Club des lecteurs, spéciale Voie des Indés

Ce samedi 20 octobre, le Club des lecteurs mettait à l’honneur la maison d’édition Le Nouvel Attila, partenaire de notre cycle Voie des Indés consacré à l’édition indépendante.

Littératures étranges et étrangères… Le nouvel Attila cultive les genres inclassables et les mauvaises herbes littéraires, en proposant traductions, rééditions de trésors oubliés, et quelques auteurs français choisis.

A raison de 6 ou 8 livres par an, fruit de la rencontre et du travail entre un auteur (ou son traducteur), un dessinateur et un graphiste, Le Nouvel Attila tente de tisser des passerelles entre les textes et de donner un sens au mot « catalogue ».

Après une digression sur les bienfaits et les déboires de la vie à la campagne et à Paris, les participants ont présenté leurs lectures choisies parmi une sélection de romans parus aux éditions du Nouvel Attila, et quelques autres qui ont particulièrement attiré leur attention.

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Uwe Timm, L’homme au grand-bi, Le Nouvel Attila (Sylvie)

Dans un village de Bavière, le naturaliste Schroeder s’établit en apportant avec lui une nouvelle invention : le grand-bi, ou l’ancêtre de la bicyclette. Cette invention va bouleverser la vie du village et apporter une véritable révolution. Nous lisons ici une version sportive de la querelle des Anciens et des Modernes. Le roman est bien écrit, frais, les personnages sont attachants. C’est drôle et parfois même surréaliste.

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Christopher Boucher, Comment élever votre Volkswagen, Le Nouvel Attila (Sylvie)

Un jeune journaliste doit élever seul son fils. Le problème : il s’agit d’une Volkswagen, modèle Coccinelle.  Sylvie n’en a lu qu’une page et n’a pas accroché. Livre-concept.

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Pierre Michon, La Grande Beune, Gallimard (Sylvie)

Lecture tentée car Pierre Michon avait été porté aux nues par François Busnel mais c’est néanmoins une grande déception. Le roman est complètement dépassé, plus personne n’écrit comme ça de nos jours.

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Richard Powers, Le temps où nous chantions, 10/18 (Sylvie)

Une bonne lecture pour apprendre quelque chose sur la société américaine et le racisme.

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Chimamanda Ngozi Adichie, Americanah, Gallimard (Christiane)

Un roman impressionnant, une lecture coup de poing. Ce roman éclaire parfaitement le lecteur sur ce qu’est être noir dans la société américaine.

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Gauz, Camarade Papa, Le Nouvel Attila (Frédérique)

A travers deux voix qui se répondent – un colon blanc à la fin du XIXe et un petit garçon de l’ère postcoloniale et mondialiste – Gauz nous livre une fresque coloniale inédite, tendre et humoristique. On apprécie l’inventivité de la langue, le regard de l’auteur sur la colonisation, des personnages tout en contrastes et la plume colorée et explosive de Gauz. La belle découverte de la rentrée littéraire !

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François Beaune, Omar et Greg, Le Nouvel Attila (Frédérique)

Un double témoignage très intéressant de deux personnalités que tout oppose, tous deux collaborateurs du FN pour diverses raisons, sur les raisons de ce rapprochement mais aussi sur les raisons qui les ont amenés à s’en éloigner. Loin des clichés nationalistes et extrémistes, Omar et Greg sont les visages d’une France ouvrière, délaissée par la République et en perte d’idéal. A travers ces deux voix, François Beaune interroge la citoyenneté, l’engagement militant et les « magouilles » politiques qui ne semblent épargner personne.

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Thibaut Klotz, L, Le Nouvel Attila (Mary)

Un livre très intrigant. La 4e de couverture prévient le lecteur qu’il est en présence d’un livre étrange. Les chapitres sont écrits de manière différente et certains sont imprimés en gris pâle, ce qui peut être rebutant. Mary n’avait pas fini de le lire au moment du club des lecteurs mais était prête à continuer sa lecture tant le roman l’intriguait. Un risque à prendre donc…

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Richard Powers, L’arbre-monde, Le Cherche Midi (Olivier)

Olivier a commencé à le lire et les premières pages sont passionnantes. On espère un compte-rendu plus poussé pour le prochain club des lecteurs.

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Didier Daeninckx, Caché dans la maison des fous, Bruno Doucey (Christiane)

En 1943, dans un asile, deux psychiatres combattent les mauvais traitements réservés aux fous et cachent les résistants blessés de la région. Un livre agréable à lire, quoique très triste. Il y a beaucoup d’humanité dans ce roman qui est remarquable. Il se lit très facilement et se transporte dans le métro car il s’agit d’un petit format.

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Olivier Bourdeaut, Pactum Salis, Finitude (Christiane)

Une grande déception pour ce deuxième roman de l’auteur de En attendant Bojangles.

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Colleen McCullough, Un autre nom pour l’amour, Belfond (Liliane)

L’histoire d’une infirmière partie sur une île du Pacifique s’occuper de soldats traumatisés par la guerre en 1945. Cette jeune femme est très appréciée de ses patients jusqu’à l’arrivée d’un beau jeune homme qui suscite la jalousie. Très bien écrit, un livre absolument formidable.

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Virginie Grimaldi, Tu comprendras quand tu seras plus grande, Fayard (Liliane)

Un roman léger et amusant. Beaucoup d’humanité et d’amour dans ce roman.

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Elizabeth Haran, Le pays du soleil rouge, L’Archipel (Liliane)

Un livre d’aventure en Australie. Des paysages exotiques et une héroïne qui doit lutter contre l’adversité pour trouver le bonheur.

Conclusion : un club des lecteurs toujours aussi animé et des participantes toujours aussi sympathiques et enthousiastes, sauf quand il s’agit de parler de trottinettes électriques. Rendez-vous le samedi 17 novembre pour le prochain club consacré aux coups de cœur et coups de griffe.

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Club des lecteurs: à la poursuite de l’Imaginaire !

La thématique du club des lecteurs du 14 avril portait sur les littératures de l’imaginaire, sujet dont les limites sont floues, puisque cette définition englobe aussi bien le fantastique, la fantasy que la science-fiction. Accordons-nous avant tout sur ces genres !

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Une histoire fantastique prend l’apparence d’un récit réaliste, tout en y intégrant des éléments surnaturels.  On peut y regrouper des ouvrages comme : La Peau de chagrin de Balzac, quelques nouvelles de Maupassant (La Chevelure, le Horla etc) , Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde,  Dr Jekyll & Mr Hyde de Stevenson, Le nez de Gogol.
C’est probablement le genre des littératures de l’imaginaire qui s’inscrit le plus dans une tradition littéraire « classique » ou dite « noble ». Cette distinction est structurante lorsqu’on parle d’histoire de la littérature de l’imaginaire. Encore davantage lorsqu’on aborde le sujet de la littérature de fantasy ou de science-fiction, deux genres dont les ouvrages ont mis un certain temps à être reconnu à leur juste valeur et à trouver un public plus large que celui des seuls passionnés.

On peut parler de fantasy lorsque dans le récit le surnaturel est accepté, le lecteur accepte de ne pas remettre en cause le pacte qu’il a passé avec l’auteur, malgré toutes les libertés que l’écrivain a pu prendre avec le réel. On se retrouve ainsi souvent transporté dans un monde imaginaire. On peut citer comme exemple reconnus de cette littérature Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, Conan le Barbare de Robert E. Howard ou encore la saga Harry Potter de J.K. Rowling.

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Un des livres de fantasy présentés lors du club des lecteurs était Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, ouvrage qu’on peut aussi rapprocher du roman de cape et d’épées. Jaworski propose, dans un univers proche de celui de la Renaissance, à travers un style riche et épique, une intrigue inspirée de l’histoire de Florence. On y suit les aventures de Benvenuto Gusal, bras droit du Podestat Ducatore, un ambitieux homme politique tombé en disgrâce et qui cherche à retourner au pouvoir. La magie, ou les caractéristiques propres à la Fantasy, sont utilisés pour mettre en valeur les manœuvres et les manipulations politiciennes.

Enfin, au cours du club de lecture nous avons aussi pu discuter de bandes-dessinées cultes. La première série présentée fut Fables, scénarisée par Bill Willingham.

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On y suit les aventures de personnages tirés de contes de fées, chassés de leur royaume par un ennemi mystérieux. La Quête de l’oiseau du temps, dessinée par Loisel et scénarisé par Letendre, nous plonge quant à elle dans un scénario plus classique, magnifié cependant par une ambiance à la fois épique et comique. De Loisel, nous avons aussi parlé de sa revisite de l’histoire de Peter Pan, plaçant le cœur de l’intrigue dans le décor des bas-fonds dans le Londres du début du XXe siècle.

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Une adaptation orientée adulte !

Également appelée littérature d’anticipation, la science-fiction était aussi à l’honneur pour ce club de l’imaginaire.  Un récit de science-fiction repose sur des progrès scientifiques et techniques, ou physiquement impossibles, obtenus dans un futur plus ou moins lointain. Dans la science-fiction la plasticité du réel est utilisée pour explorer des problématiques scientifiques et philosophiques. L’échange autour du roman Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes nous ainsi amené à discuter du transhumanisme.

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Retrouvez d’ailleurs dès maintenant ce titre dans notre Sélectable florale au rez-de-chaussée !

Le livre se présente comme un journal intime où le personnage principal, déficient mental, note ses impressions après une opération chirurgicale lui ayant permis d’accroître considérablement son intelligence.

La discussion autour du roman La nuit des temps de Barjavel portait, elle, sur les dangers de la pratique d’une science dont on ne maîtrise pas les conséquences.

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On y suit Simon, un scientifique qui participe avec le concours de nombreuses nations, à l’étude de ruines d’une civilisation vieille de 900 000 ans découvertes dans les profondeurs du pôle. Parmi ces ruines se trouve une étrange sphère dorée, où hibernent un homme et une femme. Les scientifiques décident de tirer la femme, Eléa, de cet état… Elle nous racontera alors son histoire, et la fin de sa civilisation. Ce beau roman, où se mêlent science et amour, peut aussi se lire comme une critique de cette époque en pleine guerre froide.

Nous avons terminé la séance et ce beau moment d’échange par la présentation de coups de cœurs, en relation avec le prix du meilleur premier roman des lecteurs des bibliothèques de la ville de Paris. Encore vivant de Pierre Souchon a été particulièrement remarqué, mais vous le retrouverez probablement lors d’une séance coup de coeur !

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Club du 17 mars : des livres que nous avons lu et aimé un peu, beaucoup, passionnément…

Ce club des lecteurs était consacré à nos dernières lectures et à nos coups de cœur.

La discussion commence autour de l’émission de télévision « Carnets de route » diffusée à partir d’octobre 2011 sur France 5 et dont on peut désormais visionner les épisodes via Youtube. Créée par François Busnel, elle propose de découvrir les États-Unis à travers le regard de ses écrivains.

Manuela vous la conseille vivement.

Nous avons ensuite embrayé très sérieusement, sans aucune digression 😉 sur nos lectures. Voici la liste des livres que nous avons lu et aimé un peu, beaucoup, passionnément…

 

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  • Lauren Groff, Les furies (Fates and furies), éditions de l’Olivier, 2017. ♥♥♥ (Marie)

Ce roman commence comme une histoire d’amour et finit en tragédie moderne. Dans la première partie, nous faisons la connaissance de Lancelot et Mathilde couple d’intellectuels new-yorkais dont l’existence parfaite et la bonne fortune semblent assurées. Dans la seconde, Lauren Groff déconstruit toute l’histoire pierre par pierre, dissèque ce couple, nous révèle la réalité tragique des apparences. L’autrice nous emmène bien plus loin que là où nous pensions nous rendre. L’élégance de l’écriture et de la traduction sublime ce texte brillamment construit.

