Club des lecteurs: à la poursuite de l’Imaginaire !

La thématique du club des lecteurs du 14 avril portait sur les littératures de l’imaginaire, sujet dont les limites sont floues, puisque cette définition englobe aussi bien le fantastique, la fantasy que la science-fiction. Accordons-nous avant tout sur ces genres !

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Une histoire fantastique prend l’apparence d’un récit réaliste, tout en y intégrant des éléments surnaturels.  On peut y regrouper des ouvrages comme : La Peau de chagrin de Balzac, quelques nouvelles de Maupassant (La Chevelure, le Horla etc) , Le portrait de Dorian Gray d’Oscar Wilde,  Dr Jekyll & Mr Hyde de Stevenson, Le nez de Gogol.
C’est probablement le genre des littératures de l’imaginaire qui s’inscrit le plus dans une tradition littéraire « classique » ou dite « noble ». Cette distinction est structurante lorsqu’on parle d’histoire de la littérature de l’imaginaire. Encore davantage lorsqu’on aborde le sujet de la littérature de fantasy ou de science-fiction, deux genres dont les ouvrages ont mis un certain temps à être reconnu à leur juste valeur et à trouver un public plus large que celui des seuls passionnés.

On peut parler de fantasy lorsque dans le récit le surnaturel est accepté, le lecteur accepte de ne pas remettre en cause le pacte qu’il a passé avec l’auteur, malgré toutes les libertés que l’écrivain a pu prendre avec le réel. On se retrouve ainsi souvent transporté dans un monde imaginaire. On peut citer comme exemple reconnus de cette littérature Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, Conan le Barbare de Robert E. Howard ou encore la saga Harry Potter de J.K. Rowling.

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Un des livres de fantasy présentés lors du club des lecteurs était Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski, ouvrage qu’on peut aussi rapprocher du roman de cape et d’épées. Jaworski propose, dans un univers proche de celui de la Renaissance, à travers un style riche et épique, une intrigue inspirée de l’histoire de Florence. On y suit les aventures de Benvenuto Gusal, bras droit du Podestat Ducatore, un ambitieux homme politique tombé en disgrâce et qui cherche à retourner au pouvoir. La magie, ou les caractéristiques propres à la Fantasy, sont utilisés pour mettre en valeur les manœuvres et les manipulations politiciennes.

Enfin, au cours du club de lecture nous avons aussi pu discuter de bandes-dessinées cultes. La première série présentée fut Fables, scénarisée par Bill Willingham.

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On y suit les aventures de personnages tirés de contes de fées, chassés de leur royaume par un ennemi mystérieux. La Quête de l’oiseau du temps, dessinée par Loisel et scénarisé par Letendre, nous plonge quant à elle dans un scénario plus classique, magnifié cependant par une ambiance à la fois épique et comique. De Loisel, nous avons aussi parlé de sa revisite de l’histoire de Peter Pan, plaçant le cœur de l’intrigue dans le décor des bas-fonds dans le Londres du début du XXe siècle.

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Une adaptation orientée adulte !

Également appelée littérature d’anticipation, la science-fiction était aussi à l’honneur pour ce club de l’imaginaire.  Un récit de science-fiction repose sur des progrès scientifiques et techniques, ou physiquement impossibles, obtenus dans un futur plus ou moins lointain. Dans la science-fiction la plasticité du réel est utilisée pour explorer des problématiques scientifiques et philosophiques. L’échange autour du roman Des Fleurs pour Algernon de Daniel Keyes nous ainsi amené à discuter du transhumanisme.

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Retrouvez d’ailleurs dès maintenant ce titre dans notre Sélectable florale au rez-de-chaussée !

Le livre se présente comme un journal intime où le personnage principal, déficient mental, note ses impressions après une opération chirurgicale lui ayant permis d’accroître considérablement son intelligence.

La discussion autour du roman La nuit des temps de Barjavel portait, elle, sur les dangers de la pratique d’une science dont on ne maîtrise pas les conséquences.

