Jack Reacher: never go back. Un film sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

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Sans concession. Sans remords. Sans retour. Sans jeu. Sans scénario.

Le genre : la Cruisière s’amuse

Le pitch : Jack-Tom Reacher-Cruise se balade dans l’Amérique en harcelant Robin de How i met your mother qui se trouve être la major qui l’a remplacé à la tête de la police militaire de Washington. Bien qu’il ne l’ait jamais vue il s’est fixé pour mission, entre deux autostops, de la séduire en lui livrant des flics ripoux. Il défonce aussi des crânes un peu aléatoirement car c’est un blagueur.

Un jour d’ennui, voilà qu’il se met en tête de rejoindre la majore dans cette riante ville de DC. Mais quelle n’est pas son horreur lorsqu’il se rend compte que cette dernière s’est fait arrêtée pour haute trahison et est détenue dans une prison de haute sécurité qui, comme toute bonne prison de haute sécurité, est infiltrable en quatre secondes.

Ce qu’il fait après s’être lui-même fait emprisonner dans ladite à la suite de circonstances qui m’échappent je vous l’avoue. Sans doute avait-il énervé le nouveau commandant de la base qui est une sacrée crapule. En même temps il agace tout le monde, c’est Tom Cruise.

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Tom surestime un peu la taille de son scénario.

Toujours est-il qu’il s’échappe avec Turner (Robin de How I met, suivez) et avec une jeune fille qu’il ne sait pas si c’est sa fille ou non parce que selon certaines sources elle pourrait être sa fille mais lui-même ne se souvient pas l’avoir conçue et tout ceci est fort anecdotique mais voilà qu’elle est en danger parce que le vilain qui dirige la base a engagé un autre vilain genre super fort qui veut la tuer parce que.

S’ensuit une cavale moult rebondissante à base de baston et de fille supposée de Jack Reacher en danger parce qu’en vertu de ses liens génétiques supposés avec Tom Cruise elle pense qu’elle est capable d’accomplir des trucs.

Ce que j’en ai pensé : suite de Jack Reacher premier du nom, qui était de façon assez surprenante un plutôt bon film d’action, Never go back est un long métrage assez ennuyeux car extrêmement prévisible. Si le premier proposait une véritable enquête entrecoupée de scènes d’action nerveuses et toutes en tension, celui-là n’a que cette cavale assez ridicule à nous montrer alors qu’on l’a déjà vu mille fois.

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Jack se demande où il a mis ses clefs et son talent d’acteur.

Les rebondissements sont convenus, l’ennemi caricatural et même Tom a l’air de s’ennuyer quand il a moins de trois ennemis à défoncer en même temps. Sa fille qu’on ne sait pas si elle est sa fille apporte d’abord une légère fraîcheur mais se révèle très vite un cliché de ce genre de film.

Ce qui faisait l’intérêt du premier est ici presque complètement absent : un côté vieux film d’action old school, un héros monolithique mais aux répliques réjouissantes, un très bon dialoguiste (celui du deux n’est pas en roue libre mais parfois on ne passe pas loin de la bande d’arrêt d’urgence) et c’est avec un désintérêt croissant qu’on suit ce road trip familial jusqu’à son dénouement qui tente la surprise mais c’est raté.

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Le méchant, qu’on reconnaît aisément à sa tête de méchant. Ici, il se renseigne sur la majore avec un dossier qu’on voit bien qu’il y a que du bullshit écrit dedans.

La note : 9/20 parce que le duel de fin est cool et sauve un peu le reste de l’action molle du genou. Et aussi parce qu’il n’y a pas de course poursuite en voiture ce qui constitue l’unique surprise du film.

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les sept mercenaires : 2h13 pour rien

261619.jpg-r_1280_720-f_jpg-q_x-xxyxxDétails : C’est un film d’Antoine Fuqua, américain, de type western, sorti le 28/09/2016 en France. 213 minutes. Détail amusant : les pistolets des gentils comportent environ 14 millions de fois plus de balles que ceux des méchants.

Genre : Ça tire.

