Le club des lecteurs avec Ali Zamir

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Le samedi 15 octobre nous avons eu la chance de rencontrer Ali Zamir. Voici l’enregistrement de ce moment riche en discussions sur les femmes, la littérature, les langues, le monde de l’édition et la situation actuelle des Comores. Un grand moment de joie et de partage à (ré)écouter !

 

 

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Le festival Numok à la bib’ Havel : demandez le programme !

Le Numok, c’est quoi ?

C’est le festival numériques des bibliothèques de la ville de Paris, pardi ! Et c’est la seconde édition, et ouais !

Numok  proposera à tous, petits ou grands, novices ou hyperconnectés, de venir bidouiller, s’amuser et se laisser surprendre ! Qu’est-ce qu’on vous propose chez nous ? Voilà le programme !

Atelier découverte et création de jeux de société

Dans le cadre du festival NUMOK, Dcalk propose trois temps sur 3 jours pour découvrir le jeu de société autrement.

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DCALK, notre partenaire pour le Numok !

Le mardi 18 octobre à 17h30 on vous proposera de faire un petit tour du côté de l’historique des dispositifs de partage de ressources nomades existants, en lien avec le domaine du jeu : DeadDrop, Geocache… mais également d’aborder la question de comment partager ces contenus de manière libre : licences ouvertes et libres, contenus open-source.

Ce qui nous amènera tout naturellement à vous introduire au projet Ludobox : la ludothèque numérique, porté par l’association depuis maintenant plus d’un an. Inspiré des projets Piratebox et Bibliobox, ce dispositif permet de partager et d’échanger des ressources concernant le jeux de société : jeux en print & play (j’imprime, je joue), ressources bibliographiques, pièces imprimables ou réalisables avec une imprimante 3D ou découpeuse laser, tutoriel de création… Un temps sera prévu pour ceux qui le souhaitent pour tester et jouer avec les jeux contenus dans la Ludobox.

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Création d’un jeu de société avec des pièces en 3D !

Les journées du mercredi et jeudi seront consacrées de 15h à 19h à la création de jeux. Les habitant(e)s du quartier et les curieux(ses) sont invité(e)s à créer un ou plusieurs jeux sur une thématique propre au quartier Marx Dormoy. Pas besoin d’être spécialiste du jeu, Dcalk vous propose sur ces deux jours tous les outils nécessaires pour vous glisser dans la peau d’un créateur(atrice) professionnel(le) de jeux de société.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Atelier Friispray

Samedi 15 octobre à 16h

Vous qui avez toujours voulu tagger sans jamais oser, venez vous éclater virtuellement. A l’aide d’une bombe LED et d’un vidéoprojecteur, dessinez comme vous voulez ! A pratiquer seul ou en famille !

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Vandale du numérique !

Après une séance d’initiation au graffiti à 14h avec Seth One, place au numérique avec Friispray, un logiciel de graff numérique sur écran géant !

Entrée libre dans la limite des 12 places disponibles

Atelier aurasma et cie

Samedi 29 octobre à 10h30

Réalisation de critiques littéraires en réalité augmentée ou sous une autre forme autour de la Voie des indés ! Grâce à l’application Aurasma, votre texte prend vie et s’anime sous vos yeux.

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Tadam, magie !

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Etre youtubeur, c’est quoi ?

Samedi 29 octobre à 19h à l’auberge de jeunesse Yves Robert, à côté de la bibliothèque.

Comment est-ce qu’on devient un youtubeur ? Comment faire si moi aussi je veux devenir youtubeur ?

Des questions que beaucoup de personnes se posent ! Pour y répondre, plusieurs vidéastes/youtubeurs  nous présenteront leurs parcours, leurs activités et les problématiques liées à leur passion. Avec :

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Naya, chroniqueuse société, culture, livre, cinéma et série et membre du collectif the Nerdies factory.

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Mr Méa, youtubeur jeux vidéo, BD et comics, également intéressé par les questions d’adaptation films/jeux vidéo.

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Dorian, anciennement co-auteur, co-présentateur du 3615 Usul et auteur présentateur de « Merci Dorian, traitant de sujets autour du monde du jeu vidéo.

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Le Numok, c’est plus de 200 animations gratuites dans une quarantaine de bibliothèques ! Si vous voulez plus de renseignements, allez sur le site https://bibliotheques.paris.fr/Numok/

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L’océan au bout du chemin de Neil Gaiman

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Comment une mare peut elle se transformer en océan ? Comment une baby sitter qui plait trop à son père est une créature maléfique venue de la forêt ? Tout est une question de point de vue et peut-être d’âge, pense le narrateur qui se souvient de l’année de ses 7 ans….