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On y suit Simon, un scientifique qui participe avec le concours de nombreuses nations, à l’étude de ruines d’une civilisation vieille de 900 000 ans découvertes dans les profondeurs du pôle. Parmi ces ruines se trouve une étrange sphère dorée, où hibernent un homme et une femme. Les scientifiques décident de tirer la femme, Eléa, de cet état… Elle nous racontera alors son histoire, et la fin de sa civilisation. Ce beau roman, où se mêlent science et amour, peut aussi se lire comme une critique de cette époque en pleine guerre froide.

Nous avons terminé la séance et ce beau moment d’échange par la présentation de coups de cœurs, en relation avec le prix du meilleur premier roman des lecteurs des bibliothèques de la ville de Paris. Encore vivant de Pierre Souchon a été particulièrement remarqué, mais vous le retrouverez probablement lors d’une séance coup de coeur !

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Club du 17 mars : des livres que nous avons lu et aimé un peu, beaucoup, passionnément…

Ce club des lecteurs était consacré à nos dernières lectures et à nos coups de cœur.

La discussion commence autour de l’émission de télévision « Carnets de route » diffusée à partir d’octobre 2011 sur France 5 et dont on peut désormais visionner les épisodes via Youtube. Créée par François Busnel, elle propose de découvrir les États-Unis à travers le regard de ses écrivains.

Manuela vous la conseille vivement.

Nous avons ensuite embrayé très sérieusement, sans aucune digression 😉 sur nos lectures. Voici la liste des livres que nous avons lu et aimé un peu, beaucoup, passionnément…

 

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  • Lauren Groff, Les furies (Fates and furies), éditions de l’Olivier, 2017. ♥♥♥ (Marie)

Ce roman commence comme une histoire d’amour et finit en tragédie moderne. Dans la première partie, nous faisons la connaissance de Lancelot et Mathilde couple d’intellectuels new-yorkais dont l’existence parfaite et la bonne fortune semblent assurées. Dans la seconde, Lauren Groff déconstruit toute l’histoire pierre par pierre, dissèque ce couple, nous révèle la réalité tragique des apparences. L’autrice nous emmène bien plus loin que là où nous pensions nous rendre. L’élégance de l’écriture et de la traduction sublime ce texte brillamment construit.

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  • Julie Wolkenstein, Les vacances, P.O.L, 2017. (Marie)

Roman de la rentrée littéraire de septembre dernier. Il y est question de la Comtesse de Ségur, d’Eric Rohmer et de la Normandie. Une professeure de littérature et un jeune thésard travaillent tous les deux simultanément sur les archives du premier film perdu d’Eric Rohmer inspiré des petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Livre sympathique, plein d’humour, bourré de clichés très réalistes sur le monde universitaire et les bibliothécaires….

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  • Yves Ravey, Enlèvement avec rançon, éditions de Minuit, 2010.♥♥♥(Marie)

Roman noir, roman social, roman psychologique. Un roman très court et extrêmement efficace servi par une écriture sobre et précise. Yves Ravey sait en quelques mots installer une atmosphère, une angoisse, une pesanteur. Les personnages sont bien réels sous sa plume, décrits par petites touches successives.

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  • Erwan Larher, Le livre que je ne voulais pas écrire, Quidam éditeur, 2017. ♥♥♥ (Mary)

Erwan Larher s’est trouvé au moment au mauvais endroit. Présent au Bataclan le soir des attentats, il fait partie des rescapés. Dans ce livre qu’il ne voulait pas écrire, avec beaucoup d’humour et d’autodérision, il décrit le long travail de reconstruction. Ni témoignage, ni roman, Erwan Larher nous offre un objet littéraire tout à fait étonnant. Un grand coup de cœur pour ce livre bouleversant !

 

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  • Angélique Daniel, Mon avenir dans ton regard, les nouveaux auteurs, 2017. (Manuela)

Une belle leçon de vie et un beau roman d’amour. Lecture légère, lecture plaisir.

