Demandez le programme : la voie des Indés est de retour !

Alors que le cycle culture urbaines est toujours dans les blocs,  la bibliothèque met à l’honneur comme chaque année des livres d’éditeurs indépendants.

Cette année, place à la littérature avec la maison d’édition Le Tripode et à la BD avec Six pieds sous terre.

Six pieds sous Terre

baniere_haute3Comme la plupart des éditeurs nés au début des années 1990, les éditions 6 Pieds sous terre connaissent une origine associative. Au commencement, donc, il y avait une poignée de passionnés (de jeunes auteurs nommés Jean-Philippe Garçon, Jean-Christophe Lopez, Jérôme Sié, Thierry Durand et Yves Jaumain) qui imaginèrent un fanzine, intitulé Jade. En ces temps où l’Internet n’avait pas encore éclos, les fanzines étaient le moyen de propagation de la connaissance de la bande dessinée alternative par excellence.

C’est sur ce terreau fertile, que 6 Pieds a grandi, petit à petit. En 1992, la maison se choisit comme totem un ornithorynque. Au fil de deux décennies, sous la bannière de cet éditeur éclectique, une foule de projets sont nés, empruntant diverses directions.

Le Tripode

logotripode Depuis ses débuts*, la maison d’édition est au service d’auteurs dont elle admire la seule liberté possible : privilégier la sensibilité aux doctrines, le cheminement dissident de l’imaginaire à l’immédiateté du discours.

Le lyrisme de Jacques Abeille, l’exigence de Robert Alexis, l’irrévérence d’Edgar Hilsenrath, l’iconoclasme d’Andrus Kivirähk, l’espièglerie de Jacques Roubaud, la virtuosité de Juan José Saer, le désir sans limite de Goliarda Sapienza, la rigueur de Jonathan Wable, la lucidité de Louis Wolfson ou encore la fantaisie de Fabienne Yvert … voici quelques-uns des regards qui, de façon salutaire, nous sortent de la marche ordinaire du monde.

Exposition 6 pieds sous terre

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Tout, tout, tout vous saurez tout sur l’ornithorinque…

Du 6 au 29 octobre

 A l’occasion de ses 20 ans, la maison d’édition a présenté une sélection de planches originales, accompagnée d’une trame historique concoctée par Fabrice Erre et sur une scénographie de Nicolas Moog. L’occasion de découvrir les particularités de la structure vue de l’intérieur. Un dialogue entre l’objectivité historique et le regard abrupt des auteurs.

Le club des lecteurs reçoit Ali Zamir

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Ali Zamir

Samedi 15 octobre à 10h30

A l’occasion de sa venue en France à l’automne, le jeune auteur comorien d’Anguille sous roche édité au Tripode vient vous présenter sa bibliothèque idéale dans votre bibliothèque de rêve

Atelier aurasma et cie

xJ4YxfpEK5DsQlQClC2Whg-Aurasma_Primary_Logo_ColSamedi 29 octobre à 10h30

Réalisation de critiques littéraires en réalité augmentée ou sous une autre forme autour de la Voie des indés !

Le club des lecteurs invite les éditions 6 pieds sous terre

Samedi 19 novembre à 10h30
Capture4Découverte et exploration du catalogue de cet éditeur de bandes dessinées à tête d’ornithorynque.

Sieste littéraire

Capture3Samedi 5 novembre à 15h30

Carte blanche au Tripode

Nous vous invitons, le temps d’une pause, d’un goûter, ou d’une après-midi entière, à  voyager en écoutant des textes du Tripode. Des coussins, des transats, des vidéos youtube, des créations sonores et un spectacle filmé n’attendent plus que vous dans la salle du 2e étage.

Et bien sûr, retrouvez toutes nos activités sur Que faire à Paris !

 

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Independence Day of the Reader’s Club

Un manifeste pour la liberté d’édition.

Mes très chers camarades indépendants,

Le 17 octobre dernier avait lieu le 7498ème comité pour l’indépendance de l’édition sis en salle Allegro de la bibliothèque Vaclav Havel, établissement connu pour être un soutien sans faille dans notre combat. Son opération dite de la « Rentrez des Indés » est en effet l’un des pivots de notre lutte indépendantiste et ce depuis pas moins d’à peu près 1 an selon la police corrompue, 1 an et demi selon les sources bien plus fiables de notre mouvement.