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  • Julie Wolkenstein, Les vacances, P.O.L, 2017. (Marie)

Roman de la rentrée littéraire de septembre dernier. Il y est question de la Comtesse de Ségur, d’Eric Rohmer et de la Normandie. Une professeure de littérature et un jeune thésard travaillent tous les deux simultanément sur les archives du premier film perdu d’Eric Rohmer inspiré des petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Livre sympathique, plein d’humour, bourré de clichés très réalistes sur le monde universitaire et les bibliothécaires….

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  • Yves Ravey, Enlèvement avec rançon, éditions de Minuit, 2010.♥♥♥(Marie)

Roman noir, roman social, roman psychologique. Un roman très court et extrêmement efficace servi par une écriture sobre et précise. Yves Ravey sait en quelques mots installer une atmosphère, une angoisse, une pesanteur. Les personnages sont bien réels sous sa plume, décrits par petites touches successives.

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  • Erwan Larher, Le livre que je ne voulais pas écrire, Quidam éditeur, 2017. ♥♥♥ (Mary)

Erwan Larher s’est trouvé au moment au mauvais endroit. Présent au Bataclan le soir des attentats, il fait partie des rescapés. Dans ce livre qu’il ne voulait pas écrire, avec beaucoup d’humour et d’autodérision, il décrit le long travail de reconstruction. Ni témoignage, ni roman, Erwan Larher nous offre un objet littéraire tout à fait étonnant. Un grand coup de cœur pour ce livre bouleversant !

 

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  • Angélique Daniel, Mon avenir dans ton regard, les nouveaux auteurs, 2017. (Manuela)

Une belle leçon de vie et un beau roman d’amour. Lecture légère, lecture plaisir.

 

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  • Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, éditions Noir sur Blanc, 2017. ♥♥♥ (Frédérique)

Un très beau premier roman prenant place dans les coins reculés de l’URSS des années 30. Le personnage principal, Zouleikha, femme Tatare élevée dans le carcan des traditions païennes et musulmanes, soumise à son mari, haïe par sa belle-mère qui l’accuse d’être bonne à rien sous prétexte qu’elle n’a donné naissance qu’à des filles mortes très jeunes, assiste à l’assassinat de son mari par les brigades rouges et est déportée en Sibérie. Ce voyage, a priori tragique, va être l’occasion pour Zouleikha « d’ouvrir les yeux » : la famine, l’injustice, la mort, la proximité avec les autres qui va bouleverser ses croyances et ses convenances, la relation ambiguë qu’elle développe avec l’officier chargé de sa déportation et assassin de son mari… l’évolution de la jeune femme confrontée à tous ces bouleversements est très bien menée. Elle est accompagnée par une galerie de personnages tout aussi complexes et que nous prenons plaisir à suivre : Ignatov, l’officier de l’Armée rouge qui voit ses idéaux révolutionnaires malmenés, ou encore le professeur Wolf Karlovitch, gynécologue réputé de l’université de Kazan, déchu à la Révolution, ce qui lui a fait perdre la tête. Le roman est bien construit, servi par une belle écriture (qui tient sans doute à l’effort de traduction), et nous tient en haleine jusqu’au bout.

 

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  • Andri Snaer Magnason, LoveStar, Zulma, 2016. ♥♥ (Frédérique)

« Lovestar », un titre qui évoque l’amour, la liberté, la beauté… et on n’en est pas loin avec ce magnifique récit d’anticipation. Nous y suivons deux histoires. Celle de Lovestar, créateur génial qui a développé un vaste empire planétaire en inventant grâce à l’étude des oiseaux la dernière évolution majeure de l’humanité : l’homme sans fil et connecté et d’autres applications aussi consuméristes que liberticides. Celle d’Indridi et Sigridur d’autre part, jeune couple naïf qui découvre avec stupeur que l’application inLove qui trouve l’âme sœur de chaque être humain par calcul scientifique unit Sigridur à un inconnu danois. D’un côté un homme harcelé sans cesse par ses idées et une quête symbolisée par une simple graine ; de l’autre, un couple de Roméo et Juliette écrasé par la nouvelle société post-Lovestar. Andri Snaer Magnason manie avec brio différents registres (humour, poésie, absurde…) pour dérouler son intrigue sur fond de paysages islandais qui nous laissent songeurs.

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  • Aharon Appelfeld, Le garçon qui voulait dormir, éditions de l’Olivier, 2011. ♥♥♥(Odile)

Un jeune garçon survivant de la Shoah est pris en charge par une organisation sioniste en vue d’une future installation en Israël. Ce que lui désire avant tout c’est dormir. Non pour fuir mais pour se reconnecter à sa vérité, au passé dans lequel ses parents étaient vivants et dans lequel ni la guerre, ni la peur n’existaient. Comme dans la plupart de ses romans, Aharon Appelfeld se nourrit de son propre traumatisme d’enfant juif orphelin rescapé des camps de concentration. Magnifique roman métaphorique qui étudie autant la fonction du sommeil que celle du langage.

Ce roman nous a permis de parler des films de Nourith Aviv. Passionnée par les langues, par le passage de l’une à l’autre, Nurith Aviv a réalisé une trilogie autour de l’hébreu dans lequel intervient notamment Aharon Appelfeld qui dut apprendre l’hébreu après la guerre. « Parfois je me réveille avec l’angoisse que l’hébreu appris avec tant de peine s’évanouisse disparaisse. » (Aharon Appelfeld)

 

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Spiderman Homecoming : l’histoire qu’on connaissait Parker

Le genre : Toile filante

L’histoire : Peter Parker est un adolescent assez brillant inscrit, on le comprend, dans un lycée haut-de-gamme de New-York compilant tout ce qu’on peut trouver de clichés du lycée américain. Il s’avère qu’il appartient à la caste des plutôt geeks pas très populaires. Mais moins que son meilleur pote sidekick rigolo qui va enchaîner les poncifs comme on enchaînerait bien le réalisateur de ce navet.

L’histoire commence alors que Peter, qui est en fait Spiderman (on nous épargne sa genèse de superhéros avec la piqûre d’araignée, la mort d’oncle Ben etc. parce que quand même après 198 524 comics et moitié moins de films on connaissait) est enrôlé par Tony Stark pour aller affronter Captain America dans une scène rigolote comme tout (c’est le sommet du film, attention) tourné au téléphone portable avec les commentaires live du héros. Bien entendu, il faut avoir vu les films précédents de la franchise pour comprendre, en l’occurrence le dernier Captain America : Civil war. Un film qui faisait passer n’importe quel Taxi pour du Kubrick.

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Dans deux secondes Spiderman va tomber, provoquant l’hilarité du blaireau assis derrière moi.

Bon peu importe : voilà que Spiderman est tout guèz parce qu’il a participé à un combat cross-over multi-franchise qui n’avait à l’époque fait saigner que les spectateurs. Des yeux. Il s’imagine qu’il peut alors rejoindre la team des Avengers, ce qui est d’ailleurs assez légitime puisqu’il vient de les aider à combattre l’un des leurs. Vous comprendriez si vous aviez subi Civil War ce que je ne vous souhaite pas.

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Une scène de Civil War avec Captain America et d’autres superhéros comme Nocharisman (au milieu) ou Goulagman (à droite)

Mais voilà t’y pas que Tony Stark alias Iron-Man lui oppose une fin de non-recevoir sanglante et assez absurde, arguant du fait qu’il est jeune (ça ne le dérangeait pas 2h avant) et qu’il doit pour l’instant demeurer un super-héros de quartier. Soit.

Peter reprend donc sa vie de lycéen, est amoureux d’une fille, ment sur son identité réelle, tente d’aider des gens dans la rue habillé en Spiderman, saute de toit en toit et passe son temps à tomber et à se casser la figure dans des cascades tout à fait hilarantes.

Bon après je me suis un peu endormi mais à mon réveil ils avaient tenté de lancer une ébauche de scénario avec Julien Lepers déguisé en oiseau (référence peu subtile à Birdman ?) et trafiquant d’armes aliens qui fomentait un sale coup contre Tony Stark mais heureusement Spiderman veillait, l’affrontait, chutait pas mal, faisait des blagues, y’avait des  quiproquos lolilol et puis c’était fini.

Ce que j’en ai pensé : Spiderman Homecoming n’est pas la suite de Amazing Spiderman ni de la trilogie de Sam Raimi. En effet, le rachat de la licence par Marvel permet désormais à ce studio d’utiliser Spiderman pour l’inclure à son grand projet : le Marvel cinematic Universe qui inclut plusieurs licences telles qu’Iron-Man, Captain America, Thor, j’en passe et des médiocres. Homecoming est donc une sorte de rereboot comme on aurait aimé s’en passer.

Le film en lui-même souffre surtout d’un excès d’humour. Toutes, absolument toutes, les répliques veulent être drôles et ce serait déjà assez épuisant si elles y parvenaient. Le problème étant qu’une sur dix fait vraiment mouche, et encore, une mouche prise dans la toile. Voilà c’est le niveau de blague du film.

L’action est illisible, le manque d’enjeu se fait très vite cruellement ressentir et l’image est assez moche. Alors, même si l’effort du studio pour créer un superhéros proche du peuple pourrait être louable, le tout ne casse pas 9 pattes à une arachnide.

La note : 5/10 parce que par rapport à Captain America c’est quand même très bon (sans doute la raison pour laquelle ils nous ont rebalancé des images dudit au début)

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L’affiche : ouais Spiderman a l’air aussi faux dans le film.

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Le livre que j’ai le plus détesté

Préambule : On vous aura fait attendre (cf l’article d’Olivier, notre excellente plume : Les pires œuvres de l’histoire des œuvres), mais le fan inconditionnel de Houellebecq s’est évaporé, car il est indéfendable… Bon, je viens juste de lire « Houellebecq économiste » du regretté Bernard Maris (Oncle Bernard de Charlie Hebdo), qui l’adorait pour sa peinture du capitalisme agonisant destructeur de l’humanité : « Aucun écrivain n’est arrivé à saisir le malaise économique qui gangrène notre époque comme lui »… Cela ne me le fait pas aimer pour autant, pour moi M.H. est toujours un OVNI littéraire inexpliqué, et les collègues qui l’apprécient (sans les citer : Oliver, Léonel, Alan…) vont peut-être se liguer pour écrire l’article contradictoire au mien… Comme dit Olivier : Stay foot ! restez connectés 🙂

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Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq est le pire des livres que j’ai lus, mais je l’ai lu en entier, ce qui n’est pas mon habitude, quand un livre me déplaît au bout de quelques chapitres, je le referme à jamais. De formation littéraire, comme nombre de mes collègues bibliothécaires, j’aime les classiques des temps passés, je lis peu de littérature française contemporaine (les sanglants prix littéraires de l’automne 2016 ne m’y incitent encore pas), la littérature étrangère m’attire davantage.