 

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  • Gouzel Iakhina, Zouleikha ouvre les yeux, éditions Noir sur Blanc, 2017. ♥♥♥ (Frédérique)

Un très beau premier roman prenant place dans les coins reculés de l’URSS des années 30. Le personnage principal, Zouleikha, femme Tatare élevée dans le carcan des traditions païennes et musulmanes, soumise à son mari, haïe par sa belle-mère qui l’accuse d’être bonne à rien sous prétexte qu’elle n’a donné naissance qu’à des filles mortes très jeunes, assiste à l’assassinat de son mari par les brigades rouges et est déportée en Sibérie. Ce voyage, a priori tragique, va être l’occasion pour Zouleikha « d’ouvrir les yeux » : la famine, l’injustice, la mort, la proximité avec les autres qui va bouleverser ses croyances et ses convenances, la relation ambiguë qu’elle développe avec l’officier chargé de sa déportation et assassin de son mari… l’évolution de la jeune femme confrontée à tous ces bouleversements est très bien menée. Elle est accompagnée par une galerie de personnages tout aussi complexes et que nous prenons plaisir à suivre : Ignatov, l’officier de l’Armée rouge qui voit ses idéaux révolutionnaires malmenés, ou encore le professeur Wolf Karlovitch, gynécologue réputé de l’université de Kazan, déchu à la Révolution, ce qui lui a fait perdre la tête. Le roman est bien construit, servi par une belle écriture (qui tient sans doute à l’effort de traduction), et nous tient en haleine jusqu’au bout.

 

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  • Andri Snaer Magnason, LoveStar, Zulma, 2016. ♥♥ (Frédérique)

« Lovestar », un titre qui évoque l’amour, la liberté, la beauté… et on n’en est pas loin avec ce magnifique récit d’anticipation. Nous y suivons deux histoires. Celle de Lovestar, créateur génial qui a développé un vaste empire planétaire en inventant grâce à l’étude des oiseaux la dernière évolution majeure de l’humanité : l’homme sans fil et connecté et d’autres applications aussi consuméristes que liberticides. Celle d’Indridi et Sigridur d’autre part, jeune couple naïf qui découvre avec stupeur que l’application inLove qui trouve l’âme sœur de chaque être humain par calcul scientifique unit Sigridur à un inconnu danois. D’un côté un homme harcelé sans cesse par ses idées et une quête symbolisée par une simple graine ; de l’autre, un couple de Roméo et Juliette écrasé par la nouvelle société post-Lovestar. Andri Snaer Magnason manie avec brio différents registres (humour, poésie, absurde…) pour dérouler son intrigue sur fond de paysages islandais qui nous laissent songeurs.

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  • Aharon Appelfeld, Le garçon qui voulait dormir, éditions de l’Olivier, 2011. ♥♥♥(Odile)

Un jeune garçon survivant de la Shoah est pris en charge par une organisation sioniste en vue d’une future installation en Israël. Ce que lui désire avant tout c’est dormir. Non pour fuir mais pour se reconnecter à sa vérité, au passé dans lequel ses parents étaient vivants et dans lequel ni la guerre, ni la peur n’existaient. Comme dans la plupart de ses romans, Aharon Appelfeld se nourrit de son propre traumatisme d’enfant juif orphelin rescapé des camps de concentration. Magnifique roman métaphorique qui étudie autant la fonction du sommeil que celle du langage.

Ce roman nous a permis de parler des films de Nourith Aviv. Passionnée par les langues, par le passage de l’une à l’autre, Nurith Aviv a réalisé une trilogie autour de l’hébreu dans lequel intervient notamment Aharon Appelfeld qui dut apprendre l’hébreu après la guerre. « Parfois je me réveille avec l’angoisse que l’hébreu appris avec tant de peine s’évanouisse disparaisse. » (Aharon Appelfeld)

 

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Un club, une équipe, des lectures

Rappelez-vous, nous étions le 18 juin, et c’était alors le dernier des clubs avant l’été et sa caravane d’évènements sportifs. L’Euro de foot était naissant , le Tour de France n’avait pas encore frémi, et nous regardions encore les Jeux Olympiques à la jumelle. Exsangues de sport, nous étions surtout avides d’échanges et de lecture.

PicMonkey Collage2 Lire la suite

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