A cette occasion, épaulés par deux bibliothécaires d’une inestimable qualité, nous discutâmes avec force lecteurs de nos maisons d’éditions indépendantes et de l’incroyable mérite des écrits qu’elle s’efforcent de publier. Ce fut un moment de convivialité et d’échanges qu’hélas on ne vit plus que fort peu, en particulier depuis que Gallimard contrôle le monde en sous-main et que les enfants ont cessé de travailler dans les mines, ce qui fait qu’ils envahissent les espaces de la bibliothèque susnommée en glapissant d’étranges cris inintelligibles.

Mais avant de pousser plus avant la description de ce fabuleux comité, arrêtons-nous un instant sur l’édition indépendante.

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La vie rêvée de Rachel Waring de Stephen Benatar

Une lecture qui ne vous laissera pas indifférent : découvrez le quotidien de Rachel Waring alors qu’elle s’installe à Bristol dans un hôtel particulier du 18e siècle dont elle vient d’hériter. Finie la vie de vieille fille avec sa colocataire, Rachel, à 47 ans, veut concrétiser ses rêves. Elle se met à tourbillonner dans un nouvel univers, fait des mondanités, noue des amitiés et se plonge dans la rédaction d’un roman… Notaire, jardinier, pharmacien, pasteur, sont autant d’objets de fantasme pour la virginale Rachel, qui n’aspire qu’à connaitre l’amour et la sensualité. Elle l’a décidé, ce nouveau départ sera l’occasion d’exprimer son optimisme et de montrer à tous la femme « épatante » qui sommeille en elle !


Piégé dans les pensées de Rachel, le lecteur n’appréhende l’histoire qu’à travers ses considérations et impressions. Celle-ci étant prisonnière de ses illusions, c’est donc au lecteur de tenter de rétablir la vérité et de déceler les vraies intentions de son entourage. Ce qui est déroutant dans la lecture de ce roman introspectif, c’est le fossé qui semble se creuser entre la réalité et la « vie rêvée de Rachel ». Où est le vrai du faux ? L’imaginaire de Rachel, nourri de romances et comédies musicales du début du siècle dernier, s’emballe et c’est au fil des pages que l’on assiste à son glissement dans la folie.


Ne vous attendez pas pour autant à ce que cette descente aux enfers soit triste et morne. L’écriture est rythmée, l’optimisme de Rachel à toute épreuve et l’inconvenance de ses réactions donne lieu à des situations très cocasses. Car oui, il y a de l’humour dans ce texte, un humour noir qui, avec ces touches de cynisme, souligne à quel point les réactions de Rachel sont inadaptées et ce personnage qui pouvait sembler agaçant devient dès lors touchant. Stephen Benatar nous offre un roman psychologique toute en justesse et subtilité et nous permet de faire la rencontre d’une femme vraiment épatante !

Lisa et Emilie
Et en bonus : La playlist de Rachel
Editeur : Le tripode
Date de parution : 28/08/2014
Langue : Français
Format : grand format
Dimensions : 20,0 cm x 15,0 cm x 2,5 cm
ISBN-13 : 9782370550293
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L’île du point Némo de Jean-Marie Blas de Roblès

L’Ile du Point Nemo, s’ouvre sur le récit historique d’une bataille… de soldats de plomb !

Ce n’est que la première surprise d’une série de péripéties dont les rebondissements tiennent le lecteur en haleine d’un bout à l’autre de ce roman d’aventures palpitantes, foisonnant d’inventions.

Martial Canterel part avec son  vieil ami John Shylock Holmes rechercher un fabuleux diamant, l’Anankè qui a dérobé à Lady MacRae.  Accompagnés de Verity, la fille de Lady Mac Rae les voilà bientôt embarqués dans le Transsibérien à la poursuite du coupable.

En parallèle, on suit la mauvaise fortune d’Arnaud, le patron d’une fabrique de cigares du Périgord où se perpétue la tradition de la lecture à voix haute, obligé de mettre la clé sous la porte et dont la femme est plongée dans le coma. Son usine vient d’être rachetée par Monsieur Wang, un chinois pervers, directeur de B@bil Books, une entreprise spécialisée dans l’assemblage de liseuses numériques où travaillent Fabrice Petitbout, le geek abandonné par sa mère, et la belle Charlotte.