Michel Houellebecq est devenu une grande figure du paysage littéraire français contemporain, également très lu à l’étranger. C’est un auteur qui m’intrigue depuis ses débuts, m’inspirant une aversion pour ses positions sur la société, sa misogynie, son côté nihiliste sans appel, ses provocations philosophiques et politiques sur des sujets sensibles dont certains ont envahi durablement la pensée et la vie politique françaises : le racisme, l’islamophobie, la pornographie, la lutte contre l’avortement, l’eugénisme, l’évasion fiscale. J’ai cependant voulu découvrir cet auteur et sa peinture sociale en lisant son deuxième roman il y a une dizaine d’années, œuvre qui ne me suffit cependant pas à me faire une opinion sur le phénomène culturel H., et je ne suis pas aussi douée que Pierre Bayard (auteur de la bible des bibliothécaires Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?) pour vous en faire une plus fine analyse. Plusieurs collègues bibliothécaires m’ayant fait l’éloge de ses œuvres postérieures – La Possibilité d’une île et La Carte et le Territoire, notamment, ce dernier opus qui lui a valu le prix Goncourt en 2010, – je me suis promise de me replonger un jour dans les affres de cet auteur torturé et dérangeant, dussé-je en souffrir.

Après Extension du domaine de la lutte, au titre tout aussi intrigant, œuvre à la philosophie difficile à saisir, et semble-t-il en son temps mal comprise par les critiques, Michel Houellebecq publie Les Particules élémentaires, court roman paru en 1998 qui le fait connaître par une tourmente de critiques acerbes. Ce roman dépeint la vie triste à mourir de deux frères, Michel et Bruno son ainé, affrontant déceptions sur déceptions sur tous les plans : familial, sentimental, professionnel. Bruno est professeur de lettres, érotomane, mauvais père de famille et sombre dans la folie ; Michel est chercheur en biologie moléculaire et s’emploie à révolutionner la reproduction sexuée en annihilant le désir et la souffrance pour atteindre une « mutation métaphysique », le clonage et la « rénovation » de l’humanité.

L’écriture de cette œuvre me parut décevante, pauvre, désagréable, vulgaire, et j’ose espérer (ce que je ne saurai qu’en lisant davantage H.) qu’elle est un effet de style, une vision cynique de la désolation, du « vide » de l’existence de l’homme moderne, voué à la solitude, à la misère sexuelle, à la souffrance, au malheur, dans une société imprégnée de l’individualisme, de la défiance des uns envers les autres, la nôtre, dans notre monde de violence en crise perpétuelle. La révulsion et la déception que j’ai éprouvées en le lisant se sont estompées dans ma mémoire lorsque j’ai lu dans le journal Le Monde les déclarations de la mère de M.H., Lucie Ceccaldi, en réponse aux accusations publiques de son fils qui la haït depuis qu’elle l’a immoralement abandonnée pour poursuivre sa carrière de médecin à l’étranger, propos qui m’apparurent comme une clef du mystère Houellebecq. Pour ce qui est de démêler la réalité de la fiction dans son œuvre, il y a une part d’autobiographie dans ces deux personnages, abandonnés tôt par leurs parents, élevés par leur grand-mère, et c’est le seul aspect de ce roman qui me touche.

Comparé à Zola, icône des médias et de la littérature contemporaine, pour moi, Michel Houellebecq est le peintre et le produit d’une civilisation en déclin, un des symboles les plus tristes de la société française actuelle, qui s’affole et s’enlise dangereusement à chaque période d’élections, une société marquée par le spectre des régressions sociales, de l’intolérance, du populisme et la résurgence de la boîte de Pandore propre au libéralisme économique et politique : les valeurs réactionnaires travail-famille-patrie (ci-gît la société de loisirs, les 35 heures, le partage du travail et des richesses), les catastrophes humaines et écologiques incessantes semblent vouer la Terre et ses habitants aux gémonies. La « main invisible » dirige le monde et pérennise la compétition perpétuelle des êtres pour se maintenir en vie, au détriment du progrès social, de la fraternité, de l’élévation du niveau de vie et du bien-être de l’Humanité, autrement dit, du Bonheur. Michel Houellebecq est également essayiste. Les Particules élémentaires, roman crépusculaire du siècle dernier, hante mon âme comme un mauvais oracle, un coup de peur et non de cœur. À quand un renouveau littéraire humaniste, un sursaut du débat public ?

C’était le pire truc lu par Cecilia Pallarès Brzezinski

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∞ Notre bibliographie de l’été ∞

2017-selectable-ete Vos bibliothécaires préféré.e.s vous donnent des conseils de lectures pour l’été, documents que vous pouvez emprunter chez nous ou dans le réseau des bibliothèques de la Ville de Paris.

Littératures

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Le sang des 7 rois de Régis Goddyn. – L’Atalante. – (cote GOD)

Saga de fantasy française, l’œuvre de Régis Goddyn vous transportera dans un monde médiéval en proie à un renversement politique et à une crise religieuse. Et dire que tout débute par une enquête d’Orville, notre soudard de héros, sur la disparition de 2 jeunes villageois…  Le rapport avec l’été me demanderez-vous ? Le sang bleu comme la mer (littéralement) de la noblesse, synonyme de capacités surhumaines mais surtout un style mordant et une lecture décontractée, qui vous emmèneront dans des directions que nul n’aurait su prédire…

 

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En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut. – Finitude. – (cote BOU)

Ne vous fiez pas à sa couverture un peu kitsch, ce premier roman, bercé par la musique de Nina Simone  est une merveille. Relatant l’histoire d’une famille marginale légèrement déjantée,  En attendant Bojangles est une ode à la vie, à l’amour et à la folie. Dans une ambiance chaleureuse et poétique, Olivier Bourdeaut propose un texte bourré d’humour, de fantaisie et d’émotion.  Disponible en format papier et audio à la bibliothèque !

 

 

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Smilla et l’amour de la neige de Peter Høeg. – Points Seuil. – (cote HOE)

Pour rafraîchir vos journées sous un soleil de plomb, un roman qui se passe au Danemark et nous parle de neige et de soupçons d’homicide à partir de traces suspectes dans un paysage immaculé.

 

 

 

 

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Le complexe d’Eden Bellwether de Benjamin Wood. – Zulma. – (cote WOO)

Quoi de mieux que la période estivale pour lire des pavés ?!

2003, en Angleterre. Oscar Lowe, jeune homme solitaire vit à côté de la prestigieuse université de Cambridge. En se promenant un soir, Oscar est happé par le son d’un orgue s’échappant d’une église. En s’y introduisant, il fait la connaissance d’Iris Bellwether et de son intrigant frère, Éden. Personnage éponyme du roman, Eden Bellwether possède une personnalité ambigüe, à la fois charismatique et virtuose, il peut également être, entre autres, un homme narcissique et manipulateur, persuadé de détenir un don lui permettant de guérir les humains grâce à sa musique.

Le complexe d’Eden BellWether est un roman magnifique, grâce à l’écriture maîtrisée de Benjamin Wood (il s’agit de son premier roman) et de par les thématiques abordées – la frontière entre le génie et la folie, la science et la religion ou encore le clivage social.

 

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L’assassin royal de Robin Hobb. – J’ai Lu. – (cote HOB)

Une série que vous ne pourrez plus lâcher une fois commencée. Prévoyez d’emporter plusieurs livres de la série sur votre lieu de villégiature pour ne pas risquer une immense frustration due à l’achèvement précoce d’un tome qui vous laisse affamé de sa suite et passer plusieurs heures à chercher une hypothétique connexion internet qui vous mènerait à un encore plus hypothétique PDF à lire sur un smartphone à la batterie faiblissante. L’histoire est rondement menée, les personnages très développés, le monde qui les entoure foisonnant et cohérent et les valeurs convoyées plutôt sympathiques malgré un héros assassin : amitié, une pointe de féminisme, tolérance, ouverture aux autres, honneur, perpétuelle quête d’amélioration personnelle….

 

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Certaines n’avaient jamais vu la mer de Julie Otsuka. – Phébus. – (cote OTS)

Rien à avoir avec des vacances à la Baule, Certaines n’avaient jamais vu la mer parle d’un sujet méconnu, à savoir le sort des émigrées nippones en Californie, au début du XXe siècle. Très singulier par son écriture à la 1ère personne du pluriel, ce parcours collectif poignant nous fait découvrir la réalité de ces femmes acculturées  qui doivent réapprendre une langue, une culture, et surtout à vivre. Arrive alors la guerre, tout japonais devient suspect, la haine monte et vient le temps de la déportation, ce « dernier jour ». Sans tomber dans le pathos, le récit porté par une musicalité rare, nous laisse à entendre ces voix anonymes, ces destins brisés.

 

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U4 de Vincent Villeminot. – Syros. – (cote U4)

Il s’agit de 4 romans, à lire dans l’ordre de votre choix, écrits par 4 auteurs différents. Le virus U4 a décimé 90% de la population mondiale, seuls les adolescents de 15 à 18 ans ont survécu. Chaque personnage raconte son parcours depuis Marseille, Lyon, la Bretagne ou Paris pour trouver de l’aide et se rendre à un RDV donné par Khronos, le maître de jeu d’un jeu vidéo en ligne. Ces romans nous replongent dans les affres de notre adolescence mais dans un monde post apocalyptique ou il s’agit avant tout de survivre et d’enterrer son passé.

 

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Les enfants du Romanestan de Moris Farhi. – Bleu autour. –  (cote FAR)

C’est l’histoire d’un peuple qui renaît toujours de ses cendres, celui des Tziganes d’Europe orientale nourris de l’âme de la Nature. L’histoire de Branko, orphelin rescapé du Porajmos, le génocide gitan. Moïse des temps modernes, il prend la tête d’un exode périlleux vers un mythique Romanestan.

Un récit épique captivant de Moris Farhi, « mieux vaut devenir qui on est plutôt que de vouloir être quelqu’un d’autre » semble-t-il nous faire entendre.

 

 

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My first Sony de Benny Barbash. – Points Seuil. – (cote BAR)

Yotam, 10 ans, a la manie de tout enregistrer sur son magnétophone Sony, le présent, le passé, les non-dits et à travers l’intimité de sa famille plutôt déglinguée : le père adultère multirécidiviste, la mère hystérique, l’oncle ultra-orthodoxe, le grand-père, ancien résistant, le poids silencieux de la shoah, c’est un pan entier de la société israélienne qui défile dans un tourbillon aussi loufoque qu’émouvant !

 

 

 

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Au bord de l’eau de Shi Nai-an. – Folio Gallimard. – (cote NAI)

Pour ceux qui, comme moi, attendent l’été pour s’attaquer aux pavés littéraires : un des plus grands classiques de la littérature chinoise, « Au bord de l’eau » suit sur 2200 pages (en deux tomes) les aventures épiques de 108 brigands révoltés contre l’empereur d’une Chine médiévale.

 

 

 

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Le Pavillon d’Or de Yukio Mishima. – Folio Gallimard. – (cote MIS)

« Je ne savais toutefois pas encore si la Beauté se confondait avec le Pavillon d’or lui-même, ou si elle était consubstantielle au néant de la nuit qui enveloppait le Pavillon d’or. Peut-être était-elle les deux ensemble. A la fois détail et totalité. Temple d’or et nuit enveloppante. »

Le style précis, analytique et terriblement sensible de Mishima saisit le regard sombre d’un moine bègue sur la Beauté tyrannique, inaccessible et adorée, incarnée par le Pavillon d’or.

 

 

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Le temps où nous chantions de Richard Powers. – 10/18. – (cote POW)

Delia Daley et David Strom se rencontrent au concert de Marian Anderson en 1939. Leur passion commune pour la musique leur fait oublier qu’une jeune femme noire et un juif allemand n’ont pas le droit de s’aimer dans l’Amérique de l’après-guerre. Le temps où nous chantions raconte leur histoire d’amour et l’histoire de leur famille. C’est également un demi-siècle d’histoire américaine, une ode à la musique et tellement d’autres choses. Si vous avez de longues heures devant vous, lisez ce roman magnifique et bouleversant. Le temps où nous chantions est un incontournable de la littérature américaine du 20e siècle. Il a été élu meilleur livre de l’année 2003 par le New York Times et le Washington Post.