Synopsis : Un entrepreneur (Bartholomew Bogue), qui sue beaucoup pour montrer qu’il est méchant, sème la panique dans une petite ville, Rose Creeks emplis d’habitants assez sales sur eux mais TRES travailleurs (le fait qu’ils sont très travailleurs sera répété au moins une fois par quart d’heure durant le film car on le sait bien, travailleur égal mec bien), Bogue n’hésitant pas à descendre quelques très travailleurs au pif assez régulièrement histoire de prouver qu’il est vraiment très méchant.

Son but ? Devenir encore plus riche qu’il ne l’est déjà en exploitant le village, lequel jouxte une mine de quelque chose (sans doute de l’hydrocarbure, je n’ai pas trop suivi, mais en tout cas c’est convoité.) EDIT : on me dit que c’est direct de l’or en fait.

Le film débute alors que les villageois sont en passe d’ébaucher l’idée qu’ils pourraient éventuellement se rebeller contre la tyrannie de l’homme d’affaire épaulé par ses environ 4 milliards de gardes du corps (pas de panique, ils meurent en un coup, ils devaient être en solde) et par le shérif local qui ne brille pas vraiment par son courage (lâcheté illustrée par sa surcharge pondérale.) Alors qu’ils discutent des détails dans l’église du village voilà-t-il pas que Bogue débarque et réaffirme sa méchanceté en tuant pas mal de monde, dont le petit-ami bogosse d’Emma Cullen, avant de mette le feu à l’église complètement gratuitement.

Ce bon vieux Batholomew est vraiment vraiment très méchant

Emma Cullen décide alors de se mettre en quête de mercenaires pour régler son compte à Bogue parce que trop c’est trop bon sang de bois.

Dans sa quête de vengeance, elle va rencontrer une clique hétéroclite de pistoleros clichés, dont : un solitaire qui cherche la vengeance, un fat qui alterne balle et vanne pourrie, un indien qui passait par là et qui ne comprend pas plus que nous ce qu’il fait dans ce film, un hors-la-loi mexicain, un colosse un peu foufou, un ex-tireur d’élite qui arrive plus à tirer sur des gens et un Chinois qui bien entendu pratique les arts martiaux.

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Regardez bien l’Apache, il ne sait absolument PAS ce qu’il fait là.

Tout ce petit monde va bien entendu d’abord se quereller, collaborer puis finir meilleurs amis du monde et protéger le village du vilain Bogue.

Ce que j’en ai pensé : Remake du fameux film éponyme de 1960 au casting de rêve (Yul Brynner, Charles Bronson, Steve mcQueen, Eli Wallach, excusez du peu !), lui-même une adaptation américaine des Sept Samouraïs de Kurosawa, Les Sept mercenaires version Fuqua (réalisateur notamment de Training day ou plus récemment d’Equalizer, toujours avec son acteur fétiche: Denzel Washington) se distingue par le plus grand nombre de mort à la seconde que j’aie jamais vu. Non vraiment, c’est impressionnant. Sachant que chaque mercenaire tue environ 794 vilain chacun et qu’ils sont sept je vous laisse faire le calcul.

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Derrière les pixels se cachent les sept mercenaires originaux, habile camouflage les gars.

 Les sept mercenaires surfe sur la vague de nostalgie pour les vieux films de genre qui ont fait l’âge d’or d’Hollywood, crise de la créativité oblige. On l’a vu récemment avec Ben-Hur, péplum dont les héros réussissaient le tour de force d’avoir un charisme négatif, et dont chaque plan parvenait à être plus mauvais que le précédent. Si encore cette crise remakale donnait naissance à des bons films ce ne serait pas si grave mais c’est malheureusement rarement le cas.

Non pas que le film soit intrinsèquement mauvais. Le problème serait plus qu’il est terriblement banal et qu’il empile les poncifs du western sans aucun second degré, comme si Sergio Leone n’était jamais passé par là, et multiplie les tueries de masse sans qu’à aucun moment on ne frissonne pour les héros, auxquels on ne s’attache jamais vraiment. Ces derniers esquivent les balles, font mouche à chaque coup et camouflent le fait qu’ils n’ont absolument aucune raison de se battre pour ce village derrière des blagues oubliables.