Neil Gaiman plonge son lecteur au cœur des terreurs enfantines. A mi-chemin entre Edgar Poe et Tim Burton, il distille si bien le fantastique qu’il est difficile d’établir une frontière entre rêve et réalité. Il faut se laisser porter par la poésie de l’écriture…

Retrouvez ce livre dans nos collections : ICI !

Et les autres de l’auteur : 

L’étrange vie de Nobody Owens

Odd et les géants de glace

American Gods

Coraline

De bons présages

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La vie rêvée de Rachel Waring de Stephen Benatar

Une lecture qui ne vous laissera pas indifférent : découvrez le quotidien de Rachel Waring alors qu’elle s’installe à Bristol dans un hôtel particulier du 18e siècle dont elle vient d’hériter. Finie la vie de vieille fille avec sa colocataire, Rachel, à 47 ans, veut concrétiser ses rêves. Elle se met à tourbillonner dans un nouvel univers, fait des mondanités, noue des amitiés et se plonge dans la rédaction d’un roman… Notaire, jardinier, pharmacien, pasteur, sont autant d’objets de fantasme pour la virginale Rachel, qui n’aspire qu’à connaitre l’amour et la sensualité. Elle l’a décidé, ce nouveau départ sera l’occasion d’exprimer son optimisme et de montrer à tous la femme « épatante » qui sommeille en elle !


Piégé dans les pensées de Rachel, le lecteur n’appréhende l’histoire qu’à travers ses considérations et impressions. Celle-ci étant prisonnière de ses illusions, c’est donc au lecteur de tenter de rétablir la vérité et de déceler les vraies intentions de son entourage. Ce qui est déroutant dans la lecture de ce roman introspectif, c’est le fossé qui semble se creuser entre la réalité et la « vie rêvée de Rachel ». Où est le vrai du faux ? L’imaginaire de Rachel, nourri de romances et comédies musicales du début du siècle dernier, s’emballe et c’est au fil des pages que l’on assiste à son glissement dans la folie.


Ne vous attendez pas pour autant à ce que cette descente aux enfers soit triste et morne. L’écriture est rythmée, l’optimisme de Rachel à toute épreuve et l’inconvenance de ses réactions donne lieu à des situations très cocasses. Car oui, il y a de l’humour dans ce texte, un humour noir qui, avec ces touches de cynisme, souligne à quel point les réactions de Rachel sont inadaptées et ce personnage qui pouvait sembler agaçant devient dès lors touchant. Stephen Benatar nous offre un roman psychologique toute en justesse et subtilité et nous permet de faire la rencontre d’une femme vraiment épatante !

Lisa et Emilie
Et en bonus : La playlist de Rachel
Editeur : Le tripode
Date de parution : 28/08/2014
Langue : Français
Format : grand format
Dimensions : 20,0 cm x 15,0 cm x 2,5 cm
ISBN-13 : 9782370550293
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L’île du point Némo de Jean-Marie Blas de Roblès

L’Ile du Point Nemo, s’ouvre sur le récit historique d’une bataille… de soldats de plomb !

Ce n’est que la première surprise d’une série de péripéties dont les rebondissements tiennent le lecteur en haleine d’un bout à l’autre de ce roman d’aventures palpitantes, foisonnant d’inventions.

Martial Canterel part avec son  vieil ami John Shylock Holmes rechercher un fabuleux diamant, l’Anankè qui a dérobé à Lady MacRae.  Accompagnés de Verity, la fille de Lady Mac Rae les voilà bientôt embarqués dans le Transsibérien à la poursuite du coupable.

En parallèle, on suit la mauvaise fortune d’Arnaud, le patron d’une fabrique de cigares du Périgord où se perpétue la tradition de la lecture à voix haute, obligé de mettre la clé sous la porte et dont la femme est plongée dans le coma. Son usine vient d’être rachetée par Monsieur Wang, un chinois pervers, directeur de B@bil Books, une entreprise spécialisée dans l’assemblage de liseuses numériques où travaillent Fabrice Petitbout, le geek abandonné par sa mère, et la belle Charlotte.

Mais il y a aussi Dieumercie Bonacieux le mari impuissant de Carmen qui invente pour lui les remèdes les plus extravagants, et beaucoup d’autres dont les histoires semblent au départ indépendantes mais que l’auteur imbrique au fil des chapitres pour nous conduire à la surprise finale.

On n’est jamais loin de L’île mystérieuse, de Vingt Mille Lieues sous les Mers, ou du  Crime de l’Orient Express…. Avec de nombreux clins d’œil littéraires, des mises en abyme vertigineuses,  des  traits d’humour, et une ironie décapante ce roman suscite aussi  en filigrane une réflexion sur la lecture et l’écriture, l’avenir du livre, la philosophie, l’écologie et la politique mondiale actuelle. A découvrir d’urgence !