 

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Une saison ardente de Richard Ford. – Points Seuil. –  (cote FOR)

Été 1960 dans le Montana, des incendies ravagent le pays. Le père de Joe, momentanément sans emploi, part combattre le feu. Sa mère prend un amant. Parallèlement à la désinvolture des adultes, Joe jeune adolescent fait l’expérience de sa propre solitude dans une Amérique dépeuplée. Une saison ardente est une sorte de roman d’apprentissage dans l’Amérique profonde des années 60.

 

 

 

BDs & Mangas

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Slam Dunk de Takehiko Inoue. – Kana. – (cote manga Slam Dunk)

Vous avez chaud sur votre transat/serviette/chaise de bureau ? Ce n’est pas ce shonen qui vous refroidira. Rouge feu, c’est la couleur des cheveux de Sakuragi, notre héros voyou. Orange éclatant, celle du ballon de basket qu’il tente d’apprivoiser au long de ces 31 volumes pour éblouir sur le terrain la belle Haruko. Shonen sportif à l’ancienne, bourré d’humour et de scènes d’anthologie, Slam Dunk ne vous laissera aucun temps mort !

 

 

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Riche, pourquoi pas toi ? de Marion Montaigne. – Dargaud. – (cote BD MON)

Une BD one-shot qui vous apprendra tout sur les riches, cette drôle d’espèce humaine qui capitalise, amasse de l’argent, cultive l’entre-soi et les privilèges, et ne cesse de s’accroître dans la société française, toujours plus riche alors qu’il y a de plus en plus de pauvres très pauvres. Philippe Brocolis, heureux gagnant de la cagnotte du loto découvre avec sa famille les mœurs spéciales de la classe bourgeoise, expliquées par les deux grands sociologues spécialistes de la bourgeoisie, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, qui l’accompagnent dans ce nouveau monde dont il est étranger. Marion Montaigne croque avec réussite le monde de l’argent, la reproduction des élites et leur violence symbolique : rire garanti !

 

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Pinocchio de Winshluss. – Les requins marteaux. –  (cote BD WIN)

Pour s’initier à la bande dessinée « adulte », ou pour découvrir (ou retrouver) l’humour noir de Winshluss : un Pinocchio moderne, muet, trash, et brillamment maîtrisé.

 

 

 

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Yotsuba&! de Kiyohiko Azuma. – Kurokawa. – (cote manga Yotsuba).

Une série d’histoires courtes autour des découvertes (et des bêtises) d’une fillette dans un quartier de la banlieue de Tôkyô. Aussi drôle que rafraîchissant, ce manga est une lecture idéale pour les vacances !

 

 

 

 

gokicha

 

Gokicha de Rui Tamachi. – Komikku. – (cote manga Gokicha)

Des gags en quatre cases suivant les déboires d’un adorable petit cafard cherchant à se faire des amis parmi les humains… qui restent de marbre devant ses bonnes intentions et sa carapace noirâtre ! Ce manga vous invitera à regarder d’un autre œil ces compagnons d’infortune des chaleurs estivales !

 

 

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Transmetropolitan  de Warren Ellis. – Urban comics. –  (cote comics Transmetropolitan)

Destitution ou pas ? Nouvelle bourde ou nouvelle teinture ? C’est moins sur l’été que sur l’actu politique que nous vous proposons de surfer avec ce comics en 5 tomes. Suivez Spider Jerusalem, journaliste ultra-cynique, qui reprend du service pour suivre la prochaine élection du président US. Ce double d’Hunter S. Thompson pour ce qui est de la consommation de produits vitaminés vous fera rire ou crisser des (sans)dents dans ce futur déglingué et plus que jamais inégalitaire. Du très bon Warren Ellis pour une anticipation mordante !

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Un coup de cœur, un coup de club (des lecteurs)

Enfin ! Après une disette de quelques mois le cénacle le plus fermé et prestigieux du Monde libre et des bibliothèques de Paris se reréunissait samedi 20/05/2017, 10h30 (heure de Paris) pour s’adonner aux plus nobles passions qui soient : les livres et la critiques d’iceux.

C’est donc vers 10h30 que se sont retrouvés, fringants et beaux, Lurdès, Mary, Cécile, Liliane, Isabelle, Philippe et votre serviteur.

Mus par leurs ardentes appétences littéraires ils se sont joints dans la petite mais non moins chargée de souvenirs émus salle Allégro, au premier étage, prêts à échanger propos enjoués et romans empruntés.

Et, après une brève introduction, c’est Philippe qui initie les débats.

largeIl a lu Petit pays de Gaël Faye et pense du bien de ce premier roman, par ailleurs unanimement salué par la critique et retraçant le génocide au Rwanda vu par les yeux d’un enfant, en l’occurrence l’auteur.

Philippe a d’abord pensé que c’était rapporté de façon légère, avant de se rendre compte que finalement pas tant que ça.

A ce drame, toujours présent, se mêlent des bonheurs de l’enfance d’autant plus fragiles. L’écriture est agile, les descriptions magnifiques, le tout est très agréable à lire mais aussi très lourd.

Liliane se souvient l’avoir lu mais plus trop du contenu. Même si elle se rappelle avoir aimé.

Quoi qu’il en soit l’ouvrage a reçu le prix Goncourt des lycéens.

bureauMais Philippe enchaîne déjà, toujours prompt à partager ses passions extrêmes. Cette fois c’est un livre d’aventure : nous sommes au Japon, aux alentours de 1100, et un petit village a passé un contrat avec le Bureau des Jardins et des Étangs, une sorte d’administration royale. Ce village a pour mission de fournir un certain nombre de carpes par an pour alimenter les bassins royaux, missions dont s’acquitte un jeune pêcheur dont le don pour attraper des carpes et les transporter dans une nacelle jusqu’aux dits bassins, quoique peu glorieux, est bien utile au village qui se voit ainsi exonéré de certaines taxes. Cette phrase est bien trop longue mais peu importe.

Voilà cependant que le jeune pécheur décède tragiquement et que sa femme se voit désignée pour prendre le relais. Le roman raconte alors son voyage avec moult rebondissements et péripéties.

Le texte rend bien l’ambiance du moyen-âge japonais croit savoir Philippe et l’on ne peut que le croire sur parole tant il nous est difficile de l’imaginer.

Le livre est bien mais pas extraordinaire nous dit Philippe avec un phlegme qui est devenu légendaire dans certains milieux autorisés.

Liliane prend ensuite la parole avec solennité et cette candeur si facétieuse qu’on lui envie. C’est Alain Mabanckou qui a eu les faveurs de sa lecture, lui et son Black Bazar.

bazarBlack Bazar c’est l’histoire d’un Africain, un homme très important et toujours très chic, qui arrive à Paris. Il se marie avec la fille d’un avocat strasbourgeois d’origine congolaise qu’il emmène à Paris. Là, elle va se laisser séduire par un autre, qu’il nomme « l’hybride »

Le livre a beaucoup plu à Liliane ; il n’y a pas une histoire mais des centaines qui s’entremêlent au gré d’expressions très imagées. C’est très bien.

Elle a aussi lu « Ce qui ne nous tue pas » d’Antoine Dole mais là je vous avoue qu’il n’y a rien sur ma feuille, j’en conclue donc que le livre ne l’a pas marquée.

Cécile se lance ensuite, pour sa grande première dans le club ! Elle nous présente deux comics, de la bande-dessinée américaine, qu’elle a découverts un peu par hasard à la bibliothèque : les deux romans graphiques et autobiographiques d’Alison Bechdel, une bédéiste américaine, originaire de Pennsylvanie : Fun home et C’est toi ma Maman ?. C’est le 2ème tome qui l’a attirée au départ, d’autant qu’elle ne savait pas qu’il y en avait un premier, et elle a eu envie de le lire au vu de sa thématique : les relations mère-fille.

funAlison Bechdel est née en 1960, elle est militante féministe, lesbienne, connue pour avoir publié une série dans Womanews, une revue féministe New Yorkaise, Dykes to Watch Out For  (Lesbiennes à suivre). Ces deux tomes consacrés à son père et à sa mère sont selon Cécile magnifiques, une vraie œuvre littéraire, tout en étant graphique. Elle analyse toute sa vie avec des références littéraires et psychanalytiques, passant toute son histoire au crible des références d’Alice Miller et de Donald W. Winnicott.

Ce deuxième tome C’est toi ma Maman ? est donc consacré à sa mère, dont elle raconte l’histoire, et à ses relations avec elle, alors qu’Alison a déjà la trentaine passée et qu’elle est une auteure connue. On la voit écrire et dessiner cette œuvre, soumettre les épreuves par deux fois à sa mère, et sa mère réagit plutôt mal, parce qu’elle ne se voyait pas de la façon dont la décrit sa fille, mais elle lui donne des conseils. La mère d’Alison est une femme très cultivée, elle est au départ professeure de lettres dans le secondaire, elle aurait aimé enseigner à l’université, elle est très douée, elle lit tout le temps, de la littérature. Mais elle a fondé une famille avec M. Bechdel, elle élève trois enfants, dont Alison, l’aînée, et ses deux frères, et son statut de femme au foyer ne lui permet pas d’enseigner.

mamanC’est une famille qui a vécu une grande souffrance, à cause de la douleur du père, qui est révélée dans le premier tome et pourtant toute l’œuvre d’Alison est emplie d’un humour décapant. Dans ce deuxième opus la maison familiale a été vendue, Alison et sa mère vivent toutes les deux dans un appartement, avant qu’Alison parte à l’université. C’est à l’université qu’elle découvre qu’elle est lesbienne, elle lit toutes les œuvres des auteures féministes, elle est très influencée par Jane Austen, Virginia Woolf, notamment. Son roman est très réaliste, elle dessine très bien, elle a vraiment cette tête en vrai Alison Bechdel, elle a les cheveux courts, un style vestimentaire masculin, tout comme Judith Butler, la théoricienne des gender studies, qu’elle admire.

C’est Alison Bechdel qui a introduit la notion du genre dans la bande dessinée.

Elle est aussi connue pour avoir créé le test de Bechdel !

Ce test analyse la présence féminine dans les films, et permet de savoir si un film est féministe ou sexiste – cependant, on ne peut s’y fier totalement car il y a des films au contenu sexiste qui passent aux travers du test en répondant à ses trois prémisses :

– Y a-t-il au moins deux personnages féminins portant des noms ?

– Ces deux femmes se parlent-elles ?

– Leur conversation porte-t-elle sur un sujet autre qu’un personnage masculin ?

(Source : Wikipédia, Test de Bechdel)

Tous les blockbusters échouent à ce test, en Suède des salles de cinéma utilisent le test de Bechdel pour coter les films qu’elles diffusent. Cécile le trouve très intéressant.

Ces deux romans graphiques sont remplis de références et allusions littéraires, les parents d’Alison et elle-même lisent beaucoup, elle cite Albert Camus, Marcel Proust, Henry James, F.S. Fitzgerald, Oscar Wilde, Du Vent dans les Saules… La mère d’Alison répète sans cesse des pièces de théâtre, parfois avec sa fille, car malgré son rôle de mère au foyer, elle continue à jouer au théâtre, dans sa petite ville de Beech Creek.

Le premier tome, Fun Home, que Cécile a découvert après, est beaucoup plus dur, c’est une tragicomédie familiale, où l’on découvre l’enfance d’Alison avec ses deux parents et ses deux frères, dans un manoir que son père a passé sa vie à rénover à la mode victorienne et néogothique, à restaurer toutes les moulures, et pour lequel il a acheté des meubles qui vont bien dans le style… Il est très violent avec ses enfants, sa fille et ses deux fils, il leur fait tout faire, s’en sert d’apprentis.