Mais il y a aussi Dieumercie Bonacieux le mari impuissant de Carmen qui invente pour lui les remèdes les plus extravagants, et beaucoup d’autres dont les histoires semblent au départ indépendantes mais que l’auteur imbrique au fil des chapitres pour nous conduire à la surprise finale.

On n’est jamais loin de L’île mystérieuse, de Vingt Mille Lieues sous les Mers, ou du  Crime de l’Orient Express…. Avec de nombreux clins d’œil littéraires, des mises en abyme vertigineuses,  des  traits d’humour, et une ironie décapante ce roman suscite aussi  en filigrane une réflexion sur la lecture et l’écriture, l’avenir du livre, la philosophie, l’écologie et la politique mondiale actuelle. A découvrir d’urgence !

 

 

 

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Lettres de réclamation de la rentrée littéraire

LETTRE AU RESPONSABLE DE L’ OPÉRATION  RENTRÉE LITTÉRAIRE

MINISTÈRE DE LA CULTURE

DÉPARTEMENT LITTÉRATURE ET MARKETING

 MONSIEUR,

Une fois encore, telle un marronnier, et grâce à votre diligence que je reconnais  efficace, l’opération « Rentrée Littéraire »  a frappé. Oui, frappé, effectivement,  car pour moi, qui suis retraitée depuis quelque temps, non seulement, elle  n’a  pas « réveillé »  les enthousiasmes en  attente depuis la fin de l’été, mais elle a ravivé douloureusement  le traumatisme que je subis depuis ma mise à l’écart de la vie active.

En effet, toute rentrée , qu’elle soit littéraire ou  scolaire ou  d’autres collections, rentrée d’argent, ou encore rentrée…  à la maison,  souligne pour moi l’injustice douloureuse d’un brutal changement de vie, où je n’ai plus à rentrer chez moi puisque je n’en sors plus guère, que le terme même de « rentrées d’argent » m’est devenu un concept étrange,  et qu’enfin la rentrée scolaire ne me concerne plus  depuis  le dernier jour de mes lointaines  études. Pour tout dire, elle prend l’allure d’un rendez-vous redouté et terrifiant  au même titre que les impôts et autres dates fatidiques.

Ainsi,  au lieu de mobiliser un grand nombre de lecteurs potentiels, elle ne fait que stigmatiser  toute une population à laquelle  j’appartiens, insulte à la fois mon âge et mon statut social et, par le fait même, la  détourne de son objectif  qui se prétend noble car elle se veut culturelle  mais ne saurait cacher  ses fins mercantiles.

En conséquence, je me permettrai  de vous inciter à trouver un autre intitulé et, dans cette heureuse perspective, je me tiens à votre disposition pour participer au groupe d’échanges  et de consultations que vous auriez à constituer.

Recevez, Monsieur,  mes salutations distinguées.

MFO

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La ballade d’Ali Baba de Catherine Mavrikakis

 

Troisième roman de Catherine Mavrikakis, cette auteur vivant au Québec éditée en France par Sabine Wespieser.
Roman qui traverse les différentes générations d’une famille grecque au 20eme siècle ayant migré d’abord en Algérie puis au Canada. C’est avant tout l’histoire de Vassili Papadopoulos, père absent et omniprésent, grand joueur et combinard de la narratrice. Celle-ci professeur et spécialiste d’Hamlet fera l’expérience de ce « temps qui sort de ces gonds » dans une scène centrale qui côtoiera l’onirique et le surréel et l’amènera à retrouver son père décédé un an auparavant. L’auteur nous sert à nouveau une langue très fine et très belle.

Caroline

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Depuis que la samba est samba de Paulo Lins

Rio dans les années 20, avant l’indépendance. Le roman se déroule principalement dans le quartier de l’Estacio à une époque où est née une nouvelle musique, la samba, qui deviendra l’âme du Brésil.  On est plongé dans une époque où le Brésil s’est inventé. A travers une galerie de personnages attachants et hauts en couleur, on découvre et suit leurs passions, l’amour, la musique et la religion: Brancura jeune homme, qui doit choisir entre le proxénétisme de son père (et les femmes) et une vie rangée (travail aux docks, mariage avec Yvette et écriture des textes de samba avec ses amis du quartier), Sodré le Portugais qui utilise ses relations officielles (il est banquier) pour régner sur une partie de la prostitution de l’Estacio, Silva le compositeur de samba qui ré-invente le genre et connaîtra la gloire, Tante Almeida généreuse institutrice qui donne des cours bénévolement et accueille Seu Tranca-Rua qui fonde une nouvelle religion aux influences indiennes et africaine nommée umbanda… et tant d’autres. Le roman parle d’une relation à trois: Brancura et Sodré sont en effet amoureux d’une prostituée, la belle Valdirène, qui aime les deux hommes.

L’auteur a réussi à faire revivre une époque violente et passionnante, une petite page de l’histoire du pays et des mentalités d’alors. En termes crus l’amour, le sexe, l’homosexualité et la prostitution sont racontés. Lecteurs sensibles s’abstenir! Mais cela donne « chair » aux personnages, renforce à mon sens leur « réalité » et les rend humain. Le livre montre aussi la mixité du pays dans un joyeux mélange, symbolisé par Valdirène, la femme de deux hommes aux couleurs de peaux et aux styles de vies opposés. Sont aussi évoqués les affres de la création, le carnaval à ses débuts, l’éducation… Beaucoup de termes brésiliens et de textes de samba sont écrits dans la langue, ce qui renforce le dépaysement. Une playlist est à écouter pour accompagner la lecteur et la plongée, dispo sur le site de l’éditeur en mode youtube: . Bref j’ai aimé prolonger l’été brésilien avec cet excellent roman, bien écrit et foisonnant.

Un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Silva attendait sa sœur pour lui passer un savon. Il savait très bien que si ses amis n’étaient pas encore venus le voir, c’était parce qu’elle ne leur avait pas transmis les messages qu’il leur avait envoyés. Il savait pourtant que le bonheur qu’il aurait à leur seule vue l’aiderait à expulser la maladie de son corps! Il avait griffonné tant de vers, de mélodies… il voulait les faire lire à d’autres, pour qu’il l’aident à poser le couplet, ajuster la musique, améliorer telle ou telle phrase. Il était donc là à ruminer ses pensées, attendant sa sœur, lorsqu’il vit Bide, essoufflé, entrer dans la pièce.

« -Qu’est-ce qui t’arrive? demanda t-il surpris.

-J’ai quelque chose à te dire.

-Si c’est un bonne nouvelle, dis-la, si c’est une mauvaise, tu peux te la garder, je suis malade…

-Tu ne sais pas ce qu’ Oxala t’a préparé!

-Dis-moi!

-Cebola a chanté « Me faz carinhos » à Alves, et Alves veut te l’acheter! »

Silva, qui arrivait à peine à se lever pour aller aux toilettes, bondit de son lit.

« Eh, du calme, mon vieux! s’écria Bide. Être hospitalisé, c’est déjà un pas vers la tombe. Le prochain arrêt, c’est le cimetière. Tu me fais encore un saut comme celui-là et ta samba, c’est à Aruanda que tu la vendras, l’ami!…

-Alves veut m’acheter  « Me faz carinhos », c’est ce que tu es en train de me dire? suis-je déjà mort?

-Si tu es mort, je le suis aussi…

-Je suis en train de rêver ou…?

-Peut-être…

-Alves veut m’acheter une samba!

-Pour vingt mille réais, ta samba sera chantée par tout le Brésil-voire par le monde entier »

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La voie des indés : le test

 

voie des idés

Pour la première année, la bibliothèque participe au festival de la Voie des indés. Le festival est conçu comme « une exploration collective de l’édition indépendante », un moyen aussi d’entrer dans la rentrée littéraire.

Alors en préalable au festival, nous vous proposons de faire le point sur votre connaissance des éditeurs indépendants avec LE TEST. Revenez ensuite sur notre blog pour vérifier vos réponses !

CLIQUEZ-ICI POUR COMMENCER LE TEST

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