 

 

 

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Debout-payé de Gauz

Debout-payé

Debout-payé

Gauz

Le nouvel Attila

« DEBOUT-PAYÉ : désigne l’ensemble des métiers où il faut rester debout pour gagner sa pitance. Le métier de vigile est donc un debout-payé. »

Planté dans un magasin quelconque – Franprix de banlieue ou Séphora de désœuvrés –  le vigile, vêtu de noir, fait figure d’épouvantail. Le vigile n’a pas grand pouvoir, si ce n’est celui de dissuader, et si un vol est effectivement commis, que peut-il faire ? Courir après un énergumène qui aura quoi ? dérobé cinquante euros de marchandises à une grande fortune de France ? « (…) vigile est à la sécurité ce que la  “ vache qui rit” est au fromage. »

Debout-payé suit le périple d’Ossiri, étudiant ivoirien débarqué sans-papiers à Paris, devenu vigile grâce à ses relations. À travers la trajectoire particulière du jeune homme  – mise en perspective avec celle de ses parents et de ses camarades –,  Gauz, l’auteur, interroge l’immigration  africaine, l’accueil et le devenir en France, et par là-même les relations de celle-ci avec ses anciennes colonies. À la manière des allers-retours de tant de familles – partir, envoyer de l’argent au pays, revenir et envisager une meilleure situation, ou au contraire s’installer –, on déambule dans le temps et l’espace.

Le récit est ponctué d’interludes, énumérations de mille constats du vigile en poste : « Plus on s’éloigne de Paris, plus la peau des vigiles éclaircit vers le beurre. En province, loin, loin dans la France profonde, il paraît qu’il y a même des endroits où il y a des vigiles blancs. » S’il ne meurt pas d’ennui et d’indifférence, le vigile observe : car les mœurs consuméristes en disent bien long sur l’individu contemporain. Observer, c’est ce qu’a fait Gauz pour se distraire alors qu’il veillait sur les tee-shirts Camaïeu ou les produits cosmétiques, puisque lui-même fût Debout-payé.

Avec malice, Gauz épingle joyeusement nombre de travers contemporains et aborde l’immigration à Paris sous l’angle de l’histoire d’un métier qu’on se transmet : une planche de sauvetage autant qu’un plongeon dans les clichés. Un livre-mosaïque servi par une écriture nerveuse et un esprit mordant.

Eglantine

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Je peux écrire mon histoire ; itinéraire d’un jeune Afghan, de Kaboul à Mulhouse

Abdulmalik Faizi n’a pas 16 ans quand il doit quitter l’Afghanistan parce que presque toute sa famille a été assassinée par les talibans et que sa vie est menacée. Son oncle paye un passeur pour l’envoyer en Europe.

Abdulmalik Faizi nous raconte ici son périple de plusieurs mois pour arriver jusqu’en France où il vit aujourd’hui. Il va devoir passer par l’Iran, la Grèce et  l’Italie pour arriver en France. Les conditions dans lesquelles il voyage sont très difficiles, il va même risquer sa vie plusieurs fois.

La dernière partie du texte est dédiée à ses premiers mois en France, à Mulhouse, où il est tout d’abord protégé du fait qu’il est mineur et ainsi pris en charge et scolarisé. Il réussit d’ailleurs brillamment ses études. Malheureusement on lui refuse le statut de réfugié politique qu’il demande à sa majorité. Mais un élan de générosité autour de lui se met en place, il est soutenu notamment par ses professeurs et obtient la possibilité de rester en France pour faire ses études.

C’est une journaliste qui a rédigé ce témoignage qui est également illustré par des dessins en noir et blanc de Bearboz.

C’est un texte qui met en lumière les conditions terriblement difficiles que les réfugiés doivent endurer pour arriver en Europe. Ce récit nous fait prendre conscience des risques incensés que ces réfugiés doivent prendre. Il permet aussi d’en apprendre plus sur le système des passeurs.

On aimerait qu’à son arrivée en France, tout aille bien pour Abdulmalik mais ce qu’il raconte montre bien les difficultés que rencontrent les demandeurs d’asile sur notre territoire.

Si le texte a quelques maladresses et répétitions, il a le mérite de nous faire voir de l’intérieur ce que traversent ces réfugiés. C’est un texte dur mais plein d’espoir également pour ce jeune homme (qui vit désormais à Paris).