A un moment, il perd son emploi de professeur, parce qu’il a des relations sexuelles avec de jeunes hommes, dont un de ses élèves, et dans la petite ville où ils vivent, cela fait scandale, à cette époque où l’homosexualité était très réprimée.

Le père reprend alors l’entreprise funéraire du grand-père, et la famille Bechdel vit dans un funérarium (d’où le titre de la BD, Fun[eral] Home), le père embaume les cadavres des défunts de la ville, aidé par ses trois enfants.

Un jour M. Bechdel meurt en traversant une route de campagne, trois semaines après que sa mère a demandé le divorce. Alison comprend bien plus tard ce qui est arrivé à son père, elle pense qu’il s’est suicidé mais n’en est pas sûre, c’était peut-être un accident. Alors qu’Alison compose son œuvre graphique, sa mère lui donne plus tard toute la correspondance que son père lui a écrite, elle comprend que son père était quelqu’un de très particulier, qui a beaucoup fait souffrir sa mère, mais elle l’aimait beaucoup. Grâce à ces deux bandes dessinées, elle parvient à exorciser la souffrance de sa vie de jeunesse, engendrée par la relation violente de ses parents, et elle le fait avec beaucoup d’humour, d’émotion et d’intelligence. Son père restaurait la maison, sa mère jouait du piano toute la journée, un frère était musicien, l’autre était passionné de maquettes, et Alison dessinait beaucoup.

Cécile vous recommande donc ces deux BD, dont on ne vous a pas tout dit (on vous en a quand même dit beaucoup !)…, deux œuvres très dures mais pleines d’humour, qu’on dirait teinté de gothique, qui sublime par l’art d’Alison Bechdel la souffrance qui peut exister dans beaucoup de familles.

Mary a quant à elle lu pas moins de quatre livres, sans doute pour nous humilier comme à son habitude, nous pauvres lecteurs qui tournons à 2 livres max par club. C’est moche de faire ça, Mary.

Mary a décidé d’apprendre l’Italien ce qui monte son nombre de langues parlées à 27, dont l’Anglais, le Français, l’Allemand, le Japonais, le Swahili et la langue secrète et royale des marmottes. Pour parfaire son italien elle lit donc des romans italiens (mais en italien sinon ça n’aurait aucun sens.)

merMargaret Mazzantini, l’autrice de  La mer, le matin est née en Irlande mais a vécu en Italie toute son enfance. Son livre narre deux histoires parallèles séparées par la Méditerranée, deux histoires mettant en perspective le passé colonial de l’Italie en Lybie.  C’est un livre sur l’identité, celle de ceux qui ont fui la Lybie pour vivre en Italie, comme Vito, le fils d’Angelina, né en Lybie mais a qui dû la quitter quand Khadafi a chassé les colons italiens. Celle aussi de Farid qui, tout jeune, suit sa mère pour coûte que coûte quitter la Lybie.

Un livre très réussi, un voyage entre deux continents et entre des familles.

Mary a lu aussi Per dieci minuti (10 minutes par jour) de Chiara Gamberale », un livre écrit sur un jeu, celui proposé par un psychiatre à sa patiente : à raison de 10 minutes par jour elle doit faire quelque chose qu’elle n’a encore jamais fait. Ce livre est basé sur son journal et est très drôle. Qui plus est, le processus se révèle thérapeutique puisqu’au bout de trente jours l’héroïne se sent bien mieux !

Camille, mon envolée de Sophie Daull : Camille, 18 ans, meurt d’une méningite le jour de Noël. Sa mère se donne comme objectif d’écrire l’histoire de sa fille et de l’achever avant Pâques. Le livre est triste et heureux en même temps, s’attachant à rendre honneur à Camille. Ce qui inspire ce proverbe chinois : On ne peut pas empêcher les oiseaux de la tristesse de voler autour de nos têtes mais on peut les empêcher de faire leur nid dans nos cheveux. »

Mary conclut brillamment par La guerre d’hiver du finlandais d’origine suédoise Philip Teir. Un roman conjugal sur la guerre d’hiver qui opposa les russes aux finlandais qui distille au fur et à mesure de ces pages un « esprit nordique » sur ce qui est important dans la vie ou comment une famille peut se désunir.

Lurdes prend alors la parole pour évoquer le livre Lire c’est vivre plus, ouvrage recensant l’avis de 9 écrivains et partageant leur amour de la littérature. C’est grâce à lui qu’elle a découvert Ces amis qui enchantent la vue de Jean-Marie Rouart, un excellent livre, très long, qui présente des livres de 120 écrivains, permettant de mieux connaître la littérature.

Parmi ceux-ci elle a  lu :

Le livre de l’intranquillité de Pessoa, poète portugais qu’on ne présente plus, qui parle de Lisbonne et qui est un peu triste.

Un roman françaisun-roman-f de Frédéric Beigbeder, qui revient sur son enfance dont il a tout oublié, de ses parents divorcés, de son frère qui travaille au MEDEF et par rapport auquel il se trouve raté.

Les forêts de Ravel de Michel Bernard : l’histoire du musicien, trop petit pour faire la guerre de 14 mais qui veut tout de même y participer et devient brancardier. A l’hôpital il trouve un piano et se met à en jouer. Très bientôt tout le monde veut le voir jouer : médecins, infirmiers et les éclopés dans leurs lits. Le livre est très joli, sentimental.

Mais voilà que le club menace de s’achever, heureusement Isabelle a encore quelques livres dans les manches (c’est une image…) !

Coraline, d’abord, adapté en un film très réussi. L’histoire d’une petite fille qui doit déménager à la campagne et dont les parents travaillent beaucoup. Comme elle s’ennuie elle se met à beaucoup se balader et un jour trouve une porte qui l’a fait tomber dans un monde parallèle. Ses parents sont là mais ils n’ont pas d’yeux, ils ont à la place des boutons cousus. En revanche, passé ce détail, sa deuxième maman est bien plus gentille que l’originale.

Sauf qu’elle n’est peut-être pas si gentille que cela…

burtonTim Burton ensuite, le célèbre réalisateur s’est aussi essayé à l’écriture avec un certain panache, disons-le, en tout cas avec plus de talent que pour Alice au pays des merveilles. Ce sont des histoires drôles et tristes en même temps, l’auteur surfant sur ce qu’il sait faire de mieux : les contrastes entre ce qui est drôle et triste.

Son livre, La triste fin du petit enfant huitre et autres histoires, est un recueil de poèmes touchants sur des enfants monstrueux, comme par exemple Ludovic, l’enfant toxique qui a beaucoup ému notre stagiaire Isabelle.

Enfin, Olivier essaye de dire des trucs sur des machins qu’il a aimés mais personne ne l’écoute parce qu’on a trop faim et aussi il y a un concert dans le parc qui accapare l’attention de tout le monde aussi ne vais-je pas en parler.

Conclusion : ce fut un club assez magnifique, il faut en convenir mais il y en aura bien d’autres ! Et des meilleurs ! Le prochain concernera d’ailleurs, et ça n’a aucun rapport avec ce que je dis, le Natural Writing, mouvement littéraire né dans l’ouest des États-Unis que vous découvrirez grâce à notre sélection sise au rez-de-chaussée de la bibliothèque (n’hésitez pas à réveiller l’agent(e) pour cela !).

 

 

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Les oublié(e)s de l’Histoire

En ce 18 mars 2017, nous avons décidé de parler à travers nos lectures de la Commune de Paris, ce soulèvement populaire qui a démarré le 18 mars 1871. 146 ans plus tard, nous voilà attablés autour de livres, de BD et de petits gâteaux pour évoquer la semaine sanglante et l’auto-organisation des Parisiens. La BD de Tardi d’après le roman de Jean Vautrin, auteur du XXe siècle, reprend des personnages qui ont vraiment existé et raconte la petite histoire dans la grande Histoire. Son titre : Le cri du peuple correspond au titre du journal dirigé par Jules Vallès à l’époque communarde.

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Sylvie nous fait un rappel historique bien utile sur les circonstances et le déroulement de la Commune car nous nous rendons compte que c’est un épisode de l’Histoire de France et de Paris assez méconnu et très peu commémoré. D’ailleurs à part notre club des lecteurs ultra-médiatisé sur le Web, le 18 mars est très peu évoqué dans les médias en 2017. Cet événement fait toujours un peu désordre dans l’Histoire, la population parisienne a tenté plutôt avec succès de s’organiser sans dirigeants, et la répression versaillaise a été très brutale, faisant environ 20 000 morts. La Commune est à peine évoquée dans les programmes scolaires.

Un projet du budget participatif de la Ville de Paris propose d’ailleurs de raser le Sacré-Coeur, cette «verrue versaillaise qui insulte la mémoire de la Commune de Paris. Le projet consiste en la démolition totale de la basilique lors d’une grande fête populaire.». Et pourquoi pas le Mont Saint-Michel ! Comme le rappelle Mary, l’Histoire a été écrite par les vainqueurs et la Commune a été reléguée au fin fond de la mémoire collective.

Lorsque les Parisiens se soulèvent, le gouvernement de Thiers fuit à Versailles et le peuple s’organise en comités révolutionnaires, proche de l’autogestion, qui réfléchissent à l’éducation, aux soins, à la place des femmes, favorisant leur émancipation. Ce sont d’ailleurs les autres oubliées de l’Histoire. A part Louise Michel, peu de femmes de la Commune sont restées dans les mémoires; elles sont pourtant nombreuses à s’être illustrées au combat ou dans l’organisation civile. De cette époque, Georges Clémenceau, Adolphe Thiers et Léon Gambetta sont ceux qui honorent de leurs noms nos rues et avenues.

La BcommunardesCommunardes qu’a lue Philippe rappelle justement le rôle joué par les femmes qui se battaient sur les barricades, les pétroleuses qui mettaient le feu, à travers l’histoire d’une aristocrate russe, Élisabeth Dmitrieff. Le tome 2 rappelle que les classes sociales n’ont pas totalement disparu pendant la Commune : les animaux du zoo ont été mangés par les riches quand les plus pauvres se contentaient des rats.

daeninckxMarie présente le livre de Didier Daeninckx, Le banquet des affamés, qui raconte l’histoire de Maxime Lisbonne, soldat et saltimbanque révolutionnaire, communard. Mary nous parle de L’imaginaire de la Commune par Katrin Ross aux éditions La Fabrique. La Commune était un laboratoire d’idées, les comités de réflexion ont vu l’émergence d’idées novatrices comme le féminisme ou l’attention à l’environnement qui ont beaucoup intéressé à l’international, notamment des Russes et des Anglais comme William Morris. Puis elle évoque les mémoires de Louise Michel (que personne n’a lus mais dont tous les participants s’accordent à dire que ce livre semble très intéressant), grande figure de la Commune qui a marqué les esprits et les imaginaires, féministe devenue anarchiste après son exil.