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Tout ceci laisse les sept Samouraïs parfaitement dubitatifs.

La palme revenant à Chris Pratt en cow-boy le moins crédible de l’histoire des cow-boys qui ne s’est toujours pas remis de son personnage des Gardiens de la galaxie.

Les autres acteurs font le job, menés par un Denzel Washington jouant Denzel Washington (depuis le temps, il a bien compris son personnage) et un Ethan Hawke qui incarne le traumatisé de guerre un poil mieux que le reste du casting. À noter la présence de l’excellent Vincent D’onofrio, l’inoubliable Baleine de Full metal Jacket, dont le jeu est ici tout à fait respectable (on l’a vu plus récemment, dans la série Netflix Daredevil, composer un excellent méchant tout en contraste.)

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Chris Pratt est tellement intense qu’à côté de lui Clint Eastwood passe pour Panpan le lapin.

Le final, une scène de bataille interminable qui voit mourir les trois-quart des figurants d’Hollywood illustre bien le problème du film. Le manque de tension dramatique, de véritable enjeu et d’émotion ne peut pas être compensé par le nombre de morts, de quelque camp qu’ils fussent.

La note : 5.5/10 à cause de Chris Pratt que j’adore et que quand même il aurait pu faire mieux.

Olivier.

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Le conte de la princesse Kaguya

Adapté du conte traditionnel japonais du coupeur de bambou, le conte de la princesse Kaguya est d’abord une prouesse technique et visuelle. Le trait au fusain, alternant courbes délicates et angles nerveux, insuffle une véritable vie aux personnages comme au monde qui les entoure, tandis que certains plans évoquent les rouleaux peints du Japon de l’ère Heian (794-1185), où le conte se déroule. Seul bémol à une réalisation autrement sans faille : la musique, les ritournelles de Joe Hisaishi se montrant parfois un brin envahissantes là où de sobres accords de harpe koto ou une comptine suffisent amplement à souligner l’action… Le doublage, cependant, est de qualité, en tous cas dans la version japonaise qu’on recommandera pour une plus grande immersion dans ce contexte historique particulier.

 

La course de Kaguya : un trait tourmenté à l’unisson du personnage qu’il anime…

 

Mais Kaguya est aussi riche et travaillé dans son fond que dans sa forme. La trame du conte est respectée et si certains ont reproché au film sa longueur (plus de deux heures), aucune scène n’est de trop pour dépeindre, au fil des saisons, le parcours d’une héroïne complexe, tiraillée entre nature et culture, nostalgie de l’insouciance enfantine et nécessité de grandir et d’affronter le monde. Le film prend le risque de ne livrer aucune interprétation « clé en main » de l’intrigue et du personnage principal, ce qui, loin d’être rédhibitoire, est en fait un atout laissant à chacun la liberté de se faire sa propre vision de l’histoire.

 

Le conte de la princesse Kaguya est donc un très grand film d’animation prouvant encore une fois le talent de son réalisateur Isao Takahata, hélas trop souvent resté dans l’ombre de son condisciple Hayao Miyazaki aux yeux du grand public. C’est le moment ou jamais de réparer cette injustice, et peut-être, de découvrir ou redécouvrir ses autres œuvres !

 

Un trailer vaut mille mots :

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Dans notre fonds :

Films et séries de Isao Takahata :

Goshu le violoncelliste.

Kié, la petite peste.

Le tombeau des lucioles.

Heidi.

Horus, prince du soleil.

Panda, petit panda.

Sur le conte de la princesse Kaguya :

Kaguya, princesse au clair de lune.

Le conte du coupeur de bambous, traduction de René Sieffert.

Agathe

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Xavier à la ferme

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Comment dire ? Je ne suis pas très objective, j’ai aimé tous ses films… Je suis donc allée au cinéma hier soir avec un a priori très favorable. Je savais que son film était une adaptation théâtrale*, un thriller qui se démarquait de ce qu’il a réalisé auparavant. Et je n’ai pas été déçue. On retrouve sa caméra, son visage en gros plan, cette langue fleurie. Tom à la ferme est d’abord très silencieux, puis les personnages se déploient, s’épaississent, jusqu’à ne plus savoir qui manipule qui, qui est dupe de qui.

