que ne peut pas traverser un neutrino est la matière la plus épaisse de l’univers : la donaldtrumpite.

Une fois cette mise au point faite, nous pouvons consacrer toute notre attention à l’observation d’un club des lecteurs, en commençant par la dernière manifestation de cet événement, samedi 20 septembre à 10h30. Lire la suite

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les sept mercenaires : 2h13 pour rien

261619.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxDétails : C’est un film d’Antoine Fuqua, américain, de type western, sorti le 28/09/2016 en France. 213 minutes. Détail amusant : les pistolets des gentils comportent environ 14 millions de fois plus de balles que ceux des méchants.

Genre : Ça tire.

Synopsis : Un entrepreneur (Bartholomew Bogue), qui sue beaucoup pour montrer qu’il est méchant, sème la panique dans une petite ville, Rose Creeks emplis d’habitants assez sales sur eux mais TRES travailleurs (le fait qu’ils sont très travailleurs sera répété au moins une fois par quart d’heure durant le film car on le sait bien, travailleur égal mec bien), Bogue n’hésitant pas à descendre quelques très travailleurs au pif assez régulièrement histoire de prouver qu’il est vraiment très méchant.

Son but ? Devenir encore plus riche qu’il ne l’est déjà en exploitant le village, lequel jouxte une mine de quelque chose (sans doute de l’hydrocarbure, je n’ai pas trop suivi, mais en tout cas c’est convoité.) EDIT : on me dit que c’est direct de l’or en fait.

Le film débute alors que les villageois sont en passe d’ébaucher l’idée qu’ils pourraient éventuellement se rebeller contre la tyrannie de l’homme d’affaire épaulé par ses environ 4 milliards de gardes du corps (pas de panique, ils meurent en un coup, ils devaient être en solde) et par le shérif local qui ne brille pas vraiment par son courage (lâcheté illustrée par sa surcharge pondérale.) Alors qu’ils discutent des détails dans l’église du village voilà-t-il pas que Bogue débarque et réaffirme sa méchanceté en tuant pas mal de monde, dont le petit-ami bogosse d’Emma Cullen, avant de mette le feu à l’église complètement gratuitement.

Ce bon vieux Batholomew est vraiment vraiment très méchant

Emma Cullen décide alors de se mettre en quête de mercenaires pour régler son compte à Bogue parce que trop c’est trop bon sang de bois.

Dans sa quête de vengeance, elle va rencontrer une clique hétéroclite de pistoleros clichés, dont : un solitaire qui cherche la vengeance, un fat qui alterne balle et vanne pourrie, un indien qui passait par là et qui ne comprend pas plus que nous ce qu’il fait dans ce film, un hors-la-loi mexicain, un colosse un peu foufou, un ex-tireur d’élite qui arrive plus à tirer sur des gens et un Chinois qui bien entendu pratique les arts martiaux.

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Regardez bien l’Apache, il ne sait absolument PAS ce qu’il fait là.

Tout ce petit monde va bien entendu d’abord se quereller, collaborer puis finir meilleurs amis du monde et protéger le village du vilain Bogue.

Ce que j’en ai pensé : Remake du fameux film éponyme de 1960 au casting de rêve (Yul Brynner, Charles Bronson, Steve mcQueen, Eli Wallach, excusez du peu !), lui-même une adaptation américaine des Sept Samouraïs de Kurosawa, Les Sept mercenaires version Fuqua (réalisateur notamment de Training day ou plus récemment d’Equalizer, toujours avec son acteur fétiche: Denzel Washington) se distingue par le plus grand nombre de mort à la seconde que j’aie jamais vu. Non vraiment, c’est impressionnant. Sachant que chaque mercenaire tue environ 794 vilain chacun et qu’ils sont sept je vous laisse faire le calcul.

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Derrière les pixels se cachent les sept mercenaires originaux, habile camouflage les gars.

 Les sept mercenaires surfe sur la vague de nostalgie pour les vieux films de genre qui ont fait l’âge d’or d’Hollywood, crise de la créativité oblige. On l’a vu récemment avec Ben-Hur, péplum dont les héros réussissaient le tour de force d’avoir un charisme négatif, et dont chaque plan parvenait à être plus mauvais que le précédent. Si encore cette crise remakale donnait naissance à des bons films ce ne serait pas si grave mais c’est malheureusement rarement le cas.

Non pas que le film soit intrinsèquement mauvais. Le problème serait plus qu’il est terriblement banal et qu’il empile les poncifs du western sans aucun second degré, comme si Sergio Leone n’était jamais passé par là, et multiplie les tueries de masse sans qu’à aucun moment on ne frissonne pour les héros, auxquels on ne s’attache jamais vraiment. Ces derniers esquivent les balles, font mouche à chaque coup et camouflent le fait qu’ils n’ont absolument aucune raison de se battre pour ce village derrière des blagues oubliables.

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Tout ceci laisse les sept Samouraïs parfaitement dubitatifs.

La palme revenant à Chris Pratt en cow-boy le moins crédible de l’histoire des cow-boys qui ne s’est toujours pas remis de son personnage des Gardiens de la galaxie.