Un petit rappel de l’assemblée féminine du club : en France les femmes ont obtenu le droit de vote en 1946 seulement et le droit d’ouvrir un compte en banque et de travailler sans l’autorisation du mari en 1965. Les femmes présentes nous rapportent des anecdotes personnelles sur la gestion des finances dans le ménage, pas facile à l’époque! Un sage conseil des parents de Sylvie : « Surtout ne donne jamais ta paye à ton mari ». Mais aussi sur la répartition absolument inégale des tâches ménagères, les filles faisaient la vaisselle quand les garçons étaient envoyés jouer dehors après les repas.

orwellEn dernière partie nous évoquâmes la guerre d’Espagne, un autre combat révolutionnaire. Sylvie trouve que le roman d’Ernest Hemingway, Pour qui sonne le glas, a mal vieilli, dialogues sans intérêt, pas du tout féministe… Il y a des livres que l’on aime quand on est jeune puis on les relit et on les trouve niais. Comme Salammbô pour Jacqueline. J’ai recommandé Hommage à la Catalogne, de Georges Orwell, dans lequel il raconte son engagement dans la guerre d’Espagne et ses désillusions. Marie propose L’ombre d’une photographe, Gerda Taro de François Maspero sur la femme de Kappa, qui a contribué à de nombreuses photos sans que son nom soit associé à celui gerda-tarode son mari. Tout comme la femme de Victor Hugo, de Rodin, ou encore Colette au début de sa carrière et tant d’autres femmes qui ont rendu les hommes célèbres sans reconnaissance publique. Et ce depuis les débuts de l’humanité puisque des chercheurs ont affirmé récemment que les peintures des grottes préhistoriques pourraient aussi avoir été faites par les femmes, contrairement à ce qui était supposé jusque là et qui faisait des hommes les premiers artistes.

« Le cadavre est à terre est l’idée est debout », a dit Victor Hugo, ce sera la citation de fin. Cette séance fut très riche en questionnements, récits historiques et polémiques. Nous en sommes sortis des idées révolutionnaires plein la tête!

Manon

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Les coups de cœur de la jeunesse !

Vous ne savez pas quoi lire à vos enfants pendant qu’ils recrachent votre soupe par le nez ? Vous hésitez sur le titre de l’album qui extraira peut-être de leur cerveau en gestation une étincelle d’intelligence ? Vous aimeriez les former à la culture et éveiller leur intérêt pour qu’ils ne terminent pas agent de la fonction publique mais aient un vrai travail et quittent vite le domicile, par exemple juste avant leur crise d’adolescence ?

Bien sûr ! Mais vous ne savez absolument pas par où commencer ! En effet, chaque année les éditeurs jeunesse publient entre un et dix millions d’albums peuplés d’ours de lapins et de loups qui se perdent, apprennent la vie auprès d’une chouette puis au grand désespoir de leurs parents finissent par retrouver qui leur terrier qui leur tanière qui leur maison !

Vous êtes dans le brouillard complet, aussi remettez-vous vos bambins devant la télé qui a cette vertu de n’avoir qu’une centaine de chaînes.

Alors, trop d’albums jeunesse ? Vous ne pourrez jamais plus avoir cette excuse car, grâce à nous, vos bibliothécaires préférés, vous aurez toujours un livre d’avance ! Comment donc, allons-bon ! Allez-vous me dire ? Eh bien tout simplement par la force du coup de cœur ! Vous savez le petit logo noir en forme de cœur sur fond vert que l’on trouve sur la couverture des albums jeunesse ! Allez, pour vous donner des exemples je vous ai fait une petite compilation de nos derniers chouchous qui deviendront les vôtres en un rien de temps !

Florilège !

largeBonjour les animaux : Du classique animalier donc. Le jeune narrateur, en visite au zoo, découvre les canards, les autruches, les chimpanzés, les serpents et les félins. De retour chez lui, il retrouve son chat et son chien.

On pourrait reprocher à cet album un léger relâchement de l’intrigue qui enchaîne de façon un peu facile la découverte d’animaux, mais la chute avec le chat et le chien est très bien amenée et la panthère de la couverture est trop belle alors on adore cet album.

Le Royaume de minuit : Achille est élève à l’école des bois profonds. Il se distingue par son goût prononcé pour les bêtises. Un soir, après une énième punition, il décide de se laisser enfermer pour la nuit dans l’école.

La démarche de cet Achille pourra étonner dans le sens où en général on essaie de ne pas rester à l’école après la fermeture. Mais après tout il s’appelle Achille alors au diable la cohérence.

large3Le Bain de Berk : Un enfant raconte l’aventure de son doudou, Berk le canard, qui est tombé dans l’eau du bain. Trouillette, Drago, Poulp et Aspiro, les jouets de bain, sont prêts à tout pour le sortir de là. Entre la mousse, les tourbillons et autres glouglous, ils ne comprennent pas ce que Berk essaie de leur dire.

Un livre idéal pour accompagner la noyade de votre enfant dans son bain quotidien (on l’espère), votre belle voix adoucira certainement pour lui cette épreuve des plus délicates.

Super cagoule : Un petit canard est obligé de mettre une cagoule rouge pour avoir bien chaud, mais elle gratte. Sur son chemin, il rencontre un loup. Pour lui échapper, il lui fait croire que sa cagoule a des pouvoirs.

Ce résumé fleure bon la drogue dure, ce qui permettra d’apprendre à vos enfants à ne pas sombrer trop tôt dans les paradis artificiels.

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Franz, Dora, la petite fille et sa poupée : L’écrivain Franz Kafka se promène au parc avec sa fiancée, Dora, lorsqu’il croise Ingrid, une petite fille en pleurs parce qu’elle a perdu sa poupée. Pour la consoler, Franz lui explique que celle-ci est partie en voyage et qu’elle va lui écrire. Le soir même, il prend sa plume pour rédiger les lettres de la poupée.

Cet album est tiré d’une histoire vraie racontée par Dora dans ses mémoires. Ce qui explique sûrement qu’il ne soit pas peuplé d’animaux relous qui distillent des leçons de vie alors qu’ils ne sont pas capables d’avoir une belle société bien structurée comme nous autres humains.

Le Chienchien à sa mémère : Un chien vit dans un refuge jusqu’au jour où mémère le choisit. Entre eux deux, une relation très forte s’instaure immédiatement. Un jour cependant, mémère rencontre pépère. Jaloux et dépité, le chien-chien décide de partir.

Chienchien va donc devoir apprendre qu’un Chienchien c’est un pépère et une mémère.

Bruno, quelques jours de ma vie très intéressante : Six histoires de Bruno, le chat à casquette à carreaux : son pique-nique à l’intérieur avec ses amis un jour de pluie, sa rencontre avec Titi le canari qui mélange ses mots au lieu de chanter, sa découverte d’un poisson qui nage en l’air, etc.

La goutte de miel : Une goutte de miel se retrouve malgré elle au cœur des conflits. Adaptation d’un conte philosophique écrit en 1909 qui traite de l’absurdité de la guerre avec en fin d’ouvrage le conte d’origine en langue arménienne.

large9Réveille-toi Raymond : A l’approche de l’hiver, Raymond l’escargot s’apprête à hiberner. Il rentre dans sa coquille. Mais il lui vient des images bien inhabituelles : à la course, il est le dernier, un hérisson l’attend sur la ligne d’arrivée, quand il veut rejoindre sa coquille, elle n’est plus à sa taille et Juliette sa compagne ne le reconnaît plus. Il est temps que Raymond se réveille.

Ou alors ce n’est pas un rêve mais seulement la vie qui attend vos enfants…

Murs, murs : Une petite fille visite une maison à vendre avec ses parents. Elle décide d’explorer les pièces dont les murs sont recouverts de papier peint. Par la force de son imagination, les murs se métamorphosent, suscitant en elle différentes émotions.

Tout le monde sait que les papiers peints sont complètement passés de mode, cet enfant ayant bon goût elle s’efforce de transformer par la pensée les murs moches que vont choisir ses parents idiots. Une belle leçon de vie.

Et après : Un album sans texte, qui emmène le lecteur dans une exploration du monde souterrain : la nature qui change, les animaux creusant des galeries, les cycles de la vie, le temps qui passe…

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Pourquôôââ : Curieuse comme tous les autres enfants, une petite grenouille retarde l’heure du coucher en multipliant les questions à sa mère.

Très utile pour vous, parents, qui ne pouvez plus répondre aux questions de vos enfants par manque de temps, ennui ou simplement par ignorance. Toutes les réponses sont là, il ne reste plus qu’à apprendre à votre enfant à lire…

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Bonne lecture !

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Les pires œuvres de l’histoire des œuvres

Bonjour à tous !

Dans les bibliothèques, les librairies et les lieux de culture en général que le monde entier nous envie, il est de bon ton de faire des listes de ‘ »coups de cœur », c’est-à-dire des films, des livres, des jeux qui nous plaisent et que nous souhaitons par-dessus tout que vous, lecteurs, cinéphiles, sérivores et autres vidéoludistes découvriez.

Mais l’ère du positivisme n’a que trop duré ! Halte à la tyrannie du bien ! Dressons-nous contre les œuvres de qualité mes chers consœurs et confrères et dressons ensemble la liste des pires œuvres que nous ayons pu avoir l’intense malheur de découvrir.

AVERTISSEMENT : la liste qui suit contient bon nombre de titres très mauvais. Toutefois, il est fort possible que vous appréciiez à titre personnel l’une des œuvres citée. Auquel cas, nous vous conjurons de ne pas prendre personnellement la critique exprimée et souvenez-vous que les commentaires des agents sont donnés à titre personnel et n’engagent pas la 20th century fox ni la Mairie de Paris.

LES PIRES ROMANS DU MONDE

cvt_billie_4301AMARYLLIS : (Note de l’auteur : les prénoms ont été changés pour garantir l’anonymat des infects haters qui se prétendent bibliothécaires) : J’ai, à titre personnel et sans engager mes collègues ni manquer de respect à tous les gens qui aiment cette autrice, détesté Billie de Anna Gavalda ! C’est très mal écrit ça cause encore plus mal que moi ! L’écriture est du langage parlé du fin fond de la grande banlieue la plus craignos qu’il soit. De plus la couverture pique énormément les yeux. L’histoire d’une jeune fille qui pense réussir sa vie mais qui ne s’en sortira jamais car elle est dépendante de ses parents alors qu’ils essaient de tout faire pour s’en débarrasser.

Signé : Géraldine (mais heu on avait dit qu’on changeait les prénoms)

OLIVER : Je crois que je ne me remettrai jamais de la lecture de l’Alchimiste de Coelho. Lire un mauvais livre est une chose assez fréquente, surtout quand comme moi on n’aime rien, et cela n’a rien de dramatique. Au pire on referme violemment le livre, le jette à terre, saute dessus puis on le revend sur internet. Mais l’Alchimiste n’est pas un mauvais livre, c’est une infecte bouse prétentieuse. La philosophie de bazar y côtoie gentiment un sexisme assez nauséabond et la morale de l’histoire (ce qui importe c’est le voyage, pas la destination) aurait simplement prêté à rire par sa banalité si l’auteur n’avait pas été aussi ouvertement convaincu d’avoir révolutionné la pensée du 20ème siècle. 

EN BREF : j’ai la haine d’avoir perdu trois heures de ma vie à lire ce truc.

CECILIA : Les Particules élémentaires de Michel Houellebecq est le pire des livres que j’ai lus, mais je l’ai lu en entier, ce qui n’est pas mon habitude, quand un livre me déplaît au bout de quelques chapitres, je le referme à jamais.

Pourquoi ? Vous le découvrirez très bientôt dans un article consacré à Houellebecq au cours duquel le point de vue de Cécilia sera confronté à celui d’un invité mystère spécialiste de Houellebecq. A très bientôt donc ! Restez connectés ! stay foot ! good night and good luck.