Delphine

Une interview du jeune auteur ici

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Lettres de réclamation de la rentrée littéraire

LETTRE AU RESPONSABLE DE L’ OPÉRATION  RENTRÉE LITTÉRAIRE

MINISTÈRE DE LA CULTURE

DÉPARTEMENT LITTÉRATURE ET MARKETING

 MONSIEUR,

Une fois encore, telle un marronnier, et grâce à votre diligence que je reconnais  efficace, l’opération « Rentrée Littéraire »  a frappé. Oui, frappé, effectivement,  car pour moi, qui suis retraitée depuis quelque temps, non seulement, elle  n’a  pas « réveillé »  les enthousiasmes en  attente depuis la fin de l’été, mais elle a ravivé douloureusement  le traumatisme que je subis depuis ma mise à l’écart de la vie active.

En effet, toute rentrée , qu’elle soit littéraire ou  scolaire ou  d’autres collections, rentrée d’argent, ou encore rentrée…  à la maison,  souligne pour moi l’injustice douloureuse d’un brutal changement de vie, où je n’ai plus à rentrer chez moi puisque je n’en sors plus guère, que le terme même de « rentrées d’argent » m’est devenu un concept étrange,  et qu’enfin la rentrée scolaire ne me concerne plus  depuis  le dernier jour de mes lointaines  études. Pour tout dire, elle prend l’allure d’un rendez-vous redouté et terrifiant  au même titre que les impôts et autres dates fatidiques.

Ainsi,  au lieu de mobiliser un grand nombre de lecteurs potentiels, elle ne fait que stigmatiser  toute une population à laquelle  j’appartiens, insulte à la fois mon âge et mon statut social et, par le fait même, la  détourne de son objectif  qui se prétend noble car elle se veut culturelle  mais ne saurait cacher  ses fins mercantiles.

En conséquence, je me permettrai  de vous inciter à trouver un autre intitulé et, dans cette heureuse perspective, je me tiens à votre disposition pour participer au groupe d’échanges  et de consultations que vous auriez à constituer.

Recevez, Monsieur,  mes salutations distinguées.

MFO

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La ballade d’Ali Baba de Catherine Mavrikakis

 

Troisième roman de Catherine Mavrikakis, cette auteur vivant au Québec éditée en France par Sabine Wespieser.
Roman qui traverse les différentes générations d’une famille grecque au 20eme siècle ayant migré d’abord en Algérie puis au Canada. C’est avant tout l’histoire de Vassili Papadopoulos, père absent et omniprésent, grand joueur et combinard de la narratrice. Celle-ci professeur et spécialiste d’Hamlet fera l’expérience de ce « temps qui sort de ces gonds » dans une scène centrale qui côtoiera l’onirique et le surréel et l’amènera à retrouver son père décédé un an auparavant. L’auteur nous sert à nouveau une langue très fine et très belle.

Caroline

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Lettre de réclamation à propos de l’atelier d’écriture et de rédaction de lettres de réclamations du samedi 11 octobre, et plus généralement sur la bibliothèque Vaclav Havel

Chère (mais seulement pour l’abonnement DVD, sinon vous êtes gratuite ce dont je vous sais gré) bibliothèque Vaclav Havel,

 Je suis venu samedi dernier, par le plus grand des hasards (car sachez que je ne mets jamais les pieds dans les bibliothèques), dans votre établissement dont je trouvais jolie la façade de bois. Voyez-vous j’aime le bois, et dans une ville composée à 97,43% de bâtiments de pierre, je trouve que le bois apporte une touche rafraîchissante, comme un îlot de nature dans un océan nauséabond de pierre grise…

Mais je m’égare.

Aussitôt entré, je fus alpagué et emmené quasiment contre mon gré dans une petite salle pour composer, dans le cadre d’un atelier d’écriture assez bien organisé il faut le reconnaitre, des lettres de réclamations, sous la houlette de fer de je ne sais quelle scribouillarde issue des recoins les moins bien famés du fameux « internet » par lequel jure désormais uniquement notre jeunesse désœuvrée. Des lettres de réclamations, donc, que nous devions, dans la déstructuration la plus totale, composer et envoyer à des écrivains, des éditeurs ou que sais-je encore à propos d’ouvrage de la rentrée littéraire dite «  alternative » (appelée également, si j’ai bien compris, « Voie des Indés », dans une tentative d’humour de mauvais goût, convenons-en.)

Ici l'animatrice en question, accompagnée d'un volatile exotique. Fort heureusement, l'oiseau n'était pas là lors de la séance sinon j'aurais saisi le CPDVEER.

Ici l’animatrice en question, accompagnée d’un volatile exotique. Fort heureusement, l’oiseau n’était pas là lors de la séance sinon j’aurais saisi le CPDVEER.