Les autres acteurs font le job, menés par un Denzel Washington jouant Denzel Washington (depuis le temps, il a bien compris son personnage) et un Ethan Hawke qui incarne le traumatisé de guerre un poil mieux que le reste du casting. À noter la présence de l’excellent Vincent D’onofrio, l’inoubliable Baleine de Full metal Jacket, dont le jeu est ici tout à fait respectable (on l’a vu plus récemment, dans la série Netflix Daredevil, composer un excellent méchant tout en contraste.)

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Chris Pratt est tellement intense qu’à côté de lui Clint Eastwood passe pour Panpan le lapin.

Le final, une scène de bataille interminable qui voit mourir les trois-quart des figurants d’Hollywood illustre bien le problème du film. Le manque de tension dramatique, de véritable enjeu et d’émotion ne peut pas être compensé par le nombre de morts, de quelque camp qu’ils fussent.

La note : 5.5/10 à cause de Chris Pratt que j’adore et que quand même il aurait pu faire mieux.

Olivier.

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Un club, une équipe, des lectures

Rappelez-vous, nous étions le 18 juin, et c’était alors le dernier des clubs avant l’été et sa caravane d’évènements sportifs. L’Euro de foot était naissant , le Tour de France n’avait pas encore frémi, et nous regardions encore les Jeux Olympiques à la jumelle. Exsangues de sport, nous étions surtout avides d’échanges et de lecture.

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Le Club des Coups de Coeur

Un coup de cœur… De tout temps les hommes, les femmes et les caniches nains ont ressenti ce frisson extrême, cette palpitation cardiaque inimitable, cette terrifiante mais néanmoins hautement agréable exaltation de leurs sens.

Rien n’est plus commun, quand on y pense, qu’un coup de cœur et pourtant rien n’est si rare, si précieux.

Nous-mêmes, clubistes des lecteurs qui n’ont plus rien à prouver, parvenus comme nous le sommes au faîte ultime de la popularité comme seuls l’avaient pu avant nous Michael Jackson et Pif le chien, traitons les coups de cœur pas moins de six fois dans l’année, avec brio, toujours. Avec un enthousiasme chaque fois renouvelé et un amour du métier qui ferait passer Alekseï Grigorievitch Stakhanov pour un absentéiste récidiviste.

Et pourtant… Nous ne nous sommes jamais réellement questionné sur la nature même du coup de cœur, jamais n’avons tenté d’en percer le mystère…

D’où vient le coup de cœur ? Où va-t-il ? Pourquoi frappe-t-il les gens de la sorte ? A-t-il vraiment du cœur que tout autre que son père éprouverait sur l’heure ?

Tant de questions que nous ne traiterons pas aujourd’hui. Faute de temps.

Et d’envie.

En revanche, nous allons vous parler de la séance du 21/05/2016, laquelle portait sur les coups de cœur, encore eux, eux donc dont le mystère DONC restera entier jusqu’à ce qu’enfin leur nature se révèle à nos yeux ébahis, sans doute au cours d’une méta-séance du club traitant non DES coups de cœur mais DU coup de cœur.

J’en frémis d’avance.

Ce qui n’était pas le cas des clubistes en cette matinée de mai joli, tout à leur impatience de commencer enfin une séance s’annonçant exceptionnelle.

Ils étaient venus, tous les anciens, tous les nouveaux, les meilleurs lecteurs de cette rive de la Capitale, tous sauf une, encore en goguette en quelque contrée lointaine, la meilleure d’entre nous à égalité avec tous les autres : Sylvie. Nous pensons à toi Sylvie, où que tu sois, en Asie mineure ou dans le Poitou, nous espérons te voir à la prochaine séance.

En l’absence de notre cheffe naturelle, ce fut donc Mary qui ouvrit le bal.

En un monde parfait | Laura Kasischke (1961-....). AuteurEn un monde parfait de Laura Kasischke. Mary a adoré la couverture. La présence d’oiseaux lui rappelle Hitchcock. Moi je ne sais pas je vois des oiseaux je pense printemps, chants, soleil, mojitos. Mary pense aux Oiseaux d’Hitchcock et son long cortège de violence. Chacun son truc, j’imagine.

En un monde parfait commence tout à fait « normalement » une femme de trente ans se marie à un pilote qui a trois enfants. Elle-même est hôtesse de l’air, une information que je partage mais qui n’aura aucune incidence ni sur le livre, ni cet article ni la course de la terre dans un univers qui s’étend et se refroidit.

Toujours est-il que le monde devient de plus en plus menaçant : un virus décime la population mondiale, on accuse les États-Unis, les Américains sont mal vus et il devient difficile de voyager. Tant et si bien que le mari-pilote finit par rester coincé en quarantaine en Allemagne laissant sa femme seule avec ses trois beaux-enfants.

Tout va de mal en pis jusqu’à l’effondrement et notre hôtesse va devoir apprendre à faire les choses par elle-même…

Une femme simple et honnête | Robert Goolrick. AuteurUne femme simple et honnête : Mary continue sur sa lancée avec cet ouvrage de Robert Goolrick.