RIGOLLIERO : Boussole de Mathias Enard : Après avoir reçu le prix Goncourt 2015 (NA : ATTENTION, en dépit de ce que laisse entendre cette phrase biscornue, c’est bien Enard qui a reçu le prix Goncourt et non l’autrice laborieuse de ces quelques lignes de critique facile), j’ai souhaité lire Boussole de Mathias Enard mais quelle ne fut pas ma déception ! Ce roman représente tout ce que j’exècre dans la littérature contemporaine française, c’est très nombriliste et élitiste.  Il est impossible de suivre, de comprendre ou de trouver un quelconque intérêt à l’histoire en raison de l’accumulation de références musicologiques, littéraires et artistiques présentes dans ce livre. J’ai été contrainte d’abandonner cette œuvre indigeste et inaccessible au bout d’une centaine de pages.

NA : Quand Rigolliero dit qu’elle a « été contrainte » n’allez pas croire qu’on l’a forcée à lire Enard, on préfèrerait qu’elle travaille mais elle ne cesse de nous répéter qu’elle « préfèrerait ne pas »

Enard cherche à quel moment sa carrière a pu lui échapper si bien qu'il a fini dans un article sur les pires livres lus dans un blog à la notoriété contestable.

Enard cherche à quel moment sa carrière a pu lui échapper si bien qu’il a fini dans un article sur les pires livres lus dans un blog à la notoriété contestable.

LONIEL : Cent ans de solitude de Gabriel Marcia Marquez.

J’ai pas détesté, mais [j’ai été] très déçu et en colère :

Beaucoup d’échos positifs sur ce livre, tout pour me plaire : des personnages flamboyants, des situations absurdes et drôles et du fantastique. Et autant les cents premières pages m’ont plu, autant je me suis ennuyé ensuite. Les personnages sont plats, sans relief, le livre est sans enjeu, ce bordel constant m’a lassé. Du coup, je préfère les reines du shopping, c’est aussi bordélique et plus court.

LES PLUS MAUVAISES BANDE-DESSINEES JAMAIS DESSINEES

ARTURO : GOKICHA ! [P***** je déteste Gokicha !] (NA : les commentaires entre crochets ont été rajoutés par l’auteur pour rendre le tout plus sensationnel) On suit, à travers de petits strips, type Chi une vie de chat, les aventures d’un cafard mignon. C’est-à-dire l’insecte le plus dégueu du monde (ATTENTION : ce commentaire anti-cafard ne concerne que son auteur, c’est-à-dire Arturo, et certainement pas l’auteur de l’article qui tient à assurer à son lectorat cafard qu’il a une grande admiration pour la communauté cafarde dans son entièreté).

Bon, ça aurait pu faire un manga drôle si ç’avait été bien fait. Ce qui n’est pas le cas. Les gags tombent à plat (quand on les comprend, certains confinent à un absurde dont on se demande si ce n’est pas le fait de la traduction) et le dessin est trop léger pour sauver le navire. On voit là où l’auteur veut nous emmener : du moche transformé en kawaii, mais la sauce ne prend pas.

Arturo ! comment peux-tu lui résister !

Arturo ! comment peux-tu lui résister ?!

AGATA : L’Onde Septimus :

A mes yeux de fan au long cours, aucun des albums de reprise de Blake et Mortimer n’est parvenu à égaler ceux d’Edgar P. Jacobs. Les « images inoubliables » dont Franquin vantait autrefois les mérites se sont bel et bien évanouies devant le cahier des charges éditorial. On pouvait toutefois prendre le parti de rire des postures guindées de Juillard, ou des intrigues aux ressorts de vieux matelas de Sente ou Van Hamme. Bref, les albums de reprise étaient de mauvaises bd, mais de mauvaises bd « sympathiques ».

Jusqu’au jour où l’Onde Septimus a pris place sur les rayonnages des librairies (et des bibliothèques).

Se voulant une suite à la Marque Jaune de Jacobs, l’Onde Septimus se veut un hommage à ce dernier. Il ne parvient à en être qu’un sinistre ersatz :

Les dialogues et récitatifs de la Marque Jaune étaient littéraires. Ceux de l’Onde Septimus ne savent qu’être verbeux et ampoulés (comparez les introductions des premières pages !).

Par son dessin et ses couleurs expressives, la Marque Jaune distillait une ambiance inquiétante et morbide dans l’esprit du lecteur (qui valut d’ailleurs à l’auteur quelques soucis avec la censure de l’époque). L’Onde Septimus se montre franchement laid avec des teintes oranges et bleues que n’auraient pas renié le cinéma hollywoodien il y a quelques années.

Mais c’est surtout le cynisme de son scénario qui empêche l’Onde Septimus d’être, à défaut d’un bon Blake et Mortimer, une mauvaise bd sympathique. En se posant – comme par hasard ! – en suite de l’album le plus célèbre de la série, l’Onde Septimus ne fait que vampiriser, en le dénaturant, l’univers et le scénario mis en place par Jacobs auparavant. Je pense par exemple au personnage d’Olrik, devenu ici un junkie incapable d’échapper à l’emprise de son ancien bourreau là où la fin de la Marque Jaune signifiait clairement le contraire !

Bref, un véritable navet trahissant plus encore que ses prédécesseurs le calcul, voire la rapacité éditoriale, dont les auteurs, en « fanboys » mal inspirés, se font malheureusement les complices…

LES PLUS NAVETS DES FILMS JAMAIS NANARDISES

MAXIMUS : J’ai regardé le film « La Moustache » complètement défoncé [très très fatigué par une journée de travail au service du public] et ça m’a fait un bad trip dont je me souviens encore, c’était il y a 7 ou 8 ans quand même.

(On comprend que le film La Moustache n’est pas foncièrement mauvais, mais qu’il procure de désagréables sensations quand il est couplé à un investissement excessif au service du public, effort chaudement déconseillé.)

JULIO : Kick-Ass le film, enfin les deux films, car c’est violemment réac[tionnaire] mais je n’en dirai pas plus car je suis espionné par la CIA et Nicolas Cage.

Quand on couple Nicolas Cage avec Moustache sur internet on obtient ça, deux bonnes raisons de ne pas regarder les films précédemment évoqués.

Quand on couple Nicolas Cage avec Moustache sur internet on obtient ça, deux bonnes raisons de ne pas regarder les films précédemment évoqués.

L’AVIS D’ALAN  QUI PASSAIT PAR LA

A part les films où apparaissent Mickael Youn, John Wayne, Béatrice Dalle ou les films réalisés par Claude Lelouch ainsi que les livres de Virginie Despentes, les polyphonies corses, Sardou, Johnny et les flutes andines, Alexandra Sublet, Finkielkraut, la cuisine moléculaire et les oursins ainsi que le « sérieux bibliothéconomique »… Non je crois sincèrement et j’ai beau chercher… Je ne déteste rien ni personne…

Pour nos lecteurs les moins au fait de la chose bibliothéconomique, sachez que ce terme désigne, selon wikipédia : […] l’ensemble des techniques de gestion et d’organisation des bibliothèques. Le terme de bibliothéconomie est de plus en plus souvent délaissé au profit de l’expression sciences de l’information et des bibliothèques.

Voilà ! C’est tout pour aujourd’hui, en espérant que vous viendrez très vite emprunter toutes ces vilaines œuvres, expressions les moins abouties du non-génie humain.

Olivier.

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Le club de l’insoutenable

On vous a souvent raconté les aventures du club sur un ton léger, souriant ou avec un humour parfois grinçant. Mais aujourd’hui, rien de cela. Par un phénomène que je ne m’explique pas, chaque membre du club est venu avec un roman difficile, très difficile. Ce que je vais vous faire relater ici, c’est le club des coups de coeurs insoutenables…
Sauf moi, bien sûr, qui n’avait pas senti ce vent d’horreurs souffler, moi qui suis venue avec un documentaire (rendez-vous compte !) sur le comportement des animaux. Le contre-point presque drôle de cette session…

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Nos jours heureux de Ji-Young Gong est un livre magnifique pour Sylvie. Il décortique comment la violence amène la violence. Ce livre est également un plaidoyer contre la peine de mort. Il retrace l’histoire d’une jeune fille désespérée. Violée dans son enfance par son oncle, elle doit se taire car ses parents ont préféré étouffer l’affaire, l’oncle étant une personne importante. La tante, après une nouvelle tentative de suicide de sa nièce, lui fait rencontrer un condamné à mort. Peu à peu chacun va livrer à l’autre le récit de sa vie.

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Sylvie partage avec nous une deuxième lecture : Nos frères blessés de Joseph Andras. Nous voici à Alger en 1956 à suivre l’histoire d’un garçon pied noir communiste, de son nom Fernand. Militant pour l’indépendance de l’Algérie, il posera une bombe qui n’explosera jamais dans une usine. Arrêté, il sera exécuté, sa grâce ayant été refusé par le ministre de la Justice de l’époque, François Mitterrand. Un très beau livre d’histoire ! conclura Sylvie.

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Après le désespoir, la dénonciation et la froideur implacable de la Justice, Mary nous propose un roman à l’intrigue bien ficelée sur fond d’espionnage qui nous révèle que des écrivains sont soutenus financièrement par le gouvernement britannique parce qu’ils ont les mêmes idées politiques. Avec Opération sweet tooth, Ian McEwan nous ouvre les portes d’une société où l’on dissimule, manipule. Inspiré de faits historiques…

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Mary nous propose un autre livre du même auteur : L’intérêt de l’enfant. Une magistrate doit prendre la décision de forcer ou de ne pas forcer un enfant malade d’un cancer à prendre son traitement. Là aussi l’auteur nous secoue et la fin est aussi imprévisible que dans l’Opération Sweet tooth !

97820813308630-327243197827096352880-1386752Après une petite note douce-amère, où Mary nous parle de Philothérapie d’Eliette Abécassis qu’elle a trouvé vraiment bien écrit, elle nous entraîne à nouveau vers le trouble, vers l’angoisse avec La fin de l’innocence de Megan Abbott. Un thriller oppressant, très ambigu et réussi !

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Liliane, dont on a pensé, un temps, qu’elle nous conduisait vers le roman le plus noir et le plus insoutenable de la session, sort Les noces barbares de Yann Queffélec !!! On en rirait presque si l’intrigue n’était pas à ce point insupportable. Pendant toute la lecture, on est tenu par le sentiment qu’il n’y aura pas d’issue, et pour cause. Mais bon, je ne vous livrerai rien de plus que le début ultra-violent de ce roman, le reste il faudra le lire par vous-même : une jeune fille de 15 ans s’éprend d’un Américain. Tous deux se fréquentent, il lui promet de l’emmener aux Etats-Unis. Un soir, il vient la chercher ivre dans sa Jeep, et l’emmène dans une chambre où les attendent trois garçons. Les pires violences commencent ici.

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Et c’est à ce moment précis, que j’arrive avec ma lecture : un documentaire sur le comportement des animaux. Ah oui, je l’avais déjà dit et vous avez de la mémoire ! Sommes-nous trop « bêtes » pour comprendre l’intelligence des animaux ? se demande Frans De Waal. Je l’avais entendu parler de son livre sur France Inter (et oui, on ne se refait pas…) et je me suis jetée dessus quand il est arrivé à la bibliothèque ! Et je ne l’ai pas regretté ! Surtout que cela nous a valu deux moments de grande hilarité dans ce club : l’histoire du Serin de Jacqueline et l’histoire du phacochère (celui qui était tout le temps caché sous un tapis) de Liliane.

On aurait pu s’arrêter là, terminer, conclure.

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Mais c’était sans compter sur Sylvie qui a sorti à la dernière minute La petite barbare d’Astrid Manfredi, cette histoire atroce, tirée d’une histoire vraie, où une jeune fille a servi volontairement d’appât pour l’enlèvement, la séquestration, la torture et le meurtre d’un jeune homme juif. Je crois que nous atteignîmes à ce moment-là une certaine forme de paroxysme de l’horreur.