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Depuis que la samba est samba de Paulo Lins

Rio dans les années 20, avant l’indépendance. Le roman se déroule principalement dans le quartier de l’Estacio à une époque où est née une nouvelle musique, la samba, qui deviendra l’âme du Brésil.  On est plongé dans une époque où le Brésil s’est inventé. A travers une galerie de personnages attachants et hauts en couleur, on découvre et suit leurs passions, l’amour, la musique et la religion: Brancura jeune homme, qui doit choisir entre le proxénétisme de son père (et les femmes) et une vie rangée (travail aux docks, mariage avec Yvette et écriture des textes de samba avec ses amis du quartier), Sodré le Portugais qui utilise ses relations officielles (il est banquier) pour régner sur une partie de la prostitution de l’Estacio, Silva le compositeur de samba qui ré-invente le genre et connaîtra la gloire, Tante Almeida généreuse institutrice qui donne des cours bénévolement et accueille Seu Tranca-Rua qui fonde une nouvelle religion aux influences indiennes et africaine nommée umbanda… et tant d’autres. Le roman parle d’une relation à trois: Brancura et Sodré sont en effet amoureux d’une prostituée, la belle Valdirène, qui aime les deux hommes.

L’auteur a réussi à faire revivre une époque violente et passionnante, une petite page de l’histoire du pays et des mentalités d’alors. En termes crus l’amour, le sexe, l’homosexualité et la prostitution sont racontés. Lecteurs sensibles s’abstenir! Mais cela donne « chair » aux personnages, renforce à mon sens leur « réalité » et les rend humain. Le livre montre aussi la mixité du pays dans un joyeux mélange, symbolisé par Valdirène, la femme de deux hommes aux couleurs de peaux et aux styles de vies opposés. Sont aussi évoqués les affres de la création, le carnaval à ses débuts, l’éducation… Beaucoup de termes brésiliens et de textes de samba sont écrits dans la langue, ce qui renforce le dépaysement. Une playlist est à écouter pour accompagner la lecteur et la plongée, dispo sur le site de l’éditeur en mode youtube: . Bref j’ai aimé prolonger l’été brésilien avec cet excellent roman, bien écrit et foisonnant.

Un petit extrait pour vous mettre l’eau à la bouche :

« Silva attendait sa sœur pour lui passer un savon. Il savait très bien que si ses amis n’étaient pas encore venus le voir, c’était parce qu’elle ne leur avait pas transmis les messages qu’il leur avait envoyés. Il savait pourtant que le bonheur qu’il aurait à leur seule vue l’aiderait à expulser la maladie de son corps! Il avait griffonné tant de vers, de mélodies… il voulait les faire lire à d’autres, pour qu’il l’aident à poser le couplet, ajuster la musique, améliorer telle ou telle phrase. Il était donc là à ruminer ses pensées, attendant sa sœur, lorsqu’il vit Bide, essoufflé, entrer dans la pièce.

« -Qu’est-ce qui t’arrive? demanda t-il surpris.

-J’ai quelque chose à te dire.

-Si c’est un bonne nouvelle, dis-la, si c’est une mauvaise, tu peux te la garder, je suis malade…

-Tu ne sais pas ce qu’ Oxala t’a préparé!

-Dis-moi!

-Cebola a chanté « Me faz carinhos » à Alves, et Alves veut te l’acheter! »

Silva, qui arrivait à peine à se lever pour aller aux toilettes, bondit de son lit.

« Eh, du calme, mon vieux! s’écria Bide. Être hospitalisé, c’est déjà un pas vers la tombe. Le prochain arrêt, c’est le cimetière. Tu me fais encore un saut comme celui-là et ta samba, c’est à Aruanda que tu la vendras, l’ami!…

-Alves veut m’acheter  « Me faz carinhos », c’est ce que tu es en train de me dire? suis-je déjà mort?

-Si tu es mort, je le suis aussi…

-Je suis en train de rêver ou…?

-Peut-être…

-Alves veut m’acheter une samba!

-Pour vingt mille réais, ta samba sera chantée par tout le Brésil-voire par le monde entier »

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La voie des indés : le test

 

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Pour la première année, la bibliothèque participe au festival de la Voie des indés. Le festival est conçu comme « une exploration collective de l’édition indépendante », un moyen aussi d’entrer dans la rentrée littéraire.

Alors en préalable au festival, nous vous proposons de faire le point sur votre connaissance des éditeurs indépendants avec LE TEST. Revenez ensuite sur notre blog pour vérifier vos réponses !

CLIQUEZ-ICI POUR COMMENCER LE TEST

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