Tom arrive dans une ferme vide, dans la famille de son défunt compagnon. Il est le seul « ami » à être venu pour les funérailles. La mère espérait Sarah, la petite amie fantasmagorique et fantasmée. Le frère est le seul à savoir qui est Tom et utilise intimidation et violence pour contraindre celui-ci au silence. Peu à peu, Tom s’installe dans leur vie et dans ce mensonge.

Je suis sortie de la salle aussi commotionnée que Tom avec un seul petit regret : la B.O. que j’ai trouvée peu présente. Le morceau A new error de Moderat** qu’il avait choisi pour Laurence Anyways était une belle découverte :

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Bien sûr nous avons tous ses précédents films à la bibliothèque !
Laurence Anyways avec le sublime Melvil Poupaud,
– Le troublant Les amours imaginaires,
– Et le premier, celui qui m’a le plus retournée : J’ai tué ma mère,

Et même si tout est emprunté, vous pouvez toujours les réserver !

Caroline

* Tom à la ferme de Michel Marc Bouchard est disponible à la bibliothèque Oscar Wilde (20ème).

** A new error de Moderat, excellent groupe de musique électronique qui rassemble les membres de Apparat et Modeselektor, est disponible notamment à Robert Sabatier (18ème).

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Exclusif : Des coups et des caresses adapté au cinéma !

   On le supputait, on le susurrait, les salons littéraires de l’univers entier bruissaient de la folle rumeur, c’est désormais officiel et c’est en exclusivité mondiale que vous le révèle le blog de notre bibliothèque ! Après d’âpres négociations un célèbre studio américain s’est porté acquéreur des droits de l’immense succès populaire « des Coups et des Caresses » dans le but d’en faire un long métrage ! Mais qui dit américain dit langue anglaise et c’est sous le titre « Strokes and Carresses » que le film sera rendu public !

Mais ce n’est pas tout ! Car, outre l’excellente nouvelle que constitue l’adaptation sur grand écran du best-seller de Caroline B., voici que nous sommes également en mesure de vous livrer la fiche technique et le script de ce qui sera à n’en pas douter le succès de l’année dans nos salles obscures ! Lire la suite

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La Grande Bellezza

Il y a des artistes dont le talent ne se cantonne pas à une seule discipline. Et Paolo Sorrentino est de ceux-là. L’auteur italien du roman Ils ont tous raison (paru chez Albin Michel en 2011) a été salué par la critique pour ce titre. Mais ce n’était là que son premier livre, alors qu’il a précédemment été récompensé pour ses films, et notamment pour Il Divo (prix du jury à Cannes en 2008). Au cinéma comme en littérature, Sorrentino se révèle un conteur hors-pair, de ceux qui se font une joie de nous rendre attachant des personnages détestables. Ses personnages sont autant d’occasion de découvrir l’Italie contemporaine et ses travers, mais aussi son charme.

Et de charme, il en est clairement question dans le dernier film de Sorrentino, La Grande Bellezza ; celui de la Ville éternelle en premier lieu, qu’il donne à voir sous un jour inédit (les salles des palais d’ordinaire fermés au public, les soirées mondaines…)

Pierric

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Hier soir, j’ai vécu une nouvelle expérience cinématographique : j’ai vu la Grande Bellezza de Paolo Sorrentini. Tout se passe à Rome, cité de luxe, de luxure et de morale. Jep Gambardella est/fut écrivain il y a trente ans. Aujourd’hui, tous les citent encore même s’il n’a plus jamais écrit, sauf quelques articles. Il est devenu mondain, pas un mondain, mais Le mondain, celui qui a le pouvoir de faire rater une soirée. Ce film a quelque chose de très contemplatif, on se plaît à le voir évoluer dans cette Rome privée. Les images et la musique sont entêtant. De quoi passer deux belles heures, même si la fin m’a paru un peu en dessous du reste du film.

Caroline

 

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