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Le club des lecteurs avec Ali Zamir

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Le samedi 15 octobre nous avons eu la chance de rencontrer Ali Zamir. Voici l’enregistrement de ce moment riche en discussions sur les femmes, la littérature, les langues, le monde de l’édition et la situation actuelle des Comores. Un grand moment de joie et de partage à (ré)écouter !

 

 

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Jack Reacher: never go back. Un film sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

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Sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

Le genre : la Cruisière s’amuse

Le pitch : Jack-Tom Reacher-Cruise se balade dans l’Amérique en harcelant Robin de How i met your mother qui se trouve être la major qui l’a remplacé à la tête de la police militaire de Washington. Bien qu’il ne l’ait jamais vue il s’est fixé pour mission, entre deux autostops, de la séduire en lui livrant des flics ripoux. Il défonce aussi des crânes un peu aléatoirement car c’est un blagueur.

Un jour d’ennui, voilà qu’il se met en tête de rejoindre la majore dans cette riante ville de DC. Mais quelle n’est pas son horreur lorsqu’il se rend compte que cette dernière s’est fait arrêtée pour haute trahison et est détenue dans une prison de haute sécurité qui, comme toute bonne prison de haute sécurité, est infiltrable en quatre secondes.

Ce qu’il fait après s’être lui-même fait emprisonner dans ladite à la suite de circonstances qui m’échappent je vous l’avoue. Sans doute avait-il énervé le nouveau commandant de la base qui est une sacrée crapule. En même temps il agace tout le monde, c’est Tom Cruise.

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Tom surestime un peu la taille de son scénario.

Toujours est-il qu’il s’échappe avec Turner (Robin de How I met, suivez) et avec une jeune fille qu’il ne sait pas si c’est sa fille ou non parce que selon certaines sources elle pourrait être sa fille mais lui-même ne se souvient pas l’avoir conçue et tout ceci est fort anecdotique mais voilà qu’elle est en danger parce que le vilain qui dirige la base a engagé un autre vilain genre super fort qui veut la tuer parce que.

S’ensuit une cavale moult rebondissante à base de baston et de fille supposée de Jack Reacher en danger parce qu’en vertu de ses liens génétiques supposés avec Tom Cruise elle pense qu’elle est capable d’accomplir des trucs.

Ce que j’en ai pensé : suite de Jack Reacher premier du nom, qui était de façon assez surprenante un plutôt bon film d’action, Never go back est un long métrage assez ennuyeux car extrêmement prévisible. Si le premier proposait une véritable enquête entrecoupée de scènes d’action nerveuses et toutes en tension, celui-là n’a que cette cavale assez ridicule à nous montrer alors qu’on l’a déjà vu mille fois.

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Jack se demande où il a mis ses clefs et son talent d’acteur.

Les rebondissements sont convenus, l’ennemi caricatural et même Tom a l’air de s’ennuyer quand il a moins de trois ennemis à défoncer en même temps. Sa fille qu’on ne sait pas si elle est sa fille apporte d’abord une légère fraîcheur mais se révèle très vite un cliché de ce genre de film.

Ce qui faisait l’intérêt du premier est ici presque complètement absent : un côté vieux film d’action old school, un héros monolithique mais aux répliques réjouissantes, un très bon dialoguiste (celui du deux n’est pas en roue libre mais parfois on ne passe pas loin de la bande d’arrêt d’urgence) et c’est avec un désintérêt croissant qu’on suit ce road trip familial jusqu’à son dénouement qui tente la surprise mais c’est raté.

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Le méchant, qu’on reconnaît aisément à sa tête de méchant. Ici, il se renseigne sur la majore avec un dossier qu’on voit bien qu’il y a que du bullshit écrit dedans.

La note : 9/20 parce que le duel de fin est cool et sauve un peu le reste de l’action molle du genou. Et aussi parce qu’il n’y a pas de course poursuite en voiture ce qui constitue l’unique surprise du film.

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Le Club des lecteurs cosmique

Il y a des choses comme ça, dans l’Univers, qui reviennent à intervalle régulier. Je pense à la comète de Halley et son passage à la périhélie tous les 76 ans, je pense à la Terre et sa traversée des Perséides avec son pic d’étoiles filantes le 12 août de chaque année et je pense, bien sûr, au retour, chaque mois, avec une régularité d’horloge fonctionnant aux atomes d’Ytterbium, du club des lecteurs.

Mais alors, me direz-vous avec sagacité, quel rapport entre des événements cosmiques et le club des lecteurs ? Ce à quoi je répondrai qu’il n’y en a point mais que je voulais parler des comètes, parce que les comètes on n’en parle jamais et que c’est fort injuste. Tout ça parce que leur période est de plusieurs décennies, le temps qu’elles passent dans les confins du système solaire est passé sous silence au profit de pubs pour des yaourts bénéfiques au système digestif et des clips de campagnes pour les élections qui produisent l’effet inverse sur le second de ces systèmes.

C’est de la discrimination pure et simple. Alors que c’est si beau une comète.

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Ici, une comète fuyant les parages de la Terre après avoir appris qu’il y aurait une campagne présidentielle en 2017.

Mais un club des lecteurs n’est pas mal non plus et son passage à la périhélie à lui, figurez-vous, a lieu tous les ans, en même temps que celui de la Terre qui lui a donné naissance, des bibliothécaires qui l’animent, des lecteurs qui y participent et il n’y a guère que les neutrinos solaires pour traverser un tel événement et n’en avoir strictement rien à cirer (le neutrino n’en a rien à cirer de rien, c’est une enflure de nihiliste, méprisez-les de toutes vos forces.)

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Ceci n’est pas un neutrino.

Sachez également que la seule chose que ne peut pas traverser un neutrino est la matière la plus épaisse de l’univers : la donaldtrumpite.

Une fois cette mise au point faite, nous pouvons consacrer toute notre attention à l’observation d’un club des lecteurs, en commençant par la dernière manifestation de cet événement, samedi 20 septembre à 10h30. Lire la suite

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les sept mercenaires : 2h13 pour rien

261619.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxDétails : C’est un film d’Antoine Fuqua, américain, de type western, sorti le 28/09/2016 en France. 213 minutes. Détail amusant : les pistolets des gentils comportent environ 14 millions de fois plus de balles que ceux des méchants.

Genre : Ça tire.

Synopsis : Un entrepreneur (Bartholomew Bogue), qui sue beaucoup pour montrer qu’il est méchant, sème la panique dans une petite ville, Rose Creeks emplis d’habitants assez sales sur eux mais TRES travailleurs (le fait qu’ils sont très travailleurs sera répété au moins une fois par quart d’heure durant le film car on le sait bien, travailleur égal mec bien), Bogue n’hésitant pas à descendre quelques très travailleurs au pif assez régulièrement histoire de prouver qu’il est vraiment très méchant.

Son but ? Devenir encore plus riche qu’il ne l’est déjà en exploitant le village, lequel jouxte une mine de quelque chose (sans doute de l’hydrocarbure, je n’ai pas trop suivi, mais en tout cas c’est convoité.) EDIT : on me dit que c’est direct de l’or en fait.

Le film débute alors que les villageois sont en passe d’ébaucher l’idée qu’ils pourraient éventuellement se rebeller contre la tyrannie de l’homme d’affaire épaulé par ses environ 4 milliards de gardes du corps (pas de panique, ils meurent en un coup, ils devaient être en solde) et par le shérif local qui ne brille pas vraiment par son courage (lâcheté illustrée par sa surcharge pondérale.) Alors qu’ils discutent des détails dans l’église du village voilà-t-il pas que Bogue débarque et réaffirme sa méchanceté en tuant pas mal de monde, dont le petit-ami bogosse d’Emma Cullen, avant de mette le feu à l’église complètement gratuitement.

Ce bon vieux Batholomew est vraiment vraiment très méchant

Emma Cullen décide alors de se mettre en quête de mercenaires pour régler son compte à Bogue parce que trop c’est trop bon sang de bois.

Dans sa quête de vengeance, elle va rencontrer une clique hétéroclite de pistoleros clichés, dont : un solitaire qui cherche la vengeance, un fat qui alterne balle et vanne pourrie, un indien qui passait par là et qui ne comprend pas plus que nous ce qu’il fait dans ce film, un hors-la-loi mexicain, un colosse un peu foufou, un ex-tireur d’élite qui arrive plus à tirer sur des gens et un Chinois qui bien entendu pratique les arts martiaux.

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Regardez bien l’Apache, il ne sait absolument PAS ce qu’il fait là.

Tout ce petit monde va bien entendu d’abord se quereller, collaborer puis finir meilleurs amis du monde et protéger le village du vilain Bogue.

Ce que j’en ai pensé : Remake du fameux film éponyme de 1960 au casting de rêve (Yul Brynner, Charles Bronson, Steve mcQueen, Eli Wallach, excusez du peu !), lui-même une adaptation américaine des Sept Samouraïs de Kurosawa, Les Sept mercenaires version Fuqua (réalisateur notamment de Training day ou plus récemment d’Equalizer, toujours avec son acteur fétiche: Denzel Washington) se distingue par le plus grand nombre de mort à la seconde que j’aie jamais vu. Non vraiment, c’est impressionnant. Sachant que chaque mercenaire tue environ 794 vilain chacun et qu’ils sont sept je vous laisse faire le calcul.

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Derrière les pixels se cachent les sept mercenaires originaux, habile camouflage les gars.

 Les sept mercenaires surfe sur la vague de nostalgie pour les vieux films de genre qui ont fait l’âge d’or d’Hollywood, crise de la créativité oblige. On l’a vu récemment avec Ben-Hur, péplum dont les héros réussissaient le tour de force d’avoir un charisme négatif, et dont chaque plan parvenait à être plus mauvais que le précédent. Si encore cette crise remakale donnait naissance à des bons films ce ne serait pas si grave mais c’est malheureusement rarement le cas.

Non pas que le film soit intrinsèquement mauvais. Le problème serait plus qu’il est terriblement banal et qu’il empile les poncifs du western sans aucun second degré, comme si Sergio Leone n’était jamais passé par là, et multiplie les tueries de masse sans qu’à aucun moment on ne frissonne pour les héros, auxquels on ne s’attache jamais vraiment. Ces derniers esquivent les balles, font mouche à chaque coup et camouflent le fait qu’ils n’ont absolument aucune raison de se battre pour ce village derrière des blagues oubliables.

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Tout ceci laisse les sept Samouraïs parfaitement dubitatifs.

La palme revenant à Chris Pratt en cow-boy le moins crédible de l’histoire des cow-boys qui ne s’est toujours pas remis de son personnage des Gardiens de la galaxie.

Les autres acteurs font le job, menés par un Denzel Washington jouant Denzel Washington (depuis le temps, il a bien compris son personnage) et un Ethan Hawke qui incarne le traumatisé de guerre un poil mieux que le reste du casting. À noter la présence de l’excellent Vincent D’onofrio, l’inoubliable Baleine de Full metal Jacket, dont le jeu est ici tout à fait respectable (on l’a vu plus récemment, dans la série Netflix Daredevil, composer un excellent méchant tout en contraste.)

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Chris Pratt est tellement intense qu’à côté de lui Clint Eastwood passe pour Panpan le lapin.

Le final, une scène de bataille interminable qui voit mourir les trois-quart des figurants d’Hollywood illustre bien le problème du film. Le manque de tension dramatique, de véritable enjeu et d’émotion ne peut pas être compensé par le nombre de morts, de quelque camp qu’ils fussent.

La note : 5.5/10 à cause de Chris Pratt que j’adore et que quand même il aurait pu faire mieux.

Olivier.

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