SHIGERU MIZUKI

Le 30 Novembre dernier, Shigeru Mizuki nous quittait à 93 ans après une vie et une carrière bien remplies. Le club manga a donc décidé de revenir sur cet incontournable de l’histoire du manga autour de deux œuvres présentes dans notre fonds.

NonNonBâ (Nonnonbâ to ore)

Inspirée des souvenirs d’enfance de l’auteur, NonNonBâ nous narre le quotidien d’un jeune garçon dans le Japon rural d’avant-guerre, et la relation qu’il développe avec sa gouvernante, une vieille dame connue sous le nom de Nonnonbâ. Celle-ci lui fera découvrir le monde fascinant des yôkai, petits monstres et fantômes peuplant les légendes japonaises depuis des siècles…

Sensible et plein d’humour (malgré le tragique de certaines situations), cet album primé à Angoulême est une intéressante porte d’entrée vers un Japon aujourd’hui quasiment disparu, qui a nourri l’inspiration et l’univers intime de son auteur. Un récit fantastique autant qu’initiatique, qui séduira autant les fans de Shigeru Mizuki que les novices désirant découvrir son œuvre

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Kitarô le repoussant.

Kitarô, enfant-zombie aux pouvoirs mystérieux, affronte au cours de nombreuses aventures les plus terribles représentants du monde des yôkai… ce qui ne l’empêche pas de se faire aussi de nombreux amis parmi eux !

Connue au japon sous le nom de GeGeGe no Kitarô, cette série créée par Shigeru Mizuki en 1959 est celle qui a fait de son auteur une véritable star du monde du manga. Aujourd’hui encore, de nombreux dessins animés, jeux, jouets sont créés à l’effigie de notre héros, et à Sakaiminato, où l’auteur a passé la majorité de sa vie, une rue entière a été décorée de statues de bronze représentant ses yôkai et autres héros. Très vivant et inventif, doté d’une narration parfois « foutraque » qui ajoute au charme de l’oeuvre plus qu’elle ne gêne la lecture (les yôkai n’étant pas à proprement parler les représentants de l’ordre et de la discipline…), Kitarô le Repoussant est un classique incontournable de l’histoire de la bande dessinée japonaise.

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Le générique de la première série animée (1968), devenu un classique du genre et repris à quasiment chaque nouvelle adaptation de l’œuvre…

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Nous espérons que ce petit aperçu vous donnera l’envie de découvrir davantage l’œuvre de cet auteur hors du commun, dont voici la liste des titres présents dans l’ensemble du réseau des médiathèques de Paris :

Vie de Mizuki : autobiographie de l’auteur, de son enfance à sa carrière de mangaka en passant par ses difficiles années de guerre…

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Opération Mort : récit inspiré de l’expérience de Mizuki, vétéran de la guerre du Pacifique dans laquelle il perdit un bras…

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Hitler : une biographie du personnage historique.

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3 rue des Mystères : un recueil d’histoires courtes en deux tomes autour des yôkai.

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Mon copain le kappa/Kappa et compagnie/Moi, la mort et kappa : série en trois tomes racontant l’amitié qui se développe entre petit garçon et un kappa, célèbre yôkai vivant dans les lacs et les rivières.

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Micmac aux enfers : sorte de version parallèle de Kitarô, parue dans la célèbre revue pour adultes Garô, dans laquelle beaucoup de grands mangakas ont fait leurs débuts ou ont expérimenté une nouvelle approche de leur média.

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Yôkai, dictionnaire des monstres japonais : comme son nom l’indique, le B A-BA pour tout savoir sur ces créatures mystérieuses…

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La rentrée du Club manga

Le club manga, c’est un moment où bibliothécaires et lecteurs peuvent parler de mangas et ça c’est le second samedi de chaque mois à 15h. Après une petite pause estivale, il a repris dans la joie et la bonne humeur ce samedi 13 septembre avec une séance consacrée aux Mordus du Manga et tout spécialement à la sélection 8-12 ans.

Les Mordus  c’est quoi ? Deux sélections,  8-12 ans et 13 et +, de 6 mangas parus dans l’année, pour lesquels vous pouvez voter jusqu’au mois de décembre. Shôjo, Seinen, Shonen, vous trouverez forcément une histoire pour vous. Les bibliothèques participantes en profitent pour proposer des activités  en lien avec les mangas et la culture japonaise. On vous attend d’ailleurs le 8 novembre pour un atelier Maki !

   

   

Hell’s Kitchen : Dogma, un démon lassé de dévorer les âmes orgueilleuses des brillants cuisiniers, décide de former Satoru, un garçon tout à fait ordinaire, à la grande cuisine. Pour cela il l’aide à intégrer une fameuse école de cuisine. Dogma n’est visible qu’aux yeux de Satoru, ce qui est pratique pour lui rendre la vie impossible et donne lieu à des situations hilarantes. Un manga très drôle, avec des personnages secondaires intéressants, qui promet plein de rebondissements !

Hanayamata : Vous connaissez le Yosakoï ? Découvrez cette danse traditionnelle japonaise avec Naru, l’héroïne réservée de ce manga. Une rencontre avec l’exubérante américaine Hana, la fera tourbillonner dans cet univers composé de yukata, naruko et autres accessoires. A deux, elles essayeront de monter un club dans leur lycée afin de nouer de nouvelles amitiés et de faire connaitre le Yosakoï. Une belle histoire d’amitié entre deux jeunes filles aux antipodes l’une de l’autre qui vous fera vivre de beaux moments de danse !

Hero Mask  : Au premier abord Shibuya n’a rien d’un héros : nouvel élève, il se retrouve malmené par des voyous. Heureusement Lilico, qui appartient au club des héros du lycée, enfile un masque et vole à son secours, armée seulement de son courage. Quand Shibuya découvre un masque qui lui donne des supers pouvoirs, il décide de rejoindre ce club pour apprendre tout ce qui fait l’âme d’un héros. Au programme : de l’action, des pouvoirs, des super-vilains et des minijupes !

Babysitters  : Après le décès de leurs parents, Ryuichi et son petit frère Kotaro sont recueillis par la directrice d’une académie, à condition que Ruichi gère la crèche accueillant les enfants des profs. Ryuichi se retrouve donc entouré d’une ribambelle de bambins tous plus Kawaii les uns que les autres. Son rôle de baby-sitter lui permettra de se faire de nouveaux amis et de créer des liens très particuliers avec les enfants et leurs parents. Impossible de ne pas craquer devant tous ces marmots !

Blue Spring Ride  : Futaba n’aime pas les garçons. Enfin … sauf Tanaka. Mais après un rendez-vous amoureux manqué, il disparait mystérieusement du collège. Quelques années plus tard, elle le retrouve au lycée mais tous les deux ont évolué, ils ne sont plus les mêmes. Seront-ils de nouveau amoureux ? Quel est le secret de Tanaka ? Ce qui pourrait sembler une simple bluette est aussi l’occasion de montrer à quel point il est difficile d’être une adolescente, que ce soit en amour ou en amitié.

Bullet Armors : Dans un monde où des machines, les Tremors, ont une volonté propre et sont en guerre contre les hommes, Ion, un jeune garçon, trouve un jour Bullet, un bras mécanique qui fera de lui un des Breeders. Ceux-ci étant exclus de la société, Bullet et lui devront donc compter sur leurs amis et être prudents pour retrouver le père du héros. Dépaysante, cette quête initiatique à l’atmosphère SF vous ravira grâce au dynamisme de ses combats !

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Le conte de la princesse Kaguya

Adapté du conte traditionnel japonais du coupeur de bambou, le conte de la princesse Kaguya est d’abord une prouesse technique et visuelle. Le trait au fusain, alternant courbes délicates et angles nerveux, insuffle une véritable vie aux personnages comme au monde qui les entoure, tandis que certains plans évoquent les rouleaux peints du Japon de l’ère Heian (794-1185), où le conte se déroule. Seul bémol à une réalisation autrement sans faille : la musique, les ritournelles de Joe Hisaishi se montrant parfois un brin envahissantes là où de sobres accords de harpe koto ou une comptine suffisent amplement à souligner l’action… Le doublage, cependant, est de qualité, en tous cas dans la version japonaise qu’on recommandera pour une plus grande immersion dans ce contexte historique particulier.

 

La course de Kaguya : un trait tourmenté à l’unisson du personnage qu’il anime…

 

Mais Kaguya est aussi riche et travaillé dans son fond que dans sa forme. La trame du conte est respectée et si certains ont reproché au film sa longueur (plus de deux heures), aucune scène n’est de trop pour dépeindre, au fil des saisons, le parcours d’une héroïne complexe, tiraillée entre nature et culture, nostalgie de l’insouciance enfantine et nécessité de grandir et d’affronter le monde. Le film prend le risque de ne livrer aucune interprétation « clé en main » de l’intrigue et du personnage principal, ce qui, loin d’être rédhibitoire, est en fait un atout laissant à chacun la liberté de se faire sa propre vision de l’histoire.

 

Le conte de la princesse Kaguya est donc un très grand film d’animation prouvant encore une fois le talent de son réalisateur Isao Takahata, hélas trop souvent resté dans l’ombre de son condisciple Hayao Miyazaki aux yeux du grand public. C’est le moment ou jamais de réparer cette injustice, et peut-être, de découvrir ou redécouvrir ses autres œuvres !

 

Un trailer vaut mille mots :

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Dans notre fonds :

Films et séries de Isao Takahata :

Goshu le violoncelliste.

Kié, la petite peste.

Le tombeau des lucioles.

Heidi.

Horus, prince du soleil.

Panda, petit panda.

Sur le conte de la princesse Kaguya :

Kaguya, princesse au clair de lune.

Le conte du coupeur de bambous, traduction de René Sieffert.

Agathe

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