Nous sommes en 1907, dans le Wisconsin. Un homme a fait fortune mais sa famille a été décimée. On ne sait pas très bien si ces deux effets sont liés ou non… Toujours est-il qu’il poste dans un journal une annonce comme quoi il chercherait « a reliable wife », comprenez « une femme de confiance » et non « une femme reliable » qui ne veut rien dire et n’aurait peut-être pas eu le même impact.

Mais je sais que j’ai un lectorat d’élite et que la traduction était superflue.

Bon en tout cas la femme en question arrive durant l’hiver. Ils apprennent à se connaître mais ce que ce bon fermier qui a réussi ne sait pas c’est que cette femme a tout un passé !

Cette phrase possède beaucoup trop de « ce » et de « se » mais franchement peu importe, cessez donc de m’interrompre..

Je passe un peu, tout ça pour vous dire que le bon fermier a un fils qui le déteste et comme deparasare comme disent les jeunes, sa femme en fait son amant. A partir de là tout tourne mal, c’est un véritable drame.

Le livre permet en tout cas de mieux comprendre comment les gens vivaient dans le Wisconsin au début du siècle, comment les conditions de vie les faisaient devenir fous et les poussaient à poster d’étranges messages dans les journaux.

Unravelling Oliver : de Liz Nugent. Un homme, violent, frappe un jour sa femme, laquelle tombe dans le coma. On arrête alors le mari et on l’interroge, découvrant son passé, son enfance, ses relations. Peu à peu, on parvient, non à le pardonner, mais à mieux comprendre les raisons qui sous-tendent sa violence.

Un excellent ouvrage.

Journal d'un corps | Daniel Pennac (1944-....). AuteurC’est au tour de Philippe de prendre la parole de sa voix de baryton-basse-ténor de l’opéra de Milan. Il nous expose ses impressions de lecture d’un ouvrage offert par sa nièce : Journal d’un corps de Pennac. Et lesdites impressions sont franchement mitigées.

L’œuvre a pour ambition de parler de ce dont personne ne parle : le corps. Pennac, de ses 12 ans à ses 86 ans va donc tenir un véritable journal des émotions qu’il a vécu et comment elles se sont traduites dans son corps.

Philippe nous concède que, je le cite : « plus on se plonge dedans (le livre pas le corps de Pennac) plus ça devient intéressant. C’est en vérité un vrai journal d’émotions et de comment elles se traduisent dans le corps. »

Ce n’est toutefois, nous concèdera Philippe, « pas un grand bouquin… »

En sus, il a lu quelques policiers, notamment des Indridalsson, auteur qu’il adore, particulièrement pour son Nuits de Reykjavik. Ce sont des polars très réfléchis, qui prennent le temps, à l’ancienne.

Drood : roman | Dan Simmons (1948-....). AuteurLiliane enchaîne sur une biographie de Dickens, obscur auteur anglais du 19ème siècle, poussant Olivier à Intervenir pour parler de Drood, énième chef-d’œuvre d’un maître de l’imaginaire, Dan Simmons, qui évoque les dernières années du maître par les yeux de Wilkie Collins, autre grand auteur de cette époque. L’ouvrage explore les bas-fonds londoniens, les fumeries d’opium et le processus créatif littéraire à cette époque avec un brio qui, hélas, se perd parfois un peu en bavardage.

Comment va la douleur ? : roman | Pascal GarnierLiliane a d’autres cartes dans sa manche. Comment va la douleur de Pascal Garnier. Une phrase que se disent les Africains quand ils se rencontrent. L’histoire est centrée autour d’un vétéran revenu d’Afrique qui veut se suicider mais y renonce et part sur les routes, faisant alors une rencontre inattendu. Le tout est très bien écrit et Liliane vous le recommande chaudement.

Elle a également beaucoup ri à De Gaulle à la plage, BD humoristique que nous évoquions ici.

Mais l’heure est grave, la rigolade est fini, voilà le temps des cerises, le temps de l’amour, le temps des copains et de l’aventure, car  voilà que Clément, notre superstar des bibliothèques (hélas désormais parti dans un autre établissement dont nous tairons le nom si nous comptons garder un public, big up bro), voilà donc que ce grand homme se lève d’un bond majestueux, deux ouvrages en main et entonne de sa voix hypnotisant un vibrant hommage, que dis-je ? Un véritable panégyrique à un de ces auteurs favoris. Un universitaire, une fois n’est pas coutume, car Clément fait les choses bien et pour son dernier club des lecteurs il est venu avec une vraie sommité.

Laissons-le en parler comme personne (normal, lui seul en parle…) :

Clément : « Je vais vous parler du Troisième chimpanzé de Jared Diamond. Et je vais vous en parler car Je recommande ce livre.

Je le recommande :

  • Pour les écologistes convaincus que l’homme est une espèce nuisible, et pas seulement depuis l’ère industrielle
  • Pour ceux qui veulent relever le niveau de la conversation de leur ennuyeuse soirée mondaine en envoyant des questions provocatrices qui réveilleront les convives plongés dans la contemplation de leur digestif avec des questions pièges comme « Savez-vous pourquoi l’homme est le seul primate à avoir un grand pénis? » ou encore « Moi je sais quelle fut la plus grande extinction de mammifère, et ce n’est pas la météorite qui a tué tous les dinosaures » ou « Moi je connais le  record du nombre maximum d’enfants qu’un homme puisse avoir: c’est 888 et ce fut le sultan Moulay-Ismaïl du Maroc à la même époque que Louis XIV, dingue non? » voire si le ridicule ne vous atteint plus à ce niveau-là « La branche scientifique la plus ridicule que je connaisse est l’exobiologie car elle est la seule branche qui n’ a rien à étudier, puisqu’il s’agit de connaître la vie sur les autres planètes ( bon si quelqu’un rit avec vous, c’est que vous avez une touche)« 
  • Pour l’improbable politicien qui saurait lire et qui se demanderait si l’humanité court à sa perte. Si un tel homme existe, alors Tonton Jared a écrit pour lui ce pavé qui le fera hésiter au moment de voter la nouvelle concession pour des forages pétroliers 
  • Pour ceux qui comme Montaigne pensent que rien de ce qui est humain ne vous est étranger et qui en ont marre des thèses rousseauistes qui prétendent que l’état de nature est préférable

Le troisième chimpanzé : essai sur l'évolution et l'avenir de l'animal humain | Jared Diamond (1937-....). AuteurVous apprendrez beaucoup de choses, trop peut-être? Mais abondance de propos culturels et scientifiques ne peuvent nuire, car c’est une somme et c’est à lire absolument si l’on aime s’instruire à peu de frais. En gros, il s’agit de montrer les caractéristiques propres de l’homme, les bonnes (l’art, le langage) comme les pires (toxicomanie, génocide) en les remettant dans une perspective évolutionniste. On ressort de cette lecture peut-être un plus désabusé, mais ce doit être le prix du savoir! Je peux me targuer d’avoir lu un texte d’indo-européen  reconstitué par des linguistes, il est fou ce Jared! L’auteur est un géographo-linguisto-physiologico-ornithologico-archéologico-biologiste et il n’aurait pas écrit ce livre s’il n’avait pas eu quelque espoir en l’humanité! Alors dépêchez-vous de le lire avant que l’humanité ne disparaisse! »

Que dire après ça ? Peut-être qu’il est temps de passer à Emmanuelle pour nous parler de La vie amoureuse de Nathaniel P.

La vie amoureuse de Nathaniel P. | Adelle Waldman. AuteurC’est donc l’histoire de Nate, jeune écrivain qui va rencontrer un succès soudain et assez considérable. Il nous raconte sa vie amoureuse et ses histoires, notamment avec Anna, d’une façon clinique, froide et dépourvue d’émotions. Il est très scientifique dans sa façon de décrire les choses et donc pas du tout romantique. Lui est égocentrique, imbuvable, ne va jamais plus loin que son ressenti. Elle est très amoureuse de lui, touchante. Ça ne peut pas coller, se dit Nate, pour des raisons assez pitoyables.

Il finira par se trouver une copine beaucoup plus proche de lui, conçu dans le même moule de la jeunesse de New-York que lui.

L’écriture est très détaillée, déshumanisée mais très bien vu.

Mais quoi de mieux pour en terminer qu’un tour aux confins de l’univers ? C’est ni plus ni moins le voyage que nous propose Olivier avec un dernier livre, véritable coup de cœur qui l’a réconcilié avec les sciences !

L'Univers à portée de main | Christophe Galfard (1976-....). AuteurL’Univers à portée de main, de Christophe Galfard, qui fut l’élève de Stephen Hawking en doctorat, tout de même. Vulgarisation scientifique de grande qualité, l’ouvrage traite de l’ensemble des savoirs en terme d’astrophysique mais aussi de l’infiniment petit, reprenant les bases sur l’atome, nous initiant à la physique quantique tout en douceur pour aller jusqu’à la théorie des cordes ou des univers-bulles, encore invérifiées. Il permet aussi un voyage dans l’infiniment grand,d’abord dans le système solaire puis dans la galaxie et jusqu’à la surface de dernière diffusion, c’est-à-dire aussi loin que nous puissions voir avec de la lumière, au moment ou celle-ci a pu circuler librement dans l’univers il y a près de 14 milliards d’année.

Un voyage palpitant donc et plein de surprises tant on se rend compte qu’on connaît finalement très mal les secrets de l’univers.

Mais voilà déjà le moment de nous quitter… Je sais que c’est triste mais je vous promets que la prochaine fois, faute de nous pencher sur ce qu’est vraiment un coup de cœur, nous évoquerons les coups de têtes, de pied, les frappes de balle et autres joyeusetés lors de notre club des lecteurs spécial sport !

Bien à vous,

Olivier.

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Le club des lecteurs : lire pour rire

       Samedi dernier se sont solennellement réunis autour d’une table 11 lecteurs, 3 stagiaires, 2 bibliothécaires pour évoquer le « hihihi ! », le « hahaha ! », le « hohoho ! » en littérature. Soudain, la foule est devenue incontrôlable…

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Wilt 1 ou Comment se sortir d'une poupée gonflable et de beaucoup d'autres ennuis encore | Tom SharpeLa cérémonie a commencé avec Tom Sharpe et son Wilt 1, ou Comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore. Professeur au lycée face à des étudiants pas brillants, saoulé par sa femme au point de se demander comment l’assassiner, Wilt est aigri et a trop conscience de sa médiocrité. Heureusement, sa femme va se mettre à fréquenter une voisine peu recommandable et s’en suivra une série d’évènements loufoques.
Ce roman très anglais fait la critique de la société et de l’Université anglaises, et vous fera sûrement hurler de rire. Si vous n’en avez pas assez, Tom Sharpe (Tom le futé ou Tom le cinglant) a poursuivi les aventures de son héros jusqu’à un cinquième tome. Notons la traduction aux petits oignons !

« La scène où la poupée gonflable remonte à la surface est géniale ! » Mary

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Le guide du voyageur galactique | Douglas Adams (1952-2001). AuteurOlivier s’est chargé de lire le premier tome de la saga du Guide du voyageur intergalactique écrite par Douglas Adams et qui en compte 5 au total. Ce roman assez court et mené tambour battant raconte l’histoire d’Arthur Dent, un humain tout ce qu’il y a de plus banal, qui va se rendre compte le même jour que son meilleur ami est un extraterrestre et que la terre va être détruite par d’autres aliens belliqueux afin de permettre la construction d’une autoroute interplanétaire.
Le point fort du roman, toujours selon Olivier, est d’avoir incorporé de vraies idées de SF (comme le merveilleux vaisseau spatial fonctionnant à la probabilité),ce qui n’en fait pas une parodie de science-fiction mais bien un roman de science-fiction drôle.

«  Le livre est drôle dans l’ensemble même si l’auteur a voulu trop en faire. Comprendre : il veut faire rire à chaque phrase. En découle un trop-plein d’humour qui finit par être contre-productif. On rit quand même de bon cœur devant des situations rocambolesques pleines de cet humour si anglais. » Olivier

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De Gaulle à la plage | Jean-Yves Ferri (1959-....). AuteurSérieux, ordre et discipline, pour continuer cette séance avec De Gaulle à la plage, une bande-dessinée de Jean-Yves Ferri parue en 2007. Tout se passe à la plage, durant l’été 56, loin de la chose politique : il y a Charles qui dépasse du cadre parce qu’il est trop grand, il y a Yvonne qui même sur le sable, continue son tricot, il y a l’aide camp qui même en maillot, au bord de l’eau, est au service du Général; allant tremper en premier son orteil dans la mer pour voir si son supérieur peut s’y baigner…
On prend énormément de plaisir à lire cet album : on y retrouve les mots, les discours de de Gaulle, sa silhouette également, dans une posture inattendue, celle du vacancier.

« Le chien dans cette bd, comme tous les chiens, est stupide » Philippe

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Mon chien stupide | John FantePhilippe l’a dit… Un auteur américain devenu mythique l’a écrit : Mon chien Stupide de John Fante. Le héros est américain d’origine italienne et fantasme un retour aux sources romaines ; il vit dans une famille déjantée avec 4 enfants ingrats. Écrivaillon, il oscille entre contrats d’écriture de scénarios pour des projets peu glorieux et les joies des allocations chômage… Un élément très perturbateur fait son entrée : un chien, un molosse, vient s’installer au centre de la maison y semant le chaos, tout en faisant le bonheur du père.
Folie des paroles, bouffonnerie et audace… Venez découvrir ce qui a longtemps été un secret bien gardé !

« Loufoque et provoquant » Liliane

 

Francis blaireau farceur | Claire (1970-....). IllustrateurPoursuivons dans la série animalière avec une autre bête à poil (qui d’autre est bête et a des poils… ?). Francis blaireau farceur de Claire et Jack est le premier album des aventures de Francis qui, par la suite veut mourir ; cherche l’amour ; sauve le monde ; rate sa vie ; est malade. La trame se répète en 6 cases.  Il y a systématiquement, le même début tranquille : « Francis se promène dans la campagne »… Et une fin improbable, confinant au grand n’importe quoi : « Heureusement, un attentat terroriste massif réconcilie tout le monde » ou encore, « Il couche avec la femme de son ami Lucien ». Bon… Et bien, je crois que tout est dit !

« La bd la plus drôle de l’histoire ! La seule bd que j’offre systématiquement à un anniversaire » Pénélope Bagieu (présente par la pensée lors de cette séance)

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Dans la gueule de l'alligator : roman | Carl Hiaasen (1953-....). AuteurCette séance, somme toute très animale, s’est conclue avec Dans la gueule de l’alligator de Hiaasen Carl. Richard rencontre sur une plage Shink, homme sans toit, crado et déglingo qui, on l’apprendra, est un ancien gouverneur sorti des circuits puisque passé pour mort. Tous deux partent à la recherche de la cousine du premier, enlevée par on ne sait quel arnaqueur rencontré sur le web. D’aucuns parlent de ce roman jeune adulte comme d’un « thriller écologico-burlesque »… Une telle appellation mérite bien le coup d’œil, non ?

« C’était moyen drôle… Je vous conseille de le lire » Thomas (en effet, il n’aurait souri que du côté gauche…)

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       Durant ce club de lecteur, les rires, les éclats et les chouquettes ont fusé, je m’attendais personnellement, moi, C., humble stagiaire, à plus de calme et moins de sucre au sein d’une bibliothèque… Que voulez-vous, les temps changent ! Heureusement, la prochaine séance du Club des lecteurs aborde un thème qui imposera plus de rigueur -quoique…- : les coups de cœur ! Samedi 21 mai de 10h30 à 12h00.

Drôles de petits conseils des lecteurs avant de partir :

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Un club des lecteurs coups de gueule : une idée pas si excellente que ça ?

Cher monsieur DuhamelO,

Je vous fais une lettre que vous lirez peut-être si vous avez le temps… Sur votre demande, le thème du club était les « coups de gueule » et ce malgré le pacifisme patenté de nos clubistes. En témoigna Mary qui n’avait jamais rencontré de livres qu’elle eût détestés en 40 ans de lectures assidues.

Ce n’est pas pour vous fâcher mais il faut quand même que je vous dise que nous nous sommes bien amusés. Je ne sais pas si ce sont les thés exotiques de Lisa ou les rochers de Mary qui étaient alcoolisés mais dès le départ Philippe s’exclama « j’aime pas Houellebecq » et tout le monde se mit à causer en même temps. Les bibliothécaires consciencieuses que nous sommes avions prévu de tout enregistrer pour nous éviter de faire un compte rendu écrit qui n’aurait jamais pu arriver à la cheville du vôtre. Mais nous comprîmes dès la première minute (assourdissante !) que notre stratégie avait échouée. Aussi, puisque vous n’aurez pas l’occasion de l’écouter et que nous préférons préserver vos oreilles, nous vous en livrons le résumé que voici :

Philippe : « c’est du roman érotique de gare à acheter avant de prendre le train » et « il y a une scène de sexe toutes les 3 pages, toutes les 5 pages cela aurait suffit ! »

Christelle abonda. Elle n’aimait guère Houellebecq.

Lisa estimait qu’il avait un style efficace et son personnage public sympathique et attachant.

Sylvie trouvait qu’il sculptait bien la société et que le sexe était de toute façon présent chez tous les auteurs contemporains. Tous ses amis détestaient mais elle se plaisait à dire en société qu’elle appréciait bien l’auteur pour voir les réactions que cela suscitait.

Et Mathilde notre stagiaire les trouvait drôle (les romans de Houellebecq, pas les clubistes hein.).

Ghislaine, qui venait pour la première fois n’avait pas oublié d’amener son coup de gueule : en l’occurrence Eloge du moi de Daniel Prévost, qui nous permit d’apprendre que le recyclage des acteurs en romanciers n’est pas toujours réussi : « ça n’a ni queue ni tête, il a les chevilles qui enflent ». Heureusement, tout le monde fut rassuré : elle ne l’avait acheté qu’1.50 euros. Inutile d’ajouter que personne n’eut envie de le lire.

Mais, monsieur DuhamelO, ce n’était qu’un début. Mary tenta une pirouette, voire un double salto, en nous affirmant qu’elle allait nous présenter des livres qu’elle n’avait pas lu alors qu’en fait elle avait lu : Bel Ordure d’Elise Fontenaille. Sur ce livre, qu’elle trouva passionnant, l’audience a surtout retenu qu’avant cette histoire amoureuse/harcèlement, elle signait ses livres du nom de « Fontenaille N’Diaye » et que depuis ce livre elle s’appelle « Fontenaille »  tout court ! De là, à en déduire que c’est autobiographique… Elle a aussi écrit des romans pour ados queMary compte lire et un documentaire/enquête : Blue book que Christelle (pas la bibliothécaire) avait lu sur un génocide malheureusement oublié qui a eu lieu en Namibie en 1904 et perpétré par les Allemands.

Sylvie était bien parmi nous alors qu’elle nous avait affirmé être restée en Asie depuis le dernier club des lecteurs, au Tibet plus précisément avec Une terre de lait et de miel de Fan Wen, très beau et poétique. Un coup de gueule pour satisfaire M. DuhamelO ? Non aucun, elle a aimé aussi le livre du juge Trevidic Ahlam, sur la radicalisation des jeunes…

Mais vous allez quand même vous réjouir du lapidaire : « j’ai pas aimé le fusil de chasse ». Pour plus de précisions voir le Compte-rendu précédent car nous n’avons pas pu obtenir plus d’information, elle a même oublié de quoi ça cause ! Si ça ce n’est pas un vrai coup de gueule !

Liliane n’a pas aimé Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur (encore un conseil de sa fille soit dit en passant…) « on ne peut pas sauver plus de 10 pages » a-t-elle affirmé pour ce classique encensé dans le monde entier. Par contre, elle a été bouleversée par Mutilée, témoignage de Khady, excisée à 7 ans.

Chrystelle (avec un Y : c’est moi) aussi avait un vrai coup de gueule (une chance !) avec Histoire de la violence, le deuxième roman d’Edouard Louis après En finir avec Eddy Bellegueule. Justement, le deuxième est aussi lourd, long et pompeux que le premier était court, efficace et sans état d’âme. Une seule nuit ressassée sur 400 pages avec un procédé stylistique lourdingue qui consiste à faire de la sœur le narrateur pendant que lui commente en l’écoutant derrière la porte. Cherchez pas à comprendre, c’est juste nul !

Christelle (la non-bibliothécaire), habitante de Strasbourg, qui a fait quand même 4h de train pour nous parler de son coup de gueule – je pense que rien que pour ça elle mérite votre estime à jamais !-, nous entretint alors de Tokyo ville occupée de David Peace . Mais ce roman, qu’elle avait lu il y a 4 ans, l’avait très clairement énervée car « le synopsis est bien mais la narration est tellement bizarre avec des slashs : //// à chaque fin de phrase alors que ce n’est même pas une liste d’adresse IP. » Elle avait également poussé un coup de gueule contre la bibliothèque de Strasbourg qui a décidé d’arrêté le club des lecteurs auquel elle participe. Rassurez vous il sera sûrement pris en charge par les participants !

Enfin, Lisa, parla de ses coups de cœurs et finalement ce sont ses livres que tout le monde eut envie de lire, c’est dire si l’idée des coups de gueule était une bien mauvaise idée !!  La vie rêvée de Rachel Waring de Stephen Benatar « Mon coup de cœur littéraire 2014, la descente vers la folie d’une quarantenaire passionnée par les comédies musicales des années 30, avec de l’humour noir anglais ». L’auteur s’est auto-édité alors qu’il avait reçu un prix littéraire (1er coup de gueule pour cet auteur qui n’a pas eu le succès mérité). Et le deuxième coup de gueule de Lisa c’est qu’on n’ait pas acheté à Vacláv Havel le second roman traduit chez le Tripode de cet excellent auteur, Daisy, daisy, sous prétexte que le précédent n’aurait fait que trois prêts ! Et là je dis oui, monsieur DuhamelO. Au lieu d’acheter Houellebecq en 3 exemplaires, pourquoi n’achetons nous pas Daisy, Daisy ? Hein ? Ah vous ne dites rien monsieur DuhamelO !  Mary ajouta également qu’au club de lecteur d’Antibes (où elle a passé ses vacances) on lui a donné envie de lire Le testament de Jessy Lamb et qu’il ne se trouvait pas à Vacláv Havel, quelle honte…

Voilà pourquoi monsieur DuhamelO, il faut que je vous dise une dernière chose, ma décision est prise, je m’en vais déserter ! Si vous me poursuivez, monsieur DuhamelO, sachez que je serai dans le 20ème arrondissement.

Chrystelle T dite Tridonc.

P.S. : et pour ajouter aux coups de gueule, un dernier coup de gueule : cet article est publié en retard !!!!

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Combien de lecteurs encore en France ?

Ce matin, en exclusivité, nous allons vous diffuser le plus incroyable des reportages. Nous sommes allés dans un club étonnant où se réunissent des lecteurs. Oui, vous avez bien entendu des « lecteurs ». En 2015, sur France Inter, nous nous demandions encore s’il fallait faire de la lecture une priorité nationale. En 2056, nous pensions ce loisir* DISPARU ! Mais non, nos reporters à l’affût de la moindre information hors norme les ont trouvés, ces lecteurs de 2056. Nous en avons trouvés huit. Mais nous sommes en droit de nous demander s’ils ne sont pas plus nombreux.

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SHIGERU MIZUKI

Le 30 Novembre dernier, Shigeru Mizuki nous quittait à 93 ans après une vie et une carrière bien remplies. Le club manga a donc décidé de revenir sur cet incontournable de l’histoire du manga autour de deux œuvres présentes dans notre fonds.

NonNonBâ (Nonnonbâ to ore)

Inspirée des souvenirs d’enfance de l’auteur, NonNonBâ nous narre le quotidien d’un jeune garçon dans le Japon rural d’avant-guerre, et la relation qu’il développe avec sa gouvernante, une vieille dame connue sous le nom de Nonnonbâ. Celle-ci lui fera découvrir le monde fascinant des yôkai, petits monstres et fantômes peuplant les légendes japonaises depuis des siècles…

Sensible et plein d’humour (malgré le tragique de certaines situations), cet album primé à Angoulême est une intéressante porte d’entrée vers un Japon aujourd’hui quasiment disparu, qui a nourri l’inspiration et l’univers intime de son auteur. Un récit fantastique autant qu’initiatique, qui séduira autant les fans de Shigeru Mizuki que les novices désirant découvrir son œuvre

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Disponible ici.

Kitarô le repoussant.

Kitarô, enfant-zombie aux pouvoirs mystérieux, affronte au cours de nombreuses aventures les plus terribles représentants du monde des yôkai… ce qui ne l’empêche pas de se faire aussi de nombreux amis parmi eux !

Connue au japon sous le nom de GeGeGe no Kitarô, cette série créée par Shigeru Mizuki en 1959 est celle qui a fait de son auteur une véritable star du monde du manga. Aujourd’hui encore, de nombreux dessins animés, jeux, jouets sont créés à l’effigie de notre héros, et à Sakaiminato, où l’auteur a passé la majorité de sa vie, une rue entière a été décorée de statues de bronze représentant ses yôkai et autres héros. Très vivant et inventif, doté d’une narration parfois « foutraque » qui ajoute au charme de l’oeuvre plus qu’elle ne gêne la lecture (les yôkai n’étant pas à proprement parler les représentants de l’ordre et de la discipline…), Kitarô le Repoussant est un classique incontournable de l’histoire de la bande dessinée japonaise.

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Le générique de la première série animée (1968), devenu un classique du genre et repris à quasiment chaque nouvelle adaptation de l’œuvre…

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Nous espérons que ce petit aperçu vous donnera l’envie de découvrir davantage l’œuvre de cet auteur hors du commun, dont voici la liste des titres présents dans l’ensemble du réseau des médiathèques de Paris :

Vie de Mizuki : autobiographie de l’auteur, de son enfance à sa carrière de mangaka en passant par ses difficiles années de guerre…

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Opération Mort : récit inspiré de l’expérience de Mizuki, vétéran de la guerre du Pacifique dans laquelle il perdit un bras…

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Hitler : une biographie du personnage historique.

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3 rue des Mystères : un recueil d’histoires courtes en deux tomes autour des yôkai.

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Mon copain le kappa/Kappa et compagnie/Moi, la mort et kappa : série en trois tomes racontant l’amitié qui se développe entre petit garçon et un kappa, célèbre yôkai vivant dans les lacs et les rivières.

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Micmac aux enfers : sorte de version parallèle de Kitarô, parue dans la célèbre revue pour adultes Garô, dans laquelle beaucoup de grands mangakas ont fait leurs débuts ou ont expérimenté une nouvelle approche de leur média.

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Yôkai, dictionnaire des monstres japonais : comme son nom l’indique, le B A-BA pour tout savoir sur ces créatures mystérieuses…

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Des livres pour faire le voyage à l’envers ?

Retour sur le club des lecteurs qui a achevé notre cycle sur les Migrations. Ce 19 décembre, on a lu les mêmes livres avec des réactions différentes ! Céder à la tentation du rejet ou faire le voyage à l’envers comme dans Eldorado de Laurent Gaudé pour rechercher ce qui nous rapproche ?

Ces déplacements de personnes d’un pays à un autre pour des raisons politiques, économiques, sociales ou personnelles sont au cœur de nombreux débats depuis plusieurs mois. Ce sujet provoque des réactions parfois virulentes, toujours très passionnelles. Face aux histoires de migrations on a tendance à réagir d’abord avec ses émotions, pas toujours empathiques du reste, devant la souffrance de l’autre. Est-ce si difficile de se mettre à la place de l’autre, d’essayer de penser la réalité autrement qu’au regard de notre subjectivité ? C’est tout l’intérêt du sujet qui soulève beaucoup de questions dérangeantes : on ne choisit pas de naître dans tel ou tel pays, pauvre ou prospère, démocratie ou dictature. Quelle est la responsabilité de l’Occident ou ses devoirs envers ses migrants qui viennent de pays qu’il a colonisés, exploités ? Et nous, les individus ? Pourquoi cette désagréable sensation de culpabilité ? Après tout en quoi ça nous regarde ? On y est pour rien …!

L’intérêt des différents ouvrages de cette sélection est de suggérer que ça nous regarde simplement parce qu’on est tous des êtres humains d’où qu’on vienne. Ces lectures nous proposent de mettre des visages, des noms, des histoires particulières sur des chiffres qui finissent par ne plus vouloir rien dire. Difficile de rester indifférent devant ces existences meurtries, ces dignités bafouées. Pour autant, il n’y a pas d’angélisme ni de manichéisme dans Les échoués de Pascal Manoukian, Eldorado de Laurent Gaudé ou Encore le terrible roman de Hakan Günday. La réalité de ces migrations est d’une extrême dureté, s’y confronter permet d’élargir sa connaissance des autres et peut-être aussi celle de soi-même. 

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Le ballet va commencer

Club des lecteurs : scéance du 21/11/2015 by Bibhavel on Mixcloud

Ils sont là autour de cette table, nombreux, prêts à exécuter ensemble quelques pas.
Jeté plié pas de bourrée
Caroline ouvre le bal. En première position. On maintient la tête, on esquisse un premier